Des secrets fondamentaux exposés: la NSA a utilisé des agents infiltrés dans des compagnies étrangères

nsa-agents

RT, 11 octobre 2014

Pour infiltrer des réseaux étrangers et avoir accès à des systèmes sensibles, la NSA a utilisé la tactique de la «subversion physique» – le déploiement d’agents infiltrés dans des compagnies chinoises, allemandes, sud-coréennes et peut-être même américaines, rapporte The Intercept.

Lire la suite: http://rt.com/news/195068-nsa-undercover-foreign-agents/

Vous voulez aider l’Ukraine? Arrêtez d’accepter son argent volé

640px-Euromaidan_in_Kiev_2014-02-19_12-20Révolution en Ukraine (source: Wikimedia)

Foreign Policy, Oliver Bullough, 9 septembre 2014

Les nouveaux dirigeants de l’Ukraine espèrent nettoyer un pays qui est parmi l’un des plus corrompus dans le monde. Mais ils n’ont aucune chance si les banques occidentales continuent d’accepter l’argent volé de l’Ukraine.

Note: Cet article est une version abrégée d’un rapport détaillé publié par l’Institut Legatum et l’Institut de la Russie moderne, intitulé « Pillage de l’Ukraine: Comment l’Est et l’Ouest se sont associés pour voler un pays. »

Les journaux donnent pleins de détails sur comment la Russie sape l’Ukraine, comment le pays veut mettre son ex-colonie à genoux, de la faire plier à la volonté de Vladimir Poutine. Mais ils ne disent qu’une partie de l’histoire: l’Ukraine était déjà à genoux avant que la guerre dans l’est de l’Ukraine n’ait commencé, et c’est autant la faute des pays démocratiques de l’Occident que celle de Poutine. La Grande-Bretagne, l’Autriche, la Suisse, et le Delaware, ainsi que les « endroits ensoleillés pour des personnes cachées à l’ombre » que nous considérons comme des paradis fiscaux, ont permis aux dirigeants corrompus de l’Ukraine d’exporter de l’argent détourné et de jouir des droits de propriété occidentaux pendant des années. Les fonctionnaires ont tellement mis d’argent dans leur poche que le pays était sur le point de s’effondrer avant même que Poutine n’annexe la Crimée.

Lire la suite: http://www.foreignpolicy.com/articles/2014/09/09/want_to_help_ukraine_stop_accepting_its_stolen_cash

Facebook Inc (FB) poursuivi en Europe pour violations de confidentialité

Après que la politique de confidentialité de Facebook soit devenue apparemment délibérément confuse, des violations se sont produites, selon la poursuite

facebook1Facebook Inc (NASDAQ: FB) est confronté à une poursuite en recours collectif en Europe qui pourrait faire ressortir le manque de protection de la vie privée sur Facebook.

Facebook a violé les lois sur la confidentialité en Europe, en participant au programme d’espionnage de la NSA.

L’étudiant autrichien en droit et militant de la vie privée Max Schrems a déclaré vendredi qu’il va défier le réseau social devant le tribunal. Schrems a dit que Facebook a violé les lois sur la confidentialité généralement claires de l’Europe, et n’a pas tenu compte de ses propres conditions d’accord quand il a participé à un programme général d’espionnage exploité par la NSA.

«Nous constatons que Facebook viole les lois de la vie privée de l’UE depuis très longtemps et nous avons voulu prendre des mesures», a déclaré Schrems dans une déclaration à The Christian Science Monitor. « Les problèmes commencent avec une politique de confidentialité que personne ne comprend, [qui est] invalide en vertu de la législation européenne, jusqu’au scandale d’espionnage de la NSA. »

C’est la division Irlandaise de Facebook, dont le siège est à Dublin, qui fait l’objet de la plainte puisque leur domaine relève de la compétence juridique de l’Union européenne.

Lire l’intégralité de l’article: http://www.valuewalk.com/2014/08/facebook-inc-fb-sued-in-europe-over-privacy-violations/

L’Allemagne empêche Edward Snowden de témoigner en personne dans l’enquête sur la NSA

Edward SnowdenPhilip Oltermann, theguardian.com, jeudi 1er mai 2014

Les représentants officiels déclarent qu’une invitation personnelle pour le lanceur d’alerte américain pour assister à une audience serait une «sérieuse entorse» aux relations américano-allemandes.

Le gouvernement allemand a empêché Edward Snowden de témoigner personnellement devant une commission d’enquête parlementaire sur la surveillance de la NSA, cela est apparu quelques heures avant qu’Angela Merkel se rende à Washington pour une réunion avec Barack Obama. Dans une lettre aux membres du comité parlementaire, obtenue par Süddeutsche Zeitung, les représentants du gouvernement disent qu’une invitation personnelle pour le lanceur d’alerte américain irait « à l’encontre des intérêts politiques de la République fédérale », et serait « une entorse sérieuse et permanente » aux relations américano-allemandes.

Lire la suite: http://www.theguardian.com/world/2014/may/01/germany-edward-snowden-nsa-inquiry

Edward Snowden s’est exprimé devant le Conseil de l’Europe

Devant le Conseil de l’Europe, Snowden confirme que des ONG ont fait l’objet d’écoutes

Edward Snowden, ancien consultant de la NSA, a été entendu, via une liaison vidéo en direct depuis Moscou. Le lanceur d’alertes, devenu célèbre après ses révélations sur les programmes d’espionnage de la NSA, est intervenu dans le cadre d’une audition parlementaire sur ces opérations massives de surveillance, en marge de la session plénière de l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe.

Voir le témoignage intégral d’Edward Snowden (vidéo): http://fr.euronews.com/2014/04/08/edward-snowden-va-sexprimer-via-liaison-video-devant-le-conseil-de-leurope/

Espionnage: Snowden explique comment la Nsa a instrumentalisé l’Europe

Edward SnowdenLaNouvelleTribune.info, 9 mars 2014

Edward Snowden, l’ancien consultant de l’agence nationale de sécurité américaine (Nsa), réfugié à Moscou depuis la mi-2013, fait une fois encore parler de lui. L’homme qui est à la base des révélations fracassantes sur les méthodes controversées de surveillance de la Nsa vient de remettre une déposition aux députés européens.

Edward Snowden précise qu’il ne s’agit pas de nouvelles révélations sur les méthodes de la Nsa. Seulement, il remet à cette grande institution européenne des éléments à dénoncer sur l’espionnage au sein même de l’Europe, par des Etats européens et pour la Nsa.

Il le fait bien évidemment dans un contexte un peu spécial. Le Parlement européen se prononce la semaine prochaine sur une motion préconisant la suspension de deux importants accords d’échange de données entre l’UE (Union Européenne) et les Etats-Unis. Ces accords sont Swift et Safe Harbour. Aussi, en Ukraine, se déroule actuellement une guerre froide entre la Russie d’un côté, l’UE et les Etats-Unis de l’autre. Cette crise ukrainienne, qui se joue pour étendre ou rétrécir  la zone d’influence de l’Occident, pourrait sans doute renforcer la coopération UE-Usa dans plusieurs domaines, y compris celui de l’espionnage et du contre-espionnage.

Edward Snowden dénonce comment certains Etats européens ont fait le jeu des Etats-Unis. En version Pdf, c’est un document de 12 pages. Il comprend des liens renvoyant aux révélations faites par des journaux sur leurs sites web. « L’une des activités essentielles de la division des affaires étrangères de la Nsa est de faire pression sur les Etats membres de l’Union européenne, pour qu’ils changent leurs lois et permettent ainsi la surveillance de masse », indique l’ancien informaticien et consultant de la Nsa. Il a ajouté que la Nsa a fourni aux pays européens l’expertise et la technologie nécessaires à la surveillance de masse. Cela a permis à nombre d’Etats européens d’espionner les ressortissants des Etats voisins, mais pas leurs propres citoyens. Lire ci-dessous l’intégralité de la version anglaise de la déposition de Snowden aux parlementaires européens.

Pour lire la déposition de Snowden, cliquez ici

Source: http://www.lanouvelletribune.info/index.php/actualite/etranger/18430-espionnage-snowden-explique-comment-la-nsa-a-instrumentalise-l-europe

L’UE veut des sanctions contre l’Ukraine, mais pas de sanctions contre Obama?

Centre de Kiev (photo @SvobodaKyiv)A l’heure où les événements en Ukraine font réagir le monde occidental et où des sanctions sont peut-être envisagées contre le pouvoir ukrainien, l’Union Européenne a sans doute oublié d’envisager également des sanctions contre le président Barack Obama et contre les représentants de l’administration américaine qui, depuis le 18 juin 2004 (date de la première frappe de drone), et notamment depuis la fin du mandat de George Bush, ont commandité les assassinats par drones de plus de 4000 personnes au Pakistan, dont des centaines de civils et d’enfants, des frappes qui ont touché également des pays comme l’Afghanistan, le Yémen et la Somalie, comme on peut le lire dans beaucoup d’articles américains.

Il y a eu 70 morts en Ukraine lors des dernières contestations à Kiev. Au Pakistan, les Etats-Unis ont été beaucoup plus meurtriers, conduisant à la mort « entre 2.000 et 4.700 personnes, essentiellement des militants mais aussi des centaines de civils, selon différentes évaluations« . Est-ce que cela ne devrait pas faire réagir l’Union Européenne, de la même manière qu’on se mobilise pour dénoncer la violence et la répression en Ukraine? Il semble que les Etats-Unis ont pu assassiner librement et en toute impunité des populations et des civils au Pakistan pendant toutes ces années, sans même qu’aucun dirigeant européen ne se lève pour demander l’arrêt des violences.

Mais l’Ukraine n’est pas le Pakistan. Pour défendre les populations terrorisées par les drones, il en faut apparemment plus pour faire réagir les gouvernements en Europe. Les civils peuvent se faire tuer, sans que personne ne réagisse. L’allié américain est intouchable: il ne commet donc aucune erreur et on lui donne le droit de tuer? L’Irak, l’Afghanistan, le Pakistan, la Libye et la Syrie, etc — des guerres et des conflits au nom de la lutte anti-terroriste, au nom de la démocratie, ou pour les intérêts économiques de l’Occident, où la violence n’a pourtant pas été autant dénoncée que ce qui arrive aujourd’hui en Ukraine.

Y compris en Ukraine, les Etats-Unis et l’UE ne sont pas seulement préoccupés par la démocratie, mais par un intérêt économique et géostratégique: « renforcer l’OTAN par l’intégration d’un nouveau pays (le plus grand d’Europe), affaiblir la Russie en l’isolant diplomatiquement et s’approprier un marché jugé trop protectionniste en créant un «climat d’investissement favorable aux entreprises étrangères»« . Un jour viendra peut-être où l’Union Européenne sera un peu plus indépendante dans ses avis et osera critiquer les Etats-Unis pour ce qu’ils sont, notamment quand ils ne respectent pas les droits de l’homme, que ce soient la vie des civils pakistanais bombardés par les drones, les droits des prisonniers de Guantanamo, ou les droits à la liberté d’expression des lanceurs d’alerte qui subissent aussi une répression de la part du gouvernement américain.

En attendant, j’aurais aimé que ces mots parlant de l’Ukraine aient pu aussi être prononcés pour le Pakistan, si l’UE avait eu le courage de s’opposer à Obama face aux attaques meurtrières des drones:

« A la lumière de la dégradation de la situation, l’UE (a décidé) en urgence de mesures ciblées contre les responsables de ces violences et de l’usage de la force excessive »

Si seulement ces mots avaient pu être prononcés contre les attaques de drones au Pakistan, peut-être que les Etats-Unis et leur président Barack Obama auraient pris la mesure de leur erreur et des atteintes graves aux droits de l’homme qu’ils ont fait subir à la population. Mais que l’UE prenne des sanctions contre Obama, cela relève encore de la fiction.

On ne peut que se réjouir cependant de voir que le Pakistan a demandé récemment l’arrêt définitif des attaques de drones américains. Malheureusement, les Etats-Unis envisagent de continuer leurs frappes en installant des bases de drones dans d’autres pays et de continuer à cibler des individus de manière illégale. Que fera l’UE contre ça? Sans doute, rien.

Sotchi, la sexualité et l’Empire – par Maximilian Forte

« Seulement quand c’est en Russie »

ZeroAnthropology.net, 23 janvier 2014

Quand eurent lieu les derniers Jeux Olympiques modernes qui ont ouvertement approuvé les droits des homosexuels? Quand ont eu lieu ces Jeux Olympiques? Une réponse courte est: jamais, nulle part. Cependant, tout à coup, les questions des droits des homosexuels comptent lorsqu’il s’agit de décider de participer aux Jeux Olympiques. Sotchi, pour des raisons qui ne sont pas tout à fait mystérieuses, se distingue désormais comme tenant d’une exception, alors qu’ils sont dans une nation qui n’a pas facilité avec douceur que ce soient les plans d’expansion de l’UE ou les plans américains pour le contrôle politique de l’ensemble de la planète, en particulier lorsque cela implique soit une intervention militaire contre les alliés russes, ou une critique inappropriée et insensible sur des questions d’aspect commode qui ouvriraient la porte à une plus grande normalisation mondiale sous la domination américaine, affaiblissant ainsi les États adverses. Le fait de protester contre les Jeux Olympiques de Sotchi concerne beaucoup moins les « droits des homosexuels », que la question de l’instrumentalisation des questions d’identité qui causent la division pour servir les objectifs géopolitiques des États-Unis et de l’UE. Ceci explique ainsi, selon une ironie riche autrement exceptionnelle, que le président français François Hollande et le commissaire européen à la Justice, entre autres, refusent de participer aux Jeux olympiques « tant que les minorités sont traitées de la façon dont elles le sont sous la législation russe actuelle », – sans même sourciller à la discrimination contre les musulmans en France et d’autres Etats membres de l’UE (aussi ici et ici). Les seuls sports qui souffriront de l’absence de ces caractères de l’UE sont susceptibles d’être le slalom spécieux, la duplicité synchronisée, et le déviation oblique de vitesse.

Lire la suite: http://zeroanthropology.net/2014/01/23/sochi-sexuality-and-empire/

Affaire Prism: les représentants de la DGSE et de la DCRI ont refusé de participer aux audiences du Parlement Européen

20130917PHT20118_original_Libe_InquiryUn récent document révèle que les représentants des services secrets français, la DGSE et la DCRI, « ont refusé d’être auditionnés par la #EPInquiry du Parlement européen », comme le souligne sur son compte Twitter, Félix Tréguer, un membre fondateur de l’association La Quadrature du Net.

Aux pages 51-52 de ce document, on peut en effet lire la liste entière des personnalités ayant refusé de participer à l’audition de la Commission LIBE, ou n’ayant tout simplement pas répondu à l’appel du Parlement Européen.

ANNEXE III: LISTE DES EXPERTS qui ont refusé de participer aux audiences publiques de l’enquête de la LIBE.

1. Les experts qui ont refusé l’invitation du président de la LIBE

États-Unis
M. Keith Alexander, général de l’armée américaine, directeur de la NSA[1]
[1]:Le Rapporteur a rencontré M. Alexander avec le Président [Elmar] Brok et la sénatrice Feinstein à Washington, le 29 octobre 2013.
•M. Robert S. Litt, avocat général, Bureau du Directeur du renseignement national[2]
[2]:La délégation de la commission LIBE a rencontré M. Litt à Washington, le 29 octobre 2013.
•M. Robert A. Wood, Chargé d’affaires, Représentant des États-Unis auprès de l’Union Européenne

Royaume-Uni
Sir Iain Lobban, directeur du Siège des Communications du Gouvernement [GCHQ] du Royaume-Uni

France
M. Bajolet, Directeur Général de la Sécurité Extérieure [DGSE], France
M. Calvar, Directeur Central de la Sécurité Intérieure [DCRI], France

Pays-Bas
M. Ronald Plasterk, ministre de l’Intérieur et des Relations du Royaume, Pays-Bas
M. Ivo Opstelten, ministre de la Sécurité et de la Justice, Pays-Bas

Pologne
M. Dariusz Łuczak, directeur de l’Agence de sécurité intérieure de la Pologne
M. Maciej Hunia, directeur de l’Agence du Renseignement étranger de la Pologne

Sociétés privées IT
•Tekedra N. Mawakana, Directeur Global de la Politique Publique et Conseiller Général Adjoint, Yahoo
•Dr Saskia Horsch, cadre supérieur des politiques publiques, Amazon

Les entreprises de télécommunication de l’UE
•Mme Doutriaux, Orange
•M. Larry Stone, Président du Groupe Affaires du Public et du Gouvernement de British Telecom, Royaume-Uni
•Telekom, Allemagne
•Vodafone

2. Les experts qui n’ont pas répondu à l’invitation du président de la commission LIBE

Allemagne
M. Gerhard Schindler, responsable du renseignement extérieur [BND]

Pays-Bas
Mme Berndsen-Jansen, Présidente de la Commission de la Chambre fixe pour les Affaires Intérieures, Deuxième Chambre des Etats généraux
M. Rob Bertholee, Directeur du Service général de renseignement et de sécurité (AIVD)

Suède
M. Ingvar Åkesson, Institut national de défense radio (Försvarets Radioanstalt, FRA)

Source: https://twitter.com/FelixTreguer/status/421186693736054784

PDF: http://statewatch.org/news/2014/jan/ep-draft-nsa-surveillance-report.pdf

La mort de Yasser Arafat a-t-elle été une « opportunité politique » pour l’Occident?

Yasser ArafatAlors que dix ans après, la thèse de l’empoisonnement de Yasser Arafat n’a toujours pas été officiellement reconnue et qu’il sera maintenant impossible d’aller plus loin dans l’enquête sur la mort du leader palestinien, à cause du « laps de temps limite pour déceler des traces de polonium » qui est maintenant écoulé, comme le précise le journal Le Monde, et même si Al Jazeera avait pourtant publié le rapport suisse (108 pages, PDF) confirmant des traces de polonium, et bien que les médecins français à l’époque aient eu du mal à expliquer « la cause d’une détérioration soudaine » de la santé d’Arafat, il reste néanmoins les câbles Wikileaks pour tenter d’y voir un peu plus clair dans les événements et se rendre compte par soi-même s’il y a pu avoir empoisonnement ou pas du leader palestinien Yasser Arafat.

Comme l’ont beaucoup dénoncé les Palestiniens, qui voyaient un complot contre leur dirigeant, un câble Wikileaks laisse supposer – mais sans apporter de preuves concrètes – que la mort de Yasser Arafat a, en effet, pu faciliter un agenda américano-européen pour continuer le processus de paix au Moyen-Orient. Il n’y a pas de preuves d’empoisonnement dans ce câble diplomatique, ni aucune information qui pourrait aller dans ce sens. Mais, loin d’inquiéter les représentants politiques occidentaux, la mort de Yasser Arafat est décrite – en date du 19 novembre 2004, soit 8 jours après son décès – selon les termes de Leena Aalto, correspondante européenne adjointe, au Ministère des Affaires étrangères, à Helsinki, comme « une fenêtre d’opportunité » pour la paix au Moyen-Orient.

Ce genre de réaction est plutôt étonnante, mais cela reflète bien l’esprit qui règne au sein de la sphère politique européenne et occidentale: la mort de Yasser Arafat est perçue comme une « opportunité » pour favoriser de futures négociations au Moyen-Orient, notamment parce que l’Etat d’Israël était opposé à des négociations tant que Yasser Arafat était au pouvoir. Dans un autre câble du 30 décembre 2004, le ministre des Affaires étrangères israélien, Silvan Shalom, juge en effet que « la situation s’est améliorée depuis la mort d’Arafat ». Et on ne s’étonne pas non plus de lire dans un autre câble que Netanyahu qualifie cette période comme un « moment d’opportunité » pour réengager la discussion avec les Palestiniens, en utilisant quasiment la même formulation que Leena Alto. Yasser Arafat est mort le 11 novembre 2004. Quelques semaines avant la mort de Yasser Arafat, la représentante finlandaise Leena Alto participait aussi, les 26 et 27 octobre 2004, à un grand séminaire organisé par la Finlande et appelé « GlobalEurope 2020 », « impliquant près de 450 diplomates de 28 ministères des affaires étrangères européens » et définissant le futur des relations extérieures de l’Union Européenne.

Même si les paroles et l’opinion d’une représentante politique telle que Leena Alto ne sont pas en soi une preuve d’un complot contre Yasser Arafat, on comprend bien aujourd’hui, avec le recul des événements, que si Yasser Arafat a effectivement été empoisonné – et si cela est prouvé un jour -, son assassinat n’aura malheureusement pas favorisé la paix au Moyen-Orient, contrairement à ce que pensaient plusieurs responsables politiques au moment de sa mort en 2004, et le peuple palestinien continue de souffrir tous les jours et d’être chassé de sa terre par l’armée israélienne.

Extrait du document 04HELSINKI1486:

Processus de paix au Moyen-Orient ————————-

2. (C) Aalto a déclaré que la première priorité pour la Finlande était la sécurisation d’un fort soutien de l’UE pour un nouveau processus électoral visant à élire une nouvelle génération de dirigeants palestiniens post-Arafat. Elle a dit que la mort d’Arafat a fourni une « fenêtre d’opportunité » où promouvoir un règlement pacifique de fond en Palestine, et que l’Union européenne et les États-Unis devaient coopérer étroitement pour profiter de cette opportunité. (Remarque: les remarques d’Aalto sur la « fenêtre » étaient presque identiques à celles faites par le ministre des Affaires étrangères Tuomioja le 8 novembre lors d’une réunion avec EUR A / S Jones à Helsinki).

Câbles Wikileaks:

Arafat dans un coma continu, peut-être irréversible: http://www.wikileaks.org/plusd/cables/04PARIS8063_a.html

Stratégie pour novembre du GAERC: http://www.wikileaks.org/plusd/cables/04HELSINKI1486_a.html

Le MAE israélien SHALOM offre une vue prudente sur les élections palestiniennes à CODEL LIEBERMAN/DAYTON: http://www.wikileaks.org/plusd/cables/04TELAVIV6651_a.html

Netanyahu et CODEL LIEBERMAN discutent de la réforme économique, les perspectives pour la paix: http://www.wikileaks.org/plusd/cables/04TELAVIV6632_a.html

Exclusif: Une étude suisse dit que du polonium a été retrouvé dans les os d’Arafat (Al Jazeera): http://america.aljazeera.com/articles/2013/11/6/swiss-study-poloniumfoundinarafatasbones.html

Le rapport suisse sur le décès de Yasser Arafat (PDF): https://s3.amazonaws.com/s3.documentcloud.org/documents/815515/expert-forensics-report-concerning-the-late.pdf

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