23 novembre, à Londres: « Après les élections US, un monde plus dangereux? »

Mercredi 23 novembre, au Arlington Conference Center, à Londres, a lieu un débat sur le thème de « la direction [que] va prendre la politique étrangère américaine sous Donald Trump et comment le mouvement anti-guerre devrait y répondre ».

Parmi les intervenants, on note la présence de Tariq Ali qui était présent lors du discours de Julian Assange en août 2012, à l’ambassade d’Equateur, à Londres, et qui avait apporté son soutien au fondateur de WikiLeaks en prenant la parole publiquement parmi d’autres soutiens.

Infos sur la conférence: http://stopwar.org.uk/index.php/events/national-events/2265-23-november-london-after-the-us-elections-a-more-dangerous-world

« Le financement du terrorisme », le cas de la CIA et du Qatar (conférence-débat)

« Terrorisme, argent et services secrets : le cas de la CIA et du Qatar », par Maître Élie Hatem, Avocat à la Cour, enseignant à la Faculté Libre de Droit et d’Économie de Paris. (youtube)

Voir les autres extraits de la conférence: https://www.youtube.com/channel/UCoM2foCdexbxGoCwUA5_g-w/videos

Le débat: Arabie Saoudite-Israël, une alliance secrète? (vidéo)

27 septembre 2016

Source: http://www.presstv.ir/DetailFr/2016/09/26/486486/Le-dbat-Arabie-SaouditeIsral-Une-alliance-secrte-25-sep

Tariq Ramadan s’exprime sur Daech, le terrorisme et les contradictions des politiques internationales

Interview de Tariq Ramadan sur RT France.

Quelques phrases intéressantes prononcées par Tariq Ramadan:

L’islam, comme le judaïsme, comme le christianisme, comme le bouddhisme, comme l’hindouisme, comme toutes les spiritualités, sont des religions qui appellent à la paix, mais en appelant à la paix (qui est un objectif), on gère la violence des hommes, on gère la terreur dont les hommes peuvent être capables (…)

Le jihad, c’est comment gérer les tensions qui m’animent moi ou qui animent les sociétés pour aller vers la paix. C’est un mouvement vers la paix, le jihad, en fait. C’est pas un mouvement vers la guerre. C’est pas une guerre sainte. (…)

On a tendance, malheureusement, aujourd’hui, sur la scène internationale, à considérer que les morts en Occident ont plus de valeur que les morts ailleurs. Non, je veux dire, ma position elle est: pour être Paris, il faut que je sois Jakarta, faut que je sois Beyrouth, faut que je sois Ouagadougou, faut que je sois toutes ces capitales-là. C’est là où je suis un homme digne. Sinon je fais simplement que compter mes morts et négliger les morts des autres. (…)

Le clash des civilisations, c’est pas ça du tout, la théorie de Huntington, elle est beaucoup plus liée aujourd’hui à l’engagement géostratégique international. Tout ce qu’on voit aujourd’hui, de la violence dont on parle tout à l’heure, de ce qui est en train de se passer au Moyen-Orient, de ce… c’est effectivement une sorte de rapport de force entre les civilisations qui est entretenue par les extrémismes des deux bords, c’est autant vrai pour l’extrême-droite occidentale qui joue sur « l’islam ne peut pas être une religion européenne » que Boko Haram ou que Daech qui font exactement la même chose (…) en nourrissant la polarisation et en faisant un clash des civilisations. (…)

Sur le long terme, le cours de l’histoire, il est inéluctable. On va vivre ensemble. C’est-à-dire que je suis aussi européen que vous. C’est terminé, vous allez pas pouvoir me sortir. L’islam est une religion européenne. (…)

Si, par exemple, je dis que je ne soutiens pas l’intervention française au Mali, que je ne soutiens pas l’intervention française en Libye, que je suis contre aller bombarder les populations syriennes, eh ben, ça, ça ne peut pas s’entendre en France, il ne faut pas le dire. (…)

Je ne pense pas que ce sont des personnes qui puissent dire qu’on leur interdit de parler; par contre, ce qui est vrai dans tous les cas, c’est qu’il est très difficile en France d’avoir un discours sur le fait religieux ou sur l’islam qui soit apaisé, et en plus, sur la question israélo-palestinienne. (…)

On est au coeur de la contradiction de la situation en France par rapport à la question de l’islam. (…) Comment voulez-vous avoir une cohérence, quand vous discutez avec des Etats dont l’idéologie est le contraire de ce que vous voulez voir sur le terrain, et ensuite vous les laissez faire, parce que, d’une certaine manière, ça vous arrange? (…)

Moi je peux pas entrer en Arabie Saoudite, parce que je critique le gouvernement, je peux pas m’exprimer en France dans les institutions nationales, parce que je critique le gouvernement. (…)

Pour se préparer à rejoindre les guerres américaines, le Japon démantèle la liberté de la presse

Freedom of the Press Foudation, le 10 décembre 2015, Par Jon Mitchell

800px-Shinzo_Abe_with_Obama_laughing_2014En 2010, le Japon a été classé #11 à l’index Reporters sans Frontières de la liberté de la presse mondiale. En Février 2015, ce nombre avait chuté à #61 – et l’année prochaine, il sera probablement encore plus bas.

Depuis son arrivée au pouvoir en 2012, le Premier ministre Shinzo Abe et son Parti démocratique libéral se sont lancés dans une guerre d’usure contre les libertés de la presse au Japon.

Les agressions ont inclus: l’intégration des néo-nationalistes à des postes clés de la chaîne de diffusion publique, NHK; la profération de menaces voilées contre des réseaux de télévision dont la couverture critique du gouvernement pourrait leur coûter leur licence de radiodiffusion; et l’acusation envers un journaliste allemand – qui avait écrit à propos du révisionnisme historique du Premier ministre [Shinzo] Abe – d’avoir accepté un pot de vin en provenant de la Chine.

Cette semaine, David Kaye, Rapporteur spécial de l’ONU sur la liberté d’opinion et d’expression, a été programmé pour une visite à Tokyo – un voyage qui aurait attiré l’attention internationale sur la répression des médias par le gouvernement japonais. Mais au dernier moment, les responsables du gouvernement japonais ont annulé son voyage affirmant qu’ils étaient trop occupés pour le rencontrer.

Le LDP [Parti Libéral-Démocrate] est particulièrement soucieux d’éviter un examen de la loi sur les secrets d’État qu’il s’est précipité de faire passer au parlement à la fin de 2013.

800px-Abe_Bush_Heiligendamm_G8_2007_002La loi donne libre cours au gouvernement japonais de classer comme secret d’État toute information relative à la sécurité et à la diplomatie – avec aucun contrôle indépendant. L’information peut rester classée pour une période indéfinie, y compris ce qui concerne les rapports relatifs aux triples fusions à la centrale nucléaire de Fukushima.

Selon la nouvelle loi, les lanceurs d’alerte du gouvernement peuvent être emprisonnés pour 10 ans, tandis que les membres des médias publiant des informations font face à 5 ans d’emprisonnement; les journalistes étrangers – comme moi – vont probablement être expulsés.

Conscient que l’avenir de leur liberté de la presse était en jeu, le public japonais – environ 80% d’entre eux s’opposent à la loi – ont organisé certaines des plus grandes manifestations vues ici depuis des décennies.

Des directeurs de journaux, journalistes, éditeurs et avocats ont dénoncé la loi comme une atteinte à la liberté de la presse protégée par la Constitution du Japon. Reporters Sans Frontières a déclaré: « le parlement rend le journalisme d’investigation illégal, et bafoue les principes fondamentaux de la confidentialité des sources des journalistes et de ‘l’intérêt public' ».

L’opposition à la Loi sur les secrets d’Etat a été unanime – à une exception près: les Etats-Unis.

Peu de temps après l’adoption de la loi, l’ambassadrice américaine au Japon, Caroline Kennedy, a exprimé l’approbation de Washington:

Nous soutenons l’évolution des politiques de sécurité du Japon, car elles créent une nouvelle stratégie de sécurité nationale, établissent un Conseil de sécurité nationale, et prennent des mesures pour protéger les secrets de la sécurité nationale.

Pendant de nombreuses années, les maîtres du Japon à Washington ont pressé Tokyo d’introduire une législation répressive pour protéger les secrets concernant l’alliance de sécurité nippo-américaine. Plus particulièrement, Richard Armitage et Joseph Nye ont inclus ces lois sur leur liste de souhaits dans le rapport 2012 du CSIS [Center for Strategic and International Studies] sur l’alliance américano-japonaise.

Une telle ingérence du gouvernement américain dans la politique intérieure japonaise n’a rien de nouveau; la CIA a fourni de l’argent au LDP au cours des années 1950 et ’60 pour s’assurer un allié servile dans la région. Au cours des dernières années, cette pression a augmenté avec les exhortations de Washington à plusieurs reprises pour que le Japon permette aux membres de ses Forces d’autodéfense de se joindre aux guerres sans fin de l’Amérique au Moyen-Orient.

Lire l’intégralité de l’article: https://freedom.press/blog/2015/12/preparation-join-us-wars-japan-dismantles-freedom-press

Les espions missionnaires du Pentagone – L’armée américaine a utilisé une ONG chrétienne comme front pour l’espionnage en Corée du Nord

political art_corée du nordIllustration: carte postale de Corée du Nord (creative commons)

The Intercept, Matthew Cole, 26 octobre 2015

Le 10 mai 2007, dans l’East Room [salle Est] de la Maison Blanche, le président George W. Bush a présidé une cérémonie en l’honneur des dirigeants les plus accomplis des services communautaires de la nation. Parmi ceux qui ont reçu la distinction présidentielle pour les services volontaires cet après-midi se trouvait Kay Hiramine, le fondateur d’une organisation humanitaire de plusieurs millions de dollars située au Colorado.

L’ONG de Hiramine, le Groupe Humanitaire des Services Internationaux, ou HISG, a gagné l’éloge spécial du président pour avoir démontré comment un organisme caritatif privé pouvait intervenir rapidement en réponse à une crise. « Dans la foulée de l’ouragan Katrina, » dit la citation de Hiramine, « l’équipe de HISG a lancé un centre d’opération du secteur privé à Houston qui a mobilisé plus de 1500 bénévoles dans la zone de la catastrophe, un mois après l’ouragan ».

Mais alors que le chrétien évangélique Hiramine traversait la scène pour serrer la main du président Bush et qu’il recevait son prix, il cachait un élément essentiel à ceux qui étaient présents: Il était un espion du Pentagone, dont l’ONG était financée grâce à un programme hautement classifié du Département de la Défense.

Le lieutenant-général William « Jerry » Boykin donnant un discours à l’Université chrétienne du Colorado, le lundi 2 mai 2011

Le programme secret du Pentagone, qui remonte à Décembre 2004, a bien continué sous la présidence d’Obama. Il a été conçu par un haut fonctionnaire du renseignement appartenant au Département de la Défense de l’administration Bush, le lieutenant-général William « Jerry » Boykin. Boykin, un chrétien évangélique qui a été sous le feu de la critique en 2003 pour ses déclarations sur l’islam, a établi la ruse de l’ONG, alors qu’il était à la recherche de nouveaux moyens peu orthodoxes pour pénétrer la Corée du Nord.

Longtemps source de grande préoccupation pour les Etats-Unis et l’Europe occidentale en raison de son programme nucléaire, la Corée du Nord a été la cible la plus difficile du renseignement pour les Etats-Unis « Nous n’avions rien à l’intérieur de la Corée du Nord », m’a dit un ancien responsable militaire familier avec les efforts américains dans le pays. « Zéro ». Mais l’ONG de Hiramine, en offrant de l’aide humanitaire à la population désespérée du pays, était capable d’aller là où les autres ne pouvaient pas aller.

On ne sait pas combien de cadres de l’HISG au-delà de Hiramine connaissaient l’opération; Hiramine n’a pas répondu aux demandes répétées de commentaires et aucun de ses anciens collègues n’en a fait. Peu, sinon aucun, parmi le reste du personnel et des bénévoles de l’organisation n’avait de connaissance de son rôle comme un front du Pentagone, selon d’anciens employés de HISG et d’anciens responsables militaires.

La révélation que le Pentagone a utilisé une ONG et des bénévoles humanitaires à leur insu pour la collecte de renseignements est le résultat d’une enquête de plusieurs mois par The Intercept. Au cours de l’enquête, plus d’une dizaine d’actuels et anciens responsables de l’armée et du renseignement, de travailleurs humanitaires, missionnaires, fonctionnaires américains et d’anciens employés de HISG ont été questionnés. Les représentants du gouvernement des États-Unis qui étaient familiers avec l’opération du Pentagone et le rôle de l’HISG ont demandé l’anonymat parce qu’ils évoquaient des questions militaires et de renseignement qui pourraient les exposer au risque de poursuites judiciaires. Le Pentagone n’a fait aucun commentaire sur l’HISG ou les opérations d’espionnage en Corée du Nord.

Avant d’avoir été finalement démantelée en 2013, l’organisation de Hiramine a reçu des millions grâce au financement du Pentagone à travers un réseau complexe d’organisations destinées à masquer l’origine de l’argent, selon l’un des anciens responsables militaires familiers avec le programme, ainsi que d’après la documentation examinée pour cet article.

Lire l’intégralité: https://theintercept.com/2015/10/26/pentagon-missionary-spies-christian-ngo-front-for-north-korea-espionage/

Un accord (Iran) en cache un autre (Grèce) et masque le troisième (Corée du Nord) – par Farid DAOUDI

800px-Iran_negotiations_about_Iran's_nuclearPhoto: Accords sur le nucléaire iranien (Wikipédia)

     Beaucoup de confrères de la presse internationale, experts patentés, critiques littéraires, attitrés ou non, seraient enclin d’avoir une réaction épidermique en pensant que les médias laissaient l’essentiel de côté. On a tendance à oublier que les sanctions ont été votées au Conseil de Sécurité par la Russie aussi, comme pour l’Irak et l’Afghanistan… ou encore pour la connivence USA-Russie concernant la Palestine. La presse ne retient que les contradictions actuelles entre ces deux pays. On oublie encore qu’il y a à travers le monde des dizaines et des dizaines de pays et de peuples qui aspirent à l’accès à la science, à la culture et à la suffisance matérielle… et que cela ne leur sera pas facilité par le condominium du monde par les membres permanents du C.S. et leurs alliés directs (Japon, Allemagne, Inde, Pakistan, Israël). Et on oublie le rôle révolutionnaire de la Corée du Nord. Kadhafi a renoncé à l’arme atomique et il a fini tué comme un chien par des agents spéciaux…  Que va-t-il advenir en Iran si le pays ne se couche pas progressivement devant les USA et la Russie ?

L’accord, neutralisant l’Iran à toute prolifération nucléaire militaire, milite pour un équilibre sécuritaire régional assez énigmatique pour la paix mondiale. La Russie, pour cause d’hégémonie, privilégiant, à raison, ses intérêts géostratégiques, est pour autant responsable de la situation présente: en échange de la promesse occidentale de la laisser accéder à l’Organisation Mondiale du Commerce, elle a voté et légitimé les sanctions contre l’Iran qu’il est si difficile d’annuler totalement.

Et en plus, elle s’est gardée anachroniquement de dénoncer le nucléaire israélien, fermant les yeux sur le droit des Palestiniens à se libérer par les armes. Selon la Russie, on peut revenir sur la coupure de l’Allemagne en deux en 1945 et sur beaucoup de frontières depuis 1945, mais s’abstenant de revenir sur la création malhonnête d’Israël par l’ONU coloniale de 1947.

Maintenant, la Russie sait qu’accéder à l’OMC, refuser unilatéralement de vendre des missiles  S-300 à l’Iran, n’empêche pas des « sanctions » économiques contre elle-même.

L’accord imposé ce 14 juillet à l’Iran est un accord inégal, au détriment de tous les pays non nucléaires et non balistiques. Les Iraniens ont accepté faute de mieux, pour le moment. La vérité est que tous les pays du monde ont droit de tirer profit de la science, y compris militairement: pourquoi le droit au nucléaire serait-il naturel pour un pays comme les USA qui ont assassiné des millions de personnes à travers le monde depuis 1945? Et pourquoi les 180 autres États de la planète devraient en être privés et au surplus soumis au bon vouloir de celui-ci?

Par-delà la situation actuelle une question se pose: un pays du poids démographique et industriel de l’Iran peut-il se développer en toute indépendance, face à un boycott des principales puissances du monde?

Malgré le blocus, Cuba a continué d’exister dans des conditions très difficiles. Mais ce pays n’a pas le poids démographique, l’importance économique et les richesses naturelles de l’Iran. De plus, Cuba est une île, alors que l’Iran est un État continental et maritime, frontalier avec cinq pays. Ce pays dispose aussi d’une certaine profondeur stratégique propre, augmentée par la géographie du culte Musulman Chi’ite. Seuls les Iraniens savent si, face aux « sanctions », le régime en place pouvait encore tenir cinquante ans comme à Cuba ou s’il devenait urgent de sauver l’économie.

Une autre forme de réponse à cette question nous est apportée par l’accord de l’Euro-groupe et de l’UE avec la Grèce. La mise sous tutelle de l’Ukraine par les USA et l’UE est encore une illustration de la politique internationale actuelle: le rapport des forces économiques et militaires continue d’être le moteur des relations internationales ; le respect de la souveraineté ne pèse rien. La Grèce est humiliée, soumise à un protectorat collectif européen: à qualification égale, ses citoyens auront un niveau de vie cinq fois inférieur à celui des Allemands et cela pendant au moins quinze ans!

Cela signifie que tous les peuples ne sont pas égaux, qu’il existe une science, une finance des « Blancs » et, une science, une économie, bridées et surveillées, pour les « Coloured nations ».

À l’occasion de cette longue négociation intra-européenne et de celle concernant la Corée du Nord, on assiste à un retour au premier plan de la scène de deux protagonistes vaincus lors de la Seconde guerre mondiale: l’Allemagne et le Japon. Aujourd’hui, le Japon réclame la restitution de Sakhaline ; demain, l’Allemagne rachètera à la Pologne ou exigera tout simplement le retour des « terres de l’Est ». Pour l’Allemagne et le Japon, les vainqueurs avaient effacé la dette et allégé les réparations… On craignait de les voir basculer vers le Pacte de Varsovie.

Résultat, l’Allemagne et le Japon profitent de plus de libertés que l’Iran dans le domaine nucléaire et balistique… Cela est possible parce que ces deux pays sont à présent des alliés dociles aux USA contre la Russie et contre les pays qui aspirent à un développement indépendant, voire à échapper au contrôle et aux limitations américaines. Face à ce bloc agressif, les pays du BRICS veulent une émergence soft, sans confrontation directe aux conséquences incertaines ;  c’est ce qui explique pourquoi les USA continuent de tancer la Russie à ses frontières, alors que celle-ci continue de proposer ses services contre le « terrorisme » dans le cadre de l’ONU dominé pourtant par les Américains.

Mais, tôt ou tard, le sentiment de démocratie internationale entre États imposera la suppression du pouvoir d’intervention en meute des cinq pays du Conseil de Sécurité (chapitre 7 de la charte de l’ONU) et plus particulièrement de liquider l’interventionnisme  des USA qui  contournent à leur convenance les « lois internationales » en recourant à des « alliances » qui n’ont jamais eu valeur de légitimation universelle, dans le respect de la souveraineté des États.

L’espoir d’un changement des relations internationales perdure. Les USA, confirmant ces dernières années leur pouvoir de destruction et de sédition, ont aussi montré au monde entier qu’ils ne peuvent pas remporter plusieurs conflits simultanés de faible ou moyenne intensité.

Ce fut notamment le constat de Che Guevara: ils ne peuvent pas vaincre partout en même temps ; ils ont toujours un point faible. Tout en maintenant les autres zones de conflit, c’est ce point faible qu’il faut enfoncer. Enfin, ce point faible peut être créé à l’initiative de forces révolutionnaires ou encore par d’anciens « valets de l’impérialisme » parvenus au pouvoir et confrontés à la nécessité de développer leur pays – l’attitude récente de l’Arabie saoudite est une ébauche encore incertaine de celles d’Omar Torrijos ou Manuel  Noriegua au Panama ou encore d’Hugo Chavez au Venezuela.

Le principe est simple: tout ce qui nuit aux USA devient bon pour le reste de l’humanité tant que ce pays s’obstinera à vouloir régenter la planète par ses moyens militaires et financiers. Faut-il multiplier les points chauds ou tièdes? La politique US fait toujours des victimes qui n’ont plus rien à perdre ; il faut leur parler, les soutenir. Il est temps pour la « communauté internationale » d’arrêter sa politique de doubles standards et de falsifier l’Histoire. De tout temps, celle-ci  a montré que la juste cause des opprimés  triomphe toujours  de  l’arbitraire; qu’intransigeance, partialité de la loi du plus fort, diplomatique ou militaire, ne rapportent que de faibles dividendes à des ambitions irrationnelles.  Un  processus salvateur: l’avènement d’un monde multipolaire, supplantant l’hégémonie étatsunienne et desservant un support éducatif décadent.

    Farid DAOUDI – Journaliste (Tlemcen-Algérie)

Du même auteur: « Le Liban insoumis » paru sur Alterinfo.net.

Pour beaucoup d’irakiens, les Etats-Unis ne cherchent pas vraiment à vaincre l’Etat Islamique

La réponse militaire américaine est critiquée comme étant trop faible.

WSJ.com, Par Yaroslav Trofimov, 25 juin 2015

Baghdad — Dans une tente de ville sous un pont d’autoroute, les réfugiés venant de la province sunnite irakienne d’Anbar étaient unanimes quant à qui blâmer pour leur misère.

« Je tiens les Américains responsables de la destruction d’Anbar », dit un ancien policier, Wassem Khaled, dont la maison a été prise par l’Etat Islamique, après que l’armée irakienne ait fui la capitale provinciale d’Anbar, Ramadi, le mois dernier.

Lire la suite: http://www.wsj.com/articles/to-many-iraqis-u-s-is-not-really-seeking-to-defeat-islamic-state-1435224647

Le Pentagone aurait demandé aux rebelles syriens de renoncer à combattre le régime de Bachar al-Assad face à la montée de l’Etat Islamique

Syrie: La formation des rebelles est difficile, malgré les efforts de motivation

Middle-East Confidential, Peter Mulvany, 23 juin 2015

Syrie, l'irakisation du conflit?Certains des rebelles syriens formés par l’armée américaine pour lutter contre l’État islamique ont abandonné le programme, après qu’ils ont pris conscience qu’ils ne peuvent pas prendre part à des combats contre le régime d’Assad, selon des rapports.

Le Pentagone a affirmé lundi que les rebelles reçoivent entre 250 $ et 400 $ par mois, en fonction de leurs compétences, de leur performance et de leur position dominante.

Les forces fidèles à Assad, les rebelles de l’opposition, les groupes islamistes, les Kurdes et l’État islamique combattent tous en Syrie.

Bien que le président Assad ait été le centre d’attention des rebelles quand la guerre a commencé, la montée de l’État islamique a conduit les rebelles à se concentrer davantage pour empêcher sa pénétration en Syrie depuis l’Irak sans oublier Assad.

Washington semble être beaucoup plus préoccupé par la neutralisation de la menace posée par l’Etat islamique dans la région, après que des rapports ont émergé selon lesquels les rebelles en cours de formation ont été invités à signer un contrat acceptant de ne pas lutter contre le gouvernement syrien du président Bachar al-Assad. Cela a entraîné le retrait de certaines des recrues du programme, mais le capitaine de la Navy, Scott Rye, un porte-parole de la Force Commune d’Intervention Interarmées Interagences en Syrie [Combined Joint Interagency Task Force-Syria], a réfuté les rapports. Il a affirmé que ces «volontaires» qui ont quitté le programme de formation ont été parmi ceux qui sont venus sans papiers d’identité, ou étant mineurs ou inadaptés à la formation. Il a dit que tout un groupe s’est retiré après plusieurs semaines d’entraînement, mais il n’a pas donné les raisons de la décision car il le considère comme « un événement ponctuel ».

Washington envisage de former environ 5000 rebelles syriens et le secrétaire à la Défense Ash Carter a déclaré en mai qu’ils recevraient « une certaine compensation ». Les participants doivent signer un engagement à promouvoir le respect des droits humains et la primauté du droit, un mandat fixé par le Congrès des Etats-Unis.

Source: http://me-confidential.com/9888-syria-training-rebels-challenging-despite-motivational-efforts.html

Lire aussi: L’opposition syrienne se retire du programme américain « d’entraînement et d’équipement » (Pakistan Observer)

L’achat du silence: Comment le ministère des Affaires étrangères saoudien contrôle les médias arabes (WikiLeaks)

Obama Saudi ArabiaLundi, l’Arabie saoudite a célébré la décapitation de son 100ème prisonnier, cette année. L’histoire n’était présente nulle part dans les médias arabes, même si l’histoire a circulé dans les services de presse. Même les médias internationaux ont été relativement muets sur cet épisode, par rapport à ce que cela aurait été si cela avait concerné un pays différent. Comment une histoire comme celle-ci a pu passer inaperçue?

La publication par WikiLeaks, aujourd’hui, des « Câbles saoudiens » provenant du ministère saoudien des Affaires étrangères montre comment cela est fait.

Le royaume riche en pétrole de l’Arabie saoudite et sa famille régnante adoptent une approche systématique pour maintenir une image positive du pays sur la scène internationale. La plupart des gouvernements du monde entier se livrent à des campagnes de relations publiques pour repousser les critiques et bâtir des relations dans les lieux influents. L’Arabie Saoudite contrôle son image par la surveillance et l’achat d’allégeances depuis l’Australie jusqu’au Canada et partout ailleurs.

Les documents révèlent les vastes efforts pour surveiller et coopter les médias arabes, en veillant à corriger tout écart dans la couverture régionale de l’Arabie saoudite et les questions qui y sont liées. La stratégie de l’Arabie saoudite pour coopter les médias arabes prend deux formes, correspondant à l’approche de la «carotte et du bâton», mentionnée dans les documents comme «neutralisation» et «confinement». L’approche est personnalisée en fonction du marché et des médias en question.

Lire la suite du communiqué: https://wikileaks.org/saudi-cables/buying-silence