Au moins 13 agences gouvernementales canadiennes ont eu des contrats avec Stratfor, révèle WikiLeaks

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Ressources naturelles et de la Sécurité publique, ainsi que la GRC et la Commission canadienne de sûreté nucléaire, entre autres, ont des abonnements aux services de Stratfor.

Des agences canadiennes en lien avec une firme américaine privée

Publié le 15 décembre 2013 à 17h03

Ben Makuch
La Presse Canadienne
OTTAWA

Au moins 13 agences gouvernementales canadiennes avaient des contrats avec la firme américaine privée de renseignement Strategic Forecasting Inc., ou Stratfor, révèlent des courriels tout juste publiés sur le site WikiLeaks.

Stratfor a fait parler d’elle récemment, après qu’un document destiné à une société pétrolière suggérant des manières de contourner les groupes environnementaux, dont Greenpeace, eut filtré.

Les courriels indiquent que les agences canadiennes ont dépensé au moins un demi-million de dollars pour les services de Stratfor.

Des correspondances entre janvier 2009 et février 2011 contiennent des factures de 13 125 $ et de 13 725 $ pour des contrats d’un an du ministère des Affaires étrangères, du Commerce et du Développement, qui ne les a pas rendues publiques.

Selon une politique de divulgation proactive, le gouvernement doit pourtant publier sur Internet les transactions de plus de 10 000 $.

Le porte-parole des Affaires étrangères, Jean-Bruno Villeneuve, affirme que c’était un simple oubli clérical.

Il ajoute que ces abonnements étaient «largement utilisés dans le département pour apporter de l’information pour le développement de politiques et l’analyse».

Stratfor n’a pas voulu commenter la récente fuite, dirigeant plutôt La Presse Canadienne vers une politique de l’entreprise qui stipule qu’elle ne commente pas sur les documents de WikiLeaks.

«Certains courriels peuvent avoir été falsifiés ou modifiés pour inclure des inexactitudes, certains peuvent être authentiques, dit la politique. Nous ne confirmerons pas dans un cas comme dans l’autre. Nous n’expliquerons pas non plus la philosophie derrière les courriels. Notre propriété a été volée; nous n’allons pas être victimes une seconde fois en nous soumettant à des interviews sur le sujet.»

Un expert en renseignement canadien affirme que certains ministères fédéraux retiennent les services de firmes privées pour améliorer leur base de renseignement.

«Je pense que c’est plutôt commun, particulièrement pour les gens du domaine de l’analyse de renseignement du gouvernement canadien, d’avoir des contrats de temps en temps avec des firmes du secteur privé pour certains types de problèmes analytiques, ce que fait Stratfor, à la base», affirme Wesley Wark.

Dans d’autres courriels, on apprend que le Collège des Forces armées canadiennes à Toronto s’est abonné pour trois ans au portail «Premium» de Stratfor, ce qui donne accès à 10 utilisateurs différents à des analyses sophistiquées et des prévisions géopolitiques. Ce contrat a coûté 240 600 $ sur trois ans et l’armée l’a rendu public.

En plus des Forces armées, les ministères des Transports, de l’Industrie, de la Citoyenneté et de l’Immigration, des Ressources naturelles et de la Sécurité publique, ainsi que la GRC et la Commission canadienne de sûreté nucléaire, entre autres, ont des abonnements aux services de Stratfor.

Un pirate informatique et membre du groupe de piratage Anonymous, Jeremy Hammond, a plaidé coupable pour le vol de ces cinq millions de courriels et reçu une sentence de dix ans d’emprisonnement aux États-Unis.

M. Wark ne croit pas que Stratfor ait accès à de l’information confidentielle.

«Les gens qui travaillent pour Stratfor sont pour la plupart d’anciens membres de la communauté du renseignement américain. Ils ont des connexions. Mais je pense qu’ils travaillent principalement avec des données du domaine public.»

Source: http://www.lapresse.ca/international/dossiers/fuites-de-wikileaks/201312/15/01-4721198-des-agences-canadiennes-en-lien-avec-une-firme-americaine-privee.php

Déclaration de Jeremy Hammond, hacker anarchiste et anti-guerre, condamné à 10 ans de prison dans l’affaire des Stratfor Files

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L’Atelier-médias libres, mardi 19 novembre 2013

Jeremy Hammond est connu pour ses révélations sur l’entreprise de sécurité Stratfor. Ce camarade anarchiste, soutenu par l’Anarchist Black Cross de New York, a été condamné vendredi 15 novembre 2013, aux Etats-Unis, à 10 ans de prison.

Il était inculpé pour plusieurs actes de piratage informatique. Connu sous le pseudonyme d’Anarchaos, il était accusé de s’être introduit illégalement en décembre 2011, avec d’autres, au sein des systèmes d’information de Stratfor, une entreprise américaine spécialisée dans le renseignement. Des informations confidentielles concernant environ 860 000 personnes et 60 000 cartes de crédit furent alors dérobées et 700 000 dollars versés à différentes ONG. Mais une taupe du FBI, Sabu, provoqua son arrestation.

Vendredi 15 novembre, il a pu, avant sa condamnation, lire une déclaration au tribunal. En voici une traduction adaptée de celle publiée sur le blog resistra.espivblogs.net. Les noms de société ont été retirés par son comité de soutien sur ordre du juge.

Bonjour à tous.

Je vous remercie de me laisser de m’exprimer. Mon nom est Jeremy Hammond et je suis ici pour être jugé pour des activités de piratage menées au cours de ma participation à Anonymous. Enfermé ces vingt derniers mois au MCC j’ai eu beaucoup de temps pour réfléchir à mes actes et à apporter une explication.

Avant de commencer, je voudrais prendre un moment afin d’exprimer ma reconnaissance pour le travail accompli par les personnes qui m’ont soutenu. Je tiens à remercier les avocats et toutes les autres personnes qui ont travaillé sur mon procès: Elizabeth Fink, Susan Kellman, Sarah Kunstler, Emily Kunstler, Margaret Kunstler, et Grainne O’Neill. Je tiens également à remercier la National Lawyers Guild, le Comité de Défense Hammond Jeremy et le réseau de soutien, les Anons, le Réseau de solidarité Anonymous, le Black Cross anarchiste, et tous ceux qui m’ont aidé en m’écrivant une lettre de soutien, en m’envoyant des lettres, en assistant aux différentes séances du procès et en parlant de l’affaire autour d’eux. Je voudrais aussi hurler pour tous mes frères et sœurs qui sont derrière les barreaux et pour celles et ceux encore dehors qui combattent toutes les formes de pouvoir.

Les actes de désobéissance civile et d’action directe pour lesquels je suis condamné aujourd’hui sont en accord avec les principes de communauté et d’égalité qui guident ma vie. J’ai piraté des dizaines de sociétés de haut niveau et des institutions gouvernementales, comprenant très clairement que ce que je faisais était contraire à la loi, et que mes actions pourraient m’envoyer dans une prison fédérale. Mais je sentais que j’avais l’obligation d’utiliser mes compétences pour dénoncer et lutter contre cette injustice, et de mettre en lumière la vérité.

Aurais-je pu atteindre les mêmes objectifs par des moyens légaux? J’ai tout essayé, depuis l’appel à signatures de pétitions à l’organisation de manifestations pacifiques, j’ai constaté que les personnes au pouvoir ne veulent pas que la vérité soit révélée. Quand nous exposons la vérité au pouvoir, nous sommes au mieux ignorés et au pire brutalement réprimés. Nous sommes confrontés à une structure de pouvoir qui ne respecte pas son propre système de « mécanisme régulateur », peu lui importent les droits de ses propres citoyens ou de ceux de la communauté internationale.

Mon entrée en politique coïncide avec l’élection présidentielle truquée de 2000 par Georges W. Bush qui profita, après le 11 septembre, de la vague de racisme et de patriotisme pour lancer des guerres impérialistes, sans qu’il y ait eu de provocation, contre l’Irak et l’Afghanistan. J’ai manifesté publiquement croyant naïvement que nos voix seraient entendues à Washington et que nous pourrions arrêter les guerres. Au lieu de cela, nous avons été étiquetés comme traîtres, battus et arrêtés.

Manif de solidarité en juin 2012 à New York

J’ai été arrêté pour de nombreux actes de désobéissance civile commis dans les rues de Chicago et c’est en 2005 que j’ai utilisé mes compétences en informatique pour enfreindre la loi en signe de protestation politique. J’ai été arrêté par le FBI pour piratage du système informatique d’un groupe d’extrême droite pro-guerre appelé « Guerrier militant » (« Protest Warrior »), une organisation qui vendait en ligne des t-shirts racistes et avait harcelé des groupes anti-guerre. J’ai été poursuivi en vertu de la loi sur la fraude informatique, et pour les pertes occasionnées. Dans mon cas, celles-ci ont été calculées arbitrairement en multipliant par 500 $ les données des 5 000 cartes de crédit trouvées dans la base de données de « Guerrier militant »: 2,5 millions de dollars de perte. La condamnation fut calculée sur la base de ces « pertes occasionnées », alors qu’aucune carte ne fut utilisée ou distribuée par moi ou quelqu’un d’autre. J’ai été condamné à deux ans de prison.

En prison, j’ai pu voir la triste réalité et la façon dont le système pénitentiaire détruit la vie de millions de personnes retenues en captivité. Cette expérience conforte mon opposition à toutes les formes de répression du pouvoir, et l’importance de se battre pour ses idéaux.

Sorti de prison j’étais pressé de poursuivre mon engagement dans les luttes pour le changement social. Je ne voulais pas retourner en prison, alors je me suis concentré sur l’organisation des mouvements publics, à visage découvert. Au fil du temps, je me suis senti frustré par les limites de la manifestation pacifique, la considérant comme réformiste et inefficace. L’administration Obama a continué les guerres en Irak et en Afghanistan, a intensifié l’utilisation de drones, et n’a pas réussi à fermer Guantanamo Bay.

À cette époque, je suivais le travail de groupes comme Wikileaks et Anonymous. C’était très stimulant de voir les idées de piratage informatique se concrétiser. J’ai été particulièrement ému par les actions héroïques de Chelsea Manning, qui avait dénoncé les atrocités commises par les forces américaines en Irak et en Afghanistan. Elle a pris un risque personnel énorme pour divulguer cette information – croire que le public avait le droit de savoir et espérer que ses révélations permettraient de mettre fin à ces abus. Il est déchirant d’entendre parler de son traitement cruel en cellule militaire.

J’ai longuement réfléchi sur l’opportunité de reprendre ce chemin. Je devais m’interroger: si Chelsea Manning, depuis le fond cauchemardesque et abyssal de sa prison se battait pour la vérité, pouvais-je en toute conscience l’abandonner? En étais-je capable? J’ai alors pensé que la meilleure façon d’être solidaire était de poursuivre le travail de révélation et de dénonciation de la corruption.

J’ai été attiré par Anonymous, parce que je crois en l’action directe autonome et décentralisée. Anonymous était impliqué dans des opérations de soutien aux soulèvements du printemps arabe, contre la censure et pour la défense de Wikileaks. J’avais beaucoup à leur apporter, en compétences techniques que dans les moyens d’exprimer les idéaux et objectifs. C’était une époque passionnante – la naissance d’un mouvement de contestation numérique, où la définition et les capacités du piratage informatique ont été façonnées.

J’étais particulièrement intéressé par le travail des hackers de LulzSec qui pirataient des cibles importantes et devenaient de plus en plus politiques. À cette époque, j’ai commencé à parler à Sabu, qui était très ouvert sur les piratages informatiques qu’il avait supposément commis et encourageait les pirates à s’unir et à attaquer le gouvernement central et les grandes entreprises sous la bannière d’« Antisec ». Mais très vite après mon entrée dans le groupe, les autres hackers Lulzsec furent arrêtés, me laissant m’introduire dans les systèmes et rédiger des communiqués de presse. Plus tard, j’apprendrais que Sabu avait été la première personne arrêtée et qu’à l’époque où j’étais en contact avec lui, il était un informateur du FBI.

Anonymous fut impliqué, dès le début, dans le mouvement « Occupy Wall Street ». J’étais régulièrement dans les rues dans le cadre d’ « Occupy Chicago » et très heureux de voir qu’un mouvement de masse, dans le monde entier, se levait contre les injustices du capitalisme et le racisme. Très vite les mouvements « Occupy » prirent fin, détruits par la répression policière et les arrestations massives de manifestant-e-s qui furent chassés de leurs propres parcs publics. La répression des Anonymous et des mouvements « Occupy » a donné le ton à « Antisec » dans les mois qui suivirent – la majorité de nos piratages furent alors dirigés contre la police en représailles à l’arrestation de nos camarades.

J’ai ciblé le système judiciaire en raison du racisme et de l’inégalité avec laquelle la loi pénale est appliquée. J’ai ciblé les fabricants et distributeurs d’équipements militaires et les policiers qui utilisent leur armement pour promouvoir les intérêts politiques et économiques américains à l’étranger et réprimer les gens à l’intérieur du pays. J’ai ciblé les entreprises de sécurité informatique parce qu’elles travaillent en secret pour protéger le gouvernement et les intérêts des entreprises, au détriment des droits individuels, sapent et discréditent les militants, les journalistes et autres chercheurs de vérité, et propagent de la désinformation.

Je n’avais même jamais entendu parler de Stratfor [1] jusqu’à ce que Sabu attire mon attention dessus. Sabu encourageait les pirates à envahir les systèmes en les aidant à élaborer des stratégies pour faciliter les attaques. Il m’a même fourni les vulnérabilités existantes des cibles visées par les pirates, donc ce fut une grande surprise quand j’ai appris que Sabu avait travaillé avec le FBI tout ce temps.

Le 4 décembre 2011, Sabu a été approché par un autre hacker qui avait déjà piraté la base de données des cartes de crédit de Stratfor. Sabu, sous l’œil vigilant de ses correspondants gouvernementaux, a alors été introduit au sein du collectif Antisec, invité sur notre forum privé de discussion, où il a fourni, en téléchargement, des liens vers la base de données complète des cartes de crédit ainsi que le point d’accès de la vulnérabilité du système Stratfor.

J’ai effectué de nombreuses recherches sur Stratfor, ses activités et revu toutes les informations que nous possédions ; j’en ai conclu qu’elle était une cible intéressante. J’ai trouvé ironique que les cartes de crédit de la riche et puissante clientèle de Stratfor soient utilisées pour donner de l’argent à des organisations humanitaires, mais mon principal rôle fut de récupérer des boîtes de messagerie privée afin de connaître tous les sales secrets de cette entreprise qui généralement s’y trouvent.

Il m’a fallu plus d’une semaine pour avoir accès au système interne de Stratfor et j’ai finalement fait irruption dans leur serveur de messagerie. La quantité d’informations était si importante qu’il nous fallu plusieurs serveurs pour transférer les mails. Sabu, qui participa à chaque étape de l’opération offrit un serveur fourni et surveillé par le FBI. Au cours des semaines suivantes les mails furent transférés, les cartes de crédit utilisées pour les dons, et les systèmes de Stratfor brouillés et détruits. Pourquoi le FBI nous a fourni le pirate qui a trouvé la vulnérabilité initiale du système et a permis à celui-ci de continuer, demeure un mystère.

À la suite du piratage de Stratfor, certains des dangers de l’industrie de renseignement privé, non réglementée, sont maintenant connus. Ce sont Wikileaks et d’autres journalistes à travers le monde qui ont révélés que Stratfor a maintenu un réseau mondial d’informateurs qui avaient l’habitude de se livrer à des activités de surveillance intrusive et éventuellement illégales au nom de grandes multinationales.

Après Stratfor j’ai pénétré d’autres cibles, en utilisant une puissante « faille zero day » [2] donnant un accès administrateur pour les systèmes exécutant la populaire plateforme d’hébergement Plesk. Sabu m’a demandé à plusieurs reprises de pouvoir accéder à cette faille, ce que je lui ai toujours refusé. Sans son propre accès indépendant, Sabu continua à me fournir des listes de cibles vulnérables. J’ai pénétré de nombreux sites Web qu’il avait fourni, téléchargé les comptes et bases de données e-mail volés sur le serveur FBI de Sabu, et lui remis les mots de passe et les backdoors, ce qui permis à Sabu (et, par extension, à ses correspondants au FBI) ​​de contrôler ces cibles.

Toutes ces intrusions, qui ont été suggérées par Sabu coopérant avec le FBI, touchèrent des milliers de noms de domaine et se composaient en grande partie de sites gouvernementaux étrangers, comme ceux de XXXXXXX, XXXXXXXX, XXXX, XXXXX XXXXX, XXXXXXXX, XXXXXXX et le XXXXXX XXXXXXX. Dans un cas, Sabu et moi-même fournirent les accès aux pirates qui allèrent défacer et détruire de nombreux sites Web du gouvernement XXXXXX. J’ignore comment les autres informations que je lui ai fournies furent utilisées, mais je suis convaincu que la collecte et l’utilisation de ces données par le gouvernement doivent être étudiées.

Le gouvernement célèbre ma condamnation et mon emprisonnement, en espérant fermer la porte sur l’histoire. J’ai reconnu la responsabilité de mes actions, en plaidant coupable, mais quand le gouvernement répondra t-il de ses crimes ?

Julian Assange - Free Jeremy Hammond

Julian Assange en soutien à Jeremy Hammond

L’État américain exagère la menace des pirates informatiques pour justifier les milliards de dollars dépensés dans l’industrie de la cyber sécurité, mais elle est responsable du même comportement que celui qu’elle pourchasse agressivement tout en prétendant faire de la prévention. L’hypocrisie de « la loi et l’ordre » et les injustices causées par le capitalisme ne peuvent pas être résolues par la réforme des institutions, mais par la désobéissance civile et l’action directe. Oui j’ai enfreint la loi, mais je crois que, parfois, les lois doivent être enfreintes pour permettre le changement.

Dans sa citation immortelle, Frederick Douglass déclare: “Le pouvoir ne concède rien qui ne soit exigé. Il ne l’a et ne le fera jamais. Observez simplement à quoi n’importe quel peuple se soumet tranquillement et vous découvrirez la mesure exacte de l’injustice et du mal qui leur sera imposés, et ceux-ci continueront jusqu’à ce qu’il leur soit résisté avec des mots ou avec des coups ou avec les deux. Les limites des tyrans sont prescrites par l’endurance de ceux qu’ils oppriment.”

Cela ne veut pas dire que je n’éprouve aucun regret. Je me rends compte que j’ai publié les renseignements personnels de personnes innocentes, qui n’avaient rien à voir avec les opérations contre les institutions que j’ai visées. Je m’excuse pour la publication de ces données préjudiciable aux individu-e-s, et non pertinentes vis-à-vis de mes objectifs. Je crois au droit des personnes à la vie privée – de la surveillance gouvernementale ou d’individus comme moi – et mesure l’ironie de ma propre implication dans le piétinement du respect de ces droits. Je m’engage à lutter pour faire de ce monde un endroit meilleur pour tous et toutes. Je crois en l’importance de l’hacktivisme comme forme de désobéissance civile mais il est temps pour moi de chercher d’autres formes de résistance pour le changement. Mon emprisonnement a un impact négatif sur les membres de ma famille, mes amis et ma communauté. Je sais que l’on a besoin de moi à la maison, dans ma famille. Il y a 7 ans, je me retrouvais devant un juge fédéral différent faisant face à des accusations similaires mais cela ne diminue en rien ma sincérité d’aujourd’hui.

Cela a été dur pour moi d’écrire ce texte, d’expliquer mes actions, sachant qu’en le faisant– de façon honnête – il m’en coûterait plus d’années. Je suis conscient que je risque jusqu’à 10 ans de prison, mais j’espère ne pas en arriver là, car je crois qu’il reste encore beaucoup de choses à faire.

RESTEZ FORT-E-S ET CONTINUEZ LA LUTTE

P.-S.

Pour écrire à Jeremy :

Jeremy Hammond #18729-424
Metropolitan Correctional Center
150 Park Row
New York, New York 10007
États-Unis.

Le site de son comité de soutien liste également une série de détenus, politiques ou non, antifas, anarchistes, queers, trans, hacktivistes, avec lesquels Jeremy se solidarise.

Notes

[1] NdT: sur cette affaire, voir l’article d’Owni.

[2] NdT: une faille zero day est une faille informatique qui n’est pas encore connue des fabricant-e-s (normalement) et des utilisateurs et utilisatrices.

Source: http://atelier.mediaslibres.org/Declaration-de-Jeremy-Hammond.html#forum1295

Les opérations Anonymous, des opérations gouvernementales pour piéger les hackers?

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Depuis les années 80, les gouvernements livrent une bataille sans merci contre les hackers qui menacent leur ordre établi. Certains hackers ont eu des destins tragiques, certains sont morts et ont été assassinés, d’autres ont accepté de collaborer avec des gouvernements pour échapper à la prison ou pour rester en vie. On ne peut pas en vouloir à ceux qui ont dû travailler pour un gouvernement, si c’était une question de vie ou de mort. Néanmoins, cela montre à quel point les hackers sont menacés par les gouvernements, quels que soient leurs pays; à quel point ils sont les cibles des services secrets; et à quel point ils sont utiles au changement social, car même s’ils sont arrêtés, ils sont un moteur essentiel de la révolution dans le monde.

Les gouvernements préfèrent collaborer avec les hackers, plutôt que de les mettre en prison

Les hackers ont toujours eu des liens étroits, mais controversés, avec les gouvernements. Citons quelques exemples.

Tout d’abord, Julian Assange: avant d’être le fondateur de Wikileaks, Julian Assange a été un hacker, arrêté en 1991 lors de l’Opération Weather, condamné, puis relâché par la justice de son pays. Entre son arrestation en 1991 et son inculpation en 1994, avec 31 accusations criminelles, Assange n’aurait pas eu d’autre choix que de collaborer à l’époque avec les services secrets. Il a été libéré sous caution et n’a finalement obtenu qu’une simple amende, signe pour certains que Julian Assange a accepté de collaborer avec le gouvernement. Comme le souligne le journaliste Wayne Madsen, certaines attaques de hackers ont aussi servi à piéger les hackers et à infiltrer leurs groupes. On apprend dans le livre Underground (chap. 9) que la police australienne a demandé au personnel des universités visées par les attaques de hackers, de laisser les failles de sécurité afin de pouvoir surveiller à distance l’activité des hackers et les localiser en vue de leur arrestation. C’est ce qui aurait permis l’arrestation de Julian Assange. Wayne Madsen considère aussi que Julian Assange est toujours impliqué dans les activités du gouvernement australien et des services secrets, et que Wikileaks n’est que l’émergence de ce rôle.

De même, le hacker israélien Ehud Tenebaum n’aurait eu d’autre choix que de collaborer avec le gouvernement israélien après son arrestation en 1998.

Ce qui s’est produit dans les années 80 et 90 continue de se produire, et les hackers continuent d’être aujourd’hui piégés et recrutés par les gouvernements, notamment pour infiltrer « les systèmes des gouvernements étrangers« .

Dans l’affaire des mails Stratfor, publiés par Wikileaks, Jeremy Hammond a accusé le FBI d’avoir utilisé les hackers pour recueillir des informations sur les gouvernements étrangers et d’avoir été piégé par Sabu:

« Il est bien connu que Sabu a été utilisé pour monter des affaires contre un certain nombre de pirates, y compris moi-même. Ce que beaucoup ne savent pas, c’est que Sabu a également été utilisé par ses gestionnaires afin de faciliter le piratage de cibles de choix du gouvernement – y compris de nombreux sites web appartenant à des gouvernements étrangers (…)

Ce que les Etats-Unis n’ont pas pu accomplir par la loi, ils ont utilisé Sabu, et par extension, mes coaccusés et moi, pour l’accomplir illégalement ». (Hacker News Bulletin)

Jeremy Hammond a accusé le hacker Sabu, un informateur du FBI qui avait infiltré le réseau Anonymous, d’avoir permis au FBI d’arrêter un certain nombre d’autres hackers et d’avoir permis des procès contre eux. Sabu avait coordonné apparemment des attaques à la demande du FBI, il a aussi transmis les « Syria Files » à Wikileaks, mais il n’a jamais dit s’il avait fait cela à la demande du FBI.

On imagine bien qu’aux Etats-Unis, les peines contre les hackers sont très lourdes. Ceux qui ne négocient pas avec le gouvernement ont des risques de passer plusieurs années en prison, comme Jeremy Hammond.

Dernièrement, un hacker britannique de 28 ans, Lauri Love, risque l’extradition vers les Etats-Unis, ainsi que 10 ans de prison, pour avoir piraté des ordinateurs gouvernementaux.  Présenté comme « un hacker sophistiqué et prolifique » par les Etats-Unis, on imagine bien que son extradition pourrait intéresser les autorités américaines afin de pouvoir le recruter et de négocier sa peine en échange de ses services.

Tel est le destin des hackers, héroïque mais tragique quand on s’aperçoit que leur courage et leur intelligence sont utilisés parfois à de mauvaises fins par les gouvernements.

Anonymous Africa: après les guerres au Moyen-Orient, un projet contre les dictatures et la corruption en Afrique

Anonymous Africa, créé en juin 2013, est un exemple parmi d’autres de ces groupes de hackers qui peuvent être infiltrés par les gouvernements, soit en étant un groupe autonome indépendant d’un gouvernement, soit en étant un groupe soutenu et financé par un gouvernement sous une identité anonyme. Anonymous Africa est un site écrit dans un anglais parfait, faisant la promotion du logiciel TOR et qui ne semble pas avoir été vraiment revendiqué en Afrique. Les groupes Anonymous étant par définition anonymes et sans identité, il est d’autant plus difficile de savoir qui se cache derrière la multitude de groupes et de personnes qui appartiennent à ces réseaux.

Il est certain que lutter contre les dictatures en Afrique est difficile et qu’il vaut mieux rester anonyme quand on se lance dans ce genre de projets, et il est certain que c’est un projet noble de défendre la liberté d’expression, néanmoins la lutte contre la corruption et la lutte contre les dictatures ont souvent été jusqu’à présent soutenues par des gouvernements occidentaux. On s’en rappelle pour le Moyen-Orient, dont le projet de réforme et de démocratisation a été initié par George Bush. Il faut toujours percevoir l’agenda politique de ces groupes, car lutter contre les dictatures, c’est bien, mais si c’est uniquement pour servir les intérêts américains et les plans de guerre du Pentagone, ce n’est pas forcément servir la démocratie dans le monde.

Après la démocratisation du Moyen-Orient et le Printemps Arabe, où certaines attaques de hackers ont aussi ciblé des dictatures, la lutte contre les dictatures en Afrique pourrait bien apparaître, sous un certain angle, comme la continuité de ce projet occidental qui a été initié par les Etats-Unis: celui de la transparence politique et de la lutte contre la corruption dans des pays situés hors de la zone d’influence de l’Occident, en Afrique, au Moyen-Orient, en Russie ou en Asie. Le gouvernement américain a les moyens financiers et les capacités d’infiltrer ce genre de réseaux Anonymous, on comprend donc pourquoi c’est un outil facile à utiliser pour les gouvernements.

Les récentes attaques en Australie: quand Anonymous ne met pas tout le monde d’accord chez les hackers

Il y a quelques jours, Anonymous Indonesia a attaqué plusieurs sites australiens, le site de l’ASIS (les services secrets australiens) et 170 sites non-gouvernementaux. Il faut remarquer que certains groupes Anonymous ne sont pas toujours d’accord sur la cible des attaques informatiques. Bizarrement, alors que la majorité des hackers Anonymous ont pour projet de créer une société plus libre et plus égalitaire, le groupe Anonymous Australia a dénoncé les dernières attaques d’Anonymous Indonesia contre des sites australiens qui n’avaient pas de rapport direct avec les sites gouvernementaux. Alors, pourquoi dénoncer des attaques informatiques, quand on est un hacker?

« Ces sites que vous avez attaqué ne sont pas affiliés au gouvernement australien et doivent être laissés en paix » peut-on lire dans un communiqué. (The Australian)

On croirait presque lire un communiqué qui tente de dissuader sa population, comme pour dire « surtout ne faites pas la révolution ». Pirater, c’est pourtant le principe même qui permet aux Anonymous de protester virtuellement et de manifester leur présence en société. Les attaques contre des sites non-gouvernementaux sont donc des signes essentiels de cette protestation. Pourquoi Anonymous Australia tente-t-il de dénoncer ces attaques: est-ce qu’il dit cela avec sincérité, ou bien est-ce qu’il dit cela parce qu’il est infiltré ou qu’il agit au nom du gouvernement australien?

Y aurait-il deux voix différentes au sein d’Anonymous? Anonymous Australia défend-il vraiment la voix des hackers dans ce communiqué? Entre ceux qui défendent une révolution par les armes numériques, comme semblait le soutenir Julian Assange dans son livre, et ceux qui défendent des attaques ciblées, mais contrôlées, autrement dit des attaques sans danger fondamental pour l’ordre établi par la société – mais que veulent vraiment les hackers, la révolution ou pas?

Dans les années à venir, de plus en plus de hackers seront peut-être amenés à travailler pour des services secrets et pour des gouvernements, comme aux Etats-Unis, soit parce qu’ils y seront forcés, soit parce qu’ils auront été piégés dans des opérations de piratage, soit parce que certains d’entre eux auront reçu des offres financières suffisamment intéressantes de la part des gouvernements. Tandis que la France développe son budget de la défense, l’Union Européenne prévoit de créer un service comparable à la CIA. Avec l’affaire Prism, il y aura encore plus de surveillance et les gouvernements auront encore plus besoin de recruter des hackers. La seule question est de savoir comment les hackers utiliseront leurs talents: est-ce qu’ils sauront les utiliser en faveur de la démocratie? comment arriveront-ils à se libérer du pouvoir des gouvernements, malgré toutes les persécutions qu’ils subissent, et comment feront-ils pour réaliser jusqu’au bout leur idéal de révolution mondiale?

Ecrit par kimono

Vidéo: Ron Paul, Julian Assange parlent de la Syrie

Ron Paul interviewe Julian Assange, partie 1 (cliquer pour voir les autres parties de l’interview)

Par Steve Nelson, 30 août 2013

L’ancien républicain Ron Paul, R-Texas, et le leader de WikiLeaks Julian Assange font souvent l’éloge les uns des autres, mais pour la première fois la semaine prochaine les internautes pourront regarder le champion libertaire interviewer l’éditeur de documents secrets.

L’interview sera diffusée sur la chaîne TV Internet de Paul, RonPaulChannel.Com, qui a été lancée le 12 août. L’accès complet au site nécessite un abonnement, actuellement en cours au prix de 9,95 $ par mois.

Dans un clip de l’interview prochaine d’Assange,  transmise à U.S. News, les deux dirigeants – deux critiques virulents des derniers efforts militaires américains – discutent de la possibilité d’une action militaire occidentale contre le gouvernement de la Syrie.

« N’avez-vous pas abordé ce sujet, de quelqu’un qui était à la recherche d’un incident avec la Syrie qui justifierait que tous les pays viennent, et que le gouvernement des États-Unis vienne, et que le gouvernement britannique vienne, et qu’ils fassent quelque chose en Syrie? » Paul demande à Assange.

Le patron de WikiLeaks, qui a été enfermé dans l’ambassade d’Equateur à Londres pendant la dernière année, a expliqué que WikiLeaks a publié en effet un tel document.

Assange a cité un e-mail de décembre 2011 de la société de renseignement Stratfor, un rapport de retour d’un membre du personnel qui a rencontré l’US Air Force, les responsables militaires de l’armée britannique et de l’armée française sur une possible intervention militaire en Syrie.

Les responsables auraient pensé qu’une intervention militaire aurait besoin de « quelque indignation humanitaire pour accrocher le tout​, et nous avons vu cela », a déclaré Assange.

Le vendredi la Maison Blanche a publié un rapport affirmant que 1.429 Syriens ont été tués dans une attaque chimique le 21 août par le gouvernement du président syrien Bachar al-Assad. Le Parlement britannique a voté jeudi contre une proposition visant à attaquer la Syrie en réponse à l’attaque chimique présumée. Aux États-Unis aussi, de nombreux politiciens craignent que l’administration du président Barack Obama puisse se précipiter dans une guerre basée sur des renseignements inexacts.

« Il est certain que [l’indignation humanitaire] a été mis à profit », a déclaré Assange à Paul. « Ces pays n’ont jamais vraiment eu de fichue préoccupation sur les Syriens auparavant. »

Source: http://www.usnews.com/news/blogs/washington-whispers/2013/08/30/ron-paul-julian-assange-syria

Wikileaks: un choix de documents sur les attentats du 11 septembre

Avis aux curieux, blogueurs et journalistes qui voudraient se replonger dans les événements tragiques du 11 septembre 2001. Les Global Intelligence Files — mails de la société de renseignement Stratfor, qui travaille de près avec le gouvernement américain — font aussi l’objet de certaines analyses de leurs conseillers, en relation aux attentats contre le World Trade Center. La vie de Ben Laden, la construction de la mosquée de Ground Zero, les nouvelles mesures contre le terrorisme et les réactions à l’étranger… Et bien d’autres aspects, y compris la possible implication du gouvernement américain dans l’organisation des attentats du 11 septembre. Les analystes de Stratfor discutent à plusieurs reprises, en effet, de ces théories de la conspiration intérieure et prennent ces idées très au sérieux. Vous pouvez traduire et vous inspirer de ces documents pour nous envoyer vos propres articles pour Wikileaks Actu.

Attentat du 11 septembre - Tours jumelles

Voici le résumé de notre recherche:

1) La mort de Ben Laden à Abbottabad, Pakistan

La figure la plus associée aux attentats du 11 septembre est Oussama Ben Laden. Les analystes de Stratfor évoquent la difficulté avec laquelle les agences de renseignement aux Etats-Unis ont réussi à localiser le terroriste. Même si les rumeurs ont beaucoup reproché aux Etats-Unis d’avoir volontairement laissé Ben Laden en liberté, pendant des années, Stratfor évoque plutôt la difficulté de le trouver parmi les 170 millions d’habitants au Pakistan. C’est la CIA qui a promis le 17 septembre 2001 de mettre la main sur Ben Laden, et cela a créé une compétition secrète entre les agences de renseignement, comme le soulignent les analystes. On apprend aussi dans ce document les conditions de vie de Ben Laden à Abbottabad et pourquoi il a échappé à la surveillance américaine en n’utilisant aucun moyen de communication électronique. Mais la NSA a finalement réussi à localiser le complexe d’Abbottabad. Les analystes de Stratfor évoquent aussi l’idée que la version officielle de la mort de Ben Laden peut être une histoire fabriquée, destinée à protéger les vraies sources qui ont servi à l’arrêter et qui pour certaines travaillaient certainement dans le domaine du renseignement.
http://search.wikileaks.org/gifiles/?viewemailid=3161716

2) Un complot intérieur, venu du gouvernement américain?

Plusieurs e-mails Stratfor évoquent les théories du complot du 11 septembre. Un premier mail évoque les mensonges du sénateur américain John MacCain, avec pour titre: « McCain a MENTI au sujet des attaques du 11/9! » Ce titre reprend une analyse de Dick Fojut, un vétéran de la guerre en Corée qui vit et écrit des articles pour dénoncer l’implication du gouvernement américain dans le 11 septembre. Les analystes de Stratfor partagent entre eux ces articles, mais ceci ne veut pas dire qu’ils adhérent à la théorie de Dick Fojut. Ceci montre néanmoins que le but des agences de renseignement est aussi de collecter et de surveiller la parution des articles sur internet, dans la mesure où ces articles peuvent porter atteinte à l’image du gouvernement américain.
« McCain a MENTI au sujet des attaques du 11/9! »
http://search.wikileaks.org/gifiles/?viewemailid=1267362

« Le 11 septembre a-t-il été la couverture d’une fraude financière? » — telle est encore une autre question posée dans les e-mails Stratfor:
[Commentaires Analytiques & Renseignement] « Cela suggère que certaines figures inconnues de la Réserve Fédérale ont pu être en collusion… »
http://search.wikileaks.org/gifiles/?viewemailid=207972

L’e-mail suivant évoque encore la problématique d’une fraude fianncière, liée aux attentats du 11 septembre et impliquant directement l’administration Bush. Les analystes de Stratfor reprennent cette fois le lien d’un article de blog qui parle de la disparition de réserves d’or juste avant les événements du 11 septembre. L’article dit: « Pourquoi les Etats-Unis se sont attaqués eux-mêmes et ont détruit le World Trade Center? L’escroquerie de l’Amérique ». Plusieurs banques et institutions financières possédaient des ressources en or, en bas du World Trade Center, et des transactions importantes auraient eu lieu au moment des attentats.
http://search.wikileaks.org/gifiles/?viewemailid=450606

Puis, les analystes recensent une longue série d’articles parus sur internet, qui ont pour thème « LE GOUVERNEMENT US/Bilderberg/Rothschild/Rockefellers sont les « TERRORISTES » de la « DETTE » obligeant les Américains à abandonner leurs droits, ou pourquoi le gouvernement des Etats-Unis a utilisé le complot du 11 septembre comme un outil de manipulation politique, de la même manière que d’autres projets mystérieux de la CIA, tels que HAARP au Japon et en Chine, etc. La collecte des articles parus sur internet montre à quel point la moindre information est surveillée, même si celle-ci est publiée sur un simple blog. Rien n’échappe aux analystes de Stratfor, pas même les vidéos de Youtube.
[Commentaires Analytiques & Renseignement] Le Gouv U.S. est le terroriste
http://search.wikileaks.org/gifiles/?viewemailid=1896908

Charles Drace, en réponse à un article de Fred Burton (Stratfor): « Bush n’a pas attaqué l’Afghanistan et l’Iraq en réponse à la provocation d’Al-Qaïda. En fait, c’est Dick Cheney qui a laissé les avions arriver à New York, en empêchant les chasseurs d’attaque de les poursuivre, et n’importe qui avec un peu de sens sait maintenant que les bâtiments du WTC ont été démolis par des explosifs, et pas par des avions. » L’analyse qui suit est très intéressante et mérite d’être lue.
http://search.wikileaks.org/gifiles/?viewemailid=467779

Pourquoi les missions de Bush se sont avérées contradictoires, à la suite du 11 septembre: « L’une consistait à mener une guerre contre la terreur. La seconde était de ramener Oussama Ben Laden et ses partisans face à la justice. Les deux ont été faites pour de la bonne rhétorique. Mais elles étaient aussi fondamentalement contradictoires. Une guerre n’est pas une enquête judiciaire, et une enquête criminelle n’est pas une partie de la guerre. »
http://search.wikileaks.org/gifiles/?viewemailid=1697416

Pourquoi « la dictature US capitaliste a permis les attaques du World Trade Center de se produire pour créer une PROVOCATION DE MASSE utilisée comme un faux prétexte pour projeter le pouvoir américain en Asie Centrale » — un article envoyé par William H. Depperman à l’agence Stratfor, en expliquant plusieurs aspects de la théorie du complot:
http://search.wikileaks.org/gifiles/?viewemailid=207145

Trois questions au sujet du 11/9, à George Friedman- par Enver Masud, Fondateur et Directeur Général, The Wisdom Fund:
http://search.wikileaks.org/gifiles/?viewemailid=533890

[Commentaires Analytiques & Renseignement] 11/9
http://search.wikileaks.org/gifiles/?viewemailid=1313332

RE: #11 – La symbolique du chiffre 11 dans les attentats du 11 septembre
http://search.wikileaks.org/gifiles/?viewemailid=3487640

3) L’Arabie Saoudite face aux attentats du 11 septembre

L’Arabie Saoudite a plusieurs fois été accusée d’avoir une implication possible dans les attentats du 11 septembre, notamment à travers le recrutement des pirates de l’air qui étaient d’origine saoudienne. Il est donc étonnant de voir un e-mail Stratfor évoquer un article de Gulf News, où un auteur saoudien appelle à rejeter toutes les théories du complot par respect pour les victimes: « Ne déshonorez pas les victimes en faisant des allégations sauvages« . Pourquoi faire cet appel, alors même que l’enquête américaine n’a jamais abouti et que le rapport de la Commission du 11 septembre porte de nombreuses erreurs? Pourquoi cet auteur se place symboliquement dans la lignée du gouvernement américain, qui voudrait faire étouffer toute enquête future? Un attentat de l’ampleur du 11 septembre suppose une conspiration de large envergure: les pirates de l’air n’ont pas agi seuls, ils ont été financés, formés dans des écoles de pilotage sur le sol américain, ils ont reçu de l’argent de comptes saoudiens. On ne peut que douter de la sincérité de cet article, qui sous prétexte d’hommage aux victimes, appelle en fait à ne plus se poser de questions sur la vérité du 11 septembre.
Royaume d’Arabie Saoudite/Etats-Unis – Un écrivain de Dubaï exhorte à honorer les victimes du 11/9 en rejetant les théories de la conspiration
http://search.wikileaks.org/gifiles/?viewemailid=709112

Un autre article saoudien, plus objectif dans son contenu, revient sur les conséquences politiques du 11 septembre et notamment l’effet de la guerre contre le terrorisme, qui a ciblé plusieurs pays au Moyen-Orient, comme l’Irak, l’Afghanistan et le Liban. L’e-mail Stratfor cite l’analyse de cet article dans sa totalité:
AFGHANISTAN/ASIE DE L’EST/Moyen-Orient-Asie du Sud – Un écrivain saoudien liste les effets du 11/9 dix ans après
http://search.wikileaks.org/gifiles/?viewemailid=730792

4) Le contre-terrorisme et la menace internationale d’Al-Qaïda

ETATS-UNIS/AFGHANISTAN/ALLEMAGNE – Un journal allemand dit que la recherche pour les sources du financement du terrorisme donne de modestes résultats
http://search.wikileaks.org/gifiles/?viewemailid=702975

Les analystes Stratfor évoquent la nécessité, selon eux, de faire évoluer la loi internationale pour combattre le terrorisme. En reprenant l’analyse de George Friedman sur les missions contradictoires de Bush, ils constatent un « échec de la loi internationale pour évoluer pour apporter une direction dans l’opération contre les combattants tels qu’Al-Qaïda ». Dans cet e-mail, se dessinent aussi les traits de la politique étrangère américaine: à savoir convaincre le monde entier de la lutte anti-terroriste et permettre une coordination internationale de la loi, afin que les lois existant aux Etats-Unis puissent s’appliquer dans d’autres pays, mais c’est en même temps le danger de cette politique qui consisterait à défendre les intérêts américains au nom de la loi internationale.
http://search.wikileaks.org/gifiles/?viewemailid=1088924

Un commentaire intéressant des conseillers de Stratfor: « Al Qaeda a mis en place une ‘structure’ dans un certain nombre de pays, y compris aux Etats-Unis pour livrer le 11/9. Qu’en serait-il si ces structures n’étaient jamais démantelées, jamais touchées? » En effet, il est difficile d’évaluer la puissance du réseau Al-Qaïda, si l’on ne peut en comprendre la structure internationale, et les analystes de Stratfor eux-mêmes semblent plutôt ignorants sur le sujet. Les médias parlent également peu de ce problème.
http://search.wikileaks.org/gifiles/?viewemailid=583326

Une présentation du livre Stratfor consacré au thème Al-Qaïda: « STRATFOR a commencé à faire la chronique de la décentralisation du mouvement jihadiste en 2004, et ce livre est une collection de nos meilleures et de nos plus représentatives analyses sur le sujet depuis cette époque ».
Re: Intro au livre Stratfor sur Al-Qaïda
http://search.wikileaks.org/gifiles/?viewemailid=5301218

Rapport Spécial de Sécurité: La Menace Militante Contre les Hôtels (Stratfor)
http://search.wikileaks.org/gifiles/?viewemailid=1688955
http://search.wikileaks.org/gifiles/?viewemailid=290595 (.pdf)

Rapport de Renseignement Stratfor sur le Terrorisme. L’un des paragraphes est consacré au 11 septembre, avec l’évocation de la politique « zéro tolérance » à l’égard des menaces terroristes, voir le sous-titre « Le 11/9 et les fenêtres cassées »:
http://search.wikileaks.org/gifiles/?viewemailid=521901

L’Afrique du Sud et la guerre internationale contre le Terrorisme: Présentation d’Al-Qaïda par Douglas McClure – Bref Aperçu – délivré pour la 1ère fois en novembre 2004 et depuis mis à jour
http://search.wikileaks.org/gifiles/?viewemailid=5315408 (.doc)

RE: Vidéos de surveillance terroriste, prises le jour du 11 septembre
http://search.wikileaks.org/gifiles/?viewemailid=1954534
http://search.wikileaks.org/gifiles/?viewemailid=3423281

5) Le 11 septembre et la naissance de « l’âge du chaos » dans le monde

Les attentats du 11 septembre et la guerre internationale contre le terrorisme ont ouvert, comme le souligne un journal turc, un « âge du chaos » dans le monde et une redéfinition des forces politiques mondiales, autrement dit une nouvelle répartition de l’ordre politique mondial.
AFGHANISTAN/AFRIQUE/AM-LAT/UE/Moyen-Orient Asie du Sud – Un journal turc dit que le 11/9 a ouvert la porte à un « âge du chaos »
http://search.wikileaks.org/gifiles/?viewemailid=715165

En 2007, Michael Kirschner écrit aux analystes de Stratfor: « Ben Laden n’est pas vaincu. Nous avons vu que son calendrier et son approche est différente de la nôtre. Il y avait eu 8 ans entre les attaques du WTC; il n’y en a que 6 depuis l’attaque réussie sur le sol américain, mais pendant cet intervalle il y a eu d’autres attaques réussies ailleurs dans le monde. Je ne vois pas où il a perdu du pouvoir, ou de manière plus importante, de l’influence. (…) Nous avons créé un monde bien plus dangereux pour nos enfants et pour les leurs en même temps, en tombant volontairement et consciemment dans le piège de Ben Laden. » Encore de nos jours, certains analystes estiment que le terrorisme est bien plus élevé aujourd’hui qu’il ne l’était à l’époque du 11 septembre, car ce sont les attaques qui ont finalement réveillé un fort sentiment anti-américain dans le monde et qui ont aussi prouvé que l’Amérique n’était pas un pays invincible.
http://search.wikileaks.org/gifiles/?viewemailid=364934

Les évenements qui ont marqué la dernière décennie, vus par les analystes de Stratfor.
11 Septembre —2001- « Le monde de l’Après-Guerre froide »
http://search.wikileaks.org/gifiles/?viewemailid=1669061

Géopolitique Hebdomadaire: Le 11/9 et la Guerre Réussie
http://search.wikileaks.org/gifiles/?viewemailid=393888

John Mauldin écrit un e-mail aux analystes de Stratfor, en précisant inclure dans son article, une présentation de son ami George Friedman (Stratfor), au sujet du nouveau paysage politique que doit affronter le nouveau président américain dans le monde de l’Après-11 septembre. A la fin de l’e-mail, suivent 10 questions aux potentiels candidats de la présidentielle américaine de 2008.
http://search.wikileaks.org/gifiles/?viewemailid=1246846

Un e-mail qui semble être celui d’un lecteur de Stratfor, Roger Burke, qui compare les attentats du World Trade Center à l’effet dévastateur de la tempête Katrina, l’ouragan qui s’est abattu en 2005 sur les côtes des Etats-Unis. En comparaison, précise-t-il, les attentats du 11 septembre ont fait plus de 3000 morts, alors que l’ouragan Katrina en a causé environ 1600.
http://search.wikileaks.org/gifiles/?viewemailid=367097

Un concours proposé aux lecteurs de Stratfor sur le thème du 11 septembre: « Quelles seraient les orientations de la politique étrangère américaine aujourd’hui, si les attaques du 11/9 n’avaient jamais eu lieu? ». Etant donné l’ampleur des conséquences internationales et du chaos qui a été généré dans le monde, on peut en effet imaginer que la politique étrangère américaine n’aurait pas été la même, sans doute l’opinion publique américaine n’aurait pas soutenu les guerres au Moyen-Orient, mais néanmoins les orientations générales auraient peut-être quand même été liées aux questions du terrorisme international et de la lutte contre les régimes opposés aux Etats-Unis.
http://search.wikileaks.org/gifiles/?viewemailid=599289

[Lettres à Stratfor] RE: Le 11/9 et la Guerre Réussie
http://search.wikileaks.org/gifiles/?viewemailid=1275157

Tony Blair: Les erreurs sur la planification de l’après-guerre (citations de son discours prononcé en public), les aspects légaux/illégaux de l’invasion et les désaccords avec les Nations Unies.
http://search.wikileaks.org/gifiles/?viewemailid=1639185

6) Les commémorations et événements autour du 11 septembre

[OS] CONSULTATIF POUR DEMAIN: LE VICE-PRESIDENT BIDEN ACCUEILLE UNE PROJECTION DE DOCUMENTAIRE DANS LE CADRE DE LA COMMEMORATION DU 10ème ANNIVERSAIRE DES ATTAQUES DU 11/9
http://search.wikileaks.org/gifiles/?viewemailid=4069095

LE COEUR D’UN SOLDAT: HONORANT LA FORCE A TRAVERS UNE CHANSON AVEC JAMES STEWART ET L’OPERA DE SF – MARDI 13 SEPTEMBRE 2011: « Un nouveau grand opéra qui aborde la tragédie du 11/9 est présenté à San Francisco »
http://search.wikileaks.org/gifiles/?viewemailid=5479517

Fwd: Rassemblement Historique du 11/9 pour « Arrêter la Mosquée à Ground Zero »
http://search.wikileaks.org/gifiles/?viewemailid=367007

La Syrie attaquée pour avoir défendu les Palestiniens contre Israël en 2010?

Le conflit syrien, ou guerre civile syrienne, peut trouver une autre porte d’interprétation, si on considère la problématique du conflit israélo-palestinien. En effet, la Syrie avait plusieurs fois défendu les droits des Palestiniens, avant le début de la guerre. En 2010, le gouvernement syrien avait appelé Israël à « mettre fin aux violations systématiques des droits humains dans le Golan occupé ». Est-ce que la Syrie a indirectement été victime d’un complot terroriste, organisé par les Etats-Unis et Israël, — comme le prétendent certains journalistes — pour la défense que le régime prenait en faveur de la cause palestinienne? Un document Wikileaks retrace cet épisode.

israel_palestine-map-edit-1353601538.24Illustration: La perte du territoire palestinien 1946-2005

SYRIE/ISRAEL/ANP/ONU – La Syrie Renouvelle la Demande pour Mettre Fin aux Violations Systématiques dans le Golan Occupé

Publié le 02-03-2012 01:00 GMT

Email-ID 1850591
Date 1970-01-01 01:00:00
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La Syrie Renouvelle la Demande pour Mettre Fin aux Violations Systématiques dans le Golan Occupé

28 Sept. 2010

http://sana.sy/eng/22/2010/09/28/310091.htm

Genève, (SANA) – La Syrie a renouvelé lundi sa demande pour l’arrêt des violations israéliennes continuelles contre les droits de l’homme des Palestiniens, pour lever le siège injuste sur la bande de Gaza et pour l’octroi au peuple palestinien de leur droit à l’autodétermination et à l’établissement de leur Etat indépendant avec Jérusalem comme capitale.

Cette demande est intervenue au cours du discours du Représentant Permanent de la Syrie Faisal al-Hamwi, auprès de l’Office des Nations Unies à Genève, au nom du Groupe Arabe, pendant les discussions du Conseil des Droits de l’homme sur les violations israéliennes des droits de l’homme dans les territoires palestiniens occupés et dans les territoires occupés du Golan syrien.

Le Conseil a été informé sur le rapport du juge Goldstone qui a condamné le refus d’Israël pour la coopération avec son comité.

Al-Hamwi a appelé à condamner Israël pour son refus de coopérer avec le comité de Goldstone, en notant que l’indifférence israélienne et le rejet des enquêtes de la Commission visent à échapper au châtiment.

Il a souligné la nécessité que le Conseil ne devrait pas permettre que les droits des victimes du massacre de Gaza soient négligés, tout comme les droits des victimes de Bait Hanoun et d’autres massacres perpétrés par Israël.

Le Conseil a situé les violations des droits de l’homme dans les territoires palestiniens occupés et dans les territoires occupés du Golan syrien. Al-Hamwi a énuméré les violations israéliennes des droits de l’homme dans les territoires palestiniens occupés et le Golan syrien occupé, ce qui comprenait tous les aspects de la vie.

Au cours des discussions générales du Conseil concernant le Chapitre VII sur la situation des droits de l’homme dans les territoires palestiniens occupés et dans les autres territoires arabes occupés, al-Hamwi a dit, dans la déclaration de la Syrie au Conseil, « Jour après jour, l’occupation israélienne a continué ses violations des droits de l’homme dans le Golan syrien occupé », soulignant que dans l’entrée des prisonniers syriens dans leur 26ème année dans les prisons israéliennes, Israël continue de priver les citoyens du Golan syrien occupé d’eau potable et l’exploite dans l’intérêt des colons israéliens.

La déclaration a appelé à faire l’examen des détails de cette attaque et d’un certain nombre d’autres attaques contre les citoyens syriens du Golan occupé, dans un message adressé par le ministre des Affaires étrangères de la Syrie au président du Conseil des droits de l’homme, le 31 Août 2010.

Al-Hamwi a conclu son intervention, en disant que peu importe la façon dont la campagne de distorsion israélienne augmente, nous et tous les pays qui croient dans les vrais droits de l’homme sans doubles standards, nous suivrons l’occupation dans ce conseil pour exposer la vérité et pour libérer les prisonniers, et permettre à nos citoyens de jouir de leur droit en ce qui concerne la visite sans conditions de leur patrie, en plus de la principale demande de mettre fin à l’occupation israélienne du Golan syrien occupé.

H. Zain / Al-Ibrahim

Source: http://search.wikileaks.org/gifiles/?viewemailid=1850591

Interview de Bachar al-Assad sur le Hezbollah et le front du Golan: http://www.almanar.com.lb/french/adetails.php?eid=114299&frid=18&seccatid=37&cid=18&fromval=1

Pourquoi la politique israélienne des destructions massives? http://www.almanar.com.lb/french/adetails.php?fromval=1&cid=46&frid=46&eid=64129

Sayed Nasrallah: « Seule la solution politique est valable en Syrie » http://www.almanar.com.lb/french/adetails.php?fromval=1&cid=46&frid=46&eid=56969

Amesys n’est pas la seule entreprise à avoir vendu des logiciels de surveillance à Kadhafi

Une salle du centre de surveillance en Libye, explorée par le Wall Street Journal

FRANCE/LIBYE – L’entreprise française a aidé Kadhafi à espionner l’opposition: rapport

Publié le 12-03-2013 00h00 GMT

Email-ID 4119800
Date 2011-08-30 18:47:10
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L’entreprise française a aidé Kadhafi à espionner l’opposition: rapport

30/08/11

http://www.france24.com/en/20110830-french-firm-helped-kadhafi-spy-opposition-report

AFP – Une filiale de l’entreprise IT française Bull a aidé le régime de Mouammar Kadhafi à espionner les e-mails et les messages instantanés d’opposants de l’homme fort déchu de la Jamahiriya, selon un rapport de mardi.

Amesys, qui se décrit lui-même sur son site comme « un acteur-clé dans le domaine de la sécurité et des systèmes critiques au niveau national et international », a installé un centre de surveillance à Tripoli en 2009, selon le Wall Street Journal.

Le journal, citant des personnes proches du dossier, a déclaré que l’entreprise a équipé le centre avec une technologie d' »Inspection Approfondie des Paquets » pour espionner les activités en ligne des ennemis de Kadhafi.

Le régime libyen, au début de cette année, a eu des entretiens avec Amesys et d’autres entreprises, y compris l’unité Narus de Boeing, un fabricant de produits de surveillance du trafic internet, alors qu’ils cherchaient à accroître l’appareil de surveillance du régime, dit le Journal.

L’entreprise de télécommunications chinoise ZTE a également fourni de la technologie pour l’opération de surveillance, indique le rapport.

Bull a dit qu’il n’avait aucun commentaire à faire sur le rapport, lorsqu’il a été contacté par l’AFP.

Narus a déclaré au Wall Street Journal: « Il n’y a pas eu de ventes ou de déploiements de la technologie Narus en Libye », tandis que ZTE a refusé de commenter lorsqu’il a été sollicité par le quotidien.

Le Journal a dit que ses journalistes avaient fait le tour du centre de surveillance et trouvé des fichiers sur place qui incluent des e-mails écrits aussi récemment qu’en février, après le coup d’envoi du soulèvement libyen.


Yaroslav Primatchenko
Surveillance mondiale
Stratfor

Source: http://search.wikileaks.org/gifiles/?viewemailid=4119800

« La vie sous le regard des espions de Kadhafi » (Wall Street Journal): http://online.wsj.com/article/SB10001424052970203764804577056230832805896.html

Photos du centre de surveillance en Libye (Wall Street Journal): http://online.wsj.com/article/SB10001424052970203764804577056230832805896.html#slide/1

Articles OWNI sur Amesys: http://owni.fr/tag/amesys/

Articles Reflets.info sur Amesys: http://reflets.info/?s=amesys

Stratfor Files: la France était prête à livrer un réacteur nucléaire à Kadhafi, en Libye

[OS] FRANCE/LIBYE – MoU [Memorandum of Understanding, Mémorandum d’Entente] sur le projet d’énergie nucléaire Re: [OS] FRANCE/LIBYE: Sarkozy signe des contrats avec Kadhafi

Email-ID 350244
Date 2007-07-26 11:25:52
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http://in.reuters.com/article/2007/07/25/idINIndia-28656520070725

France et Libye signent un accord sur le projet d’énergie nucléaire

Jeu. 26 juil. 2007, 05h38 GMT

Accord sur le nucléaire entre Sarkozy et KadhafiTRIPOLI (Reuters) – La Libye et la France ont signé mercredi un mémorandum d’accord pour la coopération sur un projet d’énergie nucléaire au cours d’une visite du président français Nicolas Sarkozy, a dit un collaborateur de Sarkozy.

Sarkozy s’est rendu en Libye en cherchant à approfondir les relations avec le pays Nord-Africain, après avoir aidé à résoudre une impasse diplomatique qui a heurté les liens de l’exportateur de pétrole avec l’Occident.

« L’objectif est de coopérer afin de travailler sur l’installation en Libye d’un réacteur nucléaire pour fournir de l’eau potable à partir d’eau de mer dessalée, » a déclaré aux journalistes Claude Guéant, secrétaire général au palais présidentiel français.

Guéant a indiqué que la compagnie française Areva pourrait fournir le réacteur.

« Quant à ce qui concerne les centrales nucléaires, il n’y a pas 50 constructeurs en France. Il n’y en a qu’un seul, c’est Areva », a-t-il dit.

La Libye a déclaré en février qu’elle avait signé un protocole d’entente avec Areva lui permettant l’exploration et l’extraction d’uranium « à des fins pacifiques ».

Un communiqué libyen, à l’époque, n’a pas précisé si l’uranium, s’il est trouvé, serait utilisé à des fins nucléaires domestiques ou s’il serait exporté.

Areva est le premier fabricant mondial de réacteurs nucléaires et ses activités couvrent l’ensemble du cycle de l’énergie nucléaire, depuis l’extraction jusqu’aux déchets.

La Libye et la France ont également signé mercredi un accord de coopération sur un partenariat militaro-industriel et un accord sur la coopération dans les domaines de la recherche scientifique et de l’enseignement supérieur.

La Libye s’est débarrassé de plus d’une décennie d’ostracisme international en 2003, lorsqu’elle a accepté la responsabilité et a commencé à verser une indemnisation pour les attentats d’avions de ligne sur l’Ecosse et le Niger en 1988 et 1989.

Sarkozy a dit qu’il veut aider la Libye à revenir au «concert des nations» après avoir libéré six médecins étrangers déclarés coupables d’avoir infecté des centaines d’enfants libyens avec le VIH.

Source: http://search.wikileaks.org/gifiles/?viewemailid=350244

Manipulations psychologiques et contrôle politique de la population: qu’est-ce que le MK-Ultra?

Selon l’article de Wikipédia, « le Projet MKULTRA (ou MK-ULTRA), dévoilé en 1975, est le nom de code d’un projet secret illégal de la CIA des années 1950 à 1970 visant à manipuler mentalement certaines personnes par l’injection de substances psychotropes« . MK-Ultra signifie « Mind Control », ou Contrôle de la Pensée. Les substances chimiques injectées sans la volonté des individus qui étaient pris pour cobayes lors des expériences, avaient pour effet de changer le comportement des personnes, de provoquer des troubles de la vision, des sentiments d’euphorie ou de terreur, l’agressivité, l’obéissance, etc. Certains cobayes humains furent recrutés dans des hôpitaux psychiatriques.

Le MK-Ultra est l’alliance du domaine chimique et du domaine psychologique dans le contrôle de la pensée des individus. En plus des injections de produits chimiques, les scientifiques expérimentaient également la réaction des sujets et leurs traumatismes face à l’absence de sommeil, les dérèglements psychiques face à l’absence de lumière, ou encore l’effet des électrochocs. Toutes ces méthodes ont bien sûr trouvé des champs d’application dans le domaine de la torture, par exemple, et sont encore aujourd’hui utilisées par certains régimes assimilés à des dictatures.

Ces méthodes, comme l’explique le documentaire vidéo ci-dessus, viennent directement des scientifiques et médecins du régime nazi qui ont émigré et ont été accueillis aux Etats-Unis, après la seconde guerre mondiale. Par peur de voir ces scientifiques et leur savoir tomber dans les mains du régime de Staline, les Etats-Unis ont préféré protéger et accueillir tous ces chercheurs qui avaient expérimenté des atrocités dans les camps de concentration nazis. Le nom de code de ce programme de recrutement était Paperclip. L’idéologie nazie a donc subsisté aux Etats-Unis, et tous ces scientifiques ont pu y continuer leur expériences.

Le programme MK-Ultra de la CIA ne se serait par ailleurs pas arrêté en 1970, et il aurait continué pendant de longues années avec l’implication des services secrets. Des affaires de suicides collectifs, comme le massacre de Jonestown aux Etats-Unis, qui a eu lieu en 1978, ont probablement aussi fait partie du terrain d’expérimentation de la CIA dans le cadre du projet MK-Ultra, ou d’un projet sous un autre nom. Les membres de la coopérative de Jonestown qui vivaient en autarcie ont tous pris du poison, mais ce suicide collectif a pu être un assassinat orchestré par la CIA: un document Wikileaks y fait d’ailleurs référence, mais rien ne prouve que les membres ont bu le poison de leur propre volonté.

Les services secrets de la CIA ont pu expérimenter avec le MK-Ultra, à la fois l’effet des drogues sur les êtres humains, la manipulation psychique, mais aussi l’obéissance en groupe et le fonctionnement de structures similaires aux camps de travail forcé, comme celle de Jonestown, qui s’apparentait à une coopérative communiste. La CIA a ainsi acquis différentes manières de contrôler les populations, depuis l’usage de drogues, les méthodes de torture psychique et physique, jusqu’aux structures d’organisation du travail, pour favoriser l’obéissance des individus en société.

Traduction du documentaire vidéo:

« Ce n’est pas seulement contre les conspirations futures d’hommes maléfiques que nous devons nous défendre…
mais les faiblesses et les fautes dans notre propre ordre social…
contre lesquelles nous devons être en garde continuelle » (Dr. Ewen Cameron)

Les sciences de l’esprit, ou l’étude du comportement humain en relation à l’esprit.

« C’est le plus récent de tous les arts, il a moins de 100 ans d’existence, et c’est de loin celui qui est le plus dissimulé dans le secret. »

Guerilla News Network présente: Le jeu le plus dangereux (Partie 1) – Les Origines

Christopher Simpson, théoricien des communications, Université américaine, DC: « Les origines de la guerre psychologique étaient dans l’Allemagne nazie. Dans l’idéologie nazie, il y avait quelque chose d’appelé « Weltenshunkrieg », ce qui veut dire « Guerre de la Vision Mondiale ». L’idée pour eux était d’imposer la vision mondiale des nazis dans les pays qu’ils avaient occupés. Les Américains ont pris cette idée et en ont créé une version américaine, et l’ont appelé « guerre psychologique ».

Guerre psychologique: l’utilisation de la propagande ou d’autres moyens psychologiques pour influencer ou rendre confuse la pensée, saper la morale, d’un ennemi ou d’un opposant. (Dictionnaire Webster du Nouveau Monde)

Christopher Simpson, théoricien des communications, Université américaine, DC: « En essayant de comprendre la guerre psychologique et en essayant de comprendre l’approche américaine dans les efforts d’après-guerre pour contrôler les esprits des gens, à l’échelle individuelle et à l’échelle de masse, il y avait beaucoup d’illusions faites à ce sujet. Est-ce que les nazis étaient impliqués dans ce processus? Oui, ils l’étaient. »

« Project Paperclip »

Mark Phillips, cadre du renseignement, ancien agent de la CIA: « Project Paperclip, autrement dit les autorisations du gouvernement des Etats-Unis, l’opération de la CIA pour l’importation de scientifiques nazis et fascistes aux Etats-Unis. »

Après la seconde guerre mondiale, les responsables militaires américains ont fait pression sur le Congrès pour approuver l’opération top-secrète de transport NAZI.

Mark Phillips, cadre du renseignement, ancien agent de la CIA: « Leur déclaration était celle-ci: « Si nous ne prenons pas ces gens dans ce pays, et ne les contenons pas, alors nos ennemis, l’Union Soviétique, les prendra. »

En 1946, le président Truman a approuvé le projet Paperclip, ramenant les meilleurs scientifiques d’Hitler aux Etats-Unis.

Mark Phillips, cadre du renseignement, ancien agent de la CIA: « La première vague a consisté à rapporter les scientifiques, environ 700 scientifiques de la propulsion et ensuite il y avait environ 600 scientifiques de l’esprit qui ont été ramenés. La CIA a eu la responsabilité, à vrai dire, de placer les individus du Projet Paperclip dans le complexe militaire industriel, y compris dans nos lycées et universités. »

Alors que les scientifiques de la propulsion prirent la tête du programme spatial américain, les scientifiques de l’esprit ont continué à expérimenter les techniques de contrôle de la pensée.

Mark Phillips, cadre du renseignement, ancien agent de la CIA: « Le Mind Control » [Contrôle de la Pensée] était une arme de guerre psychologique qu’Hitler considérait comme la réponse pour prendre le contrôle de la planète entière. »

En apprenant des Nazis, les scientifiques américains commencèrent à développer leurs propres applications du Contrôle de l’Esprit.

Mark Phillips, cadre du renseignement, ancien agent de la CIA: « Le nom pour la recherche scientifique du Mind Control dans ce pays était MK-Ultra. »

Christopher Simpson, théoricien des communications, Université américaine, DC: « MK-Ultra était un des programmes parmi une série de programmes qui sont venus de la CIA pour expérimenter différents types de Mind Control: les drogues, les électrochocs, chocs insuliniques, et d’autres techniques. »

Les premiers sujets des expériences pour le MK-Ultra ont été les personnels de l’armée américaine, qui ont reçus des doses de LSD et de PCP sans leur consentement.

Dr. Harvey Weinstein, psychologue social, Université de Californie, Berkeley, CA: « Je pense que le but pour tous les gens qui ont mené le programme était clair: c’était une tentative de trouver un moyen d’interroger les gens et de protéger leurs propres agents contre le contrôle des autres. »

A la fin des années 50, la CIA a commencé à financer des expériences top-secrètes de lavage de cerveau.

Lavage de cerveau: Endoctriner intensément et exhaustivement afin d’entraîner une transformation radicale des croyances et des attitudes mentales. (Dictionnaire Webster du Nouveau Monde)

Dr. Harvey Weinstein, psychologue social, Université de Californie, Berkeley, CA: « Si vous placez quelqu’un dans une position d’invalide, en ne les nourrissant pas, ou ne les autorisant pas à dormir, ou en les submergeant de bruit, si vous utilisez un traitement massif de choc, et si vous donnez aux gens des doses massives de drogues, comme le PCP, la mescaline, les amphétamines, ou le LSD, et si vous les plongez dans des périodes d’obscurité, où ils ne peuvent prévoir d’une minute à l’autre ce qui va arriver après, alors ils sont tout le temps terrifiés, il n’y a pas de position consistante sur ce qui va arriver. N’importe qui peut se retrouver placé dans une situation ouverte au lavage de cerveau.

Dû à la nature psychologique destructive des recherches sur le lavage de cerveau, la CIA a commencé à chercher de nouveaux sujets ignorants dans les hôpitaux psychiatriques.

De 1957 à 1964, les patients de l’Institut Allan Memorial à Montréal sont devenus les cobayes du Mind Control pour le scientifique du MK-Ultra Ewen Cameron.

Ewen Cameron

Dr. Harvey Weinstein, psychologue social, Université de Californie, Berkeley, CA: « Ewen Cameron était probablement le psychiatre le plus en vue de son époque dans les années 50… Il utilisait les techniques de son high-tech, il utilisait plusieurs sortes d’enregistreurs à circuits multiples, pour forcer les gens à écouter des messages enregistrés 24H/24 sans aucune fin, dans le but essentiellement de détruire les structures de la pensée des gens. »

Les patients étaient placés dans une stupeur due aux drogues, pendant que les messages enregistrés étaient acheminés vers leur esprit.

Lassie, témoin du MK-Ultra: « Il a injecté l’acide lysergique dans la veine… et il m’a donné un petit coup sur l’épaule, et dit: ‘Maintenant, Lassie… nous allons te revoir plus tard.’ Et j’ai commencé à me sentir très effrayée, et la frayeur est devenue de la terreur, et j’ai commencé à me jeter d’un côté à l’autre de la pièce. Je ne savais pas quoi faire pour arrêter ce sentiment. Je me sentais comme si mes os étaient en train de fondre, que j’étais… Je ne savais plus du tout qui j’étais, au juste.

En 1977, les audiences de l’Eglise ont enquêté sur le projet du Mind Control. Cela a forcé la CIA à publier des documents dévoilant l’histoire du MK-Ultra.

Terry Lenzner, avocat à Washington DC: « Ce n’est pas juste pour avoir brisé les demeures des gens, ou l’invasion du droit à la vie privée, les atteintes illégales sur les témoins, ou l’invasion de la pensée d’une personne, les faits concernent une blessure profonde […] que le gouvernement impose. »

New York Times, 2 août 1977: « Des institutions privées utilisées dans l’effort de la CIA pour contrôler le comportement », « Des drogues testées par la CIA sur des patients malades mentalement »

En 1980, la CIA a été poursuivie par neuf victimes des recherches du Mind Control du Dr. Cameron. Elles ont chacune reçu 100 000 $ en compensation pour les dommages.

Christopher Simpson, théoricien des communications, Université américaine, DC: « Ceci était un programme post-nazi, si vous voulez. C’était une américanisation. »

Mark Phillips, cadre du renseignement, ancien agent de la CIA: « Mon point de vue est que les Nazis n’ont pas perdu la guerre, ils ont juste eu à déménager. »

Christopher Simpson, théoricien des communications, Université américaine, DC: « Maintenant, nous sommes 50 ans après. Maintenant, ils sont beaucoup plus intelligents, beaucoup plus sophistiqués, ils ont beaucoup plus d’argent à dépenser. »

A suivre…

Producteurs du documentaire:

Josh Shore
Aaron Pocock
Stephen Marshall

A écouter: Chris Hedges interviewe Julian Assange

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Posté le 5 mai 2013

Dans ces extraits audio de leur longue conversation à l’ambassade d’Equateur, Chris Hedges interroge Julian Assange au sujet de la stratégie juridique et les pensées du fondateur de WikiLeaks sur le Pfc. Bradley Manning.

Pour en savoir plus, y compris le commentaire approfondi de Hedges sur leur conversation, une chronologie interactive, des ressources et une illustration originale de M. Fish, visitez ce lien relatif.

Edition audio par Brittany Knotts. Transcription par Lucy Berbeo.

Interview, partie 1 (télécharger l’audio 1): Chris Hedges parle avec Julian Assange des stratégies légales de ses opposants.

Chris Hedges: Alors, qu’est-ce que vous, quand vous regardez tout ce genre de, vous savez, tout ce mouvement, que pensez-vous qu’ils essaient de faire? Comment veulent-ils essayer de vous faire sortir d’ici?

Julian Assange: Je pense que c’est un vrai désordre. Je ne pense pas qu’ils ont — il y a tellement de parties différentes avec des intérêts différents. C’est un vrai désordre. Le Royaume-Uni veut s’en dégager, mais il ne veut pas perdre son prestige par rapport à l’Equateur. La situation en Suède devient si difficile maintenant que… La Suède ne sera jamais contre les Etats-Unis. Aucun pays — ni le Royaume-Uni, ni la Suède, ne seront jamais contre les Etats-Unis. Mais dans ce cadre, la situation est si difficile maintenant en Suède —

CH: Que voulez-vous dire par si difficile?

JA: Politiquement, c’est — le chef de la Cour Suprême suédoise est sorti et a dit que l’affaire est un vrai désordre.

CH: Avez-vous eu aucun élément indiquant que les Américains ont essayé de manipuler l’affaire en Suède?

JA: Ils n’en ont pas besoin. … Nous avons quelques éléments. Le [L’] ambassadeur US d’alors, Louis Susman, a dit au début de 2011 qu’ils attendent l’après-affaire suédoise. The Independent [le journal] —

CH: Qu’ils attendent quoi?

JA: Quel est l’intérêt des Etats-Unis dans cette affaire? Il s’agit de mon extradition. Il ne l’a pas dit, mais c’est le contexte évident.

Assistante d’Assange: L’ambassadeur US du Royaume-Uni a donc dit, en début de —

JA: 2011

Assistante d’Assange: … début 2011, que les Etats-Unis attendaient de voir ce qui arrive avec l’affaire en Suède.

Michael Ratner, avocat d’Assange: Ils ne feraient pas les procédures en même temps, car alors il y aurait deux extraditions en concurrence — et alors, ils attendront jusqu’à —

CH: Oh, je vois. OK, je comprends.

JA: Sinon, il y en aurait eu un en attente, et l’autre serait venu, et alors le ministre de l’intérieur aurait eu comme sort de prendre une décision, une décision de cour révisable, une décision politiquement révisable, pour échanger le précédent avec ceux-ci.

MR: Donc ce qu’ils feraient, s’ils devaient le faire effectivement, si Julian avait gagné le recours contre l’extradition, ils seraient probablement à ce moment en train de déposer une demande d’extradition à la cour britannique.

JA: Oui, ou les droits à… si je vais en Suède. C’est donc ce qu’a dit l’ambassadeur, et également ce qu’a dit le correspondant diplomatique de The Independent à la fin de 2010, qu’il y avait déjà des discussions informelles entre la Suède et les Etats-Unis.

Assistante d’Assange: Le jour après, le jour après où tu es allé en prison.

JA: Oui.

CH: Des discussions informelles entre la Suède et les Etats-Unis. Donc vous — vous extrader en Suède et ensuite —

JA: Et les détails étaient que, je pense que dans cela il a dit que ce serait au terme, que ce serait à la fin de l’affaire suédoise. Et alors aux Etats-Unis, où je pense que l’équation politique est la plus intéressante. Vous avez des procureurs dans l’affaire [Pfc. Bradley] Manning qui sont clairement en train de se préparer pour un musical de Broadway long de 12 semaines, où ils ont leur diva étoile, qui est le mec de la Navy SEAL, et ils vont le faire chanter. Et c’est une si grosse machine — 141 témoins qu’ils ont énumérés pour la poursuite judiciaire. Et l’enquête du grand jury a été une si grosse entreprise; je veux dire, tellement de gens, tellement d’enregistrements, toutes sortes d’affaires devant les tribunaux à ce sujet; des choses n’ayant pas de rapport avec cela. L’EPIC [Electronic Privacy Information Center, ou Centre d’Information de la Vie Privée Electronique] a une affaire judiciaire en relation avec le FOI [Freedom of Information, ou Liberté de l’Information], ce qui est une information très intéressante, d’ailleurs, sur –

MR: Vous connaissez tout sur l’EPIC?

CH: Non.

JA: C’est une ONG située à Washington, l’Electronic Privacy Information Center [Centre d’Information de la Vie Privée Electronique]. Une sorte d’ACLU [American Civil Liberties Union] pour la vie privée. Et alors ils ont demandé tous les dossiers du FBI et du DOJ [Department Of Justice] concernant les listes des supporters de WikiLeaks. Ils font une attaque sous le principe des droits associatifs… Il y a eu une interférence, une potentielle interférence avec les droits associatifs. Mais de toute manière, dans le litige de cette affaire, la façon dont le FBI et le DOJ [Department Of Justice, Ministère de la Justice] défendent la chose, nous avons ces catégories de documents, et nous comptons le nombre de documents dans chaque classe, et ils forment des sortes de sections, comme la section du Ministère de la Justice qui a à voir avec l’extradition — c’est un point intéressant. Quoi qu’il en soit, vous pouvez voir qu’il y a vraiment une très grosse machine. Il y a, vous le savez, plus d’une douzaine de départements américains fortement impliqués. Mais cette machine est maintenant très difficile à arrêter, dans la mesure où il y a déjà des budgets prédéfinis. Par exemple, il y a eu un appel d’offres lancé par le Ministère de la Justice il y a environ un an pour un système informatique de gestion de l’affaire WikiLeaks. L’appel d’offres était de 1 à 2 millions de dollars pour ce système informatique, juste pour regarder les documents. Il y a toutes sortes d’intérêts professionnels de la part des procureurs, du FBI, et cetera, en gardant cette grosse affaire en marche. Ils veulent, vous savez, marquer des points. Maintenant, au niveau des avocats supérieurs, euh Eric Holder. En fait… en descendant juste d’un degré, Neil MacBride.

MR: Vous savez qui c’est?

JA: Le DA [Deputy Attorney, ou Procureur Adjoint] du Massachussets est devenu —

MR: Non, non. Neil MacBride, juste pour que vous le sachiez, c’est le procureur, le procureur américain pour le District Est de Virginie. … C’est un procureur fédéral américain.

JA: C’est celui qui est responsable des poursuites en matière de sécurité nationale et, en particulier, de la plupart des poursuites extraterritoriales des Etats-Unis. Il y avait un article hagiographique paru dans le Washington Post à son sujet, il y a peut-être quatre mois; cela vaut vraiment la peine de le lire pour comprendre l’aspect géopolitique de la partie juridique de l’affaire, que je n’avais en quelque sorte pas réalisé avant, mais il y a une sorte de combat juridique asymétrique qui se déroule au niveau de la loi américaine, pour appliquer le droit américain à autant de juridictions que possible. Et si vous avez le contrôle sur l’utilisation de la force dans une juridiction étrangère, cette juridiction fait partie par définition de votre Etat. Donc, il est impliqué dans ce projet d’amener le plus grand nombre possible d’Etats sous la loi américaine et de les remettre en route. Cet article dit qu’il y a quelque chose comme 60 territoires où ils arrêtent les gens et où ils les poursuivent à Alexandria, en Virginie. Il est également chargé de l’affaire Kim Dotcom.

JA: Il y a donc la question de savoir s’il existe déjà un acte d’accusation secret. S’il y a un acte d’accusation secret, nous le croyons à cause des nombreuses preuves à travers les fuites, mais surtout à cause du comportement du Ministère de la Justice et de Neil MacBride, et à travers les questions, qu’il existe un acte d’accusation secret.

CH: Qu’est-ce que cela veut dire, un acte d’accusation secret? En termes de, par exemple —

MR: S’il y a une mise en accusation et qu’ils ne donnent pas d’avis public à ce sujet —

CH: Pourquoi ne le feraient-ils pas?

MR: Eh bien, parce que dans ce cas, la personne est —

JA: C’est normal.

MR: Oui, c’est normal, si la personne est en dehors du pays —

JA: La personne n’a pas encore été arrêtée.

MR: Ils ne veulent pas télégraphier à cette personne, « vous avez été mis en examen. »

JA: Si la personne n’a pas encore été arrêtée, c’est normal. L’acte d’accusation est secret. Et aussi, du point de vue de la loi, c’est une infraction pénale pour tout responsable américain au courant de l’acte d’accusation secret de parler à toute personne, même à un autre responsable américain, de l’existence de l’acte d’accusation secret, sauf dans le cadre de l’exécution d’un mandat.

CH: Et pouvez-vous me dire s’il y a eu des indications publiques qui semblent faire allusion à l’existence d’un acte d’accusation secret?

JA: En vertu de leur propre procédure, si vous demandez « Êtes-vous un sujet, cible ou témoin d’une enquête du grand jury? », ils sont supposés vous le dire. Mais ils refusent de le faire.

MR: Vous ne pouvez pas aller au tribunal pour ça, mais leurs lignes de conduite disent —

JA: Leurs lignes de conduite disent —

CH: Si vous demandez donc est-ce que vous êtes un sujet, cible ou témoin du grand jury, ils devraient vous le dire.

JA: Ils sont supposés le faire. Les lignes de conduite, les principes de conduite des poursuites judiciaires sont qu’ils devraient vous le dire. Et ils refusent totalement de s’engager sur cette question.

CH: Vous leur avez posé la question?

JA: Oui, nous avons posé la question. Ils refusent de s’engager.

CH: Oh, c’est intéressant.

JA: Mais quand vous dites, « Avec qui devrions-nous parler à ce sujet? », ils disent « ce gars-là, ce gars-là » — vous savez, il y a un « gars » qui est chargé de répondre à cette question, mais il refuse de s’en mêler. Pourquoi? Eh bien, l’explication la plus simple est qu’il serait en violation de cette loi qui dit que vous ne le pouvez pas.

CH: Avez-vous une idée du moment où cet acte d’accusation secret a pu tomber?

JA: Il y a une fuite de Stratfor, qui était un mail interne de Stratfor, qui dit « merci de ne pas publier … il y a un acte d’accusation secret contre Assange. »

CH: Ah oui, je m’en souviens.

JA: Le vice-président.

CH: Je me souviens que —

JA: Il travaillait pour le Service de la Sécurité Diplomatique [des Etats-Unis], donc il a effectivement eu… d’autre part, c’est un gars qui est un peu rapide et imprécis avec les enregistrements, donc. …

CH: Avez-vous une idée du moment où cela est arrivé?

JA: Eh bien, si… cet email datait de 2011, début 2011. Quelqu’un a dit que, peut-être, ils avaient fait un acte d’accusation et qu’ils étaient tous prêts, parce que si je gagnais l’affaire ici, l’affaire d’extradition, alors ils avaient besoin d’agir rapidement. Ou bien il est possible qu’il s’agissait d’un projet de mise en accusation. Ils… ils ont toujours un projet de mise en accusation prêt à sortir au cas où ils en aient besoin. Alors peut-être que le projet de mise en accusation était toujours prêt à sortir et ils ne l’ont pas déposé avant la date prévue pour plus tard. Mais ce qui est très suspect, c’est que bien sûr, ils ont dit publiquement « l’enquête est en cours », mais ils refusent de suivre leur procédure et de confirmer mon statut, ce qui serait naturel s’il y avait un acte d’accusation secret.

Interview, partie 2 (télécharger l’audio 2): Julian Assange fait part de ses réflexions sur l’affaire Bradley Manning

Chris Hedges: Y a-t-il quelque chose qui vous a frappé, vous a surpris, dans la déclaration de Bradley Manning?

Julian Assange: Tout. [rires]

CH: Oh, vraiment? OK.

JA: Cela doit être ma réponse.

CH: Nous étions là-bas, et c’était très émouvant. Oh mon dieu, c’était tellement émouvant. Ca vous brisait le coeur. C’était vraiment —

Michael Ratner, avocat d’Assange: Incroyable.

CH: Oui, ça l’était vraiment. Et il était si posé.

MR: Oh, c’était remarquable!

CH: C’était vraiment remarquable, articulé.

JA: Je pensais que les médias traditionnels… ce que j’appelle — j’utilise différentes expressions pour cette bête. Je pense que cette semaine, je suis dans les « vieux médias ». La façon dont les vieux médias ont dressé son portrait consistait à lui enlever toutes les qualités héroïques. Et une qualité héroïque consiste à décider de faire quelque chose, contrairement à ce qui est une expression inconsciente et irraisonnée de la folie ou de la frustration sexuelle, ou quoi que ce soit d’autre. Personne ne peut vous suivre — vous ne pouvez pas suivre les pas de quelqu’un, à moins que la personne que vous suivez ait fait des choix, et vous pourriez peut-être —si elles [ces personnes] ont fait des choix et si elles ont accompli certaines choses, alors vous pourriez être en mesure également de choisir de faire la même chose. Mais si vous avez fait des choses parce que vous étiez un homosexuel fou, et personne ne peut choisir d’être un homosexuel fou. Alors, ils l’ont dépouillé — ils ont voulu le dépouiller de tout son raffinement.

CH: Vous savez, je sais très bien —

JA: Vous pourriez dire, regardez, c’est un événement rare. Pourquoi un événement rare se produit? Eh bien, que savons-nous? La plupart des gens ne sont pas capables de faire ça. Disons que peu importe qui était cette personne, si l’idée est que c’est Bradley Manning, alors que savons-nous au sujet de Bradley Manning? Nous savons qu’il a remporté trois prix scientifiques, autrement dit nous savons que ce mec est brillant. Nous savons qu’il était intéressé par la politique très jeune, et il était éloquent et franc, et il n’aimait pas le mensonge. Et nous savons qu’il était préoccupé par l’état du monde. Et nous savons qu’il était doué dans son travail d’analyste du renseignement. Et ces choses suggèrent que si vous allez dire, quoi, soyez prudent, que la combinaison des capacités et des motivations qui pourraient causer une action, alors voici les talents et les vertus qui pourraient perceptiblement donner lieu au phénomène. Mais au lieu de cela, les gens vont… ils regardent tout le, vous savez, ils disent: « Oh, c’est un homosexuel, c’est la réponse. » Dix pour cent, 10 pour cent de l’armée américaine sont des homosexuels; au moins 50 pour cent sont de familles brisées. OK? Vous prenez ces deux facteurs ensemble, ce qui vous ramène à 5 pour cent, on va dire; un pouvoir très instructif, il y a 5 millions de personnes avec des habilitations actives de sécurité, donc cela vous ramène à combien, 25? Non, cela vous ramène à 250 000 personnes. Vous devez maintenant descendre de 250 000 à un seul.

CH: Eh bien, disons que la manière la plus simple de survivre dans les médias, c’est d’adopter le stéréotype dominant et de courir avec, et si vous contestez le stéréotype — je parle juste comme quelqu’un qui a été à l’intérieur de cette organisation — vous, en tant que journaliste, vous allez prendre beaucoup de merde de vos éditeurs, mais surtout celle des autres journalistes qui colportent cette merde. Et ainsi c’est devenu, ils ont très habilement créé une sorte de fausse personnalité, complètement fausse, évidemment.

JA: C’est cette Côte Est — je pense que tout comme Freud est entré dans la Côte Est [rires] des Etats-Unis, ensuite ils ont commencé à travailler avec les fils et les filles des gens riches qui étaient perturbés. Et ensuite c’est devenu une icône de prestige d’avoir un psychiatre. Je veux dire, combien c’est absurde, combien c’est absurde que pour être une personne ayant correctement réussi, sur la Côte Est des Etats-Unis, en tant que femme, vous devez avoir un psychiatre, et en tant qu’homme, vous devez avoir un avocat?

Source: http://www.truthdig.com/avbooth/item/listen_chris_hedges_interviews_julian_assange_20130505/

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