L’Etat français prévoit encore plus de moyens pour la surveillance et le renseignement

StormyParadePhoto CC par leg0fenris: « Stormy Parade« 

Alors que le gouvernement français faisait croire fin juin qu’il était contre la surveillance mondiale du programme Prism, le Livre blanc sur la défense et la sécurité nationale (.pdf) qui a été mis en ligne par l’Elysée cette année prouve du moins tout le contraire: le gouvernement n’a jamais autant compté sur le renseignement et sur l’efficacité des services secrets pour défendre ses intérêts et sa sécurité nationale. Nos libertés, nos communications sur internet et nos vies privées, n’auront donc jamais été autant menacées.

Pour citer une présentation du document (Ministère de la Défense):

Le Livre blanc sur la défense et la sécurité nationale a été rendu public par le président de la République le lundi 29 avril 2013. Ce document fixe les orientations stratégiques des quinze prochaines années et servira de socle à la future loi de programmation militaire (2014-2019).

Comme le dit cet extrait, l’orientation stratégique va au-delà de 2013 et témoigne de la politique qui sera menée dans les « quinze prochaines années ». Le document présente quatre orientations majeures, en ce qui concerne le domaine du renseignement:

 le principe de mutualisation des moyens pour le renseignement ; [*ce qui veut dire que les services de renseignement seront de plus en plus amenés à partager toutes les données qu’ils possèdent pour cibler les citoyens et les individus visés par l’espionnage]

– le renforcement de la gouvernance du renseignement ; [*ce qui signifie indirectement l’indépendance et le pouvoir accordé aux services de renseignement]

– un effort particulier en faveur du renseignement intérieur ; [*ce qui signifie plus de fichage pratiqué envers les citoyens et les personnes résidant sur le territoire français au nom des efforts de sécurité intérieure]

– un effort d’investissement majeur dans tous les domaines du renseignement. [*c’est-à-dire que les nouveaux budgets seront recentrés sur le renseignement et les services d’espionnage, que ce soit au niveau civil, militaire, national, international, etc]

Autrement dit, les orientations demontrent que la volonté de l’Etat français n’est pas de réduire la surveillance globale des citoyens, mais au contraire d’accroître toujours plus de budget et de moyens aux services de renseignement. La collecte des données personnelles et l’espionnage des citoyens français ne risquent donc pas de diminuer. Comme le souligne un article du Figaro datant du 29 avril (pt. 5), « Cyberdéfense et renseignements sont prioritaires » dans ce projet du gouvernement, avec notamment le développement de méthodes d’interception des données à partir d' »émetteurs électromagnétiques depuis l’espace ».

Ceci permet d’autant mieux de comprendre la position de l’Etat français vis-à-vis de l’asile politique d’Edward Snowden. Il ne faut pas s’attendre à ce qu’une démocratie qui vend des logiciels d’espionnage à des dictatures, comme cela a été le cas en Libye, qui pratique la surveillance de l’Internet comme le font les Américains avec Prism, et qui prévoit de développer dans les prochaines années des outils d’espionnage fonctionnant depuis l’espace, comment une telle « démocratie » aurait pu accorder l’asile politique à celui qui vient démentir tous les mensonges des gouvernements en Occident sur la surveillance de masse et l’interception des données personnelles?

La surveillance de masse devient de plus en plus importante dans nos pays, et les Etats qui maîtrisent ces technologies ne comptent pas la réduire. Ces technologies vont se développer, et cela aura des conséquences graves pour les libertés. La question est désormais de savoir: est-ce qu’en France, comme c’est déjà le cas aux Etats-Unis, nous sommes en train de devenir un Etat policier, qui au nom de la sécurité nationale et du terrorisme, continuera à porter atteinte aux libertés des individus et à étendre toujours plus loin le pouvoir des services de renseignement? Est-ce que ceci est le bon choix pour notre économie, pour notre culture, pour nos libertés et pour notre civilisation?

Lire l’intégralité du Livre blanc 2013: http://www.elysee.fr/assets/pdf/Livre-blanc-sur-la-Defense-et-la-Securite-nationale.pdf

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Les associations de défense des libertés civiles en France peuvent-elles envisager de porter plainte contre la NSA et le programme PRISM?

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Face au scandale Prism, nous avons élaboré une série de questions pour savoir s’il est possible juridiquement d’attaquer et de dénoncer le programme d’espionnage de la NSA. Quels sont les recours dont nous disposons en France? Peut-on lutter contre Prism? Des internautes et militants nous répondent par e-mail. Voici la 1ère réponse que nous avons reçue aujourd’hui.

1. Les associations de défense des libertés civiles en France peuvent-elles envisager de porter plainte contre la NSA et le programme PRISM?

Réponse d’A.: Oui, mais ça changera quoi du fait que la NSA, enfant du Pentagone, lui-même enfant des personnes issues du groupe « Cult of dead Bones », eux-mêmes formés par le MI6 durant la seconde guerre mondiale (soit disant pour lutter contre le fascime) continuera, et ce d’une manière ou d’une autre, de faire ce genre de chose.

2. Y a-t-il une possibilité légale et juridique (du côté des citoyens) de dénoncer le programme PRISM tel qu’il est appliqué par les Etats-Unis, ainsi que la collecte et le stockage illégal des données personnelles, qui constituent une atteinte grave envers la vie privée des citoyens dans le monde?

Réponse d’A.: Oui, la déclaration universelle des droits de l’homme, et surtout l’article 2.4 du conseil nationnal de la résistance (1943) qui donne non seulement le droit à l’anonymat, mais au côté privé des courriers. (Le CNR à récemment été applaudi au Sénat).

3. Peut-on même envisager qu’un Etat porte plainte contre la NSA pour non-respect et violation de la confidentialité des communications diplomatiques, qui ont été espionnées à plusieurs reprises dans le cadre du programme PRISM, y compris lors de sommets politiques internationaux?

Réponse d’A.: Oui côté public pour faire poudre aux yeux, non dans la réalité derrière les rideaux puisque notre gouvernement fait pareil depuis des années avec le programme hérisson et est même rentré dans l’OTAN pour avoir accès à Echelon. Sans oublier qu’en fait, étant en vigie pirate rouge depuis 15 ans, ils ont de fait tous les droits pour le faire, et en dernier ressort l’état de guerre, qui en fait est le fait même des choses (et oui on est en guerre) fait que nous cons-citoyens n’avons pas notre mot à dire.

N.B. d’A.:
1. Durant la seconde guerre mondiale les Nazis qualifiaient la Résistance Française de Terroristes (on peut donc se demander qui sont les nazis aujourd’hui ?)
2. Durant la seconde guerre mondiale, le SS disait « Si vous n’avez rien à vous reprocher, vous n’avez rien à cacher ». Les politiciens d’aujourd’hui à travers le monde feraient bien de faire attention aux phrases qu’ils utilisent.

Librement

[Militant anonyme]

Julian Assange: « Edward Snowden est un héros »

Lors d’une récente interview sur SkyNews, Julian Assange n’a pas hésité à qualifier Edward Snowden de héros: « Edward Snowden est un héros qui a informé le public au sujet de l’une des plus importantes offenses de la décennie, la formulation horrifiante d’un Etat de surveillance massive qui a maintenant corrompu les tribunaux aux Etats-Unis, les a rendus secrets, les a conduits à produire des ordres qui violent les protections de la Constitution Américaine envers la population entière. Et comme si cela n’était pas suffisant, cela a mené toutes les compagnies high-tech américaines comme Google, Yahoo, Skype, Facebook, etc, à étendre cette surveillance dans le monde entier. Les seules collections de données révèlent s’élever à plus de 2,4 milliards par mois, et c’est quelque chose dont moi, et John Perry Barlow, et beaucoup d’autres journalistes et libertariens civils, nous nous sommes plaint pendant longtemps. Ca fait plaisir de voir une preuve aussi claire et concrète, présentée au public. »

Aujourd’hui, Edward Snowden est réfugié dans la zone de transit à l’aéroport de Moscou, et il attend de recevoir l’asile politique dans l’un des pays qui soutiendra sa cause: la Russie, peut-être, le Vénézuéla, l’Equateur, ou même, espérons, des pays européens qui auront le courage de reconnaître l’utilité de ces révélations d’espionnage. Le sort d’Edward Snowden est incertain, mais il s’en sortira sans doute avec l’appui de la communauté internationale. Certains pays, comme la Chine ou l’Allemagne, commencent déjà à réagir contre le programme Prism et annoncent qu’ils ne pourront pas rester indifférents face à ces révélations. La diplomatie ne pourra pas, en effet, rester indifférente face à ce scandale planétaire. Les révélations d’Edward Snowden ont bouleversé l’équilibre des relations diplomatiques entre les Etats-Unis, d’une part, et les autres pays du monde, qui se trouvent désormais confrontés à la réalité de l’espionnage à grande échelle, et qui plus est, d’un espionnage totalement illégal et contraire à la loi, contraire aux principes de la diplomatie.

Les Etats-Unis, en développant le programme Prism, sont allés à l’encontre non seulement des principes de respect de la vie privée des citoyens dans leur pays et à l’étranger, mais ils sont aussi allés à l’encontre des relations diplomatiques qui suggèrent le respect et la confiance entre les Etats dans le monde. Ils sont allés au-delà de leurs propres lois et des règles de la démocratie. Il n’y aura plus de confiance désormais entre les Etats-Unis et le reste du monde. Si les Etats-Unis ne sont déjà pas appréciés dans plusieurs pays pour les guerres qu’ils ont menées ces dernières années au Moyen-Orient notamment, en Irak et en Afghanistan, et pour les nombreuses atteintes aux droits de l’homme qui ont été commises, leur image ne s’améliorera certainement pas avec le scandale Prism, et surtout leur image ne pourra que se dégrader y compris dans les pays qui étaient « amis » avec les Etats-Unis, les alliés, les partenaires politiques, ou ceux qui menaient des relations commerciales avec eux, et même dans les pays occidentaux qui sont également visés par cet espionnage américain.

Comment, en effet, avoir confiance dans le gouvernement américain, si ce pays fait espionner vos citoyens, vos diplomates, et même votre président, sans en avertir la population, et dans le simple but de gagner des avantages politiques ou commerciaux? Si la NSA peut espionner les e-mails, les photos et les conversations privées de tout le monde, y compris celles des hommes politiques, ou des présidents dans le monde, alors cela change la vision que nous pouvons avoir de ce pays. Les Etats-Unis sont passés de l’image d’un Etat démocratique, respectueux de la diplomatie, à l’image d’un Etat sécuritaire qui fonde ses relations aux autres démocraties du monde sur la base de l’espionnage illégal. Cela laisse aux Américains la possibilité de faire jouer les événements en leur faveur, d’influencer des responsables politiques ou de faire pression sur eux, d’influencer les relations diplomatiques et l’économie mondiale, de créer des complots ou des guerres en tirant les fils de l’histoire, et en ayant toujours l’avantage d’avoir un temps d’avance sur les adversaires politiques.

Cela donne visiblement trop de pouvoir à un seul Etat. Prism est un outil dangereux aux mains des Etats-Unis. Au-delà de la surveillance des citoyens, Prism montre l’enjeu politique de ce programme d’espionnage: si vous savez tout sur vos adversaires politiques, si vous connaissez tous les détails de la vie privée de vos adversaires, des journalistes ou des militants qui luttent contre vos intérêts, si vous pouvez tout connaître de la vie de quelqu’un ou des secrets d’un gouvernement, alors vous pouvez facilement influer sur les événements de l’histoire. Cette connaissance et cette surveillance massive, toutes les données que le gouvernement américain a accumulées sur toutes les personnes dans le monde, ces données accumulées et collectées pendant plusieurs années, représentent un pouvoir immense qui peut être une menace pour les autres Etats et pour les citoyens qui sont la cible de l’espionnage. Le gouvernement américain s’est montré malhonnête en développant ce programme Prism, mais il a aussi acquéri un trop grand pouvoir par rapport aux autres pays du monde, et beaucoup trop de possibilités de renverser des régimes qui ne défendraient pas ses intérêts, par exemple, ou encore de tendre des complots à toutes sortes d’adversaires. L’enjeu politique de Prism est évident, et cela peut représenter un vrai danger pour la démocratie dans le monde.

Ecrit par kimono

Autres interviews vidéos:

Assange sur la fuite de la NSA: « Edward Snowden sera poursuivi pendant des années » (Exclusif/RussiaToday)

Assange affirme un lien « indirect » au lanceur de fuites de la NSA

Julian Assange à Edward Snowden: « Je lui conseillerais vivement d’aller en Amérique Latine »

Communiqué de presse: Les Partis Pirates s’engagent contre « PRISM »

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Paris, le 24 Juin 2013

Communiqué de Presse

Parti Pirate France

& Partis Pirates Européens

Les Partis Pirates s’engagent contre « PRISM »

Nous sommes consternés de découvrir une surveillance sans précédent des utilisateurs d’Internet de par le monde via PRISM et d’autres programmes du même ordre. Des capacités de surveillance globale de telles sortes — tout particulièrement lorsqu’elles sont mises en œuvre sans accord des citoyens — sont une atteinte sérieuse aux Droits de l’Homme, à la liberté d’expression ainsi qu’à la vie privée, tous trois éléments fondateurs de nos démocraties.

Nous applaudissons Edward Snowden pour ses actions de dénonciation. Quand un gouvernement est réellement élu par le peuple et pour le peuple, on ne peut considérer comme un crime de diffuser des informations sur le but et l’étendue des actions que ce gouvernement engage au nom de ses citoyens dans l’objectif revendiqué de les protéger. Les Partis Pirates estiment qu’un gouvernement dit « représentatif » dans une démocratie se doit de reposer réellement sur le consentement de son peuple. Cependant un tel consentement ne peut exister lorsque les citoyens ne sont pas complètement informés.

Nous Pirates, notons avec inquiétude l’absence totale de considération que le gouvernement américain montre pour les droits des citoyens européens et plus généralement, envers tout citoyen du monde utilisant les services de communication et les infrastructures relevant du droit Etats-Unien. Nous notons également l’effet négatif sur ses alliés, sur la souveraineté des pays concernés et la compétitivité de leurs entreprises.

L’Europe se doit de répondre à ces présentes révélations avec toute la détermination nécessaire. À la lumière de ces informations, il devient nécessaire pour l’Union Européenne de ne pas rester complice de ces abus de pouvoir aux lourdes répercussions et de s’élever au rang de pionner dans les domaines des droits numériques, de la protection de la vie privée, de la transparence gouvernementale et de la protection des lanceurs d’alertes.

Nous Pirates, demandons :

1. Asile et Protection aux lanceurs d’alertes

Le gouvernement des États-Unis d’Amérique a démontré – dans le cas de Bradley Manning et d’autres avant lui – que son traitement des lanceurs d’alertes est une cause de préoccupation grave pour sa démocratie. De même l’étiquetage public d’Edward Snowden comme un « traître » par différents responsables devant les médias crée un climat dans lequel il ne peut espérer avoir droit à procès équitable. Nous déplorons qu’il puisse être sujet de persécutions pour sa politique de gouvernement transparent (Open Government) et encours probablement à son tour des peines ou traitements inhumains et/ou dégradants, incluant la menace d’un éventuelle peine de mort.

Aussi, nous demandons à tous les gouvernements d’Europe de traiter avec bienveillance les demandes d’asile politique ou le statut de protection subsidiaires de M. Edward Snowden et d’autres présents et futurs lanceurs d’alertes en faisant avancer avec la diligence nécessaire leurs requêtes.

2. L’ouverture des faits

Les Partis Pirates estiment qu’il est inacceptable que des programmes secrets de surveillance contournent toute procédure démocratique et empêchent l’engagement critique et rationnel indispensable aux citoyens pour déterminer si une action de leur gouvernement élu est justifiée ou non. Aussi, nous appelons le Parlement Européen à constituer un comité d’investigation, en accord avec l’article 185 de ses règles de procédure afin d’établir et publier les faits suivants :

  • Quelles sont les véritables capacités de PRISM ?
  • Quels sont les flux de données et les sources qu’il utilise ?
  • Quels corps administratifs de l’Union Européenne et de ses états membres ont eu connaissance ou accès à PRISM, aux programmes similaires et/ou à des données issues de ces derniers ?
  • À quel point la Charte des Droits Fondamentaux, la Directive 95/46/CE sur la protection des données personnelles, la Directive du 12 juillet 2002 sur la protection de la vie privée dans le secteur des communications électroniques ou d’autres lois européennes ont-elles été violées ?

Nous Pirates, adressons cet appel à tous les parlements nationaux – afin de déterminer si les constitutions nationales, les lois de protection des données et les lois d’espionnage ont été ou non délibérément transgressées.

3. Une meilleure protection des données européennes

La proposition de loi General Data Protection Regulation en cours d’examen doit être renforcée afin d’assurer une protection plus large et plus profonde des données privées et professionnelles. Aux efforts de lobbying des intérêts privés, nous nous devons d’opposer celui de tous les citoyens de l’Union.

En particulier, les données des Européens ne doivent pas être sciemment remises aux services d’espionnage des États-Unis d’Amérique. L’article 42 issu de la première fuite de proposition de loi, qui portait sur les mesures de protection des lois extra territoriales de pays tiers comme le « Patriot Act » ou encore le « Foreign Intelligence Surveillance Act » (FISA) des États-Unis doit être réintroduit. Il posait des barrières aux autorités étrangères lors de l’accès aux données européennes. Les méta données ainsi que les pseudonymes doivent également être protégés.

D’après les principes de la « Sphère de sécurité » (Safe Harbor) relatifs à la protection de la vie privée, les entreprises américaines se doivent informer leurs clients lorsqu’elles permettent à des tiers d’accéder à leurs données. Il est manifeste que les entreprises associées au programme PRISM ont effectivement violé ces dispositions. En conséquence, les Partis Pirates estiment que l’Union Européenne doit révoquer son accord à ces principes (décision n°2000/520/EC de la Commission), de telle sorte que les entreprises concernées soient immédiatement soumises au droit européen en cas de manquement. Les Pirates demandent à ce que la « Sphère de sécurité » puissent : soit être renégociée en intégrant des mesures de protection plus efficaces et davantage de moyens de recours, soit être remplacée par un nouvel accord international sur la protection des données, basé par exemple sur la proposition de loi « General Data Protection Regulation » (GDPR).

4. Un traité international sur la Liberté sur Internet

Pour assurer qu’Internet reste une force d’autonomisation et de démocratisation plutôt que continuer à être utilisé comme un outil limitant et réduisant la démocratie et la liberté individuelle, les Partis Pirates d’Europe estiment que l’Union Européenne pourrait et devrait être le fer de lance d’un traité international sur la Liberté sur Internet. Un tel traité permettrait de protéger fortement la confidentialité des communications, la liberté d’expression et l’accès à l’information (en particulier ce qui touche à l’Internet) ainsi que la neutralité du net.

5. Le financement de logiciels respectueux de la vie privée

Afin de constituer une nouvelle ligne de défense de la vie privée, les utilisateurs doivent pouvoir choisir des logiciels et services qui respectent vraiment leur vie privée. De tels logiciels devraient garantir l’anonymat de leurs utilisateurs, offrir un système fort de chiffrement de bout-en-bout, des architectures pair-à-pair (peer-to-peer), la possibilité d’héberger soi-même ses données, un code source visible de tous…

Les Partis Pirates se réjouissent de constater que « protéger la vie privée et la liberté des internautes » fait partie des propositions soumises en ce moment au programme Horizon 2020. Nous demandons à l’Union Européenne :

  • d’une part d’allouer une part bien plus significative des fonds de recherche à la diversification de l’offre logicielle plutôt qu’aux projets ayant le but contraire comme par exemple ceux visant le développement des outils de surveillance et d’exploration des données.
  • d’autre part de rejeter fermement des propositions dont le but explicite est la surveillance aveugle et généralisée des citoyens de l’Union ne se basant sur aucune suspicion fondée.

6. La prévention contre un PRISM Européen

Nous Pirates Européens, proposons des moyens législatifs visant à renforcer la défense contre les organismes similaires à travers toute l’Europe.

Les écoutes directes des agences gouvernementales des communications au cœur du réseau Internet — comme celles ayant été reportées comme installées par la « National Security Agency » (NSA) dans le cadre du programme BLARNEY — doivent être explicitement déclarées hors-la-loi. De telles écoutes autorisent le stockage et l’analyse de données de toutes les communications ayant lieu sur Internet, outrepassant toutes les procédures et contrôles existantes. Ces écoutes mettent ainsi en péril la confidentialité de toutes données et la vie privée de tout un chacun. Porter atteinte à l’intégrité du réseau d’une manière aussi révoltante empêche toute confiance et prive les citoyens et internautes européens de tous les points positifs que l’on peut y trouver.

Les Pirates renouvellent donc leur appel pour la révocation de la directive sur la conservation des données. Les juridictions constitutionnelles tchèque, serbe et roumaine ont explicitement conclu que la collecte à grande échelle et sans suspicion de données personnelles constituait une violation fondamentale des droits de l’homme. Par la collecte généralisée de grandes quantités de données sans l’accord d’un tribunal, les programmes de conservation de données permettent à quelque pouvoir exécutif de largement outrepasser ses attributions au travers de plates-formes telles que PRISM, menaçant du même coup la séparation des pouvoirs entre exécutif, législatif et judiciaire, ce qui n’est rien de moins que le fondement même de nos Démocraties.

Le Parti Pirate

A propos du Parti Pirate

Le Parti Pirate (PP ou PP-FR) est un mouvement politique créé en France en 2006 et enregistré comme parti politique depuis 2011. Les Pirates défendent les droits et libertés fondamentaux, la transparence des institutions publiques, libèrent l’accès à la culture et au savoir, luttent contre les monopoles privés et le système des brevets. Les Partis Pirates de l’Union travaillent à un programme politique commun pour les élections Européennes de 2014 ainsi qu’à la constitution d’un Parti Pirate Européen. Le siège du Parti Pirate Français se trouve 21 place de la République, 75003 Paris.

Nous connaître : www.partipirate.org _ contact@partipirate.org

Nous suivre : https://www.facebook.com/partipiratefr _ https://twitter.com/PartiPirate

Retrouvez nos précédents communiqués sur cette page : http://lists.partipirate.org/pipermail/communiques-presse/

Pour nous contacter :

Jean-Paul TRUXILLO « TXO » _ txo@partipirate.org _ + 33 (0)1 42 77 68 11

Yohan AGLAE « MindHack » _ mindhack@partipirate.org _ + 33 (0)7 81 07 02 47

Le Parti Pirate est un parti politique constitué sous la forme d’une association loi 1901 dont le siège social est au 21 place de la République, 75003 Paris, France.

Source: http://www.partipirate.org/spip.php?article360

La banalité du « Ne faites pas le mal » de Google, par Julian Assange

Image – Matt Rota

Par Julian Assange, le 1er juin 2013

« Le Nouvel Âge Digital » est un schéma directeur étonnamment clair et provocateur pour l’impérialisme technocratique, de la main de deux de ses plus ardents marabouts, Eric Schmidt et Jared Cohen, qui construisent une nouvelle définition de la puissance globale des USA au 21ème siècle. Cette définition reflète la fusion toujours plus proche entre le State Department et la Silicon Valley, telle que personnifiée par Eric Schmidt, le directeur exécutif de Google, et M. Cohen, un ancien conseiller de Condoleeza Rice et de Hillary Clinton, aujourd’hui le nouveau patron de Google Ideas.

Les auteurs se sont rencontrés dans le Bagdad occupé de 2009, où le livre fut conçu. Se promenant à travers les ruines, le tandem fut tout excité par l’idée que la technologie consumériste était en train de transformer une société anéantie par l’occupation militaire US. Ils ont décidé que l’industrie de haute technologie pouvait être un outil puissant de la politique étrangère états-unienne.

Le livre fait la propagande du rôle de la technologie dans le remodelage des peuples du monde et de ses nations en ersatz de la superpuissance dominante mondiale, qu’ils veuillent se faire remodeler ou non. La prose est laconique, l’argument sûr de lui et la sagesse – vulgaire. Mais ce n’est pas un livre destiné à être lu. C’est une déclaration majeure destinée à susciter des alliances.

(suite…)

Julian Assange et la surveillance de masse

Julian Assange, Menaces sur nos libertés

Par Christophe Ventura, le 1 février 2013

Depuis sept mois, Julian Assange vit reclus à l’intérieur de l’ambassade de l’Equateur à Londres. La figure emblématique de « l’organisation médiatique à but non lucratif » WikiLeaks, fondée en 2007 [1], a bénéficié de l’asile « diplomatique » [2] du pays andin que préside Rafael Correa.

Julian Assange séjourne – ou campe pour être plus précis – dans une petite pièce d’un appartement victorien d’une centaine de mètres carrés occupé par la représentation diplomatique équatorienne dans le quartier de Knightsbridge. A deux pas du luxueux grand magasins Harrods, fournisseur officiel de la famille royale… L’exposition naturelle de la pièce à la lumière du jour a été condamnée pour ne pas l’offrir à la surveillance permanente de la police et des services britanniques postés autour du bâtiment. C’est dans un espace confiné d’environ 15 mètres carrés qu’il nous a reçu à la faveur d’une rencontre organisée le 6 décembre 2012 avec le dirigeant du Front de gauche Jean-Luc Mélenchon.

(suite…)

WikiLeaks: Le Gouvernement vous espionne via votre iPhone

FinFisher Trojan via iTunes update

Leander Kahney, 2 Décembre 2011

Votre iPhone est peut-être en train de vous espionner, selon la dernière révélation de documents de WikiLeaks, qui ressemble à ce qui pourrait être encore le plus grand scandale.

Appelé les SpyFiles, c’est une mine de documents sur « l’industrie d’interception de masse » — la communauté de surveillance massive post-11 septembre qui surveille électroniquement des populations entières.

L’industrie vend des logiciels aux agences du gouvernement —certains d’entre eux délivrés avec des chevaux de Troie — qui peuvent s’emparer de votre iPhone. Il peut suivre chacun de ses usages, suivre chacun de vos mouvements (même en veille), reconnaître votre voix, enregistrer des conversations, et même faire une capture vidéo et audio de la pièce où il se trouve.

Ce n’est pas seulement limité aux iPhones, bien sûr. Il y a plusieurs packages de logiciels espions qui fonctionnent sur PC, Android et Blackberry. Les usages sont très étonnants. La CIA, par exemple, utilise un logiciel de repérage téléphonique pour cibler les attaques de drones au Moyen-Orient et en Asie Centrale. Il reconnaît le sujet grâce à leur empreinte vocale, mais le ciblage effectif n’est pas extrêmement précis.

iPhone spywareL’un des packages les plus sophistiqués de l’espionnage — le programme FinFisher, produit par la compagnie britannique Gamma International — est livré via une mise à jour bidon sur iTunes. Le Wall Street Journal possède plus de détails sur le logiciel FinFisher, qui est vendu à la police et aux agences du gouvernement. (Der Spiegel a écrit un article fascinant sur la manière dont il est commercialisé.)

Apple vient de résoudre la vulnérabilité de la mise à jour iTunes 10.5.1. (La vulnérabilité semble venir seulement de Windows, mais ce n’est pas clair. On dit qu’Apple connaissait le problème depuis trois ans).

FinFisher dit que le logiciel espion est légal et que la compagnie ne connaît pas d’abus. Mais il y a des preuves que le spyware a été utilisé pour surveiller les militants politiques en Tunisie, en Egypte et en Libye pendant le Printemps Arabe, selon une grande histoire au sujet de la dernière fuite de WikiLeaks dans le Washington Post:

« Nous voyons un nombre croissant de régimes répressifs mettre la main sur les dernières, et les meilleures technologies occidentales, et les utiliser dans l’espionnage de leurs propres citoyens dans le but de réduire à néant l’opposition politique pacifique ou même des informations qui permettraient aux citoyens de savoir ce qui se passe dans leurs communautés », a dit Michael Posner, secrétaire d’Etat adjoint aux Droits de l’homme, dans un discours le mois dernier en Californie. « Nous surveillons cette issue de très près. »

Le Post [Washington Post] couvre principalement la vente de cette technologie par les compagnies américaine aux régimes répressifs, qui l’utilisent pour espionner les citoyens et causer des difficultés à l’opposition politique. Mais WikiLeaks affirme que les systèmes de surveillance de masse peuvent être largement déployés dans les pays occidentaux:

Les sociétés de surveillance comme SS8 aux Etats-Unis, Hacking Team en Italie et Vupen en France, produisent des virus (chevaux de Troie) qui détournent les ordinateurs et les téléphones personnels (y compris les iPhones, Blackberry et Android), s’emparent du périphérique, enregistrent chacun de ses usages, de ses mouvements, et même les sons et les aperçus de la pièce où il se trouve. D’autres compagnies comme Phoenexia en République Tchèque collaborent avec l’armée pour créer des outils d’analyse de la parole. Ils identifient les individus par genre, par âge et par niveaux de stress, et ils les pistent sur la base des « empreintes vocales ». Blue Coat aux Etats-Unis et Ipoque en Allemagne vendent des outils aux gouvernements dans des pays comme la Chine et l’Iran pour empêcher les opposants de s’organiser en ligne.

Et vous pensiez que Carrier IQ était mauvais?

WikiLeaks a promis de publier des centaines de documents concernant 160 entreprises de renseignement dans l’industrie de la surveillance de masse pendant le reste du mois et de l’année. Ils ont publié 278 documents jeudi. WikiLeaks travaille avec plusieurs organisations de protection des individus et de médias.

Source: http://www.cultofmac.com/132782/if-you-thought-carrier-iq-scandal-was-bad-wait-till-you-see-latest-wikileaks/

Wikileaks, un monde sous surveillance: http://wikileaks.org/Wikileaks-Un-monde-sous.html

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