Les lois de protection des lanceurs d’alerte dans les Etats membres de l’Union Européenne (carte)

Journalism.cmpf.eui.eu

whistleblowing-mapUne couverture médiatique en progression sur les activités de dénonciation au cours des dernières années a fait prendre conscience aux décideurs de l’Union européenne de l’importance des lois de protection des lanceurs d’alerte. Cependant, très peu de pays disposent déjà d’une législation spécifique sur la dénonciation. Au lieu de cela, les employés et les fonctionnaires de la plupart des États membres doivent se pencher sur les dispositions anti-corruption, professionnelles et pénales pour se protéger contre les représailles de leur employeur.

Les médias ont joué un rôle crucial dans l’évolution de la perception de l’opinion publique sur les dénonciations. Pour les journalistes, la connaissance de la situation spécifique des lanceurs d’alerte dans les différents États membres semble donc cruciale. Leur rôle de canal de communication externe devrait à l’heure actuelle être atténué et remplacé par des systèmes forts et indépendants de dénonciation interne, dans les pouvoirs publics et les entreprises privées, par lesquels les irrégularités peuvent être exprimées de manière sûre et anonyme. Si des dénonciations externes semblent nécessaires dans certains cas, les journalistes doivent veiller à l’anonymat des employés ou des fonctionnaires qui signalent des irrégularités dans leur entreprise ou leur autorité publique. Une protection forte et de grande portée des sources journalistiques peut donc être perçue comme une protection indirecte pour les lanceurs d’alerte.

La carte

Cette carte vise à évaluer la situation actuelle de la protection des lanceurs d’alerte dans les différents États membres, en tenant compte des questions juridiques et sociétales.

Les sujets:

La législation

  • Existe-t-il une législation (en cours) sur la divulgation interne/externe dans le secteur public et/ou privé?
  • Sinon, existe-t-il un certain degré de protection par des dispositions différentes dans différentes lois?

Jurisprudence

  • Les tribunaux (les plus élevés) reconnaissent-ils les droits des lanceurs d’alerte? Existe-t-il des mécanismes d’appel?
  • Y a-t-il une possibilité d’indemnisation pour un préjudice pécuniaire ou émotionnel?
  • La dénonciation interne est-elle faisable dans la pratique (jurisprudence)? Les « employés » ont-ils foi dans la poursuite de la procédure interne sans crainte de représailles possibles, d’atteinte aux affaires de confidentialité ou de sanctions pénales?

Opinion publique

  • Comment l’opinion publique perçoit-elle les dénonciations?

Politique d’entreprise

  • Existe-t-il une législation sur la gouvernance d’entreprise (pour les sociétés cotées et/ou non cotées)? Existe-t-il des systèmes internes de déclaration établis dans les entreprises?

Journalistes

  • La protection des sources journalistiques est-elle protégée dans le pays? Peut-on demander aux journalistes de divulguer leurs sources auprès d’institutions publiques, par exemple la police?

Source: http://journalism.cmpf.eui.eu/maps/whistleblowing/

Carte: cliquer sur chaque pays pour voir les législations existantes

Nigel Farage: L’establishment perd le contrôle sur les gens

Infowars.com, Jamie White, 31/08/2016

L’Empire ne croyait pas que le Brexit était possible, a souligné Farage

Le leader du Brexit, Nigel Farage, a déclaré que l’establishment mondialiste est perplexe sur le Brexit et désemparé sur la façon de reprendre le contrôle.

« L’Empire est abruti », a-t-il dit sur The Alex Jones Show, mardi. « L’Empire ne conçoit pas le Brexit, parce que l’Empire ne croyait pas que le Brexit était possible. »

« Maintenant, le problème de l’Empire est qu’il se bat contre cet argument sur plusieurs fronts à la fois ».

« Nigel Farage rejoint la planète contre le gouvernement mondial tyrannique »

Lire la suite: http://www.infowars.com/farage-establishment-losing-control-over-the-people/

Assistons-nous au début de la fin de la mondialisation?

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CounterPunch.org, par Murray Dobbin, le 27/05/2016

Au plus fort de la bataille sur l’Accord de libre-échange Canada-États-Unis (ALE), les plus grands soutiens de l’accord, le Conseil canadien des chefs d’entreprise (les 160 plus grandes entreprises publiques) a sorti des annonces de pleine page promettant au pays que cela apporterait « plus d’emplois, de meilleurs emplois ». Cela avait pour but de contrer la campagne efficace des opposants qui ont averti les Canadiens que des dizaines de milliers d’emplois manufacturiers seraient perdus. Les opposants ont gagné les cœurs et les esprits de la bataille, mais ont perdu l’élection de 1988 sur la question, faisant du Canada et des États-Unis les cobayes du « libre-échange ». Des centaines de ces accords ont été signés depuis, en dépit du fait que les critiques avaient raison: le Canada a perdu quelques 270.000 emplois en conséquence directe.

Depuis 1988, les promoteurs de ces accords de protection des investissements ont régné en grande partie en raison du soutien massif des médias. Mais, près de 30 ans après la première expérience, il y a des signes que, finalement, les citoyens du monde entier commencent à se poser cette question inconfortable: pour qui gouvernent au juste les gouvernements? Malheureusement, cette question est posée beaucoup plus dans l’UE et aux États-Unis qu’elle ne l’est au Canada. Néanmoins, l’opposition à de telles transactions dans ces deux économies centrales pourrait nous sauver de plus qu’eux-spécifiquement le Partenariat Trans-Pacifique (TPP) et l’offre proposée par le Canada avec l’UE – l’Accord économique et commercial global (AECG). Si l’accord USA-UE (le partenariat transatlantique de commerce et d’investissement – TTIP) échoue, l’AECG a peu de chance de survivre.

Ce qu’on appelle des accords commerciaux donnent le pouvoir aux sociétés transnationales en compromettant radicalement la capacité de l’État-nation à la gouvernance démocratique. Cette émasculation de la démocratie est accomplie en grande partie par les dispositions investisseur-État qui autorisent les sociétés à poursuivre directement le gouvernement pour les profits perdus en raison de la législation sur l’environnement, la santé ou d’autres lois. Les gouvernements signent ces accords prometteurs avec enthousiasme, promettant les emplois et la croissance. Mais, alors qu’il a fallu près de deux générations, des millions de travailleurs américains ne croient tout simplement plus à la rhétorique.

Lire la suite: http://www.counterpunch.org/2016/05/27/are-we-witnessing-the-beginning-of-the-end-of-globalization/

La guerre en Syrie orchestrée en 2006, réflexions sur l’empire américain et sur les méthodes utilisées pour renverser un régime politique

Un accord (Iran) en cache un autre (Grèce) et masque le troisième (Corée du Nord) – par Farid DAOUDI

800px-Iran_negotiations_about_Iran's_nuclearPhoto: Accords sur le nucléaire iranien (Wikipédia)

     Beaucoup de confrères de la presse internationale, experts patentés, critiques littéraires, attitrés ou non, seraient enclin d’avoir une réaction épidermique en pensant que les médias laissaient l’essentiel de côté. On a tendance à oublier que les sanctions ont été votées au Conseil de Sécurité par la Russie aussi, comme pour l’Irak et l’Afghanistan… ou encore pour la connivence USA-Russie concernant la Palestine. La presse ne retient que les contradictions actuelles entre ces deux pays. On oublie encore qu’il y a à travers le monde des dizaines et des dizaines de pays et de peuples qui aspirent à l’accès à la science, à la culture et à la suffisance matérielle… et que cela ne leur sera pas facilité par le condominium du monde par les membres permanents du C.S. et leurs alliés directs (Japon, Allemagne, Inde, Pakistan, Israël). Et on oublie le rôle révolutionnaire de la Corée du Nord. Kadhafi a renoncé à l’arme atomique et il a fini tué comme un chien par des agents spéciaux…  Que va-t-il advenir en Iran si le pays ne se couche pas progressivement devant les USA et la Russie ?

L’accord, neutralisant l’Iran à toute prolifération nucléaire militaire, milite pour un équilibre sécuritaire régional assez énigmatique pour la paix mondiale. La Russie, pour cause d’hégémonie, privilégiant, à raison, ses intérêts géostratégiques, est pour autant responsable de la situation présente: en échange de la promesse occidentale de la laisser accéder à l’Organisation Mondiale du Commerce, elle a voté et légitimé les sanctions contre l’Iran qu’il est si difficile d’annuler totalement.

Et en plus, elle s’est gardée anachroniquement de dénoncer le nucléaire israélien, fermant les yeux sur le droit des Palestiniens à se libérer par les armes. Selon la Russie, on peut revenir sur la coupure de l’Allemagne en deux en 1945 et sur beaucoup de frontières depuis 1945, mais s’abstenant de revenir sur la création malhonnête d’Israël par l’ONU coloniale de 1947.

Maintenant, la Russie sait qu’accéder à l’OMC, refuser unilatéralement de vendre des missiles  S-300 à l’Iran, n’empêche pas des « sanctions » économiques contre elle-même.

L’accord imposé ce 14 juillet à l’Iran est un accord inégal, au détriment de tous les pays non nucléaires et non balistiques. Les Iraniens ont accepté faute de mieux, pour le moment. La vérité est que tous les pays du monde ont droit de tirer profit de la science, y compris militairement: pourquoi le droit au nucléaire serait-il naturel pour un pays comme les USA qui ont assassiné des millions de personnes à travers le monde depuis 1945? Et pourquoi les 180 autres États de la planète devraient en être privés et au surplus soumis au bon vouloir de celui-ci?

Par-delà la situation actuelle une question se pose: un pays du poids démographique et industriel de l’Iran peut-il se développer en toute indépendance, face à un boycott des principales puissances du monde?

Malgré le blocus, Cuba a continué d’exister dans des conditions très difficiles. Mais ce pays n’a pas le poids démographique, l’importance économique et les richesses naturelles de l’Iran. De plus, Cuba est une île, alors que l’Iran est un État continental et maritime, frontalier avec cinq pays. Ce pays dispose aussi d’une certaine profondeur stratégique propre, augmentée par la géographie du culte Musulman Chi’ite. Seuls les Iraniens savent si, face aux « sanctions », le régime en place pouvait encore tenir cinquante ans comme à Cuba ou s’il devenait urgent de sauver l’économie.

Une autre forme de réponse à cette question nous est apportée par l’accord de l’Euro-groupe et de l’UE avec la Grèce. La mise sous tutelle de l’Ukraine par les USA et l’UE est encore une illustration de la politique internationale actuelle: le rapport des forces économiques et militaires continue d’être le moteur des relations internationales ; le respect de la souveraineté ne pèse rien. La Grèce est humiliée, soumise à un protectorat collectif européen: à qualification égale, ses citoyens auront un niveau de vie cinq fois inférieur à celui des Allemands et cela pendant au moins quinze ans!

Cela signifie que tous les peuples ne sont pas égaux, qu’il existe une science, une finance des « Blancs » et, une science, une économie, bridées et surveillées, pour les « Coloured nations ».

À l’occasion de cette longue négociation intra-européenne et de celle concernant la Corée du Nord, on assiste à un retour au premier plan de la scène de deux protagonistes vaincus lors de la Seconde guerre mondiale: l’Allemagne et le Japon. Aujourd’hui, le Japon réclame la restitution de Sakhaline ; demain, l’Allemagne rachètera à la Pologne ou exigera tout simplement le retour des « terres de l’Est ». Pour l’Allemagne et le Japon, les vainqueurs avaient effacé la dette et allégé les réparations… On craignait de les voir basculer vers le Pacte de Varsovie.

Résultat, l’Allemagne et le Japon profitent de plus de libertés que l’Iran dans le domaine nucléaire et balistique… Cela est possible parce que ces deux pays sont à présent des alliés dociles aux USA contre la Russie et contre les pays qui aspirent à un développement indépendant, voire à échapper au contrôle et aux limitations américaines. Face à ce bloc agressif, les pays du BRICS veulent une émergence soft, sans confrontation directe aux conséquences incertaines ;  c’est ce qui explique pourquoi les USA continuent de tancer la Russie à ses frontières, alors que celle-ci continue de proposer ses services contre le « terrorisme » dans le cadre de l’ONU dominé pourtant par les Américains.

Mais, tôt ou tard, le sentiment de démocratie internationale entre États imposera la suppression du pouvoir d’intervention en meute des cinq pays du Conseil de Sécurité (chapitre 7 de la charte de l’ONU) et plus particulièrement de liquider l’interventionnisme  des USA qui  contournent à leur convenance les « lois internationales » en recourant à des « alliances » qui n’ont jamais eu valeur de légitimation universelle, dans le respect de la souveraineté des États.

L’espoir d’un changement des relations internationales perdure. Les USA, confirmant ces dernières années leur pouvoir de destruction et de sédition, ont aussi montré au monde entier qu’ils ne peuvent pas remporter plusieurs conflits simultanés de faible ou moyenne intensité.

Ce fut notamment le constat de Che Guevara: ils ne peuvent pas vaincre partout en même temps ; ils ont toujours un point faible. Tout en maintenant les autres zones de conflit, c’est ce point faible qu’il faut enfoncer. Enfin, ce point faible peut être créé à l’initiative de forces révolutionnaires ou encore par d’anciens « valets de l’impérialisme » parvenus au pouvoir et confrontés à la nécessité de développer leur pays – l’attitude récente de l’Arabie saoudite est une ébauche encore incertaine de celles d’Omar Torrijos ou Manuel  Noriegua au Panama ou encore d’Hugo Chavez au Venezuela.

Le principe est simple: tout ce qui nuit aux USA devient bon pour le reste de l’humanité tant que ce pays s’obstinera à vouloir régenter la planète par ses moyens militaires et financiers. Faut-il multiplier les points chauds ou tièdes? La politique US fait toujours des victimes qui n’ont plus rien à perdre ; il faut leur parler, les soutenir. Il est temps pour la « communauté internationale » d’arrêter sa politique de doubles standards et de falsifier l’Histoire. De tout temps, celle-ci  a montré que la juste cause des opprimés  triomphe toujours  de  l’arbitraire; qu’intransigeance, partialité de la loi du plus fort, diplomatique ou militaire, ne rapportent que de faibles dividendes à des ambitions irrationnelles.  Un  processus salvateur: l’avènement d’un monde multipolaire, supplantant l’hégémonie étatsunienne et desservant un support éducatif décadent.

    Farid DAOUDI – Journaliste (Tlemcen-Algérie)

Du même auteur: « Le Liban insoumis » paru sur Alterinfo.net.

Alternatives et solutions humaines face à la crise grecque: « Ne vivons plus comme des esclaves », de Yannis Youlountas (2013)

« Ne vivons plus comme des esclaves »

Appel à souscription pour le prochain film de Yannis Youlountas: http://jeluttedoncjesuis.net/

Royaume-Uni: La nouvelle ministre de l’emploi de David Cameron favorable au rétablissement de la peine de mort

Huffington Post, 11/05/2015, par Ned Simons

La nouvellement nommée ministre de l’emploi de David Cameron, Priti Patel, est en faveur de la peine de mort.

Patel, députée de Witham qui était ministre du Trésor dans le dernier gouvernement de Cameron, remplace Esther McVey, qui a perdu son siège lors de l’élection de la semaine dernière. Patel participera au Cabinet, mais tiendra le rang de ministre d’Etat.

Elle a déjà exprimé son soutien à la peine de mort. Elle a dit à BBC Question Time en 2011: «Je serais en faveur de la réintroduction de la peine capitale pour servir de dissuasion.

«Je pense que nous ne disposons pas suffisamment de dissuasion dans ce pays pour les criminels, et n’oublions pas, les meurtres et les violeurs et les criminels de cette nature ont choisi de commettre les crimes qu’ils commettent. »

Interrogée par le Mail on Sunday en 2006, pour savoir si elle favorisait la pendaison ou la chaise électrique dans les exécutions, Patel a déclaré: «Je n’ai pas réfléchi à tous les détails. »

Priti Patel, interrogée au sujet de la peine de mort en septembre 2011.

Lire la suite: http://www.huffingtonpost.co.uk/2015/05/11/priti-patel-wants-to-bring-back-the-death-penalty_n_7255322.html

WikiLeaks publie les « Conseils de voyage aux agents de la CIA »

800px-Plane_flying_to_Vágar_Airport,_Faroe_IslandsCe 21 décembre, Wikileaks publie deux documents confidentiels d’un bureau jusque là inconnu de la CIA (l’agence de renseignement des États-Unis), qui détaillent les moyens de conserver sa couverture lors de voyages passant par des aéroports, en utilisant notamment de faux papiers d’identité – par exemple lors d’opérations d’infiltration dans l’Union européenne et au travers du système de contrôle des passeports de l’espace Schengen. Cette publication est la seconde d’une série de documents de la CIA que Wikileaks publiera dans l’année à venir.

Ces deux documents confidentiels décrivent les procédures de passage des frontières et de contrôle des visas, le contenu et le périmètre des systèmes électroniques, les protocoles de surveillance des frontières et les procédures de contrôle approfondi, ainsi que les conseils aux agents secrets de la CIA pour contourner ces systèmes lors de leurs passages aux frontières dans le monde entier. Plus généralement, ces documents témoignent des inquiétudes grandissantes de la CIA quant à l’existence de bases de données biométriques à même de mettre en péril leurs opérations clandestines – bases de données que d’autres services du gouvernement américain ont rendues incontournables après le 11 septembre 2001.

Lire l’intégralité du communiqué de presse: https://wikileaks.org/cia-travel/press-release-fr.html

« Évaluation de la CIA pour survivre à un contrôle secondaire dans les aéroports tout en maintenant une couverture » (15 pages): https://wikileaks.org/cia-travel/secondary-screening/WikiLeaks_CIA_Assessment_on_Surviving_Secondary_Screening.pdf

« Conseil de la CIA pour les agents du gouvernement américain qui infiltrent Schengen » (12 pages): https://wikileaks.org/cia-travel/infiltrating-schengen/WikiLeaks_CIA_Advice_for_Operatives_Infiltrating_Schengen.pdf

L’affaire Wikileaks en Suède a-t-elle un lien avec la scientologie?

WIKILEAK ASSANGE SWEDENPhoto: Julian Assange en Suède (Cleveland.com)

Qu’est-il arrivé en Suède?

Julian Assange est allé en Suède le 11 Août 2010, depuis l’Angleterre. Seulement deux semaines avant, depuis une base temporaire en Angleterre fin juillet, sa publication, WikiLeaks, avait publié les Afghan War Logs, soixante quinze mille documents secrets du Pentagone sur la guerre en Afghanistan, qui comprenaient la mort de près de vingt mille personnes. Plus tôt cette année, Wikileaks avait publié les images militaires américaines d’un crime de guerre à Bagdad, Collateral Murder. (Justice 4 Assange)

L’affaire de la présumée agression sexuelle en Suède (et l’accusation de viol émise par la justice suédoise en août 2010) intervient entre deux épisodes importants de publication de l’organisation Wikileaks: la publication des journaux de guerre en Afghanistan en juillet 2010, suivis par les journaux de guerre en Iraq en octobre 2010 et la publication du Cablegate en novembre-décembre 2010.

Mais alors, pourquoi parler de la scientologie, dans une affaire qui semble uniquement concerner les problèmes personnels de Julian Assange avec deux femmes qu’il a rencontrées en Suède?

Julian Assange vs. la scientologie

Le combat de Julian Assange contre la scientologie ne date pas d’hier. On retrouve, en effet, dans plusieurs articles sur Internet les traces de ce combat qui remonte aux années 1990. Julian Assange n’a jamais été un ami de la scientologie, comme on peut le constater.

Sans donner de date précise, un article cite, par exemple, que:

« [Julian Assange] a fait une incursion précoce contre le culte de la Scientologie et a échoué » (The Australian)

De même:

« En Mars 1996, Assange a lancé un appel à se joindre à une manifestation antiscientologie. » (The Monthly)

Le 24 mars 2008, Wikileaks publie des documents sur la scientologie, ce qui semble n’être finalement que la continuité d’un combat commencé depuis plusieurs années dans la vie de Julian Assange.

En publiant par la suite, à partir de 2010, des documents diplomatiques américains, Wikileaks s’est non seulement attiré des ennemis au sein du gouvernement des Etats-Unis, mais également des ennemis au sein de tous les gouvernements, organisations et services secrets qui collaborent avec les Etats-Unis, ainsi que des ennemis au sein de la scientologie qui, comme on le sait, a eu pour objectif l’infiltration du gouvernement américain.

La scientologie et la censure Internet

La scientologie a toujours essayé de contrôler les publications sur Internet et a même été considérée comme un ennemi d’internet. En juillet 2013, un article de la BBC évoque cette situation:

« Le mois dernier, des militants des droits numériques à l’influente Electronic Frontiers Foundation (EFF) ont placé l’Église de Scientologie sur leur mur de la honte pour ce qu’ils disent avoir été des actes répétés contre les libertés Internet. »

On apprend aussi dans cet article que, pendant de nombreuses années, bien avant les publications de Wikileaks, la scientologie a tenté de contrôler le contenu relatif à son sujet sur Internet.

Des « innovateurs de la censure », selon un témoin cité dans l’article. La scientologie a même été bannie de Wikipedia en 2009.

La scientologie: la censure au nom du copyright

La scientologie représente exactement ce que combat l’organisation Wikileaks en ce qui concerne la liberté d’expression sur Internet. Ce sont deux visions du monde qui s’affrontent à notre époque moderne: d’un côté, les hackers ultra-libéraux qui voudraient que tout contenu puisse être partagé gratuitement et librement sur Internet, et d’un autre côté, les gouvernements et les sociétés qui veulent garder un contrôle sur tous les produits de la culture et de la civilisation qui sont à l’origine de leurs profits financiers.

Le meilleur outil pour garder le contrôle d’une création culturelle, c’est le copyright. Mais la propriété intellectuelle n’est pas un problème en soi. Le problème, c’est quand cette propriété intellectuelle est utilisée pour censurer. C’est ce qu’a fait la scientologie vis-à-vis de Wikileaks et des personnes qui ont voulu lancer l’alerte sur cette secte: invoquer le copyright pour censurer des contenus et des informations. Mais, c’est un argument qui est encore utilisé de nos jours par des gouvernements. Les actions passées de la scientologie n’ont fait que donner une idée de ce que les gouvernements sont prêts à faire pour imposer la censure contre des informations gênantes à leur sujet: Hadopi, Loppsi, Acta ont été autant de manières pour chercher à mettre en place une censure indirecte des contenus en invoquant la propriété intellectuelle. Les dangers de ces lois ne se posent pas directement pour la culture, mais surtout pour le droit à l’information et la liberté d’expression.

La scientologie au sein du gouvernement américain

Dans Wikipedia, un article consacré à la scientologie aux Etats-Unis explique comment a été mise en place dans les années 1970 une opération visant à infiltrer le gouvernement des Etats-Unis.

L’Opération Snow White était le nom d’un projet de l’Église de Scientologie dans les années 1970 pour purger les dossiers défavorables sur la scientologie et son fondateur L. Ron Hubbard. Ce projet comprenait une série d’infiltrations et de vols dans 136 organismes gouvernementaux, des ambassades et consulats étrangers, ainsi que des organismes privés critiques de la Scientologie, réalisés par les membres de l’Église, dans plus de 30 pays.

On peut imaginer que la scientologie a infiltré toutes sortes d’organismes gouvernementaux aux Etats-Unis et qu’elle continue encore aujourd’hui sa traque contre ses opposants à travers le monde. On peut aussi imaginer que Wikileaks, en publiant des documents sur la scientologie en 2008, a aussi été ajouté à cette liste d’opposants que la scientologie cherche à tout prix à éliminer.

Graham Berry a expliqué dans un discours les méthodes de la scientologie pour censurer les opposants:

Dans ce discours, j’ai dit que la Scientologie pourrait être réduite à trois concepts fondamentaux; le pouvoir, la purge et la punition. Le pouvoir réfère à l’objectif de la Scientologie de « nettoyer » la planète, et d’éliminer toute opposition à la scientologie. La purge réfère à la Scientologie qui supprime tous les documents négatifs et les informations critiques depuis les fichiers du gouvernement et l’accès public. La punition, je l’ai dit, était le plus sombre de tous les aspects de la Scientologie. Elle a pris deux formes; une forme orwellienne interne d’élimination de toute dissidence ou pensée critique, et une forme externe de punition des critiques et des responsables gouvernementaux non-coopératifs avec les politiques de terreur et de psycho-terreur sur le copyright pour le traitement des « personnes suppressives »; des personnes qui entravent ou s’opposent aux objectifs de la Scientologie. (Wikipedia)

Quand on lit ce texte, on se rend compte que la scientologie n’est pas une simple Eglise, mais qu’elle utilise des méthodes avancées pour censurer et porter atteinte à la liberté d’expression, de la même manière que peuvent le faire certains services secrets ou gouvernements à l’égard de leurs opposants.

La scientologie en Suède

scientologie dans le mondeC’est peut-être un choix malchanceux qu’a fait Julian Assange en s’installant en Suède, en 2010. Pour une organisation qui avait dévoilé des documents sur la puissante Eglise de scientologie, il se trouve que Wikileaks a justement choisi de trouver refuge dans l’un des pays européens qui est un proche allié américain et qui autorise la scientologie (aux côtés de l’Espagne, du Portugal, Hongrie, Slovénie, Croatie, Albanie).

Le 13 mars 2000, la Suède reconnaît la scientologie comme une communauté religieuse, comme on peut le voir dans ces statuts par pays. C’est toujours étonnant de constater que Wikileaks a choisi de s’installer dans un pays comme la Suède, ne serait-ce que par rapport à la présence de la scientologie.

La Suède et les Etats-Unis

Les relations militaires de la Suède avec l’OTAN et les Etats-Unis ne sont pas un secret. Mais, comme nous l’apprend un article de mars 2011, ce serait aussi l’origine des problèmes de Wikileaks et d’une tentative de faire taire l’organisation:

« la vendetta suédoise contre Julian Assange remonte à la révélation d’événements dans les câbles Wikileaks autour de la vente de données privées de la Suède à l’OTAN mentionnant principalement la population immigrée (les accords secrets à Stockholm entre les fonctionnaires du gouvernement suédois et les représentants de la CIA et du FBI, s’est ajouté à la loi de surveillance pro-OTAN directement établie sur les autorités suédoises par les USA). »

Les révélations de Wikileaks ont ébranlé le système américain, non seulement à travers les révélations diplomatiques, mais en touchant au coeur du système américain, à savoir l’industrie de l’armement et les révélations sur la guerre en Irak (Afghan war logs et Irak war logs).

Des sites Internet pro-Wikileaks ont ainsi pu révéler le lien entre les Etats-Unis, l’industrie de l’armement, le gouvernement suédois et la guerre en Irak. « [Carl Bildt] Le Ministre des Affaires Etrangères de la Suède a propagé l’idée de l’invasion de l’Irak et en profita. À partir de 2007. » C’est ce qu’on apprend dans un article de Rixstep:

« Carl Bildt a gagné des millions avec l’invasion américaine de l’Irak. Il a siégé au conseil d’administration de la société d’investissement Legg Mason, faisant la gestion d’énormes participations financières dans le secteur de l’armement US, et en même temps était un lobbyiste pour le géant des armes Lockheed Martin. »

En plus de l’Irak, l’intervention de la Suède et le soutien à la guerre en Libye ont aussi été mis en évidence:

Aussi peu d’intérêt que ce qui a été démontré par les mêmes Suédois sur les «dommages collatéraux» (le massacre des populations civiles) en Irak et en Afghanistan – où la Suède a également eu des troupes sous la direction de l’OTAN – ils semblent ne pas en démontrer plus dans le cas de la Libye.

Pour résumer, Wikileaks est mis en cause pour une affaire d’agression sexuelle en Suède, dans un pays partenaire de l’OTAN, proche des Etats-Unis, qui accueille l’Eglise de Scientologie, qui a des liens avec l’industrie de l’armement et dont un membre du gouvernement s’est personnellement enrichi grâce aux ventes d’armes lors de la guerre en Irak et aurait travaillé comme espion des Etats-Unis. L’affaire d’agression sexuelle en Suède, c’était peut-être le bon prétexte pour faire taire Julian Assange, celui qui s’était attaqué aux intérêts communs de toutes ces personnes. (On notera aussi une coïncidence plus tardive: la visite de la Secrétaire d’Etat Hillary Clinton en Suède, quatre jours après le verdict sur l’extradition de Julian Assange, en juin 2012.)

Wikileaks a pu se retrouver, depuis l’année 2010, comme un ennemi commun à la fois aux Etats-Unis, en mettant en cause la diplomatie américaine, et en Suède, où l’industrie de l’armement avait des intérêts auprès des Etats-Unis, sans parler de la scientologie qui a aussi été affectée à travers les publications de Wikileaks, ces dernières années, et dont les membres se retrouvent parfois au sein de ces gouvernements infiltrés.

Sans aller jusqu’à dire qu’il y a eu un complot contre Julian Assange, la Suède a pu cependant bénéficier d’un rôle particulier par rapport à Wikileaks, en étant à la fois un très bon allié du gouvernement américain, en ayant des liens avec l’industrie de l’armement aux Etats-Unis, et en étant un pays où la scientologie a aussi une certaine influence.

Quand on connaît la détermination de la scientologie à faire taire les opposants, comme cela a pu être décrit par plusieurs ex-membres de la secte dans des témoignages sur Internet, il est presque évident de dire que l’affaire d’agression sexuelle en Suède a pu être utilisée par la scientologie ou par le gouvernement américain (ou par les deux à la fois) pour faire taire une organisation aussi embarrassante que Wikileaks.

Même si la scientologie ou le gouvernement américain ne sont pas à l’origine des accusations, et même s’ils n’ont pas forcément construit un complot en utilisant deux militantes féministes suédoises, ils ont pu néanmoins utiliser ce prétexte pour faire pression sur la justice suédoise et pour chercher à obtenir l’extradition de Julian Assange aux Etats-Unis.

Assange, élection en Australie« La Suède est l’Arabie Saoudite du féminisme » (Julian Assange, The Sunday Times, 26 décembre 2010)

Les paradoxes de la Suède…

Aujourd’hui, la Suède, qui se voulait être un pays qui protège les lanceurs d’alerte, se retrouve dans une affaire de justice contre le fondateur de Wikileaks, celui qui luttait contre la scientologie, le mettant plus ou moins dans une situation où sa liberté d’expression et la continuité de son travail sont menacés, mais cela n’empêche pas non plus le pays d’accorder un prix à Edward Snowden, tout en continuant cette « chasse aux sorcières » contre Julian Assange… Avec l’affaire Wikileaks, on a pu découvrir un nouvel aspect de l’humour suédois.

Aftenposten découvre des équipements d’espionnage à l’extérieur du Parlement norvégien et de la Résidence du Premier ministre

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TNP, 13 décembre 2014

Aftenposten rapporte qu’ils ont détecté un certain nombre de fausses stations de réception placées dans le centre d’Oslo, qui peuvent surveiller les mouvements des hauts responsables politiques et le flot des données depuis les téléphones portables.

Pendant deux mois, Aftenposten a questionné et révélé un vaste réseau de stations de réception secrètes à Oslo. Le journal a enregistré un certain nombre de lieux à Oslo avec une activité mobile suspecte. Ensuite, ils ont coopéré avec les deux sociétés de sécurité pour localiser précisément les fausses stations de réception.

Après les mesures, il a été révélé que les équipements de surveillance ont été utilisés activement dans le centre d’Oslo pour des écoutes et de la surveillance.

Les fausses stations de réception appelées « IMSI Catcher » ont été probablement utilisées pour surveiller les mouvements des ministres, des politiciens, des responsables gouvernementaux et des gens ordinaires qui vont, sortent et circulent autour des bâtiments de l’Etat central à Oslo.

Le service de sécurité PST enquête s’il y a des criminels, des renseignements étrangers ou d’autres personnes derrière ces appareils.

Selon Aftenposten, les équipements de surveillance peuvent en principe détecter qui vient au Parlement, dans les bureaux du gouvernement ou à d’autres endroits de la zone [urbaine]. Ils peuvent également cibler certaines personnes pour les surveiller et [prendre] des données à partir de leurs téléphones portables.

Source: http://www.tnp.no/norway/panorama/4736-aftenposten-discovers-spy-equipment-outside-norway-parliament-and-prime-minister-residence

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