56 haut-fonctionnaires français complices de criminels et terroristes (Jean-Loup IZAMBERT)

Conférence de Jean-Loup IZAMBERT à Ille sur Têt le 18 décembre 2015 sur son dernier ouvrage: «56 – Tome 1: (L’État français complice de groupes criminels) », comportant 386 pages (youtube)

Le site de la diplomatie française confronte les affirmations de Bachar al-Assad sur la BBC et France 2 à la situation en Syrie

Comparaison entre les affirmations de Bachar al-Assad et les conclusions de la Commission d’enquête internationale indépendante sur la Syrie (avril 2015)

Lire le communiqué: http://www.diplomatie.gouv.fr/fr/dossiers-pays/syrie/la-france-et-la-syrie/actualites-2015/article/comparaison-entre-les-affirmations

Un ex-avocat de la NSA: la cyber-guerre se déroule entre les entreprises de haute technologie et le gouvernement américain

Stewart Baker sur scène au Sommet du Web à Dublin

Stewart Baker a déclaré qu’Apple et Google pourraient être en train de limiter leur activité dans des marchés comme la Chine et la Russie par le chiffrement des données des utilisateurs

The Guardian, Jemima Kiss, 4 novembre 2014

La bataille sur le cryptage des données de service des utilisateurs Internet a planté les entreprises technologiques américaines contre le gouvernement américain lui-même, a déclaré mardi l’ancien avocat général de la NSA, Stewart Baker.

Prenant la parole lors au Sommet du Web à Dublin, Baker a affirmé que les mouvements opérés par Google et Apple et d’autres afin de crypter les données de l’utilisateur étaient plus hostiles à la collecte occidentale de renseignements que pour la surveillance établie par la Chine ou la Russie.

« Le département d’Etat a financé certains de ces outils, tels que Tor, qui a été utilisé dans les révolutions du Printemps Arabe ou pour passer le pare-feu chinois, mais ces crypto-guerres opposent principalement le gouvernement américain et les entreprises américaines, » a-t-il dit dans une conversation avec l’éditeur des projets spéciaux, James Ball.

Lire la suite: http://www.theguardian.com/technology/2014/nov/04/nsa-cyberwar-stewart-baker-cloudflare-snowden

L’influence de la Turquie décline au Moyen-Orient

Drapeau de la Turquie

Ankara en désaccord avec les forces régionales

WSJ, par Yaroslav Trofimov

ISTANBUL-Il n’y a pas si longtemps, une Turquie confiante se comportait comme un leader naturel du Moyen-Orient, avec des régimes islamistes amis se multipliant au milieu des décombres du printemps arabe et son chef, Recep Tayyip Erdogan, assailli par une foule idolâtre à chaque fois qu’il mettait un pied sur le sol arabe.

Maintenant, juste au moment où les Etats-Unis ont le plus besoin de l’aide de la Turquie contre la montée de l’Etat Islamique en Irak, en Syrie et au-delà, l’influence régionale d’Ankara est tombée au plus bas.

Lire la suite: http://online.wsj.com/articles/turkeys-influence-in-middle-east-ebbs-1414711204?mod=e2tw

Fichiers divulgués: une société allemande d’espionnage a aidé le Bahreïn à pirater des manifestants du printemps arabe

The Intercept, Par Cora Currier et Morgan Marquis-Boire, 7 août 2014

bahrain_658Une entreprise notoire de technologie de surveillance qui aide les gouvernements à travers le monde à espionner leurs citoyens a vendu un logiciel pour le Bahreïn au cours de la réponse brutale de ce pays au mouvement du printemps arabe, selon des documents internes divulgués cette semaine sur Internet.

Les documents montrent que FinFisher, une société de surveillance allemande, a aidé le Bahreïn à installer des logiciels espions sur 77 ordinateurs, y compris ceux appartenant à des avocats défenseurs des droits de l’homme et un chef de file de l’opposition désormais emprisonné, entre 2010 et 2012, une période qui inclut la répression du Bahreïn sur les manifestants pro-démocratie.
Le logiciel de FinFisher donne aux espions à distance un accès total aux ordinateurs infectés. Certains des ordinateurs qui ont été espionnés semblent avoir été localisés aux États-Unis et au Royaume-Uni, selon un rapport de Bahreïn Watch.

Lire la suite: https://firstlook.org/theintercept/2014/08/07/leaked-files-german-spy-company-helped-bahrain-track-arab-spring-protesters/

Edward Snowden et la théorie des dominos

Est-ce qu’un seul lanceur d’alerte peut, à travers ses révélations, provoquer la chute de tout le système mondial de l’espionnage? Réponse: avec l’affaire de la NSA, on pourrait en effet penser qu’Edward Snowden a enclenché, de manière plus ou moins évidente et irrémédiable, la chute de tout un système injuste élaboré par les services secrets américains et destiné à la collecte illégale des données privées des citoyens dans le monde entier. Il a suffi d’une personne et d’une seule révélation pour enclencher toute une série d’autres révélations sur la NSA, des révélations toutes plus fracassantes les unes que les autres, et qui s’emboîtent les unes après les autres, enchaînant pays après pays les scandales liés à l’espionnage, et on ne sait pas encore où cela s’arrêtera. Car, effectivement, le jeu du domino semble loin d’être terminé.

La théorie des dominos, qui est une théorie de géopolitique inventée par les Etats-Unis avec la Guerre froide, est appuyée elle-même sur la théorie de l’effet domino, autrement dit selon Wikipedia: « une réaction en chaîne » qui provoque « la chute séquentielle d’une file de dominos » les uns à la suite des autres. Wikipedia nous apprend que cette théorie a été mise en évidence et utilisée dans la lutte contre le communisme, que cette théorie a justifié l’invasion du Vietnam « pour prévenir une future domination communiste du sud-est asiatique », mais aussi que ceci aurait justifié l’invasion de l’Irak en 2002-2003 en vue de « la disparition des régimes autoritaires » dans tout le Moyen-Orient, l’invasion du Moyen-Orient n’ayant été qu’une sorte de porte ouverte aux événements du Printemps Arabe. En géopolitique, la théorie des dominos semble donc illustrer une propagation idéologique par contagion: la chute de la dictature irakienne a propagé l’idéologie de la chute des dictatures au Moyen-Orient, de même que la chute du mur de Berlin le 9 novembre 1989 avait propagé une idéologie de la libération de toute l’Europe de l’Est et conduit à la chute des régimes communistes. Pour ceux qui n’ont toujours pas compris la théorie des dominos, voici une vidéo simple qui en explique le principe:

WikiLeaks avait déjà emboîté le pas sur les révélations de l’espionnage gouvernemental, notamment à travers les câbles diplomatiques fournis par Bradley Manning et les e-mails de la société de renseignement Stratfor transmis par le hacker Jeremy Hammond. Dans la suite de WikiLeaks, Edward Snowden a donc dévoilé au grand jour un autre aspect de l’espionnage mené par le gouvernement américain et certains de ses partenaires qui sont d’autres gouvernements ou d’autres services secrets. Avec les câbles diplomatiques, WikiLeaks avait déclenché une sorte d’effet domino dans les pays du Printemps Arabe, où on a pu voir la Tunisie servir d’exemple à d’autres pays arabes, avec des manifestations qui ont conduit en 2010-2011 à la chute de plusieurs gouvernements au Moyen-Orient, des régimes assimilés à des dictatures ou définis comme des régimes autoritaires. Il y avait alors une effervescence politique générale au Moyen-Orient, une effervescence qui a continué à travers des projets de constitution. La volonté démocratique des Tunisiens avait incité d’autres peuples du Moyen-Orient à réclamer plus de liberté. La théorie des dominos permet de comprendre tous ces événements historiques de manière beaucoup plus claire.

Avec l’affaire de la NSA, ce sont désormais les gouvernements occidentaux, et notamment les Etats-Unis, qui vont devoir rendre des comptes à la population, face aux accusations d’atteintes à la vie privée et face à la collecte illégale de données menée à travers le monde entier. Comme dans la théorie des dominos, le gouvernement américain n’est pas le seul à être fragilisé par ces révélations, car on apprend en effet que plusieurs gouvernements européens ont collaboré avec la NSA, comme la Suède et la France. Si le président Obama a récemment fait un discours sur la réforme de la NSA, personne n’a malheureusement encore entendu François Hollande s’exprimer sur le rôle des services secrets français vis-à-vis de la NSA. Mais on imagine bien que si le président américain a dû donner des explications, il en sera de même pour tous les services secrets qui ont collaboré avec la NSA, et qu’ils devront tous rendre des comptes aux citoyens.

Finalement, ce qu’il faut retenir dans cette histoire, et ce qui nous semblerait à tous plutôt drôle, c’est que la théorie des dominos est à l’origine une théorie américaine visant à lutter contre le communisme, mais on constate aujourd’hui que cette théorie forgée par les Etats-Unis se retourne contre leur propre perception du pouvoir politique. Car aujourd’hui, c’est le système occidental, et non le communisme, qui montre ses faiblesses démocratiques et qui menace de s’effondrer ou en tout cas de s’émietter un tout petit peu. Comme vous pouvez le voir dans la vidéo qui illustre le tour du monde des dominos, l’affaire de la NSA américaine contamine désormais tous les autres pays du monde. Si vous aimez la théorie des dominos, vous aimerez forcément l’affaire de la NSA. Mais il faudra être patient pour en voir la fin, car il paraît que Snowden a dérobé 1,7 millions de dominos contenant des informations secrètes, et seul 1% d’entre eux seraient publiés…

Sécurité des données, renseignement, société: ce que Wikileaks a changé (ou pas)

Lci.tf1.fr, par Fabrice Aubert, le 03 décembre 2013

Monde: Wikileaks a montré que n’importe qui pouvait désormais facilement révéler au monde entier des informations confidentielles, qu’elles proviennent de secrets d’Etat ou de sociétés privées. Mais, au-delà, qu’a vraiment changé l’affaire Manning?

Des « taupes » donnant aux médias des documents truffés d’informations confidentielles, cela a toujours existé. En 1971, Daniel Ellsberg, un analyste, fournissait ainsi au New York Times des rapports du ministère de la Défense sur l’implication des Etats-Unis au Vietnam. Il avait tout simplement photocopié plus de 7.000 pages de ces « Pentagon papers »!

Wikileaks n’a donc rien inventé. Julian Assange a en revanche facilité le processus, désormais grandement numérique, et renforcé sa caisse de résonance médiatique au niveau mondial. L’affaire Bradley Manning, qui a fourni les câbles diplomatiques du ministère des Affaires étrangères et des rapports sur les guerres en Irak et en Afghanistan, en est aujourd’hui l’exemple le plus frappant.

Sur ce point, plus rien ne sera jamais comme avant pour le journalisme, c’est une certitude. Il doit s’adapter à cette nouvelle donne. C’est en revanche moins évident dans plusieurs domaines, touchés plus ou moins directement par l’émergence du site et les révélations de  Bradley Manning. A l’occasion de la sortie du film « Le Cinquième pouvoir », MYTF1News se penche sur trois d’entre eux.

Wikileaks et la société américaine: un débat entre sécurité et liberté

Comment les Américains, plutôt patriotiques en règle générale, ont-ils perçu l’affaire? « Dans un premier temps, ils ont tout d’abord été sensibles à l’argumentation de l’administration sur la traîtrise du soldat Manning, sans voir la dimension nouvelle de l’affaire et ses implications en matière de sécurité et liberté », analyse pour MYTF1News François Durpaire, spécialiste des Etats-Unis et auteur de l’article L’historien à l’ère de Wikileaks.

« Ce n’est qu’ensuite qu’ils ont compris l’impossibilité  de l’Etat à garantir une sécurité absolue pour ses citoyens, et donc sa fragilité, même en restreignant les libertés. Ces derniers mois, l’affaire Snowden est venue se greffer à ces interrogations sur le Bien et le Mal ou la patrie et la traîtrise », ajoute-t-il. Résultat: l’opinion publique a évolué sur cette affaire Wikileaks. « Elle est aujourd’hui divisée. Mais pas au sens tranché d’un bloc pour et d’un autre bloc contre. Dans les sondages, selon la question posée ou la formule utilisée, la même personne peut en fait à la fois applaudir Manning ou le critiquer », précise François Durpaire.

Sur un plan plus sociétal, Bradley Manning, homosexuel, a aussi accéléré la fin du « tabou gay » qui régnait dans l’armée américaine. Certes, le « don’t ask, don’t tell », qui permettait aux gays d’exercer dans l’armée à condition de ne pas le révéler, était en cours d’abolition en 2010. « Mais le fait que Manning ait en partie agi pour se venger a permis au processus législatif d’aller plus vite », estime François Durpaire.

Wikileaks et les protections des données: une prise de conscience

Même si la victime est l’armée américaine, qui possède probablement les meilleures défenses informatiques, le monde de la protection des données n’a pourtant pas été fondamentalement surpris. « L’affaire Wilikeaks n’a pas révélé ce que l’on ne connaissait déjà pas en matière de violation de protection de données sur le plan technique. Nous discutions déjà depuis un certain temps de possibles infractions similaires », explique à MYTF1News Lazaro Pejsachowicz, président du Clusif (Club de la sécurité de l’information française), l’association qui regroupe les responsables de sécurité informatique.

Grâce à son retentissement médiatique, l’affaire a eu cependant un mérite selon Lazaro Pejsachowicz: « elle a fait prendre conscience aux dirigeants d’entreprises et d’organismes publics des risques encourus ». « Certes, ils connaissent les dangers. Mais il est leur parfois difficile d’arbitrer sur le plan financier face à d’autres priorités. Notre dialogue avec eux a donc été facilité. Depuis, des projets ont été mis en route plus rapidement qu’ils ne l’auraient été », révèle-t-il.

Lazaro Pejsachowic souligne également que les professionnels de la sécurité ont quant à eux pris conscience que le « monde est une gigantesque database ». Avec pour conséquence de rendre l’information encore plus vulnérable car le risque ne peut être limité au risque technique confiné à l’intérieur de la seule entreprise. « Sur ce point, le maillon faible restera l’humain, rouage essentiel de la sécurité. Sensibiliser le personnel est donc primordial », conseille le patron du Clusif. Rappelons en effet que Bradley Manning était habilité à accéder aux informations qu’il a données à Julian Assange… Tout comme Edward Snowden, qui a révélé l’espionnage de la NSA, pour celles publiées par The Guardian. « Plus globalement, sans faille humaine, il est aujourd’hui très difficile de lancer une attaque ou piratage informatique », martèle Lazaro Pejsachowicz.

Wikileaks et le monde du renseignement: circulez, il n’y a rien à voir

Pour le monde du renseignement, l’affaire Wikileaks n’est tout simplement pas… une affaire. « Certes, elle a eu un retentissement médiatique et ceux qui en sont à l’origine se prennent pour des chevaliers blancs », explique à MYTF1 News Eric Denecé, patron du Centre français sur la recherche et le renseignement (CF2R).

« Mais rappelons que d’un point de vue technique, il ne s’agit pas d’une opération de piratage. C’est tout simplement un homme seul, bénéficiant de certaines habilitations -une lacune-, qui a voulu mettre le bazar pour des raisons personnelles. Le paradoxe, c’est qu’il avait l’intention de nuire. Or, contrairement à Edward Snowden,  il ne l’a pas vraiment fait puisqu’aucune information capitale n’a été révélée. Il aurait pu donner à Julian Assange le carnet intime d’une adolescente, cela aurait eu le même effet. La seule chose que cette affaire a peut-être changée, c’est la manière dont le ministère des Affaires étrangères protège désormais ses télégrammes diplomatiques », ajoute-t-il.

Sur le plan diplomatique justement, en dehors des protestations de circonstances pour la forme à destination de leur opinion publique, Eric Denecé rappelle que cela n’a pas créé de réelles tensions entre les Etats-Unis et leurs alliés. Avant d’avancer une théorie développée dans les milieux du renseignement: beaucoup s’y étonnent de la concomitance entre la publication de ces télégrammes diplomatiques dans lesquels les dictateurs arabes comme Ben Ali apparaissent peu à l’avantage et les révolutions arabes. Les Etats-Unis auraient-ils alors en fait manipulé Manning et Wikileaks pour « préparer » le printemps arabe -ou du moins ont-ils exploité le contenu des révélations ? « Il n’y a pas de preuve, mais cela reste une possibilité », note le patron du CF2R.

Vidéo: Wikileaks: « Tout se sait ou se saura un jour »

Vidéo: Wikileaks, tempête médiatique dans un verre d’eau?

Source: http://lci.tf1.fr/monde/securite-des-donnees-renseignement-societe-ce-que-wikileaks-8322249.html

PRISM, Tempora: Les programmes de surveillance internet guettent la Tunisie

HuffPost Maghreb, 3 juillet 2013

Le 7 juin 2013, de nombreux détails des programmes de surveillance internet PRISM et Tempora, dirigés par l’américaine NSA (National Security Agency) et la britannique GCHQ (Government Communications Headquarters), sont portés au grand jour. A l’origine de ces révélations initialement publiées par le quotidien britannique The Guardian: Edward Snowden, ex-consultant pour la NSA et la CIA.

De quoi sont capables ces programmes de surveillance ?

Les allégations, fondées sur une série de documents classés top-secret et fournis par le jeune informaticien de 30 ans, concernent l’existence d’une back-door chez plusieurs géants de l’internet. Des multinationales comme Facebook, Microsoft ou encore Google auraient fourni un accès direct à leur système aux agences de sécurité gouvernementales.

Les gouvernements auraient ainsi accès, entre autre, au contenu de mails et de live chats, ainsi qu’aux conversations audiovisuelles via un accord avec Skype. Toujours, selon The Guardian, les multinationales mises en cause auraient, pour celles qui ont répondu, réfuté ces accusations.

Etant donné le caractère multinational de ces entreprises, de nombreux États craignent pour la protection des données privées de leurs consommateurs ainsi que celle de leurs institutions. La France a annoncé ne pas pouvoir « accepter ce comportement » qui doit cesser « immédiatement ». Un responsable européen a souligné une possible « rupture de confiance » au cas où les faits seraient avérés (AFP), tandis que The Guardian, révélait que l’Italie, la France ou encore la Grèce seraient parmi les 38 cibles privilégiées de la NSA.

La NSA défend les programmes de surveillance

Qu’en est-il de la Tunisie ?

Près d’un tiers des tunisiens sont utilisateurs de Facebook et nombre d’entre eux sont adeptes du service de boîte électronique de Google ou encore du logiciel de communication audiovisuelle Skype. Les risques constatés dans d’autres pays devraient donc également s’appliquer en Tunisie.

Selon le directeur de l’Agence tunisienne d’Internet (ATI), Moez Chakchouk, joint par le HuffPost Maghreb, les récentes révélations ne changent que peu l’état des choses, car les autorités « se doutaient probablement de l’existence de tels comportements » de la part des multinationales. Mais alors que la Commission nationale de l’informatique et des libertés française (CNIL) et son équivalente espagnol AEPD leur ont déjà promis des sanctions au cas où ces comportements persisteraient, le sujet reste étrangement absent des débats en Tunisie.

Moez Chakchouk admet que malgré « son nombre comparativement réduit d’internautes, la Tunisie, comme tout autre pays, est bien sûr concernée par ces révélations, surtout que l’usage des réseaux sociaux a atteint son apogée, notamment depuis la révolution et l’ouverture totale de l’Internet ». Mais il analyse également que les tunisiens « sont encore très sensibles au sujet de la censure du net » et ne se préoccupent donc pas de la protection de leurs données. Un débat en efface un autre.

Lors de la conférence 2013 de la Freedom Online Coalition (FOC), qui regroupe 21 pays et avait lieu à Tunis le 17 et 18 juin, les enjeux des libertés en ligne devaient être abordés sous tous leurs aspects. Mais les participants tunisiens « se sont peu intéressés pour les sujets de protection, et bien plus pour ceux de la censure », indique Moez Chakchouk. En revanche, un évènement annexe, hébergé par Nawaat, a été dédié exclusivement à une discussion autour de la surveillance internet, comme le rappelle Jillian C. York, directrice de l’EFF.

Même s’il identifie des risques non moins importants liés à la protection de données personnelles et à la garantie de la liberté d’expression sur internet, M. Chakchouk pense que les enjeux de ces révélations sont autre part.

« Moi aussi, je veux! »

Des « rapports de transparence » publiés par Google, Microsoft et bientôt Facebook font état de nombreuses demandes d’accès aux données personnelles de la part de plusieurs gouvernements. Pour le moment, « ces rapports ne mentionnent pas la Tunisie », précise Moez Chakchouk, « mais il y a là un véritable risque de contagion ». Ayant constaté l’accès privilégié offert aux américains par ces multinationales, il est en effet plausible que certains gouvernements songent alors à réclamer les mêmes privilèges. A titre personnel, il ne pense pas que « Google ou Facebook agiront dans ce sens, surtout dans les pays où il n’existe aucun garde-fou juridique pour garantir les droits de l’homme sur internet ». Quant à l’espionnage d’État tant craint par les grandes puissances, Moez Chakchouk ne croit pas que la Tunisie soit concernée, les « intérêts commerciaux y étant relativement faibles ».

Pour le directeur de l’ATI, il faut avant tout agir « à échelle internationale », notamment via l’adhésion à la convention 185 du Conseil de l’Europe sur la cybercriminalité mais aussi à la convention 108 relative à la protection des données personnelles. La Tunisie, en attendant, a d’autres priorités : « l’emploi, la croissance économique, la démocratie, etc… ». Et en ce but, « c’est dans le sens économique qu’il faut coopérer avec ces multinationales pour promouvoir l’innovation, avant de poser toute question liée à la sécurité nationale et les risques relatifs à l’usage d’internet ».

[…]

Source: http://www.huffpostmaghreb.com/2013/07/03/prism-tempora-surveillanc_n_3539309.html

Les opérations Anonymous, des opérations gouvernementales pour piéger les hackers?

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Depuis les années 80, les gouvernements livrent une bataille sans merci contre les hackers qui menacent leur ordre établi. Certains hackers ont eu des destins tragiques, certains sont morts et ont été assassinés, d’autres ont accepté de collaborer avec des gouvernements pour échapper à la prison ou pour rester en vie. On ne peut pas en vouloir à ceux qui ont dû travailler pour un gouvernement, si c’était une question de vie ou de mort. Néanmoins, cela montre à quel point les hackers sont menacés par les gouvernements, quels que soient leurs pays; à quel point ils sont les cibles des services secrets; et à quel point ils sont utiles au changement social, car même s’ils sont arrêtés, ils sont un moteur essentiel de la révolution dans le monde.

Les gouvernements préfèrent collaborer avec les hackers, plutôt que de les mettre en prison

Les hackers ont toujours eu des liens étroits, mais controversés, avec les gouvernements. Citons quelques exemples.

Tout d’abord, Julian Assange: avant d’être le fondateur de Wikileaks, Julian Assange a été un hacker, arrêté en 1991 lors de l’Opération Weather, condamné, puis relâché par la justice de son pays. Entre son arrestation en 1991 et son inculpation en 1994, avec 31 accusations criminelles, Assange n’aurait pas eu d’autre choix que de collaborer à l’époque avec les services secrets. Il a été libéré sous caution et n’a finalement obtenu qu’une simple amende, signe pour certains que Julian Assange a accepté de collaborer avec le gouvernement. Comme le souligne le journaliste Wayne Madsen, certaines attaques de hackers ont aussi servi à piéger les hackers et à infiltrer leurs groupes. On apprend dans le livre Underground (chap. 9) que la police australienne a demandé au personnel des universités visées par les attaques de hackers, de laisser les failles de sécurité afin de pouvoir surveiller à distance l’activité des hackers et les localiser en vue de leur arrestation. C’est ce qui aurait permis l’arrestation de Julian Assange. Wayne Madsen considère aussi que Julian Assange est toujours impliqué dans les activités du gouvernement australien et des services secrets, et que Wikileaks n’est que l’émergence de ce rôle.

De même, le hacker israélien Ehud Tenebaum n’aurait eu d’autre choix que de collaborer avec le gouvernement israélien après son arrestation en 1998.

Ce qui s’est produit dans les années 80 et 90 continue de se produire, et les hackers continuent d’être aujourd’hui piégés et recrutés par les gouvernements, notamment pour infiltrer « les systèmes des gouvernements étrangers« .

Dans l’affaire des mails Stratfor, publiés par Wikileaks, Jeremy Hammond a accusé le FBI d’avoir utilisé les hackers pour recueillir des informations sur les gouvernements étrangers et d’avoir été piégé par Sabu:

« Il est bien connu que Sabu a été utilisé pour monter des affaires contre un certain nombre de pirates, y compris moi-même. Ce que beaucoup ne savent pas, c’est que Sabu a également été utilisé par ses gestionnaires afin de faciliter le piratage de cibles de choix du gouvernement – y compris de nombreux sites web appartenant à des gouvernements étrangers (…)

Ce que les Etats-Unis n’ont pas pu accomplir par la loi, ils ont utilisé Sabu, et par extension, mes coaccusés et moi, pour l’accomplir illégalement ». (Hacker News Bulletin)

Jeremy Hammond a accusé le hacker Sabu, un informateur du FBI qui avait infiltré le réseau Anonymous, d’avoir permis au FBI d’arrêter un certain nombre d’autres hackers et d’avoir permis des procès contre eux. Sabu avait coordonné apparemment des attaques à la demande du FBI, il a aussi transmis les « Syria Files » à Wikileaks, mais il n’a jamais dit s’il avait fait cela à la demande du FBI.

On imagine bien qu’aux Etats-Unis, les peines contre les hackers sont très lourdes. Ceux qui ne négocient pas avec le gouvernement ont des risques de passer plusieurs années en prison, comme Jeremy Hammond.

Dernièrement, un hacker britannique de 28 ans, Lauri Love, risque l’extradition vers les Etats-Unis, ainsi que 10 ans de prison, pour avoir piraté des ordinateurs gouvernementaux.  Présenté comme « un hacker sophistiqué et prolifique » par les Etats-Unis, on imagine bien que son extradition pourrait intéresser les autorités américaines afin de pouvoir le recruter et de négocier sa peine en échange de ses services.

Tel est le destin des hackers, héroïque mais tragique quand on s’aperçoit que leur courage et leur intelligence sont utilisés parfois à de mauvaises fins par les gouvernements.

Anonymous Africa: après les guerres au Moyen-Orient, un projet contre les dictatures et la corruption en Afrique

Anonymous Africa, créé en juin 2013, est un exemple parmi d’autres de ces groupes de hackers qui peuvent être infiltrés par les gouvernements, soit en étant un groupe autonome indépendant d’un gouvernement, soit en étant un groupe soutenu et financé par un gouvernement sous une identité anonyme. Anonymous Africa est un site écrit dans un anglais parfait, faisant la promotion du logiciel TOR et qui ne semble pas avoir été vraiment revendiqué en Afrique. Les groupes Anonymous étant par définition anonymes et sans identité, il est d’autant plus difficile de savoir qui se cache derrière la multitude de groupes et de personnes qui appartiennent à ces réseaux.

Il est certain que lutter contre les dictatures en Afrique est difficile et qu’il vaut mieux rester anonyme quand on se lance dans ce genre de projets, et il est certain que c’est un projet noble de défendre la liberté d’expression, néanmoins la lutte contre la corruption et la lutte contre les dictatures ont souvent été jusqu’à présent soutenues par des gouvernements occidentaux. On s’en rappelle pour le Moyen-Orient, dont le projet de réforme et de démocratisation a été initié par George Bush. Il faut toujours percevoir l’agenda politique de ces groupes, car lutter contre les dictatures, c’est bien, mais si c’est uniquement pour servir les intérêts américains et les plans de guerre du Pentagone, ce n’est pas forcément servir la démocratie dans le monde.

Après la démocratisation du Moyen-Orient et le Printemps Arabe, où certaines attaques de hackers ont aussi ciblé des dictatures, la lutte contre les dictatures en Afrique pourrait bien apparaître, sous un certain angle, comme la continuité de ce projet occidental qui a été initié par les Etats-Unis: celui de la transparence politique et de la lutte contre la corruption dans des pays situés hors de la zone d’influence de l’Occident, en Afrique, au Moyen-Orient, en Russie ou en Asie. Le gouvernement américain a les moyens financiers et les capacités d’infiltrer ce genre de réseaux Anonymous, on comprend donc pourquoi c’est un outil facile à utiliser pour les gouvernements.

Les récentes attaques en Australie: quand Anonymous ne met pas tout le monde d’accord chez les hackers

Il y a quelques jours, Anonymous Indonesia a attaqué plusieurs sites australiens, le site de l’ASIS (les services secrets australiens) et 170 sites non-gouvernementaux. Il faut remarquer que certains groupes Anonymous ne sont pas toujours d’accord sur la cible des attaques informatiques. Bizarrement, alors que la majorité des hackers Anonymous ont pour projet de créer une société plus libre et plus égalitaire, le groupe Anonymous Australia a dénoncé les dernières attaques d’Anonymous Indonesia contre des sites australiens qui n’avaient pas de rapport direct avec les sites gouvernementaux. Alors, pourquoi dénoncer des attaques informatiques, quand on est un hacker?

« Ces sites que vous avez attaqué ne sont pas affiliés au gouvernement australien et doivent être laissés en paix » peut-on lire dans un communiqué. (The Australian)

On croirait presque lire un communiqué qui tente de dissuader sa population, comme pour dire « surtout ne faites pas la révolution ». Pirater, c’est pourtant le principe même qui permet aux Anonymous de protester virtuellement et de manifester leur présence en société. Les attaques contre des sites non-gouvernementaux sont donc des signes essentiels de cette protestation. Pourquoi Anonymous Australia tente-t-il de dénoncer ces attaques: est-ce qu’il dit cela avec sincérité, ou bien est-ce qu’il dit cela parce qu’il est infiltré ou qu’il agit au nom du gouvernement australien?

Y aurait-il deux voix différentes au sein d’Anonymous? Anonymous Australia défend-il vraiment la voix des hackers dans ce communiqué? Entre ceux qui défendent une révolution par les armes numériques, comme semblait le soutenir Julian Assange dans son livre, et ceux qui défendent des attaques ciblées, mais contrôlées, autrement dit des attaques sans danger fondamental pour l’ordre établi par la société – mais que veulent vraiment les hackers, la révolution ou pas?

Dans les années à venir, de plus en plus de hackers seront peut-être amenés à travailler pour des services secrets et pour des gouvernements, comme aux Etats-Unis, soit parce qu’ils y seront forcés, soit parce qu’ils auront été piégés dans des opérations de piratage, soit parce que certains d’entre eux auront reçu des offres financières suffisamment intéressantes de la part des gouvernements. Tandis que la France développe son budget de la défense, l’Union Européenne prévoit de créer un service comparable à la CIA. Avec l’affaire Prism, il y aura encore plus de surveillance et les gouvernements auront encore plus besoin de recruter des hackers. La seule question est de savoir comment les hackers utiliseront leurs talents: est-ce qu’ils sauront les utiliser en faveur de la démocratie? comment arriveront-ils à se libérer du pouvoir des gouvernements, malgré toutes les persécutions qu’ils subissent, et comment feront-ils pour réaliser jusqu’au bout leur idéal de révolution mondiale?

Ecrit par kimono

Tunisie: Pourquoi Marzouki collabore-t-il avec Google?

Tunisie Numérique, 24 septembre, 2013 à 14:56

Lundi 23 septembre, Moncef Marzouki a donné une conférence à New York sur la constitution tunisienne. Il était invité par Google Ideas, une filiale du géant de la communication Google, à exposer l’expérience tunisienne en matière de démocratie.

Pour relater la conférence, le communiqué de presse officiel de la présidence de la république, désigne Google Ideas sous le nom de « fondation ». Or il serait fallacieux de dire que Google Ideas est seulement une fondation ou une société. C’est surtout un think tank créée par Google, c’est à dire un cercle de réflexion politique affilié à Google ou plus clairement un lobby à travers lequel Google veut influer sur les politiques internationales.

Le dirigeant de Google Ideas, Jared Cohen, élu par le magazine Times comme l’une des 100 personnalités les plus influentes du monde, est un ancien conseiller de l’ex-secrétaire d’état de Geoges .W. Bush: Condoleezza Rice. Il est soupçonné par le biais de  révélations de messages Wikileaks de collaborer avec la maison blanche dans un travail à la fois politique et technologique de Google Ideas à travers le monde, pour manipuler certains soulèvements et renverser des régimes opposés aux États-Unis.

Officiellement Google Ideas va créer un nouveau portail qui recense les constitutions du monde entier afin de permettre la comparaison entre elles, dans le but d’aider notamment les pays en transition politique. D’après un article du Figaro, « présent aux côtés des représentants de Google, le président tunisien Moncef Marzouki s’est dit « fasciné » par l’initiative, qui sera « extrêmement utile » pour des pays comme le sien, qui ont du mal à se doter d’une constitution ou d’une loi électorale. »

Mais cette fascination béate devrait être plus nuancée.

Premièrement parce que la crise politique en Tunisie qui a débouché sur le blocage de la rédaction de la constitution, a été provoquée par les agissements de la Troïka et son refus de l’aide des experts en droit constitutionnel. Les experts de la commission de Venise avaient d’ailleurs signalé toutes les fautes et les incohérences du projet de constitution rédigé par des députés sur lesquelles domine une Troïka majoritaire.  La Troïka dont fait partie le parti du président Marzouki, a toujours été contre l’intervention d’experts dans la rédaction.

Deuxièmement, parce que cette initiative a l’air d’être une façade pseudo-démocratique de ce think tank pro-américain appelé Google Ideas. Julian Assange n’a-t-il pas dit dans un article publié au New York Times, très critique envers un livre coécrit par Jarred Cohen et le patron de Google Eric Schmidt: « l’avancée des technologies de l’information incarnée par Google porte en elle la mort de la vie privée de la plupart des gens et conduit le monde à l’autoritarisme ».

Alors les question qu’on peut se poser sont:   Moncef Marzouki a-t-il lu l’article en question de Julian Assange avant de déclarer sa fascination ? Sait-il, lui l’anti-impérialiste, que des preuves comme ceux d’Edward Snowden accusent Google d’avoir collaboré à une gigantesque entreprise d’espionnage montée par les États-Unis ? D’autant plus que Marzouki s’était laissé interviewer avec enthousiasme par Assange, en 2012. A cette occasion, notre président, surfant sans doute sur la notoriété du fondateur de Wikileaks, avait déclaré qu’il « admirait son travail » et qu’il l’invitait à d’installer en Tunisie en cas de problème.

Peut-être sait-il tout cela mais tend-il simplement à concrétiser son projet personnel d’une cour constitutionnelle internationale. Seulement un président d’une république a-t-il le droit de côtoyer et de collaborer avec les dirigeants d’une grande entreprise privée, même pour des buts nobles?

Quoi qu’il en soit, en collaborant avec « la fondation » de Jarred Cohen, Marzouki, le défenseur des droits de l’homme et des libertés individuelles, se contredit sur plusieurs plans: sur le plan idéologique et sur le plan politique. Cette contradiction connote soit une naïveté face aux enjeux profonds de certaines entreprises qui le dépassent soit un machiavélisme visant à internationaliser des projets personnels soit une implication dans des consignes parachevées par la récente rencontre avec Barack Obama.

Un communiqué de la présidence se doit de répondre à ces questions sans langue de bois.

Source: http://www.tunisienumerique.com/tunisie-pourquoi-marzouki-collabore-t-il-avec-google/193707