Matthew Dunn, ancien agent du MI6, parle des services secrets agissant en Libye en 2011

Vidéo mise en ligne le 26 août 2011

Texte de présentation sur youtube:

Tiré de la télévision néerlandaise – les extraits dans lesquels Michael Dunn parle sont en anglais. Dans le Paradigme Fantaisiste de l’OTAN, il est parfaitement normal d’avoir des services secrets en Libye qui travaillent pour lutter contre le méchant dictateur.

Dans le nouveau paradigme, c’est un autre exemple de la façon dont l’Occident fait tout son possible pour prendre le contrôle des biens de la Libye, en donnant un entraînement à l’opposition et en ignorant les nombreuses personnes en Libye qui ne veulent pas de l’OTAN et de leurs Rebelles. Il n’y a pas justification pour cela de la part du Conseil de sécurité des Nations Unies, mais personne ne semble se faire de soucis du lavage de cerveau qu’ils ont avec le Paradigme de l’OTAN.

Dans une autre vidéo, vous pouvez entendre [des informations] sur le rôle des agents du MI6 et de la CIA dans la lutte contre les journalistes indépendants qui ne sont pas d’accord avec le Paradigme de l’OTAN.

Voici quelques extraits de l’interview de Matthew Dunne:

« Je suis Matthew Dunne, je suis un ancien agent de terrain du renseignement britannique du Mi6. J’ai passé 5 ans à voyager autour du monde typiquement dans des positions ennemies. Si j’avais été au tribunal, j’aurais été torturé et exécuté.

J’ai la permission de parler à un certain niveau, mais évidemment je dois être très courtois au sujet de ce que je dis. Mais oui, c’est la première interview à la télévision avec un ancien agent du Mi6. Oui, certainement pour ce qui est de ma génération.

Ce que je peux dire, et ceci sans trahir aucun secret particulier, c’est que la situation en Libye serait suivie de très près par le Mi6 et évidemment d’autres services secrets occidentaux. Tout le monde sait qu’ils auraient probablement placé des gens sur le terrain, et qu’il y aurait d’autres manières de contrôler la situation sur place. Beaucoup de ce qu’ils essaient de faire serait de recueillir du renseignement, des informations secrètes, pas uniquement au sujet des actions spécifiques qui sont menées, comme les combats à Tripoli, à Benghazi ou ailleurs en Libye, mais aussi d’essayer vraiment de comprendre les groupes d’opposition.

La situation en Libye est une situation inhabituelle. Une chose que je peux dire, car tout le monde le sait, c’est qu’un agent du Mi6 avec son équipe de protection de 12 hommes du SAS ont été attrapés, si je puis dire, en allant en Libye aux premières étapes du conflit avec le but de chercher à engager un dialogue avec les groupes rebelles sur place. Cette situation était assez inhabituelle pour un agent du Mi6, parce qu’il allait là, non seulement pour recueillir de l’information de leur part, mais il était aussi clairement un représentant du gouvernement britannique.

Les Britanniques, les Américains, les Européens ont tous appris dans le passé qu’envoyer de l’argent, des armes ou de l’aide dans une situation, peut parfois rendre une situation plus difficile, à moins de la cibler de manière spécifique et de comprendre les gens que vous ciblez. Est-ce que les gens qui vont utiliser cet argent, ces armes ou n’importe quoi d’autre, vont les utiliser de la bonne manière?

J’aurais pensé que de nouveau, avec la vitesse des événements, il me semble que les rebelles avaient renouvelé un sens de l’objectif, ils ont été rassemblés, ils semblaient être hautement motivés, et ceci a manqué pendant les derniers mois. Et je pense qu’il y a une force motrice, et que cela aurait pu venir du soutien du Mi6, aussi bien que d’autres organisations.

Vous devez comprendre que, chaque fois que des questions sont soulevées au sujet du Mi6, le commentaire sera toujours celui qui a été fait et il n’y aura en effet pas de commentaire, donc ce commentaire [officiel, selon lequel il n’y a personne sur le terrain] ne me surprend pas du tout. Il peut y avoir des conséquences sévères: des opérations peuvent échouer, mais aussi des vies peuvent être perdues.

Oui, c’est un risque pour tout le monde. Vous opérez à l’étranger, vous n’êtez pas en territoires sûrs: tout le business de l’espionnage est extrêmement sérieux et extrêmement dangereux. Beaucoup de gens qui font partie du personnel ne feraient jamais l’actualité, parce que clairement en tant qu’agent, vous faites des choses que vous espérez ne jamais voir dans l’actualité pour des raisons évidentes. Donc oui, j’y pense. Est-ce que cela me manque? Non. Mes conditions sont très différentes maintenant. J’aimais faire ce travail à ce moment, mais mes conditions ont désormais changé. Je pense que ce serait très difficile de revenir vers ce monde.

Je ne peux pas commenter sur ce que le Mi6 fait en ce moment, mais en termes de savoir si Kadhafi sera trouvé, oui, il sera trouvé. Il n’y a pas de doute sur cette question. Au moment où le pays aura tout un plan, où plus de soldats loyalistes rejoindront le côté des rebelles, que les populations dans les villes et les villages se rendront compte qu’ils ne peuvent plus être persécutés, alors Kadhafi n’aura plus nulle part où aller, et il pourrait être trouvé dans un village par un berger avec un fusil, ou piégé par des soldats spécialisés, des forces spéciales, ou des agents du renseignement. »

[Comme le prédit Matthew Dunne dans cette interview, Kadhafi a effectivement été capturé par la suite, le 20 octobre 2011, à Syrte, où il meurt suite aux échanges de tirs].

Stratfor et TrapWire sont partenaires commerciaux – les preuves par l’écrit

« Qu’est-ce que tu regardes? »

Stratfor, la firme de collecte de renseignements dont les courriels ont été hackés par Anonymous puis publiés par WikiLeaks, n’a pas fait que des commentaires sur TrapWire dans ses courriels: an août 2009 elle a signé avec le projet TrapWire à travers un accord de partenariat avec Abraxas Applications. Et voici le document pour le prouver. L’accord cite explicitement que Stratfor fournira des renseignements à TrapWire directement d’une manière continue. Pour voir des analyses approfondies des relations commerciales de Stratfor avec TrapWire (et le conflit d’intérêt qui en découle) cliquez ici et ici.

Alors voilà. Un autre morceau du puzzle. Cette histoire devient de plus en plus énorme…

En Australie, le Sénateur des Verts, Scott Ludlam, a essayé de poser une question au Sénat pour savoir si TrapWire était déployé en Australie. Il n’y fut pas autorisé (le Sénat vota de ne pas répondre à des questions à ce sujet). Le Bureau du Sénateur Ludlam publia plus tard un communiqué expliquant que le Sénateur poursuivait le sujet par d’autre méthodes d’enquête.

Par ailleurs, un preprésentant de Cubic Corporation a posté un commentaire sur l’article de Darker Net disant, « SAN DIEGO, Calif. 13 août 2012 – Cubic Corporation (NYSE: CUB) a acheté Abraxas Corporation le 20 décembre 2010. Abraxas Corporation n’a aujourdhui comme alors aucune affiliation avec Abraxas Applications maintenant connue comme TrapWire, Inc. »

Un peu d’explication de fond est nécessaire…

Aujourd’hui, TrapWire software appartient à TrapWire, Inc., une entreprise de Reston, en Virginie. Mais depuis toujours. Abraxas Corporation a créé TrapWire à travers sa firme subsisiaire, Abraxas Applications, Inc.. Abraxas Corporation a enregistré le software de TrapWire dans un dossier auprès de l’U.S. PTO (office des brevets états-uniens, ndt) en 2006. Abraxas Corporation appartient maintenant à Cubic Corporation, qui a acheté la firme en novembre 2010 pour 124 millions $ en espèces. Selon un rapport, Cubic fit l’acquisition d’Abraxas après que TrapWire ait été réorganisé comme entité à part et qu’un des termes de cette acquisition était de « causer que le nom de marque d’Abraxas Applications, Inc, soit changé en un nom qui ne comporte pas ‘Abraxas’ ou une quelconque variation du mot ». Aussi, selon un article de mars 2007 dans le Washington Business Journal « Abraxas Corp., une entreprise de technologie de gestion de risques, a élaboré une enseigne de logiciels se concentrant sur la vente d’un nouveau produit. La filiale – nommée Abraxas Applications – vendra TrapWire, qui prédit des attaques contre des infrastructures critiques en analysant les rapports de sécurité et la vidéo-surveillance ». Et l’article poursuit: « Abraxas Corp. avait auparavant remporté des contrats pour tester TrapWire… »

Davantage d’analyse est fournie par Public Intelligence (connu pour son exactitude): « Un titre de propriété produit par TrapWire, anciennement Abraxas Applications, décrit le produit comme « un logiciel unique et prédictif conçu pour détecter des schémas de surveillance préliminaires à une attaque. » Dans une interview en 2005 au Northern Virginia technology Council (Conseil sur la Technologie de la Virginie du Nord, ndt), le PDG d’Abraxas Corporation, Richard « Hollis » Helms, dit que le but de TrapWire est de « collecter des informations sur les gens et les véhicules qui soit plus précise que la recognition faciale, extraire des schémas, et accomplir des évaluations de menace de zones potentiellement sous l’observation de terroristes… La nouvelle firme [Abraxas Applications] peut aussi puiser dans le travail d’Abraxas [Corporation] avec des agences du renseignement et de la défense et les contacts du fondateur et PDG d’Abraxas Richard Hollis Helms, à qui appartiennent les deux firmes. »

Donc Cubic Corporation peut-elle légitimement prétendre ne pas être propriétaire d’Abraxas Applications (qui dirige TrapWire)? Si nous nous fions strictement aux dates d’acquisition, oui – ainsi que des systèmes de transport intelligents et même des intérêts dans la gestion de cartes de crédit. Un mélange étrange qui en lui-même devrait inquiéter. Par exemple, Cubic est listée comme directeur organisationnel de Ntrepid, une organisation obscure qui « fournit des clients des forces de l’ordre et de la sécurité nationale avec du software, du hardware, et des services de gestion pour des cyber opérations, analyses, traductions, pose de mouchards et pistage [en ligne]. » La liste des cadres de Ntrepid présente à son tour l’ancien PDG et fondateur d’Abraxas, Richard Helms, comme directeur et administrateur, et Wesley Husted, l’ancien Trésorier. De plus, quelques unes des personnes chez Anonymizer, qui migrèrent plus tard vers Abraxas, quittèrent à l’origine Cubic pour démarrer une nouvelle firme de renseignement mais sont désormais listés comme dirigeants de l’organisation de Ntrepid. Tout cela est assez circulaire, à tout le moins…

Posté par Darkernet, le 15 août 2012

Source: http://darkernet.wordpress.com/2012/08/15/trapwire-and-stratfor-are-business-partners-documentary-evidence/

Traduit depuis le web par willsummer

Les USA espionnent l’Afrique: Les courriels de Stratfor révèlent l’espionnage en Côte d’Ivoire

Le quartier du Plateau, à Abidjan

Des courriels entre analystes du renseignement révèlent comment la guerre avait été prévue et les atrocités cachées en Côte d’Ivoire.

« La lumière du soleil est le meilleur désinfectant / Dans une société civilisée, tu sais »

Faisant un commentaire sur un article publié par le Daily Maverick, un lecteur enthousiaste comparait le boulot de Stratfor au journalisme d’investigation. Un autre allait jusqu’à dire que Stratfor n’enfreint aucune règle ou limite morale en espionnant des individus et leurs communications pour de grandes sommes d’argent.

Laissez-moi vous donner mon avis dès le départ: les corporations et autres institutions sont les ennemis du peuple. Agissant dans ses meilleurs intérêts? De qui se moque-t-on? Depuis que les GI Files ont fait surface, plusieurs articles désignaient Stratfor – une agence de renseignements privée qui travaille pour de grosses entreprises et espionne ses « ennemis », a travaillé pour le gouvernement US, fournissant des renseignements au Department of Homeland Security (Ministère de la Sécurité Intérieure, rejeton de la politique post-9/11, ndt), la Defense Intelligence Agency (service de renseignements du Ministère de la Défense US) et les Marines – et en espionnant des contestataires aux USA. Stratfor affirme qu’elle fait de « l’analyse géopolitique globale ». Eh bien sa portée va beaucoup plus loin que cela.

Tout de suite après la lutte électorale en Côte d’Ivoire, les agences de médias occidentaux, en français et en anglais, n’ont pas de scrupules à imposer la responsabilité de toute la crise à Laurent Gbagbo. Leur assurance m’énervait pour tout vous dire; comme s’ils avaient eu un accès exclusif à certaines informations. Peut-être quelqu’un les avait-il renseignés.

L’institution d’espionnage (aucun autre terme n’est aussi simple et précis à la fois pour décrire cette institution) Stratfor n’a pas seulement couvert de très près les événements tels qu’ils se déroulaient en Côte d’Ivoire, mais a probablement caché un énorme mensonge. Que les médias classiques soient complices n’est pas un scoop; après tout ils dépendent de sources de revenus qui n’aiment pas ce genre d’histoire. Jugez par vous-mêmes.

Pourquoi Stratfor s’intéresse-t-elle à la Côte d’Ivoire?

Des fruits et fèves de cacaoyer

La RCI (République de Côte d’Ivoire) mène la production, ainsi que l’exportation mondiale des fèves de cacao utilisées dans la fabrication du chocolat depuis 2009, fournissant 30% du cacao produit sur la planète. De grands producteurs de chocolat comme Cadbury’s, Hershey’s et Nestlé achètent des productions et des options de cacao ivoirien. Stratfor aussi a de jolis intérêts dans le cacao de Côte d’Ivoire (mail 1039966).

J’ai suivi les traces d’un certain ‘Mark Schroeder, Directeur de l’Analyse pour l’Afrique Sub-Saharienne’ pendant un temps et cet e-mail ne fit que confirmer mes pensées. Pour moi il est celui qui déniche les informateurs africains. Plusieurs courriels le montrent continuellement « gardant le contact » avec eux, où qu’ils soient (5048229, 4980860, 5083146, 5264354, 5114217, 4980457, 5138296, 5141941, 5150875, 5135143, 4984588).

Un autre m’amena à la possible conclusion que Cargill, la multinationale commercialisant des produits agricoles, pouvait être un client de Stratfor (5079189).

La plupart des rapports, deux semaines après le début du conflit, dépeignaient un Gbagbo avec « un ferme contrôle de l’armée » et un Ouattara qui « est largement acclamé et reconnu comme le président de Côte d’Ivoire ». Ils ont cependant omis d’exprimer la position des citoyens sur le sujet. « Des résultats officiels ont dit qu’Alassane Ouattara avait gagné le deuxième tour ». Pourtant, il a essayé une fois ou deux de rassembler des soutiens et de faire face à Gbagbo sans succès. De plus, Abidjan est restée calme deux semaines après le showdown électoral; le coeur des soutiens de Ouattara étant concentré au nord de la RCI, où ils ont essayé de mobiliser des manifestations au cours des quelques derniers jours, mais se sont faits disperser par les forces de sécurité du gouvernement. Un courriel nous éclaire gracieusement sur quelques faits « secrets » sur les factions politiques en RCI (4980408).

L’analyse des sources: Nom de Code CIXXX

La plupart des sources sur la RCI ont présenté une histoire différente de celle mise en images par les médias occidentaux. un tableau Excel intitulé « Africa Source List » que j’ai récupéré donne une longue liste de noms et d’adresses de sources Stratfor en Afrique. Les informateurs comprennent des présidents, des ambassadeurs, des ministres d’état, des représentants de l’ONU, du personnel d’ambassade, des entrepreneurs, des cadres de grandes entreprises, un grand nombre de reporters et de journalistes, des activistes, des étudiants et beaucoup plus (1232132).

Sept personnes ont fourni des renseignements de première main à Stratfor sur ce qui s’est réellement passé sur le terrain en RCI. Leurs compte-rendus de la situation sont choquants et s’orientaient dans une direction très éloignée de celle montrée par les médias. Voici un rapport d’un « missionnaire » en Afrique (952799):

Presque tout ce que vous entendez de la part de la France et de l’ONU est faux. La vie à Abidjan n’est même pas près d’être normale. Il y a des cadavres à chaque carrefour qui pourrissent au soleil pendant des jours. Des bandes armées de criminels en maraude libérés des prisons pour rejoindre son armée (plus de 30000 au dernier compte) par les hommes de Ouattara tuent au hasard à travers tout Abidjan. Ils pillent, tuent, violent, pénètrent dans les habitations et prennent ce qu’ils veulent, volent des voitures et des 4×4. Les hommes de Ouattara vont de maison en maison en prenant les jeunes hommes de plus de 15 ans et en les tuant sur place ou les emmenant quelque part d’où ils ne sont jamais revus. La nourriture commence à manquer, l’eau aussi à certains endroits. Le courant électrique est toujours branché mais n’est pas constant. Les Français essayent toujours de tuer Gbagbo. Ils ont encore bombardé sa maison aujourd’hui. Ils n’attendent pas de l’affamer. Ils attaquent quotidiennement. Ne croyez pas les nouvelles du soir mon ami. Les Français et l’ONU ont tué des milliers de jeunes qui ont offert leurs vies pour protéger leur président sans armes, quand ils ont encerclé sa résidence et le palais présidentiel. Saviez-vous que les Français et l’ONU ont tué beaucoup de civils à la base militaire d’Akouedo. Cette base était la résidence de centaines de familles de soldats. Plus de 2400 hommes, femmes et enfants ont perdu la vie. Notre famille connaît des familles qui y ont été tuées.

Alors, vous me l’avez demandé. Et voilà. Que ferez-vous avec cette information. Quelqu’un écoute-t-il le Sénateur Jim Unihofe? Il a les données et tout ce que nous avons vu sur internet est exact. Allez à http://groups.yahoo.com/group/osint/message/141423

Dans un autre courriel, il souligne ceci (1401516):

Les choses sont vraiment en train d’empirer. Ce que je vous dis vient de gens qui vivent dans ces zones ou ont des amis et de la famille qui y vivent. À Abobo [un quartier pro-Alassane Ouattara d’Abidjan qui a été le décor principal des affrontements], les forces rebelles ne sont pas des civils, ainsi que les principaux réseaux d’informations le rapportent. Ce sont des militaires entraînés du Burkina Faso, du Mali et d’autres pays. C’est l’ONU qui les transporte jusque dans Abobo et ailleurs, et qui les arme. Beaucoup d’entre eux sont des adorateurs de démons et ils tranchent la gorge de quiconque semblant soutenir Gbagbo, et utilisent le sang et les organes pour un culte sacrificiel brûlant plusieurs fois les gens vivants. […]

Les forces ivoiriennes ont désormais nettoyé la plus grande partie d’Abobo, depuis que le gouvernement a déclaré une zone d’exclusion aérienne. L’ONU a essayé d’amener davantage de troupes dans Abobo par hélicoptère mais le FDS leur a tiré dessus, les manquant volontairement mais tirant tout autour pour les dissuader. Ils sont repartis et n’ont pas essayé de revenir.

L’embargo économique ne fonctionne pas pour la communauté internationale. Les gens ne se rebellent pas et quelques banques sont ouvertes et servent les gens. La seule partie de l’embargo qui fonctionne est l’embargo sur les médicaments. Beaucoup de personnes sont en train de mourir parce qu’ils n’ont pas accès aux médicaments. Des enfants et des personnes âgées qui meurent du paludisme sans le remède simple. Pourtant, ils ne se révoltent pas.

Certains jours vous ne sauriez même pas qu’il y a un conflit. Les gens travaillent, vont à l’école, se marient, vivent la vie. S’ils s’attendent à ce que les gens se rebellent ils se leurrent. Ils ont choisi Gbagbo comme président et ne se révolteront jamais contre lui. Chaque fois que lui ou l’un de ses hommes appelle à une réunion ou un rassemblement, des centaines de milliers de personnes affluent. Si Ouattara appelle pour quoique ce soit, rien ne se passe. Ceci devrait indiquer à tout le monde ce qu’est la vérité. Vous savez, je parle à beaucoup de gens; à ceux à qui je demande, « Et si Gbagbo était tué ou décidait de quitter le pouvoir? Que pensent-ils qu’il se passerait? »

Sans hésiter ils me disent tous qu’ils se battraient jusqu’à ce que le dernier Ivoirien soit mort avant que de laisser Ouattara prendre le pouvoir. Ils disent qu’il devra marcher par-dessus leurs cadavres pour entrer à l’intérieur du palais présidentiel.

Mark, toute cette situation est absurde. Jusqu’où la communauté internationale ira-t-elle pour installer leur homme à la Présidence. Combien devront mourir pour qu’ils puissent contrôler les ressources de ce pays. Ce qui est vraiment triste est que s’ils voulaient vraiment aider le peuple ivoirien, ils pourraient négocier tout ceci, permettre une nouvelle élection et alors les gens les laisseraient volontiers venir dans le pays et aider à amener un réel développement qui bénéficie à tout le monde. Ceci ne donnerait-il pas les mêmes résultats sans tuer tant de monde. Veulent-ils vraiment voir toute cette mort et cette destruction?

S’il vous plaît, comme j’ai déjà demandé, ne révélez jamais mon nom ou d’où vous avez eu ces informations. Ma vie est entre vos mains. Déjà ces terroristes ont tué des journalistes ivoiriens chez eux la nuit pour avoir imprimé ces vérités. Quiconque veut connaître la vérité peut venir ici et la découvrir. Elle n’est pas cachée. Les gens supplient les médias de rapporter la vérité. Mais personne n’écoute. Si qui que ce soit dit la vérité ouvertement sur Ouattara, il envoie ses assassins après eux. Même le président Zuma s’est fait attaquer en quittant le Golf Hotel pour avoir semblé soutenir Gbagbo. Tous les Mauritaniens se font attaquer et leurs commerces se font piller et brûler. Ils quittent maintenant la RCI parce que leur président a soutenu une solution pacifique et une nouvelle élection. »

D’autres commentaires de sa part sont accessibles – 1116097 et 5080310.

Un autre informateur, un professeur de sociologie portant le nom de code CI004 a élaboré sur les intérêts français en RCI (1105024):

La France doit aller si loin pour sortir un président parce que c’est vital pour sa survie…

Si [le président sortant] Gbagbo résiste suffisamment et apporte du changement en RCI (en nationalisant des entreprises françaises, en retirant la RCI du la Banque Centrale d’Afrique de l’Ouest , la BCEAO, par exemple) la France va perdre énormément d’argent. 85% de l’argent de cette banque centrale est déposée à la Banque de France et la RCI fournit 60% de cet argent. Alors imaginez la catastrophe si la RCI sort de la BCEAO. Hier soir j’ai écouté un des ministres de Gbagbo et il a dit ceci: « En nous excluant de la BCEAO, la France et ses partenaires africains nous aident vraiment beaucoup. Nous allons imprimer notre propre argent et contrôler notre économie »…

Donc, quand je dis que c’est vital pour la France c’est parce que d’autres nations pourraient suivre l’exemple de la Côte d’Ivoire; un geste qui, à long terme, peut affaiblir l’économie française.

La prédiction d’une crise?

Tout en analysant la base de données et en cherchant certains termes, un schéma se dessina entre plusieurs courriels différents. Dans une communication (1147942) datée du 1er mai 2010 (à peu près six mois avant le début du conflit), une source personnelle de Stratfor connue pour être le père de Lauren Goodrich, l’analyste senior pour l’Eurasie de Stratfor, de retour d’un voyage à Abidjan et d’un dîner avec l’ancien Premier Ministre et désormais ministre des affaires étrangères Daniel Duncan – qui a juré de poursuivre les politiques économiques de Ouattara d’austérité et de privatisations – rend son évaluation de la situation à Abidjan.

Plus tard, cette conversation peut être lue entre l’analyste Stratfor pour l’Afrique et Marko Papic, l’un des analystes politiques pour l’Eurasie de Stratfor (1141240):

Marko Papic:

Les français mènent deux opérations sur le théâtre africain… Je veux dire je sais, c’est juste 900 hommes en RCI empêchant les pillages et ils étaient déjà déployés dans la région.

Mais quand-même. Ne comparez pas ceci aux USA. La France n’est pas les USA. Comparez-là à ses voisins en Europe. Merde, la Russie pourrait-elle faire un truc pareil?

À quoi mon Mark répond:

Mais les troupes françaises ont été à Abidjan depuis des décennies. C’est comme une deuxième maison pour eux. J’imagine que les traités de défense mutuels ne sont pas honorés cette fois-ci.

Une fois que Gbagbo ait rendu clair qu’il ne quitterait pas le pouvoir et que les troubles ont éclaté, Stratfor avait de sérieuses dents contre Laurent Gbagbo. Dans un courriel, Mark Schroeder discute des besoins que le père de Goodrich peut avoir pour renforcer le dossier de la RCI et ajoute (5025331): « nous observons pour voir comment le camp de Gbagbo réagit, s’ils vont nous faire le coup du Kenya et essayer d’imposer des résultats favorables, ou si les résultats sont défavorables, les bloquer et gérer les retombées, même si cela prend des mois. »

Les bombardements français et onusiens qui se sont ensuivis doivent être considérés d’un point de vue critique. Le changement de régime est en haut de l’agenda de tous les pays occidentaux pour l’Afrique et ils se sont servis du soi-disant Printemps Arabe pour instiller des idées de dissension parmi les Africains sub-sahariens. Au long de tout le conflit, Paris et Washington ont fermé les yeux sur des massacres de civils significatifs par les supporters de Ouattara – dont un seul de jusqu’à 1000 personnes dans un seul village. N’oublions jamais qu’aucune résolution de l’ONU, que ce soit en Libye ou en Côte d’Ivoire, n’a donné d’autorisation formelle d’attaquer de quelque manière que ce soit.

Pour citer une personne, « dans ce monde surréel du « renseignement global », qui a apparemment prédit la date du commencement de la guerre d’Irak, la tentative d’insurrection au Venezuela, le changement de régime aux Philippines. » la RCI est une cour de récré pour eux; le soutien de forces rebelles attaquant un gouvernement légitime depuis le nord.

C’est la honte.

Oh! Joyeuse Fête de l’Indépendance à la Côte d’Ivoire! Beaucoup d’amour à vous! Je le pense…

NOTE: Cet article fut écrit en résultat d’un partenariat d’investigation organisé par WikiLeaks. Toutes les références de données ont été obtenues par WikiLeaks.

Publié par François-Xavier

Source: http://irandpolitics.wordpress.com/2012/08/06/spying-africa-stratfor-emails-reveal-spying-in-cote-divoire/

Traduit depuis le web par Will Summer

Stratfor Files: Re: APERCU – VENEZUELA – CANVAS monte en puissance

La chute de Salto Angel, au Vénézuela

N° de mail 1116408
Date 12-01-2010 22.51.02

De reva.bhalla@stratfor.com

A marko.papic@stratfor.com, secure@stratfor.com

Hé, j’aime le guide « comment procéder », vendons-le à Chavez

Le 12 Janv 2010 à 15h 49, Marko Papic a écrit:
CODE de la SOURCE : SR 501
PUBLICATION : NON
DESCRIPTION de la SOURCE : Dirigeant de CANVAS
ATTRIBUTION : Pas encore, pas avant qu’ils nous laissent publier
FIABILITE de la SOURCE : A
CREDIBILITE de l’OBJET : 5
TRAITEMENT SPECIAL :
DISTRIBUTION : Sécurisée
RESPONSABLE de la SOURCE : Marko

Voir le document en pièce jointe. C’est la stratégie de CANVAS pour le Vénézuéla. Ils sont en train de monter en puissance leur travail là-bas. Très actifs. Le document m’est parvenu avec le mail suivant:

« Cette année nous augmentons franchement notre activité au Vénézuéla. Ils ont des élections en Septembre, et nous sommes en étroite relation avec des militants de là-bas et avec des gens prêts à les aider (S’il vous plaît gardez cela pour vous pour le moment, pas de publication).
La première phase de notre préparation est en cours.
Conformément au « Plan Format » de CANVAS (que les militants appliquent dans des ateliers), il y a quatre étapes pour une stratégie réussie:

1. Analyse de la situation (que nous faisons maintenant)
2. Conception de l’opération (à faire)
3. Phase d’exécution (Comment diable allons-nous réussir à gagner cette guerre?)
4. Opérations technologiques (administration, logistique, coordination et communication)

C’est la ligne directrice, en fait, que nous avons présentée à George au Colorado, et c’est la base de notre « graphique directeur ».
Tel est le fondement de notre brouillon d’analyse sur ce que nous prévoyons de faire au Vénézuéla, qui est attaché en pièce jointe. »

http://wikileaks.org/gifiles/docs/1116408_re-insight-venezuela-canvas-ramping-up-.html

http://www.wikileaks-forum.com/index.php/topic,12561.0.html (anglais)

http://www.wikileaks-forum.com/index.php/topic,12784.0.html (français)

Traduit sur WikiLeaks par Irien

Qaddafi a cherché refuge en Algérie avant de se faire rattraper en route

L’email ayant l’ID 120909 rendu public ce lundi 24 juillet 2012 par WikiLeaks, daté du premier septembre 2011 et échangé entre l’Officier de contrôle (Watch officer) Ben Preisler et les services de la société de renseignement privée Stratfor, reflète un peu de lumière sur les derniers jours du dictateur libyen déchu, Mouammar Qaddafi.

Selon des informations recueillies par un des agents de Stratfor auprès d’un diplomate algérien, le guide libyen Mouammar Qaddafi a tenté de trouver refuge en Algérie ; l’email daté du 1 septembre 2011, soit deux jours après l’arrivée la famille Qaddafi en Algérie, nous révèle que le président algérien Abdelaziz Bouteflika a refusé de répondre aux appels répétés de Qaddafi, la source diplomatique algérienne avait affirmé aussi que les services de renseignements algériens ont localisé l’emplacement du guide libyen et ils l’ont transmis à l’intelligence britannique, cette information a permis à des unités spéciales britanniques de l’attraper et de l’exécuter.

Le document original du site WikiLeaks est accessible ici :
http://wikileaks.org/gifiles/docs/120909_-alpha-insight-libya-algeria-q-seeking-refuge-in-algeria-me1.html

Email-ID : 120909
Date : 2011-09-01 17:07:49
De : ben.preisler@stratfor.com
A : alpha@stratfor.com
Liste-Nom : alpha@stratfor.com

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SOURCE : Sous-source via ME1 (Middle East 1)
ATTRIBUTION: STRATFOR source
SOURCE DESCRIPTION: Diplomate algérien via ME1
PUBLICATION: Oui
FIABILITÉ DE LA SOURCE: C
CRÉDIBILITÉ DE L’ÉLÉMENT: Pourrait être un cover-up (un camouflage) puisque l’Algérie été sous pression pour avoir soutenu Q (Qaddafi)
TRAITEMENT SPÉCIAL : Alpha
GESTIONNAIRE DE SOURCE : Reva
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La source confirme des nouvelles sur les tentative de Mouammar Qaddafi a cherché refuge en Algérie. Le président algérien Abdulaziz Boutafliqa a refusé de répondre aux appels répétés de Qaddafi. La fille et la première épouse de Qaddafi ont été autorisés à rentrer en Algérie après que le conseil provisoire libyen avait renoncé à son opposition à l’affaire. Les services de renseignements algériens ont déterminé la localisation du Qaddafii dans la ville de Bani Walid, qui se trouve à environ 100 miles (160 kilomètres) au sud-ouest de Tripoli. Il (La source) dit que les Algériens ont transmis l’information à l’intelligence britannique. La tâche de chasser Qaddafi a été confiée à des unités spéciales britanniques. Il (la source) est convaincu que les britanniques finiront par l’attraper (Qaddafi).

Qaddafi sera abattu tôt ou tard. La question en cours est la sécurisation de l’approbation des anciens de la tribu Warfala (une tribu libyenne) qui fournit un sanctuaire au Qaddafi. Le problème avec Warfala devra être résolu pacifiquement, car elle est la plus grande tribu de la Libye et aussi parce que beaucoup de ses jeunes hommes ont combattu aux côtés des forces du Conseil provisoire. L’Algérie a un intérêt direct dans l’élimination de Qaddafi afin de l’empêcher de s’allier avec Al-Qaeda au Maghreb.


Benjamin Preisler
+216 22 73 23 19

Source: https://operationleakspin.wordpress.com/2012/07/26/the-the-gifiles-alpha-insight-libyealgerie-q-qaddafi-a-cherche-refuge-en-algerie-me1/
http://www.wikileaks-forum.com/index.php/topic,13286.0.html

Publié par W sur WikiLeaks

WikiLeaks : le Big Brother américain surveille l’Afrique

12/03/2012 à 15h:31 Par Jeune Afrique

Stratfor travaille notamment comme sous-traitant de la CIA.

Déploiements de troupes angolaises au Cabinda, état exact des ressources aurifères du Mali, achats d’armes du Tchad, relations entre Kinshasa et la province du Katanga… Depuis le 27 février, le site WikiLeaks publie les télégrammes de l’agence privée de renseignements Stratfor, qui travaille entre autres pour le compte d’agences fédérales américaines.

Diffusés sur le site WikiLeaks depuis le 27 février, les télégrammes secrets de l’agence privée de renseignements texane Stratfor contiennent quelques indications intéressantes concernant les préoccupations américaines en Afrique. Stratfor, qui travaille comme sous-traitant pour le compte, entre autres, de la CIA et de la DIA (un des services de renseignements), donne ainsi une série de « consignes de surveillance » (monitor guidance) à ses agents sur le terrain – lesquels sont souvent des membres, passés ou en fonction, des services de sécurité locaux. Exemples : les déploiements de troupes angolaises au Cabinda, l’état exact des ressources aurifères du Mali, les achats d’armes du Tchad, les relations entre Kinshasa et la province du Katanga. Les rapports « de rivalité et de compétition » entre l’Angola et l’Afrique du Sud sont également scrutés avec attention. Parfois, la requête frôle le cynisme commercial. Stratfor demande ainsi à ses agents en Guinée équatoriale de voir dans quelle mesure les ennuis judiciaires en Europe du pouvoir en place à Malabo pourraient profiter aux sociétés pétrolières américaines.

Source: http://www.jeuneafrique.com/Article/JA2669p008-009.xml8/usa-angola-tchad-kinshasawikileaks-le-big-brother-americain-surveille-l-afrique.html

http://www.wikileaks-forum.com/index.php/topic,9472.0.html

APERCU – VENEZUELA: Canvas encourage les révolutions

N° de mail 1116312
Date 13-01-2010 23.49.39
De marko.papic@stratfor.com
A secure@stratfor.com

CODE de la SOURCE: SR501
PUBLICATION: NON
DESCRIPTION de la SOURCE: Dirigeant de CANVAS
ATTRIBUTION: Pas encore, pas avant qu’ils nous laissent publier
FIABILITE de la SOURCE :A
CREDIBILITE de l’OBJET: 5
TRAITEMENT SPECIAL:
DISTRIBUTION/ Sécurisée
RESPONSABLE de la SOURCE : Marko

Traduit depuis la source:

Pour expliquer le plan d’action que nous avons envoyé, c’est un guide pour savoir comment procéder à la révolution, de toute évidence. Tout est expliqué dans notre Guide de la Révolution (l’encyclopédie du chaos (sic) ) au chapitre « Comment programmer des campagnes ».
Quand quelqu’un nous demande de l’aide, comme dans le cas du Véné, nous posons généralement la question « Et comment feriez-vous? ». Cela signifie que la première chose à faire est de procéder à une analyse de la situation (le doc word que je vous ai envoyé), et après cela vient la phase d’ « exposé de la mission » (encore à faire) et puis celle de la « Conception d’Opérations », qui est le plan établi pour la campagne. Pour ce cas précis, nous avons trois campagnes : l’unification de l’opposition, une campagne pour les élections de Septembre, et en parallèle, une campagne « Sortez voter ».

Dans des circonstances NORMALES, les militants viennent nous voir et travaillent dans des ateliers sur le format exact de ces lignes directrices. Nous ne faisons que les guider. C’est ainsi que nos stratégies sont si efficaces au final, parce que les militants eux-mêmes les ont créées et elles leur appartiennent absolument, elles sont authentiques. On ne leur donne que les outils pour les utiliser. Dans le cas du Vénézuela, à cause de la situation désastreuse du pays, à cause de la méfiance entre les groupes d’opposition et la désorganisation, nous devons faire l’analyse initiale. Qu’ils passent ou non à une autre étape dépend entièrement d’eux, ou en d’autres termes, dépend s’ils vont se rendre compte qu’un défaut d’UNITE peut leur faire perdre la bataille avant même de l’avoir commencée.

En tout état de cause, la culture de la sécurité du Vénézuela est inexistante. Ils sont retardés et ne disent que des conneries. C’est une farce incroyable.

http://wikileaks.org/gifiles/docs/1116312_insight-venezuela-canvas-fostering-revolutions-.html

http://www.wikileaks-forum.com/index.php/topic,12559.0.html

Traduit sur WikiLeaks par Irien

Les espions de Stratfor en Tunisie

Par | 1 mars, 2012

Traduit de l’arabe par Farhat Othman.

Petits papiers du renseignement mondial

Nawaat a été le premier site à publier les documents diplomatiques de WikiLeaks concernant la Tunisie, mis en ligne deux semaines avant le déclenchement de la Révolution tunisienne sur le site TuniLeaks. Aujourd’hui, Nawat ouvre avec WikiLeaks le dossier de STRATEGIC FORECASTING ou STRATFOR, l’une des sociétés privées américaines de renseignement les plus en vue au monde.

Wikileaks a entamé, lundi 27 février 2012, en coopération avec 25 médias dont Nawaat, la publication de ce que le site appelle Petits papiers du renseignement mondial (The Global Intelligence Files) ou les petits papiers du renseignement mondial, comprenant un peu plus de cinq millions de messages électroniques (ou courriels) de la société américaine STRATFOR spécialisée dans le renseignement et l’analyse stratégique et dont le siège est au Texas aux États-Unis. Ces courriels entre les informateurs et les analystes de l’agence du renseignement s’étalent sur une période allant de juillet 2004 à fin décembre 2011.

Ces correspondances, dont Nawaat a eu une copie intégrale, lèvent le voile sur l’activité de renseignement tous azimuts de cette société qui se vend comme étant un «éditeur du renseignement» alors qu’elle loue ses services stratégiques à un nombre important d’appareils privés du renseignement secret, aux entreprises multinationales géantes ainsi qu’à un certain nombre d’agences gouvernementales américaines, y compris le Département américain de la Sécurité intérieure (DHS), les Marines, l’Agence du renseignement pour la défense (DIA) et d’autres agences et organes spécialisés. Cette société a, entre autres objectifs, d’« apprendre aux institutions américaines du renseignement à acquérir sa manière de fonctionner ».

Le site de WikiLeaks avait publié une annonce assurant que les messages électroniques dévoilent le recours de STRATFOR «à un réseau d’informateurs, à une infrastructure pour financer des dessous-de-table, à des techniques de blanchiment d’argent et à des méthodes psychologiques de manipulation». Cette annonce ajoute aussi que « les documents démontrent le type de fonctionnement d’une agence privée du renseignement et comment elle prend pour cible des individus les manipulant pour le compte de ses clients privés et gouvernementaux ».

STRATFOR, qu’on appelle la CIA privée (The Private CIA) ou la CIA de l’ombre (Shadow CIA), a été fondée en 1996 et est devenue célèbre au cours de la guerre du Kosovo en 1999 puis à la suite des événements du 11 septembre 2001 et ce qui s’en suivit comme « guerre contre le terrorisme ».

STRATFOR se définit comme étant « le fournisseur à ses abonnés d’un service d’analyses géopolitiques (…) leur permettant la compréhension des relations internationales, de ce qui se passe dans le monde aujourd’hui et de ce qui se passera après ».

C’est après la guerre contre l’Irak en 2003 que STRATFOR a commencé à s’intéresser au Moyen-Orient en s’employant à mettre en place un réseau d’agents, d’informateurs et d’analystes dans la région. Le rythme d’activité de l’agence s’est accéléré et son réseau s’est étendu avec la précipitation des événements du Printemps arabe et la vague de révolutions qui a secoué la région. Témoin en est la correspondance secrète reproduite en fin d’article évoquant la revalorisation du salaire des espions dans la région arabe à partir du mois d’octobre 2011.

C’est le groupe de hackers Anonymous, lors d’une attaque de LulzXmas en décembre dernier, qui a réussi à pirater la messagerie de la société, mettant la main sur la liste des contacts et des millions de correspondances secrètes entre les agents, les responsables et les analystes de la société et qui les a remis à WikiLeaks.

Comment fonctionne STRATFOR ?

STRATFOR recueille les informations auprès d’un certain nombre de sources ouvertes comme les articles publiés sur Internet, dans les magazines, les sites sociaux et de chat ainsi que les études universitaires et gouvernementales non classées confidentielles. À cela s’ajoute un réseau de ressources humaines composé d’informateurs répartis autour du monde et ayant des antécédents dans le milieu sécuritaire, militaire, économique, informationnel ou académique. STRATFOR diffuse ses rapports sous forme de correspondances auprès de 300.000 abonnées et un peu plus de deux millions agents de courriels qui reçoivent gratuitement les «mises à jour» de la société.

Dans son activité du renseignement, STRATFOR compte sur un groupe d’agents appelés «sources» dont le travail consiste à recueillir les informations et à mobiliser d’autres agents. La «source» obtient un salaire modulable selon l’importance de l’information obtenue. Et ces «sources» travaillent selon la pratique traditionnelle du renseignement, soit sous couverture diplomatique, journalistique ou académique. Les rapports de la «source» sont envoyés périodiquement par le courrier électronique au secteur des «Analystes» qui procèdent à l’évaluation de l’information, son analyse et sa classification puis son envoi par courrier électronique à d’autres listes d’adresses selon la catégorie de l’information (économique, politique, sécuritaire, terrorisme, etc.), la localisation géographique (Moyen-Orient, Asie Centrale, Amérique Latine, etc.) et son importance (L’importance de l’information se classe entre des notes allant A à F, la note A représentant l’information importante et la note F l’information sans intérêt). Les sources sont, elles aussi, classées selon une gradation préétablie de conditions comme sa crédibilité et son degré d’investissement à servir la société en informations.

Le deuxième flux d’informations est véhiculé par les «Contrôleurs» (Monitors) qui compilent les articles et les études publiées sur les journaux et sur internet et les envoient à l’«Officier de contrôle».

Le travail de cet «Officier de contrôle» est central puisqu’il procède au filtrage et à la catégorisation des informations en provenance des «Contrôleurs» par le biais du groupe des «Analystes» et à partir des «sources». Par la suite, il se charge de les envoyer à un certain nombre de listings de courriels en vue d’évaluation et d’analyse. Certains de ces listings de messagerie sont confidentiels, réservés aux analystes et directeurs de la société, d’autres ne le sont pas, en ce sens qu’elles atterrissent chez tous les employés de la société en tant qu’information.

Ensuite vient le tour des analystes qui procèdent à la collecte de tous ces renseignements et informations puis les envoient au service de la rédaction se chargeant de la mission de mettre en forme les rapports de renseignement avant de les vendre aux clients de la société.

Cas de la Tunisie

Grâce à la coopération existant entre les sites Nawaat et WikiLeaks, Nawaat procédera les prochaines semaines, en partenariat avec le site de Julian Assange et 25 médias internationaux, à la publication de ce qui pourrait se révéler d’intérêt concernant l’activité de renseignement de cette société en Tunisie ainsi que la nature des sujets ayant retenu son attention et celui de ses espions dans notre pays.

Selon une première investigation dans le contenu de ces correspondances secrètes, Nawaat est parvenu à dénombrer quelque 5000 courriels ayant trait à la Tunisie parmi les cinq millions de courriels que comprend le corpus documentaire.

Le groupe Nawaat est aussi parvenu à identifier le principal agent des informateurs de cette société en Tunisie, un jeune d’origine européenne, apparemment de nationalité allemande, gérant son activité de renseignement à partir de la capitale et ayant le grade d’«Officier de contrôle» (Watch Officer).

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Augmentation du salaire de ME1
Date 17-10-2011 21:22:41
De: holly.sparkman@stratfor.com
À: bassetti@stratfor.com
Autres MessageId: <297576380.226029.1318879361850.JavaMail.root@core.stratfor.com>
En réponse à : 4E9C5652.3060306@stratfor.com
Texte
Est-ce que Don a eu ces e-mails? Il devrait.

De: “Rob Bassetti”
À: “payroll”
Envoyé le: Lundi, 17 octobre, 2011 11:22:42 AM
Objet: Augmentation du salaire de ME1

Vient juste recevoir un mot de Meredith pour augmentation salaire de ME1 à $6000 par mois, moitié imputée sur actuel département, moitié imputée sur 570 (Stratcap).

Source: http://nawaat.org/portail/2012/03/01/les-espions-de-stratfor-en-tunisie/
http://www.wikileaks-forum.com/index.php/topic,11578.0.html

The GIFiles : La France espionnée par les contrôleurs de STRATFOR

Le lundi 27 février, WikiLeaks a lancé la publication des « Global Intelligence Files » (petits papiers du renseignement mondial), plus de 5 millions d’emails de la société de renseignement privée Stratfor, basée au Texas. Les emails couvrent une période allant de juillet 2004 à fin décembre 2011. Ils révèlent le fonctionnement interne d’une entreprise qui annonce être un service de renseignement privé, mais qui fournit des services de renseignement confidentiels à de grandes entreprises, comme Dow Chemical Corporation à Bhopal (Inde), Lokheed Martin, Northrop Grumman, Raytheon, ainsi qu’à des agences gouvernementales, telles que le Département de la Sécurité intérieure des États-Unis (DHS), les « Marines » et l’Agence du renseignement pour la défense (DIA). Les emails dévoilent le réseau d’informateurs de Stratfor, sa structure de financement, les techniques de blanchiment d’argent et les méthodes psychologiques employées.

Comment fonctionne STRATFOR ?

STRATFOR ou STRATEGIC FORECASTING recueille les informations auprès d’un certain nombre de sources ouvertes comme les articles publiés sur Internet, dans les magazines, les sites sociaux et de chat, ainsi que les études universitaires et gouvernementales non classées confidentielles. À cela s’ajoute un réseau de ressources humaines composé d’informateurs répartis autour du monde et ayant des antécédents dans le milieu sécuritaire, militaire, économique, informationnel ou académique. STRATFOR diffuse ses rapports sous forme de correspondances auprès de 300.000 abonnées et un peu plus de deux millions d’agents de courriel qui reçoivent gratuitement les «mises à jour» de la société.

Image

Dans son activité de renseignement, STRATFOR compte sur un groupe d’agents appelés «sources» dont le travail consiste à recueillir les informations et à mobiliser d’autres agents. La «source» obtient un salaire modulable selon l’importance de l’information obtenue. Et ces «sources» travaillent selon la pratique traditionnelle du renseignement, soit sous couverture diplomatique, journalistique ou académique. Les rapports de la «source» sont envoyés périodiquement par le courrier électronique au secteur des «Analystes» qui procèdent à l’évaluation de l’information, son analyse et sa classification, puis à son envoi par courrier électronique à d’autres listes d’adresses selon la catégorie de l’information (économique, politique, sécuritaire, terrorisme, etc.), la localisation géographique (Moyen-Orient, Asie Centrale, Amérique Latine, etc.) et son importance (l’importance de l’information se classe entre des notes allant A à F, la note A représentant l’information importante et la note F l’information sans intérêt). Les sources sont, elles aussi, classées selon une gradation préétablie de conditions comme sa crédibilité et son degré d’investissement à servir la société en informations.

Le deuxième flux d’informations est véhiculé par les «Contrôleurs» (Monitors) qui compilent les articles et les études publiées sur les journaux et sur internet et les envoient à l’«Officier de contrôle ».

Le travail de cet «Officier de contrôle» est central, puisqu’il procède au filtrage et à la catégorisation des informations en provenance des «Contrôleurs» par le biais du groupe des «Analystes» et à partir des «sources». Par la suite, il se charge de les envoyer à un certain nombre de listings de courriels en vue d’une évaluation et d’une analyse. Certains de ces listings de messagerie sont confidentiels, réservés aux analystes et directeurs de la société, d’autres ne le sont pas, en ce sens qu’elles atterrissent chez tous les employés de la société en tant qu’information.

Ensuite vient le tour des analystes qui procèdent à la collecte de tous ces renseignements et informations, puis les envoient au service de rédaction se chargeant de la mission de mettre en forme les rapports de renseignement avant de les vendre aux clients de la société. (Source : www.nawaat.org un des 25 médias partenaires de WikiLeaks).

 

Image

L’email ayant l’ID 286265, envoyé le 21 juillet 2009 à zucha@stratfor.com nous présente les guides du contrôleur de Stratfor répartis autour du monde. Le guide complet est composé de 6 fichiers (en anglais), chacun de ces fichiers est destiné aux guides dans une région précise.

Stratfor a divisé le monde en cinq régions, l’Europe-Asie, le Moyen-Orient et l’Asie centrale, l’Afrique, l’Asie orientale et l’Amérique latine ; aujourd’hui, on va présenter une partie du guide destiné aux contrôleurs dans la région Europe-Asie, la partie qui concerne les contrôleurs en France.

Le document original du site WikiLeaks et accessible ici.

FW: Guide du Contrôleur (Monitor).

Email-ID 286265
Date 2009-07-21 02:01:51
A zucha@stratfor.com

Fichiers attachés.

# Nom du fichier Volume
20529 20529_Eurasia.doc 117.5KiB
20531 20531_mesa.doc 123.5KiB
20532 20532_Africa.doc 144KiB
20534 20534_East Asia.doc 121.5KiB
20537 20537_briefers.doc 43KiB
20539 20539_Latam.doc 107KiB

FRANCE :

Sécurité

  • Protestations des musulmans, les groupes musulmans, tout sur les musulmans… Cela inclut également tous les mouvements du gouvernement pour freiner le port du foulard et les interdictions de constructions de mosquées.
    Les attaques de l’extrême-droite anti-migrants. Déclarations des groupes politiques d’extrême droite.
    Les actions des syndicats, toutes les allusions à d’éventuelles émeutes ou grèves.
    Le crime organisé dans le sud de la France, toute information en relation avec Marseille.
    Les nouvelles lois et règlements anti-terroristes.
    Les mouvements séparatistes :  Basques et Corses.

Politique

  • Toutes les élections doivent être surveillées attentivement, y compris les élections régionales mineures qui peuvent annoncer des changements dans l’opinion publique.
    Nous avons besoin de surveiller ce qui se passe avec le Parti socialiste. Guerre de leadership et ainsi de suite.
    Les choses qui peuvent sembler être des histoires d’ « intérêt humain », comme qui couche avec qui et ainsi de suite, important en France. Je voudrais savoir si quelqu’un avait des aventures au sein du (texte manquant, ndlr).
    Surveillez tout ce que le Ministre de l’Intérieur dit, il contrôle une grande partie de ce qui se passe dans le pays, en plus est en charge de l’appareil de sécurité intérieure, qui est probablement le plus puissant en Europe.
    Traquez les mouvements antimondialisation, ATTAC et autres ONG.
    Tous signes d’éventuelles acquisitions militaires ou de réarmement.

Relations Internationales

  • La France a des relations avec TOUT LE MONDE. Nous avons besoin de savoir où les responsables français du Ministère des Affaires Etrangères vont et ce qu’ils font là-bas.
    La France et l’Afrique, bien qu’il y ait beaucoup moins d’activité de la France en Afrique, ils ont encore beaucoup d’intérêts clés, surtout dans des endroits comme le Niger où Areva dirige pratiquement le pays. Mais la nouvelle base française aux Emirats Arabes Unis est emblématique d’une réévaluation française de sa politique étrangère, dans les deux activités à cette nouvelle base et le mandat d’évolution dans l’ensemble, en regardant de près.
    Tout ce qui se passe entre la France et l’Iran est d’un intérêt particulier.

Relations U.S./France :

  • Nicolas Sarkozy est une bonne impulsion sur ce qui se passe en France, particulièrement en ce qui concerne les États-Unis. Essayons d’avoir une idée de ce qu’il pense sur les États-Unis.
    Toutes les initiatives prises par la France sur l’Iran, la Russie, la Corée du Nord, l’Afrique, qui pourrait être faites à la demande des États-Unis. Nous devons être conscients de ce que fait la France et ce qu’elle pourrait faire pour les États-Unis.
    Concurrence entre Airbus et Boeing.
    Concurrence entre Areva et GE (pas vraiment une compétition, Areva a botté le cul de GE).

Relations Russie/France :

  • Toutes les visites de dirigeants français en Russie.
    Affaires commerciales, en particulier le secteur de l’énergie doit être surveillé attentivement.
    Les actions françaises dans la périphérie russe (Caucase, Asie centrale, la Biélorussie) doivent être suivies attentivement.

Relations Union Européenne/France :

  • Ce que dit Sarkozy sur le dernier président de l’Union Européenne.
    Tout signe de clivages entre la France et l’Union Européenne. Comme avec l’Allemagne: surveiller toutes les déclarations qui semblent inhabituelles, ou qui semblent en confrontation soit avec la Commission Européenne, la France, la Banque Centrale Européenne, ou la Cour de Justice de l’Union Européenne. Les déclarations du premier ministre sont particulièrement importantes.
    Les agendas soutenus par la France à l’intérieur de l’Union Européenne ? En relation avec l’énergie nucléaire.

Économie :

  • Nous sommes au milieu de la récession, TOUT est essentiel. Lorsqu’une nouvelle donnée sera publiée, elle devra être portée à notre attention.
    Les faillites et les sauvetages bancaires sont importants.
    Toutes les affaires nucléaires ou militaires à l’étranger.

STRATFOR.

Ici pour consulter l’article original – auteur, W:
https://operationleakspin.wordpress.com/2012/03/02/the-global-intelligence-files-la-france-espionnee-par-les-controleurs-de-stratfor/

Et ici sur le forum de WikiLeaks: http://www.wikileaks-forum.com/index.php/topic,9010.0.html

WikiLeaks et les mails de Stratfor: Un acte d’accusation secret contre Assange

Article paru le 28 Février 2012 dans Rolling Stone, écrit par Michael Hastings.

Le 26 janvier 2011, Fred Burton, vice-président de Stratfor, une société privée de renseignement de premier plan qui se présente elle-même comme une sorte de CIA de l’ombre, a envoyé un mail tout excité à ses collègues. « Texte non destiné à être publié », écrit-il. «Nous» – c’est à dire le gouvernement des États-Unis – «avons un acte d’accusation secret contre Assange. SVP confidentiel.».

La nouvelle, si elle est vraie,fait l’effet d’une bombe. À l’époque, le Ministère de la Justice amplifiait son enquête sur Julian Assange, le fondateur de WikiLeaks, l’organisation pour la transparence de la vie publique, qui au cours des dernières années a publié des centaines de milliers de documents confidentiels du gouvernement. Un acte d’accusation en vertu de l’ Espionage Act de 1917 (Note 1) serait l’action la plus grave engagée à ce jour contre Assange, et pourrait ouvrir la voie à son extradition vers les Etats-Unis (Assange est actuellement en résidence surveillée en Grande-Bretagne où il lutte contre son extradition vers la Suède sur des accusations d’agression sexuelle.)

Burton, un ancien agent fédéral des Services de Sécurité Diplomatiques américains, (Note 2) avait des raisons de faire confiance à son information. Il se vantait souvent de ses brillantes sources gouvernementales («mes copains de la CIA», les appelle-t-il, dans un autre e-mail), et dans son rôle en tant qu’agent anti-terroriste du gouvernement, il avait travaillé sur quelques-uns des cas majeurs de terrorisme de grande envergure ces dernières années, y compris l’arrestation du terroriste principal de l’affaire du World Trade Center, Ramzi Yousef. Comme vice-président de Stratfor, cela faisait partie de son travail de garder ces contacts actifs et de partager ces informations privilégiées avec les analystes de sa société. (Les e-mails cités dans cet article – inclus dans une fuite de 5 millions de messages internes de Stratfor – ont été examinés par le magazine Rolling Stone dans le cadre de son partenariat avec WikiLeaks pour leur exploitation.)

L’information de Burton avait un accent de vérité… Comme Glenn Greenwald l’a signalé en mai dernier sur son site Salon ( Note 3), un grand jury composé en secret avait commencé à recueillir des témoignages de partisans de WikiLeaks lors d’une audience à Alexandria, Virginie. En Décembre, lors des audiences préparatoires au procès de Bradley Manning, le militaire qui aurait transmis à WikiLeaks une énorme mine d’informations classées confidentielles en 2009, les procureurs ont à plusieurs reprises essayé de convaincre le juge qu’Assange avait conspiré avec Manning pour dévoiler ces données. Les avocats d’Assange eux-mêmes avaient averti de la possibilité d’une  mise en accusation un mois avant que Burton ait dit qu’elle existe.

Un porte-parole du Ministère de la Justice a refusé de commenter s’il y avait ou non un acte d’accusation contre Assange; un porte-parole de Stratfor a également refusé tout commentaire, me renvoyant à  la déclaration et à la vidéo YouTube que la société avait publiées suite à la décision de WikiLeaks de divulguer 5 millions de mails internes de la compagnie. « C’est une déplorable, regrettable – et illégale – violation de la vie privée», a déclaré le PDG de Stratfor George Friedman dans un communiqué, avertissant en outre que quelques-uns des e-mails pouvaient avoir été «fabriqués»… Quant à en être sûrs, nous sommes en terrain inconnu. Cette dernière divulgation a donné lieu à des débats sur le caractère éthique de la publication d’une information prétendument volée : des membres du collectif de hackers Anonymous soutiennent avoir donné les e-mails à WikiLeaks ; WikiLeaks affirme ne pas connaître l’identité du responsable de la fuite et s’en tient à sa politique de ne pas dévoiler ses sources.

Assange, qui a réagi à ces révélations dans un communiqué  ici (voir le lien à la fin de l’article) , est devenu une obsession pour  les responsables du gouvernement et du renseignement des Etats-Unis, et le personnel de Stratfor ne fait pas exception. Le nom du fondateur de WikiLeaks apparaît 2102 fois dans leurs mails au cours des deux dernières années. Le ton réservé à Assange (et Bradley Manning, aussi) dans l’échange de mails interne est venimeux: «Connerie époustouflante», dit un analyste au sujet d’ Assange. Un autre, se référant aux allégations d’inconduite sexuelle à l’encontre d’Assange, ainsi qu’à ses antécédents familiaux, écrit: «retirer un violeur de la circulation, c’est retirer un violeur de la circulation. En plus, sa mère possède un théâtre de marionnettes.». Le même analyste continue dans un autre e-mail: « Je suis impatient de voir Manning et Assange affronter des milliers de chefs d’accusation pour espionnage. » Une note finale d’encore un autre analyste Stratfor, envoyé après l’arrestation de 16 hacktivistes Anonymous en juillet dernier: «Ces enfoirés devraient encourir la peine de mort, ainsi que leur héros Julian Assange ».

Comme on pouvait s’y attendre, ce ne sont pas seulement des responsables des renseignements et du gouvernement (à la fois actuels et anciens) qui ont affiché leur aversion pour Assange. Après que WikiLeaks ait annoncé dimanche qu’ils commenceraient à publier les mails Stratfor, les moqueries ont commencé à pleuvoir en provenance des cercles médiatiques officiels. Une réaction typique: un rédacteur en chef de The Atlantic a qualifié WikiLeaks de « blague », écartant les mails Stratfor d’un revers de  main.

Cela me laisse perplexe : Revendiquer une absence totale d’intérêt pour les rouages d’une entreprise  privée de renseignement de premier plan, dont les clients (qui paient jusqu’à 40.000 $ pour les services de Stratfor) comprennent des sociétés comme Lockheed Martin, Goldman Sachs, et Bank of America semble ,tout au moins, assez non-journalistique. Si Stratfor est une blague, qu’est-ce que cela nous dit à propos des agences gouvernementales comme la CIA et d’autres officines de renseignement qui fournissent Stratfor en employés ? Et si WikiLeaks – une organisation qui a fait quelques-uns des plus grands coups médiatiques de l’histoire du journalisme – est une blague, de qui doit-on rire, au juste?

Déjà, par l’intermédiaire de ces mails, nous avons vu une société, Stratfor, se faire payer par de grandes entreprises pour espionner des militants partout dans le monde, avoir des projets avec Goldman Sachs, et pontifier sur le blanchiment d’argent dans les équipes de football. Quel que soit l’angle sous lequel vous regardez, c’est de l’information. Bien qu’il soit peu probable que les mails Stratfor aient l’impact du Cablegate, des Irak Diaries ou des Afghan War Logs (Note 4), ils présentent  un fascinant exposé d’un type d’organisations qui devient de plus en plus rentable et puissant: les entreprises privées de renseignement, qui brouillent les frontières entre la sphère privée et l’action du gouvernement. N’oubliez pas, lorsque Burton a dit « Nous avons un acte d’accusation contre Assange », par « nous », il ne veut pas dire Stratfor – il parlait du gouvernement des États-Unis…notre gouvernement.

Michael Hastings est l’auteur de « Les opérateurs : La sauvage et terrifiante petite histoire de la guerre américaine en Afghanistan

Lire l’article de Rolling Stone: http://www.rollingstone.com/politics/blogs/national-affairs/wikileaks-stratfor-emails-a-secret-indictment-against-assange-20120228#ixzz1ni41YWfz

Lire l’article sur ce forum: http://www.wikileaks-forum.com/index.php/topic,10479.0.html

Communiqué de J. Assange: http://wikileaks.org/Stratfor-Emails-US-Has-Issued.html

NdT:

Note 1 : L’Espionage Act est une loi des Etats-Unis passée en juin 1917 au moment de l’entrée des US dans la première Guerre mondiale. Cette loi interdit tout comportement de nature à gêner les opérations militaires, tout soutien des ennemis des US en temps de guerre, ou la promotion de l’insubordination. La constitutionnalité de cette loi, et ses relations en particulier avec le principe de liberté d’expression sont contestés depuis toujours, y compris par la voie judiciaire.

Note 2 : Le Diplomatic Security Service (DSS) est le service de sécurité du département d’État des États-Unis. Il est chargé de la protection des sites du département d’État à l’étranger (ambassades, consulats, etc.) et sur le sol américain. Il s’occupe également de la protection des diplomates américains à l’étranger et de celle des dignitaires étrangers en visite aux États-Unis. Ses agents peuvent participer à des arrestations à l’étranger tel celle de Ramzi Yousef, dont l’article parle, et des extraditions d’individus résidant aux États-Unis et recherchés à l’étranger.

Note 3: Lien vers le site de Glenn Greenwald: http://www.salon.com/writer/glenn_greenwald/

Note 4 :
Cablegate : Révélations de télégrammes de la diplomatie américaine par WikiLeaks
Irak diaries : Révélation de documents secrets sur la guerre en Irak
Afghan War Logs : Révélation de documents militaires américains secrets sur la guerre en Afghanistan.

Source: http://www.wikileaks-forum.com/index.php/topic,10479.0.html

Traduit sur WikiLeaks par Green

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