L’American Civil Liberties Union (ACLU) publie les documents relatifs à l’Ordre Exécutif 12333 dans l’espionnage de la NSA

Ordre Exécutif 12333 – Recours en justice FOIA

L’ACLU, avec le Media Freedom Information Access Clinic (« MFIA ») à la Yale Law School, ont déposé une requête de Freedom of Information Act demandant au gouvernement de publier les informations sur son utilisation de l’Ordre Exécutif 12333 pour procéder à la surveillance des communications internationales des Américains.

Le décret, signé par le président Reagan en 1981 et modifié à plusieurs reprises depuis, est l’autorité invoquée par les agences de renseignement, y compris la NSA, pour procéder à la surveillance des étrangers en dehors des États-Unis. Selon des rapports récents, cependant, le gouvernement se fonde sur ce décret pour récupérer les communications internationales d’innombrables Américains. Par exemple, il collecte des milliards d’enregistrements par jour contenant les informations de localisation des téléphones mobiles, y compris les téléphones des Américains; pour récolter les carnets d’adresses des utilisateurs d’emails; et pour récupérer les informations des utilisateurs de Google et Yahoo, alors que cette information se déplace entre les centres de données de ces sociétés à l’étranger.

Cliquez ici pour une analyse des documents les plus récemment publiés

Un document déjà publié à l’ACLU est une version récente de  la Directive 18 du Renseignement des Signaux Américains, datée de 2011. L’USSID 18 – comme elle est communément appelée – régit la collecte des communications des Américains par la NSA, y compris issues d’une surveillance sur un sol étranger. Avant les révélations d’Edward Snowden, on en savait peu sur la façon dont la NSA a interprété son autorité en vertu de l’USSID 18. De nombreuses questions restent sans réponse même depuis ces révélations, mais une chose est claire: le gouvernement interprète l’USSID 18 pour lui permettre de récupérer les communications internationales des Américains sans aucune ordonnance de la cour et avec peu de supervision.

Les requêtes de l’ACLU cherchent des informations sur l’USSID 18 et d’autres protections supposées qui sont en place pour les Américains dont les communications sont prises au piège dans la surveillance menée dans le cadre du décret, et également pour savoir si ces protections sont adéquates et conformes à la Constitution.

DOCUMENTS PUBLIÉS

Publiés le 1er Juillet 2013:

Publiés le 18 Novembre 2013:

Publiés le 22 Septembre 2014:

DIA

FBI

NSA

OLC

Publiés le 22 Octobre 2014:

NSA

Source: https://www.aclu.org/national-security-technology-and-liberty/executive-order-12333-foia-lawsuit

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La NSA appelle les utilisateurs d’iPhone des « zombies » et Steve Jobs « Big Brother »

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9 septembre 2013, John Koetsier, VB Insight

Steve Jobs est Big Brother, et tout les publics qui achètent l’iPhone ne sont que des zombies, selon des documents internes de la NSA détaillant sur quoi l’agence a travaillé en termes de piratage de smartphones et d’extraction d’informations personnelles, de connections sociales, d’informations de localisation, et plus encore. Ne vous inquiétez pas, les fans d’Android, vous êtes aussi dans les cibles de la liste.

Selon de nouveaux documents du super-leaker Edward Snowden, la NSA a ciblé des smartphones comme un bénéfice massif de données sensibles que les nouveaux utilisateurs de l’appareil ont créé, stocké, et, finalement, partagé sans le savoir avec l’agence d’espionnage américaine qui a été impliquée dans la controverse depuis lors même que Snowden a commencé à publier des détails sur Prism et XKeyscore et d’autres technologies secrètes d’espionnage de l’agence gouvernementale.

Voici « big brother », selon une présentation de la NSA:

steve-jobs-big-brother-nsaCi-dessus: Steve Jobs en tant que Big Brother, selon la NSA

Et, les clients payants d’Apple ont été vus dans les yeux de la NSA comme des participants idiots désireux de leur propre chute. Un diaporama de présentation de la NSA les identifie péjorativement comme des « zombies ».

Lire la suite: http://venturebeat.com/2013/09/09/nsa-calls-iphone-users-zombies-and-steve-jobs-big-brother/

Edward Snowden et la théorie des dominos

Est-ce qu’un seul lanceur d’alerte peut, à travers ses révélations, provoquer la chute de tout le système mondial de l’espionnage? Réponse: avec l’affaire de la NSA, on pourrait en effet penser qu’Edward Snowden a enclenché, de manière plus ou moins évidente et irrémédiable, la chute de tout un système injuste élaboré par les services secrets américains et destiné à la collecte illégale des données privées des citoyens dans le monde entier. Il a suffi d’une personne et d’une seule révélation pour enclencher toute une série d’autres révélations sur la NSA, des révélations toutes plus fracassantes les unes que les autres, et qui s’emboîtent les unes après les autres, enchaînant pays après pays les scandales liés à l’espionnage, et on ne sait pas encore où cela s’arrêtera. Car, effectivement, le jeu du domino semble loin d’être terminé.

La théorie des dominos, qui est une théorie de géopolitique inventée par les Etats-Unis avec la Guerre froide, est appuyée elle-même sur la théorie de l’effet domino, autrement dit selon Wikipedia: « une réaction en chaîne » qui provoque « la chute séquentielle d’une file de dominos » les uns à la suite des autres. Wikipedia nous apprend que cette théorie a été mise en évidence et utilisée dans la lutte contre le communisme, que cette théorie a justifié l’invasion du Vietnam « pour prévenir une future domination communiste du sud-est asiatique », mais aussi que ceci aurait justifié l’invasion de l’Irak en 2002-2003 en vue de « la disparition des régimes autoritaires » dans tout le Moyen-Orient, l’invasion du Moyen-Orient n’ayant été qu’une sorte de porte ouverte aux événements du Printemps Arabe. En géopolitique, la théorie des dominos semble donc illustrer une propagation idéologique par contagion: la chute de la dictature irakienne a propagé l’idéologie de la chute des dictatures au Moyen-Orient, de même que la chute du mur de Berlin le 9 novembre 1989 avait propagé une idéologie de la libération de toute l’Europe de l’Est et conduit à la chute des régimes communistes. Pour ceux qui n’ont toujours pas compris la théorie des dominos, voici une vidéo simple qui en explique le principe:

WikiLeaks avait déjà emboîté le pas sur les révélations de l’espionnage gouvernemental, notamment à travers les câbles diplomatiques fournis par Bradley Manning et les e-mails de la société de renseignement Stratfor transmis par le hacker Jeremy Hammond. Dans la suite de WikiLeaks, Edward Snowden a donc dévoilé au grand jour un autre aspect de l’espionnage mené par le gouvernement américain et certains de ses partenaires qui sont d’autres gouvernements ou d’autres services secrets. Avec les câbles diplomatiques, WikiLeaks avait déclenché une sorte d’effet domino dans les pays du Printemps Arabe, où on a pu voir la Tunisie servir d’exemple à d’autres pays arabes, avec des manifestations qui ont conduit en 2010-2011 à la chute de plusieurs gouvernements au Moyen-Orient, des régimes assimilés à des dictatures ou définis comme des régimes autoritaires. Il y avait alors une effervescence politique générale au Moyen-Orient, une effervescence qui a continué à travers des projets de constitution. La volonté démocratique des Tunisiens avait incité d’autres peuples du Moyen-Orient à réclamer plus de liberté. La théorie des dominos permet de comprendre tous ces événements historiques de manière beaucoup plus claire.

Avec l’affaire de la NSA, ce sont désormais les gouvernements occidentaux, et notamment les Etats-Unis, qui vont devoir rendre des comptes à la population, face aux accusations d’atteintes à la vie privée et face à la collecte illégale de données menée à travers le monde entier. Comme dans la théorie des dominos, le gouvernement américain n’est pas le seul à être fragilisé par ces révélations, car on apprend en effet que plusieurs gouvernements européens ont collaboré avec la NSA, comme la Suède et la France. Si le président Obama a récemment fait un discours sur la réforme de la NSA, personne n’a malheureusement encore entendu François Hollande s’exprimer sur le rôle des services secrets français vis-à-vis de la NSA. Mais on imagine bien que si le président américain a dû donner des explications, il en sera de même pour tous les services secrets qui ont collaboré avec la NSA, et qu’ils devront tous rendre des comptes aux citoyens.

Finalement, ce qu’il faut retenir dans cette histoire, et ce qui nous semblerait à tous plutôt drôle, c’est que la théorie des dominos est à l’origine une théorie américaine visant à lutter contre le communisme, mais on constate aujourd’hui que cette théorie forgée par les Etats-Unis se retourne contre leur propre perception du pouvoir politique. Car aujourd’hui, c’est le système occidental, et non le communisme, qui montre ses faiblesses démocratiques et qui menace de s’effondrer ou en tout cas de s’émietter un tout petit peu. Comme vous pouvez le voir dans la vidéo qui illustre le tour du monde des dominos, l’affaire de la NSA américaine contamine désormais tous les autres pays du monde. Si vous aimez la théorie des dominos, vous aimerez forcément l’affaire de la NSA. Mais il faudra être patient pour en voir la fin, car il paraît que Snowden a dérobé 1,7 millions de dominos contenant des informations secrètes, et seul 1% d’entre eux seraient publiés…

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Texte: CC BY-SA

Vidéo: youtube

Affaire Prism/NSA: Les Palestiniens ne s’étonnent pas de la surveillance numérique

« Bien sûr, nous sommes surveillés par notre gouvernement »

PRI.org, Daniel Estrin, 8 novembre 2013

Asad Ewaiwi

Asad Ewaiwi, un militant politique et professeur d’université palestinienne en sciences politiques, dit il n’est pas surprenant qu’un gouvernement espionne ses amis et ses citoyens.

La vie privée? En Israël? Il n’y en a pas beaucoup. Surtout quand il s’agit de questions de sécurité.

Ecouter les témoignages: http://www.pri.org/node/61633/popout

Les révélations sur la NSA continuent à venir. Les documents classifiés publiés par l’ancien contracteur de la NSA Edward Snowden ont révélé l’énorme appétit de la National Security Agency pour les données des Américains, et vraiment pour tous les peuples du monde. Tout cela a beaucoup inquiété les Américains au sujet de la vie privée, mais en Israël et dans les Territoires palestiniens, tout le monde s’imagine que quelqu’un est toujours sur l’écoute.

Si Israël met sur écoute des gens aujourd’hui en Israël, qui pourraient-ils être en train d’écouter? Qui pourraient-ils être en train d’espionner?

« Les amis israéliens des Palestiniens », a déclaré Hila Mann, un soldat de 20 ans. « S’ils ont besoin de trouver quelque chose sur des Palestiniens qui entrent en Israël ou essayent de faire quelque chose, ils vont mettre sur écoutes les citoyens israéliens qui sont en contact avec ces personnes. Je pense que c’est horrible, mais tout ici est pour la sécurité d’Israël ».

Mais qu’est-ce qui se fait? Combien d’écoutes domestiques ont lieu en Israël?

Personne ne sait vraiment.

« Il y a vraiment très peu d’informations à la disposition du public sur les écoutes téléphoniques de sécurité », a déclaré Lila Margalit, une avocate avec l’association d’Israël pour les droits civiques [Association for Civil Rights in Israel]. Elle a présenté une demande d’accès à l’information au bureau du premier ministre l’année dernière, pour essayer et obtenir même une idée générale de ce que fait le gouvernement. Il y a quelques mois, sa demande a été rejetée.

« La société israélienne est une société qui a beaucoup d’expérience avec le terrorisme, la guerre, ce qui tend à placer beaucoup de confiance dans ses agences de sécurité (et) être généralement disposés à faire des compromis en matière de sécurité », a déclaré Margalit.

Ce qui est clair, c’est que la loi autorise le Shin Bet – le FBI d’Israël – de recueillir toutes les données des compagnies de téléphone israéliennes et des fournisseurs d’accès Internet. Aucun mandat judiciaire n’est nécessaire. Mais, contrairement aux Etats-Unis, la surveillance nationale n’est pas devenue ici un sujet de débat. C’est en fait la première fois que Margalit a même été approchée pour une interview sur le sujet.

« Les gens pensent généralement qu’ils ne sont pas la cible », dit-elle. « Les écoutes téléphoniques, si elles sont faites pour des raisons de sécurité, ne sont pas faites pour eux. »

Les Palestiniens pensent exactement le contraire.

« La Palestine est la plaque tournante de l’espionnage. En tant que Palestinien, vous n’avez pas la moindre protection venant des lois. Ce téléphone, n’importe qui pourrait vous espionner et personne ne l’arrêterait. Sur Internet, c’est la même chose », a déclaré Saeed Amjad, un travailleur de 24 ans oeuvrant dans la construction à al-Bireh, une ville de Cisjordanie.

Un autre jeune homme qui travaille dans une pâtisserie, Abdullah Mohammed, 23 ans, semblait au bord des larmes quand il a parlé de ses craintes d’être surveillé.

« Ces jours-ci, c’est tout à fait naturel. Je pourrais être en train de marcher dans la rue et quelqu’un derrière m’espionnerait », a-t-il dit.

La paranoïa sur l’espionnage n’est pas sans fondement. Israël a cultivé un vaste réseau de collaborateurs palestiniens, payés pour espionner leurs communautés – parfois même leurs familles. Asad Ewaiwi, un militant politique et professeur d’université en sciences politiques, a déclaré qu’il est certain que la sécurité israélienne a mis sur écoutes ses appels téléphoniques. Un responsable de l’armée israélienne dans la ville d’Hébron en Cisjordanie a également essayé de le recruter.

Ewaiwi a dit que le gouverneur militaire d’Hébron l’a appelé à plusieurs reprises, en demandant de se joindre à lui pour une tasse de thé ou de café afin de parler.

« J’ai dit, Je ne suis pas un homme d’affaires qui a besoin de votre aide. Vous tuez mon peuple, et je ne vais pas m’asseoir avec vous et prendre une tasse de café avec vous« , a-t-il rappelé.

Mais Israël n’est pas le seul à avoir dressé les oreilles. Les services de sécurité palestiniens sont également connus pour surveiller les communications des Palestiniens de Cisjordanie, principalement dans le but de rassembler le Hamas et les militants du Jihad islamique.

Ironie du sort, les responsables de la sécurité palestinienne ont été formés et financés par des agents de renseignement américains en Turquie, Jordanie et même aux États-Unis.

« Il est compréhensible et il est attendu que l’Autorité palestinienne, les agences de sécurité palestiniennes, adoptent des méthodes américaines de surveillance à l’égard de leur propre peuple », a déclaré Ewaiwi.

Les Palestiniens ne savent pas comment, exactement, les responsables de la sécurité palestinienne les surveillent. Mais ils peuvent obtenir un indice, en se réglant sur les révélations en cours au sujet de la surveillance intérieure aux États-Unis – le pays qui a formé leurs agents de sécurité.

Source: http://www.pri.org/stories/2013-11-08/course-were-being-spied-our-own-government

Les vraies raisons pour lesquelles le gouvernement français a voté la Loi de Programmation Militaire

logo LPMAvec le vote de la LPM [Loi de Programmation Militaire] à l’Assemblée Nationale, le 3 décembre, et au Sénat, le 10 décembre, beaucoup s’inquiètent de l’avenir des libertés et de l’étendue de la cyber-surveillance en France. Des associations de défense des droits de l’homme, de liberté de la presse, et d’autres représentant les libertés numériques, ont envoyé récemment une lettre pour saisir le Conseil Constitutionnel, comme le publie la Quadrature du Net. La Loi de Programmation Militaire inquiète de manière réelle en France, autant que les révélations d’Edward Snowden ont pu inquiéter le monde.

Avec le scandale Prism, la France aurait dû montrer l’exemple démocratique et initier un débat sur l’espionnage, car la vie privée n’est-elle pas « un sujet de société qui justifie un débat général, et non spécifique, encore plus impérieux à l’heure de notre entrée dans ce nouveau monde du numérique »? (Source: Les Echos) La France aurait aussi pu proposer de rendre les services secrets plus transparents et d’expliquer son partenariat problématique avec la NSA, et sa participation supposée à la Five Eyes Alliance, ces cinq pays occidentaux qui auraient mis en commun leurs capacités de surveillance au niveau mondial – ce qui semble, somme toute, assez inquiétant. Au lieu de cela, rien du tout: le silence commun du gouvernement français et des services secrets.

Mais alors que François Hollande semblait s’offusquer de la surveillance pratiquée par les Etats-Unis, le Sénat a confirmé, dans notre pays, la Loi de Programmation Militaire — une loi au nom peu amical qui va exactement dans le sens de ce que fait la NSA, c’est-à-dire d’étendre la collecte des données numériques en temps réel, sans autorisation judiciaire et sans véritable contrôle sur les services secrets. Le Sénat a d’ailleurs ignoré, en France, les appels des associations qui avertissent sur les possibles atteintes aux libertés individuelles dans le cadre de cette loi et qui évoquent « la possibilité pour l’Etat de capter aussi bien les données de connexion (horadatage, adresse IP) que les documents « traités ou conservés », c’est à dire du contenu privé (photo, courriels) en bonne et due forme », et encore plus inquiétant, « leur captation directe et en temps réel, sur les réseaux des opérateurs, par les services de renseignement ». (Source: 01net.com)

C’est donc dans cette direction que va la démocratie française, en plein scandale Prism, sans qu’il y ait même eu un grand débat public sur la surveillance et sans même que notre président ait pris la peine d’éclaircir le rôle des services secrets français vis-à-vis de la NSA américaine – alors que la DGSE aurait bien transmis des données aux services de renseignement américains, selon le journal Le Monde -, et sans même que les citoyens français aient pu donner leur avis sur ce genre de pratiques d’espionnage illégal et sur le renforcement des lois de la surveillance?… Où va-t-on?

La vraie raison de cette Loi de Programmation Militaire, c’est sans doute que le gouvernement français veut légaliser certaines pratiques d’espionnage qui sont peut-être déjà utilisées par les services secrets — et la précipitation dans laquelle a été votée cette loi semble plutôt indiquer que des pratiques illégales sont en cours ou existent déjà dans notre pays, renforçant ainsi les affirmations de la presse, mais s’ils se précipitent de légaliser ces pratiques et de les autoriser par une loi peu objective, c’est évidemment pour éviter qu’un lanceur d’alerte à la Snowden le révèle au grand public, un jour ou l’autre. L’Etat français manifeste-t-il ainsi sa peur de futures révélations sur ses propres services d’espionnage? Des révélations plus graves pourraient-elles aller plus loin que ce qu’a publié Le Monde en dévoilant la France comme « un précieux partenaire de l’espionnage de la NSA »? On aurait tendance à le penser, avec le vote précipité de la LPM qui dévoile une certaine peur du gouvernement français.

Car, que ferait l’Etat français, si un autre Snowden décide, en effet, de publier les documents de la prétendue Five Eyes Alliance, témoignant de collectes illégales faites par les services de renseignement français dans le cadre, par exemple, d’une collaboration secrète avec la NSA, comme cela a été révélé pour la Suède? Si ces choses existaient, cela ferait beaucoup de bruit et le gouvernement français aurait du mal à expliquer et à justifier une collaboration secrète avec la NSA, dans un contexte actuel marqué par une crise de confiance des français envers leur propre gouvernement et dans un contexte politique difficile sur beaucoup d’autres sujets.

Mais pourquoi l’Etat français voudrait-il cacher et censurer des choses, me direz-vous? Pourquoi la DGSE refuse-t-elle de communiquer à ce sujet? Pourquoi vouloir faire passer cette loi peu objective et liberticide? Tous ces signes d’un refus de communication sont très inquiétants. Ce n’est pas normal que l’Etat et les services secrets refusent de communiquer à ce sujet, alors que l’on vit en démocratie. Les problèmes de sécurité et de terrorisme ne sont pas une raison suffisante pour faire passer ce genre de lois: il est tout à fait possible de rendre le pays plus sûr, en construisant un internet libre qui protège nos données personnelles, ou de laisser les citoyens accéder même partiellement aux informations qui sont stockées sur eux par les services de renseignement, une idée parfois proposée pour éviter toutes sortes d’abus.

Et surtout, ce genre de loi ne peut passer sans l’avis et la connaissance exacte de ce que sont le contenu et les implications de la loi de programmation militaire — si la loi est votée sans le consentement de la population française, soulevant les inquiétudes de journalistes, d’associations et de divers membres de la société, et sans véritable consensus autour de son contenu, cela peut s’assimiler à ce que font les régimes autoritaires de certains pays, quand ils imposent des décisions à l’encontre des intérêts de leur population. Mais, bien sûr, en France, ceci ne serait pas digne de notre gouvernement. Il faut espérer que tous les citoyens continuent à se mobiliser pour défendre leurs droits et leurs libertés.

Le Parti Pirate dénonce la légalisation de la surveillance généralisée et appelle à réagir

arton433-3a5a712 décembre 2013
Jérôme Leignadier-Paradon, Léguman, nalaf, OlivierSB

Le Parti Pirate s’inquiète fortement de l’adoption mardi 10 décembre par le Sénat de la loi de programmation militaire et en particulier des articles 13 et suivants, relatifs à la surveillance. Il appelle à manifester samedi 21 décembre à 15h place de la République à Paris pour dénoncer les dérives des démocraties et honorer les lanceurs d’alertes et tous celles et ceux qui résistent.

« Pour qu’on ne puisse abuser du pouvoir, il faut que, par la disposition des choses, le pouvoir arrête le pouvoir. […] Tout serait perdu, si le même homme, ou le même corps des principaux, ou des nobles, ou du peuple, exerçaient ces trois pouvoirs: celui de faire des lois, celui d’exécuter les résolutions publiques, et celui de juger les crimes ou les différends des particuliers. » Montesquieu, L’Esprit des Lois.

La loi de programmation militaire contient en effet pour nous Pirates une atteinte grave aux libertés individuelles en France, qui n’est pas sans rappeler les mesures « d’exceptions » votées aux États-Unis qui durent depuis plus de douze ans. Elle élargit sensiblement les pouvoirs des services de renseignement en omettant sciemment toute garantie démocratique et juridique.

En effet, les administrations pourront désormais surveiller n’importe qui sans autre prétexte qu’une vague suspicion de délit, se permettant ainsi d’écouter les conversations, de surveiller les déplacements et de manière générale, d’épier et d’enregistrer sans limite nos moindres mots, faits et gestes sans même la consultation d’un magistrat. Délibérément flou, ce texte permet au gouvernement de placer tout citoyen dans un état de surveillance permanent.

Cette loi s’inscrit dans la continuité des lois LOPPSI, grâce auxquelles l’État a pu mettre en place en France, de vastes réseaux de vidéosurveillance dont de récentes affaires nous ont largement démontré l’inutilité en matière de sécurité du public.

Ainsi, sacrifiant les libertés individuelles sur l’autel de la paranoïa sécuritaire, le gouvernement français suspecte les citoyens qu’il a le devoir de protéger. Cette loi en rend caduque une autre qui, pourtant, a été si fondamentale qu’elle est longtemps aller « sans dire »: Article 9 du code civil: « Chacun a droit au respect de sa vie privée. »

Voir en ligne: appel à la manifestation

Source: http://www.partipirate.org/spip.php?article433

cp loi de programmation militaire (pdf)

PRISM, Tempora: Les programmes de surveillance internet guettent la Tunisie

HuffPost Maghreb, 3 juillet 2013

Le 7 juin 2013, de nombreux détails des programmes de surveillance internet PRISM et Tempora, dirigés par l’américaine NSA (National Security Agency) et la britannique GCHQ (Government Communications Headquarters), sont portés au grand jour. A l’origine de ces révélations initialement publiées par le quotidien britannique The Guardian: Edward Snowden, ex-consultant pour la NSA et la CIA.

De quoi sont capables ces programmes de surveillance ?

Les allégations, fondées sur une série de documents classés top-secret et fournis par le jeune informaticien de 30 ans, concernent l’existence d’une back-door chez plusieurs géants de l’internet. Des multinationales comme Facebook, Microsoft ou encore Google auraient fourni un accès direct à leur système aux agences de sécurité gouvernementales.

Les gouvernements auraient ainsi accès, entre autre, au contenu de mails et de live chats, ainsi qu’aux conversations audiovisuelles via un accord avec Skype. Toujours, selon The Guardian, les multinationales mises en cause auraient, pour celles qui ont répondu, réfuté ces accusations.

Etant donné le caractère multinational de ces entreprises, de nombreux États craignent pour la protection des données privées de leurs consommateurs ainsi que celle de leurs institutions. La France a annoncé ne pas pouvoir « accepter ce comportement » qui doit cesser « immédiatement ». Un responsable européen a souligné une possible « rupture de confiance » au cas où les faits seraient avérés (AFP), tandis que The Guardian, révélait que l’Italie, la France ou encore la Grèce seraient parmi les 38 cibles privilégiées de la NSA.

La NSA défend les programmes de surveillance

Qu’en est-il de la Tunisie ?

Près d’un tiers des tunisiens sont utilisateurs de Facebook et nombre d’entre eux sont adeptes du service de boîte électronique de Google ou encore du logiciel de communication audiovisuelle Skype. Les risques constatés dans d’autres pays devraient donc également s’appliquer en Tunisie.

Selon le directeur de l’Agence tunisienne d’Internet (ATI), Moez Chakchouk, joint par le HuffPost Maghreb, les récentes révélations ne changent que peu l’état des choses, car les autorités « se doutaient probablement de l’existence de tels comportements » de la part des multinationales. Mais alors que la Commission nationale de l’informatique et des libertés française (CNIL) et son équivalente espagnol AEPD leur ont déjà promis des sanctions au cas où ces comportements persisteraient, le sujet reste étrangement absent des débats en Tunisie.

Moez Chakchouk admet que malgré « son nombre comparativement réduit d’internautes, la Tunisie, comme tout autre pays, est bien sûr concernée par ces révélations, surtout que l’usage des réseaux sociaux a atteint son apogée, notamment depuis la révolution et l’ouverture totale de l’Internet ». Mais il analyse également que les tunisiens « sont encore très sensibles au sujet de la censure du net » et ne se préoccupent donc pas de la protection de leurs données. Un débat en efface un autre.

Lors de la conférence 2013 de la Freedom Online Coalition (FOC), qui regroupe 21 pays et avait lieu à Tunis le 17 et 18 juin, les enjeux des libertés en ligne devaient être abordés sous tous leurs aspects. Mais les participants tunisiens « se sont peu intéressés pour les sujets de protection, et bien plus pour ceux de la censure », indique Moez Chakchouk. En revanche, un évènement annexe, hébergé par Nawaat, a été dédié exclusivement à une discussion autour de la surveillance internet, comme le rappelle Jillian C. York, directrice de l’EFF.

Même s’il identifie des risques non moins importants liés à la protection de données personnelles et à la garantie de la liberté d’expression sur internet, M. Chakchouk pense que les enjeux de ces révélations sont autre part.

« Moi aussi, je veux! »

Des « rapports de transparence » publiés par Google, Microsoft et bientôt Facebook font état de nombreuses demandes d’accès aux données personnelles de la part de plusieurs gouvernements. Pour le moment, « ces rapports ne mentionnent pas la Tunisie », précise Moez Chakchouk, « mais il y a là un véritable risque de contagion ». Ayant constaté l’accès privilégié offert aux américains par ces multinationales, il est en effet plausible que certains gouvernements songent alors à réclamer les mêmes privilèges. A titre personnel, il ne pense pas que « Google ou Facebook agiront dans ce sens, surtout dans les pays où il n’existe aucun garde-fou juridique pour garantir les droits de l’homme sur internet ». Quant à l’espionnage d’État tant craint par les grandes puissances, Moez Chakchouk ne croit pas que la Tunisie soit concernée, les « intérêts commerciaux y étant relativement faibles ».

Pour le directeur de l’ATI, il faut avant tout agir « à échelle internationale », notamment via l’adhésion à la convention 185 du Conseil de l’Europe sur la cybercriminalité mais aussi à la convention 108 relative à la protection des données personnelles. La Tunisie, en attendant, a d’autres priorités : « l’emploi, la croissance économique, la démocratie, etc… ». Et en ce but, « c’est dans le sens économique qu’il faut coopérer avec ces multinationales pour promouvoir l’innovation, avant de poser toute question liée à la sécurité nationale et les risques relatifs à l’usage d’internet ».

[…]

Source: http://www.huffpostmaghreb.com/2013/07/03/prism-tempora-surveillanc_n_3539309.html

Des écrivains se mobilisent « Pour une Défense de la Démocratie à l’Ère Numérique »

Pétition de Writers Against Mass Surveillance

Change.org, le mardi 10 décembre

εntropyıng ın-bεtwεεn Camεra▲ObscuraÀ l’occasion de la Journée mondiale des Droits de l’Homme, 562 auteurs, dont 5 lauréats du Prix Nobel, issus de 80 pays, ont lancé conjointement un appel pour la défense des libertés individuelles face à la surveillance organisée par les entreprises et les gouvernements. Les 5 Prix Nobel signataires sont: Orhan Pamuk, J.M. Coetzee, Elfriede Jelinek, Günter Grass et Tomas Tranströmer. Parmi les signataires, se trouvent également Umberto Eco, Margaret Atwood, Don DeLillo, Daniel Kehlmann, Nawal El Saadawi, Arundhati Roy, Henning Mankell, Richard Ford, Javier Marias, Björk, David Grossman, Arnon Grünberg, Angeles Mastretta, Juan Goytisolo, Nuruddin Farah, João Ribeiro, Victor Erofeyev, Liao Yiwu et David Malouf.

Cet appel mondial a été organisé par un collectif indépendant d’écrivains: Juli Zeh, Ilija Trojanow, Eva Menasse, Janne Teller, Priya Basil, Isabel Cole et Josef Haslinger. Le 10 décembre, il a été publié dans 30 journaux à travers le monde: 

Ces derniers mois, l’étendue de la surveillance de masse est devenue notoriété publique. De quelques clics de souris, l’État peut accéder à votre portable, à votre adresse e-mail, à vos réseaux sociaux et à vos recherches sur Internet.

Il peut suivre vos penchants et vos activités politiques et, en partenariat avec des sociétés de l’Internet, il recueille et stocke vos données et il peut donc prédire votre consommation et vos comportements.

Le pilier fondamental de la démocratie est l’intégrité inviolable de l’individu. L’intégrité humaine s’étend bien au-delà du corps physique.  Dans leurs pensées et dans leurs environnements personnels et de communication, tous les êtres humains ont le droit à une intimité sans encombre.

Ce droit fondamental est rendu caduc par l’abus de l’évolution technologique par les États et par les sociétés organisées à des fins de surveillance de masse.

Une personne placée sous surveillance n’est plus libre;  une société sous surveillance n’est plus une démocratie. Pour rester valides, nos droits démocratiques doivent s’appliquer aussi bien dans le virtuel que dans le concret.

* La surveillance viole la sphère privée et compromet la liberté de pensée et d’opinion.

* La surveillance des masses traite chaque citoyen comme un suspect potentiel. Elle remet en question un de nos triomphes historiques : celui de la présomption d’innocence.

* La surveillance rend l’individu transparent, tandis que l’État et la société fonctionnent dans le secret. Comme nous l’avons vu, ce pouvoir est systématiquement abusif.

* La surveillance est un vol. Ces données ne sont pas un bien public: elles nous appartiennent. Quand elles sont utilisées pour prédire notre comportement, nous sommes spoliés d’autre chose : du principe de la libre volonté, essentiel à la liberté démocratique.

NOUS EXIGEONS LE DROIT pour tous les peuples à déterminer, comme citoyens démocratiques, dans quelle mesure leurs données personnelles peuvent être légalement collectées, stockées et traitées et par qui;  d’obtenir des informations sur l’endroit où leurs données sont stockées et comment elles sont utilisées;  d’obtenir la suppression de leurs données si elles ont été illégalement recueillies et stockées.

NOUS APPELONS TOUS LES ÉTATS ET SOCIÉTÉS à respecter ces droits.

NOUS APPELONS TOUS LES CITOYENS à se lever en défense de ces droits.

NOUS APPELONS LES NATIONS UNIES à reconnaître l’importance centrale de la protection des droits civils de l’ère numérique et de créer une Charte internationale des droits numériques.

NOUS APPELONS LES GOUVERNEMENTS à signer et à adhérer à une telle convention.

Écrivains à l’origine de l’appel:

Juli Zeh Allemagne
Ilija Trojanow Allemagne
Eva Menasse Allemagne
Janne Teller Danemark
Priya Basil Royaume-Uni
Isabel Fargo Cole États-Unis
Josef Haslinger Autriche

Lien de la pétition: https://www.change.org/fr/p%C3%A9titions/pour-une-d%C3%A9fense-de-la-democratie-%C3%A0-l-%C3%A8re-num%C3%A9rique

La Suède a collaboré avec la NSA dans des activités de piratage (Radio suédoise)

Menara.ma, 11 déc. 2013

Stockholm, 11 déc. 2013 (MAP)- L’Institut national suédois de défense radio (FRA) a collaboré avec l’agence américaine de sécurité nationale (NSA) pour pirater des ordinateurs selon des documents fournis par l’ancien agent américain Edward Snowden à la Télévision suédoise.  »Sverige Radio » rapporte mercredi que selon ces documents, la FRA et la NSA auraient mené des centaines d’activités de piratage ensemble.

« Les documents montrent que la FRA et la NSA ont travaillé ensemble dans des opérations de piratage. Autrement dit, ils ont piraté les ordinateurs afin d’obtenir les mots de passe et surveiller ce que les gens écrivent », a indiqué le journaliste de la télévision suédoise Fredrik Laurin dans une déclaration à Sverige Radio.

Les documents fournis par Snowden montrent également que la FRA a accès à la base de données du logiciel de surveillance Xkeyscore. Il s’agit d’une base de données qui stocke d’énormes quantités de données sur Internet, l’historique de navigation des utilisateurs d’internet et même des courriels.

« La FRA a développé le système Xkeyscore. C’est un moteur de recherche créé par la NSA pour parcourir les données recueillies », explique Fredrik Laurin.

Réagissant à ces informations, le porte-parole pour les affaires militaires du Parti Vert, Peter Radberg, s’est dit scandalisé par ces révélations, appelant à élaborer des lois plus claires et plus strictes sur le fonctionnement de la FRA.

« Il est clair que ce qu’ils font est illégal. Ils ne sont pas autorisés à se livrer à des activités de piratage. C’est épouvantable », a ajouté Radberg dans une déclaration à Sverige Radio.

La FRA n’a pas encore commenté ces informations.

Source: http://www.menara.ma/fr/2013/12/11/924611-la-su%C3%A8de-collabor%C3%A9-avec-la-nsa-dans-des-activit%C3%A9s-de-piratage-radio-su%C3%A9doise.html

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La Suède aidait les USA à espionner les responsables russes (médias)

MOSCOU, 5 décembre – RIA Novosti

Les documents secrets publiés par l’ex-employé de la CIA Edward Snowden indiquent que l’Institut suédois de défense radio (FRA) aidait la NSA (agence de renseignement américain) à espionner les hommes politiques russes, rapporte jeudi le site d’information suédois Portal.

« Le FRA a mis à la disposition de la NSA un dossier unique en son genre concernant la Russie, notamment ses dirigeants et sa politique intérieure », lit-on notamment dans un document du Renseignement américain daté du 18 avril 2013, dont les journalistes suédois ont obtenu copie.
Selon le site, le texte ne dévoile pas comment la collecte de renseignements était effectuée ni quels responsables russes faisaient l’objet d’une surveillance.

Auparavant, le journaliste britannique Duncan Campbell a affirmé que le FRA était un partenaire clé de la NSA  et du Service de renseignements électronique du gouvernement britannique (GCHQ).

Un scandale impliquant la NSA a éclaté suite à la révélation par Edward Snowden de certains détails du programme top-secret PRISM permettant d’intercepter les informations de sites tels que Google et Facebook, et de pister des millions de téléphones portables chaque jour à travers le monde. Selon les médias, la surveillance mondiale de la NSA est bien plus vaste qu’annoncée.

L’Institut national de défense radio de la Suède (FRA, Försvarets radioanstalt) est un service spécialisé dans le renseignement d’origine électromagnétique qui travaille en étroite collaboration avec l’armée suédoise.

Source: http://fr.ria.ru/world/20131205/199947943.html