La Russie sur le point d’interdire une ONG financée par le Congrès américain, la National Endowment for Democracy

La National Endowment for Democracy étiquetée d’«indésirable» en vertu d’une nouvelle loi

RT, le 28 juillet 2015

Les procureurs ont reconnu les activités de la NED [National Endowment for Democracy] en Russie comme indésirables et portant atteinte à la sécurité nationale, après que l’ONG américaine ait dépensé des millions dans des tentatives de remettre en question la légitimité des élections russes et de ternir le prestige du service militaire.

Selon le communiqué publié sur le site du Bureau du Procureur général, le chef de l’agence Vladimir Malinovsky a signé mardi la décision de reconnaître comme indésirables sur le territoire de la Fédération de Russie toutes les activités de l’organisation non gouvernementale étrangère de la National Endowment for Democracy. Le même jour, cette décision a été transmise au ministère de la Justice qui doit désormais inclure la NED dans la liste des organisations étrangères indésirables. […]

La National Endowment for Democracy, fondée en 1983 à l’initiative de Ronald Reagan, est sponsorisée par le Congrès américain et voit sa tâche principale dans l’aide aux institutions démocratiques partout dans le monde. Le Ministère de la Justice russe a reconnu plus tôt cette organisation comme étant le fournisseur le plus actif de diverses subventions en politique et dans les sphères liées à la politique, telles que la sociologie ou la recherche politique.

Lire la suite: https://www.rt.com/politics/310958-us-national-endowment-for-democracy/

Voir le communiqué de la NED: http://www.ned.org/national-endowment-for-democracy-statement-on-russian-undesirable-organizations/

Scandale d’espionnage en Pologne sur fond de crise ukrainienne

« On a fait une pipe aux Américains »: le chef de la diplomatie polonaise, Radosław Sikorski

Depuis le 15 juin 2014, comme le révèle Le Monde, un scandale d’écoutes bouleverse le gouvernement polonais, dont plusieurs ministres et le gouverneur de la Banque de Pologne. Les enregistrements sont divulgués par l’hebdomadaire polonais Wprost et mis en ligne dans des vidéos sur le compte du journal. Mais la phrase qui agite le plus les médias est celle qui a été prononcée par l’actuel ministre polonais des Affaires étrangères, Radosław Sikorski, qui remet en cause l’alliance américano-polonaise.

Comme le rapporte Slate, dans son article du 23 juin:

«L’alliance américano-polonaise ne vaut rien. Elle est même nuisible, car elle crée un faux sentiment de sécurité. On va entrer en conflit avec les Allemands et les Russes, et on va penser tout va bien parce qu’on a taillé une pipe aux Américains. Des pigeons, on est vraiment des pigeons.»

Les médias russes se sont emparés de l’affaire d’espionnage et citent continuellement Sikorski, qui est devenu une sorte de « héros des médias en Russie », quand il s’agit de propagande anti-américaine, comme dans cet extrait de la Revue militaire cité par le média polonais RMF24:

Nouveauté du jour. Le Ministre polonais des Affaires étrangères Sikorski, oui le même Sikorski qui aime citer Brzezinski et faire peur à la Russie avec les forces de l’OTAN et se positionner contre le fait que le Kremlin puisse acquérir des Mistrals français (soutenant la ligne de la Maison Blanche) – s’avère un grand ennemi de cette même Maison Blanche – rapporte la Revue Militaire [ВОЕННОЕ ОБОЗРЕНИЕ, article du 23 juin 2014]. L’article qui se moque de Sikorski et s’intitule « La merde, la pipe et les pigeons » contient des citations pleines de vulgarité tirées de la conversation entendue du ministre avec [Jacek] Rostowski. (RMF24)

Si l’origine de ces écoutes semble inconnue, on peut malgré tout se demander si — en pleine crise ukrainienne — la fuite de ces enregistrements n’a pas été calculée d’avance et si elle n’a pas pour vocation de lancer un débat politique sur les liens de la Pologne, et plus largement ceux de l’Union Européenne, avec les Etats-Unis. En effet, les extraits — qui sont bien choisis et pertinents — auraient très bien pu être sélectionnés, prémédités par des personnes issues du gouvernement polonais ou d’un autre gouvernement, en vue de conduire à une nouvelle situation politique en Pologne. La Pologne est dans une situation délicate, puisqu’elle doit à la fois resituer sa position vis-à-vis des Etats-Unis qui pratiquent l’espionnage illégal sur les citoyens européens (dont les citoyens polonais), et elle doit aussi s’affirmer face à la Russie dans la crise ukrainienne.

Si certains pensent en Pologne que ces fuites d’enregistrements sonores pourraient provenir d’un gouvernement étranger, comme l’évoque le Washington Post, et en particulier des services secrets russes — « Des médias et des hommes politiques ont suggéré que l’enregistrement secret pourrait avoir été effectué par les services spéciaux russes, afin de déstabiliser la Pologne sur fond de crise russo-ukrainienne » (Le Monde, 19 juin 2014) —, on peut tout aussi bien penser qu’au contraire des personnalités politiques polonaises pourraient tout autant être impliquées dans ces fuites, car comme dans tout pays, il y a aussi des éléments de l’opposition qui sont insatisfaits de la politique actuelle en Pologne et qui souhaitent changer de gouvernement.

Et n’oublions pas que, dans un monde sur écoutes, — où les services secrets ont des capacités d’espionnage presque sans limites, où les agences de renseignement collaborent entre elles et partagent des milliers d’informations chaque jour, où certains responsables politiques sont constamment surveillés au nom de leur sécurité personnelle — quoi de plus facile que d’espionner les conversations d’un ministre et de divulguer à la presse ces enregistrements? Tout cela semblerait un jeu d’enfants pour des services secrets, même la NSA aurait pu être à l’origine de ce scandale d’écoutes en Pologne.

 

 

Poutine: Snowden bloqué en Russie par la faute des USA

15 juillet – RIA Novosti

Les Etats-Unis ont bloqué l’ex-agent de la CIA Edward Snowden en Russie, a déclaré lundi le président russe Vladimir Poutine, précisant que Moscou n’était pas le lieu de sa destination et qu’il devait seulement y passer en transit.

« Il est arrivé sur notre territoire sans invitation. Ce n’est pas chez nous qu’il voulait se rendre, mais dans d’autres pays. Or, dès que son avion a décollé et que nos partenaires américains l’ont appris, ils ont bloqué tous ses déplacements ultérieurs », a indiqué M. Poutine lors d’une rencontre avec des étudiants dans les environs de Saint-Pétersbourg.

« Ils [les Etats-Unis] ont intimidé tous les autres pays, si bien que personne ne veut l’accueillir. En fait, ils l’ont bloqué sur notre territoire », a conclu M. Poutine.

L’informaticien Edward Snowden, recherché par Washington pour avoir divulgué des renseignements secrets sur l’espionnage électronique américain, est coincé depuis plus de deux semaines dans la zone de transit de l’aéroport Cheremetievo de Moscou. Son passeport américain étant annulé, il fait l’objet de trois chefs d’accusation, chacun pouvant lui coûter jusqu’à 10 ans de prison. Il est notamment inculpé de transfert illégal d’informations relevant de la sécurité nationale, de transfert prémédité de renseignements secrets et de détournement de patrimoine public.

Aucun pays européen ne veut laisser ce « lanceur d’alerte » passer par son territoire. Début juillet, la France, l’Italie, l’Espagne et le Portugal ont même fermé leur espace aérien à l’avion du président bolivien Evo Morales, soupçonnant la présence d’Edward Snowden à bord de l’appareil. L’avion a été obligé d’atterrir d’urgence à Vienne (Autriche) où il a été fouillé.

Source: http://fr.rian.ru/world/20130715/198780276.html

Affaire Snowden: la France aphone, par Eva Joly

EDWARD-SNOWDEN

Eva Joly,
Députée européenne EELV,
ancienne candidate à la présidentielle de 2012

Publication: 15/07/2013 06h29

Alors que Edward Snowden vient de demander l’asile à la Russie de Vladimir Poutine, il convient de rappeler que l’aspect feuilletonesque des tribulations du lanceur d’alerte ne doit pas nous faire oublier l’essentiel: nous ne sommes pas dans une fiction, et cette affaire jette une lumière crue sur la réalité des relations internationales et sur le rang qu’y tient la France.

Notre vieille nation aime à croire qu’elle est une grande nation; influente sur le cours du monde parce qu’écoutée dans le concert des nations. Plaident pêle-mêle pour cette thèse notre Histoire, le rôle central que nous jouons dans la construction européenne, notre statut de membre du conseil de sécurité à l’Onu, notre rang économique, la place particulière que nous occupons sur le continent africain, la capacité de résistance que l’on prête volontiers à nos dirigeants et la réputation d’être le pays des droits de l’Homme.

A rebours de cette vision par trop optimiste, nombre d’esprits préfèrent entonner l’éternel refrain du déclin de la France. Rien ne me porte à rejoindre leurs rangs, car je connais la vitalité démocratique de notre pays, et ce, d’autant plus que parcourant le monde, je sais quels espoirs le simple mot de France peut susciter partout sur la planète. Mais je dois constater avec tristesse que la manière dont l’actuel gouvernement a agi dans sa gestion de l’affaire Snowden illustre une forme de renoncement à tenir notre rang qui ne présage rien de bon.

Je rentre du Brésil: le récent comportement du gouvernement français y a suscité doutes, interrogations, inquiétudes et déception. Comment expliquer que nous ayons pu interdire à Evo Morales de survoler notre territoire au motif, au demeurant erroné, que l’avion présidentiel aurait pu transporter Edward Snowden? Cette décision constitue une triple faute.

En premier lieu, elle est signe de faiblesse. Nous venons de donner l’impression que la France est devenue l’auxiliaire de police du gouvernement des Etats-Unis, et que celui-ci peut à sa guise nous dicter notre conduite. Rappelons quand même que nous venons de découvrir que la France faisait partie des pays espionnés par les Etats-Unis. De manière hallucinante, notre réponse ne fut pas de trouver une réponse à la hauteur du problème ni même de seulement tendre l’autre joue: elle fut de céder complaisamment aux demandes impérieuses d’un Etat qui n’était pourtant pas en situation d’exiger de nous une telle chose, au regard de son comportement inamical. Ce réflexe de soumission est dévastateur.

En second lieu, il s’agit d’une faute stratégique: pour faire plaisir à Barack Obama, nous venons d’envoyer un bien mauvais signal à l’Amérique latine. Nous fâcher avec les pays d’Amérique latine en humiliant inutilement le président bolivien est une erreur majeure. Quelle méconnaissance de notre histoire ! Alors que dans les années 70, la France fut terre d’accueil pour nombre de réfugiés politiques chiliens, argentins ou uruguayens, nous voilà aujourd’hui aidant à la traque d’un homme dont le seul crime, jusqu’à ce qu’on nous apporte la preuve du contraire, est d’avoir dénoncé des actes scandaleux de la part de son gouvernement. Pensons-nous que l’Amérique latine a oublié le tristement célèbre plan Condor et est disposée à accepter que nous nous fassions dicter notre politique par les Etats-Unis quand il s’agit d’agir pour les droits de l’Homme? Je gage que notre image est durablement écornée par le mauvais road-trip aérien que nous avons imposé au président d’une nation dont la dignité vaut bien celle des Etats-Unis d’Amérique.

En dernier lieu, je considère qu’il était moralement infondé d’agir de la sorte. Loin de participer à une chasse à l’homme, la protection des lanceurs d’alerte devrait au contraire être un objectif naturel d’un pays tel que le nôtre. Nous aurions dû offrir l’asile politique à Snowden au lieu de concourir, même de manière indirecte, à le pourchasser. Je crois à un monde multipolaire, et je milite pour un rééquilibrage des relations internationales. Les Etats-Unis sont nos alliés. En aucun cas nous ne devons admettre de devenir leurs vassaux. Entre les coups de menton cocardiers de l’ère Sarkozy et la génuflexion contrite du président Hollande, il existe une autre voie, qui est celle d’une France offensive dans la défense de ses valeurs et réaliste dans la défense de ses intérêts. Les choses sont parfois plus simples qu’on ne le croit. Quand on hésite sur le chemin à suivre, souvenons-nous que le courage peut servir de boussole. Sur la scène internationale, le premier acte de l’existence, c’est la résistance. Dans l’affaire Snowden, la France doit quitter les rivages du silence embarrassé, et faire enfin entendre sa voix. C’est une question de valeurs autant que de géopolitique.

Source: http://www.huffingtonpost.fr/eva-joly/affaire-snowden-la-france-aphone_b_3595768.html?utm_hp_ref=international

Lire aussi: « EELV demande à François Hollande d’accorder l’asile politique à Edward Snowden »
http://eelv.fr/2013/07/01/eelv-demande-a-francois-hollande-daccorder-lasile-politique-a-edward-snowden/

Wikileaks: Julian Assange, un an à l’ambassade d’Equateur et peu d’espoir immédiat d’en sortir


De Denis HIAULT (AFP)

LONDRES — « Nous avons gagné la guerre », assure crânement Julian Assange, le fondateur de WikiLeaks reclus depuis un an entre les quatre murs de la modeste ambassade d’Equateur à Londres. Sans illusions sur ses chances de quitter de sitôt cette prison diplomatique.

« On représentait un petit site radical, déterminé à publier la vérité sur la guerre, sur les services de renseignement et sur la corruption à grande échelle, en s’attaquant de front au Pentagone, au département d’Etat… Nos chances de l’emporter? Elles étaient a priori nulles. Mais nous avons gagné », insiste dans un entretien à l’AFP l’Australien de 41 ans, qui se voit en David face au tout puissant Goliath américain.

Bête noire de Washington pour avoir diffusé des centaines de milliers de documents secrets diplomatiques et militaires, il évoque dans un filet de voix son arrestation à Londres, le 7 décembre 2010.

« J’ai passé 10 jours en cellule d’isolement et 590 jours en résidence surveillée », dit-il. Le temps de mener et de perdre une bataille contre son extradition vers la Suède, afin d’y répondre de deux agressions sexuelles présumées, qu’il nie.

Au marathon judiciaire a succédé l’imbroglio diplomatique.

Le 19 juin 2013, cela fera exactement 365 jours que l’ancien hacker reconverti en cyberguerrier de l’information a franchi le seuil de l’ambassade équatorienne en briques ocres, à deux pas du grand magasin de luxe Harrods, pour y demander l’asile politique.

Un bobby aux épaules de catcheur monte la garde dans le vestibule, à côté de la porte blindée donnant accès aux locaux diplomatiques, au rez-de-chaussée. D’autres policiers battent la semelle nuit et jour, sous le balcon où le réfugié a fait sa dernière apparition publique, à Noël.

Julian Assange est prévenu. S’il met un pied dehors, il sera arrêté et extradé en Suède.

Ce qu’il redoute le plus, c’est la suite: un éventuel transfert aux États-Unis, et un procès pour trahison. Car il en est convaincu, les États-Unis sous la présidence de Barack Obama (« un loup déguisé en agneau ») « veulent se venger ».

Le militant à la tignasse blonde évoque la poursuite de son combat, calé dans un fauteuil jaune d’or. Il est pâlichon, mal rasé. Curieusement, il a mis une veste, une cravate, mais se présente en chaussettes.

A quoi bon des chaussures quand on est confiné à quelques dizaines de m2 parquetés? Assange sourit, rétorque « je suis à la maison ici », avant d’évoquer une habitude prise sur les plages australiennes.

Derrière lui, la bibliothèque abrite des ouvrages disparates. Un recueil du poète uruguayen Emilio Oribe. Un traité sur la géographie et la géologie de l’Equateur. Les trois perroquets du tableau criard accroché au mur ne suffisent pas à égayer le salon étriqué où il reçoit. A proximité de la chambre ou il vit comme dans une « capsule spatiale » équipée d’une lampe à bronzer et d’un tapis de course.

Isolement

« Il y a pire sort que le mien », explique-t-il. De l’autre côté de l’Atlantique, le soldat Bradley Manning, ex-analyste du renseignement en Irak, comparaît en cour martiale pour avoir été à l’origine de « la fuite du siècle » sur WikiLeaks.

« Ce qui est en jeu, c’est l’avenir de la liberté de la presse aux Etats-Unis et partout dans le monde », assure Assange. Qui plus est, ce « procès spectacle » est aussi le sien propre, in abstentia, pour complicité.

Néanmoins, il se réjouit que d’autres « héros » aient pris le relais. Comme Edward Snowden, l’ex-employé de la CIA qui a révélé « à quel point les Etats-Unis sont devenus un état de surveillance de masse insidieux ».

Le réfugié dit également puiser du réconfort dans le fait que WikiLeaks –« plus fort aujourd’hui qu’il y a deux ans »– poursuit ses révélations, a survécu à un embargo bancaire, et bénéficierait d’un regain de soutien aux Etats-Unis, en Grande-Bretagne et « dans tout le continent latino-américain ».

En Australie, 25 à 28% des électeurs, selon des sondages, seraient prêts à l’élire au Sénat, et a renforcer du même coup « sa légitimité politique ».

Intarissable sur sa croisade, il est moins disert sur son moral et son isolement.

Un noyau d’inconditionnels l’entoure, comme ce Guatémaltèque arborant un T-shirt imprimé à l’effigie de Martin Luther King, Mandela, Gandhi, Einstein et Assange.

Des personnalités hétéroclites ont défilé au début « du siège »: la styliste Vivienne Westwood, Lady Gaga, le réalisateur américain Oliver Stone ou le représentant de la gauche radicale française Jean-Luc Mélenchon.

Mais il s’est brouillé avec nombre de ses partisans. Longtemps solidaire, Jemima Khan, fille du milliardaire James Goldsmith, redoute qu’il se transforme en gourou « exigeant de ses adeptes une dévotion sectaire et aveugle ».

Dimanche, Julian Assange attendait la visite du chef de la diplomatie équatorienne Ricardo Patino. D’évidence, il n’escompte pas de percée diplomatique. Pas de sauf-conduit miracle.

Le dénouement se heurte « à un problème de prestige pour les Etats-Unis, la Grande-Bretagne, la Suède », observe-t-il.

Ou serai-je dans un an? « En Australie j’espère. Ou en Equateur. Ou à parcourir le monde ».

« Vous me demandez comment je surmonte les difficultés inhérentes à l’enfermement? Mon esprit n’est pas enfermé ».

Source: http://www.google.com/hostednews/afp/article/ALeqM5hOkurmcS29BhXiJ3nH4JQFkiPpbw?docId=CNG.a5d367a29472bb2402681f16b3415b5e.e1

Câbles Kissinger: La psychologie politique de Kadhafi en Libye, selon un document de 1973

Mouammar Kadhafi (1986)

Dans un câble diplomatique secret n°1973TRIPOL00512_b, datant du 23 avril 1973, les diplomates américains dressent un portrait de Kadhafi.

Quelques jours avant cette date, le 16 avril 1973, à Zouara, Kadhafi annonce dans un discours un plan pour mettre en place une Révolution Populaire en Libye, autrement dit une révolution culturelle, et dans les étapes de cette révolution, l’un des points consiste notamment à se libérer des influences étrangères.

Il demande ainsi au peuple libyen de « brûler les livres qui contiennent des idées importées de la réaction capitaliste ou du communisme juif », et que « La seule idéologie qui sera autorisée sera celle émanant du Livre de Dieu, le Coran. ».

Ce discours est sans doute la raison de l’analyse psychologique à laquelle se livrent les diplomates américains, inquiétés par l’annonce d’un changement politique en Libye. Ils essaient donc de comprendre la personnalité de Kadhafi et si cela peut représenter un danger pour leurs intérêts politiques au Moyen-Orient.

Voici la traduction de ce document dans son intégralité.

LA PSYCHOLOGIE POLITIQUE DE KADHAFI EN LIBYE

Date: 23 avril 1973, 8h32
(lundi)
ID: 1973TRIPOL00512_b
Classification d’origine: SECRET
Classification actuelle: DECLASSIFIE

Résumé:

On nous a fréquemment posé la question dans le passé, de savoir si le président du RCC [Conseil de Commandement de la Révolution], Mouammar Al-Kadhafi, était tout à fait sain d’esprit. La réponse de base que nous avons donné est « oui », bien qu’il doive être jugé selon ses propres standards, sa vision de l’Islam, etc. Nous nous demandons désormais, plus qu’à moitié sérieux, si cette réponse doit être révisée. Ses perceptions exprimées en public sont souvent réalistes, et souvent dans un sens dévastateur, mais sa posture devient de plus en plus incompatible avec les réalités politiques à la fois en Libye et dans le monde arabe. Fin du résumé.

Révolution Populaire en Libye

1. La psychologie anormale n’est pas notre fort, mais comme le sujet est d’une certaine importance, nous avons noté ce qui suit: plus que jamais, Kadhafi prétend être profondément frustré. Il reconnaît en public que tous les autres Etats Arabes ont rejeté le « Plan de Bataille Unifiée » pour l’extinction d’Israël qu’il leur a demandé pendant trois ans d’accepter, et qu’au lieu de cela, chaque Etat Arabe sauve la LAR [Ligue des Républiques Arabes] poursuit un objectif séparé, limité et « régional », acceptant au moins tacitement l’existence d’Israël. Il a aussi établi en public que son régime et sa créature l’ASU [Union Socialiste Arabe] ont perdu leur zèle révolutionnaire, dans la mesure où la bureaucratie et l’ASU sont maintenant tous deux soumis aux initiatives de comités populaires invités à les compléter, ou même à les remplacer sur des niveaux locaux. En attendant, il sous-entend que la fusion avec l’Egypte est une question de vie ou de mort, exécutoire au risque de la guerre civile, et que la purification de son régime doit être accomplie par l’écrasement de toute opposition, ou il quittera la scène.

2. Il y a à la fois de la réalité et de l’illusion dans ces perceptions et ces postures. Bien sûr, chaque Etat Arabe poursuit ses propres intérêts, et le peuple libyen a peu d’appétit que ce soit pour la révolution sociale ou pour l’union avec l’Egypte. Ils sont pour la plupart toujours aussi conservateurs, plus renfermés et xénophobes que jamais. Donc les perceptions de Kadhafi de ses problèmes fondamentaux sont en majeure partie réalistes. Les illusions interviennent quand il déclare en effet qu’il a échoué, à la fois en internet et en externe, et que par conséquent il doit redoubler ses efforts dans les deux directions ou bien partir. A vrai dire, Kadhafi a eu beaucoup de succès selon ses propres standards. Il a placé la Libye sur la carte, politiquement, militairement et économiquement; l’a libéré de plusieurs influences étrangères; a forgé des alliances et envahi les souverainetés d’autres nations, dans des manières difficilement concevables il y a trois ans; et a apporté des changements d’envergure dans l’économie libyenne, remarquables par des standards ordinaires. S’il était un homme ordinaire, il ne menacerait pas de partir pour un manque de progrès, mais douterait de professer une satisfaction considérable dans ses réalisations.

3. Le fait est que nous pensons, que Kadhafi n’est pas un homme ordinaire ou susceptible d’auto-satisfaction. Pendant longtemps, nous lui avons donné le bénéfice du doute sur ce fond: peut-être était-il « fou comme un renard » — pour être sûr d’exprimer des idéaux chimériques, toujours hors de portée, mais cherchant seulement en secret cette part qu’il demandait à être réalisable. Cela était particulièrement plausible car il semblait partager le pouvoir authentiquement avec les autres membres du RCC [Conseil de Commandement de la Révolution], dont aucun ne semblait particulièrement messianique. Cependant, il est de plus en plus apparu que, même collectivement, les autres membres du RCC [Conseil de Commandement de la Révolution] sont incapables d’imposer plus qu’un frein temporaire sur les accès de Kadhafi. Le dossier veut qu’il mène en bateau, mystifie et induit constamment en erreur.

4. Le projet comme révélé en mars 1972, octobre 1972, et maintenant avril 1973, et aucun doute qu’il a été joué en privé à beaucoup d’autres occasions, est le suivant: Kadhafi veut quelque chose qui soit au-dessus de ce que les autres membres du RCC [Conseil de Commandement de la Révolution] pensent être intelligent ou désirable. Quand il ne parvient pas à obtenir un consensus, il se retire du groupe, en colère, et disparaît peut-être dans le désert. Ses collègues « le dissuadent surtout » de partir, une réaction à laquelle il peut tout à fait s’attendre. Il retourne alors dans l’enclos et annonce au monde qu’une nouvelle ère, faite d’idéaux élevés et d’une nouvelle activité, a commencé. Cela doit commencer au niveau populaire, et toute opposition doit être écrasée — ou il va partir, comme il a menacé de le faire.

5. Tout ceci est une bonne tactique, aussi longtemps que ça fonctionne. Mais cela est-il juste une tactique? Nous ne le pensons plus désormais, ni ne le pensent vraisemblablement ses collègues du RCC [Conseil de Commandement de la Révolution]. Quelle que soit leur interprétation, laquelle est sans doute qu’ils ont un leader étrangement clairvoyant et efficace, nous pensons qu’il perd de plus en plus son emprise sur la réalité — pas autant dans ses perceptions que dans ses postures. Autorisant le succès de cette posture selon ses propres standards, il s’est désormais engagé à rien de moins que de liquider la personnalité libyenne au prix de l’ordre public. Cet appel pour l’ultime sacrifice de soi, en substance aussi bien que dans la forme, ne semble guère réaliste. Il y a beaucoup de choses au sujet du régime de Kadhafi que le libyen ordinaire peut et doit accepter, d’autant qu’il n’existe pas d’apparente alternative. Mais nous croyons que la plupart des Libyens n’accepteront pas en fin de compte A) d’être repris par les Egyptiens ou par quelques étrangers que ce soient, ou B) de perdre leur prospérité relativement et raisonnablement récente pour le bien de l’idéal suicidaire de « l’Unité Arabe » qui le menace apparemment. A ce jour, toutefois, l’écrasement est seulement dans le futur.

6. Qu’en est-il du futur, dans ce cas? Théoriquement, Kadhafi pourrait quitter la scène comme il le menace. Le manque de travail effectif des nouveaux comités populaires désormais formés pourrait être la cause réelle et invoquée. En fait, il est très improbable que le peuple libyen veuille mesurer son courage aux convictions de Kadhafi. Mais ce genre de défaillance du peuple n’est pas vraiment susceptible de faire renoncer Kadhafi; il a été cruellement déçu par eux avant, mais il les a toujours appelé à suivre un nouveau but. Il est plus vraisemblable que nous voyons plus des mêmes dynamiques entre le peuple, Kadhafi et le RCC [Conseil de Commandement de la Révolution]. (Nous supposons que l’armée, la bureaucratie et l’ASU [Union Socialiste Arabe] resteront basiquement inchangés.)

7. Cependant, avec le RCC [Conseil de Commandement de la Révolution], plus de cette même chose signifie plus de pouvoir pour Kadhafi. Cela a été le résultat de toutes ses crises précédentes avec lui. La collégialité va-t-elle s’effondrer? Elle est déjà bien érodée, un point que nous avons formulé dans notre dernier rapport d’évaluation, mais un peu plus de cette collégialité pourrait encore disparaître. Très prochainement, probablement en relation avec l’union formelle avec l’Egypte, à échéance du 1er septembre, le RCC [Conseil de Commandement de la Révolution] cessera virtuellement d’exister en tant que tel. Quand cela arrivera, cela ne devra pas être considéré comme stupéfiant. Cela sera, en fait, une ratification de ce qui s’est produit — une sorte de coup de grâce à une institution improbable, mais anciennement de poids, qui a gardé Kadhafi, et le pays, relativement en équilibre. Oui, ils pourraient devenir plus instables — comme nous commençons à le voir.

Josif

Source: http://www.wikileaks.org/plusd/cables/1973TRIPOL00512_b.html

Public Library of US Diplomacy: http://www.wikileaks.org/plusd/

Les derniers câbles Kissinger témoignent de l’opinion US vis-à-vis de l’Irlande

Par Eanna Ó Caollaí, le 8 avril 2013

Le site web lanceur d’alertes vient de publier plus de 1,7 million d’archives diplomatiques datées entre 1973 et 1976.

D’après le dernier lot de câbles diplomatiques publiés par WikiLeaks, en 1973, les Etats-Unis étaient inquiets du fait que l’Irlande pourrait devenir l’un des membres de la Communauté Européenne les plus difficiles à gérer.

Le site web lanceur d’alertes  a publié ce matin  plus de 1,7 millions de documents diplomatiques US  datant  de 1973 à 1976.
D’après WikiLeaks, les câbles comprennent “ d’importantes révélations au sujet de l’implication des USA avec des dictatures fascistes, particulièrement en Amérique Latine, sous l’Espagne de Franco (y compris avec la famille royale),  et en Grèce alors sous le régime des Colonels.”

Les documents font également beaucoup référence à l’Irlande. Dans un document daté du 9 octobre 1973, l’ambassade des USA à Dublin fait le point sur les relations USA-Irlande.

(suite…)

France: Réponse du Député Jean-Jacques Candelier sur la situation de Julian Assange

Logo de l'Assemblée nationale françaiseJean-Jacques CANDELIER
Député du Nord
(16ème Circonscription)
Vice-président de la Commission de la
Défense Nationale et des Forces Armées
Site Internet : www.jjcandelier.fr

QUESTION ECRITE n° 535 publiée au JO le : 11/09/2012
M. Jean-Jacques Candelier attire l’attention de M. le ministre des affaires étrangères sur une menace qui pèse sur le fondateur de Wikileaks. Le gouvernement britannique a menacé de retirer son statut diplomatique à l’ambassade de l’Équateur et d’y pénétrer de force afin de procéder à l’arrestation de l’intéressé. Cette menace consternante traduit un mépris choquant des autorités de Londres pour le droit international, pour les principes les plus établis devant guider les relations internationales et en particulier pour la souveraineté équatorienne. Il revient désormais à la France d’affirmer sa pleine solidarité avec l’Équateur et les citoyens de ce pays qui manifestent pour exprimer leur vive préoccupation et leur rejet de cette attitude arrogante et inacceptable de la Grande-Bretagne, qui ne fait qu’obéir aux exigences des États-unis dont les aspects troublants et condamnables de la politique internationale et des pratiques hégémoniques ont été précisément mis en lumière par le fondateur de Wikileaks.

REPONSE publiée au JO le : 23/10/2012
Le 16 août, l’Equateur a accordé l’asile politique à Julian Assange. Depuis, le président équatorien Rafael Correa a déclaré être ouvert au dialogue avec les gouvernements de Grande-Bretagne et de Suède pour trouver une solution concernant le fondateur de Wikileaks retranché depuis le 19 juin dans l’ambassade équatorienne à Londres. Le différend opposant le Royaume-Uni et l’Equateur suite à la décision de Quito d’accorder l’asile politique à Julian Assange est une question bilatérale que les deux pays doivent résoudre par le dialogue et conformément au droit international applicable. Les autorités françaises suivent avec attention ce dossier et expriment l’espoir que le dialogue engagé permettra à ces pays de trouver ensemble une solution conforme au droit international.

Lien pdf de l’article: Question écrite n° 535 publiée au JO du 03-07-2012 _Wikileaks Assange

Des intellectuels et des personnalités mondialement connues proclament publiquement leur soutien envers la décision souveraine d’asile politique pour Julian Assange

Quito, le 29 août 2012

Au moins 270 intellectuels, musiciens, artistes et activistes de 32 pays différents ont signé une lettre ouverte de soutien à la décision souveraine par l’Equateur d’accorder l’asile politique au citoyen australien Julian Assange et pour l’inviolabilité des locaux diplomatiques. Parmi les signataires de la lettre, souscrits à ce soutien mondial par pays, s’affichent des personnalités telles qu’Eduardo Galeano, Pablo Gonzales Casanova, Nils Castro, Armand Mattelart, Ignacio Ramonet*, Frei Betto, entre autres. (Note du blog:*ex-Directeur du Monde diplomatique)

Aux personnes pré-citées se joint le soutien d’organisations de la société civile et d’organismes d’intégration régionaux, et du même hémisphère en faveur de la décision de l’Equateur d’accorder l’asile politique à Julian Asange et du rejet de la menace du Royaume-Uni d’intervenir à l’intérieur de l’ambassade équatorienne pour l’y arrêter.

Nous avons joint le texte de la lettre ouverte :

La liberté de l’information trouve en Julian Assange l’un de ses meilleurs défenseurs, aujourd’hui persécuté pour avoir montré au monde les vrais tréfonds des relations internationales. Dévoiler le vrai visage des jeux de pouvoir a mené Assange à se faire imputer la charge d’accusations absurdes, déclenchant dans le même temps la dynamique d’une surprenante violation de la loi internationale et des codes de conduite internationaux avec la menace de la Grande-Bretagne intervenant sur le territoire équatorien (Ambassade, voitures officielles, etc) pour empêcher la consommation du droit d’Assange à l’asile politique.

Pour la souveraineté de l’Equateur et le droit d’asile de Julian Assange, ont signé :

Allemagne: 
Rainer Schlittgen, Ricarda Schlittgen.

Argentine: 
Atilio Boron, Mabel Thwaites Rey, Claudio Katz, Stella Calloni, Susana Murillo, José Luis Tagliaferro, Patricio Echegaray, Marcelo F. Rodriguez, Manuel Bertoldi, Inés Izaguirre, Emilio Taddei, Carlos Ernesto Motto, Juan Manuel Karg, Enrique Elorza, Nestor Kohan, Jorge Boccanera, Beatriz Rajland, Mirta Clara.

Australie: 
Federico Fuentes, Robert Austin Henry.

Belgique: 
François Houtart, Eric Toussaint.

Bolivie: 
Alejandro Dausá, Hugo Moldiz, Ma. Bolivia Rothe, Victor Vacaflores, Anibal Garzón, Sonia Brito, Luis Oporto, Oscar Silva, Fernando Rodríguez.

Brésil: 
Thiago de Mello, Joao Pedro Stédile, Frei Betto, Fernando Morais, Virginia Fontes, Gabriel E. Vitullo, Rita Laura Segato, Carlos Walter Porfto-Gonalves, Chico Diaz, Maurício Vieira Martins, Elder Andrade de Paula, Demian Bezerra de Melo, Ildo Luís Sauer, Adelaide Gonçalves, João Márcio Mendes Pereira, Horacio Martins de Carvalho, Plinio de Arruda Sampaio Jr., Jose Vicente Tavares, Silvia Beatriz Adoue, Roberto Leher, Carlos Frederico María Luisa Mendonça, Marés de Souza Filho, Edélcio Vigna, Ana Laura dos Reis Corrêa, Roberto Malvezzi, Carla Luciana Silva, Gilberto Calil, Rui Portanova, Ayrton Centeno, Cebrapaz.

Canada:
Michael Lebowitz, Pierre, Mouterde, John M. Kirk.

Chili: 
Marta Harnecker, Eduardo Henríquez.

Colombie: 
Diego Otero Prada, Fernando Arelllano Ortiz, Hernando Calvo Ospina, Humberto Betancourt Rodríguez.

Costa Rica:
 Wim Dierckxsens.

Cuba:
 Silvio Rodríguez, Roberto Fernández Retamar, Fernando Martínez Heredia, René González Sehwerert, Aurelio Alonso, Fabio Grobart, Eloísa Le Riverend, Emilio Comas Paret, Natalia Revueltas, Juan Valdés Paz, Julio César Guanche, Francisco López Segrera, Carlos Tablada, Manuel E. Yepe, Ibrahim Hidalgo Paz, Niurka Pérez Rojas, Ileana Sorolla Fernández, Lino Borroto López, Ricardo Quizá Callejas, Armando Chaguaceda, Fausto Martínez García, Natalia 
Bolívar Aróstegui, Norma Balcazar Silva, Néstor García Iturbe, Isbel Díaz Torres, Jimmy Roque Martínez, Haroldo Dilla Alfonso, Marlene Azor Hernández, Noemí Crosas, Rosa Báez, Nelson Aboy Domingo, Reynaldo García Blanco, Mireya Suardíaz, Elisa Masiques, Manuel David Orrio del Rosario.

Equateur: 
Magdalena León, Alejandro Moreano, Raúl Pérez Torres, Irene León, Jorge Orbe, Sally Burch, Osvaldo León, Alexis Ponce, Mauro Cerbino.

Salvador: 
Roque Dalton Foundation, Juan José Dalton, Carlos Molina.

Espagne: 
Juan Carlos Monedero, Ximena de la Barra, Salvador López Arnal, Lois Pérez Leira, Carlos Fernández Liria, Antoni Puchalt Cea, Ángel Vale González, Montserrat, Ponsa Tarrés.

Etats-Unis: 
Immanuel Wallerstein, James Early, Saul Landau, Al Campbell, Agustín Lao-Montes, Arturo Escobar, Padre Roy Bourgeois, Lisa Sullivan, Father Luis Barrios, David Laibman, Eloise Linger, John Catalinotto, Javad Butah, Humbertto R. Brown, Bill Ryan, Al Campbell, Gregory Wilpert, Viviana Ramirez.

France:
 Armand Mattelart, Ignacio Ramonet, Samir Amin, Bernard Cassen, Jean Ortiz, Paul- Emile Dupret, Marielle Nicolas, Dominique Gautier, Annie-Lacroix Riz*(historienne), Salim Lamrani, Virgilio Ponce.

Grande-Bretagne: 
David Slater

Greece:
Costas Isychos,

Guatemala:
 Simona Yagenova, Héctor Nuila Ericastilla, Alba Estela Maldonado, Mayra Godoy, Silvia Beatriz Adoue

Italie: 
Francesco Vespoli, Marco Consolo, Marina Minicuci

Mexique: 
Pablo González Casanova, Miguel Concha, John Saxe Fernández, Enrique Semo, Ana Esther Ceceña, Enrique Leff, Carlos Fazio, John Holloway, Gilberto López y Rivas, Frida Modak, José Steinsleger, Beatriz Stolowicz, Ricardo Melgar Bao, Gudrun Lenkersdorf, Ana María Aragonés, Humanity Defense Network, Héctor Díaz Polanco, Diana Guillén, Angel Guerra, Hugo Aboites, Jaime Estay, Jerónimo Rajchenberg, Nayar López Castellanos, Julio Muñoz Rubio, Marcos López, Maricarmen Montes, Cristina Steffen, Efraín León, Ana María Rivadeo, Daniel Inclán, Aldo Rabiela, Miguel Socolovsky, Margarita Favela, Damián Camacho, Claudia Sandoval, Walter Martínez, Josefina Morales, Márgara Millán, Enrique Cortés, Carlos Prigollini, Camilo Pérez Bustillo, Leonor Aída Concha, Rebeca Peralta Mariñelarena, Teresina Gutiérrez-Haces, Arantxa Tirado, Rosa Barranco, Elizabeth Alejandre, Angeles González, Paz Carmona, Isabel Sanginés Franco, Ma. de Lourdes del Villar, Víctor García Zapata, Carlos Beas, Bertha Vallejo, Women for dialogue, Alfonso Anaya, Carmen Mendoza, Andrea Fernández, Leticia Gutiérrez, Marco Velázquez, Gabriela Hernández, Mirabel Mejía Rodríguez, Eréndira Mejía Rodríguez. 

País Vasco:
Katu Arkonada.

Panama: 
Nils Castro, Marco A. Gandásegui, Jorge Ventocilla.

Paraguay:
 Marielle Palau, Martín Almada, Gonzalo Deiró.

Perou:
 Javier Diez Canseco, Oscar Ugarteche, Linda Lema Tucker.

Portugal: 
Miguel Urbano.

Russie: 
Dmitri Prieto Samsónov.

Suède: 
Eva Björklund

Suisse:
 Raymond Muller.

Tunisie:
 Rashid Sherif.

Uruguay:
 Eduardo Galeano, Daniel Viglietti, Raúl Zibechi, Antonio Elías, Gonzalo Perera, Anahit Aharonian, Enrique Ortega Salinas.

Venezuela: Luis Britto García, Fernando Báez, Carmen Bohórquez, Paulino Núñez, Tamanaco de la Torre, Dayaleth Alfonzo, Rafael Uzcategui, Hindu Anderi, Itinerant Forum of Popular Participation, Andrés Bensart, Karen Silva-Aristeguieta.

COMMUNIQUE DE PRESSE No. 983

Source: http://www.mmrree.gob.ec/eng/2012/bol0983.asp

Traduit du web par willsummer

Affaire Assange : Le Royaume-Uni peut mener le monde à une grave crise diplomatique

Face à la réaction du Royaume-Uni, le droit d’asile pourrait être remis en cause à l’échelle internationale, en cas de non-respect de l’asile politique de Julian Assange en Equateur.

Briser la Convention de Vienne serait une atteinte à la diplomatie mondiale

Une première fois, le mercredi 15 août 2012, la police britannique a tenté d’envahir l’ambassade d’Equateur à Londres : enfreindre la Convention de Vienne de 1961 aurait été une atteinte grave à la diplomatie internationale, car cette convention a été signée par une grande majorité de pays dans le monde pour protéger les relations diplomatiques.

C’est ce qui assure actuellement la sécurité des ambassades et l’entente diplomatique entre des Etats. Hier, 24 août, prouvant la ténacité britannique à persister dans son erreur face à l’Equateur, un photographe, Lewis Whyld, révèle sur Twitter que la police a pour ordre d’arrêter Julian Assange quelles que soient les conditions de son asile politique, et ce même en cas d’immunité diplomatique, comme en témoigne la photo de Twitter (https://twitter.com/LewisWhyld/status/239016685175201792) – « dip immun » – ou en cas de trajet dans une voiture diplomatique – « dip vehicle ».

Ces clichés pris par hasard prouvent que le Royaume-Uni a bien l’intention de briser la Convention de Vienne, même si actuellement c’est l’un des traités les plus importants au monde. Cette crise qui concerne l’Equateur et le Royaume-Uni, et qui peut sembler mineure au regard de l’actualité internationale, peut s’avérer bien plus grave qu’on ne le pense.

L’attitude du Royaume-Uni est une menace envers l’entente des peuples et des nations

En agissant de la sorte, le Royaume-Uni n’a toujours pas compris qu’enfreindre le droit à l’asile politique est une atteinte grave et impardonnable aux fondements de l’entente entre les peuples, aux fondements de la diplomatie internationale et à la stabilité  politique du monde. Ce que les peuples ont bâti, des Etats n’ont pas le droit de le remettre en cause. Il n’appartient pas au Royaume-Uni de décider de la valeur d’une convention internationale. Le droit d’asile politique de Julian Assange est un droit fondamental, un droit international qui doit être respecté.

Le Royaume-Uni, à l’heure actuelle, campé dans sa fierté et dans le dédain total face à la décision de l’Equateur, présente une menace pour l’équilibre politique international, pour l’entente entre les pays et les nations, et pour la sécurité de la plupart des ambassades. Une intervention britannique à l’ambassade d’Equateur à Londres pourrait porter atteinte à la sécurité de tous les diplomates dans le monde et de tous les réfugiés politiques qui ont trouvé asile dans des ambassades, et dont le sort pourrait être compromis, du jour au lendemain, par le déni du Royaume-Uni. La stabilité du monde pourrait être remise en cause du jour au lendemain.

L’asile politique de Julian Assange nous concerne tous

La plupart des gens pensent que l’asile politique accordé à Julian Assange va régler tous les problèmes, mais c’est loin d’être le cas. Nous n’en sommes qu’au commencement de l’affaire. Il apparaît clairement que l’asile politique accordé par l’Equateur à Julian Assange, se trouve à l’entrée d’un grand combat politique, pour avoir le droit de clamer son existence et sa reconnaissance.

Mais ce combat est non seulement celui de Julian Assange, il devient aussi le combat pour défendre le droit d’asile et pour rappeler à tous les pays que ce droit est inaliénable. Aujourd’hui menacé par le Royaume-Uni, le droit d’asile politique pourrait être remis en cause pour n’importe quel citoyen dans le monde. Donc, quand nous défendons l’asile politique de Julian Assange, nous défendons aussi le droit de n’importe quel citoyen dans le monde, de n’importe quel réfugié politique, dont la vie est menacée par la répression d’un gouvernement.

L’affaire de Julian Assange nous concerne tous, car l’asile politique est un droit international, et si le Royaume-Uni remet en cause ce droit fondamental, alors tous les pays du monde seront concernés par cette atteinte. A travers la situation de l’Equateur, nous pouvons voir ce qui pourrait arriver à chaque pays dans le monde, si des démocraties décidaient de ne plus respecter le droit d’asile. Ceci serait très grave et porterait atteinte à nos libertés fondamentales.

Que peut faire l’Equateur pour se défendre contre le Royaume-Uni ?

L’Equateur, bafoué dans ses droits par les démocraties occidentales, fait face à une situation exceptionnelle et incompréhensible: comment se défendre face à des pays dits « démocratiques » qui se prennent pour les grands patrons du monde et qui veulent décider de tout en niant les lois qui existent ? Les Etats-Unis, la Suède, l’Australie et le Royaume-Uni sont les nouveaux délinquants et perturbateurs du monde occidental. Ces pays pensent que les lois ne les concernent pas. Vont-ils mettre à mal les Droits de l’homme en Occident et ailleurs sur la planète? Est-ce que les citoyens vont réagir ?

Si une ambassade venait à être envahie, ou si l’asile politique de Julian Assange était bafoué, ce sont toutes les ambassades et diplomates dans le monde entier qui pourraient se retrouver sans immunité du jour au lendemain. Le gouvernement britannique doit comprendre que son attitude menace non seulement la vie de Julian Assange, en l’exposant à l’extradition en Suède, puis à la torture et à la peine de mort aux Etats-Unis, mais aussi, le comportement du gouvernement britannique peut mettre à feu et à sang tous les pays du monde et ouvrir la voie à un déséquilibre international, qui mettrait à mal la plupart des ambassades et des gouvernements de ce monde.

Si la police britannique enfreint le droit d’asile politique de Julian Assange, toutes les ambassades du monde risquent de basculer dans une crise diplomatique générale. La situation est difficile pour l’Equateur, mais il faut que ce pays continue à faire prévaloir ses droits et qu’il affirme sa position et son indépendance face à des pays qui cherchent uniquement à l’intimider.

L’immaturité du gouvernement du Royaume-Uni est inacceptable

Ainsi, la question se pose : que veut le gouvernement britannique ? Veut-il la paix et l’entente entre les peuples ? Veut-il le respect des Droits de l’homme, du droit d’asile et de la liberté de chaque président à pouvoir accorder comme bon lui semble une nationalité à des citoyens qui le méritent ? Ou bien, le gouvernement britannique cherche-t-il uniquement à obéir aux Etats-Unis, à enfreindre les règles de la diplomatie, à rejeter les conventions qu’il a signées, se mettant à l’écart des autres pays, pour rejoindre le rang des plus sombres dictatures qui menacent et détruisent sans scrupules la liberté d’expression ?

Ce qui est en cause aujourd’hui, c’est le choix même du Royaume-Uni sur sa politique : veut-il rester une démocratie, avec un semblant de justice, ou bien veut-il passer définitivement du côté d’un Etat oppresseur ? Il n’est plus temps aujourd’hui d’interroger le Royaume-Uni sur sa bonne foi ou sur la défense des Droits de l’homme. Nous ne croyons plus à leurs discours. Il est évident que ce gouvernement britannique est immature et qu’il n’est plus en mesure de prendre des décisions démocratiques visant à assurer le bien-être des peuples.

Les hommes politiques au pouvoir en Grande-Bretagne menacent l’équilibre du monde, en remettant en cause des lois internationales sur le droit d’asile et sur la protection des ambassades. Il est urgent de mettre un terme à l’impétuosité britannique, à leur hypocrisie, à leur arrogance envers l’Equateur, et de soutenir et confirmer le choix libre du président Rafael Correa pour accueillir Julian Assange au sein de son pays, car il en va de notre bien à tous.

Ecrit par kimono

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