Le développement durable est un échec, mais il existe des alternatives au capitalisme

Partout dans le monde, les mouvements de justice environnementale mettent en difficulté le développement axé sur la croissance et le capitalisme néolibéral

capitalism isn't working

The Guardian, par Ashish Kothari, Federico Demaria et Alberto Acosta, le 21 juillet 2015

Face à l’aggravation des crises écologiques et économiques et à la misère sociale continuelle, les deux dernières décennies ont vu deux grandes tendances se dégager parmi celles qui cherchent la durabilité, l’égalité et la justice.

Il y a d’abord l’économie verte et les approches de développement durable qui dominent le prochain sommet sur le climat à Paris et les objectifs de développement durable (ODD) post-2015. À ce jour, ces mesures ont échoué à fournir une harmonisation de la croissance économique, du bien-être social et de la protection de l’environnement.

Les paradigmes de l’écologie politique, d’un autre côté, demandent des changements plus fondamentaux, en contestant la prédominance du développement axé sur la croissance et fondé sur les combustibles fossiles, le capitalisme néolibéral et les formes apparentées de ce qu’on appelle la démocratie représentative.

Cette quête sans fin pour la croissance verra l’autodestruction de la Grèce. (Jennifer Hinton à Athènes)

Les fausses réponses de l’économie verte

Si on regarde la politique environnementale internationale des quatre dernières décennies, le radicalisme initial des années 1970 a disparu.

Le document final du sommet 2012 de la Conférence Rio+20, L’avenir que nous voulons [UN.org], n’a pas réussi à identifier les racines historiques et structurelles de la pauvreté, de la faim, de la non-durabilité et de l’inégalité. Celles-ci comprennent: la centralisation du pouvoir de l’État, les monopoles capitalistes, le colonialisme, le racisme et le patriarcat. Sans diagnostic pour savoir qui ou quoi en est responsable, il est inévitable que les solutions proposées ne seront pas assez transformatrices.

Lire la suite: http://www.theguardian.com/sustainable-business/2015/jul/21/capitalism-alternatives-sustainable-development-failing

Publicités

Reportage SideWays: Comment vivre et travailler sans argent

SideWays #1 – Strictly Moneyless, elf Pavlik

Voir les autres épisodes de la série: https://www.youtube.com/user/SideWaysWebserie/videos

La propagande occidentale à travers les yeux de la Corée du Nord – Interview avec Slavko Martinov sur Russia Today

Interview de Slavko Martinov

Abby Martin parle au cinéaste Slavko Martinov, auteur du film «Propagande», un documentaire réalisé à partir de la perspective de la Corée du Nord, qui sert de critique contre la structure hyper-capitaliste, la manipulation politique, et le consumérisme qui caractérise le monde occidental. (youtube)

Voir le documentaire « Propaganda »:

Le réalisateur néo-zélandais Slavko Martinov fournit un réquisitoire accablant de la culture occidentale, du consumérisme, et du militarisme. Afin d’attirer l’attention du monde entier, il a d’abord été présenté comme la fuite d’un film nord-coréen de propagande. Après que certains de ses associés ont eu des ennuis avec la loi, il est sorti blanchi. (youtube)

Owned & Operated (sous-titres français)

Owned & Operated, documentaire de 2012

Owned & Operated (Crackin Films, 2012) est un documentaire qui se pose comme une question face à l’avenir de notre société moderne. Le titre vient d’une expression anglaise appartenant au domaine télévisuel: « Owned and Operated » (O&O) se traduit par « Détenu et Exploité » (Wikipedia).

Le titre du documentaire renvoie à deux aspects: d’un côté, ce titre peut en effet évoquer le domaine des médias et de la télévision, l’exploitation de l’information et le fait que les médias détiennent et manipulent l’information servie aux citoyens, que nous soyons sans cesse soumis à un lavage de cerveau médiatique et que les enjeux qui nous concernent soient occultés, que le système économique lui-même repose sur la puissance des médias et l’incitation à consommer, un monde qui est donc construit sur la puissance de l’argent et qui met au second plan les notions de justice sociale, d’égalité, de partage des richesses, etc.

Mais c’est un titre qui renvoie aussi à l’exploitation humaine: chaque être humain n’est-il pas, en effet, « détenu et exploité » sur cette planète, où ne règne que la logique de la production et de la surconsommation, au mépris de toute notion des droits de l’homme? « Détenu et Exploité » serait aussi la condition de chaque être humain et chacun peut se retrouver dans cette phrase. Nous sommes tous « détenus et exploités » par un système injuste qui ne nous laisse pas forcément de choix quant à notre avenir. Aujourd’hui plus que jamais, la survie de tout individu sur cette planète semble tenir uniquement à un facteur économique et financier. Plus aucune partie du monde ne semble échapper à cette logique de l’argent, notamment face à la globalisation et à la mondialisation de l’économie.

« Owned & Operated » est une réflexion sur le monde et sur les événements des dernières années. Les premières minutes du documentaire s’ouvrent sur une question: « Est-il possible de provoquer une mutation pacifiste et totale de ce qui existe? », autrement dit le but de ce documentaire est aussi de nous montrer que le monde actuel est en train de subir les prémices d’une « révolution totale ». La crise économique, les guerres et toutes les catastrophes intervenues dans le monde ces dernières années vont nécessairement changer l’aspect du monde et son fonctionnement classique. Le monde ne pourra pas continuer à exister dans la surexploitation des masses et la destruction de l’écologie, la destruction des réserves naturelles, car tout cela ne pourrait mener qu’à la disparition totale de l’être humain sur terre.

« La crise, particulièrement maintenant, est une crise de conscience », entend-on dans la suite de l’extrait sonore attribué à un discours de Jiddu Krishnamurti (Ojai, 5 novembre 1966). La crise économique mondiale est peut-être un signe que, non seulement un système économique basé sur la surexploitation ne peut pas se maintenir durablement, mais aussi que l’humanité ne croit plus à ce système et que nous avançons inconsciemment vers ce changement durable qui doit avoir lieu dans le monde. Le documentaire se double ainsi d’une sorte de réflexion existentielle et philosophique sur l’avenir de l’homme, à travers des extraits sonores et visuels qui éveillent notre conscience.

Voir la description du documentaire: http://www.amara.org/fr/videos/2A3SRqNXM4Z2/fr/312117/

Owned & Operated sur IMDB: http://www.imdb.com/title/tt2218646/

Une partie de la société américaine doit aussi être condamnée pour non-assistance au soldat Bradley Manning

Procès de Bradley Manning

(*cet article reflète un point de vue personnel et n’exprime pas les idées des autres traducteurs présents sur ce blog)

Dans le conflit idéologique et juridique qui oppose le jeune soldat Bradley Manning au gouvernement des Etats-Unis, il convient de rappeler que Bradley Manning n’est pas seulement opposé au gouvernement de son pays, mais il est aussi opposé à tous les citoyens américains qui soutiennent les guerres meurtrières et inhumaines qui ravagent le monde depuis des années. Il est opposé à tous ces citoyens qui soutiennent l’action injuste de leur gouvernement.

Si Bradley Manning est en prison, ce n’est pas seulement à cause du gouvernement américain. Ce n’est pas seulement à cause des lois. Si Bradley Manning est en prison, c’est aussi à cause de tous ces citoyens qui se taisent et n’osent plus défendre les Droits de l’homme, et n’osent plus le défendre, s’enfermant dans une approbation passive des actes de leur gouvernement.

Une partie de la société américaine doit aussi être condamnée pour non-assistance au soldat Bradley Manning. Si demain, 70% des Américains soutenaient Bradley Manning, le gouvernement serait obligé de le relâcher. Le gouvernement américain serait contraint par la pression du public.

Ainsi, les Américains, par leur passivité, leur ignorance ou leur incompréhension, sont aussi responsables de la situation inhumaine que vit Bradley Manning en prison, de la torture psychique, de son isolement et de la dégradation de sa santé. Ils sont responsables de laisser le gouvernement faire ce qu’il ne devrait pas faire.

Ne dites pas que cette décision de le libérer n’appartient qu’au gouvernement. Ne dites pas qu’en tant que citoyens, vous ne pouvez rien faire. Le sort de Bradley Manning est entre les mains de chaque citoyen qui aura le courage de le défendre. Le sort de Bradley Manning est entre les mains de chaque citoyen américain.

L’affaire Bradley Manning reflète finalement le problème fondamental de la société américaine, une société de consommation qui a oublié le sens des Droits de l’homme, une société qui a échangé le mot « liberté » contre celui de « surveillance massive », en exerçant par ailleurs des pressions pour faire taire les opposants, en envoyant en prison les lanceurs d’alerte, en réprimant les hackers et les militants Occupy, en qualifiant de « terroristes » tout ce qui n’est pas labellé par la fascisme bienveillant du gouvernement américain.

La société américaine est imprégnée, en effet, par un fascisme sournois (qui se cache sous la belle apparence des films et des publicités américaines), un fascisme presque invisible qui justifie le meurtre et la répression des populations au nom du terrorisme, partout dans le monde. Mais qui aurait jamais osé comparer la liberté citoyenne à un acte terroriste? Qui aurait osé enfermer Bradley Manning pour avoir dénoncé la corruption et l’inhumanité de l’armée américaine, si ce n’est un Etat fasciste qui ne souhaite plus donner de liberté d’expression à ses citoyens, et qui souhaite enrôler la totalité de la société dans une idéologie malsaine?

L’affaire Bradley Manning entache l’histoire des Etats-Unis, comme le dénonçaient encore récemment des journalistes américains. L’affaire Bradley Manning entachera les Etats-Unis pendant encore de nombreuses années, et ce sera une ombre indélébile dans l’histoire des Droits de l’homme. Cela montre aussi, de manière beaucoup plus large, les injustices, la corruption, l’égoïsme, la violence et la cruauté qui existent aux Etats-Unis, et la manière dont les Etats-Unis agissent et incitent à la violence dans les autres pays, notamment dans les guerres et les conflits.

Et ces injustices, et cette violence, sont aussi celle de la société américaine, de la société dans son ensemble — car nous vivons tous dans des sociétés où l’on se préoccupe de moins en moins du bonheur des individus et de la liberté des citoyens, au nom de la sécurité suprême des gouvernements et du bien-être de nos présidents.

Ecrit par kimono