Million Mask March 2015 – Communiqué de presse officiel des Anonymous


Million Mask March, 5 Novembre 2015

AnonInsiders.net, le 23 juillet 2015

Bonjour au monde,

Nous sommes Anonymous.

Trop nombreux sont ceux d’entre nous qui luttent dans cette cacophonie de tromperie que nous imposent nos institutions gouvernementales détenues par des sociétés. Nous ne sommes en effet pas libres, mais serviles face aux institutions financières qui ont leurs toiles jetées sur toutes les facettes de la civilisation. L’argent qu’utilisent ceux qui ont le pouvoir pour propager votre esclavage n’est qu’une pure illusion. Ils créent votre valeur, votre fibre d’existence et la majorité d’entre nous sont sous contrôle. Cela doit changer.

Nous avons besoin de leurs machines. Nous sommes leurs machines. Ils dévorent les fruits de notre travail.
Nous avons eu une idée, et cette idée a grandi comme une traînée de poudre dans les cœurs et les esprits de l’humanité à travers le monde. Ils ont essayé de tuer cette idée, mais maintenant nous avons grandi plus forts que jamais. Nous sommes l’antibiotique pour guérir la maladie du cancer anti-humanitaire.

Nous ne prêchons pas depuis des socles élevés pour dire aux gens ce qu’il faut faire, parce que nous sommes vous. Nous devons tous travailler ensemble collectivement.

Les gens croient que nous ne disposons d’aucune réponse ou solutions, mais nous – les esprits techniques – l’avons réellement. La majorité d’entre nous croient en un gouvernement Open Source soutenu par une économie axée sur les ressources à l’échelle planétaire. Si un système d’exploitation informatique d’un ordinateur fonctionne mal, il est remplacé. Nous voyons les gouvernements comme des systèmes d’exploitation mondiaux défectueux, plein de bugs et de rapports d’erreur. Appuyer le bouton d’arrêt et simplement redémarrer ne va pas aider la manière dont sont corrompus ces systèmes d’exploitation devenus mondiaux. Le reformatage et l’installation d’un gouvernement humanitaire fondé en open source assurera l’égalité pour tous.

Nous sommes une seule espèce, et nous avons besoin d’évoluer en tant que telle. Il n’y a aucune raison pour qu’une élite choisie puisse en acquérir tellement, tandis que la majorité souffre quand nous avons la technologie qui permettrait à chaque homme, femme et enfant sur terre de vivre mieux que les 1%.

Ce 5 Novembre, marchez avec nous. Portez votre visage ou cachez votre identité derrière un masque.
Nous avons besoin de vous. Nous sommes vous.
Eux, ceux qui sont en charge de votre pays, ceux qui envoient les pauvres mourir dans des pays étrangers, en raison des ressources, en raison des rancunes, du racisme, et parce qu’ils le veulent; ce sont ceux qui ne changeront jamais.
Nous, le peuple, nous ne voulons pas la mort, nous ne voulons pas de leurs guerres d’usure. Nous voulons la paix, nous voulons que nos enfants vivent de plus en plus vieux en ayant un avenir. Nous devons nous battre pour notre avenir.

Nous devons évoluer au-delà de notre égoïsme et apprendre l’altruisme. Nous devons vivre jusqu’à devenir ce que nous sommes supposés être: humanitaires.

Nous sommes sur le point de percer des découvertes scientifiques incroyables dont toute l’humanité peut bénéficier. Ne prenons pas notre avidité dans l’univers avec nous. Nous ne voulons pas être un cancer malveillant dans l’immensité d’un bel univers inexploré.

Nous sommes la révolution.

Nous sommes Anonymous,

Attendez-vous à nous.

Source: https://anoninsiders.net/million-mask-march-2015-official-press-release-3089/

La ZAD appelle à une journée Internationale contre la police, le 22 Novembre 2014

rassemblement contre la violence policière

Anonymous, ven 07/11/2014 – 09:28

22 Novembre: une journée internationale contre la violence et la répression policière

La répression qui tombe sur ceux qui s’opposent aux projets de type mafieux des politiciens est de plus en plus violente.

Le parti socialiste arrivé au pouvoir n’a rien changé.

La police, les gendarmes et l’armée blessent et mutilent plus que jamais, peut-être même davantage, surfant sur la vague du fascisme qui se lève sous le couvert d’une crise économique mondiale, et grâce à leurs armes, devenant toujours plus efficaces avec l’accent mis sur les technologies militaires.

Encore plus inquiétant, le fait que les budgets sans cesse croissants de la guerre sont la réticence des flics, des gendarmes, des soldats et de leurs patrons politiciens à prendre leur responsabilité face à la violence. L’omniprésence et l’utilisation effrénée des flashballs, lanceurs de balles de défense, et de grenades explosives sont des exemples concrets.

Le discours est également simplifié, minimisé, et la violence faite pour avoir une apparence banale. Quand nous demandons aux flics en face de nous s’ils sont fiers d’avoir tué, ils sourient ou nous menacent. L’une des autorités de police dans le Tarn a récemment affirmé que ceux qui s’opposent aux « forces de l’ordre » devraient s’attendre à la violence et à des blessures éventuelles.

Et, il y a quelques jours, la police a tué. Encore une fois.

Nous, qui avons été réunis au Testet pour lutter contre ce projet de mort du barrage de Sivens, nous avons perdu un ami. Dans les premières heures du dimanche 26 Octobre, à quelques mètres des soldats de l’Etat, armés et protégés par leurs armes et leurs boucliers, Rémi Fraisse a été assassiné par la branche armée de l’Etat.

Par le tir tendu d’une grenade militaire, probablement dirigée sur sa tête, l’explosif a frappé entre la base de son cou et son épaule. Ceci malgré que même les lois internes des branches armées de l’Etat interdisent les tirs à une certaine distance et interdisent aussi de viser la tête, ou avec certaines armes, de viser tout simplement.

Ce n’était pas un accident. C’est même surprenant qu’un tel drame ne soit pas arrivé plus tôt. La police, les gendarmes et les soldats en train d’attaquer enfreignent leurs propres lois tous les jours (dans les expulsions). Nous avons perdu la trace des genoux, des mains, des ventres et des têtes qui ont été visés. Leur violence extraordinaire et illégale a laissé sa trace sur nous tous, que ce soit physiquement ou émotionnellement. Cette fois, [cette violence] a pris quelqu’un avec elle: Rémi Fraisse.

Mais, même si l’assassinat de Rémi est en tête d’affiche des nouvelles du soir et que cela embarrasse le gouvernement, ne croyez pas que c’est une exception.

À la fin du mois d’août, un migrant «illégal» est mort dans une voiture avec la BAC (une force de police secrète notoirement violente), tout en étant emmené à l’aéroport. C’était il y a près de dix ans que les adolescents Zyed Benna et Bouna Traoré sont morts, cachés dans un transformateur électrique après y avoir été pourchassés par la police. Nous ne faisons même pas mention des morts dans la guerre pour des intérêts économiques, au Mali ou ailleurs…

Nous avons arrêté de compter les accusations portées par les proches de ceux qui ont été assassinés par une branche armée de l’Etat. Aucun de ces procès n’ont abouti à des peines de prison.

Nous voulons une justice rapide et implacable pour les meurtriers des branches armées de l’État.

Nous exigeons que, dès à présent, il y ait une amnistie juridique pour toutes les personnes arrêtées pour leur opposition au barrage de Sivens, que nous considérons presque comme des prisonniers politiques.

Nous exigeons aussi le désarmement total des multiples branches armées de l’État, de mettre fin aux meurtres, aux « erreurs » et à la violence de la police, des gendarmes et des militaires. Ainsi nous nous joignons à l’appel de la ZAD de Notre Dame des Landes pour manifester partout contre la répression policière, le samedi 22 Novembre 2014.

Nous appelons chaque personne et chaque groupe qui se sent concerné par le danger représenté par les forces de police de l’Etat à faire des actions et à protestater, où qu’ils soient.

Faisons du 22 Novembre une journée nationale et internationale contre la violence des branches armées de l’État, mais n’oublions pas que chaque jour, avant et après le 22 [novembre], c’est le bon jour pour s’insurger contre l’existence d’une institution qui mutile et tue pour un Etat « fondé sur le droit » et pour leurs projets rentables, mafieux, et dévastateurs.

Indignons-nous!

Lire la suite: http://anarchistnews.org/content/zad-calls-out-intl-day-against-police-november-22nd

8 Leçons tirées de la Million Mask March qui peuvent profiter à tous les militants

La Million Mask March au Capitol Hill, Washington DC, le 5 novembre 2014.

Par Justin King, 11 novembre 2014

(TheAntiMedia) La Million Mask March à Washington DC a fourni de nombreux moments propices à l’apprentissage pour les militants.

Attendez-vous à une arrestation. Lors de toute protestation, les chances d’arrestation sont élevées. Être arrêté est un peu énervant la première fois. Il est important de rester calme et de ne rien dire contre l’application de la loi; vous seriez hors-jeu avant de le savoir. Ne résistez pas, à moins que votre vie soit en danger. Si la presse est à côté, il est certain que vous serez dans les informations. C’est une chance d’atteindre des millions [de personnes]. Sachez ce que vous allez dire. La Million Mask March intervient au Capitol Hill. Si vous donnez à la presse un commentaire accrocheur, ils vont l’utiliser. Parlez clairement à la presse et regardez les caméras. Faites une déclaration courte et convenable.

Restez en dehors des zones qui peuvent être facilement clôturées. La Million Mask March a occupé un tunnel simplement parce que les manifestants savaient que la loi voulait qu’ils restent en dehors de celui-ci. La décision de venir dans le tunnel a eu lieu peu de temps après que la foule a vu apparaître une équipe tactique du Department of Homeland Security [Département de la Sécurité Intérieure]. Si le DHS avait voulu mettre fin à la protestation, ils auraient pu bloquer les deux extrémités du tunnel et commencer les arrestations.

Vous avez atteint un individu non-informé. Quand vous abordez des participants et la presse, vous devez comprendre que vous avez affaire à des personnes qui peuvent ne jamais avoir entendu parler de l’Agenda 21 ou des OGM. Si vous commencez la conversation avec quelque chose qui paraît invraisemblable, même si c’est vrai, vous allez perdre votre auditoire. Plutôt que de dire « Le gouvernement a tué Martin Luther King, » essayez « la surveillance domestique est devenue folle. » Oui, le gouvernement a fait tuer MLK. Cela a été prouvé devant un tribunal fédéral, mais les [citoyens] non-éveillés ne le savent pas, et vous aurez juste l’air d’un idiot.

Les arrestations se produisent lorsque des militants sont en petits groupes. Chaque arrestation et tentative d’arrestation (y compris la mienne) ont eu lieu quand les gens ont été séparés du corps principal de la manifestation. Il y a la sécurité dans le nombre et vous éloigner par vous-même donne prétexte à l’interaction avec l’application de la loi.

La presse va vous compresser. Quand un acte de désobéissance civile se produit, il est important de scander pourquoi cela se produit. Si, par exemple, une voiture de police passe sur un manifestant et que les manifestants entourent la voiture et la secouent, les images des informations vont ressembler à des manifestants qui ont attaqué le flic sans raison. Assurez-vous que l’audio sur les images fournit le contexte pour l’événement. Il est plus difficile pour les informations grand public de modifier le clip de cette façon.

Atténuez les dommages causés par des individus virulents. Dans chaque mouvement, il y a des gens qui ont des idées extrêmes. Quand la presse les trouve, comme ils le feront toujours, il est important de simplement vous retirer de la séquence vidéo. Ne restez pas derrière la personne qui parle et roulez les yeux. Cela brisera l’image d’unité. Ne vous tenez pas à côté de quelqu’un qui dit quelque chose que vous ne soutenez pas. Lors de la documentation des protestations, les cameramen sont formés pour essayer de capturer la protestation en arrière-plan lors d’une interview. Si le fond est subitement vide, l’interview sera terminée.

Ne mettez pas « dehors » les flics en civil. Aussi tentant que cela puisse être de simplement mettre dehors les flics en civil, il y a une meilleure utilisation une fois qu’ils sont identifiés. Photographiez-les et suivez-les. Tenez-vous près d’eux et discutez au sujet de personnes ou de plans fictifs. Laissez-les croire que la majorité de la protestation se prépare pour un lobby dans le hall d’un hôtel à travers la ville et va marcher pour aller à la rencontre du groupe qu’ils ont intégré. S’ils mordent à l’hameçon, vous avez réussi à diviser leurs forces et à augmenter la sécurité des autres manifestants. Vous êtes ici seulement limités par votre imagination.

Courez vers la foule, pas très loin. Si vous décidez d’échapper à la police quand, par exemple, ils essayent de vous détenir illégalement pour avoir filmé sur la voie publique, courez vers la foule. La foule vous aidera à vous fondre et à disparaître. Anonymous a, en particulier, l’avantage que tout le monde ressemble à la même chose. La majorité de la foule correspond à la description d’un « homme blanc vêtu d’une chemise noire et d’un masque blanc ». Fuir la foule donne aux officiers une ligne de vue dégagée. Vous pourriez être en mesure de dépasser le gars grassouillet qui vous chasse, mais vous ne pourriez pas échapper à sa radio.

La prochaine fois que vous êtes à une manifestation, gardez ces choses en tête.

Source: http://theantimedia.org/8-lessons-learned-million-mask-march-can-benefit-activists/

Anonymous à RT: « Internet a le pouvoir de faire tomber des régimes « 

Million Mask March, 5 novembre 2014

Des foules de gens qui portent des masques pour cacher leurs visages se sont mis à marcher paisiblement dans des centaines de villes dans le monde entier. Surnommée le « Million Mask March », l’action a été organisée par le groupe hacktiviste Anonymous. L’événement a lieu tous les ans le 5 Novembre en signe de protestation contre l’austérité, la surveillance de masse et les attaques contre la vie privée. RT parle à Old Holborn, un blogueur britannique et membre d’Anonymous. Il dit qu’ils veulent que les gouvernements laissent les gens en paix.

(youtube)

Sur Twitter: #MillionMaskMarch #MMM #OccupyDemocracy

Le Pentagone se prépare à une rupture civile de masse

Les sciences sociales se militarisent afin de développer des « outils opérationnels » visant à cibler des militants pacifiques et des mouvements de protestation.

The Guardian, par Nafeez Ahmed, 12 juin 2014

pentagoneLe Pentagone finance des recherches en sciences sociales dans le but de modéliser les risques de « contagion sociale » qui pourraient compromettre les intérêts stratégiques américains.

Le Département de la Défense américain (DoD) finance un programme de recherche universitaire dont le but est de modéliser la dynamique, les risques et les points de basculement de troubles civils à grande échelle à travers le monde, sous la supervision de diverses agences militaires américaines. Ce programme de plusieurs millions de dollars est conçu pour élaborer des « éclairages pertinents pour les combattants » à court et à long terme, destinés aux hauts fonctionnaires et décideurs de « la communauté de la défense ». Il vise également à informer la politique menée par « les commandements de terrain.»

Lancée en 2008 – l’année de la crise bancaire mondiale – « l’initiative de recherche Minerva » du DoD a noué un partenariat avec les universités, «visant à améliorer la compréhension de base des forces sociales, culturelles, comportementales et politiques qui façonnent les régions du monde d’importance stratégique pour les États-Unis.»

Parmi les projets retenus pour la période 2014-2017 figure une étude dirigée par l’Université de Cornell, gérée par le Bureau scientifique de recherche de l’US Air Force, visant à développer un modèle empirique « de dynamique de mobilisation du mouvement social et des phénomènes de contagion. » Ce projet déterminera « la masse critique (points de basculement) » des contagions sociales à partir de l’étude de leur « empreinte numérique » dans les cas de « la révolution égyptienne de 2011, des élections de 2011 à la Douma en Russie, de la crise du carburant subventionné au Nigéria en 2012, et des manifestations au parc de Gazi en Turquie en 2013. »

Les messages sur Twitter et les conversations seront examinés « afin d’identifier les personnes qui se mobilisent dans une contagion sociale et le moment à partir duquel elles se mobilisent. »

Un autre projet attribué cette année à l’Université de Washington « cherche à découvrir les conditions dans lesquelles les mouvements politiques visant à des changements politiques et économiques à grande échelle prennent naissance » ainsi que leurs « caractéristiques et conséquences ». Ce projet, géré par le Bureau de recherche de l’Armée américaine, met l’accent sur « les mouvements à grande échelle impliquant plus de 1 000 participants en activité de façon durable ». Il couvrira 58 pays au total.

L’an dernier, l’initiative Minerva du DoD a financé un projet permettant de déterminer « Qui ne devient pas un terroriste et pourquoi ? ». Ce projet, cependant, confond les militants pacifiques avec les « partisans de la violence politique », qui se démarquent des terroristes en cela qu’ils ne versent pas eux-mêmes dans le « militantisme armé ». Le projet énonce explicitement qu’il va étudier les activistes non violents :

« Dans chaque société, nous trouvons beaucoup d’individus qui ont en commun les mêmes arrière-plans  démographiques, familiaux, culturels ou socio-économiques que ceux qui ont décidé de s’engager dans le terrorisme et qui, cependant, s’abstiennent eux-mêmes de prendre les armes, même s’ils peuvent être favorables aux objectifs finaux de groupes armés. Dans le domaine des études sur le terrorisme, les études n’ont pas, jusqu’à tout récemment, tenté de regarder ce groupe de contrôle. Ce projet ne traite pas des terroristes, mais des partisans de la violence politique. »

Chacune des 14 études de cas du projet « implique des entretiens approfondis avec plus de dix militants et activistes de partis et d’organisations non gouvernementales qui, bien que favorables aux causes radicales, ont choisi la voie de la non-violence. »

J’ai contacté le chercheur principal du projet, le Professeur Maria Rasmussen de l’École d’études supérieures du Centre naval américain, en lui demandant pourquoi les activistes non violents travaillant pour les ONG devraient être assimilés à des partisans de la violence politique  – et quels « partis et organisations non gouvernementales » sont ainsi étudiés. Mais je n’ai reçu aucune réponse.

De même, le personnel du programme Minerva a refusé de répondre à une série de questions similaires que je leur ai soumises, demandant notamment comment les « causes radicales » promues par les ONG pacifistes pouvaient constituer une menace potentielle à la sécurité nationale susceptible d’intéresser le DoD.

Entre autres questions, j’ai demandé :

  • « Le Département américain de la Défense voit-il les mouvements de protestation et l’activisme social dans différentes parties du monde comme une menace pour la sécurité nationale américaine ? Si oui pourquoi ? »
  • « Le Département de la Défense américain considère-t-il les mouvements politiques visant un changement politique et économique à grande échelle comme une question de sécurité nationale ? Si oui pourquoi ? »
  • « L’activisme, la protestation, les ‘’mouvements politiques’’ et bien sûr les ONG sont des éléments vitaux d’une société civile saine et de la démocratie. Pourquoi le DoD finance-t-il des recherches pour étudier de telles questions ? »

Le Dr Erin Fitzgerald, directeur du programme Minerva m’a répondu : « J’apprécie votre intérêt et je suis heureux que vous nous contactiez pour nous donner l’occasion d’apporter des clarifications », avant de me promettre une réponse plus détaillée. Au lieu de quoi, j’ai reçu la vague déclaration suivante du bureau de presse du DoD :

« Le Département de la Défense prend au sérieux son rôle en matière de sécurité des États-Unis, de ses citoyens, des alliés de l’Amérique et de ses partenaires. Alors que tous les défis concernant la sécurité ne provoquent pas de conflit et que tous les conflits n’impliquent pas l’intervention de l’armée américaine, Minerva contribue à financer des recherches en sciences sociales fondamentales qui aident le département de la Défense à mieux comprendre ce qui provoque l’instabilité et l’insécurité dans le monde entier. Par une meilleure compréhension de ces conflits et de leurs causes préalables, le Département de la défense peut mieux se préparer au futur environnement de sécurité dynamique. »

En 2013, Minerva a financé un projet de l’Université du Maryland, en collaboration avec le laboratoire Pacific Northwest National du département américain de l’énergie, pour évaluer le risque de troubles civils dus au changement climatique. Ce projet triennal de 1,9 million de dollars élabore des modèles pour anticiper ce qui pourrait arriver aux sociétés, selon un éventail de scénarios de changements climatiques potentiels.

Dès le départ, le programme Minerva a été prévu pour fournir plus de 75 millions de dollars sur cinq ans dédiés à la recherche en sciences sociales et comportementales. Pour cette seule année, il lui a été alloué un budget total de 17,8 millions de dollars par le Congrès américain.

Une communication par courriel interne destiné au personnel de Minerva – référencée dans un mémoire d’expertise de 2012 – révèle que le programme est orienté vers des résultats rapides destinés à être directement applicables aux opérations sur le terrain. Le mémoire faisait partie d’un projet financé par Minerva  visant à « contrer le discours musulman radical » à l’Université de l’État de l’Arizona.

Un courriel interne du Professeur Steve Corman, chercheur principal du projet, fait état d’une rencontre organisée par le Programme de Modélisation Humaine, Sociale, Culturelle et Comportementale (HSCB) du Département de la Défense, programme dans lequel des hauts responsables du Pentagone indiquent que leurs priorités sont « de développer des capacités rapidement disponibles » sous forme de « modèles et outils pouvant être intégrés aux opérations ».

Corman précise dans son courriel que, bien que le responsable du Bureau de Recherche navale, le Dr Harold Hawkins, ait assuré d’emblée aux chercheurs de l’Université que le projet n’était qu’« un effort de recherche courant, donc nous ne devrions pas être préoccupés par son application pratique », la réunion a en réalité montré que le DoD cherche à « mettre en application les résultats ». Corman conseille à ses chercheurs de « penser à présenter les résultats, les rapports, etc., de telle sorte qu’ils [le DoD] puissent clairement voir leur application comme outils qui peuvent être mis en place sur le terrain. »

De nombreux chercheurs indépendants critiquent ce qu’ils considèrent être les efforts du gouvernement américain en matière de militarisation des sciences sociales au service de la guerre. En mai 2008, l’Association Américaine d’Anthropologie (AAA) a écrit au gouvernement américain pour souligner que le Pentagone n’a pas « le genre d’infrastructure pour évaluer la recherche anthropologique [et autres sciences sociales] » d’une manière qui assure « un examen par les pairs, rigoureux, objectif et équilibré » ; elle a demandé que de telles recherches soient gérées à la place par des organismes civils comme la Fondation National des Sciences (NSF).

Le mois suivant, le DoD a signé un protocole d’entente (Memorandum of understanding) (MoU) avec la NSF afin de pouvoir coopérer à la gestion de Minerva. En réponse, l’AAA a mis en garde que, même si les propositions de recherche devaient désormais être évaluées par des comités d’examen du mérite de la NSF, « les fonctionnaires du Pentagone auront le pouvoir de décision au moment de déterminer qui siègera aux comités d’examen » :

«… Il reste des inquiétudes dans la discipline que la recherche soit financée uniquement lorsqu’elle prend en compte l’ordre du jour du Pentagone. Les autres critiques du programme, notamment le Réseau des anthropologues engagés, ont fait état de leurs inquiétudes quant à un programme susceptible de décourager la recherche dans d’autres domaines importants, et de saper le rôle de l’Université comme lieu de discussion indépendant et de critique des instances militaires ».

Selon le professeur David Price, anthropologue culturel à l’Université de Saint-Martin à Washington DC et auteur de La militarisation de l’anthropologie : Les sciences sociales au service de l’État militarisé : « Lorsque vous regardez chaque élément d’un grand nombre de ces projets, ils se présentent comme des sciences sociales normales, d’analyse textuelle, de recherche historique et ainsi de suite ; mais lorsque vous additionnez tous ces morceaux, ils partagent tous des thèmes de lisibilité avec toutes les distorsions résultant de la sur-simplification. Minerva travaille à la production des éléments de l’empire d’une façon qui peut permettre aux gens de dissocier leurs contributions individuelles du projet d’ensemble. »

Le Professeur Price a précédemment exposé comment le programme HTS (Human Terrain Systems) du Pentagone – programme conçu pour intégrer des spécialistes des sciences sociales dans le domaine des opérations militaires – conduit régulièrement des scénarios de formation dans les régions « à l’intérieur des États-Unis. »

Citant une critique sommaire du programme envoyée aux directeurs d’HTS par un ancien employé, Price a rapporté que les scénarios de formation HTS « ont adapté COIN [contre-insurrection] pour l’Afghanistan et l’Irak » à des « situations internes aux États-Unis » où la population locale était considérée d’un point de vue militaire comme une menace pour l’équilibre du pouvoir et de l’influence et une contestation de la loi et de l’ordre ».

Price rapporte qu’un exercice militaire impliquait des militants écologistes protestant contre la pollution provenant d’une centrale au charbon près du Missouri, dont certains étaient membres de l’ONG environnementale bien connue Sierra Club. Les participants furent chargés d’« identifier ceux qui ‘‘résolvaient les problèmes’’», ceux qui ‘‘causaient les problèmes’’ et le reste de la population, qui devait être la cible d’opérations d’informations afin de déplacer le centre de gravité de l’opinion vers cet ensemble de valeurs et de points de vue qui constituait ‘‘l’état final désiré’’ de la stratégie de l’armée. »

Ces exercices militaires s’inscrivent dans le droit fil d’une série de documents du Pentagone qui indiquent que la surveillance de masse de l’Agence de la Sécurité Nationale (National Security Agency – NSA) est en partie motivée par la préparation à l’impact déstabilisateur des chocs à venir, environnementaux, énergétiques et économiques.

James Petras, professeur de sociologie à l’Université de Binghamton à New York, partage les inquiétudes de Price. Les sociologues financés par Minerva et liés aux opérations de contre-insurrection du Pentagone sont impliqués dans l’« étude des émotions survenant lorsqu’on alimente ou que l’on réprime des mouvements déterminés par une idéologie » ajoute-t-il, notamment pour « contrer des mouvements populaires. »

Minerva est un excellent exemple de la profonde étroitesse d’esprit et de la nature défaitiste de l’idéologie militaire. Pire encore, la mauvaise volonté des responsables du DoD pour répondre aux questions les plus fondamentales est symptomatique d’une évidence : dans leur mission à toute épreuve pour défendre un système mondial de plus en plus impopulaire qui sert les intérêts d’une infime minorité, les agences de sécurité n’hésitent pas à peindre le reste d’entre nous comme des terroristes en puissance.

Le Dr Nafeez Ahmed est un universitaire et un journaliste spécialiste de la sécurité internationale. Il est l’auteur du Guide de l’utilisateur de la crise de civilisation : et comment la sauver ainsi que du roman de science-fiction à paraître, ZÉRO POINT.

Source: http://www.theguardian.com/environment/earth-insight/2014/jun/12/pentagon-mass-civil-breakdown?CMP=twt_gu

Source de la traduction: http://www.upr.fr/actualite/monde/article-paru-journal-britannique-the-guardian-pentagone-se-prepare-rupture-civile-masse

 

Owned & Operated (sous-titres français)

Owned & Operated, documentaire de 2012

Owned & Operated (Crackin Films, 2012) est un documentaire qui se pose comme une question face à l’avenir de notre société moderne. Le titre vient d’une expression anglaise appartenant au domaine télévisuel: « Owned and Operated » (O&O) se traduit par « Détenu et Exploité » (Wikipedia).

Le titre du documentaire renvoie à deux aspects: d’un côté, ce titre peut en effet évoquer le domaine des médias et de la télévision, l’exploitation de l’information et le fait que les médias détiennent et manipulent l’information servie aux citoyens, que nous soyons sans cesse soumis à un lavage de cerveau médiatique et que les enjeux qui nous concernent soient occultés, que le système économique lui-même repose sur la puissance des médias et l’incitation à consommer, un monde qui est donc construit sur la puissance de l’argent et qui met au second plan les notions de justice sociale, d’égalité, de partage des richesses, etc.

Mais c’est un titre qui renvoie aussi à l’exploitation humaine: chaque être humain n’est-il pas, en effet, « détenu et exploité » sur cette planète, où ne règne que la logique de la production et de la surconsommation, au mépris de toute notion des droits de l’homme? « Détenu et Exploité » serait aussi la condition de chaque être humain et chacun peut se retrouver dans cette phrase. Nous sommes tous « détenus et exploités » par un système injuste qui ne nous laisse pas forcément de choix quant à notre avenir. Aujourd’hui plus que jamais, la survie de tout individu sur cette planète semble tenir uniquement à un facteur économique et financier. Plus aucune partie du monde ne semble échapper à cette logique de l’argent, notamment face à la globalisation et à la mondialisation de l’économie.

« Owned & Operated » est une réflexion sur le monde et sur les événements des dernières années. Les premières minutes du documentaire s’ouvrent sur une question: « Est-il possible de provoquer une mutation pacifiste et totale de ce qui existe? », autrement dit le but de ce documentaire est aussi de nous montrer que le monde actuel est en train de subir les prémices d’une « révolution totale ». La crise économique, les guerres et toutes les catastrophes intervenues dans le monde ces dernières années vont nécessairement changer l’aspect du monde et son fonctionnement classique. Le monde ne pourra pas continuer à exister dans la surexploitation des masses et la destruction de l’écologie, la destruction des réserves naturelles, car tout cela ne pourrait mener qu’à la disparition totale de l’être humain sur terre.

« La crise, particulièrement maintenant, est une crise de conscience », entend-on dans la suite de l’extrait sonore attribué à un discours de Jiddu Krishnamurti (Ojai, 5 novembre 1966). La crise économique mondiale est peut-être un signe que, non seulement un système économique basé sur la surexploitation ne peut pas se maintenir durablement, mais aussi que l’humanité ne croit plus à ce système et que nous avançons inconsciemment vers ce changement durable qui doit avoir lieu dans le monde. Le documentaire se double ainsi d’une sorte de réflexion existentielle et philosophique sur l’avenir de l’homme, à travers des extraits sonores et visuels qui éveillent notre conscience.

Voir la description du documentaire: http://www.amara.org/fr/videos/2A3SRqNXM4Z2/fr/312117/

Owned & Operated sur IMDB: http://www.imdb.com/title/tt2218646/

Les blogs étrangers s’emparent de la « quenelle », décrite comme un nouveau symbole de résistance politique

La Quenelle, Nouveau Symbole de la Résistance

Posté par Parsifal
lovingenergies.spruz.com, le 15 novembre 2013

Pour les connaisseurs de cuisine française, le mot « quenelle » est connu. Il s’agit d’un plat à base de poisson haché, poulet ou viande cuite dans l’eau sous la forme d’une boulette ovale. En fait, le mot français est dérivé du mot (allemand) qui signifie boulettes.
Cet article n’est pas à propos de « haute cuisine », mais de la raison pour laquelle le mot « Quenelle » a une signification différente en France. Il est l’expression de « allez vous faire F*** »ou « mettez-vous ça dans le C*** ». Cela sonne de manière vulgaire, mais se comprend comme une expression de protestation contre l’élite. C’est également un signe de main et cela pourrait devenir un symbole mondial d’insurrection.

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La Quenelle est représentée quand vous étirez le bras vers le bas, tout en indiquant avec l’autre main comme une mesure de longueur. Plus la main est en hauteur, plus la mesure est élevée, et plus forte est l’expression symbolique de la protestation. Ce nouveau sens vient de l’humoriste français populaire originaire du Cameroun, Dieudonné ou « Dieudo », sous le nom où il est connu en France. Pendant ce temps, le symbole est devenu très populaire auprès des Français, il est exploité de façon ubiquitaire et est utilisé pour dire « j’emmerde le système », « l’État peut embrasser mon C*** » ou « mettez-vous le dans le C***, M. le Président ».

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Le symbolisme est devenu si populaire, que le régime français de Hollande est pris de panique et a pris des mesures pour supprimer le symbolisme et même l’interdire. Le geste est considéré à leurs yeux comme un salut hitlérien. Néanmoins, il est montré à toutes sortes d’occasions.

Source: http://talesfromthelou.wordpress.com/2013/11/19/the-quenelle-the-new-sign-of-resistance/

Lire plus: http://lovingenergies.spruz.com/pt/The-Quenelle-the-New-Sign-of-Resistance/blog.htm

Mérée Drante chante « La Quenelle »

Les opérations Anonymous, des opérations gouvernementales pour piéger les hackers?

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Depuis les années 80, les gouvernements livrent une bataille sans merci contre les hackers qui menacent leur ordre établi. Certains hackers ont eu des destins tragiques, certains sont morts et ont été assassinés, d’autres ont accepté de collaborer avec des gouvernements pour échapper à la prison ou pour rester en vie. On ne peut pas en vouloir à ceux qui ont dû travailler pour un gouvernement, si c’était une question de vie ou de mort. Néanmoins, cela montre à quel point les hackers sont menacés par les gouvernements, quels que soient leurs pays; à quel point ils sont les cibles des services secrets; et à quel point ils sont utiles au changement social, car même s’ils sont arrêtés, ils sont un moteur essentiel de la révolution dans le monde.

Les gouvernements préfèrent collaborer avec les hackers, plutôt que de les mettre en prison

Les hackers ont toujours eu des liens étroits, mais controversés, avec les gouvernements. Citons quelques exemples.

Tout d’abord, Julian Assange: avant d’être le fondateur de Wikileaks, Julian Assange a été un hacker, arrêté en 1991 lors de l’Opération Weather, condamné, puis relâché par la justice de son pays. Entre son arrestation en 1991 et son inculpation en 1994, avec 31 accusations criminelles, Assange n’aurait pas eu d’autre choix que de collaborer à l’époque avec les services secrets. Il a été libéré sous caution et n’a finalement obtenu qu’une simple amende, signe pour certains que Julian Assange a accepté de collaborer avec le gouvernement. Comme le souligne le journaliste Wayne Madsen, certaines attaques de hackers ont aussi servi à piéger les hackers et à infiltrer leurs groupes. On apprend dans le livre Underground (chap. 9) que la police australienne a demandé au personnel des universités visées par les attaques de hackers, de laisser les failles de sécurité afin de pouvoir surveiller à distance l’activité des hackers et les localiser en vue de leur arrestation. C’est ce qui aurait permis l’arrestation de Julian Assange. Wayne Madsen considère aussi que Julian Assange est toujours impliqué dans les activités du gouvernement australien et des services secrets, et que Wikileaks n’est que l’émergence de ce rôle.

De même, le hacker israélien Ehud Tenebaum n’aurait eu d’autre choix que de collaborer avec le gouvernement israélien après son arrestation en 1998.

Ce qui s’est produit dans les années 80 et 90 continue de se produire, et les hackers continuent d’être aujourd’hui piégés et recrutés par les gouvernements, notamment pour infiltrer « les systèmes des gouvernements étrangers« .

Dans l’affaire des mails Stratfor, publiés par Wikileaks, Jeremy Hammond a accusé le FBI d’avoir utilisé les hackers pour recueillir des informations sur les gouvernements étrangers et d’avoir été piégé par Sabu:

« Il est bien connu que Sabu a été utilisé pour monter des affaires contre un certain nombre de pirates, y compris moi-même. Ce que beaucoup ne savent pas, c’est que Sabu a également été utilisé par ses gestionnaires afin de faciliter le piratage de cibles de choix du gouvernement – y compris de nombreux sites web appartenant à des gouvernements étrangers (…)

Ce que les Etats-Unis n’ont pas pu accomplir par la loi, ils ont utilisé Sabu, et par extension, mes coaccusés et moi, pour l’accomplir illégalement ». (Hacker News Bulletin)

Jeremy Hammond a accusé le hacker Sabu, un informateur du FBI qui avait infiltré le réseau Anonymous, d’avoir permis au FBI d’arrêter un certain nombre d’autres hackers et d’avoir permis des procès contre eux. Sabu avait coordonné apparemment des attaques à la demande du FBI, il a aussi transmis les « Syria Files » à Wikileaks, mais il n’a jamais dit s’il avait fait cela à la demande du FBI.

On imagine bien qu’aux Etats-Unis, les peines contre les hackers sont très lourdes. Ceux qui ne négocient pas avec le gouvernement ont des risques de passer plusieurs années en prison, comme Jeremy Hammond.

Dernièrement, un hacker britannique de 28 ans, Lauri Love, risque l’extradition vers les Etats-Unis, ainsi que 10 ans de prison, pour avoir piraté des ordinateurs gouvernementaux.  Présenté comme « un hacker sophistiqué et prolifique » par les Etats-Unis, on imagine bien que son extradition pourrait intéresser les autorités américaines afin de pouvoir le recruter et de négocier sa peine en échange de ses services.

Tel est le destin des hackers, héroïque mais tragique quand on s’aperçoit que leur courage et leur intelligence sont utilisés parfois à de mauvaises fins par les gouvernements.

Anonymous Africa: après les guerres au Moyen-Orient, un projet contre les dictatures et la corruption en Afrique

Anonymous Africa, créé en juin 2013, est un exemple parmi d’autres de ces groupes de hackers qui peuvent être infiltrés par les gouvernements, soit en étant un groupe autonome indépendant d’un gouvernement, soit en étant un groupe soutenu et financé par un gouvernement sous une identité anonyme. Anonymous Africa est un site écrit dans un anglais parfait, faisant la promotion du logiciel TOR et qui ne semble pas avoir été vraiment revendiqué en Afrique. Les groupes Anonymous étant par définition anonymes et sans identité, il est d’autant plus difficile de savoir qui se cache derrière la multitude de groupes et de personnes qui appartiennent à ces réseaux.

Il est certain que lutter contre les dictatures en Afrique est difficile et qu’il vaut mieux rester anonyme quand on se lance dans ce genre de projets, et il est certain que c’est un projet noble de défendre la liberté d’expression, néanmoins la lutte contre la corruption et la lutte contre les dictatures ont souvent été jusqu’à présent soutenues par des gouvernements occidentaux. On s’en rappelle pour le Moyen-Orient, dont le projet de réforme et de démocratisation a été initié par George Bush. Il faut toujours percevoir l’agenda politique de ces groupes, car lutter contre les dictatures, c’est bien, mais si c’est uniquement pour servir les intérêts américains et les plans de guerre du Pentagone, ce n’est pas forcément servir la démocratie dans le monde.

Après la démocratisation du Moyen-Orient et le Printemps Arabe, où certaines attaques de hackers ont aussi ciblé des dictatures, la lutte contre les dictatures en Afrique pourrait bien apparaître, sous un certain angle, comme la continuité de ce projet occidental qui a été initié par les Etats-Unis: celui de la transparence politique et de la lutte contre la corruption dans des pays situés hors de la zone d’influence de l’Occident, en Afrique, au Moyen-Orient, en Russie ou en Asie. Le gouvernement américain a les moyens financiers et les capacités d’infiltrer ce genre de réseaux Anonymous, on comprend donc pourquoi c’est un outil facile à utiliser pour les gouvernements.

Les récentes attaques en Australie: quand Anonymous ne met pas tout le monde d’accord chez les hackers

Il y a quelques jours, Anonymous Indonesia a attaqué plusieurs sites australiens, le site de l’ASIS (les services secrets australiens) et 170 sites non-gouvernementaux. Il faut remarquer que certains groupes Anonymous ne sont pas toujours d’accord sur la cible des attaques informatiques. Bizarrement, alors que la majorité des hackers Anonymous ont pour projet de créer une société plus libre et plus égalitaire, le groupe Anonymous Australia a dénoncé les dernières attaques d’Anonymous Indonesia contre des sites australiens qui n’avaient pas de rapport direct avec les sites gouvernementaux. Alors, pourquoi dénoncer des attaques informatiques, quand on est un hacker?

« Ces sites que vous avez attaqué ne sont pas affiliés au gouvernement australien et doivent être laissés en paix » peut-on lire dans un communiqué. (The Australian)

On croirait presque lire un communiqué qui tente de dissuader sa population, comme pour dire « surtout ne faites pas la révolution ». Pirater, c’est pourtant le principe même qui permet aux Anonymous de protester virtuellement et de manifester leur présence en société. Les attaques contre des sites non-gouvernementaux sont donc des signes essentiels de cette protestation. Pourquoi Anonymous Australia tente-t-il de dénoncer ces attaques: est-ce qu’il dit cela avec sincérité, ou bien est-ce qu’il dit cela parce qu’il est infiltré ou qu’il agit au nom du gouvernement australien?

Y aurait-il deux voix différentes au sein d’Anonymous? Anonymous Australia défend-il vraiment la voix des hackers dans ce communiqué? Entre ceux qui défendent une révolution par les armes numériques, comme semblait le soutenir Julian Assange dans son livre, et ceux qui défendent des attaques ciblées, mais contrôlées, autrement dit des attaques sans danger fondamental pour l’ordre établi par la société – mais que veulent vraiment les hackers, la révolution ou pas?

Dans les années à venir, de plus en plus de hackers seront peut-être amenés à travailler pour des services secrets et pour des gouvernements, comme aux Etats-Unis, soit parce qu’ils y seront forcés, soit parce qu’ils auront été piégés dans des opérations de piratage, soit parce que certains d’entre eux auront reçu des offres financières suffisamment intéressantes de la part des gouvernements. Tandis que la France développe son budget de la défense, l’Union Européenne prévoit de créer un service comparable à la CIA. Avec l’affaire Prism, il y aura encore plus de surveillance et les gouvernements auront encore plus besoin de recruter des hackers. La seule question est de savoir comment les hackers utiliseront leurs talents: est-ce qu’ils sauront les utiliser en faveur de la démocratie? comment arriveront-ils à se libérer du pouvoir des gouvernements, malgré toutes les persécutions qu’ils subissent, et comment feront-ils pour réaliser jusqu’au bout leur idéal de révolution mondiale?

Ecrit par kimono