Pourquoi 93% de la jeunesse irakienne considère les Etats-Unis comme leur ennemi?

« Les Irakiens en dessous de l’âge de 25 ans n’ont pas connu un seul jour sans que leur pays ne soit bombardé, sanctionné ou occupé par les Etats-Unis. C’est peut-être pourquoi 93% d’entre eux considèrent les Etats-Unis comme leur ennemi », explique la vidéo.

JH interrogé dans la vidéo: « Bien sûr, les Américains sont l’ennemi de l’Irak. Tout ce qui arrive dans notre pays, depuis les attentats jusqu’aux assassinats, les Etats-Unis l’ont même planifié avant l’occupation ».

« Alors, pourquoi les Etats-Unis ne peuvent-ils pas quitter l’Irak? » demande Dena Takruri, en expliquant la place géostratégique du pays pour les Etats-Unis en remontant au début des années 1980 et en expliquant les rapports de force régionaux entre Iran, Arabie Saoudite et Irak.

La situation géostratégique s’est perpétuée jusqu’à aujourd’hui, avec la montée de l’Etat Islamique favorisée par d’anciens soldats de l’armée irakienne qui se sont brutalement retrouvés sans emploi avec la chute de Saddam Hussein après l’invasion américaine.

Source: http://www.juancole.com/2016/05/iraqi-youth-think.html

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Géopolitique de la 3ème Guerre mondiale: Etats-Unis, Russie, Arabie Saoudite, pétrole et cours du dollar

Veterans Today, 19 septembre 2014

Traduction intégrale:

[Charles Krauthammer, chroniqueur affilié] Nous avons, comme vous le dites, Isis, l’Etat islamique, au cœur du Moyen-Orient, l’Iran qui fait le nucléaire, la Russie en mouvement, la Chine réclamant un territoire qu’elle n’a pas vraiment le droit de réclamer.

[Journaliste] Les rapports au jour le jour montrent les troupes russes qui vont plus loin dans le sud-est de l’Ukraine et aident à inverser la tendance.

[Gen. Martin Dempsey] Peuvent-ils être vaincus, sans aborder cette partie de l’organisation qui réside en Syrie? La réponse est non.

[Ben Rhodes, conseiller national adjoint de sécurité] Nous envisageons activement ce qui va être nécessaire pour faire face à cette menace et on ne va pas être limité par des frontières.
http://www.reuters.com/article/2014/08/23/us-iraq-security-usa-idUSKBN0GM1T920140823

[Juge Jeanine Pirro, vidéo] Des frappes aériennes, bombardez-les, bombardez-les, continuez de les bombarder, encore et encore…

[Howard Zinn, vidéo] Si vous êtes né hier, vous croyez à tout ce que quelqu’un vous dit là-haut, et vous n’avez aucun moyen de le vérifier. Avec un peu d’histoire, cela ne prouve pas que le gouvernement vous ment aujourd’hui, cela vous demande juste de vérifier si c’est le cas, et ensuite de décider pour vous-même.

[Narrateur] Contrairement à la croyance générale, la conduite des nations sur les scènes internationales n’est presque jamais guidée par plus de considérations. Mais plutôt par un sombre cocktail d’argent et de géopolitique, comme quand vous voyez les porte-paroles de la classe dirigeante qui commencent à diaboliser un pays étranger, la première question dans votre esprit doit toujours être: « qu’est-ce qui est réellement en jeu ici? »

Depuis quelques temps, la Russie, la Chine, l’Iran et la Syrie ont été dans le collimateur. Une fois que vous comprenez pourquoi, les événements qui se déroulent en ce moment même dans le monde prennent beaucoup plus de sens. Le dollar américain est une monnaie vraiment unique. En fait, sa conception actuelle et sa relation à la géopolitique ne ressemblent à aucune autre dans l’histoire.

Avant 1971, le dollar américain était lié au standard de l’or, du moins officiellement. Selon le FMI, en 1966, les banques centrales étrangères détenaient 14 milliards en dollars américains, mais les Etats-Unis avaient seulement 3,2 milliards $ en or alloués pour couvrir les avoirs étrangers.

Traduction: la Réserve fédérale imprimait plus d’argent que ce qu’elle pouvait rembourser.

Le résultat a été une inflation galopante et une fuite générale du dollar.

En 1971, dans ce qui est allait être appelé plus tard appelé le « Choc Nixon« , le président Nixon a supprimé le dollar du standard de l’or, intégralement.

[Richard Nixon] J’ai ordonné au Secrétaire du Trésor de prendre les mesures nécessaires pour défendre le dollar contre les spéculateurs. J’ai ordonné au secrétaire, calmement, de suspendre temporairement la convertibilité du dollar en or ou en d’autres avoirs de réserve, à l’exception du montant et des conditions déterminées à être dans l’intérêt de la stabilité monétaire et dans le meilleur intérêt des États-Unis.

[Narrateur] À ce stade, le dollar est devenu une monnaie purement fondée sur la dette. Avec des monnaies basées sur la dette, l’argent est littéralement prêté à l’existence.

Environ 70% de la monnaie en circulation est créé par les banques ordinaires qui sont autorisés à prêter plus d’argent que ce qu’elles possèdent sur leurs comptes. Le reste est créé par la Réserve fédérale, qui prête de l’argent qu’ils ne possèdent pas, la plupart du temps au gouvernement.

C’est un peu comme faire des chèques sans provision, sauf que c’est légal, pour les banques.

Cette pratique qui est désignée comme un « système de réserves fractionnaires » est prétendument réglementée par la Réserve Fédérale, une institution qui se trouve être  détenue et contrôlée par un conglomérat de banques, et aucune agence ou branche du gouvernement ne réglemente la Réserve Fédérale.

[Journaliste] Quelle est la relation appropriée, quelle devrait être la relation appropriée entre le président de la Fed et le président des États-Unis?

[Allen Greenspan, président du FMI – vidéo] Eh bien, tout d’abord, la Réserve Fédérale est une agence indépendante, ce qui signifie essentiellement qu’il n’y a pas d’autre agence gouvernementale qui peut passer outre les actions que nous prenons. Cela est en place depuis si longtemps et il n’y a aucune preuve que l’administration, ou le Congrès ou qui que ce soit d’autre demande que nous faisons des choses autres que ce que nous pensons être la chose appropriée. Alors, de savoir quelle relation, cela n’a franchement pas d’importance.

Maintenant, pour rendre les choses encore plus intéressantes, ces prêts de réserve fractionnaire ont un intérêt attaché, mais l’argent pour payer ces intérêts n’existe pas dans le système. En conséquence, il y a toujours plus de dette totale que d’argent en circulation, et afin de rester à flot, l’économie doit croître sans cesse.

Ceci n’est évidemment pas durable.

Maintenant, vous commencez peut-être à vous demander comment le dollar a maintenu une position si dominante sur la scène mondiale depuis plus de quarante ans, si c’est réellement un peu plus qu’un système de Ponzi élaboré.

Eh bien, c’est là où le dollar rejoint la géopolitique.

En 1973, sous l’ombre de la crise pétrolière artificielle de l’OPEP, l’administration Nixon entame des négociations secrètes avec le gouvernement de l’Arabie Saoudite pour établir ce qui plus tard va être appelé le système de recyclage des pétrodollars. Selon l’accord, les Saoudiens ne vendaient leur pétrole qu’en dollars américains, et investiraient la majorité de leurs profits pétroliers excédentaires dans les banques américaines et les marchés de capitaux.

Le FMI utiliserait alors cet argent pour faciliter les prêts aux pays importateurs de pétrole qui avaient des difficultés pour couvrir l’augmentation des prix du pétrole. L’intérêt et les paiements sur ces prêts seraient évidemment libellés en dollars américains.

Cet accord a été formalisé dans la « Commission mixte américano-saoudienne sur la coopération économique » mise en place par le secrétaire d’État de Nixon, Henry Kissinger, en 1974.

[Un autre document publié par le Congressional Research Service révèle que ces négociations avaient un avantage pour eux, alors les responsables américains discutaient ouvertement de la possibilité de saisir des champs de pétrole en Arabie Saoudite militairement.]

Le système a été élargi pour inclure le reste de l’OPEP, en 1975.

Bien que présenté comme un tampon pour les effets récessifs de la hausse des prix du pétrole, cet arrangement a eu un effet caché. Il a supprimé les contraintes traditionnelles sur la politique monétaire américaine.

La Réserve Fédérale était maintenant libre d’augmenter l’offre de l’argent à volonté. La demande toujours croissante de pétrole permettrait d’éviter une fuite du dollar, tout en distribuant les conséquences inflationnistes sur l’ensemble de la planète.

Le dollar est passé d’une monnaie basée sur l’or à une monnaie basée sur le pétrole. Il est également devenu le premier produit d’exportation de l’Amérique.

Vous êtes-vous déjà demandé comment l’économie américaine a été en mesure de rester à flot, tout en gardant plusieurs milliards de déficits commerciaux en dollars pendant des décennies? Vous êtes-vous jamais demandé comment il se fait que les États-Unis détiennent une telle quantité disproportionnée de la richesse mondiale, quand 70% de l’économie américaine est fondée sur le consommateur?

Dans l’ère moderne, les combustibles fossiles font tourner le monde. Ils se sont intégrés dans tous les aspects de la civilisation: l’agriculture, le transport, les matières plastiques, le chauffage, la défense et la médecine, et la demande ne cesse de croître.

Aussi longtemps que le monde aura besoin de pétrole, et aussi longtemps que le pétrole sera vendu uniquement en dollars américains, il y aura une demande pour le dollar américain, et cette demande est ce qui donne sa valeur au dollar.

Pour les États-Unis, c’est une très bonne affaire. Les dollars sortent, soit en papier ou en chiffres dans un système informatique, et des produits et services réels et tangibles arrivent. Toutefois, pour le reste du monde, c’est une forme très sournoise d’exploitation.

En ayant un commerce mondial principalement en dollars, cela confère également à Washington une puissante arme financière à travers les sanctions. Cela est dû au fait que la plupart des transactions en dollars à grande échelle sont forcées de passer par les Etats-Unis.

Ce système de pétrodollars restera incontesté jusqu’en septembre 2000, lorsque Saddam Hussein a annoncé sa décision de faire passer les ventes de pétrole de l’Irak du dollar vers l’euro. Ce fut une attaque directe sur le dollar, et facilement, l’événement géopolitique le plus important de l’année, mais seulement un article dans les médias occidentaux l’a mentionné.

Dans le même mois où Saddam a annoncé qu’il s’éloignait du dollar, une organisation appelée « Le Projet pour un Nouveau Siècle Américain » [PNAC], dont Dick Cheney s’est juste avéré être un membre, a publié un document intitulé « Reconstruire les défenses de l’Amérique. Stratégie, Forces et Ressources pour un Nouveau Siècle« . Ce document a appelé à l’augmentation massive des dépenses militaires américaines et à une politique étrangère beaucoup plus agressive afin d’étendre la domination américaine dans le monde. Cependant le document a déploré que la réalisation de ces objectifs prendrait de nombreuses années dans « l’absence d’un événement catastrophique et catalyseur – comme un nouveau Pearl Harbor ».

Un an plus tard, ils l’avaient.

Surfant sur la réaction émotionnelle du 11 septembre, l’administration Bush a réussi à envahir l’Afghanistan et l’Irak, et à passer le Patriot Act, sans aucune résistance significative.

Wesley Clark: Le plan US post 11/9: envahir 7 pays dont l’Irak, la Lybie, la Syrie et l’Iran

Il n’y avait pas d’armes de destruction massive en Irak, et ce ne fut pas une question de mauvaises informations. Ce fut un mensonge froid et calculé, et la décision d’envahir a été faite en pleine connaissance de la catastrophe qui allait suivre.

[Dick Cheney en 1994, vidéo]

[Journaliste]: Pensez-vous que les Etats-Unis, ou les forces de l’ONU, auraient dû venir à Bagdad?

[Dick Cheney]: Non

[Journaliste]: Pourquoi non?

[Dick Cheney]: Parce que si nous étions allés à Bagdad, nous aurions été tout seuls. Il n’y aurait eu personne d’autre avec nous. Il y aurait eu une occupation américaine en Irak. Aucune des forces arabes prêtes à se battre avec nous au Koweït n’étaient prêtes à envahir l’Irak.

Une fois que vous êtes en Irak et que vous en avez pris le contrôle, que vous faites tomber le gouvernement de Saddam Hussein, alors qu’est-ce que vous allez mettre à sa place? Voilà une partie très instable du monde, et si vous faites tomber le gouvernement central de l’Irak, vous pourriez très facilement finir par voir des morceaux de l’Irak s’envoler: une partie, les Syriens aimeraient en avoir à l’ouest, une partie de celui-ci – l’est de l’Irak – les Iraniens aimeraient le récupérer, ils se sont battus pour ça pendant huit ans. Dans le nord, vous avez les Kurdes, et si les Kurdes se rassemblent et rejoingnent les Kurdes en Turquie, alors vous menacez l’intégrité territoriale de la Turquie.

C’est un bourbier si vous allez aussi loin et essayez de prendre le contrôle de l’Irak.

L’autre chose, c’était les victimes. Tout le monde a été impressionné par le fait que nous avons pu faire notre travail avec aussi peu de victimes que nous avons eues. Mais pour les 146 Américains tués en action, et pour leurs familles – cela n’a pas été une guerre sans prix. Et la question pour le président, pour savoir si oui ou non nous poursuivons notre présence à Bagdad, si nous prenons des pertes supplémentaires dans un effort pour obtenir Saddam Hussein, était de savoir combien de morts supplémentaires Américains vaut Saddam?

Notre jugement a été qu’il n’en vaut pas beaucoup, et je pense que nous avons eu raison.

Ils savaient exactement ce qui allait se passer, mais en 2003, ils l’ont quand même fait. Une fois que les champs de pétrole irakiens ont été sous contrôle américain, les ventes de pétrole ont été immédiatement rétablies en dollars. Mission accomplie.

Peu de temps après l’invasion de l’Irak, l’administration Bush a tenté d’étendre ces guerres à l’Iran. Soi-disant le gouvernement iranien travaillait à la construction d’une arme nucléaire. Après le fiasco en Irak, la crédibilité de Washington a été gravement endommagée, et par conséquent, ils ont été incapables de rassembler un soutien national ou international pour une intervention. Leurs efforts ont en outre été sabotés par des éléments au sein de la CIA et du Mossad qui sont venus à l’avant pour déclarer que l’Iran n’avait même pas pris la décision de développer des armes nucléaires, et encore moins d’en commencer une tentative. Cependant, la campagne de diabolisation contre l’Iran a continué même au sein de l’administration Obama.

Pourquoi?

Eh bien, cela pourrait-il avoir quelque chose en rapport avec le fait que, depuis 2004, l’Iran a été dans un processus d’organisation d’une bourse pétrolière indépendante? Les Iraniens construisaient leur propre marché du pétrole, et il n’allait pas être lié au dollar. Les premières livraisons de pétrole ont été vendues par ce marché en juillet 2011. Incapables d’obtenir la guerre qu’ils voulaient, les États-Unis ont utilisé l’ONU pour imposer des sanctions contre l’Iran. L’objectif des sanctions était de renverser le régime iranien. Bien que cela ait porté préjudice à l’économie iranienne, les mesures ont échoué à déstabiliser le pays. Cela était dû en grande partie à l’aide de la Russie dans le contournement des restrictions bancaires américaines.

En février 2009, Mouammar Kadhafi a été nommé président de l’Union Africaine. Il a immédiatement proposé la formation d’un Etat unifié avec une monnaie unique. C’est la nature de cette monnaie proposée qui l’a tué.

En mars 2009, l’Union Africaine a publié un document intitulé « Vers une monnaie unique africaine ». Les pages 106 et 107 de ce document discutent spécifiquement les avantages et les aspects techniques de l’exécution de la Banque Centrale Africaine sous un standard en or. À la page 94, il est dit explicitement que la clé de la réussite de l’Union monétaire de l’Afrique serait la « liaison éventuelle d’une monnaie unique africaine à la plus monétaire de toutes les marchandises – l’or. »[Remarque: La numérotation des pages est différente sur d’autres versions du document qu’ils ont publié]

En 2011, la CIA est venue en Libye et a commencé à soutenir des groupes militants dans leur campagne pour renverser Kadhafi, et les Etats-Unis et l’OTAN ont soutenu et appliqué une résolution de zone d’exclusion aérienne à l’ONU pour faire pencher la balance avec des frappes aériennes. La présence d’extrémistes d’Al-Qaïda parmi ces combattants rebelles a été mise sous le tapis. La Libye, comme l’Iran et l’Irak, avait commis le crime impardonnable de contester le dollar américain.

L’intervention de l’OTAN en Libye s’est transformée en une guerre secrète contre la Syrie. Le gouvernement libyen a été torpillé et les armes ont été expédiées via la Turquie aux rebelles syriens travaillant à renverser Assad. Il était déjà clair à ce stade qu’un grand pourcentage de ces combattants avaient des liens avec des organisations terroristes. Cependant l’appareil de sécurité nationale des États-Unis a considéré cela comme un mal nécessaire. En fait, le Conseil des relations étrangères a publié un article en 2012 déclarant que « L’afflux des djihadistes apporte de la discipline, de la ferveur religieuse, de l’expérience de la bataille d’Irak, du financement de sympathisants sunnites dans le Golfe, et surtout, des résultats mortels. En bref, la FSA [Armée Syrienne Libre] a maintenant besoin d’al-Qaïda ».

[Voir theantimedia.org pour lire ça]

[Soyons clairs, les Etats-Unis ont mis l’Etat Islamique (ISIS) au pouvoir]

En 2013, ces mêmes rebelles syriens liés à Al-Qaïda ont lancé deux attaques au gaz sarin. Ce fut une tentative d’encadrer Assad et de mobiliser le soutien international pour une intervention militaire. Heureusement, ils ont été exposés par les Nations Unies et les enquêteurs russes, et la poussée en faveur des frappes aériennes s’est complètement effondrée lorsque la Russie est intervenue pour négocier une solution diplomatique.

La campagne pour un changement de régime en Syrie, tout comme en Libye, a été présentée en termes de droits de l’homme. Évidemment, ce ne sont pas les véritables motifs.

En 2009, le Qatar a mis en avant une proposition visant à lancer un pipeline de gaz naturel à travers la Syrie et la Turquie vers l’Europe. Assad l’a toutefois rejeté, et en 2011, il a forgé un pacte avec l’Irak et l’Iran pour construire un pipeline en coupant complètement le Qatar et l’Arabie saoudite de la boucle. Sans surprise, le Qatar, l’Arabie saoudite et la Turquie ont été les joueurs régionaux les plus agressifs dans la poussée pour renverser le gouvernement syrien.

Mais pourquoi ce pipeline aurait mis la Syrie dans la ligne de mire de Washington?

Trois raisons:
1. Cet arrangement du pipeline permettait de renforcer de manière significative la position de l’Iran, leur permettant d’exporter vers les marchés européens sans avoir à passer par l’un des alliés de Washington. Cela réduisait évidemment le levier du gouvernement américain.
2. La Syrie est le plus proche allié de l’Iran. Son effondrement aurait intrinsèquement affaibli l’Iran.
3. La Syrie et l’Iran ont signé un accord de défense mutuelle, et une intervention américaine en Syrie pourrait ouvrir la porte à un conflit ouvert avec l’Iran.

En février 2014, ce jeu d’échecs mondial a chauffé dans un nouveau lieu: l’Ukraine. La véritable cible était cependant la Russie.

Vous voyez, la Russie se trouve être juste le deuxième plus grand exportateur de pétrole au monde, et non seulement ils ont été une épine dans le pied de Washington au niveau diplomatique, mais ils ont aussi ouvert une bourse de l’énergie en 2008, avec des ventes libellées en roubles et en or. [Ce projet était en cours depuis 2006. Ils ont également travaillé avec la Chine pour se retirer du dollar dans l’ensemble de leur commerce bilatéral.]

La Russie a également été dans un processus d’organisation d’une Union Economique Eurasienne, qui comprend des plans pour adopter une unité monétaire commune, et qui est prévue pour avoir son propre marché indépendant de l’énergie.

Avant la crise, l’Ukraine a été face à un choix: soit rejoindre l’UE en vertu d’un accord d’association ou rejoindre l’Union eurasienne. L’UE a insisté que ce n’était pas une proposition optionnelle. L’Ukraine ne pouvait pas rejoindre les deux. La Russie, d’autre part, a affirmé que l’adhésion aux deux ne posait pas de problème. Le Président Ianoukovitch a décidé d’aller avec la Russie.

[Cet article du Guardian vaut aussi la peine d’être lu.]

En réponse, l’appareil de sécurité nationale des États-Unis a fait ce qu’il fait le mieux: ils ont renversé Ianoukovitch et installé un gouvernement fantoche. Pour voir la preuve complète de l’implication de Washington dans le coup d’Etat, regardez « La crise en Ukraine: ce qu’on ne vous dit pas ».

Bien que tout cela semblait aller bien au début, les États-Unis ont rapidement perdu le contrôle de la situation. La Crimée a organisé un référendum et le peuple a voté massivement pour faire sécession de l’Ukraine et pour une réunification avec la Russie. La transition a été ordonnée et pacifique. Personne n’a été tué, mais l’Occident a immédiatement encadré tout l’événement comme un acte d’agression russe, et cela est devenu le point de mantra à partir de là.

La Crimée est importante sur le plan géostratégique en raison de sa position sur la mer Noire, qui permet la projection de la puissance navale en Méditerranée. [Elle a aussi été un territoire russe dans une grande partie de l’histoire récente.]

Les Etats-Unis ont fait pression pour l’inclusion de l’Ukraine dans l’OTAN depuis des années maintenant. Une telle démarche aurait placé les forces américaines juste sur la frontière de la Russie et aurait potentiellement pu aboutir à la perte pour la Russie de leur base navale en Crimée. C’est la raison pour laquelle la Russie a immédiatement accepté les résultats du référendum de Crimée et a rapidement consolidé le territoire.

Pendant ce temps, dans l’Est de l’Ukraine, deux régions ont déclaré l’indépendance face à Kiev et ont tenu des référendums de leur propre côté. Des résultats qui ont plébiscité l’autonomie.

Kiev a répondu à cela avec ce qu’ils appelaient des opérations anti-terroristes. Dans la pratique, ce fut une campagne massive et aveugle de bombardements qui ont tué des milliers de civils. Apparemment, tuer des civils n’était pas considéré comme une agression pour l’Occident. En fait, le FMI a explicitement mis en garde le gouvernement provisoire que leur enveloppe de prêts de 17 milliards de dollars pourrait être en danger, s’ils ne sont pas en mesure de mettre un terme au soulèvement en Ukraine orientale.

Alors que la guerre contre l’Ukraine orientale faisait rage, les élections ont eu lieu et Petro Porochenko a été élu président. Il se trouve que Porochenko a été exposé par un câble diplomatique publié par Wikileaks en 2008, pour avoir travaillé comme taupe pour le Département d’État des États-Unis depuis 2006. Ils se sont référés à lui comme « Notre homme en Ukraine » et la plupart du câble fait référence à l’information qu’il fournissait. [Un autre câble montre que les Etats-Unis savaient que Poroshenko était corrompu même à ce moment.]

Avoir une marionnette en place n’a cependant pas été suffisant pour donner à Washington la haute main dans cette crise. Qu’est-ce que Washington fait quand ils n’ont pas d’autre effet de levier? Ils imposent des sanctions, ils diabolisent et ils font des tentatives d’intimidation.

Cela n’est pas une très bonne stratégie lorsqu’ils traitent avec la Russie. En fait, cela s’est déjà retourné contre eux. Les sanctions ont simplement poussé la Russie et la Chine à une coopération plus étroite et a accéléré l’agenda dé-dollarisation de la Russie. Et en dépit de la rhétorique, cela n’a pas conduit la Russie à être isolée. Les États-Unis et l’OTAN ont creusé un fossé entre eux et la Russie, mais pas entre la Russie et le reste du monde.

Ce nouvel axe anti-dollar va plus loin que l’économie. Ces pays comprennent ce qui est en jeu ici. Voilà pourquoi, dans le sillage de la crise ukrainienne, la Chine a proposé un nouveau pacte de sécurité eurasienne qui inclurait la Russie et l’Iran.

Considérez les implications ici, alors que l’administration Obama commence les bombardements en Syrie, un pays qui a également un accord de défense mutuelle avec l’Iran.

Cela n’est pas la guerre froide 2.0. C’est la guerre mondiale 3.0. Les masses n’ont peut-être pas encore compris, mais l’histoire s’en souviendra de cette manière.

Les alliances se consolident et une guerre chaude prend son cours sur de multiples fronts. Si les provocations et les guerres par procuration continuent, c’est seulement une question de temps avant que les grands joueurs s’affrontent directement, et ceci est une recette pour un désastre.

Est-ce que tout cela résonne de manière folle pour vous? Eh bien, vous avez raison. Les gens qui dirigent le monde en ce moment sont fous, et le public est comme un somnambule dans une tragédie. Si vous voulez modifier le cours où nous sommes, il n’y a qu’une seule façon de le faire. Nous devons réveiller ce public. Même les armes les plus puissantes de la guerre sont neutralisées, si vous atteignez l’esprit de l’homme derrière la détente.

Comment pouvons-nous réveiller les masses, demandez-vous? N’attendez pas que quelqu’un d’autre réponde pour vous. Faites preuve de créativité. Agissez comme si l’avenir de vos enfants et de vos petits-enfants était en jeu, parce que c’est le cas.

Transcription originale en anglais: http://www.veteranstoday.com/2014/09/19/the-geopolitics-of-world-war-iii/

Un leader sunnite: la politique conduit à des divisions sectaires en Irak #IraqatWar

#IraqatWar

Un chef religieux sunnite a déclaré que Bagdad doit faire confiance à sa communauté et les armer afin que le groupe Etat islamique puisse être vaincu en Irak

Muneer al-Obaidi_Baghdad_IrakMuneer Hashim al-Obaidi est un chef religieux et leader de la société sunnite dans la capitale irakienne de Bagdad (MEE)

Rori Donaghy, 21 avril 2015

[…] La guerre a souvent été dépeinte comme sectaire, en raison – partiellement – du fait que le gouvernement de Bagdad était soutenu par l’Iran chiite et l’EI a exploité les plaintes de la communauté sunnite.

Cependant, Muneer, un islamiste sunnite auto-déclaré, réfute cette version et dit que le conflit est motivé par des questions politiques et a peu à voir avec les différences religieuses.

« La guerre en Irak, c’est de la politique, la fracture sunnite et chiite sert juste à couvrir cela, » dit-il.

« L’Iran utilise les chiites d’Irak pour atteindre l’objectif politique d’augmenter son pouvoir dans la région. L’EI utilise le prétexte de protéger les sunnites pour atteindre ses objectifs politiques dans l’établissement du contrôle des terres en Irak et en Syrie « .

« L’Irak fait partie d’une guerre régionale – qui pourrait même être décrite comme une guerre mondiale. Nous pouvons voir l’Occident – je veux dire les Etats-Unis et l’Europe – lutter contre la Russie et la Chine. Les Russes et les Chinois soutiennent l’Iran, alors que les Américains et les Européens soutiennent l’Arabie saoudite et d’autres pays du Golfe « .

Bien qu’il souligne les facteurs politiques principaux du conflit, Muneer parle avec passion en disant combien il croit que les autorités dominantes chiites de Bagdad ont abusé les sunnites irakiens. Ceci, dit-il, a contribué à une désintégration complète de la confiance entre les deux communautés, permettant aux divisions sectaires de se développer alors que le pays devient de plus en plus fracturé.

Les crises actuelles qui consument l’Irak ont leurs racines dans la guerre menée par les Américains en 2003, selon Muneer, alors que beaucoup d’Irakiens sunnites n’ont pas pris part dans les gouvernements qui ont suivi l’éviction du défunt Saddam Hussein.

Lire la suite de l’article: http://www.middleeasteye.net/news/sunni-leader-says-political-conflict-driving-sectarian-divisions-iraq-1962297395

Le stratège de l’Etat Islamique, ex-espion de Saddam Hussein, a eu pendant des années des contacts avec les services de renseignement d’Assad

Le stratège de la Terreur: des documents secrets révélent la structure de l’Etat islamique (extraits)

Der Spiegel, Par Christoph Reuter, 18 avril 2015

Un officier irakien a planifié la prise de contrôle de l’État islamique en Syrie et SPIEGEL a obtenu un accès exclusif à ses papiers. Ils décrivent une organisation qui, en apparence entraînée par le fanatisme religieux, calcule froidement en réalité.

200px-Haji_Bakr_ISIS[…] Samir Abd Muhammad al-Khlifawi était le vrai nom de l’irakien, dont les traits maigres étaient adoucis par une barbe blanche. Mais personne ne le connaissait sous ce nom. Même son pseudonyme le plus connu, Haji Bakr, n’a pas été largement connu. Mais c’était précisément une partie du plan. L’ancien colonel du service de renseignement de la force de défense aérienne de Saddam Hussein tirait secrètement sur les ficelles de l’EI [IS] depuis des années. Les anciens membres du groupe avaient à plusieurs reprises parlé de lui comme de l’une de ses figures de proue. Pourtant, ce qu’était exactement son rôle n’a jamais été clair.

Mais quand l’architecte de l’État islamique est mort, il a laissé quelque chose derrière lui qu’il avait l’intention de garder strictement confidentiel: le projet de cet Etat. C’est un dossier plein de graphiques organisationnels, de listes et d’horaires, écrits à la main, qui décrivent comment un pays peut être progressivement contrôlé. SPIEGEL a obtenu un accès exclusif aux 31 pages, certaines composées de plusieurs pages collées ensemble. Elles révèlent une structure sur plusieurs niveaux et des directives pour l’action, dont certaines déjà testées et d’autres nouvellement conçues pour la situation anarchique dans les territoires tenus par les rebelles de Syrie. Dans un sens, les documents sont le code source de l’armée terroriste la plus efficace de l’histoire récente. […]

schema_etat_islamiqueCe document est le schéma de Haji Bakr pour une structure possible de l’administration de l’État Islamique.

Le plan général

Les plans comprennent également des domaines tels que la finance, les écoles, les centres de jour, les médias et le transport. Mais il y a un thème central récurrent, qui est soigneusement traité dans les graphiques organisationnels et les listes de responsabilité et les exigences de rapport: la surveillance, l’espionnage, le meurtre et l’enlèvement.

Pour chaque conseil provincial, Bakr avait prévu pour un émir, ou un commandant, d’être en charge des meurtres, des enlèvements, des snipers, de la communication et du cryptage, ainsi qu’un émir pour superviser les autres émirs – « au cas où ils ne font pas bien leur travail ». Le noyau de cet Etat divin serait l’horloge démoniaque d’une structure de cellule et de commando visant à répandre la peur.

Dès le début, le plan était d’avoir les services de renseignement qui fonctionnent en parallèle, même au niveau provincial. […]

Une deuxième cache de documents

Lorsque l’EI a été contraint d’abandonner rapidement son siège à Alep en Janvier 2014, ils ont essayé de brûler leurs archives, mais ils se sont heurtés à un problème similaire à celui auquel a fait face la police secrète de l’Allemagne de l’Est, 25 ans plus tôt: Ils avaient trop de fichiers.

organigramme-etat_islamiqueGraphique: Un rendu numérique de Haji Bakr pour l’organigramme de l’État islamique.

Un examen des centaines de pages de documents révèle un système hautement complexe impliquant l’infiltration et la surveillance de tous les groupes, y compris les propres membres de l’EI [IS]. Les archivistes du jihad ont maintenu de longues listes en notant quels informateurs ils avaient installés dans quelle brigade rebelle et milice gouvernementale. Il a même été noté qui parmi les rebelles était un espion pour les services de renseignement d’Assad.

graphique_etat_islamiqueUn graphique écrit à la main montre les pensées de Bakr concernant l’établissement de l’Etat islamique.

Des alliances changeantes

Mais dans les premiers mois de 2014, un autre héritage de Haji Bakr a encore commencé à jouer un rôle décisif: sa décennie de contacts avec les services de renseignement d’Assad.

En 2003, le régime de Damas était paniqué à l’idée que le président américain George W. Bush, après sa victoire sur Saddam Hussein, aurait laissé ses troupes continuer jusqu’en Syrie pour renverser aussi Assad. Ainsi, dans les années qui ont suivi, les responsables du renseignement syrien ont organisé le transfert de milliers de radicaux de Libye, d’Arabie Saoudite et de Tunisie vers al-Qaïda en Irak. 90% des kamikazes sont entrés en Irak par la voie syrienne. Une étrange relation s’est développée entre les généraux syriens, les djihadistes internationaux et d’anciens officiers irakiens qui avaient été fidèles à Saddam – une entreprise commune d’ennemis mortels, qui se sont rencontrés à plusieurs reprises à l’ouest de Damas.

À l’époque, l’objectif principal était de rendre infernale la vie des Américains en Irak. […]

Lire l’intégralité de l’article: http://www.spiegel.de/international/world/islamic-state-files-show-structure-of-islamist-terror-group-a-1029274.html

Pas seulement la Russie: l’Italie et d’autres européens ont vendu beaucoup d’armes à la Syrie

Tanks in Azaz, Syria

Par Francesco Grignetti, 06/09/2013

ROME – Retour en 1998, Bill Clinton a parié sur le jeune Assad. Il devait être le successeur de son père, et les États-Unis estimaient que le jeune Bachar al-Assad, une fois qu’il aurait atteint le pouvoir, serait la personne qui ferait revenir la Syrie au sein des nations civilisées du monde.

Et ainsi le gouvernement Clinton, en dépit de la controverse que cela a provoqué, a pris des décisions très importantes: la Syrie a été retirée de la liste noire des pays producteurs de stupéfiants, les sanctions ont été levées, et l’embargo sur les armes a été assoupli. Les alliés de l’Amérique ont rapidement suivi, et l’Italie a été le pays le plus rapide à rétablir des liens avec Damas. Résultat: un ordre massif de ce qui était alors un jour de paie de 400 milliards de lires (206 millions d’euros) pour l’industrie militaire italienne.

Le gouvernement italien a autorisé cet ordre-monstre comme on le voit dans le rapport d’armement présenté au Parlement le 31 Mars 1999, par le gouvernement du Premier ministre Massimo D’Alema: « En 1998, l’important total d’exportation provient principalement d’un seul pays de destination, et dans la pratique, venant d’une seule commande. Parmi les principaux pays, la Syrie était la première destination avec 21,79% des exportations d’armes, équivalant à 400,64 milliards de lires avec une autorisation unique. « Avec un seul achat, Damas a de loin dépensé plus que la France et les Etats-Unis dans sa son shopping militaire en Italie.

Ce que cet ordre impliquait effectivement apparut clairement au cours des années suivantes: des viseurs à vision nocturne pour les blindés avec des capacités thermiques et laser, appelés « Turms », produits par une société à l’intérieur du conglomérat italien Finmeccanica. Cela permettrait aux Syriens de moderniser les vieux chars soviétiques T72 qui ont été équipés avec des viseurs plutôt rudimentaires.

La société, Galileo Avionica [SELEX Galileo], a empoché 229 millions de dollars, en échange de 500 pièces Turms. Comme le veut la procédure, l’ordre a été établi par les entreprises, puis autorisé par le gouvernement. La provision a été étalée sur plusieurs années; ce genre d’équipement n’est pas tenu dans un entrepôt prêt à être emporté, mais produit et livré en lots.

Les faveurs du dictateur

Il n’est pas surprenant que les statistiques européennes montrent un flot impressionnant d’exportations de l’Italie vers la Syrie à travers la première décennie du nouveau millénaire [années 2000]. Le taux était si élevé que l’Italie est devenue le leader européen de la vente d’armes. Mais elle n’était pas seule. Toujours en 1998, un navire marchand a mis la voile depuis le Danemark avec 12 chars T72 à bord et 186 tonnes de munitions. Et en Allemagne, un scandale venait récemment d’éclater autour de Telemit Electronics, soupçonné d’avoir soudoyé le ministre des Affaires étrangères Hans-Dietrich Genscher du parti libéral en échange d’autorisations gouvernementales pour exporter vers la Syrie, la Jordanie, l’Arabie Saoudite et l’Irak.

Sans perdre le sens des proportions, cependant, il faut se rappeler que pour les 10 dernières années, la Russie de Vladimir Poutine est le marchand d’armes de réference de la Syrie: 78% des armes dans l’armée d’Assad viennent de Moscou.

« Et nous ne parlons que des ventes officielles ici, » avertit le vice-président de l’archive du désarmement de l’Italie [Archivio Disarmo], Maurizio Simoncelli, « pas des marchés gris ou au noir. Les statistiques, comme on pouvait s’y attendre, n’enregistrent que les contrats enregistrés. Ensuite, il y a tout le reste. « 

« Tout le reste » est tout ce qui est transporté secrètement. Sinon, il serait impossible d’expliquer comment il y a encore tant d’armes en Syrie, alors qu’un embargo sur les armes a été mis en place sur le régime pendant deux ans et que presque personne n’admettra avoir fourni les rebelles. Selon l’Observatoire permanent sur les « armes légères » (une définition vague comprenant généralement des pistolets, des fusils, cartouches, et même des bombes manuelles, mitrailleuses et lance-missiles) et le réseau du désarmement en Italie, la forte hausse des exportations d’armes légères vers la Turquie est très suspecte.

Selon une enquête récente sur le site Wired, les commandes de Galileo Avionica ont continué pendant 10 ans, avec un pic en 2002 et 2003. Et étant donné que 500 viseurs de blindés est un nombre énorme, même pour la vaste armée d’Assad, on pense qu’un certain nombre de ces pièces ont été transmises à Saddam Hussein « sous le comptoir ».

C’était la veille de la deuxième guerre du Golfe, après tout. Le Secrétaire américain à la Défense, Donald Rumsfeld, a accusé le régime d’Assad de fournir des armes à Saddam et de contourner ainsi l’embargo qui était en place. Qui plus est, c’est la même période où le régime irakien a déménagé son arsenal chimique en Syrie. Voilà quelques-unes des mêmes armes chimiques que Saddam avait utilisé contre les rebelles kurdes, et qu’Assad utilise aujourd’hui. Un échange de faveurs d’un dictateur à l’autre.

Source: http://www.worldcrunch.com/syria-crisis/not-just-russia-italy-other-europeans-sold-plenty-of-weapons-to-syria/arms-syria-italy-weapons-embargo/c13s13307/#.VHg0lIc3fxw

Israël, les Etats-Unis et le 11 septembre. Retour en vidéo sur les opérations « False Flag »

Israël, les Etats-Unis et le 11 septembre

Descriptif de la vidéo:

[Image]: « Attaques terroristes à Jérusalem »

22 juillet 1946: Attentat contre l’hôtel King David de Jérusalem. 92 morts. Responsable: L’Irgoun, organisation armée sioniste. Les terroristes se déguisèrent en Arabes. Coordinateur de l’attentat: Menahem Begin, futur premier ministre d’Israël.

21 octobre 1949: Naissance à Tel Aviv de Benyamin Netanyahou. Son père était le secrétaire de Vladimir Jabotinsky, chef du courant sioniste fascisant et inspirateur politique de l’Irgoun.

Décembre 1949: Création du Mossad. Devise: « Car tu feras la guerre avec prudence ».

1951: Des attentats sont commis contre des synagogues en Irak. Responsable: les services secrets israéliens. Le but: provoquer l’émigration des Irakiens juifs en Israël.

1954: Neuf espions égyptiens au service d’Israël commettent des attentats – imputés aux islamistes – contre des intérêts américano-britanniques. « L’Opération Susannah » fut co-préparée par Shimon Peres, futur premier ministre d’Israël.

1956: Protocole de Sèvres. La France, la Grande-Bretagne et Israël concluent un pacte secret. [Guy Mollet, président du Conseil]. L’objectif: renverser le président égyptien et récupérer le canal de Suez.

1967: L’armée israélienne simule une attaque égyptienne contre un navire américain. 34 soldats de l’USS Liberty ont été tués. Lyndon Johnson, président des Etats-Unis, étouffa l’affaire.

1987: Le contre-espionnage israélien tente d’obtenir, via une société-écran, le contrat de sécurité du World Trade Center de New York.

1993: Au coeur du World Trade Center, une bombe explose dans un garage utilisé par une compagnie israélienne liée au Mossad. L’un des suspects, Ahmad Ajaj, avait été un informateur du Mossad. Son complice présumé, Mohammed Salameh, était le colocataire d’une Israélienne dénommée Josie Hadas. Soupçonnée par The International Herald Tribune d’être membre du Mossad, elle a disparu au lendemain de l’attentat.

1996: Benyamin Netanyahou de vient le Premier ministre d’Israël.

1996/2000: Les néoconservateurs américains et israéliens militent en faveur d’un renversement du régime en Irak. [Project for the New American Century]

11 janvier 2000: Les services secrets indiens interpellent onze Israéliens déguisés en Afghans islamistes.

Octobre 2000: Dans un cimetière du New Jersey [Gomel Chesed Cemetery], un vétéran de l’armée israélienne entend une conversation en hébreu au sujet des « tours jumelles frappées par les avions en septembre prochain ».

Janvier 2001: Les néoconservateurs s’installent à la Maison Blanche et au Pentagone.

Février 2001: Ariel Sharon devient le Premier ministre d’Israël.

Juillet 2001: Larry Silverstein, ami de Sharon et Netanyahou, prend possession du World Trade Center.

4 septembre 2001: La compagnie israélienne Zim, co-détenue par l’Etat et servant de couverture aux services secrets, déménage du World Trade Center après 25 ans d’occupation des locaux.

11 septembre 2001: A l’aube, la compagnie israélienne Odigo, basée à Herzliya et à New York, reçoit des messages électroniques faisant état d’un attentat imminent et de grande ampleur.

8H51, cinq minutes après l’impact du premier avion dans le World Trade Center (et avant l’arrivée du second avion): « Et je vois trois types sur le toit du van. Et je pouvais voir qu’ils avaient l’air heureux. Ils n’avaient pas l’air choqué. J’ai trouvé ça très étrange.

15H56: La police arrête cinq individus dont trois ont été aperçus en train de manifester une joie étrange à la vue de la tour nord en flammes. Selon un rapport du FBI, partiellement déclassifié en 2005, ils étaient en possession de 76 photos les illustrant « sautant de joie » avec la tour embrasée visible en arrière-plan. Lors de leur arrestation, l’un d’entre eux déclara: « Nous sommes israéliens. Nous ne sommes pas votre problème. Vos problèmes sont nos problèmes. Le problème, ce sont les Palestiniens. »

14 septembre 2001: Leur employeur, l’Israélo-Américain Dominik Otto Suter, s’est enfui à Tel Aviv. Sa compagnie était une couverture du Mossad. Suite aux pressions de l’administration Bush et de l’ambassadeur d’Israël, les 5 israéliens ont été libérés après 71 jours de détention. Durant toute l’année 2001, plus de 200 espions israéliens ont été arrêtés sur le sol américain te renvoyés sans procès dans leur pays.

12 septembre 2002: Benyamin Netanyahou met en garde les parlementaires américains contre les « armes de destruction massive » de l’Irak qui pourraient être délivrées aux « groupes terroristes ».

20 mars 2003: Les Etats-Unis déclarent la guerre à l’Irak. [George W. Bush: « Le temps de la tromperie et de la cruauté est maintenant terminé »]

14 décembre 2003: « Mesdames et Messieurs, nous l’avons eu! » [Paul Bremer annonce, à Bagdad, la capture de Saddam Hussein]

22 janvier 2013: Tel Aviv, Israël. Benyamin Netanyahou, l’homme qui a célébré – en 2006 – le soixantième anniversaire de l’attentat de l’hôtel King David, est reconduit à la tête du gouvernement israélien.

La stratégie d’Israël contre le Hamas exposée dans deux câbles WikiLeaks

combats-syrieDe nombreux câbles WikiLeaks évoquent le conflit israélo-palestinien, mais il faut confronter plusieurs documents pour tenter de comprendre la vraie situation géopolitique qui s’est mise en place au Moyen-Orient. La guerre en Syrie, en effet, ne semble pas totalement étrangère au conflit israélo-palestinien. Comme nous l’avions mentionné dans un article, la Syrie avait pris la défense des Palestiniens et réclamé « l’arrêt des violations israéliennes continuelles contre les droits de l’homme des Palestiniens, [la fin du] siège injuste sur la bande de Gaza et pour l’octroi au peuple palestinien de leur droit à l’autodétermination et à l’établissement de leur Etat indépendant avec Jérusalem comme capitale ». Ces demandes n’ont jamais été entendues par l’Etat d’Israël.

Un câble WikiLeaks du 11 février 2009 (09TELAVIV363) intitulé « Le président du Likoud Netanyahu parle de l’Iran, des Palestiniens et de la Syrie avec Codel Smith » explique le point de vue israélien sur la situation géopolitique du Moyen-Orient. Ce câble est très important, car il montre que l’Etat d’Israël aurait pu avoir un intérêt direct dans la déstabilisation du régime syrien pour conduire à l’affaiblissement du Hamas en Palestine. Israël accuse l’Iran de financer les groupes terroristes au Moyen-Orient et d’être le « régime-mère » du terrorisme. Parmi ces groupes terroristes, Israël considère que c’est l’Iran – soutenu par la Syrie – qui apporte son soutien au Hamas palestinien.

La Syrie, l’Iran et le Hamas palestinien

La théorie du gouvernement israélien consiste à dire, en quelque sorte, que si le Hamas est si puissant en Palestine, c’est parce qu’il est soutenu financièrement et idéologiquement par les régimes alliés de la Syrie et de l’Iran. Autrement dit, selon Israël, le problème du conflit israélo-palestinien ne serait pas uniquement un problème entre Israël et la Palestine, mais un problème qui a sa source en Syrie et en Iran, et qui doit se résoudre par l’affaiblissement de ces deux régimes: « il [Netanyahu] prédit que le terrorisme diminuerait si on coupe la volonté et la capacité de l’Iran à soutenir des terroristes avec de l’argent, un entraînement et des directives« .

On voit bien comment la stratégie israélienne se met en place et pourquoi le renversement du régime syrien aurait pu servir par la suite les intérêts sécuritaires de l’Etat d’Israël, en assurant la présence de régimes favorables à Israël dans tout le Moyen-Orient. Dans la suite du câble, Netanyahu « affirma que le retrait du Hamas au pouvoir n’y produirait pas nécessairement un régime pire, étant donné que les groupes alternatifs ne sont pas aussi proche de l’Iran que le Hamas ». Ainsi, affaiblir l’Iran et la Syrie semble s’être présenté aux yeux des responsables israéliens comme un moyen possible pour obtenir la fin de la résistance du Hamas en Palestine.

Le conflit israélo-palestinien, un problème régional

A travers ce document Wikileaks, on comprend finalement que le gouvernement israélien perçoit la guerre avec le Hamas dans une logique régionale qui va au-delà des territoires de la Palestine occupée. Cette logique régionale inclut plusieurs pays: Israël, la Palestine occupée, la Syrie, l’Iran, l’Irak et le Liban. Le conflit israélo-palestinien est un enjeu pour toute cette région du Moyen-Orient, c’est un facteur de déstabilisation et c’est pourquoi beaucoup d’observateurs considèrent qu’il n’y aura jamais de paix au Moyen-Orient tant que le conflit israélo-palestinien ne sera pas résolu. Les câbles Wikileaks témoignent de cette logique.

Dans un autre câble du 4 avril 2005 (05TELAVIV2054), le gouvernement israélien évoque de nouveau le problème de la Syrie face aux groupes terroristes: « Il a dit que, bien que la Syrie ait fait de mauvaises choses, comme aider le Hamas et le Hezbollah, en compromettant la stabilité en Irak, et donnant refuge aux copains de [Saddam] Hussein, la chose la plus importante maintenant est de le sortir du Liban. » Dans ce même câble, le ministre israélien des Affaires étrangères, Silvan Shalom, évoque l’espoir que « d’autres pays de la région passent vers des systèmes démocratiques ». Ces propos témoignent d’une certaine volonté israélienne d’amener des changements de régime au Moyen-Orient, vers des régimes plus démocratiques et pacifiés, libérés du terrorisme, ou du moins d’une stabilisation politique en Irak et en Syrie, qui pourrait être favorable à la résolution du conflit israélo-palestinien.

Le câble diplomatique ne dit pas si le gouvernement israélien a eu une implication dans la déstabilisation du régime syrien, mais si tel était le cas, on constate aujourd’hui que la stratégie d’Israël a échoué au Moyen-Orient, car la déstabilisation des régimes hostiles à l’Etat d’Israël n’a pas pacifié le Moyen-Orient et n’a pas conduit à la mise en place de systèmes plus démocratiques. Au contraire, on voit aujourd’hui qu’avec la guerre en Syrie, non seulement les régimes se sont maintenus dans la violence et la répression, mais le jihadisme a aussi progressé et se répand comme une poudre sur toute la région.

Quel rôle pour la Russie?

Il semble aussi que le gouvernement israélien ait mal envisagé le rôle de la Russie dans le conflit au Moyen-Orient. Dans le premier câble (09TELAVIV363), Netanyahu présente la Russie comme un possible allié dans la stratégie de lutte contre le terrorisme en Iran et en Syrie: « La communauté internationale pourrait aussi imposer un blocus naval sur l’Iran […] avec la Russie comme pays clé dans cet effort. Le conseiller de Netanyahu, Arad, a ajouté que la Russie a été utile à certains moments […] et que les puissances occidentales pourraient avoir à faire des concessions avec la Russie sur d’autres questions pour les amener à collaborer plus étroitement contre Téhéran. »

Ce câble date d’avant le début de la guerre en Syrie, qui a commencé par les manifestations du 15 mars 2011, mais on sait aujourd’hui que la Russie n’a pas voulu s’allier avec l’Occident dans la lutte contre le régime syrien. Le câble Wikileaks montre ainsi que la stratégie prévue par le gouvernement israélien n’a pas fonctionné, car celui-ci pensait s’appuyer sur la Russie pour déstabiliser l’Iran et la Syrie. De son côté, la Russie n’a pas voulu intervenir contre le régime syrien par peur d’une extension du front islamique vers ses propres frontières: on voit que, là aussi, le raisonnement n’a pas fonctionné, car le front islamique s’est bel et bien étendu vers d’autres pays, même s’il n’atteint pas encore la Russie.

En fait, il y a beaucoup d’incertitudes sur ce qui se passe désormais dans cette région du Moyen-Orient. Il semble que toutes les stratégies gouvernementales aient échoué pour pacifier la région et que les scénarios qui se déroulent actuellement en Syrie et en Irak avec l’avancée de l’Etat Islamique n’avaient certainement pas été imaginés ni par le gouvernement israélien, ni par les gouvernements américain, européen ou russe, à un moment où ils pensaient régler le conflit avec le Hamas.

Les documents Wikileaks mettent ainsi en lumière les profondes erreurs d’appréciation des responsables gouvernementaux israéliens qui, dans leur stratégie face à l’Iran et à la Syrie, en 2005, puis 2009, ont pensé qu’ils réussiraient à affaiblir le Hamas, mais n’ont pas compris que ce qu’ils redoutaient le plus allait se produire quelques années plus tard, à savoir l’avancée actuelle du front jihadiste, la radicalisation du terrorisme et la déstabilisation du Moyen-Orient qui remet profondément en cause tout espoir de résoudre de manière pacifique le conflit israélo-palestinien.

Source des documents Wikileaks: http://search.wikileaks.org/plusd/cables/09TELAVIV363_a.html et http://search.wikileaks.org/plusd/cables/05TELAVIV2054_a.html

WikiLeaks: La CIA ou la « Central Incompetence Agency »

the-new-cia-seal-obama-directs-the-cia-the-wrong-way-political-poster-1261477606Illustration: « Le nouveau sceau de la CIA – Ne pas entendre de mal – Ne pas voir le mal – Ne pas faire de mal » (politifake.org)

Voici l’extrait du câble 05PARIS2210 daté du 4 avril 2005, provenant de l’ambassade américaine de Paris: les diplomates américains analysent les réactions de la presse française face à un rapport sur la CIA qui met en évidence l’incompétence et les erreurs commises par l’agence de renseignement américaine sur la présence d’armes de destruction massive en Irak. Ce rapport intégral peut être consulté en ligne sur le site du Washington Post (« Les doutes sur les armes ont été rejetés »). Les réactions de la presse insistent notamment sur le fait que les erreurs de la CIA ont concerné deux événements récents majeurs, à savoir les attentats du 11 septembre et la guerre en Irak.

RAPPORT DE LA CIA

Les erreurs des espions américains stigmatisées dans un rapport

« Les correspondants de Washington, pour le [journal] de centre-droit le Figaro, ont émis comme opinion (01/04): « les espions américains n’avaient aucune idée que le 11 septembre 2001 était imminent, ils ont eu tort à propos des armes de destruction massive que Saddam Hussein était censé avoir, vont-ils faire preuve du même niveau d’incompétence en ce qui concerne les arsenaux nucléaires iranien et nord-coréen? C’est la question que nous lisons entre les lignes des 600 pages du rapport présenté hier au président Bush.

« CIA: Central Incompetence Agency [Agence Centrale de l’Incompétence] »

Thomas de Rochechouart dans le [journal] populaire de centre-droit France Soir (01/04): « CIA: ces trois lettres symbolisent le pouvoir et la puissance des États-Unis. Et dans une certaine mesure son invincibilité. Mais dans le rapport qui a été présenté à George W. Bush, les espions ont plus de ressemblance avec l’inspecteur Gadget qu’avec les espions des romans de John Le Carré ou de Tom Clancy. Quelle Explication peut être trouvée pour cette faute énorme. Qui n’est pas la première erreur, si on prend en compte le 11 septembre? Le Renseignement américain semble être responsable de deux grands crises qui ont eu des répercussions internationales et qui ont déstabilisé la planète au cours des dernières années ».

Source: https://wikileaks.org/cable/2005/04/05PARIS2210.html

Lire l’article du Washington Post du 1er avril 2005: « Les doutes sur les armes ont été rejetés » : http://www.washingtonpost.com/wp-dyn/articles/A17211-2005Mar31.html

Lire le rapport intégral sur les armes de destruction massives en Irak, du 31 mars 2005 (pdf): http://www.washingtonpost.com/wp-srv/nation/nationalsecurity/wmd/wmd_report.pdf

Les problèmes de pollution nucléaire, conséquences de la guerre en Irak

Greenpeace in IrakPhoto: Des militants Greenpeace marquent un site hautement radioactif à l’extérieur d’une école avec des avertissements en arabe. Le site référencé comme 3000 fois plus élevé que le fond.

Greenpeace International, « Un voyage en Irak »

Contexte – 10 avril 2006

L’installation de recherche nucléaire à Tuwaitha

Construite dans les années 1960, l’installation de recherche nucléaire à Tuwaitha est un complexe de plus de 100 bâtiments répartis sur un site de 35 miles carré [56 km2], situé à 18 km SSE [sud-sud-est] de Bagdad. Il était considéré comme le cœur du programme d’armement nucléaire de l’Irak. Les activités passées sur le site ont inclu plusieurs réacteurs de recherche, la séparation du plutonium et le traitement des déchets, la métallurgie de l’uranium, le développement d’initiateurs de neutrons et le travail sur le nombre de méthodes d’enrichissement d’uranium.

Après la guerre du Golfe de 1991, l’AIEA a supprimé tous les stocks connus d’armes irakiennes de matières nucléaires utilisables, conformément aux dispositions de la Résolution 687 du Conseil de sécurité de l’ONU. Toutes les autres matières radioactives, y compris l’uranium, ont été stockées dans des barils étanches à Tuwaitha et ont été vérifiées une fois par an par l’AIEA, selon les termes du Traité de non-prolifération nucléaire. L’AIEA a déclaré qu’en décembre 2002, 500 tonnes de « yellowcake » et 1,8 tonnes d’uranium faiblement enrichi sont restés à Tuwaitha, et des centaines d’autres, de sources industrielles hautement radioactives étaient encore dans le pays.

Le problème

Quand l’Irak est tombé sous le contrôle des États-Unis, le 9 avril 2003, les puissances occupantes n’ont pas réussi à sécuriser correctement Tuwaitha et d’autres sites nucléaires. Les forces d’occupation ont également échoué à procéder à un inventaire des matériaux sur n’importe lequel des sites.

Juste un jour plus tard, le 10 avril [2003], la porte d’une zone de stockage à Tuwaitha a été trouvé avec une brèche. Les forces américaines ont été réclamées par l’AIEA pour garantir la sécurité de l’installation de stockage peu de temps après le 11 avril [2003], mais le 3 mai, lorsque les forces américaines ont mené une surveillance du site, ils laissaient encore des dizaines de « travailleurs » entrer et prendre tout ce qu’ils voulaient. Sept sites liés au programme nucléaire de l’Irak ont été visités par les équipes de programmes nucléaires spéciaux du Pentagone depuis la fin de la guerre, et tous ont montré des signes de «pillage».

Les résidents vivant à proximité de Tuwaitha auraient pris des barils de matières nucléaires, appelées « yellowcake », et autres contenants, parce qu’ils en ont besoin pour conserver les aliments, l’eau, le lait et le yaourt. Ils ne savaient pas que les barils étaient radioactifs et toxiques, et qu’ils s’exposaient à de graves risques. Des témoins rapportent avoir vu des gens transportant des conteneurs et vider le contenu faiblement radioactif dans le sol ou dans les approvisionnements locaux en eau. Les signes d’avertissement destinés à la communauté locale ont été limités et rédigés uniquement en anglais. Une partie du matériel volé est maintenant retourné à la mosquée voisine où il est stocké, mais n’a pas été contenu.

Les médecins locaux sont préoccupés par le fait que les gens montrent des signes de maladie suite aux rayons, comme des saignements et des vomissements. Le Dr. Jaafar Nasser Souhayb, qui dirige l’une clinique à proximité, a déclaré que, sur une période de cinq jours, il a traité environ 20 patients du quartier près de Tuwaitha pour des symptômes similaires: essoufflement, nausées, saignements de nez graves, éruptions cutanées avec démangeaisons. [Le médecin] Suhayb craint que les résidents souffrent d’un empoisonnement suite au rayonnement, parce que plusieurs des symptômes sont compatibles avec ceux du syndrome d’irradiation aiguë.

L’expédition de Greenpeace

Nous sommes allés en Irak en juin 2003 pour examiner l’environnement local et évaluer l’ampleur de la contamination nucléaire. L’équipe a pris des échantillons du sol et de l’eau pour des analyses en laboratoire et effectué une surveillance sur place avec un équipement spécial de détection des radiations. Tandis que l’ampleur de l’enquête radiologique de Greenpeace était complète, cela a donné une idée du véritable niveau de risque pour les gens de la région et pour l’environnement.

Source: http://www.greenpeace.org/international/en/campaigns/peace/say-no-to-war-and-yes-to-peace/trip-to-iraq/

Des documents WikiLeaks évoquent le rachat du « yellowcake » irakien par les pays occidentaux

Tuwaitha-IrakPhoto: Tuwaitha Bâtiment 15 (publié sur le site de la CIA)

Dans les médias, on cite souvent les pays du Moyen-Orient pour évoquer les problèmes de droits de l’homme, mais il apparaît à travers les documents Wikileaks que le nucléaire est aussi une autre raison qui rend ces pays importants au regard des Occidentaux. Ainsi en est-il de l’Irak et de la centrale nucléaire de Tuwaitha (site nucléaire principal de l’Irak), où il est aussi question de rachat d’uranium, comme on le voit dans cette sélection de documents.

Câble n°08PARIS77, du 14 janvier 2008: « La vente du yellowcake irakien » [selon Wikipedia, le yellowcake est un « concentré d’uranium (…) qui n’est pas soluble dans l’eau et qui contient environ 80 % d’uraninite]

10. (S) Enfin, l’USDP [Secrétaire à la Défense pour la politique] Edelman s’est enquis de la position du GOF [Gouvernement français] concernant la vente possible de yellowcake irakien à la société française Areva. Les États-Unis et le gouvernement irakien étaient inquiets de faire sortir le yellowcake à l’extérieur du pays et nous avons compris qu’Areva est un acheteur potentiel. Carré a confirmé que le gouvernement français soutient la vente, et l’a fait savoir à Areva, mais que les détails techniques devront être élaborés, étant donné qu’une partie du yellowcake qui doit être vendu ne sera pas utilisable et que le droit français ne lui permettrait pas d’être importé et stocké en France. Le GOF [Gouvernement français] espère, par conséquent, que les États-Unis ou un autre pays serait en mesure d’accepter ces déchets. Cela dit, Carré a souligné, le gouvernement français avait « donné le feu vert » à la vente.

Câble n°08BAGHDAD591, du 29 février 2008: « Mise à jour de l’acheteur de Tuwaitha — post-réunion de Paris »

Coopération nucléaire à long terme des États-Unis et l’Irak

5. (S) Comme il l’a fait dans les discussions précédentes, Fahmi a posé la question sur l’établissement d’une relation sur le nucléaire à long terme entre les États-Unis et l’Irak, soulignant combien cela est important pour le GOI [Gouvernement irakien]. Ries a répondu que le GOI [Gouvernement irakien] voudra peut-être soulever cette question dans le dialogue sur la Relation à Long Terme de Sécurité Américano-Irakienne, mais il a noté que des accords de coopération nucléaire peuvent prendre une longue période de temps pour se négocier.

L’accès à Tuwaitha zone B

6. (S) Fahmi a déclaré que le ministère irakien de l’agriculture avait recueilli un certain nombre de sources de rayonnement et le MOST [Ministère des Sciences et de la Technologie] avait besoin d’un accès au site de Tuwaitha pour les stocker adéquatement. Ils sont maintenant dans un stockage temporaire et le MOST aimerait les déplacer dès que possible. Parks a répondu que les Etats-Unis fourniraient les procédures suggérées pour l’accès, la semaine prochaine. Ces procédures doivent permettre un accès relativement rapide fondé sur la coordination avec le col. Ra’ad sur le site. Fahmi a remercié Parks et réitéré qu’il était important de déplacer bientôt les sources dans le site.

Câble n°08BAGHDAD610, du 2 mars 2008: « Matériel nucléaire de Tuwaitha »

8. (S) L’ambassadeur Ries a indiqué que deux offres ont été faites pour l’achat de l’uranium irakien yellowcake, et l’offre la plus élevée est de l’enchérisseur canadien. Il a déclaré que le ministre Fahmi du Ministère de la Science et de la Technologie proposerait d’accepter l’offre du Canada lors de la prochaine réunion du Conseil des ministres. L’USG [Gouvernement US] demande au moins 14 millions de dollars pour le partage des coûts, les frais de transport et d’emballage de l’USG. L’ambassadeur Crocker a exhorté le DPM à convaincre le Cabinet d’accepter l’offre canadienne, depuis qu’AREVA a indiqué que si elle fait une offre, elle ne le fera pas avant la mi-mars, le prix de l’offre canadienne expire le 29 février, et le prix du marché ne cesse de descendre.

Câble n°08BAGHDAD1088, du 8 avril 2008: « Mise à jour des négociations de Tuwaitha »

1. (C) Résumé: Le ministère de la Science et de la technologie a tenu une conférence téléphonique le 6 avril à l’ambassade pour finaliser les négociations contractuelles avec Cameco, l’acheteur canadien du yellowcake d’uranium. Les négociations se sont bien passées, et le contrat une fois finalisé et révisé par les parties pourrait être signé dès le 11 avril, en attendant une clarification de l’USG [Gouvernement US] sur les plans de livraison. FIN DE RÉSUMÉ

2. (SBU) Le dimanche 6 avril, le ministre irakien des Sciences et de la Technologie, Riad Fahmi, a tenu une conférence téléphonique à l’ambassade avec la société canadienne Cameco. Les autres participants étaient le Dr. Fadhel Jawad, conseiller juridique du MOST [Ministère des Sciences et de la Technologie]; le sous-ministre de l’Industrie, Sami Alarjee; le sous-ministre du MOST [Ministère des Sciences et de la Technologie], Fouad Shati; Tayseer Mohammed et Mohammed Mahmood de la Banque commerciale de l’Irak.

Voir aussi: le rapport en ligne de la CIA sur le programme nucléaire irakien

Autres annexes sur l’Irak publiées sur le même site: Cartes, Bâtiments et Chiffres de Tuwaitha

Points forts en photographies: Mission de Tuwaitha, 20-22 novembre 2003 (annexe F) et description d’autres bâtiments de Tuwaitha (annexe B) – voir toutes les photos

Témoignage de Charles Duelfer sur les programmes ADM (Armes de Destruction Massive) de l’Irak

La bombe dans mon jardin: Les Secrets du Mastermind nucléaire de Saddam