Les documents de Snowden révèlent les tactiques de surveillance et de pression destinées à WikiLeaks et ses supporters

nsa3Par Glenn Greenwald et Ryan Gallagher, 18 février 2014

Les documents top-secrets de la National Security Agency et son homologue britannique révèlent pour la première fois la façon dont les gouvernements des États-Unis et le Royaume-Uni ont ciblé WikiLeaks et d’autres groupes militants avec des tactiques allant de la surveillance secrète à la poursuite judiciaire.

Les efforts – détaillés dans les documents fournis précédemment par le lanceur d’alerte de la NSA, Edward Snowden – incluaient une vaste campagne de pression internationale visant non seulement Julian Assange, mais à ce que le gouvernement américain appelle « le réseau humain qui soutient WikiLeaks ». Les documents contiennent également des discussions internes sur le ciblage du site de partage de fichiers The Pirate Bay et les collectifs hacktivistes tels que Anonymous.

Lire la suite de l’article: https://firstlook.org/theintercept/article/2014/02/18/snowden-docs-reveal-covert-surveillance-and-pressure-tactics-aimed-at-wikileaks-and-its-supporters/

Communiqué WikiLeaks: La NSA et le GCHQ espionnent WikiLeaks

Articles similaires dans la presse française:

WikiLeaks est étroitement surveillé par la NSA et le GCHQ depuis 2010 (pcinpact.com)

La NSA et son pendant britannique auraient espionné WikiLeaks et ses lecteurs (Libération.fr)

La NSA a espionné WikiLeaks et ses lecteurs (seneweb.com)

Jacob Appelbaum se fait beaucoup de souci pour le futur de votre vie privée

Jacob Appelbaum à BerlinPhoto: Jacob Appelbaum à Berlin

Selon le magazine Rolling Stone, Jacob Appelbaum serait le « mec le plus dangereux du cyberespace ». Mais il ne l’est pas, et cette étiquette le fait chier. Appelbaum est en réalité un expert en cybersécurité et l’un des développeurs du Tor Project ; un collaborateur de WikiLeaks qui a récemment coécrit un livre avec Julian Assange et un ami de Laura Poitras, la confidente d’Edward Snowden, Laura Poitras avec qui il enquête sur la NSA pour Der Spiegel.

En 2010, Jacob est devenu une cible des services de renseignement étatsuniens du fait de ses liens avec WikiLeaks ; son matériel électronique a été saisi et Jacob a été placé en détention un paquet de fois. Pas particulièrement amateur de la persécution dont il faisait l’objet, Appelbaum est parti en Allemagne où il s’est fait approcher par tous les principaux partis politiques pour être leur expert en informatique ; il fait également office de consultant pour tous les films traitant de cybersurveillance et de sécurité sur Internet.

Le jour de notre interview, ses collègues du Chaos Computer Club – le plus grand collectif de hackers européen – s’attelaient à déjouer, avec succès, le fameux système de déverrouillage par empreinte digitale de l’iPhone 5S. Et Appelbaum promettait d’importants développements du réseau Tor. On s’est assis ensemble pour parler de la possibilité d’existence de la liberté individuelle dans le monde moderne.

Lire l’interview de Jacob Appelbaum: http://www.vice.com/fr/read/jacob-appelbaum-se-fait-beaucoup-de-souci-pour-le-futur-de-votre-vie-privee

Campagne humoristique de soutien à Wikileaks: Julian Assange veut se libérer de la burqa!

ASSANGEburqa-ecuador

Mon nom est Julian Assange et je suis retenu prisonnier dans une ambassade à cause des USA

Ma liberté d’expression est menacée

Je vis sans voir la lumière du jour

C’est comme si je vivais avec une burqa sur la tête

Soutenez Wikileaks si vous voulez que la liberté d’expression triomphe dans le monde, et si vous ne voulez pas que je passe le reste de mes jours avec cette burqa sur la tête

Faites un don à Wikileaks – Soutenez la liberté d’expression

ASSANGEburqa2cliquer pour faire un don

Merci à tous les supporters qui auront aidé Julian Assange!

Source: http://www.support-julian-assange.com/humorous-campaign-to-support-wikileaks-julian-assange-wants-to-get-rid-of-the-burqa/

Quand Julian Assange se fait tirer les oreilles par le président de l’Equateur


Vidéo de Juice Rap News avec Julian Assange

Les InRocks, 31/08/2013, 11h08

Il y a quatre jours sortait une vidéo parodiant les campagnes des politiques australiens (dont le premier ministre Kevin Rudd, Julia Gillard du Parti Travailliste et Tony Abbott de l’opposition) dans laquelle un Julian Assange déguisé en rock star ringarde poussait la chansonnette. Mais la vidéo, pourtant très drôle, n’a pas du tout plu à Rafael Correa, président équatorien. Dans une lettre adressée à Assange, Correa lui demande de ne pas utiliser les locaux de l’ambassade équatorienne à Londres – dans laquelle il est réfugié depuis 2012- pour se moquer des politiques australiens. Il a expliqué à l’AFP:

“Les règles de l’asile interdisent en principe l’ingérence dans la politique du pays qui accorde l’asile. Mais par courtoisie, nous n’allons pas empêcher Julian Assange d’exercer son droit à être candidat. Tant qu’il ne se moque pas des politiques ou des personnes australiens”.

Julian Assange concourt au poste de sénateur en Australie avec son parti baptisé comme son site, Wikileaks.

Source: http://www.lesinrocks.com/2013/08/buzzodrome/julian-assange-se-fait-tirer-les-oreilles-president-lequateur/

Lire sur le Guardian: http://www.theguardian.com/media/2013/aug/30/julian-assange-embassy

L’Agenda d’Assange, documentaire de Michael Weatherhead


L’histoire du projet 

L’Agenda d’Assange, Documentaire – La Surveillance, la Transparence… et Vous.

S’il vous plaît, soutenez la réalisation de cet important documentaire!

Imaginez que vous ayez à raconter l’histoire la plus importante au monde, et vous n’avez qu’un mois pour le dire au lieu d’un an?

L’Internet a changé la vie politique et la vie privée pour toujours, mais comment répond la Démocratie quand les citoyens, les entreprises et les gouvernements sont tous connectés?

Alors que l’Australie se prépare pour les élections fédérales, et que Julian Assange et les candidats du Wikileaks Party se préparent pour le Sénat, les yeux du monde se tournent pour voir comment les électeurs réagissent dans un monde post-Manning, post-Snowden.

Aucun film n’a jamais abordé ce que représente le politicien Julian Assange, que pouvons-nous attendre d’un sénateur Assange? Si Assange est élu, quel sera l’impact sur les élections à venir à travers le monde? Le Parti Wikileaks aura-t-il des candidats dans les élections américaines de 2016, par exemple?

One Planet Films, une société de production de film d’un documentaire gagnant une récompense, fait une course contre la montre pour terminer ce documentaire opportun avant les élections australiennes du 7 septembre. Nous organisons une équipe internationale d’intervieweurs, d’écrivains, d’éditeurs et plus pour réaliser un Documentaire en un mois (un travail qui nous aurait normalement pris un an).

Nous avons besoin de votre soutien pour finir le travail à temps et pour être sûrs que notre équipe sera nourrie 🙂

Cette histoire concerne tout le monde. C’est un moment spécial de l’histoire, et nous voulons que le plus de monde possible en fasse partie.

Nous avons eu une réponse incroyable du petit nombre de personnes qui ont vu cette campagne, s’il vous plaît aidez-nous à passer le mot?

Comment les fonds seront utilisés

Les fonds recueillis dans cette campagne serviront à:

– Payer notre équipe qui fait un travail acharné d’une petite partie des frais qu’ils méritent
– Acheter des vols pour emmener l’équipe aux interviews
– Images supplémentaires dont nous avons besoin pour raconter l’histoire
– Masteriser le film et le préparer pour la distribution à nos supporters.

Si nous recevons plus que nécessaire, nous pourrions être en mesure d’augmenter la longueur de la pièce et créer plus de valeur pour les supporters.

One Planet FilmsCertaines de mes autres réalisations

One Planet Films a réalisé le film primé « Retour à Gaza » qui a remporté les prix suivants:
– Prix d’Excellence, Indie Film Festival USA 2009
– Prix du Mérite, Long-métrage documentaire, « Le Concours d’accolade », USA 2010
– Sélection officielle, Prix du Film d’Asie Pacifique, 2010

Risques et défis

Le temps et le budget sont notre plus grand défi.

Nous travaillons dur pour s’assurer que ce n’est pas un problème, nous avons un calendrier très serré et nous avons veillé à ce que toutes les bases soient couvertes.

L’équipe aime tellement ce projet, qu’ils sont heureux d’y mettre les week-ends et les nuits pour respecter les délais.

L’Equipe

Directeur/Producteur exécutif – Michael Weatherhead est le fondateur de plusieurs entreprises dont le site VOD, ScreenZone et le diffuseur en ligne HotSpots. Il est un cinéaste primé avec un diplôme de Master en Entrepreneuriat et Innovation, ainsi qu’une solide expérience en entreprise et P.I. En tant que consultant d’affaires, il a développé des études de faisabilité et des plans d’affaires, qui comprenaient la création d’un parc technologique pour Agriculture Victoria et de lever 4 millions de dollars en capital de risque pour une entreprise de matériel de télécommunications.

Présentatrice/Journaliste – Lucy Anna Rhoades (PhD) est une journaliste, écrivain, cinéaste, conseillère et formatrice en entreprise avec une expérience dans le cinéma et la télévision à la BBC, travaillant dans la production, le développement et l’acquisition de contenu.

Producteur – Mike New est un producteur de films, producteur web IT chef de projet, consultant d’affaires, praticien tantrique et cinéaste travaillant en Australie, Mike a passé huit ans à vivre et travailler dans les pays asiatiques de l’Inde au Japon. Mike a réussi à livrer avec succès de grands projets IT jusqu’à 20 millions de dollars et a soutenu des sociétés d’édition à adopter avec succès de nouveaux médias.

Directeur de la Photographie/Camera/Editeur – Lynsey Allett a travaillé comme femme de caméra freelance, éditrice vidéo et éducatrice multi-médias pour les douze dernières années au Royaume-Uni, en Europe continentale et en Australie. Pendant ce temps, elle s’est spécialisée dans le documentaire indépendant cinématographique.

Equipe du Projet

Michael Weatherhead, Mullumbimby, Australie

Michael Weatherhead est le fondateur de plusieurs entreprises dont le site VOD, ScreenZone et le diffuseur en ligne HotSpots. Il est un cinéaste primé avec un diplôme de Master en Entrepreneuriat et Innovation, ainsi qu’une solide expérience en entreprise et P.I. En tant que consultant d’affaires, il a développé des études de faisabilité et des plans d’affaires, qui comprenaient la création d’un parc technologique pour Agriculture Victoria et de lever 4 millions de dollars en capital de risque pour une entreprise de matériel de télécommunications.

Pour soutenir le projet: http://www.pozible.com/project/31548

Un volontaire de WikiLeaks était un informateur payé par le FBI

Thordarson avec Julian Assange

Par Kevin Poulsen, 27 juin 2013

Un jour de la semaine, en août 2011, un islandais de 18 ans à l’aspect chérubin, nommé Sigurdur « Siggi » Thordarson, franchit les portes majestueuses de l’ambassade américaine à Reykjavik, la poche de sa veste dissimulant sa carte de visite: une photocopie froissée d’un passeport australien. La photo du passeport montrait un homme avec une tignasse indisciplinée de cheveux blond platine et le nom Julian Paul Assange.

Thordarson a été un bénévole de longue durée pour WikiLeaks, avec un accès direct à Assange et une position-clé en tant qu’organisateur dans le groupe. Avec son entrée dans l’ambassade, faite dans un style de Guerre froide, il est devenu autre chose: le premier informateur connu du FBI au sein de WikiLeaks. Pendant les trois mois qui ont suivi, Thordarson a servi deux maîtres, travaillant pour le site déverseur de secrets et déversant simultanément ses secrets au gouvernement américain en échange, dit-il, d’un total d’environ 5000 $. Le FBI lui a fait prendre des vols quatre fois à l’échelle internationale pour des débriefings, dont un voyage à Washington DC, et il a obtenu lors de la dernière rencontre huit disques durs de Thordarson remplis de chat-logs, vidéos et autres données de WikiLeaks.

La relation fournit un rare aperçu de l’enquête d’application de la loi américaine à l’égard de WikiLeaks, le groupe de transparence récemment rejeté à l’avant de la notoriété internationale, avec son aide au lanceur d’alerte de la NSA, Edward Snowden. La double-vie de Thordarson illustre les efforts que le gouvernement souhaitait déployer dans sa poursuite de Julian Assange, en approchant WikiLeaks avec des techniques aiguisées utilisées dans le travail du FBI contre le crime organisé et le piratage informatique — ou, plus obscurément, l’infiltration du bureau dans les groupes de droits civils, pendant l’ère Hoover.

« C’est un signe que le FBI voit WikiLeaks comme une organisation criminelle présumée, plutôt que comme un organisme d’informations », explique Stephen Aftergood, de la Fédération du Projet des Scientifiques Américains sur le Secret Gouvernemental [Federation of American Scientists’ Project on Government Secrecy]. « WikiLeaks était quelque chose de nouveau, je pense donc que le FBI a dû faire un choix à un certain moment quant à la manière de l’évaluer: Est-ce que c’est le New York Times, ou est-ce que c’est autre chose? Et ils ont clairement décidé que c’était autre chose. »

Le FBI a refusé de commenter.

Thordarson avait 17 ans et il était encore au lycée quand il a rejoint WikiLeaks en février 2010. Il faisait partie d’un large contingent de volontaires islandais qui ont afflué vers la cause de Julian Assange, après que WikiLeaks ait publié des documents bancaires internes relatifs à la crise financière de ce pays.

Quand une révolte du personnel, en septembre 2010, a laissé l’organisation démunie d’aide, Assange a placé Thordarson en tant que responsable de la salle de discussion en ligne de WikiLeaks, faisant de Thordarson le premier point de contact pour les nouveaux bénévoles, les journalistes, les sources potentielles, et les groupes extérieurs qui exigeaient de rentrer en contact avec WikiLeaks, au pic de sa notoriété.

Dans ce rôle, Thordarson était l’homme intermédiaire dans les négociations avec le Fonds de Défense de Bradley Manning, qui a amené WikiLeaks à faire un don de 15 000 $ à la défense de sa source principale. Il a accueilli et pris en charge un nouveau volontaire qui a commencé à télécharger et à organiser un vaste trésor de câbles diplomatiques des années 1970 depuis l’Administration des Archives Nationales et des Enregistrements [National Archives and Record Administration], pour ce qui est devenu la collection des « Câbles Kissinger » de WikiLeaks en avril dernier. Et il a disputé des dizaines de volontaires et de supporters qui ont tout fait, depuis la refonte graphique des sites internet de WikiLeaks jusqu’aux shootings vidéos rendant hommage à Assange.

Il a accumulé des milliers de pages de chat-logs de son époque chez WikiLeaks, qui sont, dit-il, maintenant aux mains du FBI.

La trahison de WikiLeaks par Thordarson a aussi été une trahison personnelle de son fondateur, Julian Assange, qui, comme disent d’anciens collègues, a pris Thordarson sous son aile et l’a préservé face à la critique et à la controverse juridique.

« Quand Julian l’a rencontré pour la première ou deuxième fois, j’étais là », dit Birgitta Jonsdottir, un membre du Parlement islandais qui a travaillé avec WikiLeaks sur Collateral Murder, la publication de WikiLeaks d’une séquence montrant l’attaque d’un hélicoptère américain en Irak. « Et j’ai prévenu Julian dès le premier jour, il y a quelque chose qui ne va pas chez ce type… Je lui ai demandé de ne pas l’avoir comme membre de l’équipe de Collateral Murder. »

En janvier 2011, Thordarson a été impliqué dans un scandale politique bizarre dans lequel un mystérieux « ordinateur portable espion » a été trouvé en marche, sans surveillance, dans un bureau vide du bâtiment parlementaire. « Si tu as fait ça, ne me le dis pas », a déclaré Julian Assange à Thordarson, selon les chat-logs non-authentifiés fournis par Thordarson.

« Je te défendrai contre toutes accusations, bruits et injustices, et je te soutiendrai, comme je l’ai fait », lui a dit Assange dans un autre chat le mois suivant. « Mais j’attends une totale loyauté en retour. »

Au lieu de cela, Thordarson a utilisé sa proximité à Assange pour ses propres fins. L’acte le plus conséquent est survenu en juin 2011, lors de sa troisième visite à Ellingham Hall — le manoir anglais où Assange était alors en résidence surveillée, pendant qu’il luttait contre l’extradition vers la Suède.

Pour des raisons qui restent obscures, Thordarson a décidé d’approcher les membres du gang de piratage LulzSec et les a sollicités pour pirater les systèmes du gouvernement islandais, comme un service rendu à WikiLeaks. Pour établir sa bonne foi en tant que représentant de WikiLeaks, il a pris et téléchargé une vidéo de 40 secondes sur son téléphone portable qui s’ouvre sur un écran IRC avec une conversation en cours, puis flotte à travers la pièce pour capturer Assange au travail avec une associée. (Cet échange a, dans un premier temps, été rapporté par Parmy Olson dans son livre sur Anonymous).

Malheureusement pour Thordarson, le FBI a fait tomber le leader de LulzSec, Hector Xavier Monsegur, alias Sabu, une semaine plus tôt, et assuré sa coopération comme informateur. Le 20 juin, le FBI a mis en garde le gouvernement islandais. « Une énorme équipe du FBI est venue en Islande et a demandé aux autorités islandaises de les aider », dit Jonsdottir. « Ils pensaient qu’il y avait une attaque imminente de LulzSec en Islande. »

Le FBI ne pouvait peut-être pas savoir à ce stade qui était Thordarson au-delà de son nom d’écran. Le bureau et les agences d’application de la loi au Royaume-Uni et en Australie ont continué à rassembler des accusations sans liens apparents sur des membres présumés de LulzSec.

Après avoir esquivé ce coup, on ne sait pas clairement ce qui a incité Thordarson à aborder le FBI deux mois plus tard. Quand je lui ai directement posé la question la semaine dernière, il a répondu: « Je suppose que j’ai coopéré parce que je ne voulais pas participer à un piratage d’Anonymous et LulzSec pour WikiLeaks, car alors tu enfreins certainement un bon nombre de lois. »

Cette réponse ne fait pas beaucoup de sens, car c’est Thordarson, et non Assange, qui a demandé à LulzSec de pirater l’Islande. Il n’y a aucune preuve qu’un autre membre du personnel de WikiLeaks soit impliqué. Il a donné une deuxième raison qu’il avoue être plus véridique: « La deuxième raison était l’aventure. »

L’équivoque de Thordarson met en lumière un obstacle dans les rapports qui le concernent: il est enclin à mentir. Jonsdottir le qualifie de « pathologique ». Il admet m’avoir menti dans le passé. Pour cette histoire, Thordarson a alimenté son récit en fournissant des e-mails qui semblent être entre lui et ses chefs du FBI, des enregistrements de vols pour certains de ses voyages, et un reçu du FBI indiquant qu’il leur a donné huit disques durs. Le Ministère islandais de l’Intérieur a auparavant confirmé que le FBI est venu en Islande pour interroger Thordarson. Thordarson a également témoigné à ce sujet lors d’une session au Parlement islandais, en présence de Jonsdottir.

Finalement, il m’a donné un important sous-ensemble de chat-logs qu’il dit avoir remis au FBI, s’élevant à environ 2000 pages, ce qui prouve, à tout le moins, qu’il a gardé les logs et qu’il est prêt à les remettre à un journaliste détesté par Julian Assange.

« L’aventure » de Thordarson a commencé le 23 août 2011, quand il a envoyé un e-mail sur la boîte de réception générale de l’ambassade américaine de Reykjavik « Au sujet de l’enquête criminelle en cours aux Etats-Unis ».

« La nature du renseignement qui peut être mis en évidence dans cette enquête ne sera pas prononcé dans une conversation e-mail », écrit-il de manière énigmatique.

Un agent de sécurité de l’ambassade l’a appelé le même jour. « Il a dit ‘Quelle enquête?’ J’ai dit celle de WikiLeaks », répond Thordarson. « Il a nié qu’il y avait une telle enquête, alors je lui ai juste dit que nous savions tous les deux qu’il y en a une. » Thordarson a été invité à l’ambassade, où il a présenté une copie du passeport d’Assange, le passeport du numéro deux d’Assange, Kristinn Hrafnsson, et un extrait d’une conversation privée en ligne entre Thordarson et Assange. Le représentant de l’ambassade a été évasif. Il a dit à Thordarson qu’ils seraient peut-être en contact, mais que cela prendrait au moins une semaine.

Cela est arrivé beaucoup plus vite.

Thordarson et Julian Assange

Des agents du FBI et deux procureurs fédéraux ont débarqué dans un gulfstream privé le jour suivant, le 24 août, et Thordarson a été convoqué de nouveau à l’ambassade.

Il a été accueilli par le même représentant de l’ambassade qui a pris ses clés et son téléphone portable, puis s’est dirigé avec lui sur une route sinueuse à travers les rues du centre de Reykjavik, pour se retrouver à la fin à l’hôtel Reykjavik Centrum, raconte Thordarson. Là, Thordarson a passé deux heures dans une salle de conférence d’hôtel à parler à deux agents du FBI. Puis, ils l’ont raccompagné à l’ambassade afin qu’il qu’il puisse mettre de l’argent dans son parcmètre, et ils sont revenus à l’hôtel pour plus de débriefing.

Les agents lui ont posé des questions sur ses interactions avec LulzSec, mais ils étaient surtout intéressés par ce qu’il pouvait leur donner au sujet de WikiLeaks. L’un d’eux lui a demandé s’il pouvait porter un dispositif d’enregistrement lors de sa prochaine visite à Londres et pousser Assange à dire quelque chose d’incriminant, ou parler de Bradley Manning.

« Ils m’ont demandé ce que j’utilise tous les jours, ce que j’ai toujours sur moi », dit-il. « J’ai dit, ma montre. Alors, ils ont dit qu’ils pourraient changer cela en une sorte de montre d’enregistrement. »

Thordarson dit qu’il a refusé. « J’aime bien Assange, je le considère même comme un ami », dit-il. « C’est juste que je ne voulais pas m’engager sur ce chemin. »

En tout, Thordarson a passé 20 heures avec les agents sur environ cinq jours. Ensuite, le gouvernement islandais a ordonné au FBI de plier bagages et de rentrer à la maison.

Il apparaît que le FBI avait trompé les autorités locales sur son but dans le pays. Selon une chronologie (.pdf) publiée par la suite par le Commissaire National de la Police Islandaise, le FBI a contacté l’agence d’application de la loi islandaise pour informer de la venue de Thordarson à l’ambassade, et demandé la permission de venir dans le pays pour un suivi. Mais le bureau a présenté la demande comme une extension de son enquête préliminaire concernant LulzSec, et a omis de dire que son véritable objectif était WikiLeaks.

WikiLeaks est bien considéré en Islande, et l’incident est intervenu dans un sujet politique chaud, quand il a fait surface ici, cette année, avec les conservateurs argumentant que l’Islande aurait dû coopérer avec le FBI, et les libéraux se plaignant, pour commencer, des agents autorisés à entrer dans le pays. « C’est devenu une controverse énorme », déclare Jonsdottir. « Et puis, aucun d’eux ne savait quel genre de personne était Siggi ».

En dehors de la politique, le FBI n’en avait pas fini avec Thordarson.

Les agents ont persuadé Thordarson de prendre un vol pour Copenhague avec eux, dit-il, pour une autre journée d’interrogations. En octobre, il a fait un second voyage au Danemark pour un autre débriefing. Entre les rencontres, Thordarson est resté en contact avec ses responsables à travers des comptes de messagerie jetables.

En novembre 2011, Thordarson a été renvoyé de WikiLeaks. L’organisation a découvert qu’il avait créé en ligne un magasin de t-shirts WikiLeaks et s’était arrangé pour que les opérations aillent sur son propre compte bancaire. WikiLeaks a déclaré que le détournement de fonds s’élève à environ 50 000 $.

Thordarson en a parlé au FBI dans un e-mail succinct du 8 novembre. « Plus chez WikiLeaks — donc je sais pas comment je peux vous aider davantage. »

« Nous aimerions encore te parler en personne », a répondu l’un des responsables. « Je peux imaginer quelques moyens simples pour que tu puisses aider. »

« Vous pouvez m’aider, les gars, avec de l’argent? » a répondu aussitôt Thordarson.

fbi-drive-receipt-2-660x880Pendant les mois qui ont suivi, Thordarson a prié le FBI de lui donner de l’argent, tandis que le FBI l’a alternativement ignoré et l’a courtisé pour plus d’assistance. En fin de compte, explique Thordarson, le FBI a accepté de l’indemniser pour le travail où il a été absent quand il a rencontré des agents (il dit qu’il a travaillé dans une école de formation de gardes du corps), pour un montant total d’environ 5000 $.

Une fois l’argent réglé, le FBI a commencé à le préparer à un voyage pour les Etats-Unis. « Je voulais vous parler de choses futures que nous pouvons faire », écrit son responsable en février. Le FBI voulait qu’il rétablisse le contact avec certains de ses anciens associés de WikiLeaks. « Nous parlerons des objectifs spécifiques pour les conversations en ligne, mais vous pouvez avoir une longueur d’avance sur notre rencontre en entrant juste en contact avec eux et en les rattrapant. Si vous avez besoin de savoir qui précisément, nous pouvons discuter au téléphone. »

Le voyage de trois jours à [Washington] D.C.  a eu lieu en février de l’année dernière. Thordarson dit qu’il a pris le vol 631 sur Air Iceland pour l’Aéroport International de Logan, le 22 février, et a été transféré à Boston sur le vol JetBlue 686 pour l’Aéroport International de Dulles, où il a été accueilli par un fonctionnaire des douanes américaines, « puis a été escorté hors du terminal de Dulles jusqu’aux mains du FBI. »

Il est resté dans un hôtel à Arlington, en Virginie, où est centrée l’enquête du Ministère de la Justice concernant WikiLeaks, et il y a rencontré ses deux contacts habituels du FBI, et trois ou quatre autres hommes en costumes qui ne se sont pas identifiés.

E-mails de Thordarson avec le FBI« Le dernier jour, nous sommes allés dans un resto-grill et nous avons mangé, tous ensemble », dit-il. « Où ils ont servi du Coca-Cola dans des bouteilles en verre, venu du Mexique. »

Le 18 mars 2012, il a eu une autre réunion avec le FBI au Danemark. Lors de ce voyage, il a apporté avec lui huit disques durs personnels, contenant les renseignements qu’il avait compilés en étant chez WikiLeaks, ce qui inclut ses connexions de conversations en ligne, ses photos et vidéos prises à Ellington Hall. Le FBI lui a donné un reçu signé pour le matériel informatique.

Puis ils l’ont laissé tomber.

Aujourd’hui, Thordarson, âgé de 20 ans, a de nouveaux problèmes. Il fait face à des accusations criminelles en Islande pour des crimes financiers et fiscaux indépendants. En outre, WikiLeaks a déposé un rapport de police pour le détournement de fonds du magasin de t-shirts.

L’héritage de sa coopération avec le FBI reste obscur. Un dépôt à la cour, révélé la semaine dernière, montre que dans les mois qui ont suivi le dernier débriefing de Thordarson, les fonctionnaires du Ministère de la Justice à Arlington, en Virginie, ont commencé à recevoir des ordonnances judiciaires visant les deux anciens collègues de Thordarson, des collègues de WikiLeaks en Islande: Smari McCarthy et Herbert Snorrason.

Snorrason, qui s’est occupé de la salle de conversations en ligne, en 2010, avant que Thordarson en prenne possession, a vu tous les contenus de son compte Gmail remis au gouvernement, en vertu d’un mandat de perquisition secret, délivré en octobre 2011.

La preuve utilisée pour obtenir le mandat reste sous scellés. « Je me demande », dit Thordarson, « si je suis quelque part là-dedans. »

Source: http://www.wired.com/threatlevel/2013/06/wikileaks-mole/

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