Julian Assange, en 2010: « Nous avons affaire aux agences de renseignement »

Câbles secrets américains-WikileaksQuels sont les liens de l’organisation WikiLeaks avec les services secrets, et plus largement avec les gouvernements? Ceci est une des questions que toute personne pourrait se poser, sans être forcément un analyste politique ou un journaliste confirmé. Dans le passé, Julian Assange avait lui-même déclaré « avoir affaire aux agences de renseignement ». C’était dans une interview du 15 août 2010, publiée sur le site d’informations suédois The Local. La phrase complète de Julian Assange disait:

Nous avons affaire à des organisations qui n’obéissent pas à la loi. Nous avons affaire à des agences de renseignement. (Source: The Local)

Depuis, il est assez étrange de contaster que le fondateur de WikiLeaks n’a jamais vraiment éclairci ces propos, car jusqu’à présent on ne sait pas exactement ce qu’il voulait dire par « avoir affaire » à des services secrets. S’agissait-il de simples négociations en vue de la publication d’un certain type de documents secrets, publiés en accord avec des personnes travaillant au sein des services secrets? Est-ce que des agences de renseignement ont donné des documents à WikiLeaks (comme cela a d’ailleurs été le cas avec le FBI pour les Syria Files, via l’intermédiaire du hacker Sabu)? Ou s’agissait-il, au contraire, de négociations par rapport à l’installation de WikiLeaks en Suède, qui pouvait poser problème aux services de renseignement face à une possible pression politique venant des Etats-Unis? L’article n’est pas suffisamment précis à ce sujet, et c’est dommage de voir qu’aucun journaliste n’a pensé depuis toutes ces années à poser directement ces questions à Julian Assange:

Quels sont vos liens avec les services secrets? Est-ce que WikiLeaks travaille depuis le début avec les services secrets? Quel est le but réel des publications? Y a-t-il un agenda gouvernemental derrière les révélations de WikiLeaks, comme on a pu le voir avec les événements du Printemps Arabe qui ont coïncidé avec la publication des câbles diplomatiques américains?

La question de certains supporters – sur l’un des forums principaux qui publient des informations sur WikiLeaks – est totalement justifiée, quant aux Syria Files:

Pourquoi WikiLeaks, sachant que les emails des Syria Files avaient été recueillis par un groupe de hackers des Etats-Unis/FBI, a tout de même publié les documents avec le risque que ceux-ci auraient pu être une fuite sous contrôle du gouvernement US? (Source: Wikileaks Forum)

Ceci nous ramène à l’interview du 15 août 2010 en Suède, avec ces propos de Julian Assange: « Nous avons affaire à des agences de renseignement. » Il est tout à fait possible que Julian Assange ait voulu dans ces propos faire allusion à des hackers qui, comme dans le cas des Syria Files, ont transmis des documents à WikiLeaks, tout en le faisant pour le compte d’un gouvernement. On ne saura sans doute jamais à quel niveau l’organisation WikiLeaks a établi des liens avec des services secrets ou avec des gouvernements. Ce qui est sûr, c’est que les représentants politiques font très peu de déclarations au sujet de WikiLeaks – et c’est donc d’autant plus difficile de savoir si les gouvernements se sentent réellemment menacés par cette organisation, ou bien s’ils l’utilisent plutôt comme un outil pouvant mener à des réformes et à des changements politiques.

Articles consultés:

« WikiLeaks va demander une licence suédoise » (TheLocal, 15 août 2010)

« Le chat entre Siggi et Sabu, et comment WikiLeaks a obtenu les Syria Files, et son implication avec Sabu » (Wikileaks Forum)

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Le Forum WikiLeaks (ressource non-officielle de WikiLeaks) remet en question les Syria Files

WL Forum

Aujourd’hui, 17 janvier, à 12h44: Annonce concernant le board des Syria Files

Le Forum WikiLeaks annonce avec regret le retrait du board des « Syria Files » avec un effet immédiat.

Dans la lumière des événements actuels et du meurtre systématique de personnes innocentes par des insurgés, rebelles et terroristes étrangers, nous ne pensons pas que le forum puisse supporter cela plus longtemps.

Nous en sommes arrivés à la conclusion que la révélation des « Syria Files » n’a rien à voir avec le lancement d’alerte ou la fuite de documents, et ne fait que soutenir la destruction d’un gouvernement élu ayant conduit à la mort de plus de 60,000 syriens innocents.

Nous avons de sérieux doutes pour savoir si ces « fuites » ont quelque rapport que ce soit avec la politique de WikiLeaks, et ainsi, après avoir réfléchi à la situation, nous sommes arrivés à la conclusion que notre conscience ne nous permettra pas d’être une partie de la propagande de guerre contre un Etat souverain.

La page Facebook accompagnant les « Syria Files » a aussi été retirée.

Source: http://www.wikileaks-forum.com/index.php/topic,17057.msg43954.html
@wikileaks_forum

Willsummer: Les suites du rassemblement de Saint-Michel du 10 août à Paris

Dimanche 12 août 2012


C’est ce soir que se terminent les premiers Jeux Olympiques ouvertement cyberpunk de l’histoire, où des athlètes se font sponsoriser en se faisant tatouer le logo d’une marque sur le corps, et où des sandwicheries londoniennes ont été contraintes de changer le nom de leur enseigne, parce qu’il contenait l’adjectif « olympique ».

Alors que des drones armés provenant d’un Etat se déclarant en guerre contre un ennemi invisible ravagent les zones tribales du Waziristan tuant hommes, femmes et enfants non-combattants, des « féministes » occidentales paradent sur Tower Bridge à Londres pour appeler à l’exclusion des pays pratiquant la Charia des JO, et à l’obscénité de la sur-consommation érigée en sacro-saint modèle, s’ajoute le foulement aux pieds des principes olympiques: ce sont les USA qui empochent le plus grand nombre de médailles, et ils sont « en guerre » à travers le monde, soit ouvertement soit par moyens détournés.

Ceci est une réalité que depuis maintenant plusieurs années WikiLeaks et Julian Assange ont contribué à rendre évidents par des éléments devenus irréfutables, et qui constituent un faisceau de présomptions tellement large et solide qu’il contient de quoi faire trembler jusqu’à ses bases l’infernal édifice de la bestiale mentalité prédatrice qui infecte la société des hommes tel un cancer.

Car WikiLeaks est une organisation journalistique. En tant que telle, elle s’est donné la mission de fournir au grand public les informations qu’il réclame: la vérité, de quoi lui faire comprendre les événements qui interviennent dans sa vie et celle de ses pairs, de manière à ce qu’il puisse agir en connaissance de cause, pour la présence et le maintien d’un environnement propice à son épanouissement et à celui de sa famille, comme de ses pairs.

Or, voici que l’organisation dont Julian Assange est l’un des co-fondateurs nous explique depuis des années, preuves à l’appui (ces fuites par millions n’ont pas été contestées, et les poursuites contre Manning et Assange sont la preuve de leur véracité), que ce gouvernement à l’aigle chauve, dont le siège du pouvoir est à Washington, qui se présente dans nos foyers à travers la petite lucarne de nos téléviseurs comme le parangon de la justice – fût-elle armée jusqu’aux dents, de la défense des opprimés et des Droits de l’Homme, se révèle être le plus grand assassin en masse que l’histoire contemporaine ait portée.

Qu’ils flattent la docilité du peuple pour lui imposer une loi féroce – faire garder des moutons par des loups – et lui mentent sur toutes les informations qu’ils lui laissent voir au travers de sa petite lucarne pour lui en servir une version adaptée à leur discours et à la gloutonnerie de leurs entreprises. Qu’ils n’ont cure de la valeur d’une vie humaine, qu’ils sont capables de dévaster des régions entières pour l’accès aux ressources et de violer des sociétés dans leur plus profonde intimité pour y asseoir une mainmise tentaculaire…

Il y a des centaines de milliers de CableGate Files, d’Iraq et d’Afghanistan War Logs, cinq millions et demi de Stratfor Files et plus de deux millions de Syria Files. Il y a quelques sites web composés de journalistes professionnels, et d’autres personnes actifs et actives à éplucher, examiner, vérifier ces documents afin d’en extraire ce qui en fait la moëlle épinière: les éléments qui ne pourront pas être contestés devant un tribunal. Lorsqu’elle sera entre nos mains, nous la jetterons sur la place publique pour qu’elle y soit brûlée vive sous le regard furieux de la population…

Nous venons chacun(e) de notre horizon particulier, pour défendre Assange, Manning et WikiLeaks (et Jeremy Hammond, hacker Anonymous risquant 20 ans de prison pour avoir aidé WikiLeaks); nous partageons certaines choses, et pas d’autres: les goûts et les couleurs, c’est une affaire personnelle. Mais nous sommes unis par l’indéfectible refus de l’injustice, du mensonge et de l’irrespect de la vie humaine. Julian Assange est notre ami, et nous sommes à ses côtés. Devant la volonté du peuple de savoir, il n’y a pas de secret qui tienne: les affaires, leurs ramifications et implications sont beaucoup trop graves, et notre silence équivaudrait à une complicité.

Quand Fred Barton, le patron de Stratfor, disait de Julian Assange: « Assange sera un beau gibier en prison. Bousillez le terroriste. Il bouffera à jamais de la pâtée pour chien », je sais qu’il ne veut pas du bien à mon ami. Je sais aussi que je n’en voudrais pas comme ami, car je n’ai pas de plaisir à penser au mal, ou à le commettre. Ainsi les parties en présence sont définies, et c’est ma plus intime conviction que nous triompherons de ces êtres malfaisants, dont Fred Barton n’est qu’un des molosses, dans le domaine de la collecte de renseignements.

Dès demain, avec le conseil des anges et de sa bonne conscience, l’Equateur devra se prononcer en faveur ou non de son soutien à Julian Assange. Ce n’est pas un acte sans conséquences que d’accorder l’asile politique à l’homme le plus recherché des services secrets des USA, ils ne seront pas contents… J’ai bon espoir que l’Equateur accède à la requête du fondateur de WikiLeaks. Correa, le président de l’Equateur, est un homme qui comprend bien l’importance, à son niveau, d’actes en accord avec les justes aspirations des peuples; l’Equateur, comme beaucoup de nations latino-américaines, a beaucoup souffert des ingérences états-uniennes.

Par willsummer

Willsummer: Appel à Roosevelt 2012 pour le rassemblement du 10 août parisien en soutien à Julian Assange

 

Place Saint-Michel

Place Saint-Michel

par willsummer, le 9 aoüt 2012

Bonjour!

Je suis membre du collectif depuis plusieurs mois, via l’adhésion par internet. Ce qui m’a décidé, outre le discours, est la présence de Stéphane Hessel parmi vos membres les plus éminents, à laquelle s’adjoint celle, cité en second mais non moindre, bien que possédant une histoire plus « douce », d’Edgar Morin: eu égard à l’ouvrage « Indignez-vous! », ils disposent pour moi de toute la légitimité suffisante…

Je suis militant EELV et ai organisé les manifestations anti-ACTA dans ma ville d’Angers, en arborant le masque des Anonymous (libre de droits, comme vous savez 😉 ). Depuis, je me tourne comme tous les autres militants vers INDECT http://indect.investigation.overblog.com/indect-quelques-precisions-a-savoir-d-urgence, mais y inclus Smart Borders http://willsummer.wordpress.com/2012/08/08/smart-borders-les-nouvelles-frontieres-hi-tech-de-leurope/; les deux mis ensemble font de l’Europe une forteresse-prison, sans qu’il y en ait JAMAIS eu besoin – les êtres humains entre eux ne se comportent pas comme les médias vous le présentent, de quelque (ou presque) émission de divertissement, éducative ou informative que ce soit: vous avez là un diffuseur de mensonges qui ne vous présente qu’une PARODIE de la réalité, dont l’unique raison d’être, aujourd’hui, malgré de louables efforts, n’est plus que d’alimenter les servants et capitaines de Babylone, tel un charlatan vous vantant les mérites d’un poison…

Il y a INDECT, Smart Borders, le MES; SOPA, PIPA, le NDAA; la Syrie; l’Iran; j’en passe, ils y passeront tous, ces sujets, et ils seront tous réglés… Et il y a WikiLeaks.

Julian Assange est un homme que beaucoup, soyons honnêtes, eussions rêvé d’être, pour connaître le frisson qui habite sa vie, comme un Emile Zola/Jean Moulin australien, nous parlant aujourd’hui et à nous tous, en ce début de XXIè siècle. Non pas pour sa chevelure argentée, ou son succès auprès des femmes (voir une certaine affaire suédoise récente), ou son charme de gentleman intellectuel mais libertaire (c’est sans doute ce qui les affole! … je plaisante… ! ), mais parce qu’il incarne, par ses actes et ceux de son entourage, l’expression même de la liberté d’expression, de la presse et du droit de la population d’être informée de ce qui a un impact sur sa vie.

Ce n’est pas parce qu’il n’est pas français, qu’il ne se prénomme ni Emile ni Jean, que nous ne devons pas ressentir de solidarité avec cet homme. Parce qu’il a bravé la machine, que décriait Jacques Ellul… Parce qu’il est vivant, vibrant, que son âme exulte de par ses actes et ses paroles la joie, le bonheur de vivre sur cette Terre et d’aimer ce qui est bon, ce qui est juste…

Ce n’est pas un homme qui se complaît à faire le mal, ainsi que le lui aboient ses détracteurs: c’est notre frère, notre voisin, un homme qui a une étincelle dans le regard et dont vous souhaiteriez faire la connaissance en le rencontrant selon le hasard de votre chemin.

Je me souviens de paroles que nous échangions dans la cour de récréation, alors que j’étais en école primaire: face à ce que j’appelle aujourd’hui avec mon esprit d’adulte irraisonnée, il y avait parmi la liste de réponses possibles: « c’est celui qui dit qui y est »…

Depuis j’ai appris que c’est un exemple merveilleux de la sagesse enfantine, et surtout de la sagesse humaine intrinsèque: lorsque vous êtes accusé de quelque chose, que cette chose s’avère être sans fondement ni propos, la meilleure chose à faire est encore de renvoyer son venin (toutes proportions gardées!) à son accusateur; car c’est pour cacher ses vilaines pensées qu’il les présente sous forme d’agression sur un autre. C’est lorsque vous rentrez dans son jeu que les vrais problèmes commencent…

Ici, naturellement, nous ne sommes pas dans un bac à sable, à moins d’avoir des moeurs enfantines à notre âge (dussé-je le préciser j’estime m’adresser à des adultes)… Ce collectif, les récents soulèvements et mouvements populaires mondiaux n’ont d’autre cause, source et douleur que d’être issus de la réaction normale et intrinsèquement humaine de l’exécration de l’injustice et du profit mal acquis…

Julian Assange va savoir, la semaine prochaine, s’il dispose ou non d’un havre pour échapper aux conséquences de crimes qu’il n’a PAS COMMIS, et qui n’ont JAMAIS EXISTE, à lui imputés par la nation qui dans l’histoire récente (voir les écrits de Mark Twain, « La Prodigieuse Procession et Autres Charges » http://atheles.org/agone/manufacturedeproses/laprodigieuseprocessionautrescharges/index.html, et la plus grande partie de l’histoire contemporaine depuis 1917), a été sans aucun doute possible, à mesure que les informations deviennent publiques, le « maître d’oeuvre » d’un projet dont l’Allemagne nazie (hello Godwin point 😉 ) n’était qu’un avant-goût (mauvais, le goût, n’est-ce pas…?).

Cherchez dans les romans, les filmes, les pièces et oeuvres d’anticipation pour trouver ce qui peut nous attendre: point de « nirvana cyberpunk globale » http://willsummer.wordpress.com/2012/07/29/131/, mais une dictature mondialisée où une fraction du 1% déjà pointé du doigt profitera d’une foule de servants et d’une « masse » de serviteurs, n’ayant pour horizon que la poursuite de la même et sempiternelle illusion: que l’homme n’est qu’un loup pour l’homme…

A travers toute la planète, un vent se lève; un esprit de renouveau, porteur de fruits dont nous n’avions pas osé rêver, souffle sur les eaux de nos consciences… Un bel exemple de ce fait se trouve dans les paroles de Julian Assange, qu’il publia ce 4 avril dernier (traduction par votre serviteur 😉 ):

“Nous vivons dans le monde que nous percevons. Nos limites sont celles de nos perceptions.

Cette génération en sait plus que toutes les générations qui l’ont précédée. Ses actes éclipseront ceux des générations passées. Nous changeons le monde en observant son comportement, en y réfléchissant et en agissant selon nos pensées.

Pour observer, nous devons ouvrir nos yeux.

Pour réfléchir, nous devons ouvrir nos esprits.

Pour agir, nous devons ouvrir nos cœurs.

Nos yeux n’ont jamais été aussi ouverts. Nos esprits n’ont jamais été aussi entraînés. Et le courage dans nos cœurs se répand comme une contagion.”

Demain, à partir de 16h et jusqu’à 19h, les FoWL de France, avec l’appui du Parti Pirate d’Ile de France, organisent un rassemblement place Saint Michel à Paris (Métro Saint-Michel), devant la fontaine. Nous espérons bien sûr, comme pour toute manifestation, être aussi nombreux(ses) que possible; nous vous invitons à venir vous-mêmes affirmer votre accord et votre soutien à la défense des quelques principes qui ont été évoqués ci-avant.

L’appel a déjà été relayé par demosphere, WikiLeaks, USDayofRage, le PP d’Ile de France, EELV (par mes soins), et via notre blog, qui en réalité est à l’origine de cet événement et où se trouve non seulement l’appel à manifester, ci-après, https://wikileaksactu.wordpress.com/rassemblement-a-paris/; si vous vous sentez pris au dépourvu, si j’ose dire, c’est sans doute parce que vous n’aviez rien organisé – en tout bien et honneur, cela va sans dire.

Que ce soit INDECT, le MES, SYSSEC, j’en passe (encore), il y a bien des raisons de faire connaître à ceux qui détiennent en dernier lieu selon notre système – visiblement (?) – les cordons de la bourse et le contrôle du bâton (comment cela se fait-il…?) que nous sommes éveilles et actifs. Ce n’est pas parce que le monde s’écroule autour de soi qu’il faut se laisser aller; comme disent les Anglais, « When the going gets tough, the tough get going », c’est-à-dire « Quand le chemin devient dur, les durs se mettent en route ».

S’il vous plaît, venez nous rejoindre pour vous prouver à vous-mêmes et à tous que vous êtes des citoyen(ne)s conscient(e)s et éveillé(e)s!

Tous à Saint-Michel à 16h vendredi 10 août à Paris!

Page Facebook: https://www.facebook.com/events/183090775158123/
Page Changebook: http://thechangebook.org/event/14/rassemblement-en-soutien-%C3%A0-julian-assange-%C3%A0-paris-ce-vendredi-pour-soutenir/
Infos sur Twitter: https://twitter.com/WikileaksActu

Et le blog, les leaks de WikiLeaks en français et les actualités sur les procès en cours: https://wikileaksactu.wordpress.com/

WikiLeaks: La guerre bancaire avec des géants – Entretien avec Kristinn Hrafnsson

Par John Robles, 6 août 2012

WikiLeaks s’efforce d’emmener les grandes puissances financières en procès et de les faire payer une compensation pour les immenses dommages qu’ils ont causés. Dans un entretien avec « The Voice of Russia », le porte-parole officiel de WikiLeaks Kristinn Hrafnsson affirme que c’est pour le salut de toutes les autres organisations comprenant des médias qui pourraient être confrontées à un tel blocus. Il parle également des Syria Files et d’Assange attendant une réponse équatorienne une fois que les Jeux Olympiques seront terminés.

Pouvez-vous un peu renseigner nos auditeurs sur la situation de WikiLeaks, avec la nouvelle diffusion et le scandale bancaire?

KH: Nous menons un grand combat sur beaucoup de fronts en ce moment. Bien sûr, nous surveillons à une certaine distance la tentative du gouvernement US de poursuivre des membres de WikiLeaks. Il est devenu apparent au cours des dernières semaines que ceci est une situation très très sérieuse. Des personnes ont été citées à comparaître devant un Gand Jury à Alexandria en Virginie, sur la base de possibles violations de l’Espionage Act de 1917 des États-Unis qui permet des peines allant jusqu’à la peine de mort.

Il a aussi été révélé que le FBI a rassemblé plus de 40.000 documents dans l’enquête sur WikiLeaks. Donc, nous sommes très inquiets des tendances ici et pensons que l’accusation formelle est imminente à l’encontre de Julian Assange et peut-être pour d’autres personnes associées à WikiLeaks. Vous avez mentionné, bien sûr, le blocus bancaire sur lequel nous avons mis un accent très fort, non seulement à cause de WikiLeaks, mais pour toutes les autres raisons. C’est la première fois que les principales puissances financières – MasterCard, Visa, PayPal, Western Union, Bank of America, – se sont liguées contre l’organisation qui se bat simplement pour la transparence et la responsabilité. Donc le blocus bancaire est un problème à prendre très au sérieux. Nous avons dépensé beaucoup de nos ressources et de temps à le combattre. Et maintenant nous voyons la première indication que ce combat va livrer un bon résultat. Il y a juste quelques semaines, nous avons gagné un procès à Reykjavik, en Islande, contre Valitor, qui est l’ex-Visa Iceland. Ce fut une décision judiciaire qui ouvrit la passerelle de traitement.  Ils ont fait appel de ce dossier et nous les confronterons devant la Cour Suprême islandaise.

WikiLeaks a ouvert une passerelle pour cartes de crédit en France par le système Carte Bleue pour transférer les donations. L’environnement légal en France est tel qu’il est extrêmement compliqué pour les géants basés aux USA de le fermer. Et s’ils essaient, nous avons des dossiers de plaintes en procès qui sont prêtes et nous les emmènerons en procès en France. Donc c’est toujours un cas ouvert. La possibilité est là pour faire des dons à WikiLeaks. Nous avons, bien sûr, d’autres procès en attente, un – au Danemark, cet automne, et en Angleterre, aux USA, en Australie et ailleurs.

Notre objectif est d’amener les géants en procès et de les faire payer des dommages et intérêts pour les immenses torts qu’ils ont causés à l’organisation. Mais laissez-moi souligner, ceci n’est pas seulement pour le salut de WikiLeaks, c’est pour la sauvegarde de toutes les autres organisations, même des organisations médiatiques qui pourraient faire face à de tels blocus. Il est extrêmement important de répliquer et d’arrêter ce processus ici et maintenant afin que nous ne voyions pas à l’avenir ces géants de la finance décider du sort de ceux qui vivent de ce secteur.

Pouvez-vous répondre à une question? Comment les États-Unis appliquent-ils une loi US telle que l’Espionage Act à des citoyens d’autres nations?

KH: Nous savons juste que des personnes ont été citées à comparaître sur les bases de cette loi. Quand la politique entre dans la partie, les lois peuvent être tordues. La manière dont ils vont essayer de l’appliquer à des citoyens d’autres nations suscite beaucoup d’inquiétudes. C’est au-delà de ma compréhension. Mais je suis sûr qu’ils vont essayer de trouver le moyen de le faire.

Pouvez-vous nous parler de votre dernière diffusion? Et je sais que vous avez été questionné à propos de Julian beaucoup, beaucoup de fois. Pouvez-vous dire à nos auditeurs quelque chose que vous pourriez savoir sur l’affaire?

KH: Pour ce qui est de votre question sur la diffusion actuelle, les Syria Files, c’est un lot de courriels concernant le gouvernement syrien éclairant non seulement les rouages internes du gouvernement syrien et des responsables, mais aussi sur le sujet de l’opposition en Syrie. Ce que nous, bien sûr, espérons avec cette diffusion, c’est que l’information apporte à la connaissance de la situation actuelle en Syrie qui est très grave et qu’elle puisse mener à une issue acceptable.

Vous m’avez demandé pour Julian Assange. Il est toujours dans l’ambassade équatorienne et attend la décision des autorités équatoriennes pour savoir s’ils acceptent sa demande d’asile politique en Équateur. Les autorités équatoriennes ont indiqué qu’elles attendraient après la fin des Jeux Olympiques pour donner leur réponse finale. Ils se sont servis de ce temps pour rassembler des informations sur les menaces imminentes des USA, sur l’affaire suédoise et sur la position des autorités du Royaume-Uni. Nous n’en connaissons donc pas l’issue, jusqu’à ce que les autorités équatoriennes soient prêtes à annoncer leur décision. Pour ce qui est de Julian – ce n’est évidemment pas une chose facile d’être enfermé à l’intérieur pendant des semaines, mais il tient plutôt bien le coup.

Une dernière question. Vous avez dit que des membres de WikiLeaks étaient ciblés par le gouvernement US.

KH: Sept individus – fondateurs et membres de WikiLeaks – font l’objet d’enquêtes par le FBI. Ceci a été révélé pendant une audience de l’affaire Bradley Manning. Nous n’avons pas davantage de détails sur leurs identités. Mais nous savons bien par contre que des personnes qui ont été associées à WikiLeaks même juste comme volontaires ou supporters, – ils ont été détenus, leurs ordinateurs ont été confisqués, etc. Alors c’est une situation extrêmement sérieuse.

Vous avez dit que le Grand Jury avait eu lieu.

KH: Nous avons la confirmation qu’il est en cours. Évidemment, c’est à huis clos, donc les seules informations qui en aient filtré proviennent de personnes qui y ont été citées à comparaître. Mais cela a été confirmé. C’est une partie archaïque de notre système qui ne peut que rester corrompue. Et il devrait apparaître étrange pour toute saine démocratie de garder des systèmes où ceux qui font l’objet d’enquêtes n’ont absolument aucune représentation et aucune possibilité de surveiller ce qui se fait.

Source: http://english.ruvr.ru/2012_08_06/WikiLeaks-banking-war-with-giants-interview-with-Kristinn-Hrafnsson/

Pour faire un don à WikiLeaks depuis la France: https://secure.fdn2.org/fdn2/nouser

Et ailleurs… (en anglais): http://shop.wikileaks.org/donate

Traduit depuis le web par willsummer

Re: Quand un correspondant supérieur de la BBC dit: le Mossad est derrière le 11 septembre

Email-ID 2106146
Date 2010-10-19 01:04:59
From b.shaaban@mopa.gov.sy
To b.shaaban@mopa.gov.sy, fawazakhras@hotmail.com

Cher M. Fawaz, je vous remercie tant pour cet e-mail important. Je le distribuerai à ma liste de contacts. Avec mes respects et mes meilleurs voeux pour vous et votre famille,

Bouthaina Shaaban

Le 17 octobre 2010, 1:57 PM, fawaz akhras@hotmail.com a écrit:
Un message très intéressant avec des airs de vérité d’un correspondant supérieur de la BBC qui déclare en public que le Mossad est derrière les attaques du 11 septembre, l’on réalise que le monde change de plus en plus et de plus en plus de gens s’en rendent compte sauf dans « le pays de la liberté »! Nous avons besoin que de tels correspondants disent la vérité tout le temps. Dieu merci pour Internet et la Presse Libre.

http://www.youtube.com/watch?v=CDsW4DyyZvU [1]

Mes respects

FAWAZ

FAWAZ AKHRAS
Cardiologue d’intervention et de consultation
BUPA Cromwell Hospital
LONDON SW5 0TU
126 Harley Street
LONDON W1G 7JS
Tel.: +44 20 7935 2030
Fax:  +44 20 7935 2130

www.fawazakhras.com
[1] Liens: http://www.youtube.com/watch?v=CDsW4DyyZvU

Source: http://wikileaks.org/syria-files/docs/2106146_re-when-a-senior-bbc-correspondent-says-mossad-is-behind-the.html

Traduit depuis le web par willsummer

Télégramme entre Bachar el-Assad et le Pape, daté du 12 avril 2011

Pope

Email-ID 2098007
Date 2011-04-07 00:26:15
From n.yasin@mopa.gov.sy
To hamzeh.a-h@mopa.gov.sy
الأستاذ حمزة، البرقية مرفقة. تحياتي نايف —- Msg sent via @Mail – http://atmail.com/

Attached Files

# Filename Size
321755 321755_Telegram to the Pope-12-4-2011.doc 27KiB

La République Arabe Syrienne

Le Président

Damas, le 12 avril 2011

Votre Sainteté,

C’est une grand plaisir de vous offrir les félicitations du peuple syrien, ainsi que les miennes, au sixième anniversaire de votre Inauguration.

Je souhaite me saisir de cette opportunité pour exprimer mes meilleurs vœux de bonheur et de bonne santé à Votre Sainteté.

Les relations de longue date entre la République Arabe Syrienne et le Vatican sont un témoignage des liens forts qui unissent nos deux peuples. Ceci me donne l’espoir que nos relations deviendront encore plus fortes dans les prochaines années sous les auspices de Votre sainteté.

Veuillez agréer ma plus haute estime et affection,

Bachar el-Assad,

Président de la République Arabe Syrienne

Sa Sainteté, le Pape Benoît XVI

Le Vatican

Source: http://wikileaks.org/syria-files/docs/2098007_pope.html

Traduit par willsummer

Les sales blagues de Bachar el-Assad

Le 18 juillet 2012

Les #SyriaFiles de WikiLeaks révèlent qu’avant le déclenchement de la révolution, Bachar el-Assad draguait son assistante avec des blagues salaces, et raillait, auprès de son beau-père, la taille respective des pénis de Nicolas Sarkozy, Benyamin Netanyahou et Barack Obama. Quand la révolution syrienne a commencé, il a cessé de blaguer, et viré conspirationniste.

Le 26 février 2011, 15 jours après la fuite (et la démission) d’Hosni Moubarak, qui dirigeait l’Égypte depuis 1981, Bachar el-Assad envoie un mail intitulé “Un nouveau mot dans le dictionnaire” :

Moubarak (verbe) : accrocher, coller quelque chose. Exemple : “je vais te frapper et te moubaraker au mur”, ou “tu peux moubaraker les différentes pièces pour les faire tenir ensemble”.
Moubarak (adjectif) : long à apprendre ou comprendre. Ex : “Pourquoi avez-vous besoin d’être aussi moubarak ?”
Moubarak (nom) : ex-petite amie psychotique qui n’arrive pas à comprendre que c’est fini.

Sur les 2 434 899 mails des Syria Files révélés par WikiLeaks et auxquels Owni a eu accès, on trouve 538 e-mails envoyés par sam@alshahba.com, l’adresse e-mail utilisée par Bachar el-Assad. La majeure partie d’entre-eux ont été envoyés avant le début de la révolution en Syrie, et concernent la gestion d’affaires internes, ainsi que de nombreux échanges avec la traductrice personnelle d’el-Assad.

On n’y trouve aucun secret d’État, pas de révélations sur la main-mise des services de sécurité syriens, non plus que sur le soutien de la Russie, de la Chine ou de l’Iran. Par contre, on y trouve des blagues, plusieurs dizaines, pour la plupart en anglais, que le président-dictateur syrien envoyait à ses proches collaborateurs, et notamment à sa traductrice.Certaines sont plutôt drôles ou raffinées, la majeure partie graveleuses et misogynes. A mille lieues de l’image glamour que le régime syrien et ses communicants cherchaient à donner du couple el-Assad en mettant en avant la belle et jeune Asma, épouse de Bachar, ces blagues révèlent un homme adepte de ces blagues que s’échangent les hommes d’un certain âge au sujet de leurs femmes vieillissantes, et d’un humour peu respectueux de la femme, tout comme de l’islam. Florilège.

Une pastèque dans le c…

En février 2010, dans un email intitulé “Les femmes qui savent rester à leur place” il raconte comment la journaliste américaine Barbara Walters s’était étonnée de voir les femmes afghanes continuer à marcher plusieurs pas derrière leurs maris, comme du temps des Talibans :

Pourquoi semblez-vous si heureuse de perpétuer cette vieille coutume que vous cherchiez pourtant désespérément à abolir ?

La femme regarde Mme Walters droit dans les yeux et, sans hésitation, lui répond : “les mines antipersonnelles”.

Moralité de l’histoire : derrière chaque homme, il y a une femme intelligente !

Le 16 mars 2010, Bachar el-Assad envoie une série de blagues en arabe, se moquant notamment de Haifa Wehbe, laissant entendre que le jour où la diva d’origine libanaise mourra, elle saura enfin de ce que cela fait de se coucher toute seule… entre autres plaisanteries de bon goût.

On y trouve aussi l’histoire d’un homme qui ne parvient pas à se défaire des vers qui rongent ses viscères. Un médecin lui propose alors de couper une pastèque en deux et de s’asseoir dessus, afin que son nectar attire les vers. L’un d’entre-eux vient de fait goûter la pastèque qui, effectivement, a très bon goût. Mais plutôt que d’attirer les vers, ces derniers crient au premier : “ramène-nous la pastèque !

Cochon entier et petite saucisse

Le 8 août à 18h24, Bachar el-Assad faisait suivre une chaîne mail intitulée “Longue vie aux célibataires“, compilation de citations anti-mariage :

Je n’ai pas peur du terrorisme. J’ai été marié pendant deux ans.

J’emmène ma femme partout, mais elle arrive toujours à retrouver le chemin du retour.

Nous nous tenons toujours par la main. Si je la laisse aller, elle entre dans les magasins.

Quatre minutes plus tard, à 18h28, Bachar el-Assad envoie un autre e-mail, titré “femmes âgées“, évoquant le fait que “pour chaque femme magnifique, intelligente, bien coiffée et sexy de plus de 40 ans, il y a un chauve bedonnant qui porte des pantalons jaunes et autres reliques en guise de vêtements, et qui devient gaga devant des serveuses de 22 ans” :

Mesdames, je suis désolé. A tous ces hommes qui disent : “mais pourquoi acheter une vache quand on peut avoir du lait gratuitement ?” sachez qu’aujourd’hui, 80% des femmes sont contre le mariage. Pourquoi ? Parce qu’elles réalisent que ce n’est pas la peine d’acheter un cochon entier pour n’avoir qu’une petite saucisse !

Le 20 octobre 2010, il envoie à sa traductrice “quelques calculs mathématiques“, que l’on retrouve sur le web sous l’intitulé Romance Mathematics :

Homme intelligent + femme intelligente = Romance
Homme intelligent + femme bête = aventure
Homme stupide + femme intelligente = mariage
Homme stupide + femme bête = grossesse

Un homme qui réussit gagne plus d’argent que sa femme ne peut dépenser.
Une femme qui réussit est celle qui peut trouver un tel homme.

Le 23 décembre, il fait suivre une série de blagues “Mari vs Femme” elle aussi copiée-collée sur les interwebs :

La femme : j’aimerais être un journal, pour être dans tes mains tous les jours.
Le mari : moi aussi j’aimerais bien que tu sois un journal, histoire d’en avoir un nouveau chaque jour.

Le 5 novembre, il transmet un “guide hormonal à scotcher sur le réfrigérateur” que “les femmes comprendront (et que) les hommes devraient mémoriser“, dont la version poster est beaucoup plus explicite et qui, en résumé, explique que pour ne pas avoir de problèmes avec les femmes, le mieux est encore de les enivrer :

Le 15 décembre, Bachar el-Assad transfert un mail intitulé “générosité britannique” que lui avait envoyé Fawaz Akhras, son beau-père, et qui raille l’aide internationale apportée au Pakistan après un tremblement de terre (imaginaire) ayant fait 2 millions de mort :

Les USA envoient des troupes. L’Arabie Saoudite du pétrole. La Nouvelle-Zélande des moutons, des bovins et de la nourriture. Les pays d’Asie du sud est de la main d’œuvre pour rebâtir les infrastructures. L’Australie du matériel et des équipes médicales.

Pour ne pas être en reste, la Grande-Bretagne renvoie ses deux millions de Pakistanais. God Bless British generosity…

Le Guardian, qui a consacré un article au sujet des conseils donnés par Fawaz Akhras à son beau-fils pour minimiser la portée du nombre de morts civils en Syrie, évoque également le fait que Bachar lui avait envoyé plusieurs autres blagues depuis son iPhone, dont une portant sur la taille respective des pénis de Nicolas Sarkozy, Benyamin Netanyahu et Barack Obama.

La blague postée en date du 28 décembre est tout aussi courte, percutante, que déplacée. Une nonne va voir sa mère supérieure pour lui annoncer qu’elle a été violée :

– Que dois-je faire ?
– Buvez ce thé, amer et sans sucre
– Cela me rendra-t-il mon honneur et ma pureté ?
– Non, mais cela devrait effacer l’expression de bonheur qu’arbore votre visage.

Le 31, une histoire où un gars vient demander à Bush et Obama, qui sont assis dans un bar, ce qu’ils sont en train de préparer :

Bush : Nous préparons la 3ème guerre mondiale.
le gars : vraiment, mais qu’est-ce qui va se passer ?
Bush : cette fois, nous allons tuer 140 millions de gens, ainsi qu’Angelina Jolie.
le gars : Angelina Jolie ? Mais pourquoi Angelina Jolie ?
Bush se tourne alors vers Obama : tu vois ? Je te l’avais bien dit, tout le monde s’en fout de ces 140 millions de gens !!!!!!!!!

“Woo-hoo, quelle aventure !”

Le 20 janvier, ce n’est pas une blague, mais une vidéo en noir et blanc, et en pièce jointe, façon comédie italienne d’antan, que Bachar el-Assad envoie par mail un spot publicitaire de la société Belgacom incitant ses abonnés à ne pas la quitter. On y voit une femme en-dessous s’affoler de l’arrivée de son mari, et son amant se cacher dans une valise. Le mari, croyant que sa femme le quittait, prend la valise et la jette par la fenêtre.

Le 25, Bachar el-Assad envoie une autre vidéo en pièce jointe : Reopen911.wmv (4.1MiB), résumé de plusieurs des thèses conspirationnistes entourant les attentats du 11 septembre.

Le lendemain, Hasan Ali Akleh s’immole par le feu afin de protester contre le gouvernement syrien, évènement considéré comme annonciateur, et en tout cas emblématique, du printemps syrien.

Le 1er mars 2011, 15 jours après les premières manifestations en Libye, et une semaine après le fameux discours télévisé où Mouammar Kadhafi où il promettait de “nettoyer la Libye maison par maison” de tous ces “mercenaires, rats, bandes criminelles et drogués” manipulés par Al-Qaïda et les Américains, Bachar el-Assad envoyait un nouvel e-mail :

Kadhafi a dit :
. hé, les gens, sans électricité, nous nous assiérons pour regarder la TV dans le noir
. je ne suis pas un dictateur qui bloque Facebook, mais j’arrêterais tous ceux qui s’y connecteront
. vous pouvez protester autant que vous le voulez, mais n’allez ni dans les rues ni dans les places
. je resterai en Libye jusqu’à ma mort, ou mon destin viendra à moi.

Le 2 mars 2011, Bachar el-Assad fait suivre les conseils d’un médecin qui préconise la sieste plutôt que l’exercice, conseille de boire de l’alcool (parce que le vin et la bière sont faits à partir de fruits et de céréales), de ne pas se restreindre sur les fritures et le chocolat (parce que faits à partir de légumes), déconseille la nage (“si la nage est bonne pour la ligne, expliquez-moi les baleines“) :

La vie ne doit pas être un long voyage destiné à arriver dans sa tombe avec une ligne et une condition physique excellente, mais plutôt une virée zigzaguante (du Chardonnay dans une main, du chocolat dans l’autre) où l’on crierait “woo-hoo, quelle aventure !” afin d’en finir complètement usé et épuisé.

Le 27 mars 2011, alors que le mouvement de libération prend de l’ampleur, et que l’AFP avance que plus d’une centaine de manifestants ont été tués par la police, un proche collaborateur de Bachar el-Assad lui envoie un mail particulièrement obséquieux lui expliquant qu’une étude aurait démontré que le cœur de la quasi-totalité des 24 millions de Syriens battrait pour Bachar el-Assad, et qu’il est impossible de geler ses avoirs puisqu’ils ne sont pas en Suisse, mais dans le cœur des Syriens…

Le 28, Bachar el-Assad fait suivre une image montrant comment la photo de gens manifestant avec le drapeau syrien en soutien au président syrien a été manipulée pour que l’on croit qu’ils réclament son départ.

Le 31, un autre collaborateur lui envoie un mail intitulé ‘J’ai aimé cette chanson” avec, en pièce jointe, une chanson (sirupeuse) attribuée (à tort) à Mick Jagger composée sur un vieux synthé et répétant (en anglais) “Bashar, We Love You“.

Le 25 juillet, il fait suivre la version traduite en arabe d’une vidéo, en français, intitulée “Sarkozy, combien d’enfants as-tu tué cette nuit ?“, l’accusant d’être responsable de la mort d’enfants tués lors d’un bombardement de l’OTAN en Libye, réalisée par Michel Collon, un journaliste belge considéré comme proche des réseaux français au service de la Syrie1 qui, après avoir publié un essai sur les “médiamensonges” de l’OTAN en Libye, a récemment préfacé un ouvrage similaire consacré, cette fois, au plan “Syriana” de remodelage du Moyen-Orient par la CIA.

Le 24 septembre, il envoie un lien vers une vidéo (en arabe) sur la proximité supposée entre Al Jazeera et la CIA. Censurée depuis, on la retrouve facilement en cherchant les mots-clefs “الجزيرة والمخابرات الأمريكية.. مين بيلعب فى دماغنا ؟؟“.

Le dernier e-mail de Bachar el-Assad présent dans les #SyriaFiles de WikiLeaks est un copié-collé d’un article de Wayne Madsen, un ancien militaire américain devenu journaliste spécialiste des services de renseignement, proche du Réseau Voltaire et conspirationniste.

Dans cet article, basé sur “plusieurs sources fiables“, Madsen affirme que l’ancien ambassadeur des États-Unis en Syrie a été chargé de recruter des “escadrons de la mort” auprès d’unités affiliées à Al-Qaïda et de les envoyer se battre contre les soldats et policiers fidèles au régime syrien. Il affirme également que ces terroristes ne se sont pas contentés d’attaquer les forces loyalistes, mais également de massacrer des civils, afin d’accuser, avec l’aide du Mossad, le gouvernement syrien.

Et cette histoire de CIA qui recrute des terroristes d’Al-Qaïda pour tuer des civils avec l’aide du Mossad, pour Bachar el-Assad, ce n’était pas une blague.


A noter que le Fonds de Défense de la Neutralité du Net, émanation du French Data Network, premier FAI indépendant français, vient de faire sauter le blocus financier de Wikileaks, et qu’il est donc de nouveau possible de lui faire un don par carte bancaire.Merci à Salam Houssam Aldeen, pseudonyme d’un journaliste syrien en exil à Paris (qui cherche du travail : contactez presse AT OWNI.fr), ainsi qu’à Pierre Leibovici (@pierreleibo sur Twitter), qui m’ont beaucoup aidé à plonger dans ces #SyriaFiles.
Photo trouvée dans les mails de Bachar el-Assad, illustration et couverture par Loguy pour Owni /-)

  1. l’auteure de cet article, Hala Kodmani, une journaliste franco-syrienne, ex-rédactrice en chef à France 24, et responsable de la rubrique Syrie à Libération, est aussi la sœur de Bassma Kodmani, porte-parole du Conseil national syrien -organe de l’opposition syrienne basé à Paris-, et préside l’association française Souria Houria -Syrie Liberté-, “groupe de soutien à la révolte du peuple syrien” qui milite pour le renversement du régime de Bachar el-Assad. []

Source: http://owni.fr/2012/07/18/les-sales-blagues-de-bachar-el-assad/ et http://www.wikileaks-forum.com/index.php/topic,13062.0.html

Re: Jim Johnson et professeure Maxine Isaacs

Courriel-ID   2120006
Date   2010-05-19 02:53:23
De: b.shaaban@mopa.gov.sy
À: b.shaaban@mopa.gov.sy, MINDYK@brookings.edu

Le vendredi 14/05/10 5:37 PM, Martin Indyk (MINDYK@brookings.edu) écrit :

Cher Bouthaina,

J’espère que ce message vous trouvera bien. Certains de mes proches amis seront en visite touristique à Damas du 25 au 29 mai. Toutefois, ce sont des gens influents à Washington et je pense que vous et Walid bénéficieriez de les rencontrer comme ils pourraient certainement bénéficier de vous rencontrer. Jim était le chef d’état-major du vice-président Walter Mondale dans l’administration Carter. Il a également siégé en tant que Président de la Brookings Institution. J’ai joint son curriculum pour que vous puissiez obtenir une image plus complète. Simplement, il est très influent dans l’administration Obama à la Maison-Blanche et auprès du Parti démocrate. Sa femme, Maxine Isaacs, est professeure à l’université Harvard, à la Kennedy School of Government, où elle enseigne le rôle des femmes dans la politique étrangère! Donc, vous pouvez voir pourquoi j’ai pensé immédiatement les mettre en contact avec vous quand ils m’ont dit qu’ils allaient visiter Damas.  Je vous serais très reconnaissant si vous aviez le temps de les rencontrer et pour les introduir auprès de Walid.

Avec mes meilleurs vœux, Martin.

Réponse de Raghad Al-Mahrous adjoint du Dr Bouthaina Shaaban.

Cher Ambassadeur Indyk,

Dr Bouthaina Shaaban vous remercie pour votre courriel et dit qu’elle veut bien rencontrer M. James Johnson et son épouse, Mme Maxine Isaacs. Dr Shaaban dit qu’elle souhaite les accueillir pour le dîner sur l’une des dates suivantes: mardi 25, mercredi 26, jeudi 27. Veuillez nous faire savoir quelle option ils préfèrent de telle sorte que nous puissions nous organiser en conséquence. Ci-dessous vous pouvez trouver les numéros de bureau du Dr Shaaban pour votre et leurs dossiers: ligne terrestre directe: +963-11-3341716, opérateur: +963-11-3333334, Fax: +963-11-3341725.

Cordialement, Raghad Al-Mahrous adjoint du Dr Bouthaina Shaaban

Document original à consulter sur : http://wikileaks.org/syria-files/docs/2120006_re-jim-johnson-and-professor-maxine-isaacs.html et sur le forum WikiLeaks : http://www.wikileaks-forum.com/index.php?topic=13016.new#new

OWNI: Le dir’com états-unien de la Syrie

Image

Bachar al-Assad avait recruté des « spin doctors » anglo-saxons. Ils avaient déclaré ne plus travailler pour le président-dictateur syrien. Or, les documents obtenus par WikiLeaks, et révélés par Owni, montrent qu’il n’en est rien et qu’ils ont continué pendant la répression.

En plein printemps arabe, le magazine Vogue publiait, dans son édition de mars 2011, un portrait élogieux d’Asma al-Assad, la femme du dictateur syrien, sobrement intitulé “Une rose dans le désert“.

Illustré de photographies de James Nachtwey et signé Joan Juliet Buck, ex-rédactrice en chef de la version française de Vogue, l’article a depuis été effacé du site web de Vogue (on peut le retrouver via archive.org).

Aux États-Unis, des dizaines d’articles avaient en effet dénoncé l’incongruité d’une telle publication, quelques jours seulement avant le déclenchement de la révolution syrienne, et la façon dont il cherchait à humaniser un dictateur en montrant à quel point sa femme était belle et raffinée.

Cet article n’aurait probablement jamais été rendu possible sans l’entregent de Mike Holtzman et de son employeur, le cabinet de relations publiques Brown Lloyd James.

Ex directeur des affaires publiques du Council on Foreign Relations, passé par le département d’Etat américain et le cabinet de Bill Clinton, désigné comme “officier de liaison” à Ground Zero en septembre 2001, Mike Holtzman s’illustra en aidant la Chine à remporter les jeux olympiques de 2008, ce qui lui valut d’être désigné comme la personnalité de l’année par PRWeek, le magazine des relations publiques, et d’être recruté dans la foulée par Brown Lloyd James.

Créé par Peter Brown, l’ancien assistant des Beatles, et Sir Nicholas Lloyd, un ancien journaliste du Daily Express, ce cabinet de relations publiques, qui a notamment aidé le Qatar à emporter la coupe du monde de football 2022, travaille tout aussi bien pour Russia Today que pour Disneyland Paris, la principauté de Monaco et Al Jazeera, avec un focus sur les pays arabo-musulmans.

En 2002, Mike Holztman faisait ainsi paraître une tribune libre appelant à la privatisation de la diplomatie, afin d’améliorer les rapports entre les États-Unis et le Moyen-Orient, puis une seconde, en 2003, fustigeant la propagande américaine dans les pays arabo-musulmans.

En 2009, Brown Lloyd James se faisait également remarquer en travaillant pour la Libye, afin de permettre à Kadhafi de publier une tribune libre dans le New York Times, de faciliter son célèbre voyage au siège des Nations-Unis (où il avait accusé le Conseil de sécurité d’être un “Conseil de la terreur car le terrorisme ce n’est pas seulement al-Qaida“), ou encore de favoriser une rencontre entre George Bush et le fils Kadhafi.

Brown Lloyd James a toujours refusé de répondre aux questions de la presse. Mais un mémo de la Justice américaine a révélé que le cabinet avait bien été sous contrat avec la Syrie, afin d’améliorer l’image de marque d’Asma al-Assad à l’étranger, la société tenant cela dit à préciser n’avoir “fourni aucun service à la famille Assad depuis décembre 2010“, date à laquelle elle avait organisé, selon The Guardian une interview avec Asma al-Assad.

Ce même mois de décembre 2010, Paris Match avait lui aussi rencontré la femme du dictateur syrien, à l’occasion d’une visite officielle des époux al-Assad à Paris, et publié une interview de 4 pages intitulée “Deux amoureux à Paris“. Contacté par Owni, Régis Le Sommier, le journaliste de Paris Match qui avait signé le papier, répond n’avoir jamais “été en contact avec Brown Lloyd James, ni avec Mike Holtzman“.

Pourtant, un des 2 434 899 emails obtenus par WikiLeaks dans le cadre de l’opération Syria Files, estampillé “classified“, révèle la présence de Mike Holtzman à Paris en compagnie d’Asma al-Assad en décembre 2010.

Surtout, d’autres e-mails et documents montrent qu’il a bel et bien continué à conseiller le dictateur syrien, jusqu’en janvier 2012, et alors que la répression faisait des centaines, voire des milliers de morts.
Un “super-héros” musulman, et amputé.

Plusieurs emails, révélés par les Syria Files et confirmés par un article du magazine Foreign Policy, montrent par ailleurs que Mike Holtzman, censé avoir cessé de travaillé pour la Syrie depuis décembre 2010, s’était rendu à l’Opéra Dar al Assad de Damas pour une conférence le 9 février 2011.

Dans un premier email, Rachel Walsh, qui travaille pour Brown Lloyd James au Qatar, écrit à Sondos Sosi, chargée des relations avec la presse au ministère syrien des Affaires Présidentielles, que sa “collègue Sheherazad Jaafari lui a conseillé d’envoyer des documents à propos de la conférence du 9 février“.

Sheherazad Jaafari n’est pas n’importe qui : fille de l’ambassadeur de Syrie aux Nations Unies et conseillère en communication de la famille al-Assad, elle avait effectué un stage chez Brown Lloyd James, et Mike Holtzman avait été son “chef“. Dans un message envoyé à Sondos Sosi dans la foulée, elle joint un tableau recensant les sièges réservés pour la conférence du 9 février. Aux premiers rangs, des places destinées aux membres du gouvernement syrien ainsi qu’à des ambassadeurs étrangers, mais également à Asma Al Assad, épouse de Bachar, à côté de laquelle est installé Mike Holtzman.

Quelques heures plus tard, Sondos Sosi fait parvenir par email le programme de la soirée à Luna Chebel, une autre conseillère en relations presse de Bachar al-Assad et ancienne journaliste à Al Jazeera. Mike Holtzman y est présenté comme le “maître de cérémonie de la soirée“, chargé d’introduire tous les invités.

Ironie de l’histoire, et alors que le soulèvement syrien allait débuter un mois plus tard, Mike Holtzman venait y présenter “Le Scorpion d’Argent“, une bande dessinée qui raconte l’histoire d’un jeune arabe amputé des deux jambes après avoir sauté sur une mine antipersonnel, écrite par de jeunes handicapés américains et syriens, et produite par l’ONG Open Hands Initiative -dont Mike Holtzman fait partie du comité consultatif- afin d’ouvrir “une nouvelle phase diplomatique” entre les États-Unis et les pays arabo-musulmans…
“Il n’est pas nécessaire de détruire le pays”

Les Syria Files révèlent un autre document, encore plus embarrassant : le 19 mai 2011, Mike Holtzman envoyait, en effet, à Fares Kallas, proche collaboratrice d’Assam al-Assad, un “Memorandum” intitulé “analyse de la communication de crise“, lui expliquant ce qu’il conviendrait de faire pour que l’image de la Syrie ne soit pas trop entachée par la répression, qui avait débuté deux mois plus tôt :

« Il est clair, au vu des déclarations du gouvernement américain depuis le début des manifestations en Syrie, que l’administration Obama veut la survie du régime actuel. Contrairement à ses réactions aux manifestations dans d’autres pays de la région, il n’y a eu aucune demande de changement de régime, ni d’intervention militaire. »

Le mémorandum n’en souligne pas moins que la position des États-Unis pourrait évoluer en fonction, notamment, de la couverture médiatique, tout en déplorant l’approche déséquilibrée de la communication” de la Syrie depuis le début de la “crise” :

 » S’il est nécessaire de se reposer sur un pouvoir fort afin de réprimer la rébellion, le soft power est nécessaire pour rassurer le peuple syrien ainsi que le public extérieur sur le fait que la réforme se poursuit rapidement, que les griefs légitimes sont pris en compte et au sérieux, et que les actions de la Syrie visent essentiellement à créer un environnement dans lequel le changement et le progrès peuvent avoir lieu. »

Début mai, alors que Michael Hotzman rédigeait ce mémorandum, les ONG estimaient que plusieurs centaines de personnes avaient d’ores et déjà été tuées par l’armée, et que des milliers avaient été arrêtées. Hotzman se borne, lui, à alerter le président syrien sur les risques de dérive et d’instabilité si d’aventure les manifestants étaient renvoyés chez eux par la peur plutôt que par “la conviction que leur gouvernement est sensible à leurs préoccupations” :

 » La Syrie semble communiquer avec deux mains. Une qui propose la réforme, l’autre l’autorité de la loi. L’autorité de la loi est un poing. La réforme une main ouverte. A ce jour, le poing semble, pour l’opinion publique internationale, et probablement pour de nombreux Syriens, 10 fois plus fort que la main tendue. Elles doivent être mieux équilibrées. »

Brown Lloyd James propose ainsi au président syrien de communiquer plus souvent, tout en estimant “nécessaire que la First Lady rentre dans le jeu : la clef est de montrer force et sympathie en même temps“, comme ce fut le cas avec les précédents papiers de Vogue et de Paris Match.

La société de conseil propose également de lancer une campagne de presse internationale expliquant les difficultés rencontrées par Bachar al-Assad dans sa volonté de réforme, mais également d’améliorer sa communication “sur le plan de la sécurité“, en le montrant prendre des sanctions publiques envers les forces de sécurité qui, ne respectant pas ses ordres, tirent sur des civils désarmés.

 » Cela permettrait de montrer sans équivoque possible que toute personne qui enfreint la loi – qu’il s’agisse de manifestants ou de soldats – devront faire face à leurs responsabilités. »

Afin de contrer la mauvaise publicité faite par les “figures de l’opposition syrienne” vivant à l’étranger, mais également de contrecarrer le “torrent quotidien de rumeurs, de critiques et de mensonges“, Brown Lloyd James propose également de mettre en place une cellule de veille 24h/24 afin de surveiller les médias, voire de contre-attaquer :

 » Les réseaux sociaux devraient être surveillés et les faux sites poursuivis en justice et effacés. »

En conclusion, Brown Lloyd James suggère d’en appeler au patriotisme des Syriens afin de mettre l’accent sur le fait qu’”il n’est pas nécessaire de détruire le pays pour atteindre l’objectif partagé par tous : vivre dans un pays libre et prospère“, et met l’accent sur deux recommandations :

. reconnaître que la violence qui a lieu en ce moment est regrettable. Mais ce ne sont pas les responsables syriens qui l’ont cherché. Ses dirigeants sont obligés de protéger la Syrie, afin de créer les conditions de calme nécessaire à la mise en place de la réforme.
. continuer à exprimer sa confiance dans l’avenir, et dans le fait que la crise est sur le déclin.

“On ne tue pas sa population”

Début janvier 2012, Fares Kallas, à qui avait été adressé le mémorandum de Mike Holtzman, faisait fermer 11 faux comptes Twitter usurpant l’identité du couple al-Assad (@FirstLadysyria, @Asma_AlAssad, @Bashar_alAssad, @SyrianPresident, etc.).

En mars 2012, le quotidien britannique The Guardian révélait des échanges d’e-mail entre Sheherazad Jaafari et Mike Holtzman, son “ancien chef” chez Brown Lloyd James.

Dans ces emails, datés du 11 janvier 2012, la fille de l’ambassadeur de Syrie aux Nations Unies, devenue conseillère en communication des époux al-Assad, évoque un meeting à Damas où Bachar al-Assad martela, devant des dizaines de milliers de supporters, qu’il voulait faire du rétablissement de la sécurité “la priorité absolue“, promettant de frapper les “terroristes” d’une main de fer :

« Je suis venu pour puiser la force auprès de vous. Grâce à vous, je n’ai jamais ressenti la faiblesse. Nous allons triompher sans aucun doute du complot. Leur complot approche de sa fin, qui sera la leur aussi. »

Dans cette série d’emails, Sheherazad écrit à Mike que “cet homme est aimé par son peuple“, ce à quoi le communiquant américain lui répond “je suis fier de toi. J’aimerais être là pour (vous) aider“, avant de préciser :

« Nous avons besoin d’une nouvelle politique américaine. Quels idiots. »

Ce jour-là, le journaliste Gilles Jacquier du magazine télévisé « Envoyé spécial » était tué à Homs pendant un tournage autorisé par les autorités syriennes. Et la répression avait d’ores et déjà fait plusieurs centaines de morts, et des milliers de Syriens avaient été arrêtés, et torturés.

Sheherazad Jaafari est depuis tombée en disgrâce, et retournée aux États-Unis, pour avoir tenté de mettre en pratique les conseils de son “ancien chef“.

D’autres emails, obtenus par Anonymous et publiés en février 2012 par Haaretz, révèlent en effet qu’elle avait expliqué à Bachar al-Assad que “la psyché américaine peut facilement être manipulée“, afin de le préparer à la désormais célèbre interview où il allait déclarer à la télévision américaine ABC qu’”il n’y a pas eu d’ordre demandant de tuer ou d’être violent“, et qu’il avait “fait de son mieux pour protéger la population“, contestant le chiffres de 4000 morts dressés par l’ONU, pour affirmer que “la majorité” des personnes tuées étaient “des partisans du régime et non l’inverse” :

«On ne tue pas sa population… Aucun gouvernement dans le monde ne tue son propre peuple, à moins d’être mené par un fou.»

L’affaire a rebondi début juin avec la publication dans le Telegraph d’autres e-mails échangés cette fois entre Sheherazad Jaafari et Barbara Walters, la journaliste qui avait interviewé Bachar al-Assad pour ABC, révélant comment cette dernière avait cherché à pistonner la jeune syrienne afin qu’elle soit embauchée par CNN, ou qu’elle intègre la Columbia School of Journalism… ce qui a poussé la vénérable journaliste, prise en flagrant délit de conflit d’intérêts, à présenter ses excuses.

Mike Holtzman, si prompt à aider ses clients, dictateurs compris, à manipuler la presse, a toujours refusé de répondre aux questions des journalistes.

Enquête réalisée avec Pierre Leibovici (@pierreleibo sur Twitter).

Voir l’article original ici :
http://owni.fr/2012/07/06/le-dir-com-americain-de-la-syrie/

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