Stratfor Files: George Tenet, défenseur de la torture et ex-directeur de la CIA

George Tenet – Directeur de la CIA de 1997 à 2004 – se faisant remettre une décoration par George W. Bush

Email-ID 1075
Date 2005-12-01 17:40:31
From Will.Allensworth@haynesboone.com
To foshko@stratfor.com, bill@indexaustin.com

Ce type vit dans un monde utopique. Sa proposition, quoique assez raisonnable selon moi, est un vrai cauchemar politique. En aucun cas le tribunal ne pouvait annoncer publiquement les critères, donc la question a été totalement éludée. Si les gens sont en colère à propos de la torture, c’est que nous avons découvert que les États-Unis ont adopté un comportement qu’ils jugent « nécessaire » et que les Américains estiment être de la « torture ». Face à cette question, le Directeur de la CIA George Tenet a récemment répondu en substance : je ne peux parler d’aucune forme particulière de torture parce que cela la rendrait inefficace sur le terrain, mais ce que nous faisons n’a rien à avoir avec la torture. En effet, George Tenet reconnaît la torture quand il la voit, mais ce que vous ne saurez jamais c’est pourquoi, en quoi ou comment il détermine ce qu’est la torture.

Ce qui fait la beauté de l’amendement McCain, c’est son côté catégorique. Toutes les branches de l’armée reçoivent des directives claires sur la façon de traiter les prisonniers (manuel pratique), même la CIA. George Tenet a déclaré sa NEUTRALITE vis à vis de l’amendement McCain. L’éventualité qu’il soit source de restrictions ne l’a certainement pas inquiété au point qu’il le critique de façon virulente. Il ne pense pas qu’il limite sa capacité à lutter contre le terrorisme.

Je suis persuadé que le scénario de la bombe à retardement n’est pas pertinent, mais même s’il ne l’est pas dans la pratique l’amendement McCain ne limite en aucun cas l’action de la personne. Si sur le terrain un agent doit faire face à un scénario où ils doivent torturer quelqu’un pour sauver des millions de vies, alors ils le feront. Nous attendons d’eux qu’ils le fassent. Dans quasiment aucune loi il n’y a de disposition pénale ; introduction par effraction, vol de voiture, agression, etc. qui précise que la CIA déroge à ces lois. Pourquoi ? Parce que nous savons et nous attendons de la CIA qu’elle exécute des basses œuvres pour mener à bien la tâche.

L’amendement McCain clame haut et fort au reste du monde que les États-Unis ont des normes pour les détenus qui n’incluent pas la torture. Il suit des directives internationales interdisant la torture. Son impact psychologique et social sur nos prises de position face au reste du monde constitue une véritable protection pour les États-Unis contre de futures attaques sans limiter inutilement les possibilités d’application de notre loi antiterroriste.

Ce type et le président jouent à un jeu politique dangereux. Chaque homme politique sait que s’il n’est pas en faveur de l’amendement sur la torture, leur campagne de réélection devra faire le poids face à un type qui dit tout de go : «Mon adversaire autorise la torture des êtres humains. Est-ce que c’est ça que nous défendons ? » Aussi simpliste soit cette attaque, le vote du sénat à 90-9 en faveur de l’amendement McCain laisse à penser qu’il est incontournable aux yeux de nos représentants.

Message d’origine
De : Bill Ott [mailto : bill@indexaustin.com]
Envoyé le : Jeudi 01 décembre 2005 10 : 29
Pour : Allensworth, Will W. ; foshko@stratfor.com
Sujet : Défenseur de la torture

Abu Ghraib était une parodie et une tragédie. Cela a terni la réputation et la crédibilité de l’Amérique. Cela a fourni des munitions aux ennemis et aux critiques de l’Amérique. Cela a retardé le progrès en Irak.

Ce qui s’est passé à Abou Ghraib était illégal, et les responsables ont, à juste titre, été poursuivis et punis.

Alors quel est l’objectif de l’amendement du sénateur John McCain visant à interdire « le traitement cruel, inhumain ou dégradant » d’un prisonnier par un agent des États-Unis?

Sa proposition pourrait être considérée comme un signal, une manière de réparer les dégâts causés par Abou Ghraïb, une législation au service des relations publiques.

Le problème, c’est que l’amendement ne fait aucune distinction entre deux situations pourtant très différentes (1) des prisonniers ordinaires purgeant des peines pour avoir commis des crimes ou tout simplement pour les empêcher de retourner sur le champ de bataille et (2) des terroristes capturés en possession d’informations qui pourraient sauver des vies.

Dans le premier cas, McCain a raison. On ne doit jamais abuser de ces prisonniers, certainement pas pour se divertir ou se livrer à des pulsions sadiques (comme cela se passe néanmoins dans des prisons à travers le monde).

Le deuxième cas n’est pas si simple. Le scénario le plus notoire est, bien sûr, celui de la « bombe à retardement ». Que devrait-on autoriser lorsqu’une menace est imminente et que le fait de faire parler un suspect peut être une question de vie ou de mort ? De telles circonstances ne sont pas aussi rares que certains le prétendent.

Il y a deux ans, par exemple, il y avait une controverse à propos des mesures prises par le lieutenant- colonel de l’armée Allen B.West. Il servait près de Tikrit, luttant contre les insurgés fidèles au dictateur déchu Saddam Hussein. Alors qu’il interrogeait un suspect hostile, il dégaina son pistolet et tira deux fois.

Son intention n’était pas de tuer ou de blesser, mais seulement de faire peur. Il a réussi. Le suspect a révélé les détails d’un projet d’embuscade. Le lieutenant-colonel West a sauvé la vie d’hommes qui étaient sous ses ordres, des hommes dont il se sentait responsable. Il a été accusé de « torture », d’agression et révoqué de l’armée.

L’amendement McCain confirmerait ce résultat. Il condamnerait d’autres agents dans des situations semblables à s’en aller, et que cela soit synonyme de massacre d’hommes, de femmes et d’enfants innocents, ça n’y change rien.

Est-ce que cela devrait vraiment être notre politique ? Peut-on mener et gagner une guerre avec de telles limitations ? Est-ce que c’est vraiment une approche morale ?

Mettez ces questions-là de côté un moment et prenons en considération le scénario le plus courant : le « suspect important », quelqu’un en possession d’informations non pas sur une menace imminente mais sur la façon, par exemple, dont les dirigeants terroristes transmettent leurs ordres, comment ils collectent des fonds et distribuent des armes, comment ils recrutent, forment et déploient des kamikazes et ceux qui posent des charges explosives le long des routes.

Il est peu probable que provoquer un accès de panique, comme le lieutenant colonel West l’a fait, pousse les suspects à révéler tout ce qu’ils savent. Et des formes plus sévères de « torture », déjà illégales au regard du droit américain, ne seraient certainement pas la meilleure façon de les inciter à coopérer. Ce qui peut réussir, ce sont les interrogatoires techniques se rapprochant de la torture : le « stress » physique combiné à la « pression » psychologique. Mais de telles techniques pourraient être considérées comme « dégradantes » et seraient susceptibles d’être interdites par l’amendement McCain.

De toute évidence, des limites doivent être fixées et il faut que quelqu’un ait à la fois la compétence et l’autorité pour les fixer. Il y a plus d’un an, l’ancien Procureur fédéral et juriste Andrew C.McCarthy proposait la création d’un « tribunal de sécurité national », un tribunal qui aurait pour fonction de « surveiller la détention des prisonniers terroristes. »

Il pourrait également être habilité à décider, en accord avec des médecins, des psychologues et des experts du renseignement, quelles techniques sont à proscrire définitivement (par exemple, celles qui sont susceptibles de causer la mort ou un handicap permanent), et celles qui sont acceptables, et efficaces.

Des interrogateurs gouvernementaux formés devraient être tenus de demander au tribunal l’autorisation d’utiliser des techniques spécifiques dans des cas particuliers. Ce que le tribunal autoriserait dans le cas d’une « bombe à retardement » serait différent de ce qu’il permettrait contre un lieutenant de Ben Laden, et ces deux cas se distingueraient de ce qui serait permis pour soutirer de l’information à un combattant de faible valeur.

Les décisions importantes ne seraient pas la responsabilité d’un officier de l’armée isolé, aucun officier ne devrait endurer ce que le lieutenant colonel West a vécu. Mais les décisions de sacrifier des vies innocentes ne seraient pas non plus prises par des bureaucrates internationaux ou des avocats représentant des organisations autoproclamées des « droits de l’homme ».

Ne serait-ce pas mieux qu’une approche où tous les coups sont permis ? Ne serait-ce pas mieux que de traiter les terroristes avec précaution ? Ne serait-ce pas préférable à l’amendement McCain ?

Clifford D.May est le président de la Fondation pour la Défense des Démocraties, un institut politique axé sur le terrorisme et une organisation partenaire Townhall.com.

Bill Ott
Index Austin Real Estate, Inc
Austin , TX 78758
(512) 476-3300 P
(512) 476-3310 F
bill@indexaustin.com

Traduit via le Forum WikiLeaks par Dragonfly84

Lien vers l’article original: https://wikileaks.org/gifiles/docs/1075_re-torture-supporter-.html

Traduit en français: http://www.wikileaks-forum.com/index.php/topic,14681.0.html

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Quatre choses que les médias ne vous disent pas sur Assange

Manifestation en soutien à Julian Assange devant l’Hôtel de Ville de Sydney, le 10 décembre 2010 (photo: Wikipedia)

par Nicholas Mead, journaliste, le 19 août 2012

L’intérêt des médias pour l’affaire Julian Assange a encore atteint des hauteurs de fébrilité la semaine dernière avec la décision du gouvernement équatorien d’accorder l’asile politique à Julian Assange. Cependant, comme d’habitude, une bonne partie de la couverture médiatique continue d’ignorer les faites importants et le contexte, tournant l’histoire d’une manière qui seille à leurs agendas politiques et économiques ou simplement attaquer Assange ou quiconque est en désaccord avec eux. Il est important de souligner certains faits importants qui sont sempiternellement ignorés des médias concernant la situation actuelle du fondateur de WikiLeaks.

1. Assange a déjà une fois été questionné en Suède.

L’accusation est tout à fait dans ses droits de demander à ré-interroger Assange mais presque aucun diffuseur médiatique ne met la situation en contexte en mentionnant le fait qu’il a déjà été interrogé une fois en Suède et relâché sans suites. Peu de temps après, la transcription de l’entretien fuita mystérieusement vers la presse suédoise. Et aucun média ne souligne qu’Assange a attendu pendant 5 semaines avant d’obtenir la permission de quitter le pays et de continuer son travail sur les publications des War Logs et du CableGate avec le journal The Guardian au Royaume-Uni. Quelques journaux, surtout en Suède, ont plutôt dit qu’il avait « fui » le pays impliquant qu’il est en quelque sorte « en cavale » devant les accusations.

2. Assange a exprimé sa volonté de retourner en Suède mais les enquêteurs peuvent aussi l’interroger au Royaume-Uni.

Assange a déclaré son plein gré de retourner en Suède si une garantie légale est faite qu’il ne sera pas extradé vers les USA pour son travail avec WikiLeaks. Toutefois, il n’y a aucune obligation pour lui de se trouver ne Suède pour un interrogatoire. C’est usuel dans la pratique suédoise quand il n’y a pas d’accusation formelle et qu’une personne est voulue pour simple interrogatoire, et il peut être effectué dans n’importe quel pays du monde y compris par téléphone ou visio-conférence. Les procureurs suédois voyagent souvent vers d’autres pays comme ils l’ont fait récemment pour interroger un homme soupçonné de meurtre en Serbie. Par contre, dans le cas d’Assange, la procureure suédoise Marianne Ny insiste qu’Assange doit physiquement être en Suède pour être interrogé. Aucune raison n’a été fournie pour cette inflexibilité mais le journal suédois Dagens Nyheter le justifie en disant qu’il s’agit d’une question relative au prestige de la Suède.

3. Il y a une accumulation de preuves que les USA compilent un dossier de plainte criminelle contre Assange.

Il y en a suffisamment pour suggérer que les craintes de l’équipe de défense juridique d’Assange sont justifiées. Des câbles diplomatiques australiens diffusés au Sydney Morning Herald selon la loi [australienne] sur la liberté de l’information révèlent que le gouvernement australien a confirmé que WikiLeaks a été la cible d’une enquête du Département de la Justice US en Australie « sans précédent à la fois dans son étendue et sa nature ». Le gouvernement australien suggère également que les rapports des médias selon lesquels un grand jury secret a été convoqué à Alexandria en Virginie, étaient « sûrement vrais ». De plus, les publications par WikiLeaks des Stratfor Intelligence Files ont révélé que le vice-président de Stratfor Fred Burton a déclaré que: « Nous avons un acte d’accusation scellé contre Assange ». En sus de cela, prenant en compte le traitement atroce auquel a été soumis Bradley Manning actuellement dans une prison militaire aux USA pour avoir peut-être transmis à Assange des documents confidentiels, vous n’avez pas besoin de vous coiffer d’une passoire et de papier alu pour croie que les USA feront n’importe quoi pour mettre la main sur Assange et faire de lui un « exemple ».

4. C’est en réalité plus facile pour les USA de faire extrader Assange depuis la Suède que depuis le Royaume-Uni.

Beaucoup de gens rejettent les craintes d’extradition d’Assange du fait que s’ils le voulaient, il leur serait plus facile de l’avoir depuis le Royaume-Uni de toute façon. Mais en fait, il est considérablement plus difficile de l’extrader depuis le Royaume-Uni pour diverses raisons. Une est que le Royaume-Uni n’a pas l’accord d’extradition « d’abandon temporaire » (par lequel un suspect dans deux pays différents se trouvant dans l’un d’entre eux peut être ‘temporairement’ extradé vers l’autre, ndt) qui existe entre la Suède et les USA qui puisse outrepasser les accords internationaux d’extradition et effectivement donner aux USA des pouvoirs « immédiats » d’extradition. Un autre problème est  que si les USA devaient émettre une demande d’extradition pour Assange depuuis le Royaume-Uni vers les USA, cela mettrait le Royaume-Uni dans une position très difficile parce que normalement, la première demande d’extradition reçue de la Suède devrait être honorée en premier. Par ailleurs, la plus grande diversité médiatique et le plus grand soutien du public au Royaume-Uni sont des facteurs qui rendraient plus difficile encore pour les USA d’extrader Assange depuis la Grande-Bretagne. Et pour tous ceux qui pensent que le système judiciaire suédois est d’une quelconque manière le meilleur du monde, les archives de Human Rights Watch sur la Suède offrent de la lecture intéressante.

24-08-12: Il est depuis venu à mon attention que l’accord « d’abandon temporaire » existe aussi entre les USA et le Royaume-Uni ce qui est certainement quelque chose que beaucoup de supporters d’Assange ne semblent pas savoir. Cependant, le même problème s’appliquerait – puisque la Suède a déjà émis une demande d’extradition, cela mettrait assurément le gouvernement britannique dans une situation très compliquée. Il y a une discussion intéressante là-dessus ici.

Il y a plein d’autres exemples de faits et de mises en contexte régulièrement ignorés dans la couverture médiatique qui sont importants pour la compréhension de l’affaire Assange. Voici certains des plus importants mais alors que la guerre de propagande continue dans cette bataille juridique de plus en plus dramatique, ils ne seront certainement pas les derniers.

Postscriptum: Si vous voulez un éclairage réellement révélateur et dérangeant sur la façon dont les accusations de crimes sexuels contre Assange en Suède se sont déroulées, lisez le fil de commentaires du post original sur Assange publié [par l’auteur] il y a maintenant presque exactement deux ans.

Source: http://nicholasmead.com/2012/08/19/4-things-the-media-wont-tell-you-about-assange/

Traduit depuis le web par willsummer

Extradition vers les USA: le mail de Stratfor qui prouve l’option US

Email-ID 375123
Date 2011-01-26 15:23:28
From burton@stratfor.com
To secure@stratfor.com

Not for Pub —

We have a sealed indictment on Assange.

Pls protect

Sent via BlackBerry by AT&T

29 février 2012: des e-mails de Stratfor révèlent qu’un acte d’accusation sous scellés a été émis par un grand jury secret à Alexandria, en Virginie, à l’encontre de Julian Assange. Le mail est daté du 26 janvier 2011. Ceci veut dire qu’il y a sans doute eu un ordre d’extradition secret depuis plus d’un an et demi, qui sera activé (ouvert) contre Assange en Suède, en Australie ou au Royaume-Uni quand les USA en donneront l’ordre.

Le Centre US pour les Droits Constitutionnels (CCR) a fait une déclaration au sujet de l’acte d’accusation ainsi rapporté.

Janvier 2012: Dans le Séminaire sur la Loi et les Médias de Houston au sujet de WikiLeaks, l’ancien officier de la CIA de avocat de la défense fédéral David Adler a déclaré:

Un des problèmes principaux s’agissant de l’affaire Assange est de voir si « nous [les USA] parvenons à ramener son cul jusqu’ici » – David Adler

Source: http://justice4assange.com/US-Extradition.html

traduit depuis le web par willsummer

Stratfor Files – Re: Bonjour de Stratfor, pensées sur la Côte d’Ivoire

Yamoussoukro, capitale politique de la Côte d’Ivoire – sa cathédrale

Email-ID 5042962
Date 2011-01-28 17:40:36
From nidrapol@gmail.com
To mark.schroeder@stratfor.com

Suit ci-dessous la traduction d’un courriel envoyé par Nidra Poller à Mark Schroeder, analyste de Stratfor en charge de l’Afrique sub-saharienne (voir l’article précédent sur Wikileaks Actu). Nous constatons qu’il y a échange d’informations entre ces deux individus; Mme. Poller accepte un dialogue et envoie dans son message le texte de deux articles – le premier en anglais (aussi traduit par mes soins) et le deuxième en français – qu’elle a écrits au sujet du changement de régime en Côte d’Ivoire et de l’implication de la France dans ce contexte.

Il est important de noter que, bien que les article énoncent des informations exactes mais présentent, à titre accusatoire, une interprétation très peu reluisante de la diplomatie française, ils s’inscrivent dans le contexte particulier que sont les opinions personnelles de Mme. Poller, qui sont le fruit de ses affinités personnelles. Bien qu’elle mette en lumière de manière crue et correcte des travers de la diplomatie française et leurs effets sur le terrain en RCI (République de Côte d’Ivoire) comme d’un point de vue de réputation internationale, son ton et ses références au conflit israélo-palestinien laissent transpirer, à l’image de ce qui est parfois reproché aux Français, un « anti-gallicanisme primaire » (sic) et une opinion tranchée en faveur du camp sioniste atlantiste contre le camp palestinien dans l’affaire du Moyen-Orient. Ce qui la place tout droit dans les carnets d’amis de Stratfor et de leurs commanditaires…

Ce qu’il est intéressant de voir à travers cette communication – à mon avis – c’est l’état d’esprit dans lequel se trouvent non seulement les adversaires de la liberté et de l’indépendance  ivoiriennes – ici, tous ceux qui ne sont pas originaires de Côte d’Ivoire: Français, États-Uniens, Burkinabés, Maliens… – à travers le prisme de l’interprétation renseignée mais biaisée d’une écrivaine états-unienne vivant à Paris depuis 1972, mais aussi et surtout celui de ceux qui, chez Stratfor, dans les cercles de leurs contacts, employeurs et connaissances, travaillaient à décoder la politique française à cette époque, cherchant le moment propice pour avancer leurs propres pions…

Aujourd’hui Alassane Ouattara est au pouvoir en RCI, et les témoignages recueillis par WikiLeaks via les Stratfor Files elles-mêmes démontrent que c’est un autocrate sanguinaire, dans la « tradition » de la longue mélopée de la souffrance africaine; il est reçu à l’Élysée mais tout le monde sait que ses affinités logent à Washington – n’a-t-il pas impulsé une politique d’austérité et de privatisations tous azimuts, comme un bon élève du néo-capitalisme? De là à dire que les USA ont pu aider les Burkinabés et les Maliens Dioulas (comme Ouattara) à envahir le nord de la Côte d’Ivoire pour y placer un fantoche qui amène ses valises à Paris mais offre des contrats à l’oncle Sam, il n’y a qu’un pas… qui est celui de passer de cette conjecture à une accusation. Où je ne m’avance pas encore; mais où que je porte le regard, là où je vois des troubles, je vois la patte de Washington et de la clique qui s’y agite, dont les griffes sont pleines du sang d’innocents.

willsummer

Cher Mark Schroeder,

Merci pour votre note et votre invitation au dialogue. Commençons en regardant en arrière vers deux articles que j’avais écrits dans les premiers stades du conflit en Côte d’Ivoire, quand les forces rebelles ont attaqué le gouvernement légitime depuis le nord. La dispute actuelle autour des élections présidentielles est la suite de cet affrontement. Le gouvernement Sarkozy ne va pas défendre Ouattara avec davantage que des mots. Comme je l’ai dit dans mon message à Courtenay Weldon, les froces qui soutiennent Ouattara ne sont pas européennes, même si la France rejoint la « communauté internationale » en déclarant que Ouattara a gagné les élections L’animosité de Chirac envers Laurent Gbagbo s’est transposée dans le gouvernement actuel mais je soupçonne que cela vienne davantage du Quai d’Orsay que du président.

Cordialement,

Nidra Poller

FRANCE ON AN IVORY COASTER (jeu de mots avec Ivory Coast, Côte d’Ivoire, et ivory coaster, caboteur transportant de l’ivoire, ndt)

Qu’est-ce que c’est que cette histoire? La France, la France de Jacques Chirac, chef des faiseurs de paix, est dans un combat mano a mano avec Laurent Gbagbo, président démocratiquement élu de RCI. La querelle mijotait depuis des années. Et je n’ai pu m’empêcher de prendre parti pour Gbagbo (Yamoussoukro mon amour, http://www.menapress.com février 2003), parce que nous avons traîné ensemble aux veux jours où il s’habillait en pulls à col roulé et se cachait de l’ire de Houphouët-Boigny, l’homme providentiel, le genre de leader stable favorisé par les intérêts français installés.

Alors que se passe-t-il maintenant et quel est le rapport avec les troubles au Moyen-Orient?

Il y a quelque chose de plus satisfaisant que de rire depuis son ventre en voyant l’armée française tirant sur des foules en colère. Usage excessif de la force, vous vous souvenez? Il y a quelque chose de plus noble que de jubiler sur les jubilateurs. Quelques soient les privilèges dont ils aient pu jouir dans les années déclinantes du néo-colonialisme, les Français vivant en RCI ne méritent pas d’être dépouillés de tout ce qui leur appartient, tabassés, effrayés à mort et chassés comme des rats. Il y a beaucoup à apprendre de cet aspect d’une situation qui reflète curieusement les thèmes inclus dans le gouffre allant s’élargissant franco-états-unien.

Le fiasco de la RCI n’est pas une anecdote exotique, c’est le dessous de la réprimande hautaine dirigée aux USA et à Israël, les archi-ennemis de la France. Il nous a été dit que le 11 septembre était de notre faute, l’intifada d’Al Aqsa était de notre faute, les attentats-suicide sont exactement ce que les Israéliens avaient demandé, la guerre en Irak est une exploitation scandaleuse du néo-néo-colonialisme, le bourbier est de notre faute et bien mérité. Nous avons été accusés de ne pas respecter le droit international, la Convention de Genève, les Droits de l’Homme, et les règles de l’étiquette.

De quoi sommes-nous coupables dans ces yeux gallicans? de manque de savoir-faire? Non. Pire. Nous sommes coupables de ne pas être français. Et n’étant pas français, de ne pas laisser les Français diriger la barque.

Et voici un spectacle qui est tout pour la frime et regardez ce qu’ils ont fait. Une vraie bagarre, du grabuge, un exode de masse, un gros bordel. la base française sur la ligne de la « zone de confiance » qui divisait le pays a été bombardée et neuf soldats tués; les Français ont répliqué, détruisant tous les avions du président Gbagbo; ceci a révolté la population, la population a rabattu sa colère sur les résidents français, les Français ont envoyé des renforts, ont tiré sur les foules, tuant et blessant des civils, et maintenant ils lâchent tout et fuient. Est-ce que ce n’est pas triste à voir?

Mais la honte et la défaite ne mettent pas un terme aux poncifs. Le but ultime, nous sommes informés, est de rétablir l’ordre, de revenir à la table des négociations, et de forcer tout le monde à vraiment appliquer les Accords de Marcoussis, un accord de paix français modèle. Quand des rebelles armés ont essayée un coup d’état en 2002, la France tricha sur ses obligations par traité de défendre le gouvernement démocratiquement élu et à la place fit pression sur Laurent Gbagbo pour qu’il fasse des concessions aux rebelles. Les rebelles prirent le contrôle du nord, le pays était divisé, l’ambiance dégénérait, l’économie en pâtissait et l’opinion publique française était maintenue à l’écart alors que l’attention était détournée sur les méfaits de Bush et de Sharon. de temps en temps une maigre bribe d’info, tordue de façon à servir les intérêts du Quai d’Orsay, était lâchée sur les ondes. Les rebelles étaient dénommés les ex-rebelles, alors même qu’ils menaçaient de marcher sur Abidjan. Ensuite ils sont devenus les Forces Nouvelles. C’est-y pas beau, ça? Les Forces Nouvelles. Une bouffée d’air frais venue du nord. Des journalistes africains rapportaient que Qaddafi était derrière la rébellion. Un petit peu d’Islam pour épicer les Forces Nouvelles. Naturellement elles n’étaient pas financées par le Burkina Faso, l’un des pays les plus pauvres d’Afrique.

Guillaume Soro, le chef rebelle, fut interviewé avec le même respect exagéré que les journalistes français accordent aux leaders du Hamas. Il parla comme un imbécile ou un accro au crack ou les deux mais cela ne fit pas un pli à sa réputation. Tout devait être symétrique: personne ne savait comment prononcer le nom de Gbagbo (c’est Babo, pas G’bag’bo), personne ne savait qu’il est historien et écrivain. C’était le méchant et le chef rebelle devait être traité comme s’il sortait tout droit de la Sorbonne.

Mais ce n’était pas assez pour conserver la paix. Janvier 2003: entrent les fameux Accords de Marcoussis. C’est la « French Touch » en diplomatie. Un conflit doit être résolu cérémonieusement dans des salons recouverts de dorures dans des palais du gouvernement à Paris ou, d&ans le cas de Marcoussis, dans des châteaux magnifiques. (Vous voyez pourquoi Camp David devait capoter?) Opération média du début à la fin. Des sourires avec des épingles à cravate dans tous les coins. Des grosses voitures de luxe qui arrivent, qui s’en vont. Un semblant de discussion et, sous la table, un règlement sévère imposé par celui qui à l’avantage.

Les Accords de Marcoussis étaient une pilule amère qu’aucun président digne de soi ne pouvait accepter. Quels que puissent être les griefs légitimes troublant le coeur de la société ivoirienne, ils ne pouvaient pas être réglés en amenant les rebelles à l’intérieur du gouvernement. ceci n’est pas un accord de paix, c’est un coup d’état. Et c’est ce qui a été imposé à Gbagbo: non seulement devait-il consentir à laisser entrer les rebelles dans son gouvernement, il a dû leur donner les ministères de la défense et des forces armées, et de l’intérieur.

Cela semble-t-il familier? C’est la même diplomatie qui insiste d’inclure le Hamas, le Hezbollah et d’autres organisations terroristes dans les négociations de paix israélo-arabes et d’éventuels gouvernements palestiniens. C’est la puissance qui se veut mondiale qui veut inviter les « résistants » irakiens à la conférence internationale sur l’avenir de l’Irak. c’est le raisonnement derrière les mouvements pacifistes qui étaient toute la mode au printemps 2003. Que faites-vous avec les brutes? Nommez-les chefs de la police!

Aujourd’hui, quand la politique française est immergée dans des passions douteuses et la vérité grignotée par l’acide de la haine, le gouvernement et les médias travaillent main dans la main pour assassiner leur proie choisie. George W. Bush et Ariel Sharon ne peuvent être secoués par la haine vicieuse qui est déversée sur leurs têtes. Même Tony Blair résiste. Mais Laurent Gbagbo est africain. Quand il a fait un effort de le dernière chance pour réunifier son pays divisé cela a déclenché une explosion de simagrées qui révèlent l’hypocrisie du prosélytisme pour la paix de la France.

Sous les termes de la Feuille de Route de Marcoussis, les rebelles étaient censés rendre les armes. Ceci n’est pas arrivé. L’armée de l’air de Gbagbo a attaqué leur place-forte. Le lendemain – volontairement ou accidentellement – a bombardé une base aérienne française, tuant 9 soldats et en blessant des douzaines. L’enfer n’a pas de pitié.

Le Premier Ministre Jean-Pierre Raffarin (cité dans Le Monde du 10 novembre 2004) déclara: vous ne pouvez pas tuer des soldats français sans vous attendre à des représailles immédiates. Ah bon? Je croyais qu’Israël avait tort et était maudit et condamné parce que ses soldats tiraient quand ils se faisaient tirer dessus. Et les USA avec cette attitude de cowboy, pensant que quelques milliers de morts le 11 septembre 2001 pouvaient justifier une folle aventure en Afghanistan et un Vietnam plein de sable en Irak? Les djihadistes ne devraient pas s’attendre à des représailles immédiates? Pour ce qui est des civils français fuyant pour sauver leurs vies, le Premier Ministre explique qu’ils s’en vont volontairement.

Ce qui ne veut pas dire que des foules en délire brandissant des machettes doivent être admirées. Pas plus que des shebabs meurtriers. Ou des coupeurs de têtes djihadistes. Et, pendant qu’on y est, des terroristes comateux pompeusement reçus comme des chefs d’état.

Toutefois, tout ce désordre pourrait être mis à profit si la vue de la population ivoirienne fondant sur les derniers restes des intérêts français en Afrique pouvait briser le mur de la rhétorique qui emprisonne la société française. Selon des sources ivoiriennes 64 manifestants et plus d’un millier blessés à Abidjan au cours de ces derniers jours. Comment ces manifestants ont-ils été tués? Par qui? les médias français rapportent le décompte de victimes avec une indifférence désincarnée. Les premières victimes de l’ainsi nmmée Intifada d’al-Aqsa ont été tuées plusieurs fois, de façon grotesque, sanglante, dans la presse française. Leurs morts ont vécu, respiré pendant des jours, des mois, jusqu’à ce jour.  Les émeutiers palestiniens morts ou blessés de l’année 2000 ont été brandis pour justifier des atrocités contre des civils israéliens. Elles ont justifié le refus de feu Arafat de négocier, d’être ferme avec les terroristes, de cesser de financer des attaques terroristes.

le Ministre des Affaires Étrangères français Michel Barnier appelle la destruction de la lilliputienne armée de l’air ivoirienne de la « légitime défense ». Quand les forces de défense israéliennes détruisent le domicile d’un terroriste kamikaze, elles sont accusées de crimes de guerre et pire. C’est le Michel Barnier qui a insisté pour visiter Yasser Arafat à sa première visite au Moyen-Orient comme chef du Quai d’Orsay. Il a fait un second voyage pour voir Ariel Sharon et déclarer qu’Israël doit négocier avec Yasser Arafat, le dirigeant légitime du peuple palestinien; il ne peut y avoir de paix sans négociation, pas de négociation sans Yasser Arafat.

Ceci est le vrai visage d’un gouvernement français qui était prêt à laisser faire les rebelles moitié-fous moitié-islamiques qui menaçaient de renverser le gouvernement ivoirien, et qui maintenant tire sur les Ivoiriens enragés se soulevant contre les derniers restes de ce qu’ils appellent l’Occupation française. Ce sont les méthodes d’un gouvernement français qui a pratiquement coupé ses liens avec les USA – accusés de rouler des mécaniques eu Moyen-Orient – et préfère conclure des accords avec des manieurs de couteau coiffés de keffiehs.

Alors que les citoyens français déboussolés fuyant la RCI arrivaient à l’aéroport de Roissy avec rien de plus que ce qu’ils avaient sur le dos, le terroriste Yasser Arafat s’est vu offrir un départ en grande pompe à Villacoublay. Est-ce une surprise que les nationalistes à Abidjan agitaient des bannières étoilées? Et les foules enfiévrées massées à l’intérieur de la Mouqata pour les funérailles de l’archi-terroriste brandissaient, côte à côte avec les drapeaux de la Palestine, du Hamas et du Djihad Islamique, le Tricolore de la République Française.

C’est la honte.

12 novembre 2004

Nidra Poller

Metula News Agency © (:p…! ndt 😉 )

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Yamoussoukro mon amour ! (info # 011202/3)

Par Nidra Poller à Paris© Metula News Agency

J’ai des liens affectifs avec la Côte d’Ivoire. Une histoire d’amour déçu. Je connais personnellement le président actuel de la Côte d’Ivoire, Laurent Gbagbo. Voici d’ailleurs un scoop : son nom se dit tout simplement « Babo. » Les « g » ne se prononcent pas en Côte d’Ivoire et le fait qu’aucun journaliste français n’a fait l’effort de cueillir ce petit brin d’information en dit long sur l’état de nos médias. Il en sera question ici, de l’état de nos médias et de la médiatisation des faits et gestes de l’Etat français face à cette crise majeure dans un pays africain, où sont installés quelques 16 000 Français, que personne n’a pensé à qualifier de colons. C’est l’occasion d’assister, en temps réel, à une démonstration exemplaire de la finesse française adaptée à l’exercice de la politique internationale et, d’après ce qu’on voudrait nous faire croire ici, il s’agirait d’un savoir-faire cruellement déficient chez les Américains. Je devrais dire j’ai connu Laurent Gbagbo car je n’ai pas fait copain-copine avec le Président. C’est Laurent, le professeur d’histoire, col roulé, mal rasé, coiffé en afro indiscipliné, la voix rouée de tristesse, que j’ai connu au début des années 80. Obligé de fuir son pays, comme tant d’intellectuels africains menacés de mort pour avoir exprimé une opinion. N’importe quelle opinion, d’ailleurs! Les présidents à vie des indépendances ne souffraient alors aucune expression d’opinion. Pour ne pas se fatiguer à faire le tri entre les bonnes, les moyennes et les mauvaises, ils les exorcisaient toutes. Il faut savoir canaliser les énergies si on veut vivre longtemps en demeurant président en Afrique ! Laurent, professeur, auteur et un peu homme politique dans une opposition qui n’existait pas, vivait un exil ingrat, ici à Paris, car figurez-vous, les droits de l’hommistes ne se souciaient guère des victimes de Houphouët-Boigny. On leur disait : « la Côte d’Ivoire ce n’est pas la Guinée-Sekou Touré voyons ! » Un peu comme on nous dit maintenant qu’une poignée de synagogues brûlées ne fait pas une Kristallnacht.Je naviguais alors dans ces eaux africaines, antillaises, noir américaines, je côtoyais des musiciens et des écrivains célèbres, ratés, ou prometteurs, je partageais les peines et les joies de mes amis noirs, en leur laissant l’exclusivité du temps de parole afin qu’ils expriment leurs doléances et autres énumérations de droits bafoués.Le meilleur, le plus fin, le plus élégant et intelligent, le plus authentique, le plus traditionnel, le plus moderne, c’était NXE.

Ce journaliste, brillant, dont la carrière exceptionnelle fut brisée par la colère du Grand Chef, a fini par rentrer en Afrique. par amour pour sa terre, disait-il, et parce qu’il ne supportait pas le racisme français, et encore parce que nos médias français – les mêmes qui assassinent aujourd’hui mon identité juive au nom des damnés de la terre – n’avaient pas de place pour un génie ivoirien. Je pourrais donner des noms mais il vaut mieux ne pas exciter les vipères à l’heure qu’il est. C’est par NXE que j’ai connu Laurent Gbagbo. Chacun à son tour, confiné dans exil imposé, puis rentré en Côte d’Ivoire, avec la différence que NXE est mort dans un accident de voiture à l’africaine et Laurent est encore président. Je l’ai croisé un jour, Laurent, à l’aéroport de Roissy, en costume de dignitaire à fines rayures blanches, rasé de près, les cheveux rentrés dans l’ordre, la silhouette affinée, le même sourire attendrissant, innocent. On commençait à parler de lui comme leader d’un parti qui compte, il a adhéré, si je ne me trompe, à l’un de ces gouvernements douteux de la période trouble. Je suivais sa carrière, de loin, sans pouvoir juger du bien fondé de la déception ressentie par nos amis d’autrefois: les intellectuels sont rarement contents quand leurs pairs sont au pouvoir !La première Guerre du Golfe a bouleversé mon paysage social. Mon African connection n’y a résisté que partiellement. Je restais pourtant à me faire des soucis pour mes amis, à l’époque où la Côte d’Ivoire semblait tomber dans une spirale de coups d’Etat, suivant vaguement le contentieux avec Alissane Ouattera, mais mon attention se focalisait de plus en plus sur une question que j’avais crue réglée une fois pour toutes en Europe : la question juive. Et l’Afrique, que j’ai tant aimée, jalouse de mes autres préoccupations, s’est réveillée en me donnant des gifles. Durban, certainement, mais aussi le soutien quasi-unanime pour les thèses radicalement antisionistes de la part des journalistes, notables, intellectuels, étudiants, reçus désormais à bras ouverts par les mêmes médias qui ne voulaient pas de NXE.

Aujourd’hui les Africains hurlent avec les loups et mes amis africains n’ont pas un mot, pas une pensée pour moi. Ni la montée de l’antisémitisme, ni les attentats du 11 septembre n’ont provoqué la moindre manifestation de leur part. Preuve que je n’existais pas pour eux comme juive ou comme américaine mais uniquement comme sympathisante de leur cause. Et voilà, qu’à quelques semaines de l’opération militaire en Iraq, le conflit en Côte d’Ivoire nous offre une démonstration inouïe de la mise en ouvre de la politique internationale française. Exemple éblouissant s’il en fut ! Comme d’habitude, c’est par la radio que je prends le pouls de la République. Les rebelles prennent les armes, il y a des accrochages, l’armée française débarque, décrète le cessez le feu, se positionne sur la ligne de démarcation, alors je dresse l’oreille. On tend la micro au chef des rebelles, on colporte des rumeurs de fosses communes, des mercenaires venus prêter mains fortes aux loyalistes, et surtout, on empêche le gouvernement élu du président, mon ami Laurent Gbagbo, d’avancer pour écraser la rébellion. J’apprends, lors d’une émission de la presse africaine sur RFI, que la rébellion est soutenue par Khadafi, les pourparlers de paix à Lomé c’est Khadafi qui en est l’architecte et le propriétaire de l’hôtel où ils se déroulent, c’est, vous l’aurez deviné, lecteurs avisés de la Ména, encore Khadafi. En dehors de ces vérités qui nous parviennent par bribes, on n’a droit qu’à une version épurée des informations sur le conflit. (La relation des événements de Côte d’Ivoire, telle qu’elle est proposée par les médias audiovisuels français est absolument et volontairement inintelligible Ndlr.)

La position française est claire : non à la guerre ! Il faut régler le conflit par la négociation (et je me dis que les rebelles, pendant ce temps, s’installent, le pays est divisé, les armes et les guerriers peuvent s’infiltrer tranquillement.). Malgré le tout Khadafi, malgré le CDAO et les chefs d’Etats plus sages les uns que les autres, les pourparlers sont bloqués. Les troupes de Laurent font un pas de côté, les autorités françaises tapent sur les doigts des loyalistes. Un nouveau vocabulaire médiatique ad hoc se met en place. Le président élu, l’Etat souverain, la démocratie même disparaissent pour laisser place à un conflit entre rebelles et loyalistes. Deux communautés qui s’affrontent quoi ! Chacun a ses raisons, la France a toujours raison et l’enchaînement se termine par une invitation au Château.Vous connaissez la partition. Il faut retourner à la table des négociations, ne pas envenimer la situation en ripostant aux attaques avec force – excessive, par définition -, la communauté internationale doit intervenir. Une conférence internationale -à Paris of course- s’impose ! Laurent ne peut pas faire comme Arik. Il doit accepter l’invitation et j’ai de la peine pour lui. J’aimerais l’inviter à dîner comme autrefois mais je sais qu’on ne le laisserait pas quitter le château. Les dépêches tombent en langue de bois intégrale : tout se passe à merveille à Marcoussis, le problème est en gros réglé, restent quelques détails et à mettre le champagne au frais. Les rebelles sont devenus les forces nouvelles. Et pourquoi pas, si le Hezbollah est bien, pour la France, un important organisme de bienfaisance ! Des forces nouvelles contre les loyalistes, tiens, on sera presque tenté de choisir les premiers, loyalistes ça fait un peu vieux jeu, non ?Des dépêches dégoulinantes de complaisance tombent et se suivent.

Un petit contrecoup cependant, le président de l’assemblée ivoirienne quitte le château en claquant la porte. Surprenante anicroche, alors qu’officiellement tout s’arrange pour le mieux : on parle d’un gouvernement d’union nationale, d’élections anticipées et d’autres raffinements du même genre. La carte de séjour est supprimée, les lois foncières réécrites. Je ne nie pas qu’il existe des vrais problèmes sous-jacents, des injustices faites aux Burkinabés et tout le reste. Mais le Burkina Fasso prend de drôles de positions de nos jours et tout cela commence à nous rappeler la situation nigériane.On attend Kofi Annan, on attend le président Gebagebo, des chefs d’Etat divers, la photo sur le parvis. Les trompettes sonnent à tous vents. Sur RFI, c’est tout juste si on n’annonce pas en toutes lettres le pied de nez à Bush : nya nya nya tu vois, péquenot-cowboy, c’est comme ça qu’on fait de la vraie diplomatie! Soudain le centre de gravité passe de Marcoussis à Kléber, où l’on apprend que Laurent a été dépouillé de tout sauf son nom écorché. On lui impose un Premier ministre rebelle, la France attribue les ministères de la défense et de l’intérieur aux forces nouvelles, tout le reste, tout ce qui compte, à son opposition et on lui laisse les caisses vides et l’armée démilitarisée. Les forces nouvelles, interviewées comme elles le méritent, annoncent qu’elle viendront nombreuses avec armes et bagages protéger leur ministres à Abidjan. Il y a justement un peu de grabuge à Abidjan, on se demande pourquoi, et on essaie de faire croire que Laurent a sauté le déjeuner pour sauter plutôt dans un avion afin de calmer les esprits et de commencer au plus vite sa nouvelle vie.Je me demande, quant à moi, s’il ne s’est pas sauvé encore une fois pour s’éloigner d’un tyran en colère ?A présent on essaie de le finir. Tantôt en le sommant solennellement de se prononcer clairement pour la réconciliation et de mettre en place le nouveau gouvernement, tantôt en lui envoyant des flèches empoisonnées. Qui sait ici que Laurent Gebagebo est l’auteur de Côte d’Ivoire : économie et société à la veille de l’indépendance (1940-1960), Côte d’Ivoire : pour une alternative démocratique, Soundjata, Lion du Manding ? Entre temps, si je comprends bien, il n’a plus d’armée. Leçon à méditer. J’ai appris par une source fiable, qu’une publicité parue dans le Washington Post, quelques jours après la signature des accords (désaccords ?) de Marcoussis, supplie les Américains d’intervenir et de protéger le gouvernement légitime. J’ai perdu mon souffle en entendant que mon gouvernement s’est prononcé en faveur de leur application. Mais ouf ! Le commis chargé des affaires africaines à Washington a enfin réussi à joindre le chef, le tir est rectifié, les Américains demandent maintenant la renégociation de l’accord.Justement, boys, ne voyez-vous pas que cette histoire est une affaire en or?

La France, qui fait la danse du ventre sur la scène internationale, priant clémence et miséricorde envers le misérable Saddam Hussein, la France qui gronde et qui tonne qu’il ne faut rien régler par la force des armes et qu’on peut tout régler dans la paix du seigneur en se mettant autour d’une table ; la France qui ne touchera à une goutte de pétrole sans demander la permission de l’ONU ! Cette même France, qui transforme des bandes armées en forces nouvelles et leur donne la moitié d’un pays et les moyens de prendre l’autre moitié, pour les récompenser d’avoir pris les armes et attaqué l’Etat de droit. Des mommas manifestant dans la rue à Abidjan le disent avec leur accent de Treichville : « aucun gouvernement accepte ça. »Et la France, paisible, pacifiste et faiseuse de paix, que fait-elle quand des bandes armées de pierres de gourdins et de machettes s’attaquent à ses citoyens en Côte d’Ivoire, pillent leurs maisons, les malmènent, les menacent ? Elle fait, mes chers lecteurs, le silence radio. Vous avez droit à des directs de Jalalabad du matin au soir, quand des enragés d’Allah promettent de brûler des Américains par milliers, aux nanas-journalistes, qui répercuter les cris de guerre des shahidin en herbe lors des fêtes du Hamas, mais les reportages d’Abidjan, pendant qu’elle vit ses heures les plus dures, sont d’une rareté extrême, je dirais même, d’une insuffisance impudique. Air France a doublé ses vols journaliers en provenance d’Abidjan: deux à la place d’un. Le prix aussi a doublé ! La France n’a pas les moyens d’évacuer 16 000 ressortissants si jamais le besoin s’en faisait sentir. A leur place, j’aurais encore plus peur de l’arrivée des forces nouvelles que des agissements des patriotes. Et Laurent, que va-t-il faire sans armée pour défendre son pays ? On ne le dit pas trop souvent, mieux vaut, semble-t-il, être conspué pour l’utilisation de force excessive que démoli par manque de force adéquate. J’espère que ça ne se terminera pas ainsi, en flash-back et certainement pas en bain de sang. Il doit rester quelques divisions de Marines à dispatcher en Côte d’Ivoire, en attendant la nouvelle résolution du Conseil de Sécurité. Qu’ils viennent, qu’ils renvoient les forces nouvelles à leur expéditeur, qu’ils parlent avec Laurent d’homme à homme : Hé mon frère, tu
ne peux décidément pas frapper ces Burkinabés sur la tête, essayons de régler ce problème en frères ! Mais d’abord il reste des fesses à botter. Ce ne seront pas les rebelles de Kadhafi qui vont te faire des misères, Babo !

Nidra Poller
nidrapol@gmail.com

Source: http://wikileaks.org/gifiles/docs/5042962_re-hello-from-stratfor-thoughts-on-cote-d-ivoire-.html

Traduit depuis le web par willsummer

Les USA espionnent l’Afrique: Les courriels de Stratfor révèlent l’espionnage en Côte d’Ivoire

Le quartier du Plateau, à Abidjan

Des courriels entre analystes du renseignement révèlent comment la guerre avait été prévue et les atrocités cachées en Côte d’Ivoire.

« La lumière du soleil est le meilleur désinfectant / Dans une société civilisée, tu sais »

Faisant un commentaire sur un article publié par le Daily Maverick, un lecteur enthousiaste comparait le boulot de Stratfor au journalisme d’investigation. Un autre allait jusqu’à dire que Stratfor n’enfreint aucune règle ou limite morale en espionnant des individus et leurs communications pour de grandes sommes d’argent.

Laissez-moi vous donner mon avis dès le départ: les corporations et autres institutions sont les ennemis du peuple. Agissant dans ses meilleurs intérêts? De qui se moque-t-on? Depuis que les GI Files ont fait surface, plusieurs articles désignaient Stratfor – une agence de renseignements privée qui travaille pour de grosses entreprises et espionne ses « ennemis », a travaillé pour le gouvernement US, fournissant des renseignements au Department of Homeland Security (Ministère de la Sécurité Intérieure, rejeton de la politique post-9/11, ndt), la Defense Intelligence Agency (service de renseignements du Ministère de la Défense US) et les Marines – et en espionnant des contestataires aux USA. Stratfor affirme qu’elle fait de « l’analyse géopolitique globale ». Eh bien sa portée va beaucoup plus loin que cela.

Tout de suite après la lutte électorale en Côte d’Ivoire, les agences de médias occidentaux, en français et en anglais, n’ont pas de scrupules à imposer la responsabilité de toute la crise à Laurent Gbagbo. Leur assurance m’énervait pour tout vous dire; comme s’ils avaient eu un accès exclusif à certaines informations. Peut-être quelqu’un les avait-il renseignés.

L’institution d’espionnage (aucun autre terme n’est aussi simple et précis à la fois pour décrire cette institution) Stratfor n’a pas seulement couvert de très près les événements tels qu’ils se déroulaient en Côte d’Ivoire, mais a probablement caché un énorme mensonge. Que les médias classiques soient complices n’est pas un scoop; après tout ils dépendent de sources de revenus qui n’aiment pas ce genre d’histoire. Jugez par vous-mêmes.

Pourquoi Stratfor s’intéresse-t-elle à la Côte d’Ivoire?

Des fruits et fèves de cacaoyer

La RCI (République de Côte d’Ivoire) mène la production, ainsi que l’exportation mondiale des fèves de cacao utilisées dans la fabrication du chocolat depuis 2009, fournissant 30% du cacao produit sur la planète. De grands producteurs de chocolat comme Cadbury’s, Hershey’s et Nestlé achètent des productions et des options de cacao ivoirien. Stratfor aussi a de jolis intérêts dans le cacao de Côte d’Ivoire (mail 1039966).

J’ai suivi les traces d’un certain ‘Mark Schroeder, Directeur de l’Analyse pour l’Afrique Sub-Saharienne’ pendant un temps et cet e-mail ne fit que confirmer mes pensées. Pour moi il est celui qui déniche les informateurs africains. Plusieurs courriels le montrent continuellement « gardant le contact » avec eux, où qu’ils soient (5048229, 4980860, 5083146, 5264354, 5114217, 4980457, 5138296, 5141941, 5150875, 5135143, 4984588).

Un autre m’amena à la possible conclusion que Cargill, la multinationale commercialisant des produits agricoles, pouvait être un client de Stratfor (5079189).

La plupart des rapports, deux semaines après le début du conflit, dépeignaient un Gbagbo avec « un ferme contrôle de l’armée » et un Ouattara qui « est largement acclamé et reconnu comme le président de Côte d’Ivoire ». Ils ont cependant omis d’exprimer la position des citoyens sur le sujet. « Des résultats officiels ont dit qu’Alassane Ouattara avait gagné le deuxième tour ». Pourtant, il a essayé une fois ou deux de rassembler des soutiens et de faire face à Gbagbo sans succès. De plus, Abidjan est restée calme deux semaines après le showdown électoral; le coeur des soutiens de Ouattara étant concentré au nord de la RCI, où ils ont essayé de mobiliser des manifestations au cours des quelques derniers jours, mais se sont faits disperser par les forces de sécurité du gouvernement. Un courriel nous éclaire gracieusement sur quelques faits « secrets » sur les factions politiques en RCI (4980408).

L’analyse des sources: Nom de Code CIXXX

La plupart des sources sur la RCI ont présenté une histoire différente de celle mise en images par les médias occidentaux. un tableau Excel intitulé « Africa Source List » que j’ai récupéré donne une longue liste de noms et d’adresses de sources Stratfor en Afrique. Les informateurs comprennent des présidents, des ambassadeurs, des ministres d’état, des représentants de l’ONU, du personnel d’ambassade, des entrepreneurs, des cadres de grandes entreprises, un grand nombre de reporters et de journalistes, des activistes, des étudiants et beaucoup plus (1232132).

Sept personnes ont fourni des renseignements de première main à Stratfor sur ce qui s’est réellement passé sur le terrain en RCI. Leurs compte-rendus de la situation sont choquants et s’orientaient dans une direction très éloignée de celle montrée par les médias. Voici un rapport d’un « missionnaire » en Afrique (952799):

Presque tout ce que vous entendez de la part de la France et de l’ONU est faux. La vie à Abidjan n’est même pas près d’être normale. Il y a des cadavres à chaque carrefour qui pourrissent au soleil pendant des jours. Des bandes armées de criminels en maraude libérés des prisons pour rejoindre son armée (plus de 30000 au dernier compte) par les hommes de Ouattara tuent au hasard à travers tout Abidjan. Ils pillent, tuent, violent, pénètrent dans les habitations et prennent ce qu’ils veulent, volent des voitures et des 4×4. Les hommes de Ouattara vont de maison en maison en prenant les jeunes hommes de plus de 15 ans et en les tuant sur place ou les emmenant quelque part d’où ils ne sont jamais revus. La nourriture commence à manquer, l’eau aussi à certains endroits. Le courant électrique est toujours branché mais n’est pas constant. Les Français essayent toujours de tuer Gbagbo. Ils ont encore bombardé sa maison aujourd’hui. Ils n’attendent pas de l’affamer. Ils attaquent quotidiennement. Ne croyez pas les nouvelles du soir mon ami. Les Français et l’ONU ont tué des milliers de jeunes qui ont offert leurs vies pour protéger leur président sans armes, quand ils ont encerclé sa résidence et le palais présidentiel. Saviez-vous que les Français et l’ONU ont tué beaucoup de civils à la base militaire d’Akouedo. Cette base était la résidence de centaines de familles de soldats. Plus de 2400 hommes, femmes et enfants ont perdu la vie. Notre famille connaît des familles qui y ont été tuées.

Alors, vous me l’avez demandé. Et voilà. Que ferez-vous avec cette information. Quelqu’un écoute-t-il le Sénateur Jim Unihofe? Il a les données et tout ce que nous avons vu sur internet est exact. Allez à http://groups.yahoo.com/group/osint/message/141423

Dans un autre courriel, il souligne ceci (1401516):

Les choses sont vraiment en train d’empirer. Ce que je vous dis vient de gens qui vivent dans ces zones ou ont des amis et de la famille qui y vivent. À Abobo [un quartier pro-Alassane Ouattara d’Abidjan qui a été le décor principal des affrontements], les forces rebelles ne sont pas des civils, ainsi que les principaux réseaux d’informations le rapportent. Ce sont des militaires entraînés du Burkina Faso, du Mali et d’autres pays. C’est l’ONU qui les transporte jusque dans Abobo et ailleurs, et qui les arme. Beaucoup d’entre eux sont des adorateurs de démons et ils tranchent la gorge de quiconque semblant soutenir Gbagbo, et utilisent le sang et les organes pour un culte sacrificiel brûlant plusieurs fois les gens vivants. […]

Les forces ivoiriennes ont désormais nettoyé la plus grande partie d’Abobo, depuis que le gouvernement a déclaré une zone d’exclusion aérienne. L’ONU a essayé d’amener davantage de troupes dans Abobo par hélicoptère mais le FDS leur a tiré dessus, les manquant volontairement mais tirant tout autour pour les dissuader. Ils sont repartis et n’ont pas essayé de revenir.

L’embargo économique ne fonctionne pas pour la communauté internationale. Les gens ne se rebellent pas et quelques banques sont ouvertes et servent les gens. La seule partie de l’embargo qui fonctionne est l’embargo sur les médicaments. Beaucoup de personnes sont en train de mourir parce qu’ils n’ont pas accès aux médicaments. Des enfants et des personnes âgées qui meurent du paludisme sans le remède simple. Pourtant, ils ne se révoltent pas.

Certains jours vous ne sauriez même pas qu’il y a un conflit. Les gens travaillent, vont à l’école, se marient, vivent la vie. S’ils s’attendent à ce que les gens se rebellent ils se leurrent. Ils ont choisi Gbagbo comme président et ne se révolteront jamais contre lui. Chaque fois que lui ou l’un de ses hommes appelle à une réunion ou un rassemblement, des centaines de milliers de personnes affluent. Si Ouattara appelle pour quoique ce soit, rien ne se passe. Ceci devrait indiquer à tout le monde ce qu’est la vérité. Vous savez, je parle à beaucoup de gens; à ceux à qui je demande, « Et si Gbagbo était tué ou décidait de quitter le pouvoir? Que pensent-ils qu’il se passerait? »

Sans hésiter ils me disent tous qu’ils se battraient jusqu’à ce que le dernier Ivoirien soit mort avant que de laisser Ouattara prendre le pouvoir. Ils disent qu’il devra marcher par-dessus leurs cadavres pour entrer à l’intérieur du palais présidentiel.

Mark, toute cette situation est absurde. Jusqu’où la communauté internationale ira-t-elle pour installer leur homme à la Présidence. Combien devront mourir pour qu’ils puissent contrôler les ressources de ce pays. Ce qui est vraiment triste est que s’ils voulaient vraiment aider le peuple ivoirien, ils pourraient négocier tout ceci, permettre une nouvelle élection et alors les gens les laisseraient volontiers venir dans le pays et aider à amener un réel développement qui bénéficie à tout le monde. Ceci ne donnerait-il pas les mêmes résultats sans tuer tant de monde. Veulent-ils vraiment voir toute cette mort et cette destruction?

S’il vous plaît, comme j’ai déjà demandé, ne révélez jamais mon nom ou d’où vous avez eu ces informations. Ma vie est entre vos mains. Déjà ces terroristes ont tué des journalistes ivoiriens chez eux la nuit pour avoir imprimé ces vérités. Quiconque veut connaître la vérité peut venir ici et la découvrir. Elle n’est pas cachée. Les gens supplient les médias de rapporter la vérité. Mais personne n’écoute. Si qui que ce soit dit la vérité ouvertement sur Ouattara, il envoie ses assassins après eux. Même le président Zuma s’est fait attaquer en quittant le Golf Hotel pour avoir semblé soutenir Gbagbo. Tous les Mauritaniens se font attaquer et leurs commerces se font piller et brûler. Ils quittent maintenant la RCI parce que leur président a soutenu une solution pacifique et une nouvelle élection. »

D’autres commentaires de sa part sont accessibles – 1116097 et 5080310.

Un autre informateur, un professeur de sociologie portant le nom de code CI004 a élaboré sur les intérêts français en RCI (1105024):

La France doit aller si loin pour sortir un président parce que c’est vital pour sa survie…

Si [le président sortant] Gbagbo résiste suffisamment et apporte du changement en RCI (en nationalisant des entreprises françaises, en retirant la RCI du la Banque Centrale d’Afrique de l’Ouest , la BCEAO, par exemple) la France va perdre énormément d’argent. 85% de l’argent de cette banque centrale est déposée à la Banque de France et la RCI fournit 60% de cet argent. Alors imaginez la catastrophe si la RCI sort de la BCEAO. Hier soir j’ai écouté un des ministres de Gbagbo et il a dit ceci: « En nous excluant de la BCEAO, la France et ses partenaires africains nous aident vraiment beaucoup. Nous allons imprimer notre propre argent et contrôler notre économie »…

Donc, quand je dis que c’est vital pour la France c’est parce que d’autres nations pourraient suivre l’exemple de la Côte d’Ivoire; un geste qui, à long terme, peut affaiblir l’économie française.

La prédiction d’une crise?

Tout en analysant la base de données et en cherchant certains termes, un schéma se dessina entre plusieurs courriels différents. Dans une communication (1147942) datée du 1er mai 2010 (à peu près six mois avant le début du conflit), une source personnelle de Stratfor connue pour être le père de Lauren Goodrich, l’analyste senior pour l’Eurasie de Stratfor, de retour d’un voyage à Abidjan et d’un dîner avec l’ancien Premier Ministre et désormais ministre des affaires étrangères Daniel Duncan – qui a juré de poursuivre les politiques économiques de Ouattara d’austérité et de privatisations – rend son évaluation de la situation à Abidjan.

Plus tard, cette conversation peut être lue entre l’analyste Stratfor pour l’Afrique et Marko Papic, l’un des analystes politiques pour l’Eurasie de Stratfor (1141240):

Marko Papic:

Les français mènent deux opérations sur le théâtre africain… Je veux dire je sais, c’est juste 900 hommes en RCI empêchant les pillages et ils étaient déjà déployés dans la région.

Mais quand-même. Ne comparez pas ceci aux USA. La France n’est pas les USA. Comparez-là à ses voisins en Europe. Merde, la Russie pourrait-elle faire un truc pareil?

À quoi mon Mark répond:

Mais les troupes françaises ont été à Abidjan depuis des décennies. C’est comme une deuxième maison pour eux. J’imagine que les traités de défense mutuels ne sont pas honorés cette fois-ci.

Une fois que Gbagbo ait rendu clair qu’il ne quitterait pas le pouvoir et que les troubles ont éclaté, Stratfor avait de sérieuses dents contre Laurent Gbagbo. Dans un courriel, Mark Schroeder discute des besoins que le père de Goodrich peut avoir pour renforcer le dossier de la RCI et ajoute (5025331): « nous observons pour voir comment le camp de Gbagbo réagit, s’ils vont nous faire le coup du Kenya et essayer d’imposer des résultats favorables, ou si les résultats sont défavorables, les bloquer et gérer les retombées, même si cela prend des mois. »

Les bombardements français et onusiens qui se sont ensuivis doivent être considérés d’un point de vue critique. Le changement de régime est en haut de l’agenda de tous les pays occidentaux pour l’Afrique et ils se sont servis du soi-disant Printemps Arabe pour instiller des idées de dissension parmi les Africains sub-sahariens. Au long de tout le conflit, Paris et Washington ont fermé les yeux sur des massacres de civils significatifs par les supporters de Ouattara – dont un seul de jusqu’à 1000 personnes dans un seul village. N’oublions jamais qu’aucune résolution de l’ONU, que ce soit en Libye ou en Côte d’Ivoire, n’a donné d’autorisation formelle d’attaquer de quelque manière que ce soit.

Pour citer une personne, « dans ce monde surréel du « renseignement global », qui a apparemment prédit la date du commencement de la guerre d’Irak, la tentative d’insurrection au Venezuela, le changement de régime aux Philippines. » la RCI est une cour de récré pour eux; le soutien de forces rebelles attaquant un gouvernement légitime depuis le nord.

C’est la honte.

Oh! Joyeuse Fête de l’Indépendance à la Côte d’Ivoire! Beaucoup d’amour à vous! Je le pense…

NOTE: Cet article fut écrit en résultat d’un partenariat d’investigation organisé par WikiLeaks. Toutes les références de données ont été obtenues par WikiLeaks.

Publié par François-Xavier

Source: http://irandpolitics.wordpress.com/2012/08/06/spying-africa-stratfor-emails-reveal-spying-in-cote-divoire/

Traduit depuis le web par Will Summer

Willsummer: Les suites du rassemblement de Saint-Michel du 10 août à Paris

Dimanche 12 août 2012


C’est ce soir que se terminent les premiers Jeux Olympiques ouvertement cyberpunk de l’histoire, où des athlètes se font sponsoriser en se faisant tatouer le logo d’une marque sur le corps, et où des sandwicheries londoniennes ont été contraintes de changer le nom de leur enseigne, parce qu’il contenait l’adjectif « olympique ».

Alors que des drones armés provenant d’un Etat se déclarant en guerre contre un ennemi invisible ravagent les zones tribales du Waziristan tuant hommes, femmes et enfants non-combattants, des « féministes » occidentales paradent sur Tower Bridge à Londres pour appeler à l’exclusion des pays pratiquant la Charia des JO, et à l’obscénité de la sur-consommation érigée en sacro-saint modèle, s’ajoute le foulement aux pieds des principes olympiques: ce sont les USA qui empochent le plus grand nombre de médailles, et ils sont « en guerre » à travers le monde, soit ouvertement soit par moyens détournés.

Ceci est une réalité que depuis maintenant plusieurs années WikiLeaks et Julian Assange ont contribué à rendre évidents par des éléments devenus irréfutables, et qui constituent un faisceau de présomptions tellement large et solide qu’il contient de quoi faire trembler jusqu’à ses bases l’infernal édifice de la bestiale mentalité prédatrice qui infecte la société des hommes tel un cancer.

Car WikiLeaks est une organisation journalistique. En tant que telle, elle s’est donné la mission de fournir au grand public les informations qu’il réclame: la vérité, de quoi lui faire comprendre les événements qui interviennent dans sa vie et celle de ses pairs, de manière à ce qu’il puisse agir en connaissance de cause, pour la présence et le maintien d’un environnement propice à son épanouissement et à celui de sa famille, comme de ses pairs.

Or, voici que l’organisation dont Julian Assange est l’un des co-fondateurs nous explique depuis des années, preuves à l’appui (ces fuites par millions n’ont pas été contestées, et les poursuites contre Manning et Assange sont la preuve de leur véracité), que ce gouvernement à l’aigle chauve, dont le siège du pouvoir est à Washington, qui se présente dans nos foyers à travers la petite lucarne de nos téléviseurs comme le parangon de la justice – fût-elle armée jusqu’aux dents, de la défense des opprimés et des Droits de l’Homme, se révèle être le plus grand assassin en masse que l’histoire contemporaine ait portée.

Qu’ils flattent la docilité du peuple pour lui imposer une loi féroce – faire garder des moutons par des loups – et lui mentent sur toutes les informations qu’ils lui laissent voir au travers de sa petite lucarne pour lui en servir une version adaptée à leur discours et à la gloutonnerie de leurs entreprises. Qu’ils n’ont cure de la valeur d’une vie humaine, qu’ils sont capables de dévaster des régions entières pour l’accès aux ressources et de violer des sociétés dans leur plus profonde intimité pour y asseoir une mainmise tentaculaire…

Il y a des centaines de milliers de CableGate Files, d’Iraq et d’Afghanistan War Logs, cinq millions et demi de Stratfor Files et plus de deux millions de Syria Files. Il y a quelques sites web composés de journalistes professionnels, et d’autres personnes actifs et actives à éplucher, examiner, vérifier ces documents afin d’en extraire ce qui en fait la moëlle épinière: les éléments qui ne pourront pas être contestés devant un tribunal. Lorsqu’elle sera entre nos mains, nous la jetterons sur la place publique pour qu’elle y soit brûlée vive sous le regard furieux de la population…

Nous venons chacun(e) de notre horizon particulier, pour défendre Assange, Manning et WikiLeaks (et Jeremy Hammond, hacker Anonymous risquant 20 ans de prison pour avoir aidé WikiLeaks); nous partageons certaines choses, et pas d’autres: les goûts et les couleurs, c’est une affaire personnelle. Mais nous sommes unis par l’indéfectible refus de l’injustice, du mensonge et de l’irrespect de la vie humaine. Julian Assange est notre ami, et nous sommes à ses côtés. Devant la volonté du peuple de savoir, il n’y a pas de secret qui tienne: les affaires, leurs ramifications et implications sont beaucoup trop graves, et notre silence équivaudrait à une complicité.

Quand Fred Barton, le patron de Stratfor, disait de Julian Assange: « Assange sera un beau gibier en prison. Bousillez le terroriste. Il bouffera à jamais de la pâtée pour chien », je sais qu’il ne veut pas du bien à mon ami. Je sais aussi que je n’en voudrais pas comme ami, car je n’ai pas de plaisir à penser au mal, ou à le commettre. Ainsi les parties en présence sont définies, et c’est ma plus intime conviction que nous triompherons de ces êtres malfaisants, dont Fred Barton n’est qu’un des molosses, dans le domaine de la collecte de renseignements.

Dès demain, avec le conseil des anges et de sa bonne conscience, l’Equateur devra se prononcer en faveur ou non de son soutien à Julian Assange. Ce n’est pas un acte sans conséquences que d’accorder l’asile politique à l’homme le plus recherché des services secrets des USA, ils ne seront pas contents… J’ai bon espoir que l’Equateur accède à la requête du fondateur de WikiLeaks. Correa, le président de l’Equateur, est un homme qui comprend bien l’importance, à son niveau, d’actes en accord avec les justes aspirations des peuples; l’Equateur, comme beaucoup de nations latino-américaines, a beaucoup souffert des ingérences états-uniennes.

Par willsummer

Stratfor Files: Re: APERCU – VENEZUELA – CANVAS monte en puissance

La chute de Salto Angel, au Vénézuela

N° de mail 1116408
Date 12-01-2010 22.51.02

De reva.bhalla@stratfor.com

A marko.papic@stratfor.com, secure@stratfor.com

Hé, j’aime le guide « comment procéder », vendons-le à Chavez

Le 12 Janv 2010 à 15h 49, Marko Papic a écrit:
CODE de la SOURCE : SR 501
PUBLICATION : NON
DESCRIPTION de la SOURCE : Dirigeant de CANVAS
ATTRIBUTION : Pas encore, pas avant qu’ils nous laissent publier
FIABILITE de la SOURCE : A
CREDIBILITE de l’OBJET : 5
TRAITEMENT SPECIAL :
DISTRIBUTION : Sécurisée
RESPONSABLE de la SOURCE : Marko

Voir le document en pièce jointe. C’est la stratégie de CANVAS pour le Vénézuéla. Ils sont en train de monter en puissance leur travail là-bas. Très actifs. Le document m’est parvenu avec le mail suivant:

« Cette année nous augmentons franchement notre activité au Vénézuéla. Ils ont des élections en Septembre, et nous sommes en étroite relation avec des militants de là-bas et avec des gens prêts à les aider (S’il vous plaît gardez cela pour vous pour le moment, pas de publication).
La première phase de notre préparation est en cours.
Conformément au « Plan Format » de CANVAS (que les militants appliquent dans des ateliers), il y a quatre étapes pour une stratégie réussie:

1. Analyse de la situation (que nous faisons maintenant)
2. Conception de l’opération (à faire)
3. Phase d’exécution (Comment diable allons-nous réussir à gagner cette guerre?)
4. Opérations technologiques (administration, logistique, coordination et communication)

C’est la ligne directrice, en fait, que nous avons présentée à George au Colorado, et c’est la base de notre « graphique directeur ».
Tel est le fondement de notre brouillon d’analyse sur ce que nous prévoyons de faire au Vénézuéla, qui est attaché en pièce jointe. »

http://wikileaks.org/gifiles/docs/1116408_re-insight-venezuela-canvas-ramping-up-.html

http://www.wikileaks-forum.com/index.php/topic,12561.0.html (anglais)

http://www.wikileaks-forum.com/index.php/topic,12784.0.html (français)

Traduit sur WikiLeaks par Irien

Stratfor Files: APERCU – VENEZUELA – CANVAS monte en puissance

Hugo Chavez en une de son site, http://www.chavezhugo.wordpress.com

Mail n°1116441
Date: 12-01-2010 22.49.50

De marko.papic@stratfor.com
A secure@stratfor.com

CANVAS Service d’Analyses
Janvier 2010

SUJET: Analyse de la situation au Venezuela, Janvier 2010 (BROUILLON)

INTRODUCTION: Cette analyse présente la situation (I), les piliers du régime (II), les partenaires clés de l’opposition et leurs alliés, la liste des sujets potentiels de la campagne (IV) dans la société Vénézuelienne dans la perspective des élections législatives de Septembre 2010, et elle est fondée sur les Estimations Stratégiques effectuées par CANVAS et ses partenaires Vénézueliens en  2006, une série d’ études indépendantes et  universitaires en 2006-2009, ainsi que sur les opinions d’analystes internationaux compétents en janvier 2010. Son objet est de fournir une base pour une étude plus détaillée qui pourra être faite ultérieurement par les intervenants intéressés et par CANVAS. Le suivi de cette analyse apparaîtra dans le Plan Format plus tard dans le processus, après consultation des partenaires,

BREVE ANALYSE : Les élections de 2010 sont perçues comme importantes par la majorité des Vénézueliens. Le régime perd de la popularité, mais reste sur une position offensive contre une opposition fragmentée et stratégiquement divisée. Des groupes informels d’opposition au régime gagnent d’avantage de soutien, même s’il n’est pas certain qu’ils soient capables d’influencer le résultat des élections.
La clé du résultat des élections, en conséquence, peut résider dans la capacité des groupes d’Étudiants, et d’autres « acteurs informels » à construire l’infrastructure de leur mouvement et exploiter leur légitimité, à travailler dans une coalition plus large, à créer et développer une stratégie audible pour les élections avec leurs partenaires, à développer la coopération avec les leaders importants de l’opposition afin de mettre une pression sur les partis d’opposition pour qu’ils s’unissent dans les élections à venir, à conduire des mobilisations et des campagnes « Sortez voter », à réitérer leur tentative réussie de surveiller et rendre compte du résultat du dernier référendum, et enfin à mobiliser les gens pour défendre les résultats électoraux en cas de fraude électorale par le régime.

I: SITUATION:
Éléments clés de la situation actuelle (politique, socio-économique, internationale, et militaire):
a) POLITIQUE :
1. Chavez est offensif contre une opposition défensive et partiellement active (mais principalement réactive) constituée de civils, de groupes étudiants, et d’individus isolés dans le monde des affaires et des médias.
2. Existence d’une « façade démocratique »: à travers une concentration croissante des pouvoirs publics et des institutions. Même dans ce système hautement centralisé, les élections législatives de 2010 sont perçues comme « importantes « ou « très importantes » par la majorité de la population.
3. Le régime emploie la plupart de ses ressources à assurer sa réélection, à travers un contrôle direct sur le pouvoir électoral, l’utilisation de propagande d’Etat, et l’usage abusif de l’appareil légal (y compris des restrictions sur des potentiels candidats d’opposition, dont quelques-uns seront empêchés de se présenter)
4. Les partis d’opposition: perçus comme faibles, travaillant pour leurs propres intérêts, liés à d’anciennes élites économiques, inorganisés, opaques, et avec un leadership faible, sans idées, sans crédibilité. Partis politiques et société civile inactifs et en situation d’immobilisme. Le fait de maintenir une opposition active sur plusieurs « tableaux » aux élections de septembre permettra d’empêcher une victoire facile pour les candidats du régime. Il y a un espace pour de nouvelles idées et de nouveaux mouvements politiques
5. La perception « gagnant/perdant »: Même les victoires de l’opposition, comme celles sur le référendum de la modification constitutionnelle, et le gain de sièges de Maires et de Gouverneurs dans les élections locales, sont efficacement minimisées par le régime, qui est encore perçu comme ayant la mainmise sur la société. Il y a un élément très puissant, le « facteur intangible », qui conduit les électeurs Vénézuéliens à « soutenir le gagnant »
6. Les opposants clés: Parmi les institutions non soumises au gouvernement, le Mouvement Étudiant et l’Eglise sont perçus comme crédibles et rencontrent plus de soutien, si on en croit le peuple, que la plupart des institutions gouvernementales et des partis d’opposition.
7. Chavez trouve le noyau dur de son soutien principalemnt parmi les pauvres et les personnes peu éduquées, et aussi chez les employeurs d ‘Etat. Il y a un fort  élément qui est l’endoctrinement des sympathisants. Les Chavistes sont continuellement abreuvés de propagande d’Etat, afin de les maintenir braves et prêts à agir (y compris physiquement contre les groupes d’opposition).
b)SOCIO-ECONOMIQUE
1.  Des ressources économiques fondées sur le Pétrole, utilisées pour couvrir les principaux besoins et le contrôle social, montrent leur faiblesse comme les prix du Pétrole continuent de chuter sur le marché mondial. Cela cause beaucoup de difficultés à une économie presque exclusivement fondée sur le Pétrole.
2. La criminalité croissante et le manque de sécurité dans la société.
3. La poursuite des « Nationalisations » conduites par l’État, contre le secteur privé national et international détériore la situation de l’économie. Les preuves des entreprises privées selon lesquelles « L’État est en fait un très mauvais manager » sont détournées par la propagande institutionnelle, mais les conséquences commencent à être reconnues par les employeurs.
4. Accroissement de l’utilisation de piliers coercitifs par le régime: Usage de la peur et de la dépendance économique comme outils de contrôle social. Pressions sur les syndicats patronaux et de salariés, et aussi sur l’église. Prise de lois répressives. Les droits de l’Homme sont violés et non garantis. Le niveau de discrimination envers les dissidents augmente.
5. Médias de masse subissant la censure et l’autocensure. Liberté d’expression limitée. Répression continuelle des médias privés afin de restreindre l’espace politique disponible pour l’opposition.
6. Haut niveau d’attentes positives d’opportunités, détériorant la confiance du public envers les institutions malgré le solide charisme personnel de Chavez, son discours d’affrontement, son populisme et sa démagogie.
7. Utilisation d’un affrontement non conventionnel contre des organisations conventionnelles opérée par le régime.
c) INTERNATIONAL ET MILITAIRE :
1. Alliance avec Cuba et d’autres pays stratégiques, comme l’Iran, la Chine, la Lybie etc. (remplacement de Vénézuéliens par des non Vénézuéliens – Ressources humaines, compétences et connaissances).
2. La croisade de Chavez contre l’ « impérialisme Américain » lui confère beaucoup de charisme dans la région et dans le monde entier. Il y a une campagne de communication continuelle par le régime, nationale et internationale aux fins d’exploiter le sentiment anti-américain dans le pays et internationalement (partiellement mise à mal par le départ de « Bush Satan » et son remplacement par un président Obama internationalement plus populaire et généralement plus modéré.
3. Course aux armements de Chavez avec l’acquisition d’armes (AK 49) et d’avions (NdT: le texte dit plains, plaines mais je suppose que c’est une faute de frappe pour planes avions).
4. Neutralisation et contrôle des militaires, en particulier par la création de troupes de réserve sous le contrôle direct de Chavez. Formation d’organisations de renfort politique parallèles, comme les bandes de rue Bolivariennes, les Forces Armées Bolivariennes, l’Armée de Réserve.

II : Les piliers du soutien à Chavez
(Institutions et organisations clés soutenant le régime actuel)
1.  Armée et Police
2.  Justice et Bureaucratie
3.  Industrie pétrolière et autres secteurs économiques nationalisés.
4.  Système éducatif.
5. Médias
6.  CNE (Conseil National Électoral)
7.  Acteurs étrangers régionaux: Cuba et Bolivie
8.  Acteurs étrangers globaux: Russie et Iran.

III : Acteurs clés et alliés potentiels
Les particuliers pris en compte par cette analyse proviennent de différents partis, mais, comme dans le cas de la Serbie, ils sont considérés comme importants soit à cause d’anciennes fonctions électives (bien que les pouvoirs Municipaux aient été largement réduits par le gouvernement central avec une série de mesures, après que des Maires d’opposition aient pris leurs fonctions en Novembre 2008), ou bien à cause de leur autorité ou de leur potentiel. En suivant le modèle suggéré de construction d’une Unité, utilisé efficacement en Serbie, les efforts du mouvement pour l’Unité devraient se concentrer d’abord sur les personnalités importantes ci-après sélectionnées, puis, éventuellement, sur l’appareil des 15 partis d’opposition et les nombreuses organisations listées comme « alliés potentiels »,
1, Antonio Ledezma, Maire de Caracas, et leader du parti de centre gauche Intrépide Alliance du Peuple, potentiellement modèle de comportement pour rassembler, tout comme pour développer une stratégie commune pour le mouvement,
2. Carlos Eduardo Ocariz Guerra:, ex-membre du parlement, est devenu une référence politique de l’opposition au Président Hugo Chavez. Lors des élections du 23 Novembre 2008, il a été élu Maire de la municipalité de Sucre dans le district métropolitain de Caracas. Sucre constituant un environnement Chaviste typique, avec un grand nombre de barrios et une criminalité élevée, c’est un modèle de bataille de terrain réussie, qui, exploité par le mouvement pourrait être transposé à d’autres parties du pays, spécialement en mobilisant les citoyens les plus pauvres. Chavez est très attentif à son potentiel et en conséquence concentré sur Ocariz et le secteur de Sucre.
3.  Henrique Capriles Radonski, gouverneur de l’Etat de Miranda, son autorité provient de sa base électorale précédente dans la municipalité de Baruta et de son expérience au parlement dont il a été le plus jeune membre dans la législature précédente,
4. Leopoldo Lopez Mendoza, ancien Maire de la municipalité de Chacao, district de Caracas, plus tard interdit d’exercer par le gouvernement, il a une relation symbolique et exploitable avec Simon Bolivar et jouit d’une attention médiatique internationale significative.
5. Alexandra Belandria, militante étudiante et journaliste TV, une des membres fondateurs de Cambio, groupe qui a initialement mobilisé des étudiants jusque-là neutres et inactifs en 2006 et 2007. (ancêtre des groupes qui ont plus tard développé le mouvement étudiant tel que nous le connaissons aujourd’hui.) Grandes capacités d’organisation et expérience variée dans l’organisation de communautés, y compris des « OTPOR » activités provocantes et humoristiques dans les barrios.
6. Yon Goicoechea. Étudiant en Droit Vénézuélien à l’Université Catholique Andrès Bello et actif dans l’opposition au gouvernement du président Vénézuélien Hugo Chavez. Goicoechea a été l’un des principaux organisateurs du Movimiento Estudiatil Venezolano (Mouvement Etudiant vénézuélien), cité comme un facteur clé du rejet de la proposition de modification constitutionnelle de Chavez lors du référendum constitutionnel de Décembre 2007.

Liste des principaux alliés à considérer dans la campagne :
1. Partis politiques qui s’opposeront à Chavez lors des élections (de préférence unis)
2. Les étudiants et les groupes civils, potentiellement actifs dans la mobilisation de la jeunesse.  Campagne « Sortez Voter » et activités « contrôler les urnes et défendre les votes ».
3. Médias : Indépendants, étrangers.
4. Guildes, Syndicats et Associations professionnelles : journalistes, secteur médical, ingénieurs, juristes.
5. Federacion Campesina (Fédération Paysanne)
6 Federacion Venezolana de Maestros (Fédération Vénézuélienne de l’Enseignement)
7. Fedecamaras (Fédération de chambres de Commerce)
8. Fedenagas (Fédération d’éleveurs)
9. Acteurs du divertissement et de la culture (savoir s’ils sont organisés)
10. Communautés d’immigrés au Vénézuéla (Association Italo-Vénézuélienne, Fraternité Galicienne, etc.)
11. Associations de voisinage.
12. Asamblea de Ciudadanos (Assemblée de Citoyens): discute de la situation politique.
13. Assamblea de Padres y Representantes (assemblée de Pères et Représentants- Secteur de l’éducation privée Catholique)
14.  Fe y Alegria (Foi et Joie – mouvement d’éducation populaire Catholique)
15.  Dividendo Voluntario para la Comunidad (organisation d’entreprises privées finançant des projets sociaux)
16.  Rotary Club
17. Communautés sportives (joueurs de base ball aux US, FIFA)
18. Anciens travailleurs du secteur pétrolier et dirigeants
19. Eglise Catholique
20. Membres de l’Université.

IV Liste des sujets potentiellement exploitables dans la campagne :
1. Crime et insécurité: 18000 meurtres par an et des zones entières dans les barrios ingouvernables par les forces de sécurité. La situation s’est dramatiquement détériorée depuis 2006. Raison de vouloir le changement.
2. Education : Le gouvernement est en train de s’emparer du système éducatif : Les professeurs doivent être mis au pas. Ils devront perdre leur travail ou se soumettre. Ils ont besoin d’être encouragés, et il y aura un risque. Nous devons les convaincre que nous leur permettrons d’accéder aux plus hauts niveaux de la société : ils ont la responsabilité la plus importante. Les Maîtres devront convaincre les étudiants. Qui les influencera ? Comment arriverons-nous à les toucher ?
3. La jeunesse: Le message doit être adapté à toute la jeunesse, non juste aux étudiants de l’université.
4. L’économie: Le Pétrole appartient au Venezuela, non au gouvernement, c’est notre argent, notre droit! Santé et Sécurité Sociale.
5. Les femmes: Que veulent les femmes? Règle de Droit, la police sous la direction des autorités locales, nous ne voulons plus de voyous.
6. Les transports: Les travailleurs doivent pouvoir atteindre leur travail. C’est votre argent. Nous devons en rendre le gouvernement plus responsable et ce n’est pas le cas actuellement.
7. Gouvernement. Redistribution de la richesse, tout le monde doit avoir une opportunité de s’enrichir.
8. Il y a une forte tendance présidentialiste au Vénézuela. Pouvons-nous la changer ? Comment pouvons-nous avancer malgré cela ?

Une analyse détaillée de la situation sera prête en février 2010. Avec des partenaires significatifs, et utilisée pour des développements analytiques/ définitions d’objectifs.

Ne pas citer ou distribuer sans consultation préalable

Belgrade, Janvier 2010
Centre pour l’Action Non-Violente Appliquée et la Stratégie, tous droits réservés.

http://wikileaks.org/gifiles/docs/1116441_insight-venezuela-canvas-ramping-up-.html
http://www.wikileaks-forum.com/index.php/topic,12563.0.html (anglais)

http://www.wikileaks-forum.com/index.php/topic,12772.0.html (français)

Pour plus d’informations sur ce qu’est CANVAS voir ici: (more information about what CANVAS is here)
http://apublica.org/2012/06/revolucao-a-americana/ (brésilien_portugais seulement/ brasilian_portuguese only)

EDIT le 29 Juillet 2012: L’article en brésilien/ portugais de a publica a été traduit en anglais et se trouve sur ce forum à l’adresse: http://www.wikileaks-forum.com/index.php/topic,13329.0.html

Traduit sur WikiLeaks par Irien

Willsummer: Appel à Roosevelt 2012 pour le rassemblement du 10 août parisien en soutien à Julian Assange

 

Place Saint-Michel

Place Saint-Michel

par willsummer, le 9 aoüt 2012

Bonjour!

Je suis membre du collectif depuis plusieurs mois, via l’adhésion par internet. Ce qui m’a décidé, outre le discours, est la présence de Stéphane Hessel parmi vos membres les plus éminents, à laquelle s’adjoint celle, cité en second mais non moindre, bien que possédant une histoire plus « douce », d’Edgar Morin: eu égard à l’ouvrage « Indignez-vous! », ils disposent pour moi de toute la légitimité suffisante…

Je suis militant EELV et ai organisé les manifestations anti-ACTA dans ma ville d’Angers, en arborant le masque des Anonymous (libre de droits, comme vous savez 😉 ). Depuis, je me tourne comme tous les autres militants vers INDECT http://indect.investigation.overblog.com/indect-quelques-precisions-a-savoir-d-urgence, mais y inclus Smart Borders http://willsummer.wordpress.com/2012/08/08/smart-borders-les-nouvelles-frontieres-hi-tech-de-leurope/; les deux mis ensemble font de l’Europe une forteresse-prison, sans qu’il y en ait JAMAIS eu besoin – les êtres humains entre eux ne se comportent pas comme les médias vous le présentent, de quelque (ou presque) émission de divertissement, éducative ou informative que ce soit: vous avez là un diffuseur de mensonges qui ne vous présente qu’une PARODIE de la réalité, dont l’unique raison d’être, aujourd’hui, malgré de louables efforts, n’est plus que d’alimenter les servants et capitaines de Babylone, tel un charlatan vous vantant les mérites d’un poison…

Il y a INDECT, Smart Borders, le MES; SOPA, PIPA, le NDAA; la Syrie; l’Iran; j’en passe, ils y passeront tous, ces sujets, et ils seront tous réglés… Et il y a WikiLeaks.

Julian Assange est un homme que beaucoup, soyons honnêtes, eussions rêvé d’être, pour connaître le frisson qui habite sa vie, comme un Emile Zola/Jean Moulin australien, nous parlant aujourd’hui et à nous tous, en ce début de XXIè siècle. Non pas pour sa chevelure argentée, ou son succès auprès des femmes (voir une certaine affaire suédoise récente), ou son charme de gentleman intellectuel mais libertaire (c’est sans doute ce qui les affole! … je plaisante… ! ), mais parce qu’il incarne, par ses actes et ceux de son entourage, l’expression même de la liberté d’expression, de la presse et du droit de la population d’être informée de ce qui a un impact sur sa vie.

Ce n’est pas parce qu’il n’est pas français, qu’il ne se prénomme ni Emile ni Jean, que nous ne devons pas ressentir de solidarité avec cet homme. Parce qu’il a bravé la machine, que décriait Jacques Ellul… Parce qu’il est vivant, vibrant, que son âme exulte de par ses actes et ses paroles la joie, le bonheur de vivre sur cette Terre et d’aimer ce qui est bon, ce qui est juste…

Ce n’est pas un homme qui se complaît à faire le mal, ainsi que le lui aboient ses détracteurs: c’est notre frère, notre voisin, un homme qui a une étincelle dans le regard et dont vous souhaiteriez faire la connaissance en le rencontrant selon le hasard de votre chemin.

Je me souviens de paroles que nous échangions dans la cour de récréation, alors que j’étais en école primaire: face à ce que j’appelle aujourd’hui avec mon esprit d’adulte irraisonnée, il y avait parmi la liste de réponses possibles: « c’est celui qui dit qui y est »…

Depuis j’ai appris que c’est un exemple merveilleux de la sagesse enfantine, et surtout de la sagesse humaine intrinsèque: lorsque vous êtes accusé de quelque chose, que cette chose s’avère être sans fondement ni propos, la meilleure chose à faire est encore de renvoyer son venin (toutes proportions gardées!) à son accusateur; car c’est pour cacher ses vilaines pensées qu’il les présente sous forme d’agression sur un autre. C’est lorsque vous rentrez dans son jeu que les vrais problèmes commencent…

Ici, naturellement, nous ne sommes pas dans un bac à sable, à moins d’avoir des moeurs enfantines à notre âge (dussé-je le préciser j’estime m’adresser à des adultes)… Ce collectif, les récents soulèvements et mouvements populaires mondiaux n’ont d’autre cause, source et douleur que d’être issus de la réaction normale et intrinsèquement humaine de l’exécration de l’injustice et du profit mal acquis…

Julian Assange va savoir, la semaine prochaine, s’il dispose ou non d’un havre pour échapper aux conséquences de crimes qu’il n’a PAS COMMIS, et qui n’ont JAMAIS EXISTE, à lui imputés par la nation qui dans l’histoire récente (voir les écrits de Mark Twain, « La Prodigieuse Procession et Autres Charges » http://atheles.org/agone/manufacturedeproses/laprodigieuseprocessionautrescharges/index.html, et la plus grande partie de l’histoire contemporaine depuis 1917), a été sans aucun doute possible, à mesure que les informations deviennent publiques, le « maître d’oeuvre » d’un projet dont l’Allemagne nazie (hello Godwin point 😉 ) n’était qu’un avant-goût (mauvais, le goût, n’est-ce pas…?).

Cherchez dans les romans, les filmes, les pièces et oeuvres d’anticipation pour trouver ce qui peut nous attendre: point de « nirvana cyberpunk globale » http://willsummer.wordpress.com/2012/07/29/131/, mais une dictature mondialisée où une fraction du 1% déjà pointé du doigt profitera d’une foule de servants et d’une « masse » de serviteurs, n’ayant pour horizon que la poursuite de la même et sempiternelle illusion: que l’homme n’est qu’un loup pour l’homme…

A travers toute la planète, un vent se lève; un esprit de renouveau, porteur de fruits dont nous n’avions pas osé rêver, souffle sur les eaux de nos consciences… Un bel exemple de ce fait se trouve dans les paroles de Julian Assange, qu’il publia ce 4 avril dernier (traduction par votre serviteur 😉 ):

“Nous vivons dans le monde que nous percevons. Nos limites sont celles de nos perceptions.

Cette génération en sait plus que toutes les générations qui l’ont précédée. Ses actes éclipseront ceux des générations passées. Nous changeons le monde en observant son comportement, en y réfléchissant et en agissant selon nos pensées.

Pour observer, nous devons ouvrir nos yeux.

Pour réfléchir, nous devons ouvrir nos esprits.

Pour agir, nous devons ouvrir nos cœurs.

Nos yeux n’ont jamais été aussi ouverts. Nos esprits n’ont jamais été aussi entraînés. Et le courage dans nos cœurs se répand comme une contagion.”

Demain, à partir de 16h et jusqu’à 19h, les FoWL de France, avec l’appui du Parti Pirate d’Ile de France, organisent un rassemblement place Saint Michel à Paris (Métro Saint-Michel), devant la fontaine. Nous espérons bien sûr, comme pour toute manifestation, être aussi nombreux(ses) que possible; nous vous invitons à venir vous-mêmes affirmer votre accord et votre soutien à la défense des quelques principes qui ont été évoqués ci-avant.

L’appel a déjà été relayé par demosphere, WikiLeaks, USDayofRage, le PP d’Ile de France, EELV (par mes soins), et via notre blog, qui en réalité est à l’origine de cet événement et où se trouve non seulement l’appel à manifester, ci-après, https://wikileaksactu.wordpress.com/rassemblement-a-paris/; si vous vous sentez pris au dépourvu, si j’ose dire, c’est sans doute parce que vous n’aviez rien organisé – en tout bien et honneur, cela va sans dire.

Que ce soit INDECT, le MES, SYSSEC, j’en passe (encore), il y a bien des raisons de faire connaître à ceux qui détiennent en dernier lieu selon notre système – visiblement (?) – les cordons de la bourse et le contrôle du bâton (comment cela se fait-il…?) que nous sommes éveilles et actifs. Ce n’est pas parce que le monde s’écroule autour de soi qu’il faut se laisser aller; comme disent les Anglais, « When the going gets tough, the tough get going », c’est-à-dire « Quand le chemin devient dur, les durs se mettent en route ».

S’il vous plaît, venez nous rejoindre pour vous prouver à vous-mêmes et à tous que vous êtes des citoyen(ne)s conscient(e)s et éveillé(e)s!

Tous à Saint-Michel à 16h vendredi 10 août à Paris!

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En fuite, Qaddafi aurait tenté de trouver refuge auprès des autorités algériennes

Initialement publié en anglais le 24-07-2012 sur Liberté-info.net

Peu d’informations étaient jusque-là disponibles concernant l’éventuelle tentative par l’ancien dictateur libyen de trouver refuge hors du pays qu’il a commandé d’une main de fer pendant quarante-deux années.

Grâce à la publication par WikiLeaks de la suite des GIFiles (les Global Intelligence Files, nom prêté à l’importante masse d’e-mails de la société de renseignement américaine Stratfor, considérée comme étant la CIA de l’ombre, car elle renseigne entre autres le Homeland Security et la Defense Intelligence Agency américains), le public, les journalistes, et les historiens vont pouvoir mieux comprendre et enquêter sur ce qui s’est passé lors de cet épisode de la révolution libyenne, et plus spécialement au regard du rôle joué par l’Algérie.

Liberté-info, association pour la défense des libertés informatiques, a pu obtenir l’accès à la suite des GIFiles, grâce à un partenariat d’investigation organisé par WikiLeaks et impliquant des journalistes, des universitaires, et des organisations de défense des droits de l’homme.

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Après son renversement et sa fuite, il y a eu beaucoup de spéculation si et où Qaddafi chercherait refuge en quittant le territoire libyen. Mais nous savons peu, sinon que finalement il n’a pas quitté le territoire, où il fût rattrapé par les frappes aériennes de l’OTAN avant de tomber et d’être tué entre les mains des rebelles révolutionnaires.

L’Algérie, pays voisin dont la classe dirigeante a observé avec effroi la propagation de la vague démocratique et révolutionnaire qui a débuté en Tunisie et s’est étendue jusqu’à la frontière ouest, au Maroc, a donné l’asile aux principaux proches de Qaddafi: sa femme Safia, ses deux fils Mohamed et Hanibal, et sa fille Aicha. La raison de ce geste seraient d’ordre « humanitaire », d’après l’ambassadeur algérien aux Nations Unies. La grossesse avancée d’Aicha – elle donnera naissance à une fille peu après avoir pénétré le territoire algérien – peut effectivement justifier son entrée à elle, mais pas celle du reste de la famille. La corruption endémique de l’Etat algérien, ainsi que la richesse amassée et probablement en partie transportée par la famille en fuite expliqueraient cet apparent excès de générosité.

Ceci eut lieu à la fin du mois d’août 2011, et mit le gouvernement algérien dans une position fâcheuse envers l’organe provisoire gouvernant la Libye, le Conseil National de Transition (CNT). En effet, la famille de Qaddafi, jugée complice de nombreux crimes du patriarche, était et est toujours voulue en Libye pour y être jugée. Les quatres proches ainsi que la fille d’Aicha se trouvent toujours en Algérie.

En dépit de ses déclarations affirmant qu’il ne quitterait jamais le territoire libyen, des informations provenant des nouvelles publications des GIFiles suggèrent le contraire: le Colonel aurait tenté de trouver l’asile au moins en Algérie.

L’e-mail dont l’identifiant est 120909, daté du 1er septembre 2011 et envoyé par un employé de Stratfor (un « watch officer », qui est le grade au-dessus d’analyste et en-dessous de directeur) à la mailing-liste interne nommée Alpha (qui comprend les analystes, les rédacteurs, et les employés de plus haut niveau) cite une source diplomatique algérienne qui aurait affirmé que Qaddafi (dont le nom de code utiilisé dans la correspondance est « Q », initiale de Qaddafi) aurait tenté de trouver refuge en Algérie en contactant le président algérien Bouteflika. La source déclare que Bouteflika a ignoré les appels répétés du dictateur déchu. Elle suggère aussi que les services de renseignement algériens auraient partagé la localisation du Colonel (qu’ils ont estimé être la ville de Béni Walid) avec leurs confrères britanniques, et aurait prédit qu’il « serait abattu tôt ou tard ».

Malgré la notation moyenne par l’employé de Stratfor de sa source (crédibilité estimée à C, A étant le mieux et F le pire) et de la crédibilité du renseignement (noté à 3-4, 1 étant le mieux sur une échelle de dix), il semblerait avec le recul que le renseignement était plutôt fiable: Qaddafi fût abattu peu après, le 20 octobre 2011 près de Syrte, à moins de 300 kilomètres de Béni Walid.

L’employé de Stratfor a précisé que sa source lui a été présentée par une autre source, ME1 (pour Middle East 1), qui semble être une importante source de Stratfor car il/elle apparaît dans de nombreux mails remontant au moins jusqu’à 2006.

Source: http://blogs.mediapart.fr/blog/mehdi-taileb/260712/exclusif-alors-quil-etait-en-fuite-kadhafi-aurait-tente-en-vain-de-tro

http://www.wikileaks-forum.com/index.php/topic,13271.0.html

Publié sur Mediapart par Mehdi Taileb