Des données de géolocalisation dans un câble Wikileaks

Câble Wikileaks-géolocalisation

Un mystérieux câble Wikileaks n°08HAVANA791 (daté du 3 octobre 2008) rapporte les données de géolocalisation d’un individu depuis Cuba et à travers plusieurs villes des Etats-Unis. Sans qu’on puisse identifier de qui il s’agit — car cet individu, Evan Handy, n’est pas une personnalité connue et son nom n’est pas référencé sur Internet —, on peut néanmoins supposer que cette information revêt de l’importance aux yeux du gouvernement américain. Les diplomates indiquent dans ce câble l’itinéraire complet de cette personne, mais on ne sait pas pour autant comment ces diplomates ont obtenu ces données. En dehors du titre du document qui mentionne « DS Tracking/Localisateur », le câble ne donne pas de précision sur l’origine de ces informations: l’individu a-t-il été localisé grâce à des données des services secrets? ou bien est-il en relation avec le gouvernement américain et les diplomates en question? Ce câble est daté de l’année 2008, soit près de 5 ans avant les révélations d’Edward Snowden. Il semblerait donc que, bien avant le scandale de la NSA, les diplomates américains utilisaient déjà ce genre de procédés qui ont été révélés ces derniers mois par le lanceur d’alerte, à savoir la géolocalisation des individus à travers le monde et sur le territoire même des Etats-Unis.

Voir le câble sur le site Wikileaks: http://search.wikileaks.org/plusd/cables/08HAVANA791_a.html

Rechercher un câble: http://wikileaks.org/plusd/index.php

A lire sur le même sujet:

La NSA piste plusieurs centaines de millions de portables par jour (LeMonde.fr)

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Affaire Cablegate et Affaire Prism: Comment les communications secrètes servent le pouvoir des gouvernements

Dans une interview du 15 janvier 2011 dans un média public allemand (Dutch Public Broadcasting NOS), qui fait suite aux révélations du Cablegate, Julian Assange évoque la nouvelle donne géopolitique qui selon lui va opposer les Etats-Unis au reste du monde: pas à la manière d’une nouvelle guerre froide, comme il le souligne, mais plutôt comme un « avant-Cablegate » et un « après-Cablegate ».

Mais parle-t-il uniquement des effets politiques du Cablegate et des révélations diplomatiques? Quand il évoque les « petits pays » confrontés au « grand système, au grand empire occidental » où ils sont piégés, est-ce que Julian Assange ne pense pas déjà aux futures révélations sur la NSA et aux systèmes d’espionnage mondiaux? Car, le « grand système », cela peut aussi évoquer le système de la surveillance mondiale qui s’établit par la diplomatie et par les systèmes d’écoutes.

Il n’est pas possible d’en savoir plus dans cette interview, où chaque mot est pesé. Néanmoins, en évoquant le système des communications entre dirigeants, on pourrait hésiter pour savoir si Julian Assange parle des câbles diplomatiques ou s’il fait une allusion à l’espionnage de la NSA:

« Pourquoi deux dictateurs communiquent ensemble en secret? pourquoi ont-ils besoin de ce secret? (…) ce secret est utilisé quand le grand public s’opposerait à un plan ou une action » de ce gouvernement. (8’20)

Remises en contexte, les paroles de Julian Assange pourraient aussi faire penser aux révélations de la NSA: des révélations au grand public qui ont rencontré une vive opposition au niveau international, face aux plans et aux actions menées par des gouvernements. Pourquoi la NSA a-t-elle gardé ces programmes secrets? Parce que le public les aurait dénoncés depuis longtemps et ce serait opposé massivement aux pratiques de l’espionnage.

Julian Assange évoque également dans cette interview la persécution constante de son organisation Wikileaks. Cette persécution l’a-t-elle conduit à vouloir dénoncer les pratiques injustes du gouvernement américain? En 2011, a-t-il déjà le projet de répondre à cette persécution des Etats-Unis, en révélant les méthodes d’espionnage pratiquées à grande échelle par ce pays et dont il a peut-être été en partie victime?

On peut voir que le Cablegate et l’affaire Prism rejoignent une même volonté et portent sur le même genre de révélations, malgré la nature des documents: montrer comment les communications secrètes servent le pouvoir des gouvernements.

D’un côté, ont été exposées avec le Cablegate les communications secrètes de la diplomatie américaine, autrement dit un système d’espionnage diplomatique où les diplomates servent d’espions et collectent des informations pour le gouvernement. De l’autre côté, avec l’affaire Prism, ce sont les méthodes de collecte des communications qui sont exposées, mais sans le contenu des conversations que l’on pouvait avoir dans les premiers documents diplomatiques: les agents de la NSA collectent des informations comme le faisaient les diplomates, mais ces informations sont avant tout des données privées, et non des informations diplomatiques.

Comme on le sait, 35 dirigeants dans le monde ont été espionnés par la NSA. Le seul manque de l’affaire Prism en ce qui concerne l’espionnage des présidents et des représentants politiques, c’est qu’il manque les communications: les journaux qui ont publié les documents de Snowden auraient très bien pu rendre publics des enregistrements de conversations mettant en cause des présidents ou des dirigeants corrompus. Nous aurions eu ainsi des vraies révélations sur la corruption ou des assassinats commandités par des gouvernements. Or, aucun document n’a encore été publié en ce sens. Il faut espérer que ce sera à venir.

Ecrit par kimono

Texte sous licence CC BY-SA

Vidéo: youtube

Lire sur: http://www.wikileaks-forum.com/france/43/seo/24845/

Gilles Munier: « Le Mossad a mis l’Elysée sur écoute »

France-Irak-Actualité.com, 27 octobre 2013

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Gilles Munier

NSA ou Mossad… qui écoutait Nicolas Sarkozy ? Qui écoute François Hollande ? Les deux, sans aucun doute. Après les révélations d’Edward Snowden sur l’attaque informatique dont l’Elysée a été victime en mai 2012 – entre les deux tours de l’élection présidentielle – deux hauts responsables des services français se sont rendu aux Etats-Unis pour demander des « explications » à la NSA. Selon un expert, l’attaque relevait d’une « volonté de s’installer à demeure sans se faire voir au cœur de la présidence ». L’agence étatsunienne a nié être à l’origine du piratage des ordinateurs de l’Elysée et a laissé entendre, insidieusement, que ce pourrait être le Mossad (Le Monde – 25/10/13).

C’est bien connu, la NSA partage ses informations avec les services secrets de pays alliés, du moins en leur donnant ce que bon lui semble. L’ISNU israélienne (Israeli Sigint National Unit) – la fameuse Unité combattante 8200 – reçoit donc sa part de « secrets », mais on sait moins qu’elle se sert aussi, directement et sans contrôle sérieux, dans les données brutes stockées par la NSA (1).

Lors de sa conférence de presse du 25 octobre, François Hollande a déclaré que les services français suivaient maintenant « plusieurs pistes ». Il suffit de lire les ouvrages sur les activités de la NSA publiés par James Bamford, ancien analyste de Marine américaine, pour savoir qu’une des plus sérieuses conduit à l’Unité 8200 ; ou d’ouvrir le quotidien londonien The Guardian du 11 septembre dernier pour connaître la nature de ses relations avec l’agence américaine (2).

François Hollande doit se rendre prochainement en visite officielle en Israël. Osera-t-il demander des « explications » à Shimon Peres ou à Benjamin Netanyahou sur les écoutes du PRISM israélien en France ? S’il en reçoit, s’en satisfera-t-il ? Oui, certainement, car il n’est pas dans sa nature de faire un esclandre. Alors, à quoi bon se plaindre… disons-le tout net : l’affaire des écoutes de l’Elysée par le Mossad est enterrée. Sous sa présidence, les cyber-guerriers israéliens poursuivront leur sale petit boulot en France, en toute impunité.

(1) Sur le même sujet, lire aussi :

Scandale NSA : l’Israeli Connection, par Gilles Munier

(Afrique Asie – octobre 2013)

http://0z.fr/kiOLv

(2)L’accord NSA – Unité 8200 :

http://www.theguardian.com/world/interactive/2013/sep/11/nsa-israel-intelligence-memorandum-understanding-document

Source: http://www.france-irak-actualite.com/categorie-12543497.html

Jacob Appelbaum se fait beaucoup de souci pour le futur de votre vie privée

Jacob Appelbaum à BerlinPhoto: Jacob Appelbaum à Berlin

Selon le magazine Rolling Stone, Jacob Appelbaum serait le « mec le plus dangereux du cyberespace ». Mais il ne l’est pas, et cette étiquette le fait chier. Appelbaum est en réalité un expert en cybersécurité et l’un des développeurs du Tor Project ; un collaborateur de WikiLeaks qui a récemment coécrit un livre avec Julian Assange et un ami de Laura Poitras, la confidente d’Edward Snowden, Laura Poitras avec qui il enquête sur la NSA pour Der Spiegel.

En 2010, Jacob est devenu une cible des services de renseignement étatsuniens du fait de ses liens avec WikiLeaks ; son matériel électronique a été saisi et Jacob a été placé en détention un paquet de fois. Pas particulièrement amateur de la persécution dont il faisait l’objet, Appelbaum est parti en Allemagne où il s’est fait approcher par tous les principaux partis politiques pour être leur expert en informatique ; il fait également office de consultant pour tous les films traitant de cybersurveillance et de sécurité sur Internet.

Le jour de notre interview, ses collègues du Chaos Computer Club – le plus grand collectif de hackers européen – s’attelaient à déjouer, avec succès, le fameux système de déverrouillage par empreinte digitale de l’iPhone 5S. Et Appelbaum promettait d’importants développements du réseau Tor. On s’est assis ensemble pour parler de la possibilité d’existence de la liberté individuelle dans le monde moderne.

Lire l’interview de Jacob Appelbaum: http://www.vice.com/fr/read/jacob-appelbaum-se-fait-beaucoup-de-souci-pour-le-futur-de-votre-vie-privee

Pourquoi les fuites sont rares dans la communauté du renseignement?

Edward Snowden en RussiePhoto: Edward Snowden lors d’une conférence en Russie

Al Jazeera America, 17 octobre 2013

Un article du New York Magazine affirme que 480.000 personnes ont le même niveau d’accréditation à la sécurité qu’Edward Snowden avait eu dans le passé.

Benjamin Wallace-Wells, rédacteur contribuant au New York Magazine et auteur d’un récent essai sur le fondateur de WikiLeaks, Julian Assange, rejoint l’invité de [l’émission] « Consider This », Antonio Mora, pour parler des éthiques complexes qui accompagnent l’accès à des secrets d’Etat.

Voir la vidéo: america.aljazeera.com/watch/shows/consider-this/2013/10/a-why-are-leaks-rareintheintelligencecommunitya.html

John Le Carré défend les « lanceurs d’alerte » Snowden et Assange

Par Culturebox (avec AFP), 17/10/2013

John Le Carré, défense des lanceurs d'alerteLes affaires Snowden et Assange montrent qu’aujourd’hui « on choisit de tout faire pour détruire le lanceur d’alerte », affirme dans un long entretien au Nouvel Observateur le maître du roman d’espionnage John Le Carré, dont le 23e livre, « Une vérité si délicate » (Seuil), paraît en France.

Le dernier roman de John Le Carré se déroule en Grande-Bretagne et à Gibraltar. Deux diplomates découvrent un scandale politique et se transforment progressivement en lanceurs d’alerte, écartelés entre leur conscience et leur loyauté de serviteur de l’Etat.

« Hormis le Guardian, personne en Grande-Bretagne, pas même la BBC, n’a ouvert le débat sur le contenu du message » de l’ex-agent de la CIA Edward Snowden, qui a révélé au monde les écoutes massives pratiquées par les services secrets américains au mépris de la vie privée des citoyens, confie au Nouvel Observateur John Le Carré, 82 ans samedi.

Voir l’intégralité de l’article: http://culturebox.francetvinfo.fr/john-le-carre-defend-les-lanceurs-dalerte-snowden-et-assange-143609

Les services secrets occidentaux ont créé Al-Qaïda pour attaquer les ennemis d’Israël: Kevin Barrett

Kevin Barrett, Les services secrets occidentaux et Al-Qaïda

Presstv.ir, 11 Sept. 2013 18:12 GMT

Les services secrets occidentaux ont créé le groupe terroriste al-Qaïda pour protéger les intérêts israéliens et justifier une intervention militaire dans d’autres pays, dit un analyste politique.

« Toute l’histoire de la soi-disant guerre contre le terrorisme n’est pas ce qu’on nous a dit. Ce n’est pas aussi étrange que cela puisse paraître le fait que les USA aurait bombardé la Syrie pour Al-Qaïda « , a déclaré le Dr Kevin Barrett à Press TV, mercredi.

Il a fait ces commentaires après que le sénateur Rand Paul ait critiqué le président Barack Obama pour demander aux Américains d’être « alliés à Al-Qaïda », douze ans après les attentats du 11/9.

« Douze ans après que nous ayons été attaqués par al-Qaïda, 12 ans après que 3000 Américains ont été tués par al-Qaïda, le président Obama nous demande maintenant d’être des alliés d’Al-Qaïda, » a déclaré Paul mardi, se référant à un plan d’attaque militaire de Washington en Syrie, où des groupes affiliés à al-Qaïda se battent contre le gouvernement syrien.

« Al-Qaïda est l’opération de renseignement étranger principale, établie par les services secrets occidentaux, avec quelques objectifs: dont le premier est de créer un très grave contrecoup aux relations publiques contre le réveil islamique, en ayant ces gens d’Al-Qaïda qui commettent des actes violents contre des civils partout dans le monde », a noté Barrett.

Barrett, qui est membre du groupe scientifique chargé d’enquêter sur le 11/9, a ajouté qu’une autre raison de la création d’Al-Qaïda est le fait de protéger les intérêts israéliens.

« Et une autre raison peut-être plus importante pour la mise en place d’al-Qaïda par les services secrets occidentaux est de l’utiliser comme une légion arabe pour attaquer les ennemis d’Israël et de l’Occident dans le monde entier. »

Comme les responsables américains envisagent des frappes militaires contre la Syrie sur des accusations d’utilisation d’armes chimiques, « ils vont utiliser l’existence d’al-Qaïda en Syrie comme une excuse pour accroître l’intervention occidentale », a déclaré Barrett.

AGB / HJ

Source: http://www.presstv.ir/detail/2013/09/11/323333/alqaeda-product-of-western-spy-services/

Comment les services de renseignement français surveillent ce qui se dit sur le net et au téléphone

6402221-comment-l-etat-surveille-ce-qui-se-dit-sur-le-net-et-au-telephoneLe réseau de stations d’écoute de la DGSE, surnommé Frenchelon. (DR)

Challenges.fr, Publié le 20-09-2013 à 11h48

Par Vincent Lamigeon

Moins bien doté en personnel et en moyens que la NSA américaine, la DGSE n’en est pas moins très performante pour assurer une surveillance très fine des communications.

« Les habitués l’appellent « le salon de lecture ». Une pièce sans âme au cœur de la Piscine, le siège de la Direction générale de la sécurité extérieure (DGSE), boulevard Mortier, à Paris. C’est dans ce lieu secret que les représentants de grands groupes français peuvent accéder aux documents rassemblés par les services de renseignements sur leur secteur. « Ce sont des centaines de milliers de pages de documents internes de concurrents internationaux, offres commerciales, technologies, explique un familier de la DGSE. Les types envoyés par les boîtes, dont on ne sait pas trop quel est leur poste exact, passent des heures à potasser des piles de dossiers. La règle, c’est qu’aucun document ne sort de la pièce. »

Bigre. La France se serait-elle convertie à l’espionnage à l’américaine, Big Brother dévoilé par l’ancien sous-traitant de la National Security Agency (NSA) Edward Snowden depuis juin ? Quelques semaines après ses révélations, Le Monde assurait, le 5 juillet, que la France disposait d’un outil de surveillance d’Internet similaire. Un « supercalculateur », situé dans le sous-sol du siège de la DGSE, assurait le quotidien, « stocke les interceptions d’une grande part des communications, mails, SMS, fax, ainsi que toute activité Internet des Français, et les flux entre la France et l’étranger ».

La ROEM moins bien doté que la NSA

Où en est vraiment la France dans le renseignement technique, affublé du nom barbare de ROEM (renseignement d’origine électromagnétique)? « On a longtemps été à la traîne, car le renseignement humain était considéré comme plus noble dans la culture française », explique un ancien cadre de la DGSE. La France a désormais rattrapé une partie de son retard. « Elle est en première division sur ces technologies, dans le sens où nous maîtrisons tous les modes d’interception (mobiles, Internet, communications satellites…), assure Eric Denécé, directeur du Centre français de recherche sur le renseignement (CF2R). Mais nous restons à des années-lumière des moyens de la NSA, ou même du Government Communications Headquarters britannique, le GCHQ. »

De fait, le GCHQ emploie 6.000 spécialistes des écoutes, quand la direction technique de la DGSE ne s’appuie que sur 1.100 employés, auxquels il faut ajouter les spécialistes de la Direction du renseignement militaire (DRM), soit environ 700 personnes. Quant à la NSA, c’est un monstre : elle disposerait de 55.000 employés, avec un budget annuel de 10,8 milliards de dollars, selon Edward Snowden, soit quatorze fois plus que le budget de la DGSE (600 millions d’euros), aux attributions pourtant beaucoup plus larges.

Des antennes satellites en Dordogne et dans les Pyrénées-Orientales

« Le renseignement français fait du bon boulot avec ses moyens », veut se rassurer Louis Caprioli, ancien patron de l’antiterrorisme à la Direction de la surveillance du territoire (DST), désormais conseiller au cabinet de gestion des risques GEOS. « Le renseignement français a le meilleur rapport coût-efficacité du monde occidental », appuie Eric Denécé.

La France dispose notamment d’un large réseau de stations d’écoute dotées d’antennes satellites, parfois surnommé Frenchelon, en référence au réseau Echelon américain (voir carte ci-dessus). Les sites les plus connus sont ceux de Domme (Dordogne) et Saint-Laurent-de-la-Salanque (Pyrénées-Orientales). Mais la DGSE profite aussi de stations à Kourou (idéalement placée pour écouter les Etats-Unis), en Nouvelle-Calédonie, à Mayotte et dans plusieurs bases à l’étranger (Abou Dhabi, Djibouti).

« Nous stockons bien évidemment tous les mots de passe »

Le renseignement français peut aussi compter sur les capacités d’écoute électronique des équipements militaires français, notamment les six sous-marins nucléaires d’attaque, le navire espion Dupuy-de-Lôme, ou les deux avions Transall Gabriel bardés d’électronique. La Direction générale de l’armement (DGA) dispose également de quatre microsatellites d’écoute lancés en 2011, la constellation Elisa, qui préfigurent le système d’écoute électromagnétique Ceres prévu vers 2020.

La France n’est pas dépourvue non plus dans la surveillance du Web. « A la suite des préconisations du Livre blanc de 2008, nous avons pu développer un important dispositif d’interception des flux Internet », reconnaissait l’ancien patron de la DGSE Erard Corbin de Mangoux devant les députés de la commission de la Défense, le 20 février. Le directeur technique de la DGSE, Bernard Barbier, est allé plus loin en septembre 2010, lors d’un colloque évoqué par le journaliste Jean-Marc Manach dans son blog : il affirmait que la DGSE avait « la meilleure équipe de cryptomathématiciens » de France, qu’elle pouvait pénétrer sans problème les ordinateurs pas assez sécurisés. « Nous stockons bien évidemment tous les mots de passe, nous avons des dictionnaires de millions de mots de passe », assurait même Bernard Barbier.

Un « data-center » implanté dans les Yvelines

De quoi accréditer la surveillance généralisée d’Internet évoquée par Le Monde ? La DGSE, selon la lettre Intelligence Online, dispose d’un nouveau data center « de 100 mètres de long sur 10 de large » dans les Yvelines, près des Alluets-le-Roi, sur le site d’un ancien bunker allemand. Mais les spécialistes sont sceptiques sur la possibilité d’interceptions systématiques.

« Le réseau téléphonique français est bien plus décentralisé qu’aux Etats-Unis, ce qui suppose des moyens énormes pour en surveiller l’intégralité, indique Kavé Salamatian, professeur d’informatique à l’université de Savoie. Contrairement aux Etats-Unis, la France n’a pas les moyens d’une telle surveillance généralisée, en aveugle. En gros, on peut faire de la pêche à la ligne sur des sujets précis, mais pas au chalut. »

Le rôle stratégique d’Alcatel Submarine Networks

Pas si grave puisque la France dispose d’un moyen efficace de scanner le trafic Internet international à moindre coût: la surveillance des câbles sous-marins en fibre optique, par lesquels transite une bonne partie des données. Edward Snowden a ainsi dévoilé que les Américains et les Britanniques ne se privaient pas de se brancher sur ces câbles. Selon deux familiers de la DGSE, la France les « scanne » aussi allègrement. « On aurait tort de se priver, Alcatel est le leader mondial de la pose de câbles », s’amuse l’un d’eux.

Voilà qui explique peut-être pourquoi les rumeurs de cession de cette activité, Alcatel Submarine Networks, ont immédiatement mobilisé le gouvernement qui, par la voix de la ministre Fleur Pellerin, a insisté en janvier sur un nécessaire « ancrage national », avec une possible entrée au capital du Fonds stratégique d’investissement. Techniquement, la manœuvre est facile: « Il suffit de mettre un petit équipement, un splitter optique: c’est très peu cher, ça dure trente ans, et c’est totalement indiscernable », souligne Kavé Salamatian. Une telle opération est possible aux points d' »atterrissage » des câbles, en Bretagne (Lannion, Penmarc’h) ou en Provence (Marseille). Face au monstre américain, la France a encore quelques arguments.

Voir: La carte de toutes les stations d’écoute qu’utilisent les services français

Source: http://www.challenges.fr/economie/20130919.CHA4491/la-verite-sur-les-grandes-oreilles-de-la-dgse.html

Vidéo: Ron Paul, Julian Assange parlent de la Syrie

Ron Paul interviewe Julian Assange, partie 1 (cliquer pour voir les autres parties de l’interview)

Par Steve Nelson, 30 août 2013

L’ancien républicain Ron Paul, R-Texas, et le leader de WikiLeaks Julian Assange font souvent l’éloge les uns des autres, mais pour la première fois la semaine prochaine les internautes pourront regarder le champion libertaire interviewer l’éditeur de documents secrets.

L’interview sera diffusée sur la chaîne TV Internet de Paul, RonPaulChannel.Com, qui a été lancée le 12 août. L’accès complet au site nécessite un abonnement, actuellement en cours au prix de 9,95 $ par mois.

Dans un clip de l’interview prochaine d’Assange,  transmise à U.S. News, les deux dirigeants – deux critiques virulents des derniers efforts militaires américains – discutent de la possibilité d’une action militaire occidentale contre le gouvernement de la Syrie.

« N’avez-vous pas abordé ce sujet, de quelqu’un qui était à la recherche d’un incident avec la Syrie qui justifierait que tous les pays viennent, et que le gouvernement des États-Unis vienne, et que le gouvernement britannique vienne, et qu’ils fassent quelque chose en Syrie? » Paul demande à Assange.

Le patron de WikiLeaks, qui a été enfermé dans l’ambassade d’Equateur à Londres pendant la dernière année, a expliqué que WikiLeaks a publié en effet un tel document.

Assange a cité un e-mail de décembre 2011 de la société de renseignement Stratfor, un rapport de retour d’un membre du personnel qui a rencontré l’US Air Force, les responsables militaires de l’armée britannique et de l’armée française sur une possible intervention militaire en Syrie.

Les responsables auraient pensé qu’une intervention militaire aurait besoin de « quelque indignation humanitaire pour accrocher le tout​, et nous avons vu cela », a déclaré Assange.

Le vendredi la Maison Blanche a publié un rapport affirmant que 1.429 Syriens ont été tués dans une attaque chimique le 21 août par le gouvernement du président syrien Bachar al-Assad. Le Parlement britannique a voté jeudi contre une proposition visant à attaquer la Syrie en réponse à l’attaque chimique présumée. Aux États-Unis aussi, de nombreux politiciens craignent que l’administration du président Barack Obama puisse se précipiter dans une guerre basée sur des renseignements inexacts.

« Il est certain que [l’indignation humanitaire] a été mis à profit », a déclaré Assange à Paul. « Ces pays n’ont jamais vraiment eu de fichue préoccupation sur les Syriens auparavant. »

Source: http://www.usnews.com/news/blogs/washington-whispers/2013/08/30/ron-paul-julian-assange-syria

Wikileaks: Spy Files 3, nouveaux documents sur l’industrie de la surveillance

spyfiles

Communiqué de Wikileaks, 4 septembre 2013

Aujourd’hui, mercredi 4 septembre 2013, à 16:00 UTC, WikiLeaks publie ‘les SpyFiles, volume 3‘ – 249 documents de 92 sociétés privées du renseignement. Ces documents révèlent comment, en même temps que se privatisataient les milieux du renseignement, les USA, l’Union Européenne et les agences de renseignement des pays développés ont dépensé des millions à la hâte, afin d’acquérir des technologies de surveillance de masse de dernière génération, ciblant des communautés, des groupes, voire des populations entières.

Comme l’annonce Julian Assange, directeur de la publication de WikiLeaks: « Les SpyFiles, volume 3, sont la suite de notre engagement ininterrompu à mettre au jour l’industrie secrète de la surveillance de masse. Cette publication double le volume actuel de la base de données SpyFiles de WikiLeaks. Ces SpyFiles sont une ressource de valeur pour les journalistes tout comme les citoyens, détaillant et expliquant à quel point les agences de renseignement d’état font corps avec le monde des entreprises dans leur pari de récolter toutes les communications électroniques de l’humanité »

Le groupe de travail de contre-espionnage de WikiLeaks surveille les surveillants. Le WLCIU (WikiLeaks’ Counter Intelligence Unit) a collecté des données sur les mouvements des acteurs majeurs de l’industrie de la surveillance, y compris les dirigeants de Gamma, des groupes de hackeurs et d’autres, lors de leurs voyages en Azerbaidjan, Bahrain, Brésil, Espagne, Mexique, et autres pays.

« Le groupe de travail de contre-espionnage a pour but de défendre les contacts, l’équipe et les sources de WikiLeaks, et plus généralement de lutter contre les menaces faites aux journalistes d’investigation, et le droit du public à savoir. » confirme Julian Assange, directeur de la publication de WikiLeaks.

Les documents de ce volume 3 des SpyFiles contiennent des prospectus commerciaux et présentations utilisés pour courtiser les agences nationales de renseignement, et les amener à acheter des technologies et services de surveillance de masse. Les SpyFiles volume 3 contiennent également des contrats et plans de déploiement, illustrant en détails comment certains systèmes sont installés et opérés.

Les technologies d’espionnage sur Internet actuellement vendues sur le marché sont capables de détecter les services chiffrés et masqués tels que Skype, BitTorrent, VPN, SSH et SSL. Les documents révèlent comment les contractants travaillent avec les services de renseignement et de maintien de l’ordre pour obtenir les clés de chiffrement employées.

Les documents détaillent également les méthodes d’interception brute des communications par voix, SMS, MMS, email, fax et téléphone par satellite. Les documents publiés montrent aussi que les contractants du renseignement proposent l’analyse en temps-réel des interceptions web et mobiles.

Les contrats et plans de déploiement dévoilés dans cette série prouvent que ces technologies sont utilisées pour infecter les ordinateurs d’utilisateurs à Oman avec un logiciel espion permettant la prise de contrôle à distance, et ce sans discrimination. Le logiciel FinFly ‘iProxy’ de Dreamlab montre comment une source est identifiée, et un malware silencieusement installé en parallèle d’un téléchargement légitime, tout en faisant en sorte que le téléchargement fonctionne comme prévu. Le mode d’identification de la cible a pour conséquence que toute personne utilisant la même connexion réseau sera systématiquement et automatiquement interceptée et infectée, y compris des cibles involontaires.

Organisations à contacter pour toute question:

Source: http://wikileaks.org/spyfiles3pf.html

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