Les liens de WikiLeaks et de l’ONU

Personne ne s’est peut-être encore posé la question, mais à observer le phénomène Wikileaks depuis plusieurs années — le combat mené pour dénoncer les crimes de guerre, les attaques de drones, ou encore la défense de Bradley Manning —, on peut remarquer que les prises de position de Wikileaks tendent à rejoindre les centres d’intérêts de l’ONU et à coïncider avec une même perception des droits de l’homme. De là, peut-on dire que Wikileaks a des liens avec l’ONU? Aucun journaliste ne s’est jamais penché sur ce problème. Il n’y a rien d’évident dans une telle affirmation, si ce n’est que Julian Assange lui-même a affirmé, un jour, que lui et son organisation « travaillent avec des services secrets ». (TheLocal.se) Alors, pourquoi ne pas imaginer qu’il travaille aussi avec l’ONU ou certains de ses représentants dans la défense d’intérêts communs? En cinq points, nous tenterons d’élucider le problème.

1. En 2010, WikiLeaks révèle l’espionnage des représentants de l’ONU

A travers les séries de révélations du Cablegate, les fuites diplomatiques des Etats-Unis, WikiLeaks a rendu public le système d’espionnage qui avait été mis en place de manière illégale à l’égard des représentants de l’ONU. En juillet 2009, comme le précise Wikipedia, Hillary Clinton avait signé une directive qui ordonnait aux diplomates américains en fonction d’espionner leurs collègues à l’ONU, de collecter leurs « emails, mots de passe Internet et intranet, numéros de cartes bancaires, numéros de cartes de fidélité de compagnies aériennes et plannings de travail « . (Le Monde) Cette directive provient du Département d’Etat américain et a pour référence le câble n°09STATE80163 sur le site Wikileaks. Tout comme l’espionnage de la NSA révélé par Edward Snowden, l’espionnage des représentants de l’ONU avait aussi suscité la colère dans le monde politique. On peut aussi constater dans le wiki de Wikileaks que, bien avant l’année 2010, l’organisation a publié certains rapports confidentiels de l’ONU, notamment « 70 rapports d’enquête des Nations Unies classés strictement confidentiel »Ceci semble confirmer que l’ONU et Wikileaks poursuivent des intérêts communs dans la défense des droits de l’homme.

2. Le soldat Bradley Manning défendu par Juan Mendez, ancien conseiller spécial de l’ONU

Autre lien entre Wikileaks et l’ONU: Bradley Manning, qui est le soldat à l’origine de la plus grande fuite de documents secrets de l’histoire, le Cablegate. Le traitement inhumain de Bradley Manning après son arrestation par les Etats-Unis a été dénoncé par Juan Mendez, ancien conseiller spécial de l’ONU et « rapporteur spécial sur la torture et autres peines ou traitements cruels » depuis 2010, comme on peut le lire dans la description de son parcours professionnel publié sur le site de l’ONU. Juan Mendez s’était exprimé au Guardian en avril 2011 sur l’affaire Manning: « Je suis profondément déçu et frustré par le manquement aux responsabilités du gouvernement américain à l’égard de mes tentatives pour rendre visite à M. Manning ».

3. Wikileaks, l’ONU et la dénonciation des attaques de drones

Une autre prise de position qui rapproche Wikileaks et l’ONU serait la dénonciation des attaques de drones et les nombreuses atteintes à la vie des civils. Les Nations Unies ont appelé par exemple à « la transparence dans l’utilisation des drones armés, en citant les risques d’une utilisation illégale » (Centre d’informations de l’ONU, 25 octobre 2013), et à ce que « la communauté internationale doit tenir compte des préoccupations du Pakistan sur les drones, selon un expert de l’ONU ». (Centre d’informations de l’ONU, 15 mars 2013) En décembre 2013, « l’ONU appelle à ce que les frappes de drones se conforment au droit international ». (Dawn.com) On se rappelle aussi qu’à la même période où l’ONU fait ces communiqués sur les attaques américaines, Julian Assange « dénonce les drones, les assassinats ciblés » et les « raisons arbitraires » qui conduisent les Etats-Unis à placer des personnes sur des listes d’assassinats programmés, dans une interview avec Bill Maher. Il avait appelé dans cette interview à ce que le gouvernement américain déclassifie les documents secrets sur les attaques de drones.

4. L’ONU défend et veut assurer la protection des lanceurs d’alerte

Comme nous l’avions traduit dans un article du 12 juillet 2013, « La Haut commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme, Navi Pillay, a souligné vendredi la nécessité de protéger ceux qui révèlent des violations des droits de l’homme, citant le cas de l’Américain Edward Snowden », et plus largement se référant à tout type de lanceurs d’alerte qui pourraient révéler des abus sur les droits de l’homme. Les lanceurs d’alerte sont bien plus que de simples héros solitaires de la société, comme le décrivent certains médias: au contraire, rejoignant la vision de l’organisation Wikileaks, l’ONU voit clairement en eux des militants utiles à la défense des droits de l’homme, des citoyens qui doivent donc être protégés comme les autres par la Déclaration universelle des Droits de l’homme et bénéficier des mêmes droits à l’asile politique ou au statut de réfugié, etc. Les lanceurs d’alerte sont aussi perçus dans leur dimension pacificatrice, à savoir que les révélations politiques peuvent aussi aider à résoudre des conflits, à trouver l’origine réelle de certaines guerres et à favoriser ainsi la paix dans le monde. La moindre information, si insignifiante soit-elle, peut parfois changer le destin du monde — c’est pourquoi chaque lanceur d’alerte est important, et c’est pourquoi chaque être humain peut devenir un lanceur d’alerte.

5. L’ONU, comme Wikileaks, dénonce la surveillance numérique

Dans la suite du scandale de la NSA, l’ONU a pris la défense d’Edward Snowden, mais a aussi entamé toute une réflexion sur le droit à la vie privée à l’ère numérique. Dans notre dernier article, nous nous sommes penchés sur les récents communiqués de l’ONU qui proposent des résolutions pour que les droits de l’homme soient mieux pris en compte et respectés dans le cadre de la surveillance. Voici donc encore un point qui rapproche Wikileaks et l’ONU, même si beaucoup d’autres organisations défendent aussi le droit à la vie privée. Vous pouvez lire le document A/C.3/68/L.45 dont il est question sur le site de l’ONU (disponible en différentes langues, en cliquant ici). Tout cela fait beaucoup de points communs entre Wikileaks et l’ONU: la défense de Bradley Manning, Edward Snowden, la défense du statut des lanceurs d’alerte, la défense des droits de l’homme, la défense des droits à l’asile politique et au statut de réfugié (Julian Assange et Edward Snowden ne sont-ils pas aussi des demandeurs d’asile politique?), la dénonciation de la surveillance numérique, la dénonciation des guerres et des abus de toutes sortes commis pendant les conflits. A travers certains aspects, l’ONU apparaît comme une instance internationale qui permet de réguler les droits de l’homme et d’instaurer un équilibre politique entre les pays. Wikileaks a aussi eu un rôle semblable: en rendant publics l’espionnage des diplomates ou les crimes de guerre, l’organisation Wikileaks a permis de mettre fin à des abus et à réguler la politique internationale en faveur de plus de justice et d’une prise de conscience face aux enjeux de la démocratie dans le monde.

Finalement, ce qu’on peut en conclure, c’est qu’au vu de toutes les questions qui concernent les droits de l’homme, il est à peu près évident que l’ONU a des liens avec Wikileaks. Que tant de choses les rapprochent uniquement par le hasard serait peu probable. Comme les pièces d’un puzzle, tous les éléments prennent sens dans ce tableau: Wikileaks et l’ONU, on dirait que c’est un peu la même chose, avec un but commun dans la défense des droits de l’homme et l’instauration d’une paix mondiale. Mais de là à savoir si l’ONU a pu être à l’origine d’une idée comme Wikileaks, avoir incité ou eu une influence dans la création de l’organisation, lui fournir des documents secrets ou une quelconque forme d’assistance — pour le savoir, il faudrait le demander à Julian Assange lui-même, si seulement il se sentait le courage de faire toute la transparence sur son organisation! Si Wikileaks avait des liens avec l’ONU, pourquoi l’aurait-il caché? Est-ce que la défense des droits de l’homme serait une chose que l’on cache et que l’on dissimule au public?… Ce serait somme toute assez bizarre de se dire que Wikileaks a peut-être bénéficié de l’assistance d’une organisation internationale telle que l’ONU: d’un côté, cela paraîtrait normal puisqu’ils défendent tous deux les droits de l’homme; d’un autre côté, pourquoi Wikileaks se décrirait comme une organisation non-gouvernementale? S’il y avait un lien avec l’ONU, ce serait certainement préférable de dire les choses clairement au grand public et aux médias, pour permettre à chacun de comprendre le vrai sens du combat de Wikileaks.

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CC BY-SA

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Edward Snowden: Amnesty International l’a rencontré à Moscou…

Jeune informaticien américain de 30 ans, Edward Snowden est inculpé, depuis le 22 juin 2013, d’espionnage, vol et utilisation illégale des biens gouvernementaux par les autorités américaines. Le motif : il a révélé des informations classées top secrètes de la NSA concernant la captation des métadonnées des appels téléphoniques aux Etats-Unis, ainsi que le système d’écoute sur Internet du programme de surveillance PRISM. En fuite, il se trouve à Moscou dans le terminal F de l’aéroport Cheremetevo. Il attend toujours la réponse des autorités russes à sa demande d’asile déposée le mardi 16 juillet.

Edward Snowden

Sergueï Nikitin est le chef du bureau moscovite d’Amnesty International. Vendredi 12 juillet, il a pu rencontrer le fugitif, Edward Snowden, le lanceur d’alerte le plus célèbre au monde. Il témoigne de cette rencontre insolite dans un couloir d’un aéroport moscovite. Entretien.

JOL Press : Vous avez rencontré Edward Snowden. Dans quel état d’esprit était-il ?

SergueÏ Nikitin : J’ai rencontré Edward Snowden vendredi après-midi à l’aéroport Cheremetevo de Moscou. Il m’a semblé aller bien et ne semblait pas particulièrement stressé. Je pense que dans sa position je me trouverais sans doute dans un état d’esprit bien différent. A peine, si son visage était un peu pâle.

Il a commencé la rencontre par une déclaration de 10 à 15 minutes, puis il a répondu aux questions des participants.

JOL Press : Qui participait à cette rencontre ?

Sergueï Nikitin : Des officiels russes et quelques représentants d’association de lutte en faveur des droits de l’Homme.

JOL Press : Que savez-vous de ses conditions de vie à Cheremetevo ?

Sergueï Nikitin : C’est une question que nous posions tous mais que nous n’avons pas été en mesure de lui poser. Il ne nous a donné aucun détail sur ses trois semaines dans l’aérogare.

Selon l’explication officielle, il résiderait dans une sorte d’hôtel au cœur de Cheremetevo, dans le terminal F. Pour preuve, sa déclaration préliminaire a été interrompue à plusieurs reprises par des annonces – du type de celles que l’on entend dans tous les aérogares – et il a fait remarquer qu’elles ne le dérangeaient plus car il s’y était habitué au cours des trois dernières semaines.

La rencontre n’a pas eu lieu dans une salle mais dans une partie d’un couloir de ce terminal F, une portion entourée de barrières et de rideaux. Nous n’avons pas vu de passagers passer derrière ces rideaux, c’était un coin isolé du reste du terminal.

JOL Press : Vous vous trouviez dans la zone sous douanes ?

Sergueï Nikitin : Oui, nous avons dû passer tous les contrôles de sécurité comme si nous allions prendre l’avion.

JOL Press : Vous avez rencontré Edward Snowden vendredi 12 juillet. S’attendait-il alors à ce que la Russie lui accorde l’asile politique ?

Sergueï Nikitin : C’était sa première apparition publique, la première fois qu’il rencontrait des représentants d’organisations, et la première fois aussi qu’il annonçait son intention de demander l’asile politique à la Russie.

Personnellement, je m’y attendais. Et cette intuition a été confirmée lorsque j’ai constaté qui participait à cette rencontre.

Un cocktail unique… Il y avait des membres de la Douma, l’ombudsman de la Fédération de Russie, un avocat pro-Kremlin, un autre avocat, célèbre défenseur des activistes militant pour le respect des droits de l’Homme, et deux représentants d’organisations non gouvernementales, dont moi-même pour Amnesty International. Un cocktail unique, des officiels de haut rang et des représentations de défenseurs des droits de l’Homme.

J’ai immédiatement pensé qu’il allait annoncer son intention de demander l’asile politique et que la présence d’ONG permettrait d’attester qu’il n’y avait pas été forcé, qu’il était totalement libre.

JOL Press : Vous pensez donc qu’il y aurait eu préalablement des négociations, lui garantissant un accueil favorable des autorités russes ?

Sergueï Nikitin : Une fois de plus, ce n’est que mon sentiment personnel mais j’imagine effectivement que cela avait fait préalablement l’objet de discussions. Les autorités russes ont-elles prodigué des conseils à Edward Snowden, je l’ignore. Mais comment autrement aurait-il pu, en trois semaines, devenir à ce point au fait des arcanes du pouvoir russe et savoir qui inviter en une telle occasion ?

JOL Press : Comment expliquez-vous qu’il ait fallu trois semaines avant d’arriver à cette solution ?

Sergueï Nikitin : C’est une réelle interrogation. Trois semaines semblent effectivement une bien longue période pour prendre une telle décision. Je n’ai pas d’explications.

Il est possible qu’à l’origine il ait eu d’autres intentions… Sans doute a-t-il été échaudé par la péripétie qui est arrivée au président bolivien dont l’avion a été fouillé à Vienne. Il a sans doute réalisé que s’il s’envolait vers l’Amérique latine – ce qui sera, à n’en pas douter sa destination à terme – son avion serait sans doute intercepté et sa sécurité mise en danger.

JOL Press : De votre point de vue, peut-on imaginer qu’il ait eu à « acheter » l’asile politique en s’engageant à fournir des informations aux Russes ou est-ce aller trop loin ?

Sergueï Nikitin : Je ne sais pas, mais c’est sans doute une possibilité. On peut tout imaginer et cela ne me surprendrait pas outre-mesure. Pour autant, je n’ai pas de preuves.

JOL Press : Quelles pourraient être les motivations des autorités russes dans cette affaire ?

Sergueï Nikitin : Si l’on se réfère à la déclaration des parlementaires et des officiels pro-Kremlin, juste après le meeting à l’aéroport, il est clair que les autorités entendent dénoncer l’attitude des États-Unis en matière de respect des droits de l’Homme. Pour elles, l’affaire Snowden est une preuve supplémentaire de la violation des droits de l’Homme dans un pays qui s’autorise à donner des leçons à la Terre entière. C’est un argument de plus pour la propagande russe dans sa longue lutte « froide » contre l’impérialisme américain.

Ironiquement, les autorités russes se retrouvent dans le même camp qu’Amnesty International, en première ligne dans la défense des droits de l’Homme. Nous n’oublions pas que la liberté d’expression est un sujet brûlant ici en Russie. Les droits de l’Homme et le respect de la liberté d’expression sont des questions universelles dont aucun pays ne peut s’affranchir.

JOL Press : Edward Snowden a-t-il réagi au refus de l’Union européenne et de ses membres – la France en particulier – de lui accorder l’asile politique ?

Sergueï Nikitin : Il s’est effectivement montré critique à l’égard de l’Union européenne et il a notamment lancé l’idée d’une pétition dénonçant l’attitude des Américains mais aussi des Européens. Avec Amnesty International, nous le soutenons.

Propos recueillis par Franck Guillory pour JOL Press

Source: http://www.jolpress.com/edward-snowden-amnesty-international-moscou-nsa-prism-cia-etats-unis-article-820863.html

Poutine: Snowden bloqué en Russie par la faute des USA

15 juillet – RIA Novosti

Les Etats-Unis ont bloqué l’ex-agent de la CIA Edward Snowden en Russie, a déclaré lundi le président russe Vladimir Poutine, précisant que Moscou n’était pas le lieu de sa destination et qu’il devait seulement y passer en transit.

« Il est arrivé sur notre territoire sans invitation. Ce n’est pas chez nous qu’il voulait se rendre, mais dans d’autres pays. Or, dès que son avion a décollé et que nos partenaires américains l’ont appris, ils ont bloqué tous ses déplacements ultérieurs », a indiqué M. Poutine lors d’une rencontre avec des étudiants dans les environs de Saint-Pétersbourg.

« Ils [les Etats-Unis] ont intimidé tous les autres pays, si bien que personne ne veut l’accueillir. En fait, ils l’ont bloqué sur notre territoire », a conclu M. Poutine.

L’informaticien Edward Snowden, recherché par Washington pour avoir divulgué des renseignements secrets sur l’espionnage électronique américain, est coincé depuis plus de deux semaines dans la zone de transit de l’aéroport Cheremetievo de Moscou. Son passeport américain étant annulé, il fait l’objet de trois chefs d’accusation, chacun pouvant lui coûter jusqu’à 10 ans de prison. Il est notamment inculpé de transfert illégal d’informations relevant de la sécurité nationale, de transfert prémédité de renseignements secrets et de détournement de patrimoine public.

Aucun pays européen ne veut laisser ce « lanceur d’alerte » passer par son territoire. Début juillet, la France, l’Italie, l’Espagne et le Portugal ont même fermé leur espace aérien à l’avion du président bolivien Evo Morales, soupçonnant la présence d’Edward Snowden à bord de l’appareil. L’avion a été obligé d’atterrir d’urgence à Vienne (Autriche) où il a été fouillé.

Source: http://fr.rian.ru/world/20130715/198780276.html

Snowden/Bolivie: La France doit cesser de se soumettre à l’administration Obama

Paris, le 4 juillet 2013 – Au cours de ma campagne présidentielle, de nombreux journalistes m’ont constamment accusé, avec des airs entendus, d’avoir collé une moustache sur le visage de Barack Obama. [1] En fait, ce sont mes amis américains qui l’avaient fait et si je les soutenais totalement, c’était pour dénoncer la soumission de la politique française à l’Empire de la City et de Wall Street, relayée par les gouvernements de Londres et de Washington. Je craignais que cette soumission continue, quel que soit notre nouveau Président.

Le refus de notre gouvernement d’autoriser le survol de notre territoire par l’avion transportant le président bolivien Evo Morales confirme malheureusement mes craintes. Comme l’Italie, le Portugal et l’Espagne, nous nous sommes empressés d’obtempérer aux ordres de la Maison Blanche. L’ambassadeur de la Bolivie auprès des Nations unies a eu raison de l’affirmer. En agissant ainsi, nous avons non seulement violé les principes du droit international et bafoué la souveraineté nationale d’un Etat, mais aussi mis en péril la vie de son Président, en contraignant son avion à un atterrissage d’urgence dans un pays qui a bien voulu l’accueillir. Le prétexte de notre décision était la présence supposée à bord d’Edward Snowden, le « lanceur d’alerte » américain. Or, d’une part celui-ci ne s’y trouvait pas et de l’autre, il faudrait réaliser une fois pour toutes que nous ne sommes plus au temps où Guy Mollet faisait intercepter en vol l’avion transportant M. Ben Bella et les principaux dirigeants du FLN. Du moins avait-on alors le motif de faire face à un soulèvement armé contre une partie de notre territoire, et non comme aujourd’hui celui d’obéir à un chef d’Etat étranger qui nous espionne.

La réalité est que ce gouvernement joue pour le moins un double jeu. D’une part, le président de la République dénonce la manière dont le NSA américain nous espionne et d’autre part, il collabore avec lui pour capturer le lanceur d’alerte qui a dénoncé cet espionnage ! Il se trouve que je connais l’avocat du père d’Edward Snowden, Bruce Fein. Je partage sa dénonciation des constantes atteintes portées à la Constitution américaine par Barack Obama. La section 215 du Patriot Act et la section 702 du Foreign Surveillance Act, qui justifient un espionnage tous azimuts, sont de fait contraires à l’esprit et la règle de la Constitution américaine et en particulier à son Préambule. Obama a, de plus, lancé ses opérations militaires en Libye et livré des armes aux rebelles syriens sans consulter le Congrès de son pays, ce qui est anticonstitutionnel, et s’est arrogé des pouvoirs personnels de vie ou de mort par un recours sans précédent aux drones de combat. Voilà donc une moustache qui se met à grandir !

Evo Morales, lors de sa conférence de presse à Vienne, a eu raison de dénoncer « un prétexte pour nous intimider et nous réduire au silence, pour empêcher notre combat contre les politiques économiques de pillage, de domination et d’intervention ».

Dans les circonstances actuelles, nous devons donner des signes forts que nous ne nous soumettons pas. Nous devons dire haut et fort que le Patriot Act ne s’applique pas chez nous. Nous devons nous retirer, seuls s’il le faut, de la négociation du Traité de libre-échange entre l’Union européenne et les Etats-Unis (TTIP). Nous devons exiger la négociation immédiate de dispositions internationales protégeant les lanceurs d’alerte, en particulier Edward Snowden. Nous devons, au cœur du système, porter atteinte au conglomérat d’intérêts financiers qui constituent l’Empire de la City et de Wall Street en faisant voter, chez nous, une vraie loi de séparation bancaire, telle que Solidarité et Progrès l’a proposée.

Faute de cela, on pourra comparer François Hollande à Guy Mollet, en pire, non pas en tant qu’individu, mais parce que le défi est aujourd’hui à l’échelle du monde. La démocratie républicaine ne se négocie pas.

Source: http://www.jacquescheminade.fr/Snowden-Bolivie-La-France-doit-cesser-de-se-soumettre-a-l-administration_00988

L’ONU peut-elle envisager un statut de protection internationale pour les lanceurs d’alerte?

03-18-2013commissionerpilla
Les individus tels que Snowden qui révèlent des violations des droits doivent être protégés, dit Pillay

12 juillet 2013 – La Haut commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme, Navi Pillay, a souligné vendredi la nécessité de protéger ceux qui révèlent des violations des droits de l’homme, citant le cas de l’Américain Edward Snowden qui a mis à jour les violations à grande échelle du droit à la vie privée du fait de programmes de surveillance.

« Alors que les préoccupations concernant la sécurité nationale et les activités criminelles peuvent justifier l’utilisation exceptionnelle et ciblée de programmes de surveillance, un manque de garanties suffisantes du droit à la vie privée risque d’avoir un impact néfaste sur le respect des droits de l’homme et des libertés fondamentales », a déclaré Mme Pillay dans un communiqué de presse.

« Le cas Snowden a montré la nécessité de protéger les personnes qui divulguent des informations ayant des répercussions sur les droits humains et le respect du droit à la vie privée », a-t-elle souligné.

M. Snowden, un ancien employé de l’agence de sécurité nationale des Etats-Unis, est accusé d’avoir divulgué aux médias des informations secrètes sur des programmes de surveillance électronique menés à une grande échelle. Selon les médias, M. Snowden aurait formulé des demandes d’asile auprès de plusieurs pays.

« Sans préjuger de la validité de la demande d’asile formulée par M. Snowden, je lance un appel à tous les États afin qu’ils respectent le droit d’asile garanti par les normes internationales, notamment l’article 14 de la Déclaration universelle des droits de l’homme et l’article 1 de la Convention des Nations Unies relative au statut des réfugiés, et qu’ils statuent sur ladite demande en conformité avec leurs obligations internationales », a déclaré Mme Pillay.

La Haut commissaire a également rappelé que, selon l’article 12 de la Déclaration universelle des droits de l’homme et l’article 17 du Pacte international sur l’état des droits civils et politiques, personne ne peut faire l’objet d’ingérences arbitraires dans sa vie privée et que chacun a le droit de bénéficier de la protection de la loi contre de telles ingérences.

«Les individus doivent avoir la certitude raisonnable que leurs communications privées ne sont pas indûment examinées par les autorités étatiques », a affirmé la Haut commissaire. « Le droit à la vie privée, les libertés d’information et d’expression sont intimement liés. Le public détient un droit démocratique de participer aux affaires publiques. Un tel droit, s’il est uniquement adossé à des informations autorisées, ne peut s’exercer pleinement», a-t-elle conclu.

Source: http://www.un.org/apps/newsFr/storyF.asp?NewsID=30716&Cr=pillay&Cr1=#.UeD_QlNSw1s

Lettre d’Edward Snowden pour demander l’asile politique en Amérique Latine

Edward SnowdenLes médias du Nicaragua ont révélé la lettre du fugitif américain Edward Snowden, où il demande à Managua [capitale du Nicaragua] de lui accorder l’asile politique sur le motif qu’il pourrait faire face à un procès et traitement injustes aux Etats-Unis qui peuvent l’emprisonner à vie ou même le condamner à mort pour avoir publié les documents du renseignement. Une copie de la lettre a été publiée sur la page web de Radio Ya samedi soir. La demande date du 30 juin en provenance de Moscou. Elle est écrite en anglais et s’adresse aux représentants de la République du Nicaragua dans les mêmes termes que la lettre adressée aux représentants de Pologne.

Aux Représentants du Pays de la République du Nicaragua,

Moi, Edward Snowden, citoyen des Etats-Unis d’Amérique, je vous écris pour demander l’asile à la République du Nicaragua, à cause du risque d’être persécuté par le gouvernement des Etats-Unis et leurs agents, en relation à ma décision de rendre publiques de sérieuses violations de leur Constitution de la part du gouvernement des Etats-Unis, plus spécifiquement de leur 4ème et 5ème amendements, et de plusieurs traités des Nations Unies qui sont l’obligation de mon pays. En conséquence de mes opinions politiques, et de mon désir d’exercer ma liberté d’expression, à travers quoi j’ai montré que le gouvernement des Etats-Unis intercepte la majorité des communications dans le monde, le gouvernement des Etats-Unis a publiquement annoncé une enquête criminelle contre moi.

Des membres éminents du Congrès et d’autres dans les médias m’ont accusé d’être un traître et ont appelé à ce que je sois emprisonné ou exécuté en conséquence d’avoir communiqué cette information au public. Certaines des accusations qui ont été présentées contre moi par le Ministère de la Justice des Etats-Unis sont liées à l’Espionage Act de 1917, l’une d’entre elles incluant la prison à vie parmi les sentences possibles.

Un précédent international pour accorder l’asile aux personnalités dans ma situation a déjà été établi, avec l’Equateur accordant l’asile au fondateur de WikiLeaks, Julian Assange, en relation à ce genre d’enquête de représailles. Mon cas est aussi très semblable à celui du soldat américain Bradley Manning, qui a rendu publiques des informations du gouvernement à travers les crimes de guerre révélés par WikiLeaks, qui a été arrêté par le gouvernement des Etats-Unis et a été traité de manière inhumaine pendant sa période en prison. Il a été placé en détention solitaire avant son procès et le représentant des Nations Unies contre la torture a jugé que M. Manning a subi des actes inhumains et cruels de la part du gouvernement américain.

Le procès contre Bradley Manning est en cours maintenant, et des documents secrets ont été présentés à la cour et des témoins secrets ont témoigné. Etant donné ces circonstances, je crois qu’il est peu probable que je reçoive un jugement équitable ou un traitement approprié avant ce procès, et je dois faire face à la possibilité d’une peine de prison à vie ou même la mort.

Edward Joseph Snowden,

Moscou, 30 juin 2013

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Source: http://inserbia.info/news/2013/07/nicaraguan-media-revealed-snowdens-request-for-asylum-photo/

WikiLeaks: Déclaration d’Edward Snowden à Moscou

Save Snowden:Save Freedom

Lundi 1er Juillet, 21:40 GMT

Il y a une semaine, j’ai quitté Hong Kong lorsqu’il est devenu clair que ma liberté et ma sécurité étaient menacées parce que j’avais révélé la vérité. Je suis toujours en liberté grâce aux efforts continus de vieux et de récents amis, de ma famille, et d’autres personnes que je n’ai jamais rencontrées et que je ne rencontrerai probablement jamais. J‘ai mis ma vie entre leurs mains et ils m’ont rendu cette confiance en mettant leur foi en moi et je leur en serai pour toujours reconnaissant.

Jeudi, le président Obama a déclaré au monde entier qu’il n’y aurait pas d’ »affairisme diplomatique »  à mon sujet. Pourtant, il est dit à présent qu’après avoir promis qu’il ne le ferait pas, le président a ordonné à son vice-président de faire pression sur les dirigeants des nations a qui j’ai demandé protection pour qu’ils refusent mes demandes d’asile.

Ce genre de tromperie  de la part d’un dirigeant mondial ne représente pas la justice, et il en est de même pour la peine additionelle extra-légale de l’exil. Ce sont de vieux, de mauvais outils d’agression politique. Leur but est de faire peur, pas à moi, mais à ceux qui voudraient  en faire autant.

Pendant des décennies, les Etats-Unis d’Amérique ont été l’un des plus ardents défenseurs du droit d’asile. Malheureusement, ce droit, énoncé et voté par les Etats-Unis et figurant dans l’article 14 de la Déclaration universelle des droits de l’homme, est actuellement rejeté par le gouvernement de mon pays. L’administration Obama a adopté la stratégie qui consiste à utiliser la citoyenneté comme une arme. Même si je ne suis reconnu coupable de rien, il a unilatéralement révoqué mon passeport, me laissant apatride. Sans aucune décision judiciaire, l’administration cherche maintenant à m’empêcher d’exercer un droit fondamental. Un droit qui appartient à tout le monde. Le droit de demander l’asile.

En fait,  l’administration Obama n’a pas peur des lanceurs d’alerte tels que moi, Bradley Manning ou Thomas Drake. Nous sommes apatrides, emprisonnés, ou impuissants. Non, l’administration Obama a peur de vous. Elle a peur d’un public informé et en colère qui demande le gouvernement constitutionnel qui lui a été promis – et elle devrait l’être.

Je suis invaincu dans mes convictions et impressionné par les efforts déployés par tant de personnes.

Edward Joseph Snowden

Lundi 1er Juillet 2013

Source: http://wikileaks.org/Statement-from-Edward-Snowden-in.html?snow

Traduction française par Mayya: http://www.wikileaks-forum.com/index.php/topic,20052.0.html

Lettre ouverte de Pierre Tartakowsky, président de la LDH, adressée à François Hollande au sujet d’Edward Snowden

Monsieur le Président,

La Ligue des droits de l’Homme souhaite attirer votre attention sur la situation de M. Edward Snowden, à qui nous devons les révélations concernant l’existence d’un programme américain collectant des renseignements sur les serveurs de différentes sociétés exerçant dans le domaine de l’Internet.

Grâce au courage de M. Snowden, le monde a appris que la National Security Agency (ci-après « NSA ») et le Federal Bureau of Investigation (ci-après « FBI ») disposent d’un accès direct aux serveurs de neuf sociétés américaines exerçant dans le domaine de l’Internet, soit Microsoft (depuis 2007), Yahoo (depuis 2008), Google, Paltalk et Facebook (depuis 2009), Youtube et Skype (depuis 2010), AOL (depuis 2011) et, enfin, Apple (depuis 2012).

C’est grâce à sa détermination que nous avons appris l’espionnage systématique dont faisaient les frais les citoyens et les institutions de l’Union européenne via le programme Prism.

Vous avez eu à cette occasion des mots forts pour dénoncer ces pratiques et exiger qu’elles cessent immédiatement. De leur côté, les autorités américaines, ainsi d’ailleurs que les grands acteurs privés directement impliqués, ont multiplié des déclarations qui vont du déni à la banalisation pure et simple d’un système d’écoute généralisé initialement présenté comme exclusivement destiné à lutter contre le terrorisme.

Mais corrélativement à ces déclarations, les lanceurs d’alerte tels que M. Snowden sont incriminés, poursuivis et traités de façon infamante. Juan Ernesto Mendez, rapporteur spécial de l’ONU sur la torture, a déclaré, concernant le soldat Bradley Manning, soupçonné d’avoir été l’informateur de Wikileaks, qu’il avait subi « un traitement cruel » en étant tenu à l’isolement pendant des mois au cours de sa détention préventive aux Etats-Unis.

Dans ce contexte, M. Snowden est légitime à penser qu’il ne bénéficierait pas d’une justice sereine et équitable sur le territoire des Etats-Unis qu’il a préféré quitter. Il est aujourd’hui demandeur d’asile, comme défenseur des droits et lanceur d’alerte. La France s’honorerait en lui offrant l’accueil qu’il mérite à ce double titre.

C’est pourquoi nous vous demandons, Monsieur le Président, d’agir en ce sens en vous remerciant d’avance de l’attention portée à notre démarche et en vous assurant de l’expression de notre haute considération.

Pierre Tartakowsky
Président de la Ligue des droits de l’Homme

Source: http://www.ldh-france.org/Lettre-ouverte-de-Pierre.html

Image: wikimedia

Paul Craig Roberts: « La vérité est offensive »

Citation de George Orwell

Par Paul Craig Roberts, 31 mars 2013

« Dans une époque de supercherie universelle, dire la vérité devient un acte révolutionnaire. » George Orwell

En Amérique, la vérité est offensive. Si vous dites la vérité, vous êtes offensifs.

Je suis offensif. Michael Hudson est offensif. Gerald Celente est offensif. Herman Daly est offensif. Nomi Prins est offensive. Pam Martens est offensive. Chris Hedges est offensif. Chris Floyd est offensif. John Pilger est offensif. Noam Chomsky est offensif. Harvey Silverglate est offensif. Naomi Wolf est offensive. Stephen Lendman est offensif. David Ray Griffin est offensif. Ellen Brown est offensive.

Heureusement, beaucoup d’autres sont offensifs. Mais avant d’être offensifs, combien de temps cela prend pour devenir « un ennemi de l’Etat »?

A travers l’histoire, les lanceurs de vérité ont souffert et les historiens de la cour ont prospéré. Il en est de même aujourd’hui. Gerald Celente illustre cela de manière brillante dans le prochain sujet du Trends Journal.

Au cours des 35 dernières années, j’ai retenu cette leçon en tant que chroniqueur. Si vous dites aux lecteurs ce qui se passe vraiment, ils veulent savoir pourquoi vous ne pouvez pas être positifs. Pourquoi est-ce que vous nous dites qu’il y a des mauvaises choses qui arrivent, et qui ne peuvent pas trouver de solutions? Vous ne savez pas que Dieu a donné aux Américains le pouvoir de résoudre tous les torts? Qui êtes-vous? Une sorte d’idiot, un anti-américain, un gauchiste-coco-libéral? Si vous haïssez tellement l’Amérique, pourquoi vous n’allez pas à Cuba, en Iran ou en Chine (ou à n’importe quel endroit où le boogieman se situe)?

Les anciens Grecs comprenaient cela très bien. Dans la mythologie grecque, Cassandre était la prophétesse que personne ne croyait, malgré ses 100% de chances d’avoir raison. Dire la vérité aux Américains ou aux Européens revient aussi cher que de dire la vérité aux Grecs de l’ancienne mythologie.

En Amérique et partout dans le monde occidental, ou dans le monde entier, dire la vérité est impopulaire. En effet, aux Etats-Unis, dire la vérité est un acte criminalisé. Regardez par exemple Bradley Manning, détenu pendant deux ans en prison sans caution et sans procès, en violation de la Constitution américaine, torturé pendant un an lors de sa détention illégale, en violation des lois américaines et des lois internationales, et jugé maintenant par des procureurs corrompus pour avoir aidé « les ennemis des Etats-Unis » en révélant la vérité, comme le lui demande le code militaire américain. On demande aux soldats américains de déclarer les crimes de guerre. Quand les supérieurs de Bradley Manning se sont montrés eux-mêmes indifférents aux crimes de guerre, Manning a rapporté les crimes via WikiLeaks. Que ferait d’autre un soldat ayant le sens du devoir et une conscience morale, quand la chaîne du commandement est corrompue?

Julian Assange est un autre exemple. WikiLeaks a pris la relève de la fonction de rapports que les médias occidentaux ont abandonné. Rappelez-vous, le New York Times a publié les Pentagon Papers en 1971, ce qui a miné les mensonges que Washington avait dit à la fois au public et au Congrès pour justifier la coûteuse guerre du Vietnam. Mais aujourd’hui, aucun journal ni aucune chaîne télé n’accepterait plus de prendre la responsabilité d’informer le public en disant la vérité. Julian Assange a fait irruption dans le vide et a été immédiatement démonisé, non seulement par Washington, mais aussi par l’aile gauche et l’aile droite des médias, y compris ceux d’Internet. C’était un mélange de jalousie, d’ignorance, et de réponses en faveur des demandes de Washington.

Sans WikiLeaks et Julian Assange, le monde ne saurait essentiellement rien. Les manipulations de Washington, les médias pressetitués et les médias fantoches de l’Etat auraient prévalu. Ainsi, le mot est sorti pour détruire Julian Assange.

Il est étonnant de voir combien de gens et de sites Internet obéissent aux ordres de Washington. Assange a été tellement démonisé que, bien qu’il ait reçu l’asile politique de l’Equateur, le gouvernement britannique, qui obéit au maître de Washington, refuse de lui accorder un passage sécurisé pour sortir de l’ambassade d’Equateur à Londres. Assange est-il destiné à vivre sa vie à l’intérieur de l’ambassade d’Equateur à Londres?

Est-ce qu’Assange sera un replay du Cardinal Jozsef Mindszenty qui, le 4 novembre 1956, a cherché l’asile à l’ambassade américaine de Budapest, alors que les chars soviétiques affluaient en Hongrie pour réprimer la révolution anti-communiste? Le Cardinal Mindszenty a vécu 15 ans dans l’ambassade américaine. Aujourd’hui, c’est l’Amérique « de la liberté et de la démocratie » qui copie les pratiques soviétiques datant de la Guerre froide.

En contraste avec « la liberté et la démocratie » des Etats-Unis et du Royaume-Uni, le gouvernement « autoritaire », « communiste » et « oppressif » de la Chine, confronté à la défection du dissident Chen Guangcheng à l’ambassade américaine de Beijing, l’a laissé partir.

C’est un monde à l’envers, quand l’Amérique et les Britanniques refusent d’obéir aux lois internationales, alors que les communistes chinois maintiennent les lois internationales.

Les américains insouciants restent imperturbables devant le fait que des terroristes présumés soient torturés, détenus indéfiniment en prison sans procès, et exécutés sur le caprice d’un fonctionnaire d’une branche de l’exécutif sans application régulière de la loi.

La plupart des américains approuvent le meurtre sans explications, la torture et la détention sans preuves, ce qui proclame leur crédulité au monde entier. Il n’y a jamais eu dans l’histoire une population aussi inconsciente que les américains. Le monde est stupéfié de voir un peuple insouciant, si ce n’est que pour un court laps de temps, devenir une superpuissance.

Le monde a besoin d’intelligence et de leadership pour éviter une catastrophe, mais l’Amérique n’est en mesure d’apporter ni l’intelligence ni le leadership. L’Amérique est un pays perdu où les armes nucléaires sont aux mains de ceux qui sont uniquement concernés par leur propre pouvoir. Washington est l’ennemi du monde entier et renferme la plus large concentration de mal sur la planète.

Où est le bien qui doit se lever contre le mal?

Source: http://www.opednews.com/articles/Truth-Is-Offensive-by-Paul-Craig-Roberts-130331-166.html

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