Le Conseil des droits de l’homme de Poutine a posté accidentellement les vrais résultats des élections de Crimée; Seuls 15% ont voté pour l’annexion

Forbes.com, Paul Roderick Gregory – 5 mai 2014

Le site du « Conseil de la société civile et des droits de l’homme du président de la Russie » a affiché un blog qui a été rapidement retiré, comme s’il s’agissait de déchets radioactifs toxiques. Selon le rapport du Conseil au sujet du référendum de Mars pour annexer la Crimée, le taux de participation était au maximum de 30%. Et de ce nombre, seulement la moitié ont voté pour l’annexion – ce qui signifie que seuls 15 pour cent des citoyens de Crimée ont voté pour l’annexion.

Le sort de la Crimée, par conséquent, a été décidé par les 15 pour cent de Criméens, qui ont voté en faveur de l’unification avec la Russie (sous l’œil vigilant des soldats portant une Kalachnikov).

Lire la suite: http://www.forbes.com/sites/paulroderickgregory/2014/05/05/putins-human-rights-council-accidentally-posts-real-crimean-election-results-only-15-voted-for-annexation/

Pourquoi l’occupation russe de la Crimée pourrait conduire à l’expansion d’Al-Qaïda

Ukrainian men help pull one another out of a stampede during clashes at rallies held by ethnic Russians and Crimean Tatars in SimferopolPourquoi l’occupation russe de la Crimée pourrait conduire à un nouveau point chaud de la terreur islamiste

Ariel Cohen, 10 mars 2014

Alors que Poutine renforce son emprise sur la péninsule de la Crimée, les Tatars de Crimée sont de plus en plus inquiets pour leur avenir.

En annexant la Crimée à la Russie, Moscou va probablement radicaliser une communauté tatare autochtone par ailleurs pacifique. L’un des leaders politiques des Tatars, un membre du Parlement ukrainien, Mustafa Jemilev, a averti que les Tatars forment déjà des unités d’autodéfense pour se préparer à une lutte contre les Russes. Jemilev n’est pas un islamiste lui-même. Il est un historien parmi ceux qui ont subi les purges de Staline en 1944.

Alors que le conflit entre la Russie et les Tatars de Crimée s’intensifie, il y a un danger que cela pourrait amener des organisations internationales extrémistes comme al-Qaïda dans la région, comme cela s’est produit en Tchétchénie lors des campagnes militaires de la Russie à la fin des années 1990 et au début des années 2000. Certains extrémistes tatars, qui sont musulmans sunnites, ont déjà combattu en Syrie contre le régime alaouite pro-iranien de Bachar El-Assad et ont des liens avec les militants islamistes.

Si l’islamisation et la radicalisation des Tatars de Crimée a lieu, Moscou n’aura personne à blâmer, à part soi-même. Cependant, les répercussions de sécurité d’un tel développement ferait écho au-delà de la Crimée, qui est stratégiquement située dans la mer Noire et fait partie de l’Europe. En outre, un jihad (la « guerre sainte » islamique) en Crimée ouvrirait un nouveau front islamiste contre la Russie, qui a combattu une longue guerre dans le Caucase du Nord – depuis la seconde moitié du XVIIIe siècle – contre des groupes ethniques musulmans locaux là-bas, y compris les Tchétchènes, les Ingouches, et bien d’autres.

Les préoccupations des Tatars ont de profondes racines historiques et sont basées sur des faits, et non sur des peurs. Cette année marque le soixante-dixième anniversaire de la déportation de l’ensemble de la population des Tatars de Crimée par Joseph Staline au Kazakhstan du Nord et en Asie centrale en 1944. Jusqu’à 25 pour cent des Tatars de Crimée sont morts dans ces déportations. Les Tatars ont été autorisés à retourner dans leur patrie après 1989. Maintenant, ils craignent que si la Russie annexe la Crimée, ils pourraient faire face à une autre expulsion forcée.

Le dimanche 16 mars, la Crimée tiendra un référendum illégal si elle doit devenir une partie de la Russie. Les Tatars, qui composent plus de 12 pour cent de la population de Crimée et ont largement soutenu les gouvernements ukrainiens à Kiev, ont l’intention de boycotter le référendum.

La plupart des organisations islamiques en Crimée sont alliées à la Direction spirituelle des musulmans de Crimée et ont des liens étroits avec la Turquie, qui accueille également une importante diaspora des Tatars de Crimée. La Turquie a un intérêt particulier dans la région au travers de la mer Noire, la Crimée ayant été un vassal de l’Empire ottoman jusqu’à ce que Catherine la Grande l’ait mis sous contrôle russe en 1771-1783.

Le soutien de Moscou au régime Assad a déjà tendu ses relations avec Ankara, et cette relation est sur le point de s’aggraver encore plus si la Russie commence une répression contre les Tatars.

Aujourd’hui, le «gouvernement» pro-russe de Crimée a tenté de rassurer les dirigeants des Tatars de Crimée de leurs bonnes intentions en leur offrant plusieurs postes, dont ceux de « vice-premier ministre, deux sièges ministériels et les meilleurs bureaux dans le reste des ministères », selon La Voix de la Russie. En outre, le Financial Times rapporte qu’ils ont reçu comme offres « une aide financière pour le retour des Tatars et même un engagement à rétablir les noms originaux des Tatars de certaines villes et villages. » Cependant, les Tatars continuent à se méfier de l’accord et ne sont pas disposés à signer, craignant que le gouvernement de Crimée et les Russes ne puissent pas être de confiance.

Ce sera une tragédie si des manoeuvres brutales de la Russie en Crimée mettent le feu à une guerre de religion. Si cela se produit, les décideurs russes seront seuls à s’en blâmer.

Source: http://blog.heritage.org/2014/03/10/russian-occuption-crimea-lead-al-qaeda-expanding/

Wikileaks: Les anciennes relations destructrices des « leaders » de l’opposition en Ukraine

ioulia-timochenkoPublié par Kiergaard le 24 Février 2014, 15h27

Les leaders de l’opposition ont obtenu les principaux leviers du pouvoir grâce à une alliance de circonstances habilement orchestrée, maintenue en ayant subtilement utilisé les ressources à disposition (mécontentement populaire, sentiment de trahison sur l’orientation européenne renforcée par un incroyable ratissage associatif pro-UE en octobre-novembre dernier, force des milices d’extrême-droite et partis nationalistes qui organisèrent l’auto-défense de Maidan dès les premiers jours de la contestation, contacts internationaux, détournement à des fins de politique interne de la question d’un rapprochement économique avec l’UE…). Désormais, il va falloir que ces leaders s’exposent sans se détruire pour préserver a minima les aspirations nombreuses du peuple ukrainien. Au vu des antécédents de ces leaders on peut être particulièrement sceptique… Voyons ce que Wikileaks peut nous apprendre sur le sujet.

Lire la suite de l’analyse: http://www.points-de-vue-alternatifs.com/2014/02/les-anciennes-relations-destructrices-des-leaders-de-l-opposition.html

Liste des câbles Wikileaks:

Câble 08KYIV1300: Ukraine: Yatsenyuk, un politicien d’avenir

Câble 09KYIV437: Yatsenyuk braque son regard sur la présidence

Câble 08KYIV2414: Firtash présente son cas devant l’USG [Gouvernement US]

Câble 09KYIV2189: Firtash prie instamment l’ambassadeur de finaliser un plan d’action US-Ukraine

Câble 07KYIV924: Le nouveau ministre des Affaires étrangères Yatsenyuk, un changement de style et de génération

Câble 06KIEV1531: Le ministre de l’intérieur ordonne d’arrêter le lieutenant de Timochenko

Câble 09KYIV2138: La sempiternelle bataille de Timochenko

Câble 10KYIV104: Ukraine: Les candidats rivalisent pour les électeurs, alors que la course de la campagne démarre

Câble 10KYIV235: Pour Timochenko, « il vaut mieux être une victime qu’une perdante »

Câble 10KYIV278: Un ancien proche de Timochenko la qualifie de destructive, veut qu’elle soit écartée du pouvoir

Câble 10KYIV59: L’accord d’association EU-Ukraine: la route est encore longue

Ianoukoleaks: ce que révèlent les documents retrouvés dans la résidence de Viktor Ianoukovitch

Le HuffPost avec AFP  |  Par Adrien Oster – Publication: 24/02/2014

UKRAINE – De Ianoukovitch à Ianoukoleaks. Samedi 22 février, tandis que Viktor Ianoukovitch fuyait Kiev, des milliers de journalistes et badauds découvraient le faste kitsch de la résidence privée du président ukrainien déchu, à Mejiguiria, à une quinzaine de kilomètres de la capitale. Les visiteurs y ont déniché des documents qui jettent une lumière crue sur ses goûts de luxe et ses obsessions.

Retrouvés pour certains flottant sur une pièce d’eau, pour d’autres à moitié brûlés, les documents sont depuis passés à la loupe par un groupe de journalistes ukrainiens en quête de révélations. A la manière du Wikileaks de Julian Assange, ils envisageraient de créer un site web dédié pour partager leurs trouvailles.

Pas moins de 160 dossiers auraient été repêchés selon le quotidien local anglophone Kyiv Post :

Ianoukoleaks-Ukraine

Lire la suite: http://www.huffingtonpost.fr/2014/02/24/ianoukoleaks-documents-retrouves-residence-viktor-ianoukovitch_n_4845251.html

Ioulia Timochenko, une « oligarque accomplie » selon Dmytro Firtash

Dans un câble diplomatique américain du 10 décembre 2008, réf. 08KYIV2414, le milliardaire ukrainien Dmytro Firtash donne son opinion sur Ioulia Timochenko, un point de vue qui reste celui évoqué par un opposant politique (à prendre avec distance), mais qui donne néanmoins une image moins élogieuse que celle partagée par les médias occidentaux. Ioulia Timochenko, héroïne de la révolution ou « oligarque corrompue », comme l’affirme un de ses adversaires de l’époque?

Firtash a défini Timochenko comme une oligarque accomplie qui avait conclu des accords avec Moscou qui laisseraient l’Ukraine vulnérables aux oligarques russes dans le futur – quelque chose que, ni lui ni le milliardaire ukrainien et bailleur PoR Rinat Akhmetov ne pouvaient se contenter de regarder arriver. Firtash a fait référence au titre de Timochenko de « princesse du gaz » comme un abus de langage, il a expliqué que Timochenko a fait beaucoup d’argent d’un régime corrompu de dette gazière perpétuelle au cours des années 1990, mais elle ne savait rien sur le secteur du gaz. Il a ajouté que Timochenko a caché sa fortune dans l’immobilier et les investissements au Royaume-Uni pour donner la fausse impression qu’elle n’a pas été impliquée activement dans des affaires.

Source: https://wikileaks.org/plusd/cables/08KYIV2414_a.html#efmBiVBsx

Source Twitter: https://twitter.com/wikileaks/status/437313255594524672

PlusD – Wikileaks: Liste de documents relatifs à Ioulia Timochenko

Les statues de Lénine renversées à travers l’Ukraine

Vidéo d’Associated Press (AP)

Les manifestants à Bila Tserkva, Khmelnitski, Jitomir en Ukraine occidentale ont utilisé des cordes et des leviers pour faire tomber les statues de Lénine qui sont considérées comme un symbole de la domination de Moscou dans l’ex-URSS. (22 février)

L’UE veut des sanctions contre l’Ukraine, mais pas de sanctions contre Obama?

Centre de Kiev (photo @SvobodaKyiv)A l’heure où les événements en Ukraine font réagir le monde occidental et où des sanctions sont peut-être envisagées contre le pouvoir ukrainien, l’Union Européenne a sans doute oublié d’envisager également des sanctions contre le président Barack Obama et contre les représentants de l’administration américaine qui, depuis le 18 juin 2004 (date de la première frappe de drone), et notamment depuis la fin du mandat de George Bush, ont commandité les assassinats par drones de plus de 4000 personnes au Pakistan, dont des centaines de civils et d’enfants, des frappes qui ont touché également des pays comme l’Afghanistan, le Yémen et la Somalie, comme on peut le lire dans beaucoup d’articles américains.

Il y a eu 70 morts en Ukraine lors des dernières contestations à Kiev. Au Pakistan, les Etats-Unis ont été beaucoup plus meurtriers, conduisant à la mort « entre 2.000 et 4.700 personnes, essentiellement des militants mais aussi des centaines de civils, selon différentes évaluations« . Est-ce que cela ne devrait pas faire réagir l’Union Européenne, de la même manière qu’on se mobilise pour dénoncer la violence et la répression en Ukraine? Il semble que les Etats-Unis ont pu assassiner librement et en toute impunité des populations et des civils au Pakistan pendant toutes ces années, sans même qu’aucun dirigeant européen ne se lève pour demander l’arrêt des violences.

Mais l’Ukraine n’est pas le Pakistan. Pour défendre les populations terrorisées par les drones, il en faut apparemment plus pour faire réagir les gouvernements en Europe. Les civils peuvent se faire tuer, sans que personne ne réagisse. L’allié américain est intouchable: il ne commet donc aucune erreur et on lui donne le droit de tuer? L’Irak, l’Afghanistan, le Pakistan, la Libye et la Syrie, etc — des guerres et des conflits au nom de la lutte anti-terroriste, au nom de la démocratie, ou pour les intérêts économiques de l’Occident, où la violence n’a pourtant pas été autant dénoncée que ce qui arrive aujourd’hui en Ukraine.

Y compris en Ukraine, les Etats-Unis et l’UE ne sont pas seulement préoccupés par la démocratie, mais par un intérêt économique et géostratégique: « renforcer l’OTAN par l’intégration d’un nouveau pays (le plus grand d’Europe), affaiblir la Russie en l’isolant diplomatiquement et s’approprier un marché jugé trop protectionniste en créant un «climat d’investissement favorable aux entreprises étrangères»« . Un jour viendra peut-être où l’Union Européenne sera un peu plus indépendante dans ses avis et osera critiquer les Etats-Unis pour ce qu’ils sont, notamment quand ils ne respectent pas les droits de l’homme, que ce soient la vie des civils pakistanais bombardés par les drones, les droits des prisonniers de Guantanamo, ou les droits à la liberté d’expression des lanceurs d’alerte qui subissent aussi une répression de la part du gouvernement américain.

En attendant, j’aurais aimé que ces mots parlant de l’Ukraine aient pu aussi être prononcés pour le Pakistan, si l’UE avait eu le courage de s’opposer à Obama face aux attaques meurtrières des drones:

« A la lumière de la dégradation de la situation, l’UE (a décidé) en urgence de mesures ciblées contre les responsables de ces violences et de l’usage de la force excessive »

Si seulement ces mots avaient pu être prononcés contre les attaques de drones au Pakistan, peut-être que les Etats-Unis et leur président Barack Obama auraient pris la mesure de leur erreur et des atteintes graves aux droits de l’homme qu’ils ont fait subir à la population. Mais que l’UE prenne des sanctions contre Obama, cela relève encore de la fiction.

On ne peut que se réjouir cependant de voir que le Pakistan a demandé récemment l’arrêt définitif des attaques de drones américains. Malheureusement, les Etats-Unis envisagent de continuer leurs frappes en installant des bases de drones dans d’autres pays et de continuer à cibler des individus de manière illégale. Que fera l’UE contre ça? Sans doute, rien.

La Pologne, un outil au service des Etats-Unis pour réformer la démocratie dans les anciens pays de l’Est

Europe de l'EstUn câble américain du 5 janvier 2010, publié sur le site Wikileaks (réf. 10WARSAW7), montre l’implication de la Pologne dans la transition et l’effort démocratique des anciens pays de l’Est. Le rôle des ONG y est notamment exposé. En 1999, avec l’entrée de la Pologne dans l’OTAN, ce sont les frontières géostratégiques de l’Europe qui se redessinent. C’est le renforcement de l’Occident et des Etats-Unis face à l’ancien ennemi de la Guerre froide, la Russie. Les câbles Wikileaks témoignent de l’effort constant et de la volonté continue des Etats-Unis d’étendre leur sphère d’influence sur l’Europe de l’Est, comme en Ukraine, ces dernières années. La Pologne apparaît ainsi comme un outil au service des Etats-Unis pour réformer la démocratie dans les anciennes républiques soviétiques.

(SBU: Sensible Mais Non-Classifié) RÉSUMÉ: Lors d’une réunion du 21 octobre, le vice-président, un groupe diversifié de représentants de la société civile polonaise, y compris des organisations actives dans la promotion de la transformation démocratique et l’autonomisation des femmes et des minorités, ont souligné les efforts de la Pologne pour partager son expérience de transformation réussie avec des pays en Europe de l’Est et dans le Caucase. Les participants ont souligné les forces uniques de la Pologne et les défis auxquels ils sont encore confrontés. Notant que la Pologne a bénéficié de l’aide du SEED et de l’USAID dans les années 1990, les participants ont déclaré que la Pologne souhaiterait l’assistance technique et l’expertise des États-Unis pour renforcer la capacité de la Pologne à fournir une aide au développement aux pays tiers. Ils ont exprimé leur confiance dans le fait que le partenariat américano-polonais – réunissant le savoir-faire et l’expérience de la Pologne avec les ressources et l’expertise de développement des États-Unis – soutiendrait les efforts pour renforcer les institutions et les processus démocratiques à l’est. Le vice-président a félicité la Pologne pour tout ce qui avait été accompli et a encouragé les Polonais à continuer de passer d’une pensée de ce que les États-Unis peuvent faire pour la Pologne à ce que les États-Unis peuvent faire avec la Pologne. Il a dit aux leaders de la société civile que la Pologne est un excellent exemple de transition réussie vers la démocratie, et les Polonais devraient avoir confiance en eux-mêmes pour délivrer des conseils. FIN DU RÉSUMÉ.

2. (U) PARTICIPANTS

Etats-Unis ————-
Le vice-président Biden
L’ambassadeur Feinstein [Lee A. Feinstein], ambassadeur américain en Pologne

Société civile polonaise ——————
Jolanta Kwasniewska, ancienne Première Dame de la Pologne et fondatrice de la Fondation Communication Sans Barrières
Bronislaw Misztal, Directeur Exécutif, Secrétariat Permanent de la Communauté des Démocraties
Eleonora Bergman, directrice de l’Institut Historique Juif
Jacek Michalowski, Directeur de programme, Fondation américano-polonaise pour la Liberté
Dorota Mitrus, Présidente de l’Institut Européen pour la Démocratie
Mirella Panek-Owsianska, Présidente du Forum des Entreprises Responsables
Paula Sawicka, Présidente de l’Association République Ouverte
Jacek Strzemieczny, Président du Centre pour l’Education de la Citoyenneté

Comme le souligne le câble Wikileaks, le vice-président américain « a souligné l’importance qu’il avait personnellement placé sur la Pologne en tant que sénateur des États-Unis, en particulier son leadership au Sénat pour l’adhésion de la Pologne à l’OTAN. » L’entrée de la Pologne dans l’OTAN apparaît bien comme faisant partie d’une stratégie américaine qui, dans la continuité de la Guerre froide, a cherché par tous les moyens à intégrer les anciens pays soviétiques et à contrer la puissance russe. Mais cela fait aussi partie d’une stratégie globale: les Etats-Unis semblent, en effet, intéressés par l’idée de dominer globalement, économiquement et politiquement, en Europe et dans le monde — un défi et un objectif pour les années à venir, comme le révèlent les paroles du vice-président Biden:

Une Europe « entière et libre » est l’une des deux bases de la construction d’un appareil de sécurité globale pour le 21ème siècle, et les pays d’Europe Centrale sont prêts à jouer un rôle de premier plan. (par. 3)

La Pologne apparaît également jouer un rôle dans le changement démocratique en Ukraine. Cette volonté des représentants polonais d’assister et d’aider les Etats-Unis est présentée comme une « obligation morale » par Jacek Michalowski, directeur de programme à la Fondation américano-polonaise pour la Liberté, qui travaille aujourd’hui au cabinet de la Présidence polonaise. Parce que les Etats-Unis ont aidé la Pologne à se libérer du communisme dans les années 80, les polonais se sentent « obligés » de continuer la bataille pour la démocratie dans les anciennes républiques soviétiques. Jacek Michalowski souligne aussi le rôle des ONG polonaises et il demande explicitement au vice-président américain d’encourager l’aide financière de ces ONG pour renforcer l’effort de transition en Europe de l’Est. Le paragraphe 6 du câble est plus précisément consacré à l’Ukraine. On apprend que:

Alors que les organisations polonaises font face à une rude concurrence pour les subventions et travaillent donc dur pour identifier des partenaires efficaces, ce n’est pas toujours facile, dit Michalowski. (par. 6)

Les protestations actuelles en Ukraine contre le gouvernement peuvent apparaître aujourd’hui comme le fruit d’efforts communs, ces dernières années, entre des groupes d’opposition et des ONG plus ou moins financées par les Etats-Unis, comme le démontre ce câble diplomatique. Les Etats-Unis se sont beaucoup impliqués pour obtenir un changement politique en Ukraine. Dorota Mitrus, présidente de l’Institut Européen pour la Démocratie, parle notamment du rôle de sa propre ONG pour organiser par exemple « des stages et des programmes d’échange pour les fonctionnaires du gouvernement ukrainien« . Si la Pologne a joué un rôle, d’autres pays ont certainement aussi joué un rôle dans la prise de contact et le renforcement des liens avec l’opposition ukrainienne. Ce câble n’offre qu’un petit aperçu des moyens mis en oeuvre par les Etats-Unis. De la même manière, le groupe des Femen présent en Ukraine a de fortes chances d’avoir été initié et soutenu par le gouvernement américain, dans le cadre de cette stratégie de réforme en Europe de l’Est. Ce qui se passe aujourd’hui en Ukraine résulte donc de tout ce qui a été entrepris par les Etats-Unis pendant ces dernières années et par les efforts multiples qui ont accompagné les nombreuses prises de décision.

A la lumière de ce document diplomatique, on peut se demander, d’une part, où s’arrêtera la stratégie de démocratisation en Europe de l’Est. Le câble diplomatique cite les pays de l’Est et le Caucase, une région qui inclut la Géorgie, l’Arménie et l’Azerbaïdjan. Est-ce que les Etats-Unis vont ainsi continuer leurs programmes de démocratisation en ciblant ces pays, qui sont tous d’anciennes républiques soviétiques? C’est probablement ce à quoi on peut s’attendre pour les prochaines années. Ce sont les derniers actes de l’histoire de la Guerre froide, où les Etats-Unis vont symboliquement aux portes de la Russie comme s’ils s’emparaient des anciens territoires qui leur avaient été confisqués pendant le communisme. Les Etats-Unis ne cherchent pas seulement à apporter la démocratie dans ces pays, ils viennent aussi chercher une partie de leur orgueil perdu dans le passé face à l’empire communiste.

D’autre part, on peut aussi se demander si les guerres en Afghanistan et en Irak n’ont pas fait également partie, ces dernières années, de cette stratégie américaine qui a consisté à mettre en place des programmes pour la démocratie dans le but de contrer la Russie et d’affaiblir sa puissance. Si les programmes de démocratisation des pays de l’Est ont eu pour objectif d’amener les anciens pays soviétiques dans la sphère d’influence américaine, est-ce que les programmes de démocratisation au Moyen-Orient ont eu le même rôle? A savoir, les Etats-Unis ont-ils cherché avec les guerres au Moyen-Orient à étendre leur influence politique et idéologique dans le monde, par crainte de voir la Russie s’emparer de certaines richesses ou bien par crainte qu’elle puisse étendre son influence politique et idéologique? Ceci semble toujours évident, que derrière tout ce que les Etats-Unis nomment « programmes de démocratisation », se cache en fait la volonté de continuer une certaine forme de Guerre froide contre la Russie — une guerre à la fois politique, idéologique et stratégique.

Source: http://www.wikileaks.org/plusd/cables/10WARSAW7_a.html

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