Marche de solidarité à Londres pour demander l’accès aux fichiers des polices politiques secrètes

Marche de solidarité: Vendredi 15 Janvier 2016, 13h00, Cour suprême, Londres

ADN-ZB/Uhlemann/16.1.1990/Berlin: Stürmung AfNS-Zentrale/ Bei einer Demonstration vor dem Gebäude des ehemaligen AfNS in der Normannen-/ Ruschestraße, zu der das Neue Forum aufgerufen hatte, stürmten Tausende von Haß und Rache erfüllte Bürger das bereits von einem Bürgerkomitee kontrollierte Gebäude und zerstörten Einrichtungen im Werte von Hunderttausenden Mark.

Publié le 8 Janvier 2016

15 Janvier 1990 [Berlin] – On voit la fumée de la police secrète de la Stasi monter depuis le QG de la Stasi à Berlin, alors que les agents tentent désespérément de brûler la preuve de leurs abus. Les gens prennent d’assaut le complexe pour arrêter la destruction, et exigent l’accès aux fichiers qui avaient été compilés sur eux.

15 Janvier 2016 – Les #spycops au Royaume-Uni

Plus d’un quart de siècle plus tard, nous nous battons pour l’accès à la vérité sur la police politique secrète en Grande-Bretagne. Alors qu’une audience a lieu dans l’une des affaires en cours contre les abus commis par des unités secrètes de la MET [Metropolitan Police], rejoignez-nous pour exiger qu’ils… Donnent les noms de couverture et ouvrent les fichiers!

Marche de solidarité – vendredi 15 janvier 2016 – 13h00 Royal Courts of Justice, The Strand, London WC2 métro le plus proche: Holborn / Temple

Source: https://policespiesoutoflives.org.uk/demo-15-jan/

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Anonymous, prenez le mur de Berlin!

C’est en allant pour la première fois à Berlin que je me suis rendue compte que dans cette ville qui accueille toutes sortes de graffitis sur ses murs, comme autant de témoignages d’un passé marqué par la chute du communisme, il n’y a en même temps aucun graffiti rappelant la révolution sociale actuelle qui se déroule dans le monde et dont le symbole est le masque des Anonymous. Je parle notamment de l’East Side Gallery, car je n’ai pas eu le temps de voir tous les graffitis qui existent à Berlin.

Quand vous marchez sur l’East Side Gallery, certes vous voyez toutes ces oeuvres qui recouvrent les restes du mur de Berlin, mais c’est un peu dommage de ne croiser aucun tag Anonymous ni aucun signe qui évoque le combat de la génération d’aujourd’hui, une génération qui voit chaque jour dans les médias des images de la guerre au Moyen-Orient, en Syrie, en Irak et à Gaza, des arrestations de jeunes hackers et l’inquiétude face à la montée de la surveillance Internet et des lois antiterroristes. Ne devrait-il pas y avoir un lien entre le combat d’hier pour la liberté en Europe et celui d’aujourd’hui pour la liberté dans le monde?

C’est étrange de constater que les Anonymous n’ont jamais pensé à laisser leur empreinte sur l’East Side Gallery à Berlin, alors qu’on trouve leurs masques un peu partout dans le monde et dans des milliers de vidéos sur Internet, des vidéos qui témoignent du même idéal que celui qui était partagé par ceux qui ont voulu la liberté en Europe et la fin de l’oppression d’un système de surveillance basé sur le pouvoir des services secrets et de la Stasi en Allemagne de l’Est. Ceux qui, il y a 25 ans, ont vécu la chute du mur de Berlin le 9/11/1989 voulaient aussi, comme aujourd’hui les Anonymous, un monde sans surveillance, sans oppression politique et sans pauvreté, un monde de liberté d’expression et de liberté de mouvement, un monde sans frontières entre les peuples.

L’East Side Gallery ne témoigne d’aucune oeuvre en hommage aux hackers Anonymous, ni d’aucune oeuvre en hommage aux lanceurs d’alerte: Julian Assange, Manning ou Snowden, pour ne citer que les plus célèbres. Aucune oeuvre non plus qui rappelle le scandale de la NSA et l’importance de ce débat en Europe sur les abus commis par nos services secrets occidentaux, alors même que l’Allemagne a été touchée par ce scandale au sein même de son propre gouvernement.

Est-ce que le mur de Berlin ne restera que ça: le témoignage d’un épisode passé de l’histoire et de la réunification de l’Europe, mais sans faire de lien avec les combats du présent, sans rappeler que tous ces combats continuent aujourd’hui sous d’autres formes? ou bien faudrait-il peupler les restes de ce mur avec de nouvelles oeuvres artistiques, pour que tout ce que nous faisons aujourd’hui soit fait en quelque sorte en hommage à tous ceux qui ont eux-mêmes milité pour nos libertés dans le passé? Recouvert de nouvelles oeuvres évoquant les Anonymous et les révélations sur la NSA, ce qui reste du mur de Berlin sur l’East Side Gallery serait ainsi la continuité du dialogue qui s’est ouvert comme une brèche en 1989, quand des milliers de gens ont franchi une frontière sans attendre la réaction de leur gouvernement et sans attendre qu’on leur dise s’ils avaient le droit d’être libres ou pas.

Parce que ce dialogue doit continuer, il est important que les artistes créent de nouvelles oeuvres et qu’ils nous fassent réfléchir sur tous ces thèmes liés à notre société actuelle: la surveillance numérique, la protection de la vie privée sur Internet, les abus commis par les services secrets et par la NSA, la destruction de la vie de milliers d’individus ciblés par l’espionnage, les millions qui sont consacrés à la surveillance de masse alors même que si peu d’argent est consacré à la lutte contre la pauvreté ou à la lutte pour la protection de l’environnement. Il semble que notre époque est confrontée à un mur virtuel, celui de la surveillance Internet, mais comme dans le passé, les murs tomberont et il faut utiliser Internet comme un outil de libération sociale.

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CC BY-SA

Image: wikimedia

Espionnage de la NSA: La RDA était au courant depuis longtemps

Heise.de, 16 mai 2014

nt-stasi-gr-37db0d56a7626d97Le ministère est-allemand de la Stasi savait depuis 1985 l’ampleur de l’espionnage par la NSA de ses alliés occidentaux  d’après l’état de la technique, mais aussi sa sélectivité avec leurs collègues allemands du service fédéral de renseignement.

La surveillance des télécommunications allemands par la NSA résulte d’une longue tradition. Klaus Eichner exprima cet avis au sein de la Fondation scientifique Wau-Holland et la table ronde que RSF organisa à Berlin avec l’ancien directeur technique de la NSA William Binney. L’ancien analyste en chef des agissements de la NSA et de la CIA du ministère de la Stasi rapportait comment une « source » lui passa en 1985-1986 la soi-disante liste NSRL, qui documentait les dimensions complètes de la surveillance des alliés par la NSA.

Traduit par Nicolas du Parti Pirate

Lire la suite: http://m.heise.de/newsticker/meldung/NSA-Ausspaehung-Die-DDR-wusste-fruehzeitig-Bescheid-2192038.html?from-classic=1

Les lanceurs d’alerte américains : cibles de l’Etat policier

Le Chaos Communication Congress (29C3), que les organisateurs décrivent comme étant « une conférence annuelle durant quatre jours, ayant pour thème la technologie, la société et l’utopie » a débuté le 27 décembre. Hier, ce blog a retranscrit la présentation de Jacob Appelbaum,  développeur du projet Tor et activiste de Wikileaks. Dans la soirée, trois lanceurs d’alerte américains ont présenté leurs exposés, dans une vidéo qui devrait être considérée comme immanquable.

Jesselyn Radack, qui dénonça les violations éthiques dans l’affaire John Walker Lindh, alors qu’elle elle était conseillère en matière d’éthique pour l’avocat général John Ashcroft, décrit les raisons qui l’ont conduite à démissionner et devenir lanceur d’alerte.

Lindh fut interrogé et torturé. Des agents du FBI passèrent outre le manque d’autorisation formelle et ont tout de même effectué cette interrogation. Ashcroft a fait une déclaration publique quand une plainte criminelle fut déposée, disant que Lindh avait fait le choix de ne pas être représenté par un avocat et que ses droits avaient été « scrupuleusement respectés ». Radack savait que tout cela n’était que mensonge.

“Ce fut notre premier aperçu d’un cas de torture aux Etats Unis et personne n’a pipé mot. Il était nu, un bandeau sur les yeux, bâillonné, attaché à une planche avec du ruban adhésif. Il avait une balle dans la jambe, et fut dénié de tout traitement médical »,  déclare Radack. On l’a trouvé à moitié mort ; voici comment on traite un américain, ce qui vous donne une idée de la façon dont laquelle nous traitons ceux qui ont la malchance d’être arabe ou islamiste dans notre pays. »

Le point critique fut atteint pour elle quand elle se rendit compte que le Ministère de la Justice gardait secrets certains éléments de l’affaire. Un juge avait ordonné la délivrance de toutes les communications, mais ne fit passer que deux de ses mails. Elle fouilla dans une copie papier pour lire ses mails, qui contenaient son évaluation que le FBI avait commis des actes en violation avec les règles d’éthique durant l’interrogation et la torture de Lindh. Ces mails avaient disparu.

“J’ai perdu courage,” dit Radack. « J’ai littéralement eu envie de vomir. Ils tablaient sur la peine de mort pour cet homme, et les preuves n’atterrirent jamais sur le bureau du juge, des preuves qui auraient eu un effet sur la décision d’admettre ou non sa confession. »

Elle réussit finalement à retrouver les mails manquants. Elle fit parvenir les preuves de fautes professionnelles et de crimes au magazine Newsweek, sous couvert du Whistleblower Protection Act, qui en fin de compte ne la protégea absolument pas. Elle ne se doutait pas de ce qui était sur le point de lui arriver quand « tout le poids de la branche exécutive du gouvernement américain en entier » lui tomba dessus.

Radack perdit son emploi dans le cabinet d’avocats privé où elle travaillait, puis elle fut limogée d’un autre emploi quand le gouvernement contacta ses employeurs pour leur dire qu’elle était une criminelle. Elle fut placée sous garde à vue sans qu’on lui dise de quoi elle était suspectée et quoique nulle accusation formelle ne soit jamais portée contre elle. Elle fut sous le coup d’une exclusion du barreau régional sur les bases d’un rapport secret auquel elle n’a jamais eu accès (ce qui rendait sa défense plutôt difficile), et placée sur une liste d’interdiction de vol.

Cette expérience la conduisit à la décider à dédier le reste de son existence à représenter les lanceurs d’alerte.

En plus de partager son expérience, elle parle aussi du rôle de la technologie et comment elle peut aider le lanceur d’alerte. C’est cette technologie qui l’aida à récupérer des mails du Ministère de la Justice, qui à l’époque poursuivait Enron pour destruction de preuves et obstruction envers la justice.

Avant de se rendre à la conférence, elle rencontra le rédacteur en chef de WikiLeaks, Julian Assange. Elle déclare qu’il la convainquit qu’ « en tant que lanceur d’alerte et avocate représentant des lanceurs d’alerte, WikiLeaks est  le seul vrai moyen de disséminer de grandes quantités d’informations envers le public, de façon anonyme. Le gouvernement est conscient de ce fait et c’est la raison pour laquelle il se sent très vulnérable vis-à-vis de WikiLeaks. »

Puis, elle poursuit en disant:

« La guerre contre le terrorisme ne devrait pas être une guerre contre l’éthique, l’intégrité, la technologie et la loi. Stopper le terrorisme ne signifie pas terroriser les lanceurs d’alerte et les diseurs de vérité, ceux qui soulèvent des inquiétudes quand le gouvernement magouille afin de surveiller électroniquement, torturer et assassiner ses propres citoyens. Il n’est pas acceptable qu’un président s’octroie le droit de se poser en procureur, juge, juré et bourreau de n’importe quel humain sur cette putain de planète s’il lui en prend l’envie. »

Les employés ne devraient jamais avoir à choisir entre leur conscience et leur carrière, et certainement pas leur liberté, Radack conclut-elle.

Thomas Drake, qui dénonça les inconduites et irrégularités de l’Agence de la Sécurité Nationale (National Security Agency), prend la parole après Radack et décrit ce que fut la montée de l’Etat policier après les attaques du 11 septembre. Il la compare à la montée de la police secrète des Stasi en Allemagne de l’Est, dont la devise était : « Tout savoir ».

Durant la Guerre froide, tout était suspect. « De nos jours, dans cette ère post-Guerre froide, » dit Drake, « je me demande comment une démocratie ouverte et vive peut-elle exister au côté d’un Etat policier ? ».

Drake dut, dès le depart, faire face à la possibilité d’être condamné à la prison à vie s’il ne coopérait pas. Il fut condamné sous le coup de la Loi contre l’espionnage (Espionage Act), une condamnation faisant partie d’un effort du gouvernement visant à criminaliser les lanceurs d’alerte.

Dans les jours qui suivirent l’attentat du 11 septembre, « je fus contacté en privé par plusieurs personnes très préoccupées qui me disaient Tom, pourquoi est-ce qu’ils prennent l’équipement dont on se sert pour garder un œil sur les nations étrangères pour les rediriger vers nos propres citoyens ? », se souvient-il. Il apprit que le programme de surveillance secrète avait été autorisé par la Maison Blanche et, comme le dit un jour le Président Nixon : si le Président dit que c’est OK, alors c’est légal. »

Le gouvernement perdit complètement les pédales quand Eric Lichtblau et James Risen rédigèrent un article pour le New York Times à propos du programme d’écoutes téléphoniques illégales au sein de la NSA. Une enquête criminelle fut mise en route, dont il fut le principal suspect. Des agents du FBI descendirent sur sa maison et firent pression sur lui pendant deux ans afin qu’il se rétracte. Ce fut un cauchemar.

Il conclut en disant: “ J’ai peur pour le futur des Etats-Unis, mais j’ai aussi peur de la création d’un enregistrement universel de la vie de tout un chacun, de la possibilité d’avoir accès à une base de données et de pouvoir profiler n’importe qui, n’importe où, n’importe quand. »

En conclusion, William Binney, ancien directeur technique de la NSA, qui fut lui-même sujet des descentes de police et à des enquêtes criminelles, prend la parole.

En juin 2001, Binney démissionna de son poste, car il ne pouvait plus tolérer la corruption ayant lieu entre les employés et les entrepreneurs privés, cette relation incestueuse dans laquelle la sécurité est une affaire d’argent.

Binney eut vent d’un programme appelé “Stellar Wind”, qui permettait à la NSA d’espionner des citoyens américains. Il savait que ce n’était pas la peine d’aller voir les responsables de la NSA, car il connaissait ceux qui géraient ce projet. Il prit contact avec le Comité d’Information Nationale (House Intelligence Committee), puisque c’était cette organisation qui était sensée, selon la Loi sur la Surveillance Etrangère (Foreign Intelligence Surveillance Act) et d’autres lois américaines, surveiller et espionner les individus. Le comité dépêcha un employé pour parler à Michael Hayden, alors directeur de la NSA, et ce fut tout. Le président Porter Goss ne fit rien. Pelosi, un membre du comité, ne fit rien contre les violations commises car elle fut intégrée dans le projet et accepta de ne pas faire pression pour la mise en accusation du président Bush tant qu’elle serait tenue au courant des opérations secrètes.

Binney nous dit : « AT&T donnait au gouvernement 320 millions d’enregistrements par jour, d’américains contactant d’autres américains ». Il continue : « avec ça, on peut établir des rapports sur virtuellement n’importe qui dans le pays » Il n’y a pas de limites : cet état de fait se répandit au monde entier.

Il raconte aussi ce qui se passa lors d’une descente du FBI. Ils lui demandèrent s’il pouvait témoigner contre un crime. Ils voulaient des informations contre Drake, mais lui parla au contraire du projet Stelar Wind et que Bush, le Vice-Président Dick Cheney et le directeur de la CIA George Tenet étaient impliqués. Un seul des agents qui écoutèrent son récit était au courant du programme. Binney leur expliqua que c’était lui qui signait les mandats et que tout ce qu’il pouvait faire était de regarder par terre, alors qu’il énumérait les violations envers la vie privée de citoyens américains, etc.

“Ils voulaient que je me tienne tranquille”, dit Binney. « Ils ont pointé les armes sur moi et ma famille, afin de s’assurer que je reste tranquille. »

Il partage aussi avec nous une anecdote importante mettant en scène James Bramford, un journaliste réputé pour son travail sur la NSA. Bramford soumit une demande de renseignement sur des documents utilisés par le gouvernement contre Drake. Il reçut des documents parvenant de la NSA: on avait rayé au crayon le mot « Déclassifié » et estampillé « Top Secret » par-dessus. Ils lui passèrent ce document, et lui, le montra au juge, comme preuve que Drake était la victime d’un coup fourré, et que c’était un crime. Ils auraient dû être interpellés, mais l’affaire fut étouffée et personne ne fut poursuivi de quelque crime que ce soit.

Ce sont trois excellents conférenciers et je vous conseille vivement de ne pas rater un seul moment des 82 minutes que durent cette vidéo.

Traduction du Forum Wikileaks: http://www.wikileaks-forum.com/index.php/topic,17004.0.html
Source: http://dissenter.firedoglake.com/2012/12/29/us-whistleblowers-on-being-targeted-by-the-secret-security-state/