Pourquoi WikiLeaks est peut-être un projet gouvernemental en faveur de la transparence politique

Nombreux sont ceux qui, au sein des gouvernements, et notamment au sein du gouvernement américain, accusent WikiLeaks de trahison et d’avoir porté atteinte à la sécurité des Etats. Pourtant, il n’y a rien de plus étrange que de porter de telles accusations, alors que la transparence politique est à l’origine une idée soutenue par les gouvernements occidentaux.

Open Data, Open Gov, ouverture des données publiques: tout ces concepts rejoignent l’idée de transparence politique. Il n’y a qu’à lire Wikipedia pour le comprendre: « En Europe et dans certains pays, des directives et lois imposent aux collectivités de publier certaines données publiques sous forme numérique. » (Article sur les « données ouvertes ») La transparence politique, c’est donc une idée gouvernementale. Le concept a aussi été développé en France et en Europe, avec des initiatives comme Démocratie Ouverte (traduction d’Open Gov). Mais l’organisation WikiLeaks, qui fait exactement la même chose que toutes ces organisations, en ouvrant des données au public, se fait bizarrement attaquer de tous côtés par le gouvernement américain et par d’autres acteurs du monde politique, alors que la transparence politique est une idée gouvernementale. On accuse WikiLeaks de trahison, alors qu’ils révèlent simplement les failles du système politique et que leur travail n’est pas différent de ces groupes qui, au sein des gouvernements, font la promotion de l’ouverture des données publiques.

Mais personne ne s’est jamais posé la question: et si WikiLeaks n’était qu’une émanation de ces programmes gouvernementaux qui défendent la transparence politique? et si WikiLeaks n’était qu’un outil parmi d’autres, pour lutter contre la corruption et améliorer le fonctionnement de nos démocraties corrompues et en pleine crise économique?… Comme le rappelle un article du Monde, L' »open data », un outil pour la transparence des administrations, il n’y a rien de mal à divulguer certaines informations collectées par les gouvernements: c’est un concept à la mode, un concept qui vient lui-même des Etats-Unis et qui est apparu en 2007 sous le nom de la loi « OPEN Government Act« . En 2009, Barack Obama lui-même relance le projet sous le nom d’Open Government Initiative. Pour résumer, les Etats-Unis, le pays qui déclare WikiLeaks comme un ennemi à la sécurité nationale (au même titre qu’Al-Qaïda), est en même temps le pays qui a inventé le concept d’Open Gov et qui a incité l’ouverture des données publiques. Si vous raisonnez de manière logique, vous auriez plutôt tendance à dire qu’en fait, WikiLeaks, loin d’être un ennemi des gouvernements, serait au contraire un outil très utile aux mains des Etats-Unis et des gouvernements qui ont enclenché des programmes d’Open Gov et d’Open Data.

Bien sûr, nous n’aurons pas tout de suite la réponse à cette question – de savoir si WikiLeaks est ou n’est pas au service des gouvernements en quête de transparence -, mais le mystère qui règne autour de l’organisation WikiLeaks est peut-être, en partie, une explication à ce problème. Si WikiLeaks était une organisation totalement indépendante des gouvernements, il y aurait sans doute beaucoup plus de facilité de contact. Or, on constate qu’il est très difficile de contacter cette organisation, qu’il n’y a pas d’email ni d’adresse officielle, et que les journalistes qui ont pu interviewer Julian Assange travaillent souvent pour des grands titres de presse, plus ou moins liés aux gouvernements. A partir de là, nous posons la question: est-ce que l’organisation WikiLeaks est si difficile à contacter, par mesures de sécurité, tout simplement parce que, derrière cette organisation, repose le travail de personnes liées à des services secrets et à des gouvernements impliqués dans le projet? est-ce que WikiLeaks est un projet gouvernemental an faveur de la transparence politique, mais un projet caché sous le nom d’une ONG « non-gouvernementale »? La réponse la plus évidente serait, en effet, que WikiLeaks a un rôle à jouer dans ces projets gouvernementaux concernant la transparence politique.

De plus, quoi de plus utile qu’une telle organisation pour réformer les systèmes de nos démocraties corrompues et vieillissantes? Les Etats-Unis devraient se réjouir du rôle de WikiLeaks qui, à travers l’affaire Manning, a révélé le dysfonctionnement de l’armée américaine et la déshumanisation de certains soldats, qui tirent aveuglément sur des victimes civiles ou des cibles terroristes. Les Etats-Unis devraient remercier l’organisation WikiLeaks de ce que ces révélations apportent à la démocratie américaine, à la prise de conscience de la population qui va peut-être permettre de changer les mentalités et de responsabiliser la classe politique face à leurs décisions et à leurs actions.

WikiLeaks est la meilleure des choses qui aient pu arriver aux Etats-Unis, le meilleur outil pour réformer le système politique, là où les Etats-Unis auraient dû dire, en soutien au travail de WikiLeaks: « si quelque chose ne va pas, nous allons le changer, heureusement qu’il y a des gens comme WikiLeaks pour révéler les failles de nos démocraties, car c’est grâce à eux que la démocratie américaine pourra continuer à exister ». Au final, les Etats-Unis ou plutôt une partie des responsables politiques ont attaqué et condamné WikiLeaks, ce qui est une réaction très décevante. Comme on peut le voir dans cette vidéo officielle, certains représentants aux Etats-Unis ont même appelé à l’assassinat de Julian Assange. Si les Etats-Unis avaient soutenu WikiLeaks dans ses publications, cela aurait donné un élan à la démocratie dans le monde et cela aurait redonné de l’espoir à beaucoup de gens déçus par la politique américaine. WikiLeaks était la meilleure des choses qui pouvaient aider à changer le système politique des Etats-Unis, malheureusement le gouvernement américain a pour le moment une attitude peu réceptive à l’égard de WikiLeaks, et comme on le voit aux réactions du Pentagone, l’escargot américain se replie dans sa coquille, au lieu de saisir la chance d’aller vers plus de démocratie.

kimono

CC BY-SA

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Blocher: «La Suisse collabore avec la NSA»

Construction douteuse située sur le toit de l'ambassade américaine à GenèvePhoto: Ambassade américaine à Genève – Cliquer pour voir le diaporama complet

L’ancien ministre de la Justice Christoph Blocher n’exclut pas que la Suisse ait collaboré avec l’Agence de sécurité nationale (NSA) américaine.

Les services coopèrent avant tout dans la lutte antiterroriste, «afin d’assurer la sécurité», déclare-t-il dans le journal «Schweiz am Sonntag».

«Il est clair que la Suisse collabore avec les services de renseignement américains», selon le conseiller national UDC. La question est de savoir jusqu’où va cette coopération. Sans confirmer un lien avec la NSA, M. Blocher ne l’exclut toutefois pas.

Démenti officiel

Le président de la Confédération Ueli Maurer avait clairement nié, mercredi, toute collaboration avec la NSA. «Nous n’avons aucun contact et n’échangeons pas de données avec la NSA», avait-il indiqué aux médias à Berne.

Dans le «Tages-Anzeiger» samedi, le conseiller national PS Carlo Sommaruga a dit à ce propos souhaiter se rendre à Moscou pour «obtenir les informations de première main directement auprès d’Edward Snowden sur ce que faisait la NSA à Genève, puisqu’il y a été lui-même employé».

M. Snowden, ex-consultant à la NSA, est l’auteur des révélations sur l’ampleur des programmes de surveillance des communications par l’agence, aux Etats-Unis comme à l’étranger.

Centrales de renseignement

Christoph Blocher, lui, est sûr que des écoutes sont pratiquées au siège des Nations unies à Genève. «Les bâtiments de l’ONU à Genève sont des centrales du renseignement», explique-t-il. Lorsqu’il était Conseiller fédéral, des stations d’écoute avaient été retrouvées lors de travaux de rénovation. «Mais puisqu’il s’agissait d’un bâtiment de l’ONU, on ne pouvait rien faire».

Globalement, M. Blocher considère l’enregistrement et la transmission de données électroniques comme dangereux. Ainsi, il n’est pas justifié d’introduire le vote électronique: la confidentialité n’est pas garantie et des bulletins pourraient être manipulés ou falsifiés.

Source: http://www.20min.ch/ro/news/suisse/story/27302921

Affaire Cablegate et Affaire Prism: Comment les communications secrètes servent le pouvoir des gouvernements

Dans une interview du 15 janvier 2011 dans un média public allemand (Dutch Public Broadcasting NOS), qui fait suite aux révélations du Cablegate, Julian Assange évoque la nouvelle donne géopolitique qui selon lui va opposer les Etats-Unis au reste du monde: pas à la manière d’une nouvelle guerre froide, comme il le souligne, mais plutôt comme un « avant-Cablegate » et un « après-Cablegate ».

Mais parle-t-il uniquement des effets politiques du Cablegate et des révélations diplomatiques? Quand il évoque les « petits pays » confrontés au « grand système, au grand empire occidental » où ils sont piégés, est-ce que Julian Assange ne pense pas déjà aux futures révélations sur la NSA et aux systèmes d’espionnage mondiaux? Car, le « grand système », cela peut aussi évoquer le système de la surveillance mondiale qui s’établit par la diplomatie et par les systèmes d’écoutes.

Il n’est pas possible d’en savoir plus dans cette interview, où chaque mot est pesé. Néanmoins, en évoquant le système des communications entre dirigeants, on pourrait hésiter pour savoir si Julian Assange parle des câbles diplomatiques ou s’il fait une allusion à l’espionnage de la NSA:

« Pourquoi deux dictateurs communiquent ensemble en secret? pourquoi ont-ils besoin de ce secret? (…) ce secret est utilisé quand le grand public s’opposerait à un plan ou une action » de ce gouvernement. (8’20)

Remises en contexte, les paroles de Julian Assange pourraient aussi faire penser aux révélations de la NSA: des révélations au grand public qui ont rencontré une vive opposition au niveau international, face aux plans et aux actions menées par des gouvernements. Pourquoi la NSA a-t-elle gardé ces programmes secrets? Parce que le public les aurait dénoncés depuis longtemps et ce serait opposé massivement aux pratiques de l’espionnage.

Julian Assange évoque également dans cette interview la persécution constante de son organisation Wikileaks. Cette persécution l’a-t-elle conduit à vouloir dénoncer les pratiques injustes du gouvernement américain? En 2011, a-t-il déjà le projet de répondre à cette persécution des Etats-Unis, en révélant les méthodes d’espionnage pratiquées à grande échelle par ce pays et dont il a peut-être été en partie victime?

On peut voir que le Cablegate et l’affaire Prism rejoignent une même volonté et portent sur le même genre de révélations, malgré la nature des documents: montrer comment les communications secrètes servent le pouvoir des gouvernements.

D’un côté, ont été exposées avec le Cablegate les communications secrètes de la diplomatie américaine, autrement dit un système d’espionnage diplomatique où les diplomates servent d’espions et collectent des informations pour le gouvernement. De l’autre côté, avec l’affaire Prism, ce sont les méthodes de collecte des communications qui sont exposées, mais sans le contenu des conversations que l’on pouvait avoir dans les premiers documents diplomatiques: les agents de la NSA collectent des informations comme le faisaient les diplomates, mais ces informations sont avant tout des données privées, et non des informations diplomatiques.

Comme on le sait, 35 dirigeants dans le monde ont été espionnés par la NSA. Le seul manque de l’affaire Prism en ce qui concerne l’espionnage des présidents et des représentants politiques, c’est qu’il manque les communications: les journaux qui ont publié les documents de Snowden auraient très bien pu rendre publics des enregistrements de conversations mettant en cause des présidents ou des dirigeants corrompus. Nous aurions eu ainsi des vraies révélations sur la corruption ou des assassinats commandités par des gouvernements. Or, aucun document n’a encore été publié en ce sens. Il faut espérer que ce sera à venir.

Ecrit par kimono

Texte sous licence CC BY-SA

Vidéo: youtube

Lire sur: http://www.wikileaks-forum.com/france/43/seo/24845/

Pourquoi les fuites sont rares dans la communauté du renseignement?

Edward Snowden en RussiePhoto: Edward Snowden lors d’une conférence en Russie

Al Jazeera America, 17 octobre 2013

Un article du New York Magazine affirme que 480.000 personnes ont le même niveau d’accréditation à la sécurité qu’Edward Snowden avait eu dans le passé.

Benjamin Wallace-Wells, rédacteur contribuant au New York Magazine et auteur d’un récent essai sur le fondateur de WikiLeaks, Julian Assange, rejoint l’invité de [l’émission] « Consider This », Antonio Mora, pour parler des éthiques complexes qui accompagnent l’accès à des secrets d’Etat.

Voir la vidéo: america.aljazeera.com/watch/shows/consider-this/2013/10/a-why-are-leaks-rareintheintelligencecommunitya.html

WikiLeaks, ou la relativité de l’histoire

Les nombreuses publications de WikiLeaks nous apprennent, ces dernières années, la relativité de l’histoire, à savoir la différence entre l’histoire officielle, servie en masse par les gouvernements, et l’histoire vécue par les populations. WikiLeaks nous apprend qu’il y a autre chose derrière l’histoire officielle. WikiLeaks nous apprend qu’il y a des documents secrets qui contredisent les vérités des gouvernements. WikiLeaks nous apprend qu’il y a des rapports de guerre et des meurtres de civils commis en toute impunité, au nom de la lutte anti-terroriste.

Entre ces deux versants, il y a la vérité de l’histoire, celle qui devrait être le vrai but des historiens. Malheureusement, beaucoup de gens continuent de considérer l’histoire officielle comme la seule vérité possible, et beaucoup de gens pensent que ce qu’ils ont appris depuis l’école est vrai et que ces vérités ne peuvent être remises en cause. Beaucoup de gens ne se sont aussi sans doute jamais interrogés sur le sens de tout ce qu’ils ont appris, et pourquoi ils continuent de croire tout ce qu’ils entendent dans les médias.

De nos jours, les médias se font surtout le relais de l’histoire officielle, de l’histoire étatique, qui n’est qu’un versant de l’histoire, mais n’est pas la vérité de l’histoire. Les citoyens savent que ce qui se passe dans les médias et à la télévision ne reflète pas toujours la vraie réalité des choses. Mais une majorité d’entre nous n’a pas assez d’esprit critique, ou bien préfère s’accommoder de ces vérités réchauffées, sans goût et sans authenticité, qui sont servies à la télévision. Et dans une sorte de paresse, nous acceptons en partie ce qu’on nous dit. Mais voilà que WikiLeaks arrive, et dit: « Non, ne croyez pas l’histoire officielle. Les vraies informations sont cachées des yeux du public. Nous allons tout publier. »

On nous avait dit pour Guantanamo: « ce sont des terroristes », et les Américains croyaient qu’il fallait envahir l’Irak et réprimer les musulmans. Et dans leur folie de guerre, ils ont entraîné la majorité des pays européens. Et combien de soldats américains sont morts ou sont paralysés, amputés à vie. Ceux qui ont décidé les guerres, comme George Bush, sont en bonne santé et ils n’ont pas de pitié pour les soldats ou les civils qui sont morts dans toutes ces guerres. Ils se sont enrichis. Les marchands d’armes ont gagné des millions. En même temps, ils ont bafoué la plupart des conventions des Droits de l’homme et l’humanité a sans doute fait un bond en arrière de plusieurs siècles. Aujourd’hui, WikiLeaks nous apprend pour Guantanamo que nombre des prisonniers sont sans jugement et qu’il n’y a aucune preuve pour certains d’entre eux qu’ils aient commis des actes terroristes, ou appartenu à des groupes supposés terroristes. Comme vous, ils étaient des civils, et du jour au lendemain, ils ont été déportés, comme les Juifs pendant la Seconde Guerre mondiale, et ils ont été torturés loin de leur pays et de leur famille.

L’histoire officielle que vous entendez dans les médias repose sur des mensonges. Ce sont ces médias qui ont forgé et manipulé l’opinion publique dans les années 2000, quand il fallait justifier la guerre en Irak et la guerre en Afghanistan. Alors, la propagande médiatique nous disait continuellement à la télévision qu’il y a un conflit de civilisations, que l’Occident a raison d’envahir l’Irak et l’Afghanistan, car ces pays étaient soupçonnés de terrorisme. Mais cela n’était que l’histoire officielle, l’histoire fabriquée par les médias et par les gouvernements, pour endormir la conscience des citoyens. L’histoire officielle écrite dans les livres d’histoire n’est pas non plus la réalité des choses, comme le prouvent aussi les Câbles Kissinger publiés par WikiLeaks, qui pointent d’une toute autre manière sur le passé et la diplomatie américaine des années 1970. Les guerres, les négociations de paix, les crises économiques, et même les prises d’otages, ont été parfois instrumentalisés, retardés, pour servir uniquement l’intérêt des puissants et de ceux qui nous dirigent.

Voilà ce que nous apprend WikiLeaks: ne croyez pas tout ce qu’on vous dit. Ne croyez pas ce que vous dit la télévision. Ne croyez pas ce que vous disent les médias au service du pouvoir. Derrière, il y a toujours un intérêt à ce que l’information que l’on vous sert comme vraie soit détournée de son but. L’information officielle n’a pas comme but de vous informer, mais de vous amener à penser ce dont veulent vous convaincre les gouvernements. C’est ce à quoi servent les médias, et leur but n’est donc absolument pas d’instruire ou de nous donner une information véritable. Cette information est toujours détournée pour servir des intérêts politiques.

Ne croyez pas aussi tout ce que vous lisez dans les livres d’histoire, comme autant de mensonges par exemple sur certains épisodes de la décolonisation, où on nous apprend encore de nos jours que la colonisation a été un progrès pour l’Afrique, alors que la colonisation a surtout été un génocide répété envers des peuples, des crimes qui de nos jours ne voient toujours pas de reconnaissance de la part des pays occidentaux, y compris en France, alors que la plupart des citoyens français comprennent tout à fait l’utilité et le besoin de reconnaître les crimes commis par l’armée française et par le gouvernement de cette époque.

Récemment, en France, il n’y a pas non plus eu de reconnaissance des crimes commis pendant la guerre d’Algérie, par exemple. L’Etat français persiste et signe dans l’aveuglement et le refus de reconnaître des crimes contre l’humanité, alors que le même Etat français accuse et emprisonne Laurent Gbagbo pour ces mêmes raisons. Quand un Etat se dit être une démocratie, comme la France, la moindre des choses serait que ce gouvernement reconnaisse des crimes perpétrés contre les populations pendant les guerres de décolonisation, en Algérie et ailleurs, et que les principes des Droits de l’homme qui ont bâti notre pays ne soient pas que des mots vains, mais qu’ils servent les idéaux de chaque citoyen français.

Si la France était une vraie démocratie, ce pays aurait déjà reconnu les injustices et les crimes commis pendant la décolonisation. Si la France était une vraie démocratie, ce pays aurait reconnu la guerre d’Algérie comme un génocide. Si la France était une vraie démocratie, ce pays n’aurait pas participé à la guerre en Afghanistan. Si la France était une vraie démocratie, ce pays n’aurait pas vendu d’armes et de logiciels de surveillance à Kadhafi. Si la France était une vraie démocratie, ce pays ne se serait pas servi de la crise ivoirienne pour ses propres intérêts économiques ou politiques. Si la France était une vraie démocratie, ce pays n’aurait pas laissé des milliers d’Africains se faire exploiter par les multinationales occidentales présentes en Afrique. Si la France était une vraie démocratie, ce pays n’aurait pas non plus laissé mourir sa propre population, aussi bien des jeunes étudiants, des retraités, ou des immigrés qui vivent dans la rue depuis tant d’années, sans que le gouvernement soit capable de trouver une solution.

N’est-ce pas étonnant que le gouvernement français soit incapable, en effet, de trouver une solution au chômage, à la crise et aux problèmes de logement dans notre pays? Ou n’est-ce pas plutôt que ces problèmes servent l’intérêt du gouvernement français, car une population sans logement, sans travail et sans argent, ne peut désormais plus se révolter contre ceux qui gouvernent et ne peut plus se révolter contre toutes les injustices qui sont commises? Mais à part ça, le monde continue de croire que la France est une démocratie et que c’est le pays des Droits de l’homme. Mais ce qui est sûr, c’est qu’il vous reste peu de temps pour profiter de votre liberté, dans un pays où les droits de l’homme sont bafoués de jour en jour.

kimono

1er mai 2013

CC BY-SA

Lire sur: http://www.wikileaks-forum.com/index.php/topic,18841.0.html