Des avocats européens, américains et australiens appellent la Chine à mettre fin à la répression contre les droits

Xi_JinpingPhoto: Xi Jinping en visite d’Etat en Grande-Bretagne en octobre 2015

The Guardian, Tom Phillips, 18/01/2016

Une lettre ouverte dans le Guardian exhorte le président chinois Xi Jinping à montrer qu’il dirige une «superpuissance mondiale respectée» en libérant les avocats détenus

Lire la lettre complète ici: « La Chine doit cesser son intimidation et sa détention d’avocats des droits de l’homme »

Les principaux avocats des droits de l’homme en Europe, en Amérique du Nord et en Australie ont appelé le président chinois Xi Jinping à mettre fin à une répression sans précédent par ses forces de sécurité qui a vu des centaines d’avocats et leurs parents intimidés, interrogés, arrêtés et victimes de disparitions forcées.

Lire la suite: http://www.theguardian.com/world/2016/jan/18/european-us-and-australian-lawyers-call-for-china-to-end-rights-crackdown

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Un défenseur des droits de l’homme suédois détenu en Chine pour atteinte à la sécurité nationale

La Chine affirme détenir un citoyen suédois sur des accusations relatives à la sécurité nationale

Reuters, 13 janvier 2016

800px-View_of_BeijingPékin, 13 Janvier (Reuters) – Un homme suédois détenu en Chine la semaine dernière a été soupçonné d’actes préjudiciables à la sécurité nationale du pays, a déclaré mercredi le ministère des Affaires étrangères dans ses premiers commentaires sur l’affaire contre le défenseur des droits de l’homme et de la réforme juridique.

Peter Dahlin, 35 ans, co-fondateur du Groupe de Travail Action Chinoise Urgente Chinese [Chinese Urgent Action Working Group], a été placé en détention le 4 janvier, a déclaré l’organisation.

« Le citoyen suédois Peter Dahlin a été mis sous mesures coercitives conformément à la loi à Pékin sur des soupçons de se livrer à des actes qui nuisent à la sécurité nationale de la Chine », a déclaré le porte-parole du ministère Hong Lei lors d’un briefing de presse régulier. « Cette affaire est actuellement à l’étude ».

Les mesures coercitives se réfèrent généralement à la détention.

Hong a ajouté que la Chine permettrait à l’ambassade de Suède de mener à bien le travail consulaire.

L’organisation de Dahlin avait précédemment indiqué que des responsables consulaires avaient été incapables de communiquer directement avec Dahlin, et l’ambassade avait indiqué qu’elle travaillait à organiser une rencontre.

Le groupe soutient les avocats d’intérêt public, des universitaires et d’autres en Chine pour promouvoir l’État de droit, selon un communiqué de l’organisation.

La détention de Dahlin intervient au milieu d’une vague de répression qui s’élargit contre les avocats des droits et des groupes étrangers qui travaillent sur la réforme juridique. Des groupes de droits affirment que la répression vise à freiner la dissidence, mais le gouvernement chinois le nie.

Le ministère suédois des Affaires étrangères avait confirmé qu’un ressortissant suédois avait été détenu, sans nommer Dahlin ou donner de plus amples détails, citant des problèmes de confidentialité.

La Chine a détenu ou emprisonné formellement plusieurs ressortissants étrangers au cours des dernières années, parfois en raison de leur proximité avec ce que [le régime] perçoit comme des données sensibles.

Source: http://www.trust.org/item/20160113090249-9iq7u

Lire aussi: La Chine détient un homme suédois alors que Pékin réprime les défenseurs des droits de l’homme (CNN)

La Chine détiendrait un travailleur des droits de l’homme suédois (New York Times)

« Colères d’Arabie, le logiciel espion »: FinFisher, FinSpy et Gamma International

Le 6 septembre 2012, par Jean Marc Manach

Cruel paradoxe de ce Printemps Arabe : les défenseurs des Droits de l’homme bahreïnis utilisent les réseaux sociaux occidentaux pour manifester ; leurs tortionnaires, des systèmes de surveillance occidentaux pour les espionner.

Au printemps dernier, un Bahreïni exilé à Londres, une économiste britannique résidant à Bahreïn et le propriétaire d’une station service en Alabama, naturalisé Américain, recevaient un e-mail émanant apparemment d’une journaliste d’Al-Jazeera.

Il y était question d’un rapport rédigé par Zainab Al-Khawaja, sur les tortures infligées à Nabeel Rajab, deux des défenseurs des droits de l’homme incarcérés (et probablement torturés) à Bahreïn, suivi de cette précision :

“Merci de vérifier le rapport détaillé en pièce-jointe, avec des images de torture.“


Quelques jours plus tard, ils recevaient d’autres emails évoquant l’arrestation d’opposants bahreïnis, ou encore l’agenda du roi du Bahreïn, et systématiquement accompagnés de fichiers compressés en pièce jointe, laissant penser qu’il pourrait s’agir de virus informatiques.

Ces e-mails, transmis au journaliste de Bloomberg Vernon Silver (qui a particulièrement suivi l’utilisation de technologies de surveillance occidentales par les dictatures arabes), ont ensuite été analysés par deux chercheurs associés au Citizen Lab, un laboratoire de recherche canadien qui étudie notamment les technologies de surveillance politique.

Morgan Marquis-Boire, un ingénieur en sécurité informatique travaillant chez Google, est un spécialiste des logiciels espions utilisés par les barbouzes libyens et syriens pour pirater les ordinateurs des cyber-dissidents. Bill Marczak, un doctorat en informatique de Berkeley, fait quant à lui partie de Bahrain Watch, qui veut promouvoir la transparence au Bahreïn, et dont le site tient la comptabilité des manifestants et civils tués par les autorités, des armes (chevrotine, grenades et gaz lacrymogènes) achetées à des entreprises occidentales, et des entreprises de relations publiques anglo-saxonnes financées par le régime.

En analysant les e-mails envoyés aux défenseurs des Droits de l’homme bahreïnis, les deux chercheurs ont découvert un logiciel espion particulièrement perfectionné, utilisant une “myriade de techniques destinées à échapper à toute forme de détection“, notamment par les antivirus, dont le code n’en mentionnait pas moins, et plusieurs fois, le mot FinSpy, la société Gamma International, et le nom de plusieurs de ses responsables.

 » des serveurs utilisés pour contrôler FinSpy, et donc espionner des ordinateurs, en Estonie, Éthiopie, Indonésie, Lettonie, Mongolie, au Qatar, en République Tchèque et aux USA, mais également en Australie, ainsi qu’à Dubaï « 

FinSpy, à en croire cette proposition de contrat trouvée en mars 2011 dans l’un des bâtiments de la sécurité égyptienne après la chute du régime Moubharak, est vendu près de 300 000 euros. C’est l’un des produits phares de la gamme d’outils de “lutte informatique offensive” commercialisés par FinFisher, filiale de la société britannique Gamma, spécialisée dans les systèmes de surveillance et d’interception des télécommunications. Owni avait déjà eu l’occasion de présenter sa gamme de produits, et même de réaliser un montage vidéo à partir des clips promotionnels expliquant le fonctionnement de ses logiciels.

A l’occasion de l’opération SpyFiles, WikiLeaks et Privacy International avaient révélé que FinFisher faisait partie des cinq marchands d’armes de surveillance numérique spécialisés dans les chevaux de Troie. Derrière ce nom, des logiciels espions créés pour prendre le contrôle des ordinateurs qu’ils infectent afin d’activer micro et caméra, d’enregistrer toutes les touches tapées sur le clavier (et donc les mots de passe) ou encore les conversations sur Skype, par messagerie instantanée, par e-mail etc, avant de renvoyer, de façon furtive et chiffrée, les données interceptées via des serveurs situés dans plusieurs pays étranger.

Un autre chercheur en sécurité informatique a ainsi réussi à identifier des serveurs utilisés pour contrôler FinSpy, et donc espionner des ordinateurs, en Estonie, Éthiopie, Indonésie, Lettonie, Mongolie, au Qatar, en République Tchèque et aux USA, mais également en Australie, ainsi qu’à Dubaï, deux des pays placés “sous surveillance” dans le classement des Ennemis d’Internet émis par Reporters sans frontières.

Dans une seconde note, publiée fin août, CitizenLab révèle avoir identifié d’autres serveurs dans 2 des 12 pays considérés comme des “Ennemis d’Internet” par RSF : l’un au Bahreïn, l’autre contrôlé par le ministère des télécommunications du Turkménistan, considéré comme l’un des régimes les plus répressifs au monde.

Les deux chercheurs détaillent par ailleurs le fonctionnement de FinSpy Mobile, qui permet d’infecter les iPhone et autres téléphones portables Android, Symbian, Windows et Blackberry, afin de pouvoir espionner les SMS, emails et télécommunications, exfiltrer les contacts et autres données, géolocaliser le mobile, et même d’activer, à distance, le téléphone à la manière d’un micro espion, sans que l’utilisateur ne s’aperçoive de la manipulation.

A Bloomberg, qui l’interrogeait, Martin J. Muench, 31 ans, le concepteur de FinFisher, a nié avoir vendu son cheval de Troie au Bahreïn, tout en reconnaissant qu’il pourrait s’agir d’une version de démonstration de son logiciel espion qui aurait été volée à Gamma.

Au New York Times, où il démentait toute espèce d’implication, expliquant, tout comme l’avait fait Amesys, que ses produits ne servaient qu’à combattre les criminels, à commencer par les pédophiles :

« Les utilisations les plus fréquentes visent les pédophiles, les terroristes, le crime organisé, le kidnapping et le trafic d’être humain. »

Dans une déclaration publiée moins d’une heure après la publication de la deuxième note de Citizen Lab, Martin J. Muench envoyait un communiqué mentionné par le New York Times pour expliquer que l’un des serveurs de Gamma aurait été piraté, et que des versions de démonstrations de FinSpy auraient bien été dérobées. Dans la foulée, plusieurs des serveurs utilisés par FinFisher pour permettre aux données siphonnées de remonter jusqu’à leurs donneurs d’ordre ont disparu des réseaux.

« Aucune loi n’interdit donc à un marchand d’armes occidental de faire commerce avec une dictature ou un pays dont on sait qu’il se servira de ces outils pour espionner opposants politiques et défenseurs des droits humains. »

Comme notre enquête sur Amesys, le marchand d’armes français qui avait créé un système de surveillance généralisé d’Internet à la demande de Kadhafi l’avait démontré, les logiciels espions et systèmes d’interception et de surveillance des télécommunications ne font pas partie des armes dont l’exportation est juridiquement encadrée. Aucune loi n’interdit donc à un marchand d’armes occidental de faire commerce avec une dictature ou un pays dont on sait qu’il se servira de ces outils pour espionner opposants politiques et défenseurs des droits humains.

François Hollande recevant le roi Hamed ben Issa al-Khalifa de Bahreïn, le 23 juillet 2012.

Interrogé lors d’un point presse ce 4 septembre, le porte-parole de l’ambassade de France au Bahreïn a expliqué avoir “appris avec déception les décisions de la Cour d’appel du Bahreïn qui confirment les lourdes peines infligées à ces opposants” :

 » Le cas de Monsieur Khawaja nous préoccupe tout spécialement. Nous espérons vivement qu’un réexamen de ces condamnations aura lieu lors d’un éventuel pourvoi en cassation. »

« Nous restons préoccupés par la persistance des tensions dans le royaume de Bahreïn et rappelons notre profond attachement aux principes de liberté d’expression et de droit à manifester pacifiquement. »

Le 23 juillet dernier, François Hollande recevait très discrètement le roi du Bahreïn, Hamed ben Issa Al Khalifa, à Paris. Etrangement, cette visite officielle ne figurait pas sur l’agenda du président, et n’a été connue que parce qu’une journaliste de l’AFP a tweeté, interloquée, leur poignée de main sur le perron de l’Elysée. Officiellement, côté français, il a été question de la situation en Syrie, et de la menace nucléaire en Iran. Jean-Paul Burdy, maître de conférences à l’Institut d’Etudes Politiques de Grenoble, relève cela dit que l’agence de presse du Bahreïn avance que de nombreux autres sujets ont été abordés, y compris la coopération entre les deux pays en matière de lutte contre “toutes les formes de terrorisme et d’extrémisme“, ainsi que de “l’importance de la promotion de la démocratie et des droits humains“.

Au lendemain de cette visite, la presse bahreïnie salue en “une” l’accord de coopération signé entre la France et le Bahreïn, et visant à mettre en place, souligne Le Monde, des réformes dans les secteurs de la presse et de la justice, ce qui fait bondir l’opposition :

 » La France prend le risque de devenir la complice des tours de passe-passe de la monarchie, s’indigne Abdel Nabi Al-Ekry, un vieil opposant de gauche. Comment peut-elle prétendre réformer la justice bahreïnie alors que 21 des dirigeants de l’opposition croupissent en prison, au terme de procès bidons ? C’est décevant de la part d’un socialiste comme Hollande. »

L’agenda de l’Élysée, dépiauté par Rue89, révèle qu’”au moins six autres représentants de pays autoritaires ou franchement dictatoriaux ont été reçus par François Hollande depuis son élection“, alors même que François Hollande avait pourtant promis de “ne pas inviter de dictateurs à Paris“. Cinq d’entre eux sont soupçonnés d’avoir voulu acheter le système Eagle de surveillance généralisé de l’Internet conçu par la société française Amesys à la demande de Kadhafi, et dont le nom de code, en interne, était Candy, comme bonbon, en anglais.

À la manière d’un mauvais polar, les autres contrats négociés par Amesys portent en effet tous un nom de code inspiré de célèbres marques de friandises, bonbons, chocolats, crèmes glacées ou sodas : “Finger” pour le Qatar (sa capitale s’appelle… Doha), “Pop Corn” pour le Maroc, “Kinder” en Arabie Saoudite, “Oasis” à Dubai, “Crocodile” au Gabon, et “Miko” au Kazakhstan, dont le dictateur-président est le seul à ne pas avoir encore été reçu par François Hollande, quand bien même il utiliserait par contre le système FinSpy de FinFisher.

 » La France prend le risque de devenir la complice des tours de passe-passe de la monarchie, s’indigne Abdel Nabi Al-Ekry »

Depuis le classement sans suite de la plainte déposée à l’encontre d’Amesys, à la veille de la présidentielle, le nouveau gouvernement ne s’est jamais prononcé sur cette affaire, par plus que sur l’implication de Claude Guéant, Brice Hortefeux et des services secrets français, non plus que sur une éventuelle interdiction, à l’exportation, de la commercialisation des armes de surveillance numérique.

Pour se prémunir de ce genre de chevaux de Troie, Citizen Lab rappelle tout d’abord que ces logiciels espions ne peuvent être installés que si le pirate a un accès physique à la machine (ordinateur ou téléphone portable), ou si la victime accepte d’ouvrir une pièce jointe ou une application que les espions prennent cela dit généralement soin de maquiller de sorte qu’elle émane d’une personne ou institution de confiance. Les chercheurs recommandent également de régulièrement mettre à jour systèmes d’exploitation et logiciels – à commencer par l’anti-virus, les suites Office, Acrobat, Java, Flash, en vérifiant que les mises à jour proviennent de sources légitimes et de confiance-, mais également d’installer des fonds d’écran protégés par mot de passe (pour éviter à un intrus de profiter d’une pause pipi pour pirater votre système), et enfin d’utiliser si possible des mots de passe forts, et des logiciels de chiffrement. Voir aussi, à ce titre, notre petit manuel de contre-espionnage informatique.

Source: http://www.wikileaks-forum.com/index.php/topic,14457.0.html
http://owni.fr/2012/09/06/coleres-darabie-le-logiciel-espion/

« Ne tirez pas sur le messager! » Pétition Avaaz à signer!

publié le 28 août 2012

Lien de la pétition: http://www.avaaz.org/en/wikileaks/?bERgibb&v=17392

Les USA et leurs alliés essayent d’étrangler WikiLeaks et de déclarer la chasse ouverte sur les lanceurs d’alerte qui risquent tout pour rendre les démocraties transparentes — seule une montée aux créneaux inarrêtable de l’opinion publique mondiale peut renverser cette répression!

Après avoir secrètement rassemblé des preuves, l’administration Obama pourrait faire pression pour que le fondateur de WikiLeaks Julian Assange, actuellement à Londres, soit extradé aux USA à tout moment — où il pourrait subir le même traitement inhumain que l’informateur présumé Bradley Manning. Assange est prêt à faire le voyage vers la Suède pour y être interrogé sur des accusations d’agression sexuelle, mais il est crucial que la Suède et le Royaume-Uni garantissent qu’ils ne l’expédieront pas aux USA. Ceci provoquerait un glaçant précédent mondial à l’encontre de ceux qui dévoilent courageusement la corruption et les violations des droits de l’homme.

Quoique nous pensions d’Assange en tant que personne, WikiLeaks a été un outil essentiel dans l’exposition de malversations gouvernementales et entrepreneuriales massives. Unissons-nous maintenant pour nous assurer que les puissants ne puisssent pas réduire au silence les voix dissidentes qui renforcent nos démocraties. Signez la pétition pour stopper la répression mondiale et appeler les gouvernements suédois et britannique à ne pas embarquer Assange aux USA, puis partagez ce message — nous livrerons notre voix de manière spectaculaire à travers une chaîne humaine de lanceurs d’alerte vers l’ambassade suédoise de Londres, lorsque nous aurons atteint 1 million de signatures.

Au Premier Ministre britannique David Cameron, au Premier Ministre suédois Fredrik Reinfeldt et au Président états-unien Barack Obama:

Nous en appelons à vous pour protéger les droits des lanceurs d’alerte et des plateformes de promotion de la transparence en cessant immédiatement la répression à l’encontre de WikiLeaks et en garantissant de ne pas extrader, poursuivre ou maltraiter Julian Assange pour de charges relevant de l’amélioration de la transparence. Nous en appelons à vous pour établir un précédent mondial de protection des dissidents et des activistes qui renforcent le gouvernement en mettant en lumière la corruption et l’injustice.

Lien de la pétition:   http://www.avaaz.org/en/wikileaks/?bERgibb&v=17392

Traduit depuis le web par willsummer

Re: Jim Johnson et professeure Maxine Isaacs

Courriel-ID   2120006
Date   2010-05-19 02:53:23
De: b.shaaban@mopa.gov.sy
À: b.shaaban@mopa.gov.sy, MINDYK@brookings.edu

Le vendredi 14/05/10 5:37 PM, Martin Indyk (MINDYK@brookings.edu) écrit :

Cher Bouthaina,

J’espère que ce message vous trouvera bien. Certains de mes proches amis seront en visite touristique à Damas du 25 au 29 mai. Toutefois, ce sont des gens influents à Washington et je pense que vous et Walid bénéficieriez de les rencontrer comme ils pourraient certainement bénéficier de vous rencontrer. Jim était le chef d’état-major du vice-président Walter Mondale dans l’administration Carter. Il a également siégé en tant que Président de la Brookings Institution. J’ai joint son curriculum pour que vous puissiez obtenir une image plus complète. Simplement, il est très influent dans l’administration Obama à la Maison-Blanche et auprès du Parti démocrate. Sa femme, Maxine Isaacs, est professeure à l’université Harvard, à la Kennedy School of Government, où elle enseigne le rôle des femmes dans la politique étrangère! Donc, vous pouvez voir pourquoi j’ai pensé immédiatement les mettre en contact avec vous quand ils m’ont dit qu’ils allaient visiter Damas.  Je vous serais très reconnaissant si vous aviez le temps de les rencontrer et pour les introduir auprès de Walid.

Avec mes meilleurs vœux, Martin.

Réponse de Raghad Al-Mahrous adjoint du Dr Bouthaina Shaaban.

Cher Ambassadeur Indyk,

Dr Bouthaina Shaaban vous remercie pour votre courriel et dit qu’elle veut bien rencontrer M. James Johnson et son épouse, Mme Maxine Isaacs. Dr Shaaban dit qu’elle souhaite les accueillir pour le dîner sur l’une des dates suivantes: mardi 25, mercredi 26, jeudi 27. Veuillez nous faire savoir quelle option ils préfèrent de telle sorte que nous puissions nous organiser en conséquence. Ci-dessous vous pouvez trouver les numéros de bureau du Dr Shaaban pour votre et leurs dossiers: ligne terrestre directe: +963-11-3341716, opérateur: +963-11-3333334, Fax: +963-11-3341725.

Cordialement, Raghad Al-Mahrous adjoint du Dr Bouthaina Shaaban

Document original à consulter sur : http://wikileaks.org/syria-files/docs/2120006_re-jim-johnson-and-professor-maxine-isaacs.html et sur le forum WikiLeaks : http://www.wikileaks-forum.com/index.php?topic=13016.new#new

OWNI: Le dir’com états-unien de la Syrie

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Bachar al-Assad avait recruté des « spin doctors » anglo-saxons. Ils avaient déclaré ne plus travailler pour le président-dictateur syrien. Or, les documents obtenus par WikiLeaks, et révélés par Owni, montrent qu’il n’en est rien et qu’ils ont continué pendant la répression.

En plein printemps arabe, le magazine Vogue publiait, dans son édition de mars 2011, un portrait élogieux d’Asma al-Assad, la femme du dictateur syrien, sobrement intitulé “Une rose dans le désert“.

Illustré de photographies de James Nachtwey et signé Joan Juliet Buck, ex-rédactrice en chef de la version française de Vogue, l’article a depuis été effacé du site web de Vogue (on peut le retrouver via archive.org).

Aux États-Unis, des dizaines d’articles avaient en effet dénoncé l’incongruité d’une telle publication, quelques jours seulement avant le déclenchement de la révolution syrienne, et la façon dont il cherchait à humaniser un dictateur en montrant à quel point sa femme était belle et raffinée.

Cet article n’aurait probablement jamais été rendu possible sans l’entregent de Mike Holtzman et de son employeur, le cabinet de relations publiques Brown Lloyd James.

Ex directeur des affaires publiques du Council on Foreign Relations, passé par le département d’Etat américain et le cabinet de Bill Clinton, désigné comme “officier de liaison” à Ground Zero en septembre 2001, Mike Holtzman s’illustra en aidant la Chine à remporter les jeux olympiques de 2008, ce qui lui valut d’être désigné comme la personnalité de l’année par PRWeek, le magazine des relations publiques, et d’être recruté dans la foulée par Brown Lloyd James.

Créé par Peter Brown, l’ancien assistant des Beatles, et Sir Nicholas Lloyd, un ancien journaliste du Daily Express, ce cabinet de relations publiques, qui a notamment aidé le Qatar à emporter la coupe du monde de football 2022, travaille tout aussi bien pour Russia Today que pour Disneyland Paris, la principauté de Monaco et Al Jazeera, avec un focus sur les pays arabo-musulmans.

En 2002, Mike Holztman faisait ainsi paraître une tribune libre appelant à la privatisation de la diplomatie, afin d’améliorer les rapports entre les États-Unis et le Moyen-Orient, puis une seconde, en 2003, fustigeant la propagande américaine dans les pays arabo-musulmans.

En 2009, Brown Lloyd James se faisait également remarquer en travaillant pour la Libye, afin de permettre à Kadhafi de publier une tribune libre dans le New York Times, de faciliter son célèbre voyage au siège des Nations-Unis (où il avait accusé le Conseil de sécurité d’être un “Conseil de la terreur car le terrorisme ce n’est pas seulement al-Qaida“), ou encore de favoriser une rencontre entre George Bush et le fils Kadhafi.

Brown Lloyd James a toujours refusé de répondre aux questions de la presse. Mais un mémo de la Justice américaine a révélé que le cabinet avait bien été sous contrat avec la Syrie, afin d’améliorer l’image de marque d’Asma al-Assad à l’étranger, la société tenant cela dit à préciser n’avoir “fourni aucun service à la famille Assad depuis décembre 2010“, date à laquelle elle avait organisé, selon The Guardian une interview avec Asma al-Assad.

Ce même mois de décembre 2010, Paris Match avait lui aussi rencontré la femme du dictateur syrien, à l’occasion d’une visite officielle des époux al-Assad à Paris, et publié une interview de 4 pages intitulée “Deux amoureux à Paris“. Contacté par Owni, Régis Le Sommier, le journaliste de Paris Match qui avait signé le papier, répond n’avoir jamais “été en contact avec Brown Lloyd James, ni avec Mike Holtzman“.

Pourtant, un des 2 434 899 emails obtenus par WikiLeaks dans le cadre de l’opération Syria Files, estampillé “classified“, révèle la présence de Mike Holtzman à Paris en compagnie d’Asma al-Assad en décembre 2010.

Surtout, d’autres e-mails et documents montrent qu’il a bel et bien continué à conseiller le dictateur syrien, jusqu’en janvier 2012, et alors que la répression faisait des centaines, voire des milliers de morts.
Un “super-héros” musulman, et amputé.

Plusieurs emails, révélés par les Syria Files et confirmés par un article du magazine Foreign Policy, montrent par ailleurs que Mike Holtzman, censé avoir cessé de travaillé pour la Syrie depuis décembre 2010, s’était rendu à l’Opéra Dar al Assad de Damas pour une conférence le 9 février 2011.

Dans un premier email, Rachel Walsh, qui travaille pour Brown Lloyd James au Qatar, écrit à Sondos Sosi, chargée des relations avec la presse au ministère syrien des Affaires Présidentielles, que sa “collègue Sheherazad Jaafari lui a conseillé d’envoyer des documents à propos de la conférence du 9 février“.

Sheherazad Jaafari n’est pas n’importe qui : fille de l’ambassadeur de Syrie aux Nations Unies et conseillère en communication de la famille al-Assad, elle avait effectué un stage chez Brown Lloyd James, et Mike Holtzman avait été son “chef“. Dans un message envoyé à Sondos Sosi dans la foulée, elle joint un tableau recensant les sièges réservés pour la conférence du 9 février. Aux premiers rangs, des places destinées aux membres du gouvernement syrien ainsi qu’à des ambassadeurs étrangers, mais également à Asma Al Assad, épouse de Bachar, à côté de laquelle est installé Mike Holtzman.

Quelques heures plus tard, Sondos Sosi fait parvenir par email le programme de la soirée à Luna Chebel, une autre conseillère en relations presse de Bachar al-Assad et ancienne journaliste à Al Jazeera. Mike Holtzman y est présenté comme le “maître de cérémonie de la soirée“, chargé d’introduire tous les invités.

Ironie de l’histoire, et alors que le soulèvement syrien allait débuter un mois plus tard, Mike Holtzman venait y présenter “Le Scorpion d’Argent“, une bande dessinée qui raconte l’histoire d’un jeune arabe amputé des deux jambes après avoir sauté sur une mine antipersonnel, écrite par de jeunes handicapés américains et syriens, et produite par l’ONG Open Hands Initiative -dont Mike Holtzman fait partie du comité consultatif- afin d’ouvrir “une nouvelle phase diplomatique” entre les États-Unis et les pays arabo-musulmans…
“Il n’est pas nécessaire de détruire le pays”

Les Syria Files révèlent un autre document, encore plus embarrassant : le 19 mai 2011, Mike Holtzman envoyait, en effet, à Fares Kallas, proche collaboratrice d’Assam al-Assad, un “Memorandum” intitulé “analyse de la communication de crise“, lui expliquant ce qu’il conviendrait de faire pour que l’image de la Syrie ne soit pas trop entachée par la répression, qui avait débuté deux mois plus tôt :

« Il est clair, au vu des déclarations du gouvernement américain depuis le début des manifestations en Syrie, que l’administration Obama veut la survie du régime actuel. Contrairement à ses réactions aux manifestations dans d’autres pays de la région, il n’y a eu aucune demande de changement de régime, ni d’intervention militaire. »

Le mémorandum n’en souligne pas moins que la position des États-Unis pourrait évoluer en fonction, notamment, de la couverture médiatique, tout en déplorant l’approche déséquilibrée de la communication” de la Syrie depuis le début de la “crise” :

 » S’il est nécessaire de se reposer sur un pouvoir fort afin de réprimer la rébellion, le soft power est nécessaire pour rassurer le peuple syrien ainsi que le public extérieur sur le fait que la réforme se poursuit rapidement, que les griefs légitimes sont pris en compte et au sérieux, et que les actions de la Syrie visent essentiellement à créer un environnement dans lequel le changement et le progrès peuvent avoir lieu. »

Début mai, alors que Michael Hotzman rédigeait ce mémorandum, les ONG estimaient que plusieurs centaines de personnes avaient d’ores et déjà été tuées par l’armée, et que des milliers avaient été arrêtées. Hotzman se borne, lui, à alerter le président syrien sur les risques de dérive et d’instabilité si d’aventure les manifestants étaient renvoyés chez eux par la peur plutôt que par “la conviction que leur gouvernement est sensible à leurs préoccupations” :

 » La Syrie semble communiquer avec deux mains. Une qui propose la réforme, l’autre l’autorité de la loi. L’autorité de la loi est un poing. La réforme une main ouverte. A ce jour, le poing semble, pour l’opinion publique internationale, et probablement pour de nombreux Syriens, 10 fois plus fort que la main tendue. Elles doivent être mieux équilibrées. »

Brown Lloyd James propose ainsi au président syrien de communiquer plus souvent, tout en estimant “nécessaire que la First Lady rentre dans le jeu : la clef est de montrer force et sympathie en même temps“, comme ce fut le cas avec les précédents papiers de Vogue et de Paris Match.

La société de conseil propose également de lancer une campagne de presse internationale expliquant les difficultés rencontrées par Bachar al-Assad dans sa volonté de réforme, mais également d’améliorer sa communication “sur le plan de la sécurité“, en le montrant prendre des sanctions publiques envers les forces de sécurité qui, ne respectant pas ses ordres, tirent sur des civils désarmés.

 » Cela permettrait de montrer sans équivoque possible que toute personne qui enfreint la loi – qu’il s’agisse de manifestants ou de soldats – devront faire face à leurs responsabilités. »

Afin de contrer la mauvaise publicité faite par les “figures de l’opposition syrienne” vivant à l’étranger, mais également de contrecarrer le “torrent quotidien de rumeurs, de critiques et de mensonges“, Brown Lloyd James propose également de mettre en place une cellule de veille 24h/24 afin de surveiller les médias, voire de contre-attaquer :

 » Les réseaux sociaux devraient être surveillés et les faux sites poursuivis en justice et effacés. »

En conclusion, Brown Lloyd James suggère d’en appeler au patriotisme des Syriens afin de mettre l’accent sur le fait qu’”il n’est pas nécessaire de détruire le pays pour atteindre l’objectif partagé par tous : vivre dans un pays libre et prospère“, et met l’accent sur deux recommandations :

. reconnaître que la violence qui a lieu en ce moment est regrettable. Mais ce ne sont pas les responsables syriens qui l’ont cherché. Ses dirigeants sont obligés de protéger la Syrie, afin de créer les conditions de calme nécessaire à la mise en place de la réforme.
. continuer à exprimer sa confiance dans l’avenir, et dans le fait que la crise est sur le déclin.

“On ne tue pas sa population”

Début janvier 2012, Fares Kallas, à qui avait été adressé le mémorandum de Mike Holtzman, faisait fermer 11 faux comptes Twitter usurpant l’identité du couple al-Assad (@FirstLadysyria, @Asma_AlAssad, @Bashar_alAssad, @SyrianPresident, etc.).

En mars 2012, le quotidien britannique The Guardian révélait des échanges d’e-mail entre Sheherazad Jaafari et Mike Holtzman, son “ancien chef” chez Brown Lloyd James.

Dans ces emails, datés du 11 janvier 2012, la fille de l’ambassadeur de Syrie aux Nations Unies, devenue conseillère en communication des époux al-Assad, évoque un meeting à Damas où Bachar al-Assad martela, devant des dizaines de milliers de supporters, qu’il voulait faire du rétablissement de la sécurité “la priorité absolue“, promettant de frapper les “terroristes” d’une main de fer :

« Je suis venu pour puiser la force auprès de vous. Grâce à vous, je n’ai jamais ressenti la faiblesse. Nous allons triompher sans aucun doute du complot. Leur complot approche de sa fin, qui sera la leur aussi. »

Dans cette série d’emails, Sheherazad écrit à Mike que “cet homme est aimé par son peuple“, ce à quoi le communiquant américain lui répond “je suis fier de toi. J’aimerais être là pour (vous) aider“, avant de préciser :

« Nous avons besoin d’une nouvelle politique américaine. Quels idiots. »

Ce jour-là, le journaliste Gilles Jacquier du magazine télévisé « Envoyé spécial » était tué à Homs pendant un tournage autorisé par les autorités syriennes. Et la répression avait d’ores et déjà fait plusieurs centaines de morts, et des milliers de Syriens avaient été arrêtés, et torturés.

Sheherazad Jaafari est depuis tombée en disgrâce, et retournée aux États-Unis, pour avoir tenté de mettre en pratique les conseils de son “ancien chef“.

D’autres emails, obtenus par Anonymous et publiés en février 2012 par Haaretz, révèlent en effet qu’elle avait expliqué à Bachar al-Assad que “la psyché américaine peut facilement être manipulée“, afin de le préparer à la désormais célèbre interview où il allait déclarer à la télévision américaine ABC qu’”il n’y a pas eu d’ordre demandant de tuer ou d’être violent“, et qu’il avait “fait de son mieux pour protéger la population“, contestant le chiffres de 4000 morts dressés par l’ONU, pour affirmer que “la majorité” des personnes tuées étaient “des partisans du régime et non l’inverse” :

«On ne tue pas sa population… Aucun gouvernement dans le monde ne tue son propre peuple, à moins d’être mené par un fou.»

L’affaire a rebondi début juin avec la publication dans le Telegraph d’autres e-mails échangés cette fois entre Sheherazad Jaafari et Barbara Walters, la journaliste qui avait interviewé Bachar al-Assad pour ABC, révélant comment cette dernière avait cherché à pistonner la jeune syrienne afin qu’elle soit embauchée par CNN, ou qu’elle intègre la Columbia School of Journalism… ce qui a poussé la vénérable journaliste, prise en flagrant délit de conflit d’intérêts, à présenter ses excuses.

Mike Holtzman, si prompt à aider ses clients, dictateurs compris, à manipuler la presse, a toujours refusé de répondre aux questions des journalistes.

Enquête réalisée avec Pierre Leibovici (@pierreleibo sur Twitter).

Voir l’article original ici :
http://owni.fr/2012/07/06/le-dir-com-americain-de-la-syrie/

Une firme US encourage « le poing et la main ouverte » en Syrie

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Le 19 mai 2011, un mémorandum intitulé “Analyse des communications en temps de crise“ a été transmis par sam@alshahba.com, un compte qui est probablement utilisé par le président syrien Bachar al-Assad, au ministre syrien des Affaires présidentielles Mansour Azzam. Le mémo a été écrit par Brown Lloyd James (BJL), une puissante firme de communication de renommée mondiale engagée par le régime syrien pour améliorer son image.

La firme de communications avait initialement envoyé le mémo à Fares Kallas, le directeur des projets et initiatives au bureau de la première dame, Asma al-Assad. Il contient une évaluation de la situation en Syrie et donne des recommandations sur comment gérer le soulèvement d’un point de vue des communications. BJL a été fondé par Peter Brown, présentement chef de direction, et Sir Nicholas Lloyd, présentement directeur, en 1997 à New York et à Londres. Mike Holtzman est présentement le président de la compagnie.

BJL a trois “bureaux principaux“ basés à New York, à Londres et à Doha, avec des “bureaux stratégiques“ à Washington DC, Hô Chi Minh-Ville, Rome, Francfort, Paris, Moscou et Madrid. La page “À propos de BJL“ sur le site web proclame “Brown Lloyd James est géré par un groupe d’élite de distingués anciens cadres du domaine des nouvelles, des conseillers politiques de haut niveau de la Maison-Blanche et du Downing Street, des cadres de haut niveau de l’industrie du divertissement et des experts des affaires internationales. Notre équipe a été le bras droit de présidents, de premiers ministres, de barons des médias, et oui, même des Beatles.”

Un nombre de clients internationaux très importants a été représenté par BJL, incluant le Royaume du Maroc, Mouammar Kadhafi, la Fondation du Qatar, la Tony Blair Faith Foundation, la ville de Londres et le ministre de l’Intérieur irakien. Elle a été impliquée dans un certain nombre de campagnes réussies, incluant la soumission gagnante du Qatar pour la tenue de la coupe du monde FIFA 2022 et le lancement d’al-Jazeera anglais aux États-Unis. L’année dernière, la firme a été impliquée dans l’embellissement de l’image du régime Assad en Occident à travers différents projets, en commençant par un portrait flatteur d’Asma al-Assad dans le Vogue publié en février 2011. Vogue a supprimé l’article de ses archives à la suite des critiques qu’il a reçu.

Le mémorandum de mai 2011 offre un guide pour les membres de la clique politique syrienne du régime pour retravailler leur image et redéfinir leur message, alors que l’armée tente d’écraser le soulèvement. En plus, le mémo contient des conseils sur une possible campagne de relation publique et sur des actions sociales qui pourraient revigorer l’image du régime de par ce processus. Il commence par noter que “l’administration Obama veut que la direction en Syrie survive“, mais reconnaît que la position du gouvernement américain a changé au fil du temps.

Une brève évaluation de la gestion du soulèvement par les autorités politiques syriennes, strictement basée sur ses talents au niveau de la communication, s’en suit. Il est écrit, “La Syrie a eu un déséquilibre dans son approche des communications depuis le début de la crise.” ”Si le pouvoir dur est nécessaire pour apaiser la rébellion, la puissance douce est aussi nécessaire pour rassurer le peuple syrien et l’extérieur que cette réforme se poursuit rapidement, que les griefs légitimes sont pris en compte et pris au sérieux, et que les actions de la Syrie visent ultimement à créer un environnement dans lequel le changement et le progrès peuvent avoir lieu. »

BJL a averti que l’agenda de la réforme a été largement perçu comme étant dépourvu de volonté et semblait avoir « pris l’arrière-plan face à la crise politique immédiate ». Ainsi, le résultat continuera très probablement à être « une recette pour des énervements et de l’instabilité à l’avenir » à l’intérieur de la sphère domestique, en même temps que d’ »enhardir les critiques et le renforcement de ceux qui ne croient pas que la réforme est sincère » en dehors de la Syrie.

Ainsi, le mémo de BJL a recommandé un équilibre entre les “deux mains“ du régime: “La règle de droit est un poing. La réforme est une main ouverte. Maintenant, le poing apparaît pour l’extérieur, et probablement à beaucoup de Syriens, comme si elle est dix fois plus grande que la paume tendue. Ils doivent être mis en meilleur équilibre. »

« La réforme axée sur la sensibilisation doit être radicalement améliorée, à la maison et à l’étranger, ou bien la crédibilité de ces efforts – et un élément clé de l’appel du Président et de sa popularité parmi le peuple – sera diminuée. Le recentrage de la perception de l’extérieur et des Syriens sur la réforme fournira une couverture politique au gouvernement des États-Unis en général sympathique, et délégitimer les critiques tant à la maison qu’à l’étranger. » Pour ce faire, l’entreprise a fait cinq recommandations stratégiques essentielles pour surmonter l’échec du régime dans les  relations publiques. Il s’agit d’exploiter l’image de Bachar et d’Asma à travers des actions telles que des visites inopinées et bien prévues, des rencontres médiatisées avec des familles et des jeunes, ainsi que l’utilisation de promesse de réforme sur la condition de la stabilité, et en plaçant un accent particulier sur l’avenir.

En outre, il est recommandé que l’administration tienne l’armée et les forces de sécurité responsables, faisant « un spectacle visible, très public, de punir/congédier/ inculper les troupes qui ne respectent pas les ordres [d’Assad] » de ne pas tirer sur des civils, de dépeindre un sentiment d’équité et indiquer ses sérieuses intentions face à la réforme. Aussi, il est recommandé d’établir un système de surveillance médiatique, opérant 24 heures, pouvant combattre les récits négatifs contre le régime.

Finalement, l’entreprise a souligné que « des efforts devraient être faits pour convaincre de la “normalité“ pour faire contraste aux nouvelles actuelles représentant la Syrie comme étant sur le bord du chaos. » Le mémorandum prend fin en conseillant la direction politique “de continuer à exprimer sa confiance dans l’avenir et que la crise est en déclin. » Essentiellement, le mémo appelle le régime Assad à réorganiser ses messages afin de convaincre la communauté internationale et le peuple syrien que des erreurs ont été faites et que le régime essaye de changer si on lui en donnait la chance.

Ce n’était pas la dernière fois que BJL et le régime d’Assad interagissait. Selon un courriel d’Assad qu’a reçu The Guardian plus tôt cette année, Mike Holtzman a été en contact avec un conseiller de la direction syrienne en janvier 2012, dans laquelle il a exprimé sa fierté au sujet d’un événement de relation publique réussi qui a impliqué une visite surprise d’Assad et de sa femme à une manifestation pro-régime.

Traduit sur WikiLeaks par Nicolas1

Article original : http://english.al-akhbar.com/content/us-firm-encourages-fist-and-open-hand-syria et sur le forum WikiLeaks http://www.wikileaks-forum.com/index.php/topic,12786.0.html

Des ex-dirigeants du GCHQ/MoD à la tête d’une compagnie associée au fournisseur d’équipements de défense du régime Assad

Un pilote d’hélicoptère US chante « Bye, bye, miss American pie » alors qu’il pulvérise une cible afghane

La même compagnie qui fournit des hélicoptères à l’OTAN (la vidéo en lien ci-dessus montre les forces états-uniennes en action en Afghanistan dirigées par l’OTAN) fournit également des équipements de communication militaire au gouvernement syrien, et ceci n’est qu’une petite partie de l’information…

Avec ce rapport, une compilation d’informations provenant des ‘Syria Files’ récemment mise en ligne par WikiLeaks, ainsi que des câbles, dossiers/documents transmis par l’intermédiaire de l’installation Darker Net ‘Supersearch’, nous entrons dans le monde équivoque des entrepreneurs spécialisés dans la défense, qui gagnent des millions grâce à la guerre et qui évitent les sanctions et les embargos par des manœuvres trompeuses. C’est également le monde d’anciens chefs de gouvernements qui migrent vers le secteur commercial, en utilisant leurs contacts antérieurs pour établir des contrats lucratifs.

Les premiers e-mails rendus publics tirés des ‘Syria Files’ de WikiLeaks montrent que Finmeccanica, une multinationale italienne spécialisée dans la défense ayant des intérêts importants au Royaume-Uni, a fourni au régime syrien du matériel de communication, ainsi que de l’expertise sur les hélicoptères après le début des attaques contre les manifestations pacifiques en Mars 2011. Selex Elsag, une filiale de Finmeccanica au Royaume-Uni, a vendu le matériel de radiocommunication destiné à l’usage de la police syrienne en mai 2011, au moment où l’UE imposait un embargo sur le régime interdisant l’exportation d’armes et de matériel pouvant être utilisés pour la répression interne. Le matériel radio Tetra, dont 500 radiotéléphones portatifs VS3000 non sujets aux interférences, était destiné à être utilisé par la police et les militaires stationnés à Muadamia, une banlieue de Damas, et valait 50 millions de dollars. Les fuites au niveau des e-mails montrent également qu’en février 2012, bien après que l’UE ait imposé des sanctions économiques à la Syrie, des ingénieurs de Selex Elsag se sont rendus en Syrie pour offrir une formation sur la technologie des communications, y compris la façon dont elle pourrait être installée dans les hélicoptères.

Finmeccanica est également un important fournisseur d’hélicoptères de l’OTAN et il est le quatrième plus grand industriel spécialisé dans la défense en Europe, classé dans le top 10 mondial. La société basée en Italie génère des revenus d’environ 5,9 milliards de dollars par le biais de ses opérations militaires, qui comprennent des avions, des systèmes de radar, des véhicules de combat, des munitions, des systèmes de contrôle/commandement, des systèmes spatiaux, des hélicoptères et des drones. En juillet 2011, Finmeccanica a débuté des négociations dans le but de fournir l’équipement Tetra à l’Iran et à ses services de police, mais l’entreprise a ensuite été forcée de faire marche arrière sous la pression des Etats-Unis – pour voir le câble secret à ce sujet cliquez ici.

Il est intéressant de noter que les opérations de Finmeccanica au Royaume-Uni sont dirigées par Sir Kevin Tebbit, ancien directeur du GCHQ, le service de renseignements des transmissions britannique, et ancien secrétaire permanent à la Défense, où il a géré le Comité tout-puissant du D-Notice. Tebbit (qui est aussi le président de Selex – voir ci-dessous) a été appelé à témoigner pendant l’enquête Chilcott au sujet de la guerre en Iraq et devant la Commission d’Enquête Hutton sur la mort mystérieuse du Dr David Kelly, inspecteur des armements de l’ONU. Tebbit a également pris part dans la dissimulation d’un scandale de caisses noires impliquant des contrats BAE de la Défense et l’Arabie Saoudite.


                        Sir Kevin Tebbit

Un autre chef Finmeccanica (administrateur non-exécutif) et aussi un ancien directeur du GCHQ est Sir David Ormond, qui comme Tebbit était témoin à l’enquête Chilcott. Ormond était parmi ceux qui avaient décidé que David Kelly devrait être poursuivi pour avoir parlé aux médias du dossier du gouvernement sur les présumées armes de destruction massive en Iraq. Ormond est également le co-auteur du rapport DEMOS “Intelligence” sur l’espionnage informatique (préconisant l’espionnage sur Twitter et Facebook), cliquez ici pour en savoir plus.

En ce qui concerne Selex, elle emploie plus de 10 000 personnes dans 15 usines et bureaux au Royaume-Uni. Pour citer le site Internet de Selex Elsag :

« Dans le domaine de la défense, SELEX Elsag possède des capacités de référence dans le domaine des communications sécurisées, notamment sur le champ de bataille, l’intégration de systèmes, la cryptographie, l’ingénierie des radiofréquences et les projets spéciaux. Dans le secteur civil, l’entreprise est couronnée de succès dans le cadre des marchés de la Sécurité et de la Résilience, et des communications professionnelles. SELEX Elsag propose des solutions et des conseils de sécurité informatisés, avec des technologies et des processus éprouvés dans de grands programmes à la fois au Royaume-Uni et à l’étranger. Il a récemment été sélectionné dans le but de fournir une protection en cyber-sécurité à l’OTAN et à ses pays membres. »

Pour voir les fichiers secrets et les câbles relatifs à Selex, ainsi que les sources via l‘installation Darker Net Supersearch, cliquez ici. Pour voir des câbles et des dossiers similaires sur Finmeccanica, cliquez ici.

Pour un aperçu complet de la défense européenne et de l’industrie de surveillance, cliquez sur: http://darkernet.files.wordpress.com/2012/07/bigbrother.pdf  pour télécharger le document.

Source: http://darkernet.wordpress.com/2012/07/07/a-wikileaks-syria-files-darker-net-investigation-ex-gchqmod-chiefs-head-company-that-supplies-defence-equipment-to-assad-regime/ et  http://www.wikileaks-forum.com/index.php/topic,12766.0.html

[Note : le jeudi 5 juillet 2012, Wikileaks a commencé à publier les fichiers sur la Syrie, soit plus de deux millions d’e-mails provenant de personnalités politiques, de ministères et d’entreprises associées syriens, datant d’août 2006 à mars 2012. Cet ensemble de données provient de 680 entités ou noms de domaines liés à la Syrie, y compris ceux des Ministères des Affaires présidentielles, des Affaires étrangères, des Finances, de l’Information, du Transport et de la Culture.

Dans les deux mois à venir, des histoires tirées des fichiers apparaîtront dans Wikileaks (global), Al Akhbar (Liban), Al Masry Al Youm (Egypte), ARD (Allemagne), Associated Press (Etats-Unis), L’Espresso (Italie), Owni (France) et Publico.es (Espagne). D’autres publications seront annoncées avant la date de publication. Le fondateur de Wikileaks, Julian Assange, a déclaré :

« Le matériel est embarrassant pour la Syrie, mais il est également embarrassant pour les opposants de la Syrie. Non seulement il nous permet de critiquer un groupe ou un autre, mais il nous aide à comprendre leurs intérêts, leurs actions et leurs pensées. C’est seulement grâce à la compréhension de ce conflit que nous pouvons espérer le résoudre. »

En ce moment, la Syrie fait l’objet d’un violent conflit interne qui a fait entre 6000 et 15000 mots au cours des 18 derniers mois. Les fichiers sur la Syrie mettent en lumière les rouages du gouvernement et de l’économie syriens, mais ils révèlent également comment les entreprises occidentales et l’Ouest disent une chose et font son contraire.

L’éventail des informations s’étend de la correspondance intime des plus hauts personnages du parti Baas à des enregistrements de transferts financiers envoyés par les ministères syriens à d’autres nations. La base de données comprend 2434899 e-mails provenant de 680 domaines. Il y a 678752 adresses courriel différentes ayant envoyé des e-mails et 1082447 destinataires différents. Il y a un certain nombre de langues différentes dans le lot, y compris près de 400000 e-mails en arabe et 68000 e-mails en russe. Les données font plus de huit fois la taille de la « Cablegate » en termes de nombre de documents, et plus de 100 fois sa taille en termes de données.

Environ 42000 e-mails étaient infectés par des virus ou des chevaux de Troie. Pour surmonter ces difficultés, Wikileaks a élaboré un système politique d’exploration de données, d’usage général et multilingue, capable de traiter des ensembles de données massifs comme ceux représentés par les fichiers sur la Syrie.]

Traduit sur le Forum WikiLeaks par Dragonfly84

Une société italienne vend à la Syrie des radios sécurisées pendant l’embargo

Les compagnies ont travaillé à contourner les sanctions imposées par les États-Unis et l’Union européenne pour construire un réseau sécuritaire « d’urgence ».

Pendant que les États-Unis et l’Europe imposaient des sanctions de plus en plus sévères à la Syrie, des compagnies de haute technologie occidentale travaillaient toujours avec le gouvernement syrien et des sociétés sous son contrôle. Ceci est selon des courriels obtenus par WikiLeaks datant de 2006 jusqu’à mars 2012. Les courriels sont maintenant publiés par vague par WikiLeaks sur son propre site web et avec la collaboration d’organisations journalistiques.

La première vague de courriels mis en ligne – 25 sur plus des deux millions obtenus par WikiLeaks – met l’accent sur le réseautage italien et la compagnie SELEX (une division de Finmeccanica – qui, par coïncidence,  possède aussi Agusta qui est le constructeur lié au développement de l’hélicoptère chinois d’attaque Z-10)  et la compagnie d’intégration réseau grecque Intracom Telecom. Des courriels échangés entre des représentants des deux compagnies publiés par WikiLeaks démontrent comment ils ont travaillé à contourner les sanctions commerciales de plus en plus dures imposées à la Syrie pour y exécuter un projet commun. Le projet? Un système de radio logiciel sécurisé pour le gouvernement syrien basé sur  les radios à ressources partagées TETRA.

Le VS-3000 et l’AS-3000 TETRA, livré en vertu du contrat — pour ce qui avait été annoncé comme un réseau de « sécurité publique » d’urgence et de réponse aux catastrophes – permet de transmettre les conversations et des données aux véhicules terrestres, les bateaux de la garde côtière et des aéronefs. Ils sont reliés à un réseau national de stations au sol lié par un réseau de fibre optique. Mais à partir de mai de l’année dernière, le projet a augmenté de son budget originel, de 40 millions d’euros, de plus de 25 %. Une facture datant du mois de février chiffre le projet à plus de 66 millions d’euros. Ces expansions sont venues en même temps que le gouvernement syrien a demandé le système de cryptage TEA3 pour son système de radio et a commencé à le déployer à la police.

Le travail des deux sociétés a continué durant la répression violente des dissidents en Syrie pendant le mois de février de cette année. Cela comprenait un voyage à Damas par les ingénieurs de SELEX pour aider à l’installation de radios et d’accessoires (certains ont été remis personnellement par les ingénieurs). Tout au long du projet, SELEX a continué à trouver des moyens alternatifs d’obtenir les composants pour le projet, alors que les sanctions successives ont commencé à créer des problèmes avec la chaîne d’approvisionnement de l’entreprise.

Les produits de SELEX sont tombés dans une zone grise à la suite des sanctions de septembre 2011 imposées par l’Union européenne (UE). Les sanctions permettent le commerce dans le domaine des télécommunications, mais interdisent l’exportation de matériel ayant des implications militaires. Mais le contrat a officiellement été conclu avec la Syrian Wireless Organization (SWO) et a été signé par Imad Abdul-Ghani Sabbouni (ministre syrien des Communications). Sabbouni a été nommé dans les sanctions de l’UE en février 2012 pour avoir participé à la censure et à la surveillance de l’accès à Internet des Syriens. Bien que n’étant pas, techniquement, en violation des sanctions de l’UE (du moins jusqu’en février), il y a eu quelques problèmes pour obtenir l’équipement nécessaire.

Comme la plupart des connecteurs pour fibre optique commandés par la Syrie à SELEX étaient fabriqués aux États-Unis, la société a également dû contourner les interdictions américaines sur l’exportation d’équipement technologique à la Syrie. Dans un courriel d’octobre 2011, la gestionnaire de programme de SELEX, Simone Bonechi, et le gestionnaire de projet chez Intracom, Mohammad Shoorbajee, discutent d’un délai dans la livraison de composantes de fibre optique à cause de ses interdictions – spécialement pour les pièces utilisées pour moduler la lumière étant transmise sur un réseau en fibre optique. Shoorbajee écrit “Le client commence à devenir suspicieux du fait que nous n’envoyons pas le câble. Recommandez-vous que je leur dise quelque chose? “

Bonechi a répondu qu’il y avait eu un retard, car “nous avons eu à gérer un problème inattendu avec quelques connecteurs, des parties de la marchandise qui devait être envoyée sont fabriquées aux États-Unis. “ SELEX a eu de la difficulté à trouver un autre fournisseur pour les connecteurs. Shoorbajee rapporte que les représentants de la SWO “devenaient de plus en plus inquiets chaque jour“ que les sanctions allaient bloquer la finition du projet.

Dans une déclaration accompagnant les documents, WikiLeaks a dit que les courriels “révèlent comment l’Ouest et les compagnies occidentales disent une chose et font autre chose. “ Des courriels additionnels seront publiés par vague au courant des deux prochains mois.

Liens d’origine: http://www.wikileaks-forum.com/index.php/topic,12729.0.html et http://arstechnica.com/tech-policy/2012/07/wikileaks-italian-firm-sold-syria-secure-radios-as-crackdown-raged/

Traduit sur le Forum WikiLeaks par Nicolas1