« Le financement du terrorisme », le cas de la CIA et du Qatar (conférence-débat)

« Terrorisme, argent et services secrets : le cas de la CIA et du Qatar », par Maître Élie Hatem, Avocat à la Cour, enseignant à la Faculté Libre de Droit et d’Économie de Paris. (youtube)

Voir les autres extraits de la conférence: https://www.youtube.com/channel/UCoM2foCdexbxGoCwUA5_g-w/videos

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Le chaos est la nature de l’enjeu pour l’Empire, pas la victoire

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Global Research, Par Peter Koenig, le 6 mai 2015

Une fois de plus, un pays « libéré » par l’Occident sombre de plus en plus profondément dans le chaos.
Ceci peut s’appliquer à tous les pays actuellement en conflit, où Washington et ses sbires occidentaux et moyen-orientaux ont imposé la guerre – le chaos perpétuel, la misère et la mort – et l’asservissement.

C’est là que se trouve toute la question: la stratégie de Washington et de l’OTAN n’est pas de « gagner » une guerre ou un conflit, mais de susciter un chaos continuel, sans fin. C’est la façon de contrôler les gens, les nations et leurs ressources; de garantir à l’Occident un besoin incessant en troupes et en équipement militaire – souvenez-vous que plus de 50% du PIB des USA dépend du complexe militaro-industriel et des industries et services connexes; et enfin , qu’un pays dans la détresse ou le chaos est ruiné et a besoin d’argent – de l’argent sous des conditions de nécessité, des conditions « d’austérité » du sulfureux FMI, de la Banque Mondiale et d’autres malfaisantes « institutions de développement » et de prêteurs d’argent; de l’argent qui équivaut à un esclavage, surtout avec des dirigeants corrompus qui ne se soucient pas de leurs populations.

C’est la nature de l’enjeu – au Yémen, en Ukraine, en Syrie, en Irak, au Soudan, en Afrique Centrale, en Libye… faites votre choix. Qui se bat contre qui n’a pas d’importance. ISIS / EIIL / EI / Daesh / al-Qaeda et quels que soient les noms des organisations de tueurs mercenaires que vous voulez ajouter à la liste – ce ne sont que des étiquettes pour distraire votre attention. Vous pouvez tout aussi bien y ajouter Blackwater, Xe, Academi et tous ces noms successifs choisis pour ne pas être facilement reconnus. Ce sont des prostituées de l’Empire Anglo-Saxon/Sioniste, des prostituées de raz-de-trottoir. Arrivent ensuite les prostituées de luxe comme l’Arabie Saoudite, le Qatar, le Bahreïn et d’autres États du Golfe; puis le Royaume-Uni et la France, bien sûr.

Le Président Hollande vient de signer un contrat de plusieurs milliards d’euros avec le Qatar pour la vente de 24 avions de combat Rafale. Il se dirige à présent vers Riyad (à l’heure d’écriture, ndlr) pour des discussions avec le Roi saoudien Salmane, et pour lui vendre davantage de Rafales – c’est bon pour le commerce et ça contribue à tuer les ennemis fabriqués au fur et à mesure; et aussi pour se rendre à un sommet du Conseil de Coopération du Golfe (CCG), le 5 mai. Parmi les sujets abordés lors de la réunion figurent les « crises » de la région dont celle du Yémen, provoquée par l’Occident pour le compte de Washington et imputée aux « rebelles » qui ne font que chercher à avoir un gouvernement plus juste.

L’Occident a inventé un vocabulaire si ignoble, c’est comme un virus qui s’incruste dans nos cerveaux – ou ce qu’il en reste – faisant que nous ne connaissons même plus le vrai sens des mots. Nous les répétons et nous y croyons. Après tout, les médias de masse nous les assènent tous les jours jusqu’à l’abrutissement. Les personnes qui se battent pour leur liberté, pour leur survie contre des régimes oppresseurs sont des « terroristes », des « rebelles ». Les réfugiés d’Afrique, fuyant les pays dévastés par les conflits provoqués par Washington, ces réfugiés dont plus de 4000 ont déjà péri cette année en essayant de traverser la Méditerranée à la quête d’une « vie meilleure » – ils ont opportunément été requalifiés « d’immigrants ». Souvent le terme « illégal » est ajouté. Ainsi, la conscience de l’Occident est blanchie de toute culpabilité. Les immigrants sont des clochards. Les immigrants illégaux ont leur place en prison. Ils n’ont rien à voir avec le désordre et le chaos déclenchés par l’Occident dans les pays d’origine de ces « immigrants ». Honte sur vous, Bruxelles!

On revient au chaos – M. Hollande sait pertinemment que ses avions sont utilisés pour servir son maître et faire davantage de ravages dans la région, plus de mort, de désastre, de misère et d’asservissement – davantage de réfugiés dans la Mer Méditerranée – encore plus de chaos perpétuel, des gens aux limites de la survie, des gens qui ne peuvent plus se battre pour leur pays, pour leurs ressources, pour leur liberté – parce qu’il faut qu’ils se battent rien que pour pouvoir survivre, pour la survie de leurs enfants et de leurs familles. C’est ça l’Empire.

Dites-moi – un homme qui vend des armes, des avions de combat – et d’autres sortes de machines à tuer, à des pays en sachant très bien que ces armes servent à tuer des gens, à détruire des pays – un tel homme n’est-il pas un boucher? Un criminel de guerre de la pire espèce?

Hollande, en plus d’être un criminel de guerre, est un bigot refait qui s’imagine qu’à la fin des comptes, quelques miettes du Grand Butin vont retomber dans son assiette – et qu’il pourra nager en compagnie de ses maîtres dans une voluptueuse mer de lait et de miel. Pense-t-il devoir préserver l’économie de son grand pays qui a produit des hommes comme Victor Hugo, Stendhal, Balzac, Dumas – en vendant des machines à tuer à d’autres sbires de l’empire? Ne se soucie-t-il pas du fait que 83% de son électorat le méprise?

Répandre le désordre, le chaos et la misère – c’est ce que Washington et ses vassaux font le mieux. Ils ne désirent pas « gagner » les guerres; ils veulent un chaos sans fin et la misère; des gens pouvant facilement être soumis – la domination à large spectre (full spectrum dominance, ndlr), comme ils disent.

Et puisque l’armée US et son grand frère (ou grande sœur) l’OTAN ne peuvent pas être partout et ne veulent pas être vus partout, ils payent pour tuer. Washington invente et crée, puis finance avec ses ressources inépuisables d’argent les EIIL, Daesh, al-Qaeda – et le répertoire grandit selon la fantaisie de leurs maîtres – pour qu’ils se battent pour eux, tuent pour eux, provoquent le chaos et des attaques sous fausse bannière – afin qu’éventuellement ils, l’OTAN et le bulldozer du Pentagone, puissent débarquer et faire croire qu’ils « détruisent » ces mercenaires qu’ils ont, dès le départ, implantés. Mais les médias de masse ne vont diront pas la vérité.

Ils vous font croire que les Houthis, un groupe de Chiites laïcs, humanistes et socialistes se battent contre les Sunnites au Yémen pour le pouvoir; que les Saoudiens et leurs acolytes du CCG ne font que libérer le Yémen d’une bande de terroristes; que les Houthis sont soutenus par l’Iran (un pays à majorité Chiite) – ce qui a récemment été contesté avec véhémence par un responsable de l’ONU – et donc, que les Houthis doivent être soumis. Par la même occasion, cela fournit à Washington une raison supplémentaire pour porter encore un autre blâme à l’Iran. Une fois que les Houthis ont été assujettis et décimés en quantité suffisante, un pantin de président sera installé au pouvoir comme l’ancien président Saleh ou son successeur Hadi, afin que Washington puisse continuer à mener la danse – en opprimant la population du pays pour garder un accès sans entraves au port stratégique d’Aden et au Golfe Persique.

C’est pareil en Ukraine: est-ce qu’ISIS / EIIL / Daesh / al-Qaeda, ou quel que soit leur nom se trouve en Ukraine? Vous plaisantez, sous le commandement de la CIA avec quelques 6000 soldats US – des instructeurs bien entendu. Ils entraînent les troupes de Kiev à mieux et plus rapidement tuer leurs frères dans le Donbass; ils les entraînent à susciter un chaos qui perdure. Et si les soldats refusent d’être entraînés à tuer leurs frères, le régime nazi de Kiev les abattra en tant que traîtres. À bout portant. C’est si facile. Comme ça personne ne résistera plus.

En outre, les « conseillers » militaires US et la CIA, avec le concours de leurs tueurs à gages – ISIS / Daesh /al-Qaeda – cherchent à provoquer le Président Poutine à entrer en guerre – éventuellement une Troisième Guerre Mondiale. Oui, la troisième en moins d’un siècle, pouvant potentiellement dévaster l’Europe et peut-être le monde. Jusqu’ici le monde a été préservé de ce désastre, grandement grâce à la sagesse de la stratégie de M. Poutine de non-affrontement.

Donc – pas de doute qu’ISIS / Daesh / al-Qaeda soit en Ukraine. Ils sont là où l’Empire leur ordonne d’être. C’est ce pourquoi ils sont payés. C’est ce que font les prostituées. Surtout des prostituées fabriquées pour l’occasion; des prostituées bien payées. L’idéologie n’est qu’une feuille de vigne, commodément reprise par les médias occidentaux – afin que nous puissions tous croire que les Musulmans sont mauvais, certains encore plus que les autres. L’Occident doit les combattre, parce qu’ils représentent un véritable et palpable danger à l’encontre de notre liberté, de notre indépendance et de notre démocratie – et surtout de nos valeurs néolibérales de marché complètement débridées.

Parce que c’est l’objectif ultime: des êtres humains comme biens de marché monnayables, sacrifiables, réduits à de la chair à canon, à se faire décimer en masse par des aliments génétiquement modifiés (et empoisonnés), par des drones, des bombes, par des famines provoquées artificiellement, pour qu’en définitive les survivants soient les serfs d’une petite élite qui contrôle les quatre coins de la Terre et TOUTES ses ressources, pour entretenir le style de vie de gens exceptionnels – oui, la nation exceptionnelle, qui sera réduite à une troupe de gens exceptionnels vivant dans une splendeur opulente.

Souvenez-vous des fameuses paroles de Henry Kissinger, de la vision de l’un des criminels de guerre les plus atroces encore vivants aujourd’hui – un autre Lauréat du Prix Nobel (sic) – énoncées il y a une cinquantaine d’années: « Celui qui contrôle l’alimentation contrôle la population; celui qui contrôle l’énergie contrôle des continents entiers; celui qui contrôle l’argent peut contrôler le monde entier. »

Ces mots sonnent de plus en plus vrais, à chaque jour qui passe. Mais seulement tant que nous le permettons; tant que Nous, le Peuple, Nous les 99.999% des habitants de la planète, l’autorisons.

Peter Koenig est un économiste et un analyste géopolitique. Il a également fait partie de l’encadrement de la Banque Mondiale, travaillant intensivement autour du monde dans les domaines de l’environnement et des ressources en eau. Il écrit régulièrement pour Global Research, ICH, RT, Sputnik News, the Voice of Russia / Ria Novosti, TeleSur, The Vineyard of The Saker Blog, et d’autres sites internet. Il est l’auteur de « Implosion – Un Thriller Économique sur la Guerre, la Destruction Environnementale et l’Avidité Corporatiste », une fiction inspirée de faits réels et de 30 ans d’expérience auprès de la Banque Mondiale autour du monde.

Source: http://www.globalresearch.ca/chaos-not-victory-is-the-empires-name-of-the-game/5447540

Des militants de Syrie formés sur le sol du Qatar

Reportage Press TV, 26 novembre 2014

Selon un nouveau rapport, les militants qui luttent contre le gouvernement du président Bachar al-Assad en Syrie sont secrètement formés sur le sol qatari avec l’aide des États-Unis.

Mercredi, des sources de sécurité anonymes ont déclaré que les militants reçoivent une formation dans un camp situé au sud de la capitale du Qatar, Doha, entre la frontière saoudienne et la base aérienne américaine d’al-Udeid, a rapporté Reuters.

Les sources ont indiqué que les militants supposés appartenir à l’Armée syrienne libre (FSA) étaient parmi ceux qui reçoivent une formation dans le cadre d’un programme qui fonctionne depuis près d’un an.

Des groupes de 12 à 20 militants voyagent de la Syrie à la Turquie, et sont ensuite transportés à Doha et conduits au camp d’entraînement, selon les sources, ajoutant que les militants ont été initialement identifiés par l’agence de renseignement de la CIA.

Les militants « de la FSA et d’autres groupes ont été amenés par avion pour être formés dans des matières comme les techniques d’embuscade », a déclaré une source proche du gouvernement qatari, dont le nom n’a pas été révélé.

Une autre source estime que l’entraînement « durerait quelques mois, peut-être deux ou trois, puis un nouveau groupe serait amené par avion. »

Lire la suite: http://www.presstv.ir/detail/2014/11/26/387634/syria-militants-trained-in-qatar-report/

Anonymous s’attaque à l’Etat Islamique dans un nouveau communiqué

Anonymous vs. ISIS [Etat Islamique], vidéo postée le 1er novembre 2014

COMMUNIQUÉ DE PRESSE ANONYMOUS, LETTRE AU PUBLIC ET AUX MÉDIAS:

Citoyens du monde,
Nous sommes Anonymous.

Les événements qui se produisent actuellement en Irak ont fait de nous un collectif pour ré-évaluer nos priorités en ce qui concerne les opérations récentes. Le peuple irakien a vécu près de deux semaines de pure terreur que la plupart d’entre nous ne connaîtront jamais ni n’en feront l’expérience. Nous sommes tenus par un code d’honneur pour protéger ceux qui sont sans défense, à la fois dans le cyber-monde et le monde réel.

Avant notre début, la guerre en Irak était bien en cours et les crimes contre l’humanité étaient monnaie courante. Les Etats-Unis ont une part non négligeable dans ce domaine. Quand le gouvernement des Etats-Unis a décidé de commencer une guerre inutile avec la promesse de pétrole et de fonds pour le complexe militaro-industriel, il n’a pas réussi à réaliser la gravité de faire sortir un chef qui contrôle une force de sécurité intérieure. Cela a conduit à la vacance du pouvoir à laquelle nous avons assisté après sa capture. Oui, Saddam Hussein a été impitoyable et violent, mais avec cette guerre, les Etats-Unis étaient coupables des mêmes crimes (c.-à-d. Blackwater, Abou Ghraib, etc.).

En avançant rapidement jusqu’à aujourd’hui, et l’Irak est en train de plonger encore une fois dans le chaos grâce à la bande impitoyable et ignoble qui vise à établir un Etat «Islamique» combinant à la fois l’Irak et la Syrie, faisant ainsi disparaître les frontières de l’après-Première Guerre mondiale. Ils se font appeler ISIS [Etat Islamique]. Ces sauvages qui n’ont aucune religion ni morale sont décidés à brûler tout sur leur passage, tuant et pillant dans leur avancée. Ils doivent être arrêtés.

Il y a quelques jours, leur division électronique a pris le contrôle de l’un de nos comptes Twitter (@TheAnonMessage), en le revendiquant pour eux-mêmes et en publiant plusieurs photos graphiques de leur assaut près de Bagdad. Ces tweets ont depuis été supprimés. Nous nous excusons sincèrement pour les followers sur Twitter qui ont eu à assister à cela sans avertissement. Ce fut une prise de contrôle malheureuse et sans précédent, et des mesures ont été prises pour sécuriser davantage ce compte de toute future tentative de piratage.

Nous tenons également à nous prononcer sur les grands médias qui poussent la division des Irakiens encore plus loin. Le public irakien est composé de deux sectes islamiques: les sunnites et les chiites. Il y a aussi d’autres groupes qui comprennent les Kurdes, les Turkmènes, les Assyriens, les chrétiens et d’autres. Les médias voudraient nous faire croire qu’ISIS [Etat Islamique] est composé strictement de sunnites et que l’armée irakienne est une faction majoritairement contrôlée et dirigée par les chiites. Ceci est faux. Les groupes qui ont été énumérés, Y COMPRIS les sunnites, sont enrôlés dans l’armée irakienne, et les religieux sunnites en Irak ont également appelé leurs partisans à rejoindre les rangs avec leurs frères chiites pour défendre leur patrie.

ISIS [Etat Islamique] est un groupe composé par une secte takfiri qui est considérée par de nombreux religieux de prestige et des organisations, y compris Al-Azhar, comme contraire à l’Islam. En fait, ils les ont dénoncés comme « Khawarij » [« dissidents »] et ont déclaré qu’ils doivent être exterminés dans les pays islamiques. Voilà pourquoi nous exhortons les grands médias américains à stopper la publication de fausses informations et l’aggravation de la violence avec leur journalisme ignorant.

En conclusion, nous nous tenons près de tout être juste, quand nous disons que nous nous sommes également déclarés avec une solidarité complète contre tous ceux qui se sont affiliés avec ISIS [Etat Islamique] et ceux qui les contrôlent. Al Jazeera; vous avez terni votre réputation en crachant vos mensonges et votre soutien traître à ISIS [Etat Islamique]. Vous ne nous échapperez pas.

Pour l’Etat du Qatar, la Turquie et le Royaume d’Arabie Saoudite; vous n’échapperez pas à notre colère. Les preuves montrent votre soutien continu et votre support à ISIS [Etat Islamique]. Si cela ne s’arrête pas rapidement, nous serons obligés de libérer l’ensemble de notre légion contre votre excuse pathétique de cyber-sécurité.

Et aux États-Unis; une autre tentative pour alimenter votre complexe militaro-industriel pour des raisons de sécurité, et la démocratie sera un motif de notre agression totale contre votre infrastructure de gouvernement virtuel. Vous aurez été prévenus.

Anonymous est pour la liberté

Nous sommes Anonymous.
Nous sommes Légion.
Nous ne pardonnons pas.
Nous n’oublions pas.
Attendez-vous à nous.

(youtube)

Un militant du Bahreïn arrêté pour avoir dénoncé le rôle de son pays dans la montée de l’Etat Islamique

220px-Nabeel_Rajab_at_his_officeNabeel Rajab, militant des droits de l’homme au Bahreïn, a été arrêté le 1er octobre pour un tweet qui a déplu aux autorités de son pays. Sans doute habitué aux arrestations et aux réactions excessives de son gouvernement, dans un monde incompréhensible où les réseaux sociaux ont été créés pour la liberté de tous mais où même l’informatique ne peut résoudre l’obscurantisme de certains esprits qui nous gouvernent, Nabeel Rajab a été « convoqué pour expliquer des tweets offensants », d’après un communiqué officiel. Dans ce tweet, « il affirme que d’anciens membres des services de sécurité du Bahreïn sont partis se battre en Syrie, dans les rangs de l’organisation Etat Islamique » (RFI) et il soulève ainsi un problème plus large concernant l’Etat Islamique, celui du rôle de certains gouvernements dans la montée du terrorisme au Moyen-Orient.

« Beaucoup de Bahreïniens qui ont rejoint le terrorisme et l’Etat islamique viennent des institutions sécuritaires. Elles ont été leur premier incubateur idéologique » (Source: Twitter)

Il est étonnant de voir que cette arrestation de Nabeel Rajab n’a pas été largement relayée dans les médias occidentaux, y compris les grandes chaînes audiovisuelles, comme un signe de soutien à toute forme de liberté d’expression, et que l’attention des journalistes se soit uniquement focalisée sur les frappes aériennes et le conflit avec la Turquie. Tout au plus, peut-on trouver le communiqué d’Amnesty International qui appelle à sa libération et celui de RSF qui condamne son arrestation arbitraire. Mais du côté des gouvernements et des institutions internationales, c’est le grand silence. Aucun communiqué ne semble avoir été publié.

Pourquoi les gouvernements européens n’apportent pas un soutien médiatique et politique à Nabeel Rajab, un militant qui a soulevé une question importante sur l’origine et la montée de l’Etat Islamique? Pourquoi n’y a-t-il pas d’appui direct pour soutenir ces voix dissidentes qui se font arrêter dans des pays qui prétendent lutter contre l’Etat Islamique, mais qui en contrepartie arrêtent toute personne qui remet en cause la logique de ce gouvernement? Des personnes comme Nabeel Rajab devraient être au centre du débat sur l’Etat Islamique, car son exemple prouve que des pays participant à la coalition anti-Etat Islamique censurent eux-mêmes leurs propres citoyens. Comment croire de ce fait à la sincérité et à l’efficacité d’une telle coalition, quand la base même de ce débat est censuré?

Alors que les Etats-Unis ont mené des frappes contre les positions de l’Etat Islamique à Kobané, ces derniers jours, et que la coalition internationale s’est réunie à Washington pour discuter de ce qui se passe au Moyen-Orient, avec parmi eux des pays qui ont des intérêts directs dans cette région du monde, à savoir l’Arabie Saoudite, le Qatar, le Bahreïn et les Emirats arabes unis, on constate parallèlement peu de soutien et peu de volonté de prise de conscience internationale face à l’origine de cette crise militaire et politique qui plonge dans le chaos l’Irak et la Syrie. La censure du débat sur la montée de l’Etat Islamique et l’arrestation de certains dissidents au Bahreïn n’aidera pas à résoudre ce conflit, qui est devenu trop complexe aujourd’hui pour que seule l’élite gouvernementale puisse choisir et diriger le destin de populations entières dans une situation aussi grave.

Résoudre un conflit lié au terrorisme et à une guerre qui semble s’étendre sur toutes les frontières, cela passe aussi par l’information des citoyens et par le débat sur les vraies origines de ce conflit, un débat critique où chaque pays devrait admettre son rôle dans la montée de l’Etat Islamique. Ce n’est pas uniquement un problème de terrorisme. C’est aussi, par exemple, le problème face à la vente des armes au Moyen-Orient, le fait que des pays occidentaux vendent de plus en plus d’armes comme seule méthode pour apaiser des régions en guerre, et le fait qu’un groupe terroriste ait pu s’emparer d’armes sophistiquées à grande échelle.

D’autre part, beaucoup d’armes ont été vendues à des pays qui ne sont pas encore des modèles à suivre en matière de droits de l’homme: que ce soit la Syrie, l’Irak ou d’autres pays confrontés à des rébellions et à des guerres civiles, les gouvernements occidentaux devraient d’autant plus s’interroger sur le sens réel du commerce des armes, quand on sait qu’il faudra deux fois plus d’armement pour arrêter des groupes faisant un usage démesuré de la violence face à des populations civiles.

Il faut peut-être remettre en cause le commerce des armes à un niveau international. Nos démocraties sont sans doute encore trop soumises au pouvoir de l’industrie de l’armement, mais l’armement et la défense ne doivent pas devenir les buts de nos démocraties et ne doivent pas s’imposer comme une logique gouvernementale dans le monde. De la même manière que les technologies de surveillance ne résoudront pas les problèmes de pauvreté et la corruption, il faut trouver d’autres objectifs plus nobles pour nos démocraties. Il faut se détourner de cette logique de l’armement qui ne fait qu’augmenter les guerres et le terrorisme dans le monde. Il faut remettre en cause les profits des sociétés d’armement qui, au lieu d’oeuvrer pour le bien de l’humanité, ne font que contribuer à sa destruction.

Il ne s’agit pas pour une société ou un gouvernement de faire des profits rapides et de développer des technologies militaires pour imposer sa suprématie politique dans le monde. Il ne s’agit pas de montrer qu’un pays est capable de produire des milliers d’armes nucléaires ou des quantités infinies de substances chimiques, car la sophistication des armes n’est pas un signe de progrès de l’humanité ni un signe que nos sociétés seraient devenues plus démocratiques que dans le passé. Nos gouvernements sont déjà capables de produire des armes à l’infini, mais parallèlement ils n’ont toujours pas appris à dialoguer entre eux de manière pacifique et ils n’ont toujours pas appris à privilégier la diplomatie et la négociation y compris dans la résolution de conflits liés au terrorisme. En témoigne la situation actuelle dans le monde.

Le chaos actuel au Moyen-Orient témoigne à quel point les Etats-Unis et les grandes puissances sont incapables de s’entendre sur une stratégie pour sortir de cette guerre et à quel point les gouvernements du Moyen-Orient ont du mal à sortir de l’opposition entre les régimes chiites et les régimes sunnites, à dépasser leur intérêt national et leur intérêt individuel pour penser à l’intérêt de tous les pays. Mais c’est aussi la faute de nos gouvernements en Occident qui n’ont pas su imposer leur vision d’une démocratie égalitaire et qui n’ont pas su demander à ces pays de faire plus d’efforts pour améliorer la situation des droits de l’homme, alors que cette chose était tout à fait à leur portée.

Le Qatar, « Club Med des terroristes »

Un grand nombre d’extrémistes liés au Qatar sont dévoués à la collecte de fonds pour les jihadistes. Combien de temps l’Etat du Golfe peut-il continuer à jouer des deux côtés?

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Par Andrew Gilligan, 27 septembre 2014

Dans un exemple un peu plus important la semaine dernière, le cheikh Tamim bin Hamad al-Thani, l’émir du Qatar, a donné sa première interview depuis qu’il a succédé au trône l’an dernier. « Nous ne finançons pas les extrémistes », a-t-il déclaré à CNN.

« Si vous parlez de certains mouvements, en particulier en Syrie et en Irak, nous les considérons comme des mouvements terroristes. »

Le Qatar, qui abrite une base aérienne américaine majeure, a rejoint la coalition militaire contre l’Etat islamique en Irak et au Levant (ISIL).

La vérité, cependant, est que nous n’aurions jamais eu besoin d’une guerre en premier lieu sans le financement substantiel qu’Isil a reçu d’individus au Qatar.

Pour la Grande-Bretagne, « Jihadi John », l’homme avec un accent londonien entendu dans trois vidéos de meurtre d’otages, est devenu le visage masqué d’Isil, la première fois que la vraie menace du groupe a été ramenée sur place.

La semaine dernière, alors même que l’émir du Qatar a protesté de l’innocence du financement d’ISIL [Etat Islamique en Irak et au Levant] par son pays, le Trésor américain a produit la première preuve que l’argent du Qatar a permis au jihadiste John, ou à d’autres Britanniques comme lui, d’atteindre la Syrie.

Lire l’intégralité de l’article: http://www.telegraph.co.uk/news/worldnews/middleeast/qatar/11125897/The-Club-Med-for-terrorists.html

La Syrie devient le 7ème pays à majorité musulmane bombardé par le Lauréat 2009 du Prix Nobel de la paix Barack Obama

 

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Glenn Greenwald, 23 septembre 2014

Les États-Unis ont commencé aujourd’hui à bombarder des cibles à l’intérieur de la Syrie, de concert avec son groupe beau et inspirant de cinq régimes alliés: l’Arabie saoudite, le Bahreïn, les Emirats arabes unis, le Qatar et la Jordanie.

Cela signifie que la Syrie devient le 7ème pays à majorité musulmane bombardé par le Lauréat 2009 du Prix Nobel de la paix Barack Obama – après l’Afghanistan, le Pakistan, le Yémen, la Somalie, la Libye et l’Irak.

Lire la suite: https://firstlook.org/theintercept/2014/09/23/nobel-peace-prize-fact-day-syria-7th-country-bombed-obama/

John McCain pourrait-il être responsable d’un prochain 11/9?

Sen. John McCain (R-Ariz) questions Chuck Hagel during the defense secretary's testimony before the Senate Armed Services Committee regarding military budgets, on Capitol Hill.

Truth-Out.org, le 24 juin 2014

Publié par The Daily Take Team, The Thom Hartmann Program | Op-Ed

L’histoire se répète de la pire façon possible, et si nous ne retenons pas nos leçons, nous pourrions avoir un autre 9/11 sur nos mains beaucoup plus tôt que vous ne pourriez le penser.

Aujourd’hui, les combattants de l’Etat islamique d’Irak et de Syrie, ou EIIL [ISIS en anglais], ont poursuivi leur avancée vers Bagdad. Le groupe contrôle désormais toute une bande de territoire allant de la vallée de l’Euphrate en Syrie orientale tout le long jusqu’à la chaîne des villes qui entourent la capitale irakienne.

Si vous faisiez une liste des personnes les plus méchantes sur terre, l’EIIL [ISIS] serait en tête de liste. Le groupe a été effectivement expulsé d’Al-Qaïda pour être trop extrême et a été assez ouvert sur la façon dont il veut « nettoyer » les villes saintes chiites de Nadjaf et Karbala « en proie à la saleté ».

Quand il s’agit de groupes terroristes, l’EIIL [ISIS] est vraiment le pire de ce qu’on peut imaginer et constitue une menace partout et pour tous, ce qui rend d’autant plus choquant qu’il se soit apparemment trouvé un ami en rien d’autre que le sénateur de l’Arizona John McCain.

Quand il s’agit de groupes terroristes, l’EIIL [ISIS] est vraiment le pire de ce qu’on peut imaginer et constitue une menace partout et pour tous, ce qui rend d’autant plus choquant qu’il se soit apparemment trouvé un ami en rien d’autre que le sénateur de l’Arizona John McCain.

Comme Steve Clemons l’a souligné dans un article à succès écrit pour The Atlantic, McCain, aux côtés du sénateur de Caroline du Sud, Lindsey Graham, a joué un rôle-clé pour conduire les Saoudiens et les Qataris, nos alliés, à armer des groupes rebelles en Syrie qui luttent contre le gouvernement de Bachar al-Assad soutenu par l’Iran.

Publiquement, les Saoudiens et les Qataris disent qu’ils n’envoient des armes qu’aux groupes rebelles « modérés » comme l’Armée Syrienne Libre, mais ils auraient également armé des groupes plus extrêmes – des groupes comme le Front Al-Nosra et, vous l’aurez deviné, l’EIIL [ISIS].

Lire la suite: http://truth-out.org/opinion/item/24581-could-john-mccain-be-responsible-for-the-next-9-11

Al Jazeera et la politique étrangère des Etats-Unis: Ce que les Câbles de WikiLeaks révèlent au sujet de la pression et de la propagande américaine

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par Maximilian C. Forte, professeur associé d’anthropologie à l’Université Concordia de Montréal.

« Al Jazeera est un composant vital pour la stratégie de l’USG [United States Government] dans sa communication avec le monde arabe. » — Joseph E. LeBaron, Ambassadeur US au Qatar, 6 Novembre 2008

« Le Président de la Commission d’Al Jazeera Hamed bin Thamer Al Thani s’est montré ouvert à des usages créatifs des antennes d’Al Jazeera par l’USG au-delà des simples interviews. » — Joseph E. LeBaron, Ambassadeur US au Qatar, 10 Février 2009

Les câbles des ambassades US publiés par WikiLeaks présentent de nombreuses histoires très intéressantes qui racontent comment Al Jazeera s’est fait dompter par le gouvernement américain. L’ambassade US à Doha, et les officiels de Washington, ont utilisé une variété de méthodes directes et indirectes pour s’assurer un plus grand degré de soumission du côté d’Al Jazeera. Ces méthodes comprenaient le placement de porte-paroles dans les programmes d’actualité d’Al Jazeera; la soumission d’informations approuvées par le gouvernement US; en apportant une formation américaine aux journalistes d’Al Jazeera; en demandant une distorsion des programmes diffusés; en sécurisant un accord avec Al Jazeera pour faire une vérification en premier lieu avec des officiels US, avant toute diffusion de programmes « sensibles »; en surveillant Al Jazeera dans les moindres détails, en menant une évaluation depuis son information jusqu’à sa structure et ses politiques internes; en déposant des plaintes auprès des ministres du gouvernement qatari; avec des visites constantes et personnelles dans les sièges d’Al Jazeera; en développant une familiarité et des contacts personnels proches avec le personnel d’Al Jazeera; et en allant au-dessus de la tête du Directeur Général d’Al Jazeera pour être sûr que le « contenu condamnable » soit retiré et jamais répété.

Wadah_KhanfarLe conformisme, le professionnalisme, l’équilibre et l’objectivité, apparaissent comme étant les figures choisies pour un journalisme qui favorise la politique étrangère des Etats-Unis. Les officiels américains n’ont pas ouvertement menacé le personnel d’Al Jazeera, ni ne se sont engagés dans aucune forme de corruption grossière. L’intervention fut plus polie, prolongée, et intime.  Dans le processus de lecture de ces câbles, nous apprenons que, pour le gouvernement US, Al Jazeera a été évaluée comme un outil stratégique, comme un mandataire crédible pour la « diplomatie publique » des Etats-Unis. Nous entendons les anciens cadres d’Al Jazeera se décrire eux-mêmes comme des « partenaires » et des « relations » des Etats-Unis. Nous en apprenons aussi au sujet du degré où Al Jazeera est contrôlée par l’Etat du Qatar et comment elle sert d’instrument à la politique étrangère. Nous témoignons du degré où Al Jazeera English est presque entièrement une importation étrangère, qui ne prétend même pas exprimer « la voix des Arabes » et qui opère en tant que transplant colonial. L’image d’Al Jazeera révélée à travers les câbles est une image sinistre, et Al Jazeera ne pourra jamais en sortir indemne.

Rencontre M. Al Mahmoud

En Mars 2006, Abdul Aziz Al Mahmoud, le directeur du site internet d’Al Jazeera Arabic, en a eu assez et est parti. Al Mahmoud a perdu ses illusions à la fois sur la chaîne et sur son Directeur Général, Wadah Khanfar (plus de précisions sur/de Khanfar suivent dessous). Al Mahmoud, un citoyen du Qatar instruit aux Etats-Unis et ancien militaire, a été décrit par les diplomates US comme « un contact proche de l’Ambassade » (l’un des nombreux contacts, comme il s’en avère — « L’Ambassade de Doha a construit des relations de coopération à caractère personnel au sein d’Al Jazeera »).  Qu’est-ce qui a changé chez Al Jazeera à ce point, pour qu’il ait dû démissionner? Dans l’explication qui nous est donnée par l’ambassadeur américain du moment, Chase Untermeyer, Al Mahmoud aurait dit:

Dans les anciens jours [2001]… Al Jazeera était dans une effervescence d’idéalisme et vivait dans un débat passionné entre les partisans de différentes idéologies (les nationalistes arabes, les islamistes, les sécularistes, les socialistes, etc), et il y avait une atmosphère authentiquement révolutionnaire à ce sujet. Maintenant, dit-il, les gens viennent travailler de 9 à 5 comme des bureaucrates, et Al Jazeera fait partie désormais de l’administration dominante.

L’Al Jazeera décrite ci-dessus, avant sa transformation, ressemble à celle qui est montrée dans le documentaire approfondi et réalisé avec soin, Al Jazeera: Voix de l’Arabie.

Le « conformisme » d’Al Jazeera, dû en partie aux pressions et à la coordination américaine régulière avec les directeurs et les éditeurs d’Al Jazeera sur les questions de la couverture des informations, est l’un des thèmes récurrents dans les câbles, publiés par WikiLeaks, de l’Ambassade US à Doha (dont certains ont été auparavant rassemblés par MRZine). Devenir « responsable » et « professionnel » voulait dire, dans la pratique, devenir responsable devant les Etats-Unis et devant l’Émir du Qatar, tout comme les Etats-Unis ont découvert la valeur de la voix d’Al Jazeera dans le Monde Arabe, et tout comme l’Émir a utilisé son média géant pour attaquer les rivaux arabes au moment opportun, et notamment la Libye.

Une Journée dans la Vie d’Al Jazeera Répondant au Gouvernement US

C’était le 13 Octobre 2005.

Al Jazeera building in Doha, QatarAl Mahmoud a peut-être regretté l’idéalisme, mais il faisait partie d’une mutation d’Al Jazeera vers un plus grand service rendu aux intérêts américains au Moyen-Orient. En ce jour d’Octobre 2005, il a rencontré séparément l’Ambassadeur américain Chase Untermeyer et l’Officier des Affaires Publiques (PAO, Public Affairs Officer) de l’Ambassade américaine, Mirembe Nantongo. Ils recherchaient Al Mahmoud sur des objections qu’ils avaient pour le contenu du site internet d’Al Jazeera Arabic. Al Mahmoud « reconnut qu’une partie des éléments, tel que publiés, étaient inacceptables et ont été changés sur ses instructions » — en réalité, nous apprenons que tout le contenu « indésirable » a été retiré, pas seulement changé, et pas seulement en partie. (Le contenu indésirable était lié, en partie, à l’image des Etats-Unis au Moyen-Orient et à une visite de Karen Hughes, qui était alors Sous-Secrétaire d’Etat à la Diplomatie Publique et aux Affaires Publiques, et qui allait par la suite rendre personnellement visite à Al Jazeera; et à un diaporama du 9/11 [11 septembre] qui a négligé de souligner combien les Etats-Unis ont été une victime et combien le bilan humanitaire a été élevé au Moyen-Orient.)

Chase Untermeyer est d’abord venu parler à un fonctionnaire du Ministère des Affaires Étrangères du Qatar, au sujet du contenu du site. Untermeyer « souligna que c’est le genre de reportage irresponsable qui a produit des problèmes et des tensions dans les relations entre le Qatar et les Etats-Unis » — faisant du problème d’Al Jazeera un problème du gouvernement du Qatar et un problème de relations internationales. Nous voyons exactement comment l’idée du journalisme « responsable » est ici encadrée: un journalisme qui répond aux préoccupations des régimes des Etats-Unis et du Qatar.

Apparemment, l’Agence du Renseignement de la Défense américain (DIA, Defense Intelligence Agency) était aussi occupée à produire de fréquents rapports pour calculer l’« incidence du contenu répréhensible. » L’ambassadeur Untermeyer est allé au Ministère des Affaires Étrangères du Qatar, armé d’un tel rapport pour aider à faire comprendre son affaire. Dans un autre câble, nous apprenons que le DIA aurait régulièrement envoyé de tels rapports au Ministère des Affaires Étrangères, qui ensuite les aurait transmis à Wadah Khanfar, le Directeur Général d’Al Jazeera (voir plus ci-dessous). À une occasion, Wadah Khanfar a commenté la nature du rapport de la DIA: « De toute évidence, la personne qui a écrit ce rapport n’est pas un journaliste.  Le rapport est politiquement orienté. » Ceci nous dit quelque chose sur la politisation du « professionnalisme » tel qu’il est conceptualisé par les diplomates américains.

Horizon de mer à DohaLa PAO, Mirembe Nantongo, a apparemment bien tenté d’intimider Al Mahmoud: « s’est opposé au diaporama du tableau du 9/11″… « ces attaques ont été des actes lâches »… « a rejeté l’assertion du diaporama… »… « donné une vision étroite, déformée »… « omission de tout rôle des Etats-Unis dans la libération des musulmans, » et ainsi de suite.  La PAO a pris note que le diaporama a été retiré du site, mais pas assez satisfaite de l’effet de son interférence dans les décisions éditoriales d’une agence de médias indépendante, elle a demandé à Al Mahmoud de confirmer sa suppression. Pas encore satisfaite de cela, la PAO a ensuite posé violemment un paquet de vues autorisées et certifiées par les Etats-Unis, à répéter pour Al Jazeera:

La PAO a aussi encouragé Al Mahmoud à s’appuyer sur les différentes ressources d’informations dont il disposait avec son personnel via la Section des Affaires Publiques, et elle lui a laissé un dossier avec des feuilles d’informations et des liens relatifs à l’assistance de l’USG [Gouvernement US] dans la région, incluant l’aide d’urgence et les détails des programmes d’échange de l’USG.

Le Directeur Général d’Al Jazeera, Wadah Khanfar, n’a pas seulement ordonné à Al Mahmoud de retirer complètement le diaporama du serveur (pas juste en le modifiant, et pas juste en l’archivant, comme l’aurait préféré Al Mahmoud), mais il apparemment aussi été celui qui a averti Al Mahmoud de s’attendre à un visiteur américain. Al Mahmoud était ainsi, comme l’a noté la PAO, preparé à la visite de ce dernier.  Al Mahmoud a humblement répondu qu' »une erreur avait été commise ». La PAO suspecta que Khanfar avait à son tour eu des pressions de la part du Ministère des Affaires Étrangères du Qatar, après la visite de l’ambassadeur Untermeyer.

La PAO termine un câble en faisant remarquer que:

Al Mahmoud est de toute évidence très soupçonneux d’attirer une attention négative de sa chaîne de commandement, et il conscient qu’USG [Gouvernement US] irrité signife des problèmes pour lui.  Il a prié la PAO de l’appeler directement chaque fois que l’Ambassade observerait du matériel dérangeant sur le site internet.

La liberté de la presse, l’une des valeurs que les Etats-Unis affirment en inventant leur image publique au Moyen-Orient, est démentie dans la pratique réelle. Al Jazeera, de son côté, n’a pas réussi à affirmer une autonomie éditoriale.

Sous le Microscope

« Ils [Al Jazeera] savent qu’ils sont sous le microscope, et veulent être pris au sérieux. La globalisation croissante d’Al Jazeera ne fera qu’accroître la pression faite sur eux pour adhérer aux standards internationaux du journalisme et résultera dans une organisation qui peut être conduite avec un terrain familier, et dans un cadre déjà établi par les médias traditionnels. » — Ambassade US, à Doha, 13 Février 2006

Les officiels de l’Ambassade US, comme nous le voyons dans les câbles Wikileaks de Doha, ont en fait pris l’habitude de rendre visite et de contacter Al Jazeera, espérant construire ce « terrain familier » et d’établir une relation de confiance qui aurait répondu aux normes favorables à la politique américaine. Alors qu’Al Mahmoud venait de dire à la PAO de l’ambassade de le contacter directement chaque fois que les Américains noteraient du matériel qu’ils jugent dérangeant, ainsi l’Ambassade US garda une liste détaillée des contacts d’Al Jazeera — voir « Coordonnées de la Stratégie du Qatar sur les Emissions Répréhensibles ».  Un autre câble, daté du 18 Septembre 2005, détaille une rencontre entre la PAO et le Directeur Général d’Al Jazeera, Wadah Khanfar, un palestinien, comme ils le font remarquer. Il apparaît que Khanfar a essayé d’être une sorte d’intercesseur, courtois et compréhensif envers les Etats-Unis, se souvenant avec émotion comment avant le 9/11 [11 septembre], Al Jazeera « était vue par l’USG [Gouvernement US] et par le monde occidental comme un grand atout et un symbole de progrès dans la région » (je souligne), et payant encore un certain respect pour être indépendante et libre dans la critique.

Quand la PAO (Nantongo apparaît comme étant une personne indélicate, difficilement diplomatique, plutôt coloniale) a demandé à Khanfar comment il voyait les relations d’Al Jazeera avec le gouvernement US, Khanfar s’est dans un premier temps retenu et il a tourné l’attention sur les gouvernements arabes. Tout en relevant des « erreurs » des deux côtés entre Al Jazeera et les Etats-Unis, le Khanfar diplomate semblait encouragé et optimiste à ce qu’un « tournant » ait récemment été atteint dans les relations US-Al Jazeera, autrement dit, « quand des échanges pratiques, détaillés, ont commencé à prendre place entre les deux parties. » « AJ reste ouvert à de telles contributions et elles sont en effet bienvenues », dit Khanfar: « Nous avons été plus en mesure de répondre depuis que nous avons reçu des contributions. C’est désormais une discussion pratique, une relation beaucoup plus saine. » Khanfar a affirmé: « Al Jazeera n’est pas là pour être anti-Américaine. Absolument pas. »

Karen Hughes, l’émissaire de Bush pour la diplomatie publique au Moyen-Orient, mentionnée ci-dessus, a personnellement rendu visite à Al Jazeera en 2006 et eu une rencontre avec Khanfar et quatre autres membres seniors du personnel d’Al Jazeera (le Rédacteur en Chef Ahmed Sheikh, le Rédacteur en Chef adjoint Ayman Gaballa, et les présentateurs seniors Mohamed Krishan et Jamil Azar). Hughes s’est plaint que la couverture de l’Iraq par Al Jazeera n’était pas neutre et suffisamment « respectueuse ».  En réponse, Khanfar a fait quelques remarques convaincantes, critiquant la résistance iraquienne et promettant un partenariat avec les Etats-Unis et leurs objectifs d’occupation:

Nous nous voyons ici comme vos partenaires, et non pas comme une chose pouvant créer des problèmes.  Nous voulons la stabilité en Iraq. Il est clair que la provocation n’a mené nulle part… Nous nous voyons comme des partenaires.

Protestation au YémenHughes s’est opposée à ce qu’Al Jazeera ne montre aucune vidéo que ce soit venant des insurgés ou d’Al Qaïda, cherchant effectivement à interdire ce qui reste d’entre nous de pouvoir jamais écouter ou d’apprendre de ceux qui luttent contre les Etats-Unis (une politique reflétée par YouTube). Hughes a ensuite dit à Khanfar qu’elle placerait « deux ou trois porte-paroles de l’USG sur une base permanente à Dubaï Media City, qui seraient disponibles à tout moment pour commenter sur une large gamme de sujets. » Khanfar était ouvert à cette demande et il sollicita des conférenciers américains avec une expertise sur la politique US en Iraq, le conflit israélo-palestinien et d’autres domaines. Il ajouta qu’il serait heureux d’avoir des porte-paroles du gouvernement américain « sous son bras. » En 2008, dans une section du câble sous-titré « Tenir par la main semble fonctionner », la PAO note qu’Al Jazeera a demandé à l' »Ambassade [US] de fournir des noms d’Américains de notoriété publique qui pourraient souhaiter intervenir » — la PAO fut d’accord et offrit même « de montrer aux producteurs comment chercher les universitaires, les auteurs, les membres de groupes d’experts, les anciens officiels de l’USG et les officiels de l’Etat qui pourraient offrir leurs vues sur des sujets spécifiques. » En 2008, l’Ambassade US a pressenti « la bonne volonté » d’Al Jazeera et une couverture beaucoup plus « équilibrée » (c’est-à-dire favorable aux Etats-Unis). L’Ambassade promit « de prendre parti de cette tendance positive en cherchant à placer plus de voix américaines, aussi bien officielles que privées, sur Al Jazeera, dans les mois à venir, et en surveillant de près la performance des producteurs et des intervieweurs. »

Protestation au Yémen lors du Printemps ArabeIl faut aussi remarquer que lorsque Hughes a parlé de questions de « professionnalisme », elle a directement lié la notion au contenu d’Al Jazeera, « en particulier en ce qui concerne la couverture de l’Iraq et à la diffusion des vidéos fournies par les terroristes. » Il est ici assez clair de voir ce que professionnalisme veut dire et pourquoi cela devient une figure commode de l’ingérence politique des Etats-Unis. Hughes a appelé à un « dialogue plus civil et respectueux, » une ligne classique communément utilisé par ceux qui voudraient pratiquer la contre-insurrection par la discours, éduquant les opposants dans des « manières » qui, espère-t-on, les rendront plus calmes et dociles. L’équipe US qui accompagne Hughes à Al Jazeera, comprenant l’ambassadeur Chase Untermeyer, Alberto Fernandez, Directeur de la Presse et de la Diplomatie Publique aux Affaires du Proche-Orient, et la PAO Mirembe Nantongo, a demandé à Al Jazeera de leur remettre une copie de sa politique éditoriale, tout en se plaignant du « calibre » des personnes invitées par Al Jazeera dans ses talk-shows.

Deux ans après Hughes, pendant la visite de Perry Cammack, membre du personnel de la Commission des Relations Etrangères du Sénat, la question a été soulevée avec Khanfar au sujet de la couverture manifestement amoindrie d’Al Qaïda sur Al Jazeera. Ceci est en partie dû à ce qu’Al Jazeera a essayé de « chercher la faveur » du gouvernement irakien, pour qu’Al Jazeera soit autorisée à revenir en Iraq. Dans une rencontre de la même année (2008) avec James K. Glassman, Sous-Secrétaire d’État à la Diplomatie Publique, Wadah Khanfar a déclaré que les relations avec le gouvernement des Etats-Unis sont « beaucoup mieux qu’avant » et qu’Al Jazeera ne diffuse plus des enregistrements « extrémistes » inédits, et qu’il « s’efforce de vérifier les faits avec l’USG avant de diffuser le reportage d’incidents impliquant l’armée américaine. »

Khanfar, à d’autres occasions, répèterait qu’Al Jazeera n’est pas « anti-US » et « n’épouse ‘aucune sorte de politique éditoriale anti-US’. » Comme s’il sentait que Khanfar avait peur que la conversation tourne au fait où il serait humilié en devant assumer le rôle d’un simple pantin américain, le Secrétaire d’État Adjoint aux Affaires du Proche-Orient, Gordon Gray, lui dit: « Nous ne demandons pas à Al Jazeera de devenir l’instrument du gouvernement américain; ce que nous demandons, c’est son professionnalisme. » Le DAS [Deputy Assistant Secretary] Gray a demandé à Khanfar s’il aimerait voir une plus grande coopération entre Al Jazeera et le Gouvernement US, « dans le domaine de l’amélioration du professionnalisme d’Al Jazeera » (je souligne), et il a mentionné le programme des Visiteurs Internationaux. Notez comment Gray caractérise la réponse de Khanfar: « Khanfar a immédiatement acquiescé » (je souligne). Khanfar est allé jusqu’à dire que son personnel détient un tableau généralisé des Etats-Unis et pourrait bénéficier d’une plus grande exposition.  Khanfar a aussi plaidé pour que plus d’officiels des Etats-Unis apparaissent sur Al Jazeera. En effet, Khanfar était ouvertement froissé du favoritisme des Etats-Unis affiché envers Al Arabiya, son concurrent à capitaux saoudiens (et de nouveau en 2009, il a répété cette plainte injuste).

Le professionnalisme, encore une fois, est devenu la voie d’élaboration par laquelle le gouvernement US exercerait une influence directe sur Al Jazeera. Qu’il y ait une influence significative est attestée par le nombre de documents — mais il est clair que cette influence ne serait seulement acceptable par les seniors d’Al Jazeera que pour autant qu’elle est respectueusement conditionnée en termes d’intégrité professionnelle, plutôt que comme une soumission politique pure et simple.

Quand il en est venu à la couverture d’Haïti, sur Al Jazeera English, nous avons vu un exemple flagrant de la pression exercée par les Etats-Unis pour fondamentalement transformer la couverture d’Al Jazeera et de la manière dont ce dernier a vite acquiescé. Dans un câble du 20 Janvier 2010, écrit par Joseph LeBaron, Ambassadeur US au Qatar, nous voyons les plumes de son cou se hérisser face à la manière dont Al Jazeera English a décrit « l’intervention humanitaire » américaine en Haïti, dans des termes similaires à une occupation. Nous apprenons que dans les quelques heures où l’ambassadeur LeBaron informe aux Affaires du Moyen-Orient/Presse et de la Diplomatie Publique, les Etats-Unis avaient un de leurs officiels qui apparaissait sur Al Jazeera English. Judith McHale, Sous-Secrétaire d’État à la Diplomatie Publique et aux Affaires Publiques, a aussi contacté Tony Burman, Directeur d’Al Jazeera English — l’Ambassade US à Doha a d’abord contacté Burman et « s’est assuré que Burman serait prêt pour l’appel et qu’il comprenait les préoccupations sérieuses que la Sous-Secrétaire exprimerait. » L’ambassade US a continué à surveiller la couverture d’Al Jazeera, et a remarqué qu’en l’espace de trois jours, « la couverture d’AJE [Al Jazeera English] a considérablement évolué. » L’Ambassadeur LeBaron a ajouté une note finale à cela, promettant plus d’intervention pour qu’Al Jazeera English arrête, en aucune manière, de représenter les Etats-Unis en des termes qui ne seraient pas moins qu’élogieux:

L’Ambassadeur a ordonné au personnel de l’ambassade de continuer à surveiller les rapports sur AJE, et de communiquer immédiatement ces observations à Washington. Si AJE, ou toute autre chaîne d’Al Jazeera, revient à une couverture inexacte, l’Ambassadeur n’hésitera pas à intervenir à des niveaux plus élevés, en commençant par le Président Qatari du Conseil d’Administration du Réseau d’Al Jazeera.

Le Journalisme Importé: La Qualité Supérieure vient toujours d’Ailleurs (Dit le Colonisé)

Constructions à DohaDéterminé à devenir international, Al Jazeera a créé un organe consultatif international, « composé de figures respectées du journalisme international pour évaluer et conseiller les opérations d’Al Jazeera, » connu sous le nom de « Commission Internationale des Visiteurs d’Al Jazeera. » Ce groupe, qui jouerait un rôle d’assurance de la qualité (voir plus de détails ci-dessous), inclut la participation de personnes telles que Frank Sesno de CNN; Richard Burt, conseiller principal auprès du Centre d’Études Stratégiques Internationales de Washington (CSIS), ancien ambassadeur américain et ancien correspondant du New York Times; et toute une gamme d’autres journalistes, de France 3 Télévision, Die Zeit, à la BBC.

Les institutions du journalisme britannique et français ont travaillé pour former le personnel d’Al Jazeera, ce qui a aussi développé une relation avec l’Université de l’École du Journalisme du Missouri. Le centre de formation d’Al Jazeera n’a pas son propre personnel, mais « emprunte des formateurs sur une base ponctuelle à diverses institutions britanniques/françaises/américaines du journalisme, » dont la fondation britannique Thomson et en France, l’École Supérieure de Journalisme de Lille. Les cours de formation d’Al Jazeera sont donnés en anglais.  Le centre de formation — qui fonctionne comme un agent d’assimilation étranger — vise à étendre son influence à travers le monde arabe, en formant le personnel des centres médiatiques de la région. Il a rapporté des dizaines de cours en une seule année, avec des milliers de participants. Le centre de formation d’Al Jazeera a aussi participé à l’initiative américaine Middle East Partnership Initiative (MEPI), établie par le Secrétaire d’État Colin Powell pendant le premier mandat de l’administration de George W. Bush, et supervisée par Liz Cheney, pour aider les « agents du changement » locaux dans la région.

Il faut aussi comprendre que le centre de formation d’Al Jazeera a aussi cherché à enseigner « la conscience politique », selon le Directeur Général d’Al Jazeera — gardez à l’esprit d’où viennent les formateurs et où vont les stagiaires — et que les formateurs de l’École de Journalisme Thomson au Royaume-Uni enseigneraient au personnel local « les aspects philosophiques, historiques et politiques de leur travail » (il aurait pu rendre compte de ce qu’est aujourd’hui l’Institut Reuters au Département de Sciences-Politiques et de Relations Internationales à Oxford).

Doha, capitale du QatarAl Jazeera English, lancée in 2006, a été une voie rapide qui a consisté à reproduire le journalisme institutionnel dominant, en empruntant en effet directement aux cercles institutionnels dominants — « les recrues des grands noms des médias de toutes les régions du monde » devaient rejoindre la colonie d’Al Jazeera à Doha (je veux dire quand littéralement les journalistes vivent dans des communautés fermées avec peu d’espoir d’interagir avec la population locale). L’une de leurs recrues américaines, Dave Marash, « a écorché par ses propos la chaîne pour avoir eu un penchant anti-américain » et il est parti — bien que le personnel d’Al Jazeera ait minimisé ses raisons déclarées, faisant remarquer qu’il avait beaucoup plus de griefs personnels et que, dans tous les cas, l’accusation d’anti-américanisme était adressée non pas au personnel qatari ou arabe, mais plutôt aux employés britanniques. Le personnel local d’Al Jazeera, de son côté, s’est plaint que les employés britanniques étaient arrogants et « agissaient comme des colonialistes ».

En 2006, le contrôle du site en anglais a été remis à Al Jazeera English et à son rédacteur en chef, Russell Merryman, un ressortissant britannique. Le directeur du site web d’Al Jazeera, Al Mahmoud, responsable précédemment des versions anglaises et arabes, était manifestement mécontent de cette réorganisation.

Même ceux qui eux-mêmes ne sont pas des étrangers au Moyen-Orient et en Afrique du Nord, comme Jaafar Abbas Ahmed, sont formés par la BBC, Abbas ayant lui-même pris résidence à Doha après avoir travaillé pour la BBC pendant plus de dix ans.  Nous apprenons qu’un « nombre signifiant » des premiers journalistes d’Al Jazeera sont venus de la BBC. L’équipe d’Al Jazeera chargée de l’assurance de la qualité (voir ci-dessous) va régulièrement « enregistrer la couverture de la BBC et de CNN » d’un événement également couvert par Al Jazeera » et le comparer de manière critique à la couverture d’AJ. » De plus, Al Jazeera English a présenté un « code de conduite » pour ses journalistes qui est virtuellement identique au document de la BBC.

L’Émir du Qatar et Al Jazeera

Centre commercial à DohaLes câbles de Doha sont intéressants sur d’autres points, qui mettent en contexte la façon dont le Qatar a déployé Al Jazeera et comment le Qatar a construit sa politique étrangère. Le régime qatari est, après tout, l’une des nations qui s’est activement engagée dans le bombardement de la Libye, et qui a financé et armé l’opposition au Col. Kadhafi. L’une des raisons invoquées pour l’intervention militaire étrangère en Libye a été celle de la création d’une nouvelle démocratie, avec des libertés politiques pour l’opposition.  Quelle ironie de rappeler l’absence de ces libertés au Qatar. Comme l’expliquent les porte-paroles dans un câble, « les pouvoirs économique et politique sont irrésistiblement dans les mains de l’Etat… Le Qatar n’a pas d’opposition formelle. En fait, les partis politiques sont illégaux… le fait de critiquer le gouvernement apporte le risque de perdre des avantages et des atouts pour eux et leurs familles, comme le logement et l’éducation. » Les réformes démocratiques promises sont vues par les critiques qataris comme simplement conçues pour mettre en valeur l’image internationale du régime.  L’Émir peut retirer n’importe quel montant d’argent du Trésor à volonté, sans avoir à répondre à qui que ce soit: les fonds de l’Etat sont des fonds personnels. Même avec les réformes, la famille régnante reste non-interrogeable face à toute institution nationale. Les individus peuvent être arrêtés et détenus sans inculpation jusqu’à six mois (ou plus, sous réserve de l’approbation du Premier Ministre), dans « l’intérêt public. » Les membres de la tribu Al-Murra ont été déchus de leur nationalité qatarie. Et, bien que les commentateurs US ont critiqué le Qatar pour avoir parrainé une unité comme Al Jazeera, ce qui apparemment a fait entendre les voix jihadistes, le fait révélé dans un câble est que le gouvernement du Qatar « parfois ‘aide’ les services de sécurité d’Israël. »

Un des câbles montre clairement que les officiels qataris « voient AJ, aussi bien anglais qu’arabe, comme des outils importants de la politique étrangère du Qatar. » Dans une rencontre avec le sénateur John Kerry le 13 Février 2010, le Premier Ministre du Qatar Hamad bin Jassim Al Thani a déclaré que « nous arrêtions Al Jazeera pendant un an » si cela signifiait que l’Égypte modifie sa politique étrangère sur les Palestiniens, ce qui montre clairement où réside en fin de compte le véritable pouvoir dans la détermination du contenu d’Al Jazeera et que le contenu est ouvert à la négociation entre les parties qui ont le pouvoir sur Al Jazeera. Quant à Al Jazeera English, elle est taillée pour correspondre « au plus près à la ligne politique de Doha en tant que chaîne arabe AJ. »

Nous devons aussi remarquer que le Directeur Général, Khanfar, a déclaré que l’Emir ne s’immisce pas dans les opérations d’Al Jazeera, ce qui pourrait être un choix très attentif de mots de la part de quelqu’un qui semble toujours choisir ses mots avec attention. Cependant, comme l’a observé l’ambassade US, « Al Jazeera a résolument évité de… rapporter quoi que ce soit de politiquement controversé au Qatar. » Le Président d’Al Jazeera est lui-même un membre de la famille royale qui dirige le Qatar.

De même, il faut aussi remarquer que l’ambassade US a déclaré à Washington être prête pour exploiter l’ouverture d’Al Jazeera « à travers une diplomatie directe avec la famille régnante du Qatar et les membres des sièges d’Al Jazeera à Doha. » Ailleurs, l’ambassadeur LeBaron a insisté pour dire que,

pour aider à améliorer l’image de l’USG dans la rue arabe, nous devons intensifier l’engagement de haut-niveau de l’USG à la direction du Qatar. De meilleures relations avec la famille régnante al-Thani se traduira par des changements dans la couverture d’al-Jazeera qui vont progressivement aider à améliorer l’image des Etats-Unis dans la rue arabe.

Tout en admettant qu’Al Jazeera a été formidable pour l’image publique internationale du Qatar, et celle de l’Emir, Khanfar a affirmé qu’Al Jazeera ne se considère pas en soi comme une partie d’un quelconque mouvement de réforme, ni non plus comme la voix des Arabes.

Responsable + Professionnel = Impérial

Al_Jazeera_English_NewsroomEn effet, Khanfar a démontré comment dans la pratique les contributions américaines et « l’assurance de qualité » pour assurer le « professionnalisme, » « l’équilibre, » et l' »objectivité » feraient pencher la couverture des informations pour mieux servir les intérêts américains. Khanfar a dit à la PAO au sujet de la réunion quotidienne sur l’assurance de qualité d’Al Jazeera que « la réunion est très serrée, plus serrée encore que votre liste. »  (Nous ne savons pas quelle liste la PAO a eu avec elle.) Khanfar a décrit comment Al Jazeera a modofié son choix de termes, pour apaiser les préoccupations des Etats-Unis: au lieu de « résistance, » ils se réfèreraient désormais à des « groupes militaires »; au lieu d' »occupation, » ils parleraient désormais avec affabilité de « force multinationale » — tout cela faisant parfaitement écho à la manière dont l’ISAF de l’OTAN dresse son récit de presse quotidien en Afghanistan.

Il est également important de remarquer que la PAO de l’ambassade US aurait aussi une rencontre avec le responsable de l’équipe « assurance de la qualité » d’Al Jazeera, Jaafar Abbas Ahmed, ayant ainsi une entrée directe sur ce qui a été discuté lors des réunions d’assurance de qualité, même si les participants peuvent ne pas être au courant du rendez-vous premier de la PAO avec leur directeur. Abbas remarque la résistance des journalistes de la génération ancienne d’Al Jazeera et fait l’éloge de Wadah Khanfar, qui a ouvert Al Jazeera à l’ambassade américaine, comme étant une « source de force » (sans doute dans le renforcement de la main d’Abbas vis-à-vis des réfractaires irréductibles). Abbas décrit son unité QA [Assurance Qualité] comme une « tumeur » avec laquelle le personnel a appris à vivre — il a aussi promis une base de données informatisée de tout le personnel d’Al Jazeera, les gardant sous surveillance en vue de toute remarque qui aurait « un parti pris ». Il est intéressant de voir l’amitié bavarde d’Abbas avec la PAO, comme s’il parlait à une personne initiée, ou à un directeur collègue, alors qu’ils font les gros yeux face aux indigènes indisciplinés. De la même manière, à une autre occasion, Abbas va jusqu’à qualifier d’« idiots », les producteurs d’interviews d’Al Jazeera, quand il s’adresse à la PAO de l’ambassade.

Khanfar était là pour être le « M. Je résous tout » de l’Amérique: « Quand il y a un problème — que nous l’apprenions de vous, de notre équipe QA [Assurance Qualité], ou d’une autre source source — nous le résolvons immédiatement. » Khanfar a en effet demandé à ce qu’il puisse aussi recevoir directement les rapports de la DIA [Defense Intelligence Agency] qui analysent la couverture d’Al Jazeera, parce que le Ministère des Affaires Étrangères était trop lent à les leur transmettre. L’ambassade a accepté, en remarquant que Khanfar « les prend clairement au sérieux. » Les Etats-Unis ont continué à insister pour qu’Al Jazeera ne diffuse pas les vidéos des insurgés ou des « interviews provocantes. » L’ambassade US a salué Khanfar comme étant quelqu’un de « clairement dévoué pour apporter à Al Jazeera les normes professionnelles internationales du journalisme » et qui « semble ne pas être seulement ouvert à la critique, mais aussi l’accueillant volontiers. » À de nombreuses occasions, Khanfar est clairement réactif aux critiques américaines sur le contenu d’Al Jazeera, en particulier sur son site internet.

Questions de Complicité

« [N]ous devrions faire un usage stratégique du réseau télévisuel d’Al Jazeera. » — Joseph E. LeBaron, Ambassadeur US au Qatar, 10 Février 2009

Il est important de remarquer — car certains voudront soulever cette question comme une preuve solide que les Etats-Unis étaient en relation avec Al Jazeera comme ils l’auraient fait avec n’importe lequel de leurs ennemis, c.-à-d. en planifiant des actions meurtrières — que les câbles ici aussi sont utiles. Écrit par des initiés, et destiné à la consommation privée des autres initiés de l’appareil américain des relations étrangères, l’ancien ambassadeur Untermeyer rejette comme complètement « absurde » toute notion selon laquelle Bush planifiait de bombarder les bureaux d’Al Jazeera à Doha. Comme il le fait logiquement remarquer, cela aurait été absurde parce que cela aurait été en fait une attaque militaire contre un pays ami, et il appelle son gouvernement à donner un démenti plus fort que ce qui a été fait jusqu’à présent.

Skeleton_of_the_regime_LibyaQuand il en vient à la substance des relations américaines avec Al Jazeera, les questions qui devraient se poser à l’esprit sont: Que signifie responsable? Responsable de quoi? Responsable devant qui? Qu’est-ce que l’équilibre, et comment la vérité trouve-t-elle l’équilibre, quand l’idée elle-même implique que quelque chose d’autre doit être un mensonge? Pourquoi l’équilibre est-il important, quand la diffusion a réprimé depuis longtemps et marginalisé régulièrement les voix? Qu’est-ce que l’objectivité, quand on est soumis à la pression et à la peur pour sa carrière? Qu’est-ce que le professionnalisme et pourquoi cela se résout toujours apparemment dans une position par défaut pour ne pas décevoir le statu quo?

Quand le gouvernement US est si clairement déterminé à dominer le message, à accomplir des actes routiniers de censure quotidienne à travers une pression secrète et intime derrière les coulisses de la scène, et quand les notions de professionnalisme, d’équilibre, et d’objectivité deviennent un simple code impérial pour la soumission aux intérêts américains, il n’est pas étonnant que WikiLeaks lui-même puisse être accusé d’être… devinez quoi? Irresponsable, non-professionnel, et anti-américain! Longue vie à l’irresponsabilité, parce que le journalisme est certainement mort.

Il ne faudra pas s’étonner qu’il y ait ceux qui lisent ces câbles, et qui pourtant, en voulant préserver un vernis de légitimité et de crédibilité envers Al Jazeera, insisteront que ce n’est pas un « simple porte-parole » du gouvernement américain. Non, ce n’est pas un simple porte-parole — le penchant dans la couverture d’Al Jazeera est quelque chose qui a évidemment besoin d’être négocié et réaffirmé chaque jour. Là où les journalistes américains pratiquent l’auto-censure, consciemment ou non, il y a aussi généralement des raisons culturelles et étroitement idéologiques pour le faire, et la solidarité entre le corps de la presse et l’État impérial pourrait être de type « organique ». N’étant pas ancrée dans la culture et la politique américaines, Al Jazeera exige une approche plus pratique de l’instruction — tenue en main — et, ici, toute solidarité est surtout de nature « mécanique ». La relation que les Etats-Unis ont avec Al Jazeera pourrait placer OutFoxed! sous un jour quelque peu mineur: aussi nombreux soient ceux qui injurient le pouvoir de Murdoch et de Fox News, cette posture n’a pas encore l’impact qu’a Al Jazeera sur une population ciblée par la politique étrangère américaine, et n’est certainement pas la propriété d’un État, avec une armée de l’air et des troupes, et un combattant actif à lancer en Libye.

Notes:

1.  Divulgation complète: Suite à un entretien d’une heure sur Al Jazeera Arabic en 2010, j’ai accepté d’écrire une série de colonnes rémunérées pour le site Al Jazeera Arabic. Cet article n’est pas écrit sur la base d’un de mes très minime savoir d’initié, et je dois préciser qu’à aucun moment, aucun individu du personnel d’Al Jazeera n’a cherché à imposer une politique éditoriale sur mon écriture. Dans mes échanges avec le personnel d’Al Jazeera, je n’ai jamais rien pu constater d’autre qu’ils étaient très professionnels, patients, et généreux. En mars 2011, j’ai mis fin à ma relation avec Al Jazeera, pour des raisons politiques, au vu de la couverture de la Libye et du Bahraïn, et des fins politiques pour lesquelles Al Jazeera a été utilisée par l’État du Qatar et son allié américain dans la guerre contre la Libye.

2.  La série complète des 40 câbles sur lesquels est basé cet article a été réunie et rendue disponible au téléchargement sous format PDF, que vous pouvez retrouver en ligne: en cliquant ici.

Source: http://mrzine.monthlyreview.org/2011/forte220911.html

Images: http://commons.wikimedia.org/wiki/File:Bank_of_Yamen_1_Riyal_-_Flickr_-_Al_Jazeera_English.jpg
http://commons.wikimedia.org/wiki/File:Photo_By_Fadi_Benni_-_Flickr_-_Al_Jazeera_English_(1).jpg
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Une firme US encourage « le poing et la main ouverte » en Syrie

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Le 19 mai 2011, un mémorandum intitulé “Analyse des communications en temps de crise“ a été transmis par sam@alshahba.com, un compte qui est probablement utilisé par le président syrien Bachar al-Assad, au ministre syrien des Affaires présidentielles Mansour Azzam. Le mémo a été écrit par Brown Lloyd James (BJL), une puissante firme de communication de renommée mondiale engagée par le régime syrien pour améliorer son image.

La firme de communications avait initialement envoyé le mémo à Fares Kallas, le directeur des projets et initiatives au bureau de la première dame, Asma al-Assad. Il contient une évaluation de la situation en Syrie et donne des recommandations sur comment gérer le soulèvement d’un point de vue des communications. BJL a été fondé par Peter Brown, présentement chef de direction, et Sir Nicholas Lloyd, présentement directeur, en 1997 à New York et à Londres. Mike Holtzman est présentement le président de la compagnie.

BJL a trois “bureaux principaux“ basés à New York, à Londres et à Doha, avec des “bureaux stratégiques“ à Washington DC, Hô Chi Minh-Ville, Rome, Francfort, Paris, Moscou et Madrid. La page “À propos de BJL“ sur le site web proclame “Brown Lloyd James est géré par un groupe d’élite de distingués anciens cadres du domaine des nouvelles, des conseillers politiques de haut niveau de la Maison-Blanche et du Downing Street, des cadres de haut niveau de l’industrie du divertissement et des experts des affaires internationales. Notre équipe a été le bras droit de présidents, de premiers ministres, de barons des médias, et oui, même des Beatles.”

Un nombre de clients internationaux très importants a été représenté par BJL, incluant le Royaume du Maroc, Mouammar Kadhafi, la Fondation du Qatar, la Tony Blair Faith Foundation, la ville de Londres et le ministre de l’Intérieur irakien. Elle a été impliquée dans un certain nombre de campagnes réussies, incluant la soumission gagnante du Qatar pour la tenue de la coupe du monde FIFA 2022 et le lancement d’al-Jazeera anglais aux États-Unis. L’année dernière, la firme a été impliquée dans l’embellissement de l’image du régime Assad en Occident à travers différents projets, en commençant par un portrait flatteur d’Asma al-Assad dans le Vogue publié en février 2011. Vogue a supprimé l’article de ses archives à la suite des critiques qu’il a reçu.

Le mémorandum de mai 2011 offre un guide pour les membres de la clique politique syrienne du régime pour retravailler leur image et redéfinir leur message, alors que l’armée tente d’écraser le soulèvement. En plus, le mémo contient des conseils sur une possible campagne de relation publique et sur des actions sociales qui pourraient revigorer l’image du régime de par ce processus. Il commence par noter que “l’administration Obama veut que la direction en Syrie survive“, mais reconnaît que la position du gouvernement américain a changé au fil du temps.

Une brève évaluation de la gestion du soulèvement par les autorités politiques syriennes, strictement basée sur ses talents au niveau de la communication, s’en suit. Il est écrit, “La Syrie a eu un déséquilibre dans son approche des communications depuis le début de la crise.” ”Si le pouvoir dur est nécessaire pour apaiser la rébellion, la puissance douce est aussi nécessaire pour rassurer le peuple syrien et l’extérieur que cette réforme se poursuit rapidement, que les griefs légitimes sont pris en compte et pris au sérieux, et que les actions de la Syrie visent ultimement à créer un environnement dans lequel le changement et le progrès peuvent avoir lieu. »

BJL a averti que l’agenda de la réforme a été largement perçu comme étant dépourvu de volonté et semblait avoir « pris l’arrière-plan face à la crise politique immédiate ». Ainsi, le résultat continuera très probablement à être « une recette pour des énervements et de l’instabilité à l’avenir » à l’intérieur de la sphère domestique, en même temps que d’ »enhardir les critiques et le renforcement de ceux qui ne croient pas que la réforme est sincère » en dehors de la Syrie.

Ainsi, le mémo de BJL a recommandé un équilibre entre les “deux mains“ du régime: “La règle de droit est un poing. La réforme est une main ouverte. Maintenant, le poing apparaît pour l’extérieur, et probablement à beaucoup de Syriens, comme si elle est dix fois plus grande que la paume tendue. Ils doivent être mis en meilleur équilibre. »

« La réforme axée sur la sensibilisation doit être radicalement améliorée, à la maison et à l’étranger, ou bien la crédibilité de ces efforts – et un élément clé de l’appel du Président et de sa popularité parmi le peuple – sera diminuée. Le recentrage de la perception de l’extérieur et des Syriens sur la réforme fournira une couverture politique au gouvernement des États-Unis en général sympathique, et délégitimer les critiques tant à la maison qu’à l’étranger. » Pour ce faire, l’entreprise a fait cinq recommandations stratégiques essentielles pour surmonter l’échec du régime dans les  relations publiques. Il s’agit d’exploiter l’image de Bachar et d’Asma à travers des actions telles que des visites inopinées et bien prévues, des rencontres médiatisées avec des familles et des jeunes, ainsi que l’utilisation de promesse de réforme sur la condition de la stabilité, et en plaçant un accent particulier sur l’avenir.

En outre, il est recommandé que l’administration tienne l’armée et les forces de sécurité responsables, faisant « un spectacle visible, très public, de punir/congédier/ inculper les troupes qui ne respectent pas les ordres [d’Assad] » de ne pas tirer sur des civils, de dépeindre un sentiment d’équité et indiquer ses sérieuses intentions face à la réforme. Aussi, il est recommandé d’établir un système de surveillance médiatique, opérant 24 heures, pouvant combattre les récits négatifs contre le régime.

Finalement, l’entreprise a souligné que « des efforts devraient être faits pour convaincre de la “normalité“ pour faire contraste aux nouvelles actuelles représentant la Syrie comme étant sur le bord du chaos. » Le mémorandum prend fin en conseillant la direction politique “de continuer à exprimer sa confiance dans l’avenir et que la crise est en déclin. » Essentiellement, le mémo appelle le régime Assad à réorganiser ses messages afin de convaincre la communauté internationale et le peuple syrien que des erreurs ont été faites et que le régime essaye de changer si on lui en donnait la chance.

Ce n’était pas la dernière fois que BJL et le régime d’Assad interagissait. Selon un courriel d’Assad qu’a reçu The Guardian plus tôt cette année, Mike Holtzman a été en contact avec un conseiller de la direction syrienne en janvier 2012, dans laquelle il a exprimé sa fierté au sujet d’un événement de relation publique réussi qui a impliqué une visite surprise d’Assad et de sa femme à une manifestation pro-régime.

Traduit sur WikiLeaks par Nicolas1

Article original : http://english.al-akhbar.com/content/us-firm-encourages-fist-and-open-hand-syria et sur le forum WikiLeaks http://www.wikileaks-forum.com/index.php/topic,12786.0.html