Syrie: comment la révolte fut fabriquée! (vidéo)


Le documentaire « Fabriquer la contestation » (« Manufacturing Dissent ») met en lumière la guerre psychologique fomentée par les médias dits mainstream afin de faciliter le renversement du gouvernement syrien selon l’agenda occidental et dans l’intérêt de la politique étrangère occidentale et israélienne. Il montre comment les médias ont contribué directement à l’effusion de sang en Syrie.

Ce documentaire comprend:

‣ La preuve de faux rapports diffusés par la chaîne américaine CNN, l’anglaise BBC, la qatarie al-Jazeera, la saoudienne al-Arabiya et d’autres encore.

‣ Des entretiens avec un échantillon de la population syrienne: un acteur*, un artisan, un journaliste, un résident de Homs et un militant qui ont en commun d’avoir tous été touchés par la crise syrienne.

Rami Allouch, né à Hama et étudiant en médecine en Russie, apprend qu’il a été tué par les forces de sécurité syriennes en regardant une vidéo sur al-Jazeera, sur Facebook et sur YouTube!

A propos des massacres de Houla (108 morts le 25 mai 2012), la BBC a utilisé une photo irakienne pour illustrer le massacre syrien: « J’ai ouvert la page de BBC sur ce qui s’était passé en Syrie. J’ai failli tomber de ma chaise, quelqu’un utilise exprès la photo d’un autre pour faire de la propagande » raconte le photographe.

*L’acteur syrien d’origine palestinienne Mohammed Rafea, interviewé dans le documentaire, a été froidement assassiné par une brigade terroriste le 2 novembre 2012… « A Dieu nous sommes, et à Dieu nous retournerons »

Source: http://www.partiantisioniste.com/actualites/syrie-comment-la-revolte-fut-fabriquee-video-1703.html

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Les diplomates américains évaluaient les façons de déstabiliser Bachar al-Assad en 2006

ID de référence: 06DAMASCUS5399
Sujet: INFLUENCER LE SARG A LA FIN DE L’ANNÉE 2006
Origine: Ambassade à Damas, en Syrie Classification: SECRET
Création: 13 décembre 2006 Sortie: 3 août 2011
Tags: PGOV, PREL, PITRE, SY

SECTION SECRETE 01 DU 04 DAMAS 005399

SIPDIS

SIPDIS

NEA / ELA
NSC POUR MARCHESE
TRÉSOR POUR GLASER / LEBENSON

EO 12958: DECL: 30/11/2016
TAGS: PGOV, PREL, PITRE, SY
OBJET: INFLUENCER LE SARG A LA FIN DE L’ANNÉE 2006

Classé par: CDA William Roebuck, pour les raisons 1,5 b/d

  1. (S) Résumé. Le SARG [Gouvernement de la République Arabe Syrienne] finit 2006 dans une position beaucoup plus forte au niveau national et international qu’il ne l’a fait en 2005. Bien qu’il puisse y avoir une pression bilatérale ou multilatérale supplémentaire qui peut influer sur la Syrie, le régime est basé sur une petite clique qui est en grande partie à l’abri de telles pressions. Cependant, la confiance grandissante de Bachar Assad – et le recours à cette petite clique – pourrait l’amener à faire des erreurs et à prendre des décisions politiques mal jugées par marque de réactions émotionnelles face aux défis, nous fournissant ainsi de nouvelles opportunités. Par exemple, la réaction de Bachar à la perspective du tribunal Hariri et à la publicité pour Khaddam et les frontières du Front de salut national frôle l’irrationnel. En outre, Bachar a rapporté le souci de son image, et la façon dont il est perçu au niveau international est une potentielle charge dans son processus décisionnel. Nous pensons que les faiblesses de Bachar reposent dans la façon dont il choisit de réagir à des problèmes qui se profilent, à la fois perçus et réels, comme le conflit entre les mesures de réforme économique (cependant limitées) et les forces enracinées, corrompues, la question kurde, et la menace potentielle pour le régime de la présence croissante d’extrémistes islamistes en transit. Ce câble résume notre évaluation de ces vulnérabilités et suggère qu’il peut y avoir des actions, des déclarations, et des signaux que l’USG [Gouvernement des Etats-Unis] peut envoyer qui permettront d’améliorer la probabilité de telles opportunités qui se présentent. Ces propositions devront être étoffées et converties en actions concrètes, et nous devons être prêts à nous déplacer rapidement pour prendre l’avantage de ces opportunités. Beaucoup de nos suggestions soulignent l’utilisation de la Diplomatie Publique et plus de moyens indirects pour envoyer des messages qui influencent l’intérieur du cercle. Fin du Résumé.

2. (S) Alors que la fin de l’année 2006 approche, Bachar apparaît par certains moyens plus fort qu’il ne l’a été pendant deux ans. Le pays est économiquement stable (au moins pour le court terme), l’opposition interne à laquelle le régime est confronté est faible et intimidée, et les questions régionales semblent aller dans le sens de la Syrie, selon la perspective de Damas. Néanmoins, il y a certaines vulnérabilités de longue date et des enjeux qui se profilent qui peuvent offrir des possibilités d’élever la pression sur Bachar et son cercle intérieur. La prise de décision du régime est limitée à Bachar et à un cercle intérieur qui produit souvent des décisions tactiques mal pensées et des approches parfois émotionnelles, tels que le discours universellement moqué de Bachar daté du 15 Août. Certaines de ces vulnérabilités, telles que les vues quasi irrationnelles du régime sur le Liban, peuvent être exploitées pour faire pression sur le régime. Les actions qui conduisent Bachar à perdre l’équilibre et augmenter son insécurité sont dans notre intérêt, parce que son inexpérience et le cercle de décision extrêmement petit du régime le rendent sujet aux trébuches diplomatiques qui peuvent l’affaiblir à l’échelle nationale et régionale. Alors que les conséquences de ses erreurs sont difficiles à prévoir et que les bénéfices peuvent varier, si nous sommes prêts à agir rapidement pour prendre avantage des opportunités qui peuvent se présenter, nous pouvons avoir un impact direct sur le comportement du régime là où il faut – Bachar et son cercle intérieur.

Lire l’intégralité du câble: http://www.cabledrum.net/diff/06DAMASCUS5399

Traduction intégrale du câble sur le Forum Wikileaks: http://www.wikileaks-forum.com/french/315/plusdcomment-influencer-le-gouvernement-arabique-national-syrien-fin-2006/23229/

« Gazoduc, Pipelines et Pipocratie », le conflit syrien analysé par René Dzagoyan

Oléoducs et gazoducs au Moyen-Orient

24.01.2013.pacainfoeco.com – Du renversement de Mossadegh par la CIA et les Britanniques en 1953 à la chute de Saddam Hussein en 2003 par les mêmes, l’histoire nous a appris que les enjeux énergétiques n’étaient jamais étrangers aux changements de régime du Moyen-Orient. Pourtant, la presse internationale, particulièrement française, soustrait le conflit syrien à cette règle d’or. Par une heureuse exception, sous l’effet d’une pulsion humanitaire irrépressible, la Turquie et le Qatar, dûment soutenus par les pays occidentaux, au premier chef la France, y œuvreraient pour l’établissement de la démocratie sans aucune autre arrière-pensée que le bonheur des peuples. Que la Turquie soit aujourd’hui une prison à ciel ouvert pour les juristes et journalistes, que le Qatar ne soit rien d’autre qu’une autocratie féodale où la simple expression d’une pensée politique est un blasphème contre Dieu lui-même, n’induit aucun doute quant à l’humanisme de leur idéologie non plus qu’à la pureté de leurs intentions. Pourtant, le simple examen des données régionales suffit à resituer le conflit syrien dans le cadre dont il n’aurait jamais dû sortir : celui de la guerre pour l’énergie.

Revenons aux fondamentaux : face au tarissement progressif du pétrole, le seul carburant de substitution disponible en abondance est le gaz. Cette ressource est essentiellement située dans trois pays : La Russie, avec 45 000 trillions de m3 de réserves prouvées, soit environ 25% des réserves mondiales, l’Iran, 27 000 trillions , soit 15%, et le Qatar, 26 000 trillions, soit 15% aussi. A eux trois, ces géants du gaz contrôlent plus de la moitié de la production mondiale. Pour écouler ses stocks colossaux, la Russie ne manque pas de clients: ses systèmes de gazoducs courent du Tatarstan à la Bretagne et de la Chine à la Turquie, laquelle y puise 70% des 38 milliards de m3  nécessaires à son fonctionnement, le reste provenant en grande partie de l’Iran.

Or, vu la croissance de son industrie, Ankara prévoit pour 2025 une consommation de 80 à 90 milliards de m3, soit plus du double de ses besoins actuels. Où les trouver ? Les puiser dans le stock russe accroitrait sa dépendance vis-à-vis de l’empire des tsars, et grèverait illico son expansion régionale ; les soutirer de l’Iran aurait les mêmes effets, sans compter le mécontentement des Américains. Reste le Qatar. Mais voilà, entre Doha et Ankara, il n’y a pas l’ombre d’un gazoduc. Qu’à cela ne tienne !

En août 2009, le Sheikh qatari Al-Thani et Abdullah Gül s’accordaient sur la nécessité de tirer un gros tuyau entre Doha à Ankara. Deux passages possibles : par l’Irak, surtout le nord aux mains des Kurdes, option fortement déconseillé ; ou par la Syrie, dirigé par Bachar El-Assad. Ce dernier leur aurait sans doute volontiers cédé le passage, n’étaient les froncements de sourcils de son principal soutien militaire, économique et financier, Moscou, qui n’aurait guère apprécié que son protégé ouvre les vannes gazières à un de ses concurrents, le Qatar, pour alimenter un de ses principaux clients, la Turquie, et au-delà l’Europe par connexion au gazoduc européen Nabucco encore à naître. Oser solliciter Assad était donc sans conteste défier Moscou qui comptait bien tuer dans l’œuf le Nabucco en question, en terminant dare-dare le sien propre au nord de la Turquie, le South Stream. C’était aussi ignorer l’Iran, ce diable d’Etat qui, depuis Mossadegh, tient mordicus à contrôler son pétrole. Lui aussi est sur le point de serrer le dernier boulon de son gazoduc Iran-Irak-Syrie de 25 millions de m3/jour pour les mêmes destinations.

Coincé entre Poutine et Ahmadinéjad, tous deux bien décidés à garder le monopole des approvisionnements européens, le pauvre Bachar n’avait guère le choix que de refuser le passage au pipe-line rêvé par le couple turco-qatari. Le vilain petit canard ! Par son entêtement, voilà la Turquie et l’Europe contraintes malgré elles de rester dépendantes de la seule Russie, ou pire encore, de l’Iran. Un dirigeant, tout syrien soit-il, qui contraint l’Europe à mendier son énergie à ces deux Etats si réticents à nos valeurs éternelles, ne peut être qu’un mauvais démocrate. Et s’il persiste dans ses funestes alliances, il ne peut être qu’un horrible tyran. Et quand on a ne serait-ce qu’un zeste de moralité, un horrible tyran ne mérite que d’être flétri et renversé. CQFD.

Que les autorités françaises, en dépit du contrôle patent de l’armée d’opposition par les fanatiques islamistes, en dépit de la présence désormais avéré de militaires turcs dans l’encadrement de la rébellion, en dépit des exactions assumées des minorités religieuses, accréditent auprès de l’opinion la fable d’une lutte du peuple syrien pour sa liberté, ne peut se comprendre que par les intérêts liés de longue date de la France et du Qatar. Le pétrolier Total, présent au Qatar depuis 1936, est un des principaux opérateurs dans l’exploitation des ressources qataris, tandis que le Qatar, troisième actionnaire de Total, détient près de 17% de Vivendi, près de 13% du Groupe Lagardère, 5% de Véolia, sans parler d’autres petites sucreries telles que le PSG. Défendre les intérêts du Qatar, c’est défendre les intérêts de la France et inversement. La chanson est connue, serinée à loisir par Mme Vallaud-Belkacem, porte-parole du gouvernement.

Mais le danger n’est plus dans cette politique où l’on est prêt à vendre la France à l’encan au nom des intérêts croisés, car cela est désormais un fait. Il est dans cette idée que la France et l’Europe ont d’elles-mêmes et de leur rôle auprès des peuples qui n’attendent d’elles qu’une étincelle de vertu. A vouloir remplacer la force des valeurs par celle des pipe-lines, nos démocraties risquent tout simplement de devenir de tristes pipocraties.

(1 trillion= 1 millier de millions)

René Dzagoyan

Source: www.pacainfoeco.com/actune/2013/janv_2013/130124.rene_dzagoyan.php

Image: http://commons.wikimedia.org/wiki/File%3AOil_and_Gas_Infrastructure_Persian_Gulf_(large).gif Par Energy Information Administration [Public domain ou Public domain], via Wikimedia Commons