La liberté de la presse en Islande — trop beau pour être vrai?

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EJO, Clemens Bomsdorf, le 06/09/2016

Pendant longtemps, l’Islande a été considéré comme un brillant exemple de la liberté de la presse – peut-être trop beau pour être vrai. Mais, plus récemment, les politiciens du pays ont tenté d’influencer les médias. Le dernier exemple est venu directement d’en haut, lorsque Sigmundur David Gunnlaugsson, premier ministre à l’époque, a essayé de supprimer une interview télévisée sur sa possession d’une société offshore au Panama. La tentative a échoué et Gunnlaugsson a finalement été contraint de démissionner.

La désormais célèbre interview montre Gunnlaugsson commençant à balbutier quand un journaliste suédois le questionne à propos de la société offshore, Wintris. Peu de temps après, il quitte la pièce, rejetant toutes les allégations. Pour aggraver les choses, l’assistant de Gunnlaugsson a alors appelé la station de télévision pour essayer d’arrêter l’interview en cours de diffusion.

Les politiciens et la chaîne de télévision publique de l’Islande

La tentative d’ingérence de Gunnlaugsson n’est pas la première faite par des politiciens islandais: beaucoup se sont plaints au Parlement que RUV, la chaîne de télévision du service public du pays, est partiale. En août 2013, Vigdis Hauksdóttir, membre du Parti progressiste de Gunnlaugsson et président du Comité du budget du Parlement, a émis une menace à peine voilée. « Je pense qu’une quantité anormale d’argent va à RUV. Surtout quand ils ne font pas un meilleur travail pour rapporter des informations … » a-t-elle dit. Quelques mois plus tard, en décembre 2013, le budget de RUV, qui est directement contrôlé par le gouvernement, a été réduit de 20%.

La réduction du budget a conduit à des plaintes par l’Union européenne de radio-télévision (UER) et a forcé RUV à couper des programmes et à réduire le personnel, par exemple en réduisant un réseau déjà rares de correspondants étrangers à zéro. Le diffuseur prévoit de nouvelles réductions au sein de son service dans un avenir proche.

Valgerdur Anna Jóhannsdóttir, une universitaire des médias à l’Université d’Islande, a dit qu’elle est sûre que « la critique constante a au moins un effet potentiellement dissuasif sur les journalistes ». Elle a ajouté qu’il y a moins de distance entre la politique et le service public de diffusion en Islande que dans les autres pays nordiques.

Les sociétés de médias privés: porte-paroles des puissants

Beaucoup de sociétés privées de médias établis de l’Islande sont la propriété ou sont édités par des politiciens ou des figures puissantes des affaires et sont considérées comme servant des intérêts particuliers. En conséquence, la confiance du public dans les médias a considérablement diminué ces dernières années.

Lire la suite: http://en.ejo.ch/media-politics/iceland

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Réponse au titre de l’article du New York Times sur WikiLeaks paru le 1er septembre 2016

communiqué paru sur le compte @wikileaks, le 01/09/2016

assange_nytRéponse à l’article du New York Times publié jeudi « Comment la Russie trouve souvent des avantages quand Julian Assange révèle les secrets de l’Occident » [http://archive.is/my52v]

Les seules vraies informations dans l’article sont que « les responsables américains disent que M. Assange et WikiLeaks n’ont probablement aucun lien direct avec les services de renseignement russes. »

Wikileaks a publié plus de 650.000 documents sur la Russie et le président Poutine, dont la plupart sont critiques. Voir https://search.wikileaks.org/

Il est faux que le livre Les documents Wikileaks: Le monde selon l’empire américain (qui parle de la diplomatie américaine), ne contient pas de critique de la Russie. Il contient de nombreuses références critiques à la Russie, y compris un chapitre entier sur les relations diplomatiques des États-Unis avec la Russie avec de nombreuses références à la corruption russe.

Il est faux que M. Assange « aurait évoqué aux associés de déménager » en Russie. Il a ouvertement plaisanté lors d’une conférence de presse en disant combien il serait absurde si un militant de la liberté de la presse occidentale était forcé de demander l’asile à Cuba.

Il est faux que WikiLeaks ou M. Assange n’auraient pas « publiquement critiqué » les violations des droits de l’homme commises par M. Assad et les forces russes qui se battent là-bas. WikiLeaks ne fait aucun commentaire sur les événements mondiaux, à moins que les événements ne se rapportent à ses publications, à son organisation ou à ses sources présumées. Mais, par exemple, WikiLeaks a soutenu la critique d’Amnesty sur les civils russes tués dans leur bombardement en réponse aux partisans russes qui l’ont attaqué, en disant que l’analyse numérique d’Amnesty semblait tenir bon.

Il est trompeur de laisser entendre que WikiLeaks aurait simplement tweeté une fois au sujet de l’emprisonnement du groupe musical russe Pussy Riot. En fait, M. Assange a rencontré plusieurs fois divers membres des Pussy Riot et elles ont rejoint la Fondation Courage, qu’il a co-fondé, et qui protège les sources journalistiques. Voir http://www.dazeddigital.com/artsandculture/article/22662/1/pussy-riot-joins-julian-assange-whistleblower-foundation

Il est faux que la Russie aurait délivré un visa pour Julian Assange (ou que M. Assange aurait demandé un visa).

Il est faux que WikiLeaks n’aurait pas produit de document critique sur le gouvernement Assad. Wikileaks a publié 2,3 millions de documents du gouvernement Assad, un allié russe, y compris des emails personnels du chef de l’Etat, Bachar al Assad. WikiLeaks a également publié sur l’espionnage, par le gouvernement syrien, de militants syriens au moyen de « bluecoat » et documenté de nombreuses importations utilisées par la sécurité nationale syrienne en violation des sanctions du régime. Voir https://wikileaks.org/syria-files/ et https://twitter.com/search?f=tweets&vertical=default&q=syria%20%20from%3Awikileaks%20since%3A2012-01-01%20until%3A2012-12-31&src=typd

La théorie du complot que l’article tente d’attribuer sur le calendrier des publications de WikiLeaks est fausse et n’est pas du journalisme.

Prenons l’exemple de premier plan dans l’article, la censure totale du diffuseur kurde Roj TV. Quand M. Assange a attiré l’attention sur cet outrage, cela coïncide avec les tentatives de Roj de faire de la publicité pour leur appel au tribunal (la grande vedette étant une publication WikiLeaks). Plus tard, lorsque le chef de l’OTAN, Rassmusen, est apparu dans les informations, cela a accroché l’attention sur les archives WikiLeaks et comment ils documentent les sordides accords derrière la destruction de Roj TV. Voir youtube

De même, dans d’autres cas, WikiLeaks a répondu aux appâts de l’information – comme tous les organes de presse le font, pour attirer l’attention sur ses archives ou pour soutenir sa mission anti-censure ou de protection de la source. Encore une fois, tout autre autre suggestion est fausse.

WikiLeaks n’a connaissance d’aucune affirmation du gouvernement américain disant que les emails du DNC publiés par WikiLeaks auraient été « volés par le renseignement russe ». En fait, le chef du renseignement américain, James Clapper, a déclaré que le gouvernement américain n’a pas été en mesure de l’attribuer à quelqu’un. Les différents piratages du DNC sur plusieurs années ne relèvent pas de la même question que la publication par Wikileaks d’emails divulgués et il est trompeur de suggérer autre chose.

Il est faux que la décision de l’ONU au sujet d’Assange serait « non-contraignante ». L’ONU a explicitement déclaré que cela est « juridiquement contraignant ». Il est faux que [cette décision] aurait été rejetée par les tribunaux britanniques. Son caractère contraignant est maintenant considéré par la Cour d’appel suédoise.

La déclaration de l’ONU en réponse aux erreurs de la presse:
NOTE AUX RÉDACTEURS EN CHEF:
Les avis du Groupe de travail sur la détention arbitraire sont juridiquement contraignants dans la mesure où ils sont fondés sur le droit international des droits de l’homme, tels que le Pacte international relatif aux droits civils et politiques (PIDCP). Le GTDA [Groupe de travail sur la détention arbitraire] a pour mandat d’enquêter sur les allégations d’individus privés de leur liberté de manière arbitraire ou incompatible avec les normes internationales des droits de l’homme, et de recommander des solutions telles que la libération de la détention et l’indemnisation, le cas échéant.
Le caractère contraignant de ses avis découle de la collaboration des États dans la procédure, du caractère contradictoire de ses conclusions et de l’autorité donnée au GTDA par le Conseil des droits de l’homme des Nations Unies. Les avis du GTDA sont également considérés comme faisant autorité par les institutions judiciaires internationales et régionales de premier plan, y compris la Cour européenne des droits de l’homme « . http://ohchr.org/EN/NewsEvents/Pages/DisplayNews.aspx?NewsID=17013&LangID=E

Le comité de rédaction du New York Times a appuyé Hillary Clinton, mais cela n’est pas dévoilé dans l’article. L’auteure principale, Jo Becker, a dernièrement retweeté Hillary Clinton (une campagne d’animation en sourire et en danse), le 3 mars. L’autre auteur, Eric Schmitt, a déjà écrit dans le New York Times, d’autres rapports d’enquête robustes, par exemple, que M. Assange est un « clochard » avec des « chaussettes sales » qui « puent ». Il est devenu correspondant du Pentagone en 1990.

Source: http://www.twitlonger.com/show/n_1sp2hsr et https://twitter.com/wikileaks/status/771329205594447872

Est-ce que cela va nous tuer ou nous rendre plus forts? Comment les médias européens ont couvert le Brexit

EJO, 28/07/2016

Les journaux européens ont été extrêmement négatifs à l’égard du vote de la Grande-Bretagne qui l’a conduit à quitter l’Union européenne, selon une étude de la presse dans 13 pays, dans la semaine qui a suivi le référendum. La plupart des articles présentés estiment que le Brexit est mauvais pour l’Union européenne, qu’il porterait atteinte aux intérêts de leur propre pays et serait aussi mauvais pour la Grande-Bretagne. Parmi les articles qui ont discuté la possibilité de suivre la Grande-Bretagne hors de l’Union européenne, la majorité ont conclu qu’il ne serait pas dans l’intérêt de leur pays de le faire.

Un thème relativement important est que le Brexit a souligné les problèmes au sein de l’UE. Cependant, la vision dans la majorité, à travers toutes les opinions politiques, est que celle-ci devrait être réformée plutôt que laissée en échec. La plupart ont également admis que l’UE serait plus difficile sans la Grande-Bretagne (81 articles, par rapport à 14). Un journal hongrois a soutenu que l’UE n’était qu’un « arrière-train » sans le Royaume-Uni. Un seul pays, la Russie, a eu plus d’articles positifs que négatifs sur le Brexit.

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Lire la suite: http://en.ejo.ch/latest-stories/will-kill-us-make-us-stronger-europes-media-covered-brexit

Julian Assange en vidéo-conférence à Cambridge Union évoque la liberté d’expression, la censure occidentale et le piratage de Sony

Julian Assange a commencé son intervention en parlant du journaliste australien Wilfred Burchett, « le premier correspondant étranger à être entré à Hiroshima après que la bombe atomique ait explosé, et il a attiré la controverse pour ses activités pendant les guerres de Corée et du Vietnam ». (Wikipedia)

Assange a évoqué différents aspects liés aux problèmes de liberté d’expression dans le monde, mais aussi de ceux qui se posent dans le monde occidental et l’impact d’Internet dans les communications globales.

On relèvera quelques-uns de ses commentaires sur la situation générale de la liberté d’expression qui vont dans un sens positif: « L’Internet signifie que le fait de publier est plus accessible qu’il ne l’a jamais été auparavant ». C’est ce qui a pu conduire aux nombreuses publications de WikiLeaks, selon Julian Assange et à la « plus belle période d’éducation politique qui soit jamais arrivée ». « Il n’y a aucune période de l’histoire où la propagation latérale de l’information à travers le monde – depuis des gens qui savent quelque chose vers des gens qui veulent savoir quelque chose – n’aura été aussi géniale ». « Si vous parlez de la population mondiale, il n’y a jamais eu une génération qui a été éduquée aussi rapidement en résultat de cela ».

Une partie de la censure a été marginalisée dans le schéma traditionnel que l’on connaissait, mais la plus grande liberté d’expression dans le monde actuel conduit à de nouveaux équilibres et à de nouveaux conflits au sein des classes sociales qui disent plus librement ce qu’elles pensent des élites au pouvoir.

Julian Assange a également évoqué des aspects plus négatifs: « ce nouvel âge d’or de la liberté d’expression revient maintenant en arrière, à cause de son succès, en permettant à autant de gens de parler. Cela a généré à l’intérieur de lui-même une pression pour refermer de nouveau la liberté d’expression à l’intérieur d’une bouteille et l’empêcher de causer tant d’irritations aux groupes qui contrôlent d’une manière ou d’une autre l’infrastructure sous laquelle nous communiquons ».

Julian Assange a également répondu à des questions sur l’impact des publications de WikiLeaks, le piratage de Sony et l’influence de cette société dans la sphère politique, et sur sa situation personnelle vis-à-vis de l’Australie, etc.

Qui croire? La crise de crédibilité des médias européens

en.ejo.ch, Michael Haller, 27 octobre 2015

Capture-newspaper-hat-300x214Permettez-moi de vous ramener au 3 Décembre 2013: Alan Rusbridger, rédacteur en chef du Guardian, témoigne devant le Comité des affaires intérieures de la Chambre des communes. Cela allait devenir un interrogatoire tendu de 78 minutes sur la décision de son journal de publier les documents top-secrets de la NSA fuités par le lanceur d’alerte Edward Snowden.

Rusbridger parlait d’une voix faible. Bien que confus à certains moments, son message était très clair: les journalistes du Guardian avaient scrupuleusement vérifié les documents confidentiels qu’ils avaient reçus de Snowden. Ils avaient noirci tous les noms dans les documents, et avaient demandé l’avis d’experts. Seulement après ces précautions, le journal a publié les histoires – pas contre la démocratie, mais pour la promouvoir. Dans un pays démocratique, avec la liberté de la presse, les journalistes ont l’obligation de révéler de telles pratiques sinistres pour le bien de l’intérêt public, avait-il déclaré. Les interrogateurs du Comité n’ont présenté aucun contre-argument convaincant.

À cette époque, il y a deux ans, le Guardian a publié de nombreux rapports d’enquête. Cela a grandement bénéficié à la réputation du journal. Dans l’année des révélations d’Edward Snowden, la population britannique a considéré le Guardian comme « le journal le plus digne de confiance, le plus exact et le plus fiable au Royaume-Uni ».

Voilà pour les bonnes nouvelles. Les nouvelles pas-si-bonnes que ça sont que: même le Guardian est en train de perdre des lecteurs. Le journal ainsi que son site web fonctionnent à perte, et de plus en plus. Les réalisations des journalistes du Guardian ne sont possibles que parce que le propriétaire du journal – la Fondation Scott Trust – fait intervenir environ 50 millions £ pour soutenir ses faibles finances. Où est-ce que cela se produit ailleurs dans le monde?

Le journalisme en Europe de l’Ouest: une crise de crédibilité

En effet, l’image plus large du journalisme en Europe est plutôt sombre: le journalisme en Europe occidentale souffre d’une «crise de crédibilité». Dans cet article, je présente cinq thèses sur ce phénomène.

Thèse 1: Une baisse de la capacité de recherche

Thèse 2: Un manque de professionnalisme

Thèse 3: La course pour les revenus sur la publicité

Thèse 4: Trop d’opinion; Trop peu de faits

Thèse 5: Le contenu des informations est devenu «conventionnel»

Lire l’intégralité de l’article: http://en.ejo.ch/ethics-quality/who-to-believe-european-medias-credibility-crisis

Le gouvernement américain a marqué un journaliste éminent d’Al-Jazeera comme « membre d’Al-Qaïda »

Ahmad Muaffaq Zaidan_al_jazeera

The Intercept, le 8/05/2015, Par Cora Currier, Glenn Greenwald, and Andrew Fishman

Le gouvernement américain a marqué un éminent journaliste comme membre d’Al-Qaïda et l’a placé sur une liste de surveillance de terroristes présumés, selon un document top-secret qui détaille les efforts de renseignement pour suivre les courriers d’Al-Qaïda en analysant les métadonnées.

Le briefing décrit Ahmad Muaffaq Zaidan, chef du bureau d’Al Jazeera de longue date à Islamabad, comme membre du groupe terroriste. Ressortissant syrien, Zaidan a porté ses reportages au long de sa carrière sur les talibans et Al-Qaïda, et a mené plusieurs entretiens de haut niveau avec les principaux leaders d’Al-Qaïda, y compris Oussama ben Laden.

Un diaporama de Juin 2012 à partir d’une présentation PowerPoint de la Nationak Security Agency porte sa photo, son nom et un numéro d’identification de la liste de surveillance du terrorisme, et l’étiquette « membre d’Al-Qaïda », ainsi que des Frères musulmans. Il note également qu’il « travaille pour Al Jazeera. »

La présentation était parmi les documents fournis par le lanceur d’alerte de la NSA, Edward Snowden.

Dans un bref entretien téléphonique avec The Intercept, Zaidan a «absolument» nié être un membre d’Al-Qaïda ou des Frères musulmans. Dans une déclaration fournie par Al Jazeera, Zaidan a noté que sa carrière a couvert de nombreuses années de travail dangereux en Afghanistan et au Pakistan, et a exigé de faire des interviews de personnes clés dans la région – une partie normale du travail de tout journaliste.

Lire l’intégralité de l’article: https://firstlook.org/theintercept/2015/05/08/u-s-government-designated-prominent-al-jazeera-journalist-al-qaeda-member-put-watch-list/

Comment la télévision russe induit en erreur les téléspectateurs au sujet de l’Ukraine

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Par Stephen Ennis, 22 avril 2015

La couverture par la télévision russe des combats dans et autour du village de Shyrokyne à l’est de l’Ukraine apporte une étude de cas utile de certaines des tactiques que celle-ci utilise pour tromper les téléspectateurs sur le conflit. […]

1. Des photos trompeuses

Au cours de la dernière semaine, la télévision russe a avancé l’idée que le cessez-le feu autour de Shyrokyne a été violé par les seules forces ukrainiennes, en particulier par le bataillon de volontaires d’Azov. En fait, comme les rapports de la mission d’observation de l’OSCE le montrent clairement, les deux parties ont rompu la trêve précaire.

2. Des récits faux

Tout en blâmant les forces ukrainiennes pour les violations du cessez-le-feu à Shyrokyne, la télévision russe d’Etat les a également accusés de cibler délibérément des civils. […]

civils en ukraine_rossiya1Les images d’habitant de Shyrokyne sont présentées de manières différentes sur différentes chaînes

3. Déformation et suppression

Immédiatement après l’extrait vidéo du tir de mortier, le rapport de Bilibov a montré une femme âgée, l’une des quelques dizaines de civils toujours restants à Shyrokyne. « Est-ce qu’ils vous tirent dessus? » a demandé Bilibov. La femme lui a répondu en pleurant comment elle a été forcée de se réfugier dans une cave face aux combats. […]

Source: http://www.bbc.co.uk/monitoring/how-russian-tv-misleads-viewers-about-ukraine

Non, David [Cameron], vous n’êtes pas Charlie!

Le jour où le Guardian a dû détruire des ordinateurs contenant les documents Snowden, sous la pression du gouvernement britannique

Par Paul Bernal, 12 janvier 2015

Avec tant d’autres dirigeants du monde, David Cameron a fait un grand point de montrer sa solidarité avec les Français face aux atrocités de Charlie Hebdo, prétendant défendre la liberté d’expression – mais toute personne qui a suivi ou étudié la façon dont son gouvernement traite la presse et même la liberté d’expression sait généralement qu’il est loin d’être un champion de la liberté d’expression.

En effet, plutôt que de défendre la liberté d’expression, le gouvernement Cameron a été activement hostile. Le sien est un gouvernement qui a envoyé des agents au bureau d’un journal national pour les forcer à détruire des ordinateurs – un acte qui pourrait difficilement être interprété autrement que comme de l’intimidation brutale. C’est un gouvernement sous les auspices duquel la police a secrètement surveillé les communications entre les journalistes et leurs sources.

Lire la suite: https://paulbernal.wordpress.com/2015/01/12/non-david-vous-netes-pas-charlie/

« Soyez votre propre média, soyez votre propre service secret »

la propagande en couleursIllustration: la propagande en couleurs, autrement dit une manière simple de comprendre comment nos esprits sont manipulés par les médias

« Soyez votre propre média, soyez votre propre service secret »

Ceci pourrait être la nouvelle devise de citoyens qui ont décidé de libérer leur esprit de toute forme de propagande médiatique, de ceux surtout qui veulent sortir de l’opposition entre point de vue pro-occidental (ou pro-américain) et point de vue des pays non-occidentaux. En Europe, nous sommes dans une logique occidentale, mais sans nous en rendre compte, beaucoup des points de vue de nos médias sont calqués sur les Etats-Unis. Trop de gens croient aux médias, et même ceux qui militent et pensent être indépendants dans leur esprit sont aussi influencés par la propagande médiatique occidentale. Exemple: la Palestine qui reste encore aujourd’hui un sujet problématique en Occident à cause du soutien américain à Israël, d’autres sujets aussi comme la prison de Guantanamo, les révélations Wikileaks, la cyber-surveillance, la place des lanceurs d’alerte dans nos sociétés modernes, et le 11 septembre, sont également des sujets peu débattus en Europe.

Dans le cas de la NSA, par exemple, il y a un débat sur l’espionnage américain, mais parallèlement il y a peu d’informations sur l’implication du gouvernement français dans ce partenariat américain. De la même manière, il n’y a quasiment aucun gouvernement européen (sinon aucun) qui a remis en cause la version officielle des attentats du 11 septembre, alors que de nombreux américains dénoncent une enquête insuffisante. Nous avons la liberté d’expression en Europe, mais certains sujets restent malgré tout trop peu analysés dans nos pays, sans que ce soit pour autant une censure officielle.

Dans cette logique, les blogs sont parfois des moyens d’information très utiles qui peuvent soulever des questions qui n’ont pas été évoquées par les grands médias. Si vous pensez qu’il n’y a pas d’informations utiles sur un sujet que vous maîtrisez, créez un blog et prenez la parole, ce sera le meilleur moyen de rompre le silence! Vous pourrez ainsi écrire sans aucune pression politique et au rythme que vous voulez.

C’est pourquoi nous disons: « Soyez votre propre média, soyez votre propre service secret », parce qu’il faut apprendre à exiger toujours plus d’informations, toujours plus de vérité. Parce qu’il ne faut pas avoir peur de critiquer. Parce qu’il faut apprendre aussi à collecter toutes ces informations qui nous bombardent à la télévision ou sur Internet, apprendre à les classer, à différencier les rumeurs par rapport aux vérités, savoir aussi se poser des questions sur d’éventuelles manipulations médiatiques qui sont là pour provoquer un débat ou détourner l’attention des citoyens face à un sujet plus préoccupant.

Finalement, le citoyen doit parfois faire comme la NSA face à l’information médiatique: il doit tout analyser, stocker dans sa tête pendant des mois, voire des années, s’il est un vrai passionné d’actualité et s’il veut arriver à une vision logique et raisonnable du monde moderne. Au bout de plusieurs années, ce citoyen qui n’aura fait confiance qu’à sa propre intelligence, qui aura parfois eu le courage d’écrire de lui-même des articles, sera sans doute plus objectif que n’importe quel journaliste qui aura seulement passé son temps à obéir à sa rédaction en rédigeant les sujets qu’on lui aura imposés.

Peu importe le sujet ou l’orientation politique: il faut comparer l’information sur beaucoup de sites internet et comparer les idées de différents mouvements politiques, pour arriver à une idée cohérente où nous pouvons discerner les intérêts d’un Etat qui produit de la propagande face à sa population. Il faut être suffisamment ouvert d’esprit pour comparer des informations très différentes et se faire sa propre version de la vérité. Il faut aussi savoir être suffisamment courageux pour avoir des idées différentes face au plus grand nombre et ne pas se laisser intimider par les réactions parfois négatives des personnes qui nous entourent. Si vous soutenez la Russie, dites-le, personne ne vous censurera en Occident, de toute manière les Américains vous auraient mis sur écoute pour moins que ça. Si vous pensez que la Corée du Nord mérite plus d’attention et de respect de la part de la communauté internationale, si vous soutenez la paix en Corée, dites-le aussi. Il n’y a pas de mal à partager ses idées, surtout quand elles sont pacifiques, et vous trouverez certainement des individus qui seront d’accord avec vous.

Il ne faut pas avoir peur de la controverse et d’aller contre les idées du plus grand nombre. De la même manière, notre blog qui soutient Wikileaks – et qui continue à soutenir sa lutte pour la transparence politique – n’a pas hésité à analyser toutes sortes d’informations pour montrer que cette organisation n’a pas forcément expliqué ses vrais liens avec les gouvernements occidentaux ou, du moins, avec certains services secrets américains, comme le FBI (avec Sabu), et d’anciens employés de la NSA ou de la CIA. Parce que le devoir d’information exige que l’on soit critique, même face aux organisations que l’on soutient et même si l’on admire ces personnes. C’est à ce prix-là qu’il y aura de plus en plus de liberté d’expression dans le monde.

Il faut aussi savoir rester critique face aux médias indépendants, qui parfois peuvent avoir été créés ou manipulés par des services secrets afin de collecter des informations sur certains sujets, dans le but de manipuler l’opinion ou pour infiltrer des réseaux militants. C’est pourquoi même l’information indépendante doit rester dans votre esprit une information susceptible de contenir autant de propagande que ce que vous voyez à la télévision.

Le mieux est qu’un citoyen compare et collecte son information comme s’il était à lui-même son propre service secret, là où sa réflexion et sa pensée seront toujours indépendantes de toute manipulation et à l’abri de toute forme de propagande, que cette propagande vienne à l’origine d’un Etat, d’un parti politique ou d’une organisation militante. C’est en développant ces capacités d’analyse que vous serez en mesure de faire les meilleurs choix dans votre engagement politique et de défendre les idées qui vous correspondent le plus.

Soyez votre propre média, soyez votre propre service secret. La vérité est à portée de tout le monde. Le lavage de cerveau accompli par les médias n’est pas une fatalité. Sachez réagir!

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CC BY-SA

Image CC BY-SA créée par l’auteur de l’article

WikiLeaks: Russia Today publie l’intégralité du documentaire MEDIASTAN

Documentaire Mediastan

Qu’auraient en commun un ancien détenu de Guantanamo, un journaliste dans un petit journal d’Asie centrale et un éditeur d’une grande publication occidentale? Ils obtiennent des documents de Wikileaks sur la politique de la région, mais que vont-ils faire avec?

En savoir plus: http://rt.com/news/mediastan-wikileaks-asia-release-505/
et http://wikileaks.org/Watch-MEDIASTAN.html