Les espions de Stratfor en Tunisie

Par | 1 mars, 2012

Traduit de l’arabe par Farhat Othman.

Petits papiers du renseignement mondial

Nawaat a été le premier site à publier les documents diplomatiques de WikiLeaks concernant la Tunisie, mis en ligne deux semaines avant le déclenchement de la Révolution tunisienne sur le site TuniLeaks. Aujourd’hui, Nawat ouvre avec WikiLeaks le dossier de STRATEGIC FORECASTING ou STRATFOR, l’une des sociétés privées américaines de renseignement les plus en vue au monde.

Wikileaks a entamé, lundi 27 février 2012, en coopération avec 25 médias dont Nawaat, la publication de ce que le site appelle Petits papiers du renseignement mondial (The Global Intelligence Files) ou les petits papiers du renseignement mondial, comprenant un peu plus de cinq millions de messages électroniques (ou courriels) de la société américaine STRATFOR spécialisée dans le renseignement et l’analyse stratégique et dont le siège est au Texas aux États-Unis. Ces courriels entre les informateurs et les analystes de l’agence du renseignement s’étalent sur une période allant de juillet 2004 à fin décembre 2011.

Ces correspondances, dont Nawaat a eu une copie intégrale, lèvent le voile sur l’activité de renseignement tous azimuts de cette société qui se vend comme étant un «éditeur du renseignement» alors qu’elle loue ses services stratégiques à un nombre important d’appareils privés du renseignement secret, aux entreprises multinationales géantes ainsi qu’à un certain nombre d’agences gouvernementales américaines, y compris le Département américain de la Sécurité intérieure (DHS), les Marines, l’Agence du renseignement pour la défense (DIA) et d’autres agences et organes spécialisés. Cette société a, entre autres objectifs, d’« apprendre aux institutions américaines du renseignement à acquérir sa manière de fonctionner ».

Le site de WikiLeaks avait publié une annonce assurant que les messages électroniques dévoilent le recours de STRATFOR «à un réseau d’informateurs, à une infrastructure pour financer des dessous-de-table, à des techniques de blanchiment d’argent et à des méthodes psychologiques de manipulation». Cette annonce ajoute aussi que « les documents démontrent le type de fonctionnement d’une agence privée du renseignement et comment elle prend pour cible des individus les manipulant pour le compte de ses clients privés et gouvernementaux ».

STRATFOR, qu’on appelle la CIA privée (The Private CIA) ou la CIA de l’ombre (Shadow CIA), a été fondée en 1996 et est devenue célèbre au cours de la guerre du Kosovo en 1999 puis à la suite des événements du 11 septembre 2001 et ce qui s’en suivit comme « guerre contre le terrorisme ».

STRATFOR se définit comme étant « le fournisseur à ses abonnés d’un service d’analyses géopolitiques (…) leur permettant la compréhension des relations internationales, de ce qui se passe dans le monde aujourd’hui et de ce qui se passera après ».

C’est après la guerre contre l’Irak en 2003 que STRATFOR a commencé à s’intéresser au Moyen-Orient en s’employant à mettre en place un réseau d’agents, d’informateurs et d’analystes dans la région. Le rythme d’activité de l’agence s’est accéléré et son réseau s’est étendu avec la précipitation des événements du Printemps arabe et la vague de révolutions qui a secoué la région. Témoin en est la correspondance secrète reproduite en fin d’article évoquant la revalorisation du salaire des espions dans la région arabe à partir du mois d’octobre 2011.

C’est le groupe de hackers Anonymous, lors d’une attaque de LulzXmas en décembre dernier, qui a réussi à pirater la messagerie de la société, mettant la main sur la liste des contacts et des millions de correspondances secrètes entre les agents, les responsables et les analystes de la société et qui les a remis à WikiLeaks.

Comment fonctionne STRATFOR ?

STRATFOR recueille les informations auprès d’un certain nombre de sources ouvertes comme les articles publiés sur Internet, dans les magazines, les sites sociaux et de chat ainsi que les études universitaires et gouvernementales non classées confidentielles. À cela s’ajoute un réseau de ressources humaines composé d’informateurs répartis autour du monde et ayant des antécédents dans le milieu sécuritaire, militaire, économique, informationnel ou académique. STRATFOR diffuse ses rapports sous forme de correspondances auprès de 300.000 abonnées et un peu plus de deux millions agents de courriels qui reçoivent gratuitement les «mises à jour» de la société.

Dans son activité du renseignement, STRATFOR compte sur un groupe d’agents appelés «sources» dont le travail consiste à recueillir les informations et à mobiliser d’autres agents. La «source» obtient un salaire modulable selon l’importance de l’information obtenue. Et ces «sources» travaillent selon la pratique traditionnelle du renseignement, soit sous couverture diplomatique, journalistique ou académique. Les rapports de la «source» sont envoyés périodiquement par le courrier électronique au secteur des «Analystes» qui procèdent à l’évaluation de l’information, son analyse et sa classification puis son envoi par courrier électronique à d’autres listes d’adresses selon la catégorie de l’information (économique, politique, sécuritaire, terrorisme, etc.), la localisation géographique (Moyen-Orient, Asie Centrale, Amérique Latine, etc.) et son importance (L’importance de l’information se classe entre des notes allant A à F, la note A représentant l’information importante et la note F l’information sans intérêt). Les sources sont, elles aussi, classées selon une gradation préétablie de conditions comme sa crédibilité et son degré d’investissement à servir la société en informations.

Le deuxième flux d’informations est véhiculé par les «Contrôleurs» (Monitors) qui compilent les articles et les études publiées sur les journaux et sur internet et les envoient à l’«Officier de contrôle».

Le travail de cet «Officier de contrôle» est central puisqu’il procède au filtrage et à la catégorisation des informations en provenance des «Contrôleurs» par le biais du groupe des «Analystes» et à partir des «sources». Par la suite, il se charge de les envoyer à un certain nombre de listings de courriels en vue d’évaluation et d’analyse. Certains de ces listings de messagerie sont confidentiels, réservés aux analystes et directeurs de la société, d’autres ne le sont pas, en ce sens qu’elles atterrissent chez tous les employés de la société en tant qu’information.

Ensuite vient le tour des analystes qui procèdent à la collecte de tous ces renseignements et informations puis les envoient au service de la rédaction se chargeant de la mission de mettre en forme les rapports de renseignement avant de les vendre aux clients de la société.

Cas de la Tunisie

Grâce à la coopération existant entre les sites Nawaat et WikiLeaks, Nawaat procédera les prochaines semaines, en partenariat avec le site de Julian Assange et 25 médias internationaux, à la publication de ce qui pourrait se révéler d’intérêt concernant l’activité de renseignement de cette société en Tunisie ainsi que la nature des sujets ayant retenu son attention et celui de ses espions dans notre pays.

Selon une première investigation dans le contenu de ces correspondances secrètes, Nawaat est parvenu à dénombrer quelque 5000 courriels ayant trait à la Tunisie parmi les cinq millions de courriels que comprend le corpus documentaire.

Le groupe Nawaat est aussi parvenu à identifier le principal agent des informateurs de cette société en Tunisie, un jeune d’origine européenne, apparemment de nationalité allemande, gérant son activité de renseignement à partir de la capitale et ayant le grade d’«Officier de contrôle» (Watch Officer).

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Augmentation du salaire de ME1
Date 17-10-2011 21:22:41
De: holly.sparkman@stratfor.com
À: bassetti@stratfor.com
Autres MessageId: <297576380.226029.1318879361850.JavaMail.root@core.stratfor.com>
En réponse à : 4E9C5652.3060306@stratfor.com
Texte
Est-ce que Don a eu ces e-mails? Il devrait.

De: “Rob Bassetti”
À: “payroll”
Envoyé le: Lundi, 17 octobre, 2011 11:22:42 AM
Objet: Augmentation du salaire de ME1

Vient juste recevoir un mot de Meredith pour augmentation salaire de ME1 à $6000 par mois, moitié imputée sur actuel département, moitié imputée sur 570 (Stratcap).

Source: http://nawaat.org/portail/2012/03/01/les-espions-de-stratfor-en-tunisie/
http://www.wikileaks-forum.com/index.php/topic,11578.0.html

The GIFiles : La France espionnée par les contrôleurs de STRATFOR

Le lundi 27 février, WikiLeaks a lancé la publication des « Global Intelligence Files » (petits papiers du renseignement mondial), plus de 5 millions d’emails de la société de renseignement privée Stratfor, basée au Texas. Les emails couvrent une période allant de juillet 2004 à fin décembre 2011. Ils révèlent le fonctionnement interne d’une entreprise qui annonce être un service de renseignement privé, mais qui fournit des services de renseignement confidentiels à de grandes entreprises, comme Dow Chemical Corporation à Bhopal (Inde), Lokheed Martin, Northrop Grumman, Raytheon, ainsi qu’à des agences gouvernementales, telles que le Département de la Sécurité intérieure des États-Unis (DHS), les « Marines » et l’Agence du renseignement pour la défense (DIA). Les emails dévoilent le réseau d’informateurs de Stratfor, sa structure de financement, les techniques de blanchiment d’argent et les méthodes psychologiques employées.

Comment fonctionne STRATFOR ?

STRATFOR ou STRATEGIC FORECASTING recueille les informations auprès d’un certain nombre de sources ouvertes comme les articles publiés sur Internet, dans les magazines, les sites sociaux et de chat, ainsi que les études universitaires et gouvernementales non classées confidentielles. À cela s’ajoute un réseau de ressources humaines composé d’informateurs répartis autour du monde et ayant des antécédents dans le milieu sécuritaire, militaire, économique, informationnel ou académique. STRATFOR diffuse ses rapports sous forme de correspondances auprès de 300.000 abonnées et un peu plus de deux millions d’agents de courriel qui reçoivent gratuitement les «mises à jour» de la société.

Image

Dans son activité de renseignement, STRATFOR compte sur un groupe d’agents appelés «sources» dont le travail consiste à recueillir les informations et à mobiliser d’autres agents. La «source» obtient un salaire modulable selon l’importance de l’information obtenue. Et ces «sources» travaillent selon la pratique traditionnelle du renseignement, soit sous couverture diplomatique, journalistique ou académique. Les rapports de la «source» sont envoyés périodiquement par le courrier électronique au secteur des «Analystes» qui procèdent à l’évaluation de l’information, son analyse et sa classification, puis à son envoi par courrier électronique à d’autres listes d’adresses selon la catégorie de l’information (économique, politique, sécuritaire, terrorisme, etc.), la localisation géographique (Moyen-Orient, Asie Centrale, Amérique Latine, etc.) et son importance (l’importance de l’information se classe entre des notes allant A à F, la note A représentant l’information importante et la note F l’information sans intérêt). Les sources sont, elles aussi, classées selon une gradation préétablie de conditions comme sa crédibilité et son degré d’investissement à servir la société en informations.

Le deuxième flux d’informations est véhiculé par les «Contrôleurs» (Monitors) qui compilent les articles et les études publiées sur les journaux et sur internet et les envoient à l’«Officier de contrôle ».

Le travail de cet «Officier de contrôle» est central, puisqu’il procède au filtrage et à la catégorisation des informations en provenance des «Contrôleurs» par le biais du groupe des «Analystes» et à partir des «sources». Par la suite, il se charge de les envoyer à un certain nombre de listings de courriels en vue d’une évaluation et d’une analyse. Certains de ces listings de messagerie sont confidentiels, réservés aux analystes et directeurs de la société, d’autres ne le sont pas, en ce sens qu’elles atterrissent chez tous les employés de la société en tant qu’information.

Ensuite vient le tour des analystes qui procèdent à la collecte de tous ces renseignements et informations, puis les envoient au service de rédaction se chargeant de la mission de mettre en forme les rapports de renseignement avant de les vendre aux clients de la société. (Source : www.nawaat.org un des 25 médias partenaires de WikiLeaks).

 

Image

L’email ayant l’ID 286265, envoyé le 21 juillet 2009 à zucha@stratfor.com nous présente les guides du contrôleur de Stratfor répartis autour du monde. Le guide complet est composé de 6 fichiers (en anglais), chacun de ces fichiers est destiné aux guides dans une région précise.

Stratfor a divisé le monde en cinq régions, l’Europe-Asie, le Moyen-Orient et l’Asie centrale, l’Afrique, l’Asie orientale et l’Amérique latine ; aujourd’hui, on va présenter une partie du guide destiné aux contrôleurs dans la région Europe-Asie, la partie qui concerne les contrôleurs en France.

Le document original du site WikiLeaks et accessible ici.

FW: Guide du Contrôleur (Monitor).

Email-ID 286265
Date 2009-07-21 02:01:51
A zucha@stratfor.com

Fichiers attachés.

# Nom du fichier Volume
20529 20529_Eurasia.doc 117.5KiB
20531 20531_mesa.doc 123.5KiB
20532 20532_Africa.doc 144KiB
20534 20534_East Asia.doc 121.5KiB
20537 20537_briefers.doc 43KiB
20539 20539_Latam.doc 107KiB

FRANCE :

Sécurité

  • Protestations des musulmans, les groupes musulmans, tout sur les musulmans… Cela inclut également tous les mouvements du gouvernement pour freiner le port du foulard et les interdictions de constructions de mosquées.
    Les attaques de l’extrême-droite anti-migrants. Déclarations des groupes politiques d’extrême droite.
    Les actions des syndicats, toutes les allusions à d’éventuelles émeutes ou grèves.
    Le crime organisé dans le sud de la France, toute information en relation avec Marseille.
    Les nouvelles lois et règlements anti-terroristes.
    Les mouvements séparatistes :  Basques et Corses.

Politique

  • Toutes les élections doivent être surveillées attentivement, y compris les élections régionales mineures qui peuvent annoncer des changements dans l’opinion publique.
    Nous avons besoin de surveiller ce qui se passe avec le Parti socialiste. Guerre de leadership et ainsi de suite.
    Les choses qui peuvent sembler être des histoires d’ « intérêt humain », comme qui couche avec qui et ainsi de suite, important en France. Je voudrais savoir si quelqu’un avait des aventures au sein du (texte manquant, ndlr).
    Surveillez tout ce que le Ministre de l’Intérieur dit, il contrôle une grande partie de ce qui se passe dans le pays, en plus est en charge de l’appareil de sécurité intérieure, qui est probablement le plus puissant en Europe.
    Traquez les mouvements antimondialisation, ATTAC et autres ONG.
    Tous signes d’éventuelles acquisitions militaires ou de réarmement.

Relations Internationales

  • La France a des relations avec TOUT LE MONDE. Nous avons besoin de savoir où les responsables français du Ministère des Affaires Etrangères vont et ce qu’ils font là-bas.
    La France et l’Afrique, bien qu’il y ait beaucoup moins d’activité de la France en Afrique, ils ont encore beaucoup d’intérêts clés, surtout dans des endroits comme le Niger où Areva dirige pratiquement le pays. Mais la nouvelle base française aux Emirats Arabes Unis est emblématique d’une réévaluation française de sa politique étrangère, dans les deux activités à cette nouvelle base et le mandat d’évolution dans l’ensemble, en regardant de près.
    Tout ce qui se passe entre la France et l’Iran est d’un intérêt particulier.

Relations U.S./France :

  • Nicolas Sarkozy est une bonne impulsion sur ce qui se passe en France, particulièrement en ce qui concerne les États-Unis. Essayons d’avoir une idée de ce qu’il pense sur les États-Unis.
    Toutes les initiatives prises par la France sur l’Iran, la Russie, la Corée du Nord, l’Afrique, qui pourrait être faites à la demande des États-Unis. Nous devons être conscients de ce que fait la France et ce qu’elle pourrait faire pour les États-Unis.
    Concurrence entre Airbus et Boeing.
    Concurrence entre Areva et GE (pas vraiment une compétition, Areva a botté le cul de GE).

Relations Russie/France :

  • Toutes les visites de dirigeants français en Russie.
    Affaires commerciales, en particulier le secteur de l’énergie doit être surveillé attentivement.
    Les actions françaises dans la périphérie russe (Caucase, Asie centrale, la Biélorussie) doivent être suivies attentivement.

Relations Union Européenne/France :

  • Ce que dit Sarkozy sur le dernier président de l’Union Européenne.
    Tout signe de clivages entre la France et l’Union Européenne. Comme avec l’Allemagne: surveiller toutes les déclarations qui semblent inhabituelles, ou qui semblent en confrontation soit avec la Commission Européenne, la France, la Banque Centrale Européenne, ou la Cour de Justice de l’Union Européenne. Les déclarations du premier ministre sont particulièrement importantes.
    Les agendas soutenus par la France à l’intérieur de l’Union Européenne ? En relation avec l’énergie nucléaire.

Économie :

  • Nous sommes au milieu de la récession, TOUT est essentiel. Lorsqu’une nouvelle donnée sera publiée, elle devra être portée à notre attention.
    Les faillites et les sauvetages bancaires sont importants.
    Toutes les affaires nucléaires ou militaires à l’étranger.

STRATFOR.

Ici pour consulter l’article original – auteur, W:
https://operationleakspin.wordpress.com/2012/03/02/the-global-intelligence-files-la-france-espionnee-par-les-controleurs-de-stratfor/

Et ici sur le forum de WikiLeaks: http://www.wikileaks-forum.com/index.php/topic,9010.0.html

WikiLeaks et les mails de Stratfor: Un acte d’accusation secret contre Assange

Article paru le 28 Février 2012 dans Rolling Stone, écrit par Michael Hastings.

Le 26 janvier 2011, Fred Burton, vice-président de Stratfor, une société privée de renseignement de premier plan qui se présente elle-même comme une sorte de CIA de l’ombre, a envoyé un mail tout excité à ses collègues. « Texte non destiné à être publié », écrit-il. «Nous» – c’est à dire le gouvernement des États-Unis – «avons un acte d’accusation secret contre Assange. SVP confidentiel.».

La nouvelle, si elle est vraie,fait l’effet d’une bombe. À l’époque, le Ministère de la Justice amplifiait son enquête sur Julian Assange, le fondateur de WikiLeaks, l’organisation pour la transparence de la vie publique, qui au cours des dernières années a publié des centaines de milliers de documents confidentiels du gouvernement. Un acte d’accusation en vertu de l’ Espionage Act de 1917 (Note 1) serait l’action la plus grave engagée à ce jour contre Assange, et pourrait ouvrir la voie à son extradition vers les Etats-Unis (Assange est actuellement en résidence surveillée en Grande-Bretagne où il lutte contre son extradition vers la Suède sur des accusations d’agression sexuelle.)

Burton, un ancien agent fédéral des Services de Sécurité Diplomatiques américains, (Note 2) avait des raisons de faire confiance à son information. Il se vantait souvent de ses brillantes sources gouvernementales («mes copains de la CIA», les appelle-t-il, dans un autre e-mail), et dans son rôle en tant qu’agent anti-terroriste du gouvernement, il avait travaillé sur quelques-uns des cas majeurs de terrorisme de grande envergure ces dernières années, y compris l’arrestation du terroriste principal de l’affaire du World Trade Center, Ramzi Yousef. Comme vice-président de Stratfor, cela faisait partie de son travail de garder ces contacts actifs et de partager ces informations privilégiées avec les analystes de sa société. (Les e-mails cités dans cet article – inclus dans une fuite de 5 millions de messages internes de Stratfor – ont été examinés par le magazine Rolling Stone dans le cadre de son partenariat avec WikiLeaks pour leur exploitation.)

L’information de Burton avait un accent de vérité… Comme Glenn Greenwald l’a signalé en mai dernier sur son site Salon ( Note 3), un grand jury composé en secret avait commencé à recueillir des témoignages de partisans de WikiLeaks lors d’une audience à Alexandria, Virginie. En Décembre, lors des audiences préparatoires au procès de Bradley Manning, le militaire qui aurait transmis à WikiLeaks une énorme mine d’informations classées confidentielles en 2009, les procureurs ont à plusieurs reprises essayé de convaincre le juge qu’Assange avait conspiré avec Manning pour dévoiler ces données. Les avocats d’Assange eux-mêmes avaient averti de la possibilité d’une  mise en accusation un mois avant que Burton ait dit qu’elle existe.

Un porte-parole du Ministère de la Justice a refusé de commenter s’il y avait ou non un acte d’accusation contre Assange; un porte-parole de Stratfor a également refusé tout commentaire, me renvoyant à  la déclaration et à la vidéo YouTube que la société avait publiées suite à la décision de WikiLeaks de divulguer 5 millions de mails internes de la compagnie. « C’est une déplorable, regrettable – et illégale – violation de la vie privée», a déclaré le PDG de Stratfor George Friedman dans un communiqué, avertissant en outre que quelques-uns des e-mails pouvaient avoir été «fabriqués»… Quant à en être sûrs, nous sommes en terrain inconnu. Cette dernière divulgation a donné lieu à des débats sur le caractère éthique de la publication d’une information prétendument volée : des membres du collectif de hackers Anonymous soutiennent avoir donné les e-mails à WikiLeaks ; WikiLeaks affirme ne pas connaître l’identité du responsable de la fuite et s’en tient à sa politique de ne pas dévoiler ses sources.

Assange, qui a réagi à ces révélations dans un communiqué  ici (voir le lien à la fin de l’article) , est devenu une obsession pour  les responsables du gouvernement et du renseignement des Etats-Unis, et le personnel de Stratfor ne fait pas exception. Le nom du fondateur de WikiLeaks apparaît 2102 fois dans leurs mails au cours des deux dernières années. Le ton réservé à Assange (et Bradley Manning, aussi) dans l’échange de mails interne est venimeux: «Connerie époustouflante», dit un analyste au sujet d’ Assange. Un autre, se référant aux allégations d’inconduite sexuelle à l’encontre d’Assange, ainsi qu’à ses antécédents familiaux, écrit: «retirer un violeur de la circulation, c’est retirer un violeur de la circulation. En plus, sa mère possède un théâtre de marionnettes.». Le même analyste continue dans un autre e-mail: « Je suis impatient de voir Manning et Assange affronter des milliers de chefs d’accusation pour espionnage. » Une note finale d’encore un autre analyste Stratfor, envoyé après l’arrestation de 16 hacktivistes Anonymous en juillet dernier: «Ces enfoirés devraient encourir la peine de mort, ainsi que leur héros Julian Assange ».

Comme on pouvait s’y attendre, ce ne sont pas seulement des responsables des renseignements et du gouvernement (à la fois actuels et anciens) qui ont affiché leur aversion pour Assange. Après que WikiLeaks ait annoncé dimanche qu’ils commenceraient à publier les mails Stratfor, les moqueries ont commencé à pleuvoir en provenance des cercles médiatiques officiels. Une réaction typique: un rédacteur en chef de The Atlantic a qualifié WikiLeaks de « blague », écartant les mails Stratfor d’un revers de  main.

Cela me laisse perplexe : Revendiquer une absence totale d’intérêt pour les rouages d’une entreprise  privée de renseignement de premier plan, dont les clients (qui paient jusqu’à 40.000 $ pour les services de Stratfor) comprennent des sociétés comme Lockheed Martin, Goldman Sachs, et Bank of America semble ,tout au moins, assez non-journalistique. Si Stratfor est une blague, qu’est-ce que cela nous dit à propos des agences gouvernementales comme la CIA et d’autres officines de renseignement qui fournissent Stratfor en employés ? Et si WikiLeaks – une organisation qui a fait quelques-uns des plus grands coups médiatiques de l’histoire du journalisme – est une blague, de qui doit-on rire, au juste?

Déjà, par l’intermédiaire de ces mails, nous avons vu une société, Stratfor, se faire payer par de grandes entreprises pour espionner des militants partout dans le monde, avoir des projets avec Goldman Sachs, et pontifier sur le blanchiment d’argent dans les équipes de football. Quel que soit l’angle sous lequel vous regardez, c’est de l’information. Bien qu’il soit peu probable que les mails Stratfor aient l’impact du Cablegate, des Irak Diaries ou des Afghan War Logs (Note 4), ils présentent  un fascinant exposé d’un type d’organisations qui devient de plus en plus rentable et puissant: les entreprises privées de renseignement, qui brouillent les frontières entre la sphère privée et l’action du gouvernement. N’oubliez pas, lorsque Burton a dit « Nous avons un acte d’accusation contre Assange », par « nous », il ne veut pas dire Stratfor – il parlait du gouvernement des États-Unis…notre gouvernement.

Michael Hastings est l’auteur de « Les opérateurs : La sauvage et terrifiante petite histoire de la guerre américaine en Afghanistan

Lire l’article de Rolling Stone: http://www.rollingstone.com/politics/blogs/national-affairs/wikileaks-stratfor-emails-a-secret-indictment-against-assange-20120228#ixzz1ni41YWfz

Lire l’article sur ce forum: http://www.wikileaks-forum.com/index.php/topic,10479.0.html

Communiqué de J. Assange: http://wikileaks.org/Stratfor-Emails-US-Has-Issued.html

NdT:

Note 1 : L’Espionage Act est une loi des Etats-Unis passée en juin 1917 au moment de l’entrée des US dans la première Guerre mondiale. Cette loi interdit tout comportement de nature à gêner les opérations militaires, tout soutien des ennemis des US en temps de guerre, ou la promotion de l’insubordination. La constitutionnalité de cette loi, et ses relations en particulier avec le principe de liberté d’expression sont contestés depuis toujours, y compris par la voie judiciaire.

Note 2 : Le Diplomatic Security Service (DSS) est le service de sécurité du département d’État des États-Unis. Il est chargé de la protection des sites du département d’État à l’étranger (ambassades, consulats, etc.) et sur le sol américain. Il s’occupe également de la protection des diplomates américains à l’étranger et de celle des dignitaires étrangers en visite aux États-Unis. Ses agents peuvent participer à des arrestations à l’étranger tel celle de Ramzi Yousef, dont l’article parle, et des extraditions d’individus résidant aux États-Unis et recherchés à l’étranger.

Note 3: Lien vers le site de Glenn Greenwald: http://www.salon.com/writer/glenn_greenwald/

Note 4 :
Cablegate : Révélations de télégrammes de la diplomatie américaine par WikiLeaks
Irak diaries : Révélation de documents secrets sur la guerre en Irak
Afghan War Logs : Révélation de documents militaires américains secrets sur la guerre en Afghanistan.

Source: http://www.wikileaks-forum.com/index.php/topic,10479.0.html

Traduit sur WikiLeaks par Green

WikiLeaks remporte un procès contre MasterCard et Visa

C’est une victoire cruciale pour WikiLeaks, qui ne vit que grâce aux dons des internautes. Un tribunal islandais a jugé que le blocage des transactions financières à destination du site web lanceur d’alerte était illicite. La justice a ordonné la levée de l’embargo mis en place contre WikiLeaks.

Pénalisées par le blocage financier organisé par différents intermédiaires financiers, les finances de WikiLeaks devraient pouvoir très prochainement respirer. Le site web spécialisé dans la divulgation de documents confidentiels vient de proclamer sa victoire en justice contre Valitor (ex-Visa Island), qui est l’un des principaux acteurs du paiement électronique en Islande et s’occupe des transactions avec les cartes Visa et MasterCard.

Selon le communiqué de WikiLeaks, diffusé sur Twitter, le tribunal de Reykjavík a statué que Valitor a violé la loi en bloquant les dons par carte de crédit destinés au site web. Les juges ont ordonné la levée de cet embargo financier sous 14 jours, faute de quoi Valitor devra s’acquitter d’une amende journalière de 800 000 couronnes islandaises (environ 5100 euros).

Pour WikiLeaks, ce jugement est déterminant pour son avenir. Le site web estime en effet que le blocage décidé par les sociétés de carte de crédit, mais aussi certains établissements bancaires, a entraîné une baisse des dons de 95 %. Au total, WikiLeaks évalue ce manque à gagner autour de 20 millions de dollars. Des solutions alternatives avaient toutefois été mises en place pour compenser ces restrictions.

Le site considère que c’est le gouvernement américain qui est à l’origine de ces sanctions. WikiLeaks s’est, en effet, fait mondialement connaître il y a deux ans en publiant d’une part des documents classifiés sur les guerres d’Irak et d’Afghanistan, et d’autre part, des télégrammes diplomatiques du département d’Etat des Etats-Unis. Or quelques mois après, le blocage financier est apparu.

Le combat de WikiLeaks pour débloquer les dons des internautes ne s’arrête pas à ce jugement. Le site précise que des actions en justice sont en cours dans d’autres pays et que la Commission européenne enquête également sur ce dossier. Selon le site, les conclusions de l’investigation devraient être connues avant la fin août et Bruxelles décidera alors quelles suites donner à cette affaire.

Rappelons à ce sujet la vidéo parodique tournée par WikiLeaks, critiquant MasterCard en détournant l’une de ses publicités :

Auteur : Julien L.

Source : http://www.numerama.com/magazine/23184-wikileaks-remporte-un-proces-contre-mastercard-et-visa.html

WikiLeaks déshabille Stratfor

Le 27 février 2012

En partenariat avec WikiLeaks, OWNI met en évidence le fonctionnement de l’un des leaders du renseignement privé, la société Stratfor, basée au Texas. Sorte de mercenaire du renseignement, particulièrement soucieux de ses secrets de fabrication. Cinq millions de courriers de cette société seront progressivement mis en ligne par WikiLeaks.

WikiLeaks met à jour la correspondance d’une des plus importantes entreprises de renseignement privé au monde, Stratfor, en partenariat, notamment, avec Rolling Stones aux États-Unis, la chaîne ARD en Allemagne, la Republica et l’Espresso en Italie, Publico en Espagne et OWNI en France.

À travers cette opération, WikiLeaks met en place une base de données de cinq millions d’emails, rédigés entre juillet 2004 et décembre 2011, et décrivant les petits secrets de cette société très particulière, basée à Austin au Texas, et fondée en 1996. Autour d’elle gravitent d’anciens agents secrets, d’ex-diplomates, des militaires en retraite, ou des fonctionnaires en poste soucieux de préparer leurs vieux jours.

Au mois de décembre dernier, des Anonymous avaient expliqué qu’ils avaient pénétré sur les serveurs de cette entreprise chef de file du secteur aux États-Unis, et qu’ils avaient pu copier quantité de fichiers permettant de mieux connaître ses activités.

Fabrication du renseignement privé

À terme, l’exploitation de la base de données constituée par WikiLeaks devrait mettre à jour les procédés de fabrication du renseignement privé, facturé par Stratfor aux plus offrants dans des proportions industrielles (à des entreprises comme à des administrations, dans le monde entier), entretenant des liens pour le moins ambigus avec les services étatiques.

Dans un premier temps, nous avons voulu comprendre les supports et la matière première des notes et des rapports vendus par l’entreprise. Car elle apporte un soin tout particulier à son marketing, volontairement construit dans un registre proche de celui de l’espionnage.

Ainsi, dans cet échange d’emails du 1er octobre 2009 entre plusieurs hauts responsables de l’entreprise, il est question de diffuser des informations brutes en direction des clients. Après quelques réflexions, la réponse des dirigeants résume le décalage entre l’image d’une telle société – teintée de mystère – et la réalité de son fonctionnement :

« Du point de vue de la marque, fondée sur la Qualité, le Statut et l’Aura mystique, je pense que montrer trop de notre travail interne dévaluerait notre aura mystique. Personne ne sait comment nous collectons nos informations. C’est l’un des aspects les plus cools et mystérieux de Stratfor. Rendre public de l’information brute serait cool pour quelques semaines, mais cela rendrait notre travail plus attendu et nous perdrions un peu de notre aura mystique sur la collecte d’informations. »

Officiellement, Stratfor se targue de diffuser des informations confidentielles, mais les messages internes montrent qu’une gradation existe. La note A sanctionne une information qu’on “ne peut trouver nulle part ailleurs” et la note B une information disponible uniquement “dans des cercles limités”. Les autres notes renvoient à des informations accessibles dans des sources ouvertes avec une analyse pertinente qui fait leur valeur ajoutée (note C), dont le contenu est resté néanmoins peu connu (note D), ou qui est accessible à de nombreux endroits différents (note F).

Dans les correspondances internes, les analystes ajoutent plusieurs champs quand ils rapportent leurs échanges avec des sources: son code, l’attribution (comment citer le source), une description de la source pour un usage interne, la possibilité de publier l’information ou non, des précautions particulières et le nom de la personne chargée du suivi.

Ministres et sources ouvertes

Dans la réalité de ses échanges au quotidien cependant, peu de sources de Stratfor justifient un tel mystère. D’abord, dans la majorité des cas, il s’agit simplement d’articles lus sur des sites. Quand ce n’est pas le cas, les fonctions et qualités des sources apparaissent au fil de la lecture. Il s’agit de journalistes, d’hommes d’affaires, parfois de membres de la communauté du renseignement ou de l’armée, plus rarement de diplomates ou d’hommes politiques.

Ainsi, le 2 septembre 2011, un analyste raconte son entretien avec le Premier conseiller et l’attaché de défense de l’ambassade tchèque à Washington. Le Premier conseiller devait devenir secrétaire d’Etat aux affaires étrangères. Un entretien en off sur le rôle de l’Otan qui sera attribué à des sources de Stratfor à Prague et à Washington.

Le directeur de Stratfor, Georges Friedman, a accès à des sources plus haut placées, mais qui partagent davantage des analyses que des informations précises. Dans un email daté du 20 février 2010, il raconte une réunion avec Henry Kissinger, l’ancien secrétaire d’État de Reagan, Paul Volcker, ancien directeur de la réserve fédérale américaine et ancien conseiller d’Obama, ainsi que Nicholas Brady, secrétaire d’Etat au trésor sous Reagan et Bush. En juillet 2011, il mentionne un entretien avec le ministre des affaires étrangères du Kazakhstan à propos de la situation régionale.

Néanmoins, la plupart des échanges se fonde sur des informations obtenues en sources ouvertes. Les discussions tentent ensuite de faire émerger une analyse pertinente et inédite de la situation, en mêlant des informations difficiles à étayer.

Dans un email du 13 septembre 2010, un analyste, Sean Noonan, envoie un article de The New York Observer sur la construction d’un centre islamique à proximité de Ground Zero. Un autre, Fred Burton, lui répond que l’imam responsable du projet est un informateur du FBI, une affirmation difficilement vérifiable, mais qui modifie le sens de l’article.

Sources ouvertes

De manière bien plus ordinaire donc, ce sont des sources ouvertes qui servent à rédiger des fiches synthétiques pour des clients prêts à dépenser beaucoup d’argent pour se sentir informés. En septembre 2009 par exemple, Stratfor rédige deux rapports sur les offres formulées au Brésil par trois fabricants d’avions de chasse.

Mais ces documents de 7 et 17 pages reprennent en réalité des articles de presse récents consacrés aux propositions commerciales du Suédois Saab et du Français Dassault, ainsi que des extraits de leur site Internet.

En février 2008, des recherches sur le secteur de l’industrie chimique sont commandées. Le client, dont le nom n’est pas précisé, veut des informations sur “les risques actuels ou futurs” que pourraient courir des entreprises du secteur. En particulier, l’attention est portée sur le prix du pétrole, le risque de nationalisation dans certains pays et la législation en vigueur sur les produits chimiques. Des informations disponibles en source ouverte.

Stratfor se nourrit aussi de documents obtenus avant publication. Un analyste de la section Eurasie envoie ainsi un rapport de l’agence de notation Moody’s sur la crise de la dette irlandaise avant sa sortie officielle.

Meilleure note

Le classement des quelques sources fermées, laissant supposer des liens ambigus avec des personnes en poste dans des services de renseignement étatique, obéit à d’autres règles. Sont pris en compte la vitesse de réaction à une demande (“Source Timeliness”), le degré de proximité avec le sujet traité (“Source accessibility”), et la disponibilité (“Source availability”). De même pour la qualité des informations transmises.

La crédibilité et l’exclusivité (“Uniqueness”) sont aussi mesurés. Chaque catégorie est ensuite notée sur une échelle de A (la meilleure note) à F (la plus mauvaise), sans utiliser le E. Une source répondant dans les 24 heures sera créditée d’un A, tandis qu’une source dont on a de “la chance de recevoir une réponse tout court” hérite de la plus mauvaise note.

Le degré de proximité commence à “la connaissance intime” d’un sujet (note A). Vient ensuite la connaissance proche (“demander à quelqu’un de l’industrie pétrolière son avis sur le gaz naturel”). Le classement le plus bas renvoie à “quelqu’un qui n’a aucune connaissance du tout d’une industrie en particulier”.  L’information que l’on peut “déposer à la banque” a la meilleure note de crédibilité. La plus mauvaise sanctionne celle qui “s’apparente à de la désinformation”.

Rumeurs

Le champ d’expertise de Stratfor se veut large. Il va de l’intelligence économique à la géopolitique. Mais l’agence de renseignement privé traite aussi de politique intérieure, en diffusant des messages dans lesquels les interlocuteurs ne semblent pas discerner entre la rumeur et l’information vérifiée. Ainsi, au lendemain de l’élection présidentielle américaine de 2008, un responsable rapporte que John McCain, candidat républicain malheureux, a décidé de ne pas entamer de poursuites pour des cas de fraudes en Ohio et en Pennsylvanie car ce “serait au détriment [du] pays”.

Deux jours plus tard, un autre message revient sur les conditions du scrutin. Fred Burton, un haut responsable de Stratfor, affirme que des “Démocrates noirs ont été surpris en train de bourrer les urnes à Philly [Philadelphie, NDLR] et dans l’Ohio” mais il assure que McCain aurait choisi de ne pas se battre, ce qui ne ferait pas consensus au sein de son parti.

Une hypothèse qui, ainsi formulée, tient quasiment de la conspiration. Au-delà de l’aura de mystère, de tels messages laissent planer sur la production de ce marchand d’études des risques et d’analyses géopolitiques comme une aura d’esbroufe.

Sources: http://www.wikileaks-forum.com/index.php/topic,8958.0.html et http://owni.fr/2012/02/27/stratfor-wikileaks-gi-files/

OWNI: Le dir’com états-unien de la Syrie

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Bachar al-Assad avait recruté des « spin doctors » anglo-saxons. Ils avaient déclaré ne plus travailler pour le président-dictateur syrien. Or, les documents obtenus par WikiLeaks, et révélés par Owni, montrent qu’il n’en est rien et qu’ils ont continué pendant la répression.

En plein printemps arabe, le magazine Vogue publiait, dans son édition de mars 2011, un portrait élogieux d’Asma al-Assad, la femme du dictateur syrien, sobrement intitulé “Une rose dans le désert“.

Illustré de photographies de James Nachtwey et signé Joan Juliet Buck, ex-rédactrice en chef de la version française de Vogue, l’article a depuis été effacé du site web de Vogue (on peut le retrouver via archive.org).

Aux États-Unis, des dizaines d’articles avaient en effet dénoncé l’incongruité d’une telle publication, quelques jours seulement avant le déclenchement de la révolution syrienne, et la façon dont il cherchait à humaniser un dictateur en montrant à quel point sa femme était belle et raffinée.

Cet article n’aurait probablement jamais été rendu possible sans l’entregent de Mike Holtzman et de son employeur, le cabinet de relations publiques Brown Lloyd James.

Ex directeur des affaires publiques du Council on Foreign Relations, passé par le département d’Etat américain et le cabinet de Bill Clinton, désigné comme “officier de liaison” à Ground Zero en septembre 2001, Mike Holtzman s’illustra en aidant la Chine à remporter les jeux olympiques de 2008, ce qui lui valut d’être désigné comme la personnalité de l’année par PRWeek, le magazine des relations publiques, et d’être recruté dans la foulée par Brown Lloyd James.

Créé par Peter Brown, l’ancien assistant des Beatles, et Sir Nicholas Lloyd, un ancien journaliste du Daily Express, ce cabinet de relations publiques, qui a notamment aidé le Qatar à emporter la coupe du monde de football 2022, travaille tout aussi bien pour Russia Today que pour Disneyland Paris, la principauté de Monaco et Al Jazeera, avec un focus sur les pays arabo-musulmans.

En 2002, Mike Holztman faisait ainsi paraître une tribune libre appelant à la privatisation de la diplomatie, afin d’améliorer les rapports entre les États-Unis et le Moyen-Orient, puis une seconde, en 2003, fustigeant la propagande américaine dans les pays arabo-musulmans.

En 2009, Brown Lloyd James se faisait également remarquer en travaillant pour la Libye, afin de permettre à Kadhafi de publier une tribune libre dans le New York Times, de faciliter son célèbre voyage au siège des Nations-Unis (où il avait accusé le Conseil de sécurité d’être un “Conseil de la terreur car le terrorisme ce n’est pas seulement al-Qaida“), ou encore de favoriser une rencontre entre George Bush et le fils Kadhafi.

Brown Lloyd James a toujours refusé de répondre aux questions de la presse. Mais un mémo de la Justice américaine a révélé que le cabinet avait bien été sous contrat avec la Syrie, afin d’améliorer l’image de marque d’Asma al-Assad à l’étranger, la société tenant cela dit à préciser n’avoir “fourni aucun service à la famille Assad depuis décembre 2010“, date à laquelle elle avait organisé, selon The Guardian une interview avec Asma al-Assad.

Ce même mois de décembre 2010, Paris Match avait lui aussi rencontré la femme du dictateur syrien, à l’occasion d’une visite officielle des époux al-Assad à Paris, et publié une interview de 4 pages intitulée “Deux amoureux à Paris“. Contacté par Owni, Régis Le Sommier, le journaliste de Paris Match qui avait signé le papier, répond n’avoir jamais “été en contact avec Brown Lloyd James, ni avec Mike Holtzman“.

Pourtant, un des 2 434 899 emails obtenus par WikiLeaks dans le cadre de l’opération Syria Files, estampillé “classified“, révèle la présence de Mike Holtzman à Paris en compagnie d’Asma al-Assad en décembre 2010.

Surtout, d’autres e-mails et documents montrent qu’il a bel et bien continué à conseiller le dictateur syrien, jusqu’en janvier 2012, et alors que la répression faisait des centaines, voire des milliers de morts.
Un “super-héros” musulman, et amputé.

Plusieurs emails, révélés par les Syria Files et confirmés par un article du magazine Foreign Policy, montrent par ailleurs que Mike Holtzman, censé avoir cessé de travaillé pour la Syrie depuis décembre 2010, s’était rendu à l’Opéra Dar al Assad de Damas pour une conférence le 9 février 2011.

Dans un premier email, Rachel Walsh, qui travaille pour Brown Lloyd James au Qatar, écrit à Sondos Sosi, chargée des relations avec la presse au ministère syrien des Affaires Présidentielles, que sa “collègue Sheherazad Jaafari lui a conseillé d’envoyer des documents à propos de la conférence du 9 février“.

Sheherazad Jaafari n’est pas n’importe qui : fille de l’ambassadeur de Syrie aux Nations Unies et conseillère en communication de la famille al-Assad, elle avait effectué un stage chez Brown Lloyd James, et Mike Holtzman avait été son “chef“. Dans un message envoyé à Sondos Sosi dans la foulée, elle joint un tableau recensant les sièges réservés pour la conférence du 9 février. Aux premiers rangs, des places destinées aux membres du gouvernement syrien ainsi qu’à des ambassadeurs étrangers, mais également à Asma Al Assad, épouse de Bachar, à côté de laquelle est installé Mike Holtzman.

Quelques heures plus tard, Sondos Sosi fait parvenir par email le programme de la soirée à Luna Chebel, une autre conseillère en relations presse de Bachar al-Assad et ancienne journaliste à Al Jazeera. Mike Holtzman y est présenté comme le “maître de cérémonie de la soirée“, chargé d’introduire tous les invités.

Ironie de l’histoire, et alors que le soulèvement syrien allait débuter un mois plus tard, Mike Holtzman venait y présenter “Le Scorpion d’Argent“, une bande dessinée qui raconte l’histoire d’un jeune arabe amputé des deux jambes après avoir sauté sur une mine antipersonnel, écrite par de jeunes handicapés américains et syriens, et produite par l’ONG Open Hands Initiative -dont Mike Holtzman fait partie du comité consultatif- afin d’ouvrir “une nouvelle phase diplomatique” entre les États-Unis et les pays arabo-musulmans…
“Il n’est pas nécessaire de détruire le pays”

Les Syria Files révèlent un autre document, encore plus embarrassant : le 19 mai 2011, Mike Holtzman envoyait, en effet, à Fares Kallas, proche collaboratrice d’Assam al-Assad, un “Memorandum” intitulé “analyse de la communication de crise“, lui expliquant ce qu’il conviendrait de faire pour que l’image de la Syrie ne soit pas trop entachée par la répression, qui avait débuté deux mois plus tôt :

« Il est clair, au vu des déclarations du gouvernement américain depuis le début des manifestations en Syrie, que l’administration Obama veut la survie du régime actuel. Contrairement à ses réactions aux manifestations dans d’autres pays de la région, il n’y a eu aucune demande de changement de régime, ni d’intervention militaire. »

Le mémorandum n’en souligne pas moins que la position des États-Unis pourrait évoluer en fonction, notamment, de la couverture médiatique, tout en déplorant l’approche déséquilibrée de la communication” de la Syrie depuis le début de la “crise” :

 » S’il est nécessaire de se reposer sur un pouvoir fort afin de réprimer la rébellion, le soft power est nécessaire pour rassurer le peuple syrien ainsi que le public extérieur sur le fait que la réforme se poursuit rapidement, que les griefs légitimes sont pris en compte et au sérieux, et que les actions de la Syrie visent essentiellement à créer un environnement dans lequel le changement et le progrès peuvent avoir lieu. »

Début mai, alors que Michael Hotzman rédigeait ce mémorandum, les ONG estimaient que plusieurs centaines de personnes avaient d’ores et déjà été tuées par l’armée, et que des milliers avaient été arrêtées. Hotzman se borne, lui, à alerter le président syrien sur les risques de dérive et d’instabilité si d’aventure les manifestants étaient renvoyés chez eux par la peur plutôt que par “la conviction que leur gouvernement est sensible à leurs préoccupations” :

 » La Syrie semble communiquer avec deux mains. Une qui propose la réforme, l’autre l’autorité de la loi. L’autorité de la loi est un poing. La réforme une main ouverte. A ce jour, le poing semble, pour l’opinion publique internationale, et probablement pour de nombreux Syriens, 10 fois plus fort que la main tendue. Elles doivent être mieux équilibrées. »

Brown Lloyd James propose ainsi au président syrien de communiquer plus souvent, tout en estimant “nécessaire que la First Lady rentre dans le jeu : la clef est de montrer force et sympathie en même temps“, comme ce fut le cas avec les précédents papiers de Vogue et de Paris Match.

La société de conseil propose également de lancer une campagne de presse internationale expliquant les difficultés rencontrées par Bachar al-Assad dans sa volonté de réforme, mais également d’améliorer sa communication “sur le plan de la sécurité“, en le montrant prendre des sanctions publiques envers les forces de sécurité qui, ne respectant pas ses ordres, tirent sur des civils désarmés.

 » Cela permettrait de montrer sans équivoque possible que toute personne qui enfreint la loi – qu’il s’agisse de manifestants ou de soldats – devront faire face à leurs responsabilités. »

Afin de contrer la mauvaise publicité faite par les “figures de l’opposition syrienne” vivant à l’étranger, mais également de contrecarrer le “torrent quotidien de rumeurs, de critiques et de mensonges“, Brown Lloyd James propose également de mettre en place une cellule de veille 24h/24 afin de surveiller les médias, voire de contre-attaquer :

 » Les réseaux sociaux devraient être surveillés et les faux sites poursuivis en justice et effacés. »

En conclusion, Brown Lloyd James suggère d’en appeler au patriotisme des Syriens afin de mettre l’accent sur le fait qu’”il n’est pas nécessaire de détruire le pays pour atteindre l’objectif partagé par tous : vivre dans un pays libre et prospère“, et met l’accent sur deux recommandations :

. reconnaître que la violence qui a lieu en ce moment est regrettable. Mais ce ne sont pas les responsables syriens qui l’ont cherché. Ses dirigeants sont obligés de protéger la Syrie, afin de créer les conditions de calme nécessaire à la mise en place de la réforme.
. continuer à exprimer sa confiance dans l’avenir, et dans le fait que la crise est sur le déclin.

“On ne tue pas sa population”

Début janvier 2012, Fares Kallas, à qui avait été adressé le mémorandum de Mike Holtzman, faisait fermer 11 faux comptes Twitter usurpant l’identité du couple al-Assad (@FirstLadysyria, @Asma_AlAssad, @Bashar_alAssad, @SyrianPresident, etc.).

En mars 2012, le quotidien britannique The Guardian révélait des échanges d’e-mail entre Sheherazad Jaafari et Mike Holtzman, son “ancien chef” chez Brown Lloyd James.

Dans ces emails, datés du 11 janvier 2012, la fille de l’ambassadeur de Syrie aux Nations Unies, devenue conseillère en communication des époux al-Assad, évoque un meeting à Damas où Bachar al-Assad martela, devant des dizaines de milliers de supporters, qu’il voulait faire du rétablissement de la sécurité “la priorité absolue“, promettant de frapper les “terroristes” d’une main de fer :

« Je suis venu pour puiser la force auprès de vous. Grâce à vous, je n’ai jamais ressenti la faiblesse. Nous allons triompher sans aucun doute du complot. Leur complot approche de sa fin, qui sera la leur aussi. »

Dans cette série d’emails, Sheherazad écrit à Mike que “cet homme est aimé par son peuple“, ce à quoi le communiquant américain lui répond “je suis fier de toi. J’aimerais être là pour (vous) aider“, avant de préciser :

« Nous avons besoin d’une nouvelle politique américaine. Quels idiots. »

Ce jour-là, le journaliste Gilles Jacquier du magazine télévisé « Envoyé spécial » était tué à Homs pendant un tournage autorisé par les autorités syriennes. Et la répression avait d’ores et déjà fait plusieurs centaines de morts, et des milliers de Syriens avaient été arrêtés, et torturés.

Sheherazad Jaafari est depuis tombée en disgrâce, et retournée aux États-Unis, pour avoir tenté de mettre en pratique les conseils de son “ancien chef“.

D’autres emails, obtenus par Anonymous et publiés en février 2012 par Haaretz, révèlent en effet qu’elle avait expliqué à Bachar al-Assad que “la psyché américaine peut facilement être manipulée“, afin de le préparer à la désormais célèbre interview où il allait déclarer à la télévision américaine ABC qu’”il n’y a pas eu d’ordre demandant de tuer ou d’être violent“, et qu’il avait “fait de son mieux pour protéger la population“, contestant le chiffres de 4000 morts dressés par l’ONU, pour affirmer que “la majorité” des personnes tuées étaient “des partisans du régime et non l’inverse” :

«On ne tue pas sa population… Aucun gouvernement dans le monde ne tue son propre peuple, à moins d’être mené par un fou.»

L’affaire a rebondi début juin avec la publication dans le Telegraph d’autres e-mails échangés cette fois entre Sheherazad Jaafari et Barbara Walters, la journaliste qui avait interviewé Bachar al-Assad pour ABC, révélant comment cette dernière avait cherché à pistonner la jeune syrienne afin qu’elle soit embauchée par CNN, ou qu’elle intègre la Columbia School of Journalism… ce qui a poussé la vénérable journaliste, prise en flagrant délit de conflit d’intérêts, à présenter ses excuses.

Mike Holtzman, si prompt à aider ses clients, dictateurs compris, à manipuler la presse, a toujours refusé de répondre aux questions des journalistes.

Enquête réalisée avec Pierre Leibovici (@pierreleibo sur Twitter).

Voir l’article original ici :
http://owni.fr/2012/07/06/le-dir-com-americain-de-la-syrie/

Une société italienne vend à la Syrie des radios sécurisées pendant l’embargo

Les compagnies ont travaillé à contourner les sanctions imposées par les États-Unis et l’Union européenne pour construire un réseau sécuritaire « d’urgence ».

Pendant que les États-Unis et l’Europe imposaient des sanctions de plus en plus sévères à la Syrie, des compagnies de haute technologie occidentale travaillaient toujours avec le gouvernement syrien et des sociétés sous son contrôle. Ceci est selon des courriels obtenus par WikiLeaks datant de 2006 jusqu’à mars 2012. Les courriels sont maintenant publiés par vague par WikiLeaks sur son propre site web et avec la collaboration d’organisations journalistiques.

La première vague de courriels mis en ligne – 25 sur plus des deux millions obtenus par WikiLeaks – met l’accent sur le réseautage italien et la compagnie SELEX (une division de Finmeccanica – qui, par coïncidence,  possède aussi Agusta qui est le constructeur lié au développement de l’hélicoptère chinois d’attaque Z-10)  et la compagnie d’intégration réseau grecque Intracom Telecom. Des courriels échangés entre des représentants des deux compagnies publiés par WikiLeaks démontrent comment ils ont travaillé à contourner les sanctions commerciales de plus en plus dures imposées à la Syrie pour y exécuter un projet commun. Le projet? Un système de radio logiciel sécurisé pour le gouvernement syrien basé sur  les radios à ressources partagées TETRA.

Le VS-3000 et l’AS-3000 TETRA, livré en vertu du contrat — pour ce qui avait été annoncé comme un réseau de « sécurité publique » d’urgence et de réponse aux catastrophes – permet de transmettre les conversations et des données aux véhicules terrestres, les bateaux de la garde côtière et des aéronefs. Ils sont reliés à un réseau national de stations au sol lié par un réseau de fibre optique. Mais à partir de mai de l’année dernière, le projet a augmenté de son budget originel, de 40 millions d’euros, de plus de 25 %. Une facture datant du mois de février chiffre le projet à plus de 66 millions d’euros. Ces expansions sont venues en même temps que le gouvernement syrien a demandé le système de cryptage TEA3 pour son système de radio et a commencé à le déployer à la police.

Le travail des deux sociétés a continué durant la répression violente des dissidents en Syrie pendant le mois de février de cette année. Cela comprenait un voyage à Damas par les ingénieurs de SELEX pour aider à l’installation de radios et d’accessoires (certains ont été remis personnellement par les ingénieurs). Tout au long du projet, SELEX a continué à trouver des moyens alternatifs d’obtenir les composants pour le projet, alors que les sanctions successives ont commencé à créer des problèmes avec la chaîne d’approvisionnement de l’entreprise.

Les produits de SELEX sont tombés dans une zone grise à la suite des sanctions de septembre 2011 imposées par l’Union européenne (UE). Les sanctions permettent le commerce dans le domaine des télécommunications, mais interdisent l’exportation de matériel ayant des implications militaires. Mais le contrat a officiellement été conclu avec la Syrian Wireless Organization (SWO) et a été signé par Imad Abdul-Ghani Sabbouni (ministre syrien des Communications). Sabbouni a été nommé dans les sanctions de l’UE en février 2012 pour avoir participé à la censure et à la surveillance de l’accès à Internet des Syriens. Bien que n’étant pas, techniquement, en violation des sanctions de l’UE (du moins jusqu’en février), il y a eu quelques problèmes pour obtenir l’équipement nécessaire.

Comme la plupart des connecteurs pour fibre optique commandés par la Syrie à SELEX étaient fabriqués aux États-Unis, la société a également dû contourner les interdictions américaines sur l’exportation d’équipement technologique à la Syrie. Dans un courriel d’octobre 2011, la gestionnaire de programme de SELEX, Simone Bonechi, et le gestionnaire de projet chez Intracom, Mohammad Shoorbajee, discutent d’un délai dans la livraison de composantes de fibre optique à cause de ses interdictions – spécialement pour les pièces utilisées pour moduler la lumière étant transmise sur un réseau en fibre optique. Shoorbajee écrit “Le client commence à devenir suspicieux du fait que nous n’envoyons pas le câble. Recommandez-vous que je leur dise quelque chose? “

Bonechi a répondu qu’il y avait eu un retard, car “nous avons eu à gérer un problème inattendu avec quelques connecteurs, des parties de la marchandise qui devait être envoyée sont fabriquées aux États-Unis. “ SELEX a eu de la difficulté à trouver un autre fournisseur pour les connecteurs. Shoorbajee rapporte que les représentants de la SWO “devenaient de plus en plus inquiets chaque jour“ que les sanctions allaient bloquer la finition du projet.

Dans une déclaration accompagnant les documents, WikiLeaks a dit que les courriels “révèlent comment l’Ouest et les compagnies occidentales disent une chose et font autre chose. “ Des courriels additionnels seront publiés par vague au courant des deux prochains mois.

Liens d’origine: http://www.wikileaks-forum.com/index.php/topic,12729.0.html et http://arstechnica.com/tech-policy/2012/07/wikileaks-italian-firm-sold-syria-secure-radios-as-crackdown-raged/

Traduit sur le Forum WikiLeaks par Nicolas1

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