Interview avec Julian Assange sur Lateline Australia

Lateline - Interview de Julian Assange

Le fondateur de WikiLeaks a jeté à la poubelle le « soi-disant soutien consulaire » du gouvernement australien durant son séjour à l’intérieur de l’Ambassade équatorienne de Londres.

Ce mois de juin marque l’anniversaire de l’entrée de M. Assange dans l’Ambassade de l’Équateur londonienne, y demandant l’asile politique.

Le lanceur d’alerte australien est responsable de la publication des 700 000 documents diffusés par le soldat américain Bradley Manning, qui a plaidé coupable pour ces fuites de matériel et qui est actuellement en cour martiale aux USA pour aide à l’ennemi.

M. Assange est convaincu qu’il y a un acte d’accusation secret issu d’un grand jury qui l’attend aux USA et redoute l’extradition si le gouvernement britannique le déporte en Suède, où il est confronté à des accusations d’agression sexuelle.

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La banalité du « Ne faites pas le mal » de Google, par Julian Assange

Image – Matt Rota

Par Julian Assange, le 1er juin 2013

« Le Nouvel Âge Digital » est un schéma directeur étonnamment clair et provocateur pour l’impérialisme technocratique, de la main de deux de ses plus ardents marabouts, Eric Schmidt et Jared Cohen, qui construisent une nouvelle définition de la puissance globale des USA au 21ème siècle. Cette définition reflète la fusion toujours plus proche entre le State Department et la Silicon Valley, telle que personnifiée par Eric Schmidt, le directeur exécutif de Google, et M. Cohen, un ancien conseiller de Condoleeza Rice et de Hillary Clinton, aujourd’hui le nouveau patron de Google Ideas.

Les auteurs se sont rencontrés dans le Bagdad occupé de 2009, où le livre fut conçu. Se promenant à travers les ruines, le tandem fut tout excité par l’idée que la technologie consumériste était en train de transformer une société anéantie par l’occupation militaire US. Ils ont décidé que l’industrie de haute technologie pouvait être un outil puissant de la politique étrangère états-unienne.

Le livre fait la propagande du rôle de la technologie dans le remodelage des peuples du monde et de ses nations en ersatz de la superpuissance dominante mondiale, qu’ils veuillent se faire remodeler ou non. La prose est laconique, l’argument sûr de lui et la sagesse – vulgaire. Mais ce n’est pas un livre destiné à être lu. C’est une déclaration majeure destinée à susciter des alliances.

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L’enquête anti-fuites d’Obama (usage interne uniquement – svp ne pas transmettre)

Email-ID 1210665
Date 2010-09-21 21:38:37
From burton@stratfor.com
To secure@stratfor.com
Brennan is behind the witch hunts of investigative journalists learning
information from inside the beltway sources. 

Note -- There is specific tasker from the WH to go after anyone printing
materials negative to the Obama agenda (oh my.)   Even the FBI is
shocked.  The Wonder Boys must be in meltdown mode...
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Des câbles exposent le lobbying gouvernemental US à travers le monde pour Monsanto et d’autres producteurs d’OGM

RT, le 14 mai 2013

Après que des câbles diplomatiques US publiés par WikiLeaks ont démontré que le State Department US faisait du lobbying à travers le monde pour le compte de Monsanto et d’autres entreprises similaires, un nouveau rapport basé sur ces câbles expose le pistonnage de Washington pour l’industrie biotechnologique distinctement et en détail.

Les révélations de WikiLeaks d’août 2011 ont montré que les diplomates états-uniens avaient demandé un financement pour envoyer des lobbyistes professionnels pour l’industrie de la biotechnologie pour entretenir un dialogue avec des politiciens et officiels de l’agriculture dans des « pays cibles » de zones comme l’Afrique ou l’Amérique Latine, où les cultures agricoles transgéniques n’étaient pas encore une réalité, ainsi que dans certains pays européens qui ont résisté à ces pratiques controversées.

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George H.W. Bush et la CIA étaient derrière l’assassinat d’Olof Palme, premier ministre suédois

Par Anders Leopold, le 19 janvier 2013

Le journaliste suédo-états-unien John P. Anderson a étudié pendant onze ans l’assassinat de 1963 de John Fitzgerald Kennedy, ainsi que les méthodes opérationnelles et l’histoire de la CIA. Il pense que le meurtre d’Olof Palme (premier ministre suédois, assassiné en 1986, ndt) était une opération de la CIA.

Sa théorie est que le vice-président US de l’époque George Bush, ex-patron de la CIA, et le patron de la CIA d’alors, William Casey, se sont servis du président Ronald Reagan, en fonction à l’époque, comme outil malgré lui de mise en œuvre de l’opération contre Palme.

La Commission Tower a investigué les opérations du National Security Council à la Maison Blanche. Ceci comprenait le scandale des Contras en Iran, qui a été rendu public en novembre 1986, et par la suite étoffé de jour en jour. La Commission fit la première d’une longue suite d’enquêtes qui, petit  à petit, en dévoilèrent beaucoup plus. Cependant, elles laissèrent le goût de trop peu, comme si beaucoup de choses avaient encore été laissées cachées.

LR (Leopold Report, site source, ndt) a d’ores et déjà commencé une série d’articles qui, étape par étape, révèlent qu’effectivement, le meurtre de Palme était le plus secret des secrets du scandale des Contras iraniens. (Pour plus d’infos – en anglais, suivre ce lien, ndt)

En fonction de ce qui est connu à ce jour, il y a de bonnes raisons d’accroire que le président Reagan ait aussi été maintenu dans l’ignorance de l’existence de l’opération Palme.

Le mobile de l’assassinat était très complexe, et relié aux nombreux domaines sur lesquelles les administrations Reagan et Palme se tenaient sur des trajectoires contraires. L’un de ceux-ci concernait les livraisons illégales par l’entreprise suédoise Bofors d’armements lourds et de munitions à l’Iran (en pleine guerre Iran/Irak – rappel, ndt), élément qui se révéla être partie prenante de l’affaire des Contras. À l’automne 1985, le médiateur de l’ONU pour la paix pour la guerre Iran/Irak et le premier ministre Olof Palme mirent fin aux livraisons après qu’il en eut pris connaissance.

John P. Anderson était l’un des contestataires qui prirent la rue aux USA pendant la guerre du Vietnam. Tout comme nombre d’agents de la CIA qui, sur les bases de leur savoir acquis ont exposé les agissements d’un supposé gouvernement de l’ombre aux USA, Anderson a choisi d’utiliser un nom d’emprunt, pour assurer sa survie.

LR connaît la réelle identité d’Anderson. Contrairement à d’autres médias, nous laissons Anderson exprimer librement ses opinions, comme nous croyons en sa crédibilité. Son travail est basé sur de la documentation qui ne peut pas être publiée sur LR, aux fins de protéger ses sources ainsi que sa sécurité et celle de sa famille aux USA.

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Interview de John Cusack (2ème partie): « Qu’est-ce qu’un ‘Assange’? »

par John Cusack, le 14 janvier 2013

Il y a deux semaines et demie, j’ai eu le plaisir d’aider au lancement de la Freedom of the Press Foundation (Fondation pour la Liberté de la Presse, FPF, ndt), qui vise à promouvoir et aider à financer des organisations de journalisme indépendantes qui rapportent de manière offensive sur des thèmes que le le gouvernement US considère secrets. Vous pouvez lire sur ce sujet ici (et voir le post du co-fondateur de la FPF Daniel Ellsberg ici).

Ci-dessous se trouve la deuxième partie de ma conversation avec Jonathan Turley et Kevin McCabe. Vous pouvez lire la première partie ici.

Nous avions coupé alors que nous parlions de Julian Assange, d’éditeurs de presse et de journalistes – de définitions et de protection constitutionnelle en ce nouvel âge digital – et des zones grises qui semblent artificielles et commodes pour ceux qui sont au pouvoir – avec la réaction grandement passive des médias.

Jonathan Turley (JT): Le gouvernement le traite comme s’il était un hacker. En réalité, beaucoup de personnes insistent qu’il est clair qu’il n’est pas un hacker, qu’il a d’une manière ou d’une autre obtenu ce matériel d’une tierce personne.

John Cusack (JC): – Comme le New York Times obtint d’Ellsberg – il était la tierce personne.

JT: Je pense que s’il est un hacker, c’est difficile de le traiter comme un journaliste. Et il peut être difficile de le traiter comme un lanceur d’alerte.

Kevin McCabe (KM): Un autre élément qui s’y joint – selon ce que j’en comprends – c’est quand il négociait avec le Times, en ce qui concerne ce qui serait rapporté et donc vérifié et validé au travers du New York Times et du Washington Post – il a perdu toute possibilité d’entrer au sein du club, à cause de la manière dont il les approchés.

Apparemment, lorsque le Times a défini des paramètres, Assange est devenu difficile et a insisté sur une approche différente, le Times disait non, ce n’est pas comme ça que nous travaillons et Assange a perdu tout soutien institutionnel s’exprimant, dans la continuité, pour être considéré comme un journaliste parce qu’il ne voulait pas jouer selon ces règles. C’est donc juste une part intéressante de la dynamique, quand tu as dis si finement – c’est sui generis, mais de quoi? Il n’est ni torchon ni serviette, mais il est utile, et remplit un vide et rendant service au public en dévoilant et en rapportant des informations dont tout le monde devrait avoir connaissance.

JC: Donc Jon, sur ce même sujet – si tu me donnes de l’information et je décide de la diffuser sur, disons, Twitter, – et elle atteindra plus d’un million de personnes – suis-je dans la même catégorie qu’Assange – si quelqu’un m’envoie une vidéo d’un crime, et que je crois qu’un crime a été commis? Ai-je un droit ou une obligation morale à exposer la vérité… Et suis-je protégé?

JT: Hé bien, c’est un conflit que nous avons eu dans la communauté des libertés civiques avec le Congrès (aux USA, l’Assemblée+le Sénat, ndt) depuis longtemps. En fait, j’ai témoigné devant le House Intelligence Committee (Comité Parlementaire sur le Renseignement, ndt) il y a des années sur la motion de plusieurs membres de criminaliser la publication d’information classées confidentielles, que vous soyez journaliste ou qui que ce soit d’autre. Ils y incluaient donc tous les journalistes, comme les non-journalistes.

Et ceci avait le soutien des Républicains comme des Démocrates. Les membres du Congrès ont tendance à ne pas aimer les lanceurs d’alerte, ou les journalistes à fortiori, parce qu’ils les attrapent hors-script et quand ils sont le plus vulnérables. Ceci les rend moins contrôlables. J’ai précédemment témoigné devant à la fois des membres Démocrates et Républicains du Congrès au regard d’un mouvement désastreux vers le criminalisation de la publication d’informations dites confidentielles quelle que soit la manière dont vous la recevez.

La question de ta diffusion de la même information sur Twitter est intéressante. Étant donné ton statut, tu atteins en fait plus de personnes que presque tous les journaux quotidiens. Donc tu atteins plus d’un million de personnes avec un seul tweet que la plupart des journaux rêveraient chèrement de pouvoir reproduire.

JC: Nous bloguons et écrivons tous les deux en ligne – comme maintenant –

JT: Alors, nous en arrivons à cette question sérieuse de pourquoi tu n’es pas journaliste mais Chris Matthews l’est. Je veux dire, tu peux sans doute atteindre 100 fois plus de personnes que MSNBC ne le peut en n’importe quelle soirée grâce à ton statut.

JC: Une des grandes idées d’Arianna était de créer ce qu’elle appelle des journalistes citoyens pour participer et faire entendre vos voix, – et des gens ordinaires pourraient s’y associer – tout là-haut avec Hillary Clinton. Et bloguez, et elle rassemblera les informations. Elle a créé cette sorte de révolution à sa manière propre. Mais cela a à voir avec la connectivité et la mise en commun d’infos et l’idée du journaliste citoyen. Alors Assange est-il tout simplement un éditeur citoyen? Cela revient à la même question – quels sont les droits des gens à exposer la vérité? Quelles sont leurs protections?

JT: Je pense que c’est vrai. Et c’est là, je pense, que les médias ont décidé de devenir suspicieusement silencieux. Parce qu’il n’y a pas de doute que la diffusion de ces informations par Assange ressemble au genre d’actions qui ont valu des Pulitzers à des journalistes. Il a rendues publiques des informations qui lui sont parvenues, et des informations qui n’avaient été divulguées nulle part ailleurs, dans aucun forum. Ces informations traitaient directement de tromperie gouvernementale et de crimes potentiels.

Cela avait l’apparence et l’odeur d’une histoire journalistique. Mais ils ne veulent pas le dénommer journaliste.

JC: Et par conséquent, il n’a aucune protection?

JT: En tout cas, c’est ainsi que le gouvernement US s’en charge. Ils ont opté de façon assez transparente de le traiter comme suspect de hacking. Et ils vont le poursuivre sur ces bases. S’ils lui mettent la main dessus, je m’attends à ce qu’ils fassent tout ce qu’ils peuvent pour le garder en prison. Ils ont besoin de le clouer au pilori, ils ont besoin de rendre clair que vous ne pourrez pas vous en tirer si vous embarrassez le gouvernement et divulguez ce genre d’informations. Les administrations Bush et Obama ont toutes deux menacé des journalistes. Ils ne vont pas se retenir avec Assange s’ils ont déjà menacé de poursuivre des reporters.

JC: Comme l’homme a dit une fois – Vous avez droit à la liberté de parole – tant que vous n’êtes pas assez bêtes pour essayer de vous en servir. C’est donc une autre partie du verrouillage croissant sur les libertés civiques et la liberté de parole.

JT: En effet.

Le ministère de la justice (US, ndt) continue donc d’insister que les journalistes et autres qui reçoivent des informations classées confidentielles violent techniquement la loi s’ils savent qu’ils sont en possession d’informations confidentielles et la diffusent publiquement. c’est un vieil argument que nous connaissons depuis Nixon. Il y a une hostilité continuelle à l’encontre de journalistes faisant ce genre de choses. Je pense que c’est ce qui rend Assange une cible si tentante pour le gouvernement. Parce qu’ils savent qu’ils peuvent le poursuivre en justice et que les médias s’interrogent s’ils peuvent le soutenir, ou même essayer de l’expliquer au public.

En fait, la chose ahurissante est qu’après tout ce temps, Assange demeure autant un mystère qu’il l’était au premier mois. La question est pourquoi. Et les médias le traitent vraiment comme le gouvernement. Il n’est pas journaliste, il n’est pas lanceur d’alerte; il est un Assange. Il devient un nom à lui tout seul.

JC: Ouais, c’est vrai.

KM: Ce n’est pas l’un d’entre eux.

Laissez-moi vous poser une question – d’un point de vue légal, le fait que le gouvernement puisse prendre une approche très stricte, très calculée et presque singulière aux fuites, et aux individus qui font les fuites; et pourtant pour leurs objectifs politiques personnels ont rendus routinières des fuites à des diffuseurs qu’ils favorisent, afin de contrôler le message en politique?

JT: Tu as raison, il y a toujours eu cette hypocrisie –

JC: Et après l’autre entourloupe – la grande diversion que nous faisons? Nous commençons à diffuser des peccadilles et/ou des profils de personnalité qui nous font aimer ou mépriser une personne, et nous ne savons jamais vraiment ce qui est réellement factuel – Assange est vaniteux, il est messianique, un prédateur sexuel &c &c – aucun d’entre nous ne sait si c’est vrai ou non; nous n’en avons aucune idée.

JT: Correct.

JC: Mais l’argumentation se tourne alors vers les troubles peut-être feints de personnalité de l’individu, pas aux principes qui sont derrière ou au contenu intrinsèque de ce qu’ils font.

Bradley Manning a exposé des meurtres brutaux d’êtres humains… Daniel Ellsberg, également co-fondateur de la FPF, a même brandi une photo disant « j’étais Bradley Manning » et pourtant j’entends encore – « Ce n’est pas une comparaison valable. » – tout le temps – Pendant que les gouvernements divulguent fréquemment selon leurs propres avantages politiques –

JT: Bien, je pense – il faut vraiment porter des cuissardes pour passer au travers de l’hypocrisie sur ce sujet avec Washington.

Quand je témoignais au House Intelligence Committee, ces membres me sortaient, comme Claude Rains – qu’ils étaient ‘choqués, choqués’ que des gens divulguent des choses à Washington. Certains de ces gens prennent régulièrement leur téléphone pour divulguer des choses gênantes les uns sur les autres. Et c’est considéré comme faisant partie du jeu.

Mais je pense qu’ils partagent un certain désamour pour les journalistes et les lanceurs d’alerte qui le font.

KM: Quel est le standard légal? S’il y avait une dynamique comparable, un scénario comparable, pas Assange, quelqu’un qui se fait accuser d’être un « leaker » (divulgateur d’informations à caractère confidentiel, ndt) ou un hacker, ou une menace aux USA qui ne soit pas un lanceur d’alerte. Et ensuite, il y a une entité gouvernementale qui – soit sur commande ou de sa propre initiative – commence une enquête; d’un point de vue strictement légal, quelle est la protection pour l’individu qui initie l’action,  qu’elle soit bienveillante ou plus vénale; et que vous soyez un officiel du gouvernement ou un citoyen, ou même un non-citoyen – quels sont les standards juridiques pour affirmer – tu peux divulguer, mais toi tu ne peux pas?

Je ne parviens pas à croire que Leon Panetta aie le loisir d’appeler les médias mainstream et de dire – ne rapportez pas cette histoire, en voici une meilleure, et j’ai besoin de ceci, ou je ne sais quoi. Ils le font tout le temps. Mais si quelqu’un d’autre le fait, il peut finir sur la chaise électrique. Je ne capte pas.

JC: Ou les différences sont que puisque Seymour Hersh ne grille pas ses sources, il peut diffuser des informations confidentielles sur des attaques contre l’Iran ou des armes de destruction massives… parce qu’à part l’argument du hacker dont nous ne savons pas s’il est vrai – se reposent-ils sur la méthode par laquelle il est venu à diffuser ces informations? Ou est-ce une surgélation générale dans l’hypocrisie?

JT: Alors, je pense que le problème est le standard juridique. Si vous lisez la loi fédérale, il est bien clair que c’est considéré comme un crime que de posséder des informations classées confidentielles sans avoir une autorisation ou un besoin de détenir ces informations.

KM: Judith Miller fait-elle partie de ce monde, ou est-ce différent?

JT: Hé bien, c’est une chose qui peut être utilisée contre n’importe quel journaliste recevant des informations confidentielles comme les Pentagon Papers. Et le problème est que les tribunaux, particulièrement depuis le tribunal Rehnquist, ont graduellement réduit le privilège journalistique dans ce pays. Il y a une exception au privilège journalistique pour la fraude criminelle, ce qui explique pourquoi des journalistes peuvent être traînés devant des grands jurys ou jetés en prison pour n’avoir pas rendu de témoignage. Ceci n’est pas juste pour des affaires à nature confidentielle mais pour toute affaire criminelle.

JC: Mais cela ne s’applique pas uniformément au gouvernement. Donc quand Rove a divulgué l’identité de Valerie Plame, – hé bien, ils ont eu Scooter Libby, ils en ont donc lâché un.

JT: En fait, il y a beaucoup de ce genre de conflits. Je veux dire, il y avait Sandy Berger, qui aurait placé du matériel confidentiel dans sa chaussette et serait sorti d’un bâtiment sécurisé. Toute autre personne faisant cela aurait probablement été poursuivie, et il –

KM: Et l’a divulgué. Ce n’est pas comme s’il le ramenait chez lui pour mettre dans son album de souvenirs de fac.

JT: Ouais. Il y a beaucoup de ce genre de choses.

Les gens ne se rendent pas compte que l’administration Obama a été, s’il en fut, plus dure envers les lanceurs d’alerte que l’administration Bush. La raison en est en partie qu’ils savent que le bord de ceux qui soutiennent traditionnellement les lanceurs d’alerte se trouve être celui d’Obama. Et donc ils –

JC: Peux-tu un peu plus t’expliquer là-dessus? Je n’ai pas bien compris.

JT: Hé bien, que l’administration Obama, dans le domaine des lanceurs d’alerte, a rpsi exactement la même position que celle qu’ils ont adoptée sur les libertés civiques. c’est-à -dire, ils sont pleinement conscients –

JC: Institutionnalisant l’agenda de Bush, l’expansion massive du pouvoir de l’exécutif…

JT: Mais ils en ont plus que la capacité pour le faire, car ils savent qu’ils démarrent en divisant l’habituelle –

JC: Opposition.

JT: – communauté, oui –

JC: Compris.

JT: – qui soutient les lanceurs d’alerte. Et c’est la même chose avec les libertés civiques – ils savent qu’au moins la moitié des gens qui soutiennent d’habitude les lanceurs d’alerte ne diront rien si l’assaut vient du président Obama. Et cela fait partie de ce culte de la personnalité qui a saisi tant de gauchistes et Démocrates et progressistes.

JC: Ouais. Nous le voyons tous les jours.

JT: Mais la répression contre les lanceurs d’alerte est un exemple d’une réaction assez tiède. L’administration Obama est partie le mors aux dents contre les lanceurs d’alerte. Ils ont témoigné très peu de sympathie ou de retenue. Mais il y en eu très peu de couverture médiatique. Vous savez, j’avais pensé que la Convention Démocrate était révélatrice, quand vous compariez la platreforme entre 2008 et 2012. Des pans entiers des libertés civiques ont disparu entre ces deux conventions. Et même s’il est vrai que ces conventions sont plutôt vides de contenu, le refus de ne faire que mentionner le soutien de certains des principes de sa campagne de réélection a été vraiment frappant, depuis la détention indéfinie à la torture.

JC: Je sais.

JT: En fait, cela s’est évaporé. La même chose avec les écoutes sans mandat – les meurtres par drones – même des États-Uniens tués sans même un argument juridique cohérent ou –

JC: Mais il était sur « Jon Stewart » (un talk-show US, ndt), et il a bien dit que tuer des États-Uniens n’est pas optimal,

JT: Oui.

(Rires)

JC: – c’est un peu comme une reconnaissance de loin de certaines des affaires d’état louches et sales.

JT: Oui. C’est comme sortir sa décapotable par temps de pluie. Ce n’est pas optimal.

JC: Non, pas optimal. Parfois vous avez juste besoin de garder des gens en prison sans procès et de les assassiner. Mais c’est pas optimal.

JT: Cela montre vraiment la fascination qu’a cette administration pour les drones. Peu de gens savent que le président Obama s’est servi d’attaques de drones beaucoup plus de fois que Bush ne l’a jamais fait. Obama est hors catégorie en termes d’attaques de drones.

JC: – et ces actes de guerre, sur des nations souveraines, et des innocents se font tuer, pas vrai? Mais nous les appelons des terroristes suspectés, et les massacrons. En réalité nous ne savons pas qui ils sont – ou qui nous tuons – ou pourquoi.

JT: Ouais, c’est encore un autre exemple de ce genre de sens nuancé que nous trouvons chez l’administration Obama – qu’est-ce qu’une attaque de drone? Une attaque de drone est un assassinat. C’est cibler un individu pour le tuer.

JC: Cela devrait être souligné en sang – Comme tu a dit, ton droit à procédure te sert quand ta voiture explose –

C’est intéressant, parce que c’est comme un parallèle tordu de ce qu’est un Assange – qu’est-ce qu’un journaliste? Tout ce malaise profond – les gens ne semblent tout simplement pas vouloir le reconnaître et ce n’est même pas vraiment défendu – juste ignoré comme par routine – ce n’est pas juste que les excès de l’administration Bush n’ont pas été corrigés – il y a une escalade d’écoutes sans mandat, une escalade de drones, une escalade d’intimidation des lanceurs d’alerte. Ces choses augmentent exponentiellement. Est-ce que c’est un commentaire correct?

JT: Non, il est absolument juste. Mais ces leaders Démocrates ont grandement abandonné les libertés civiques. Ils livreront encore des envolées de rhétorique au sujet des libertés civiques. Mais ce sont quelques-unes des mêmes personnes pendant l’administration Bush qui apprirent des choses telles que les programmes de torture. Certains étaient les mêmes qui bloquèrent toute enquête parlementaire de ces programmes.

Ils sont donc lourdement investis dans ce système national de sécurité que nous avons. Et cela ne va pas changer simplement parce qu’Obama est dans son deuxième mandat. Le Congrès est toujours lourdement divisé. Ces politiciens vont tourner le regard vers les prochaines élections dans deux ans, et Obama aussi. Et ils vont poursuivre la même approche et le même script pour ce qui est des libertés civiques. Ils vont continuer à donner à la clique de la sécurité nationale tout ce qu’ils veulent.

JC: C’est tellement bizarre, parce que même quand nous parlons de libertés civiques, cela semble être un thème très marginal – un peu kitsch, un peu comme ce que font les collectionneurs de petites babioles. j’aime mes petites boîtes chinoises, j’aime ma liberté civique.

Ce que je ne comprends pas c’est – et c’est pourquoi je pense que c’est peut-être juste du racisme – peut-être parce que ce n’est encore arrivé à personne que nous connaissions, seulement ces Arabes ou personnes à la peau brune de pays ratés. Tant pis pour eux… Ce n’est pas grave s’ils peuvent jeter Bradley Manning en prison. Pas grave s’ils peuvent jeter n’importe quel Arabe en taule ou les assassiner, ou leurs familles à un mariage – Si le gouvernement peut simplement dire – nous soupçonnons cette ou ces personnes d’être des terroristes, nous pouvons les pulvériser – les oblitérer de la surface de la planète.

JT: Ou,plus important, tu auras la même division. Les gens ne vont toujours pas sentir qu’ils peuvent s’opposer à Obama, avec les Républicains encore plus barrés à droite.

Et donc tu vas avoir la même dynamique. C’est la même caisse de résonance qui a cours aujourd’hui. Et c’est pourquoi Obama a été si désastreux pour le mouvement des droits civiques. J’ai écrit une colonne il y a quelques années, au sujet de la mort du mouvement des libertés civiques, pour le LA Times. Et elle détaille combien Obama a été dévastateur pour le mouvement. Je ne pense pas que sa réélection aide, mais plutôt gêne la cristallisation d’un mouvement significatif. Il ne va pas prendre.

Je pense qu’il aurait pu prendre si Romney avait été elu, ironiquement. Je pense qu’il aurait pris si McCain avait été élu parce qu’il y aurait eu la sortie de cette figure très centripète, qu’est Barack Obama. Parce que beaucoup de gens ne peuvent pas se battre sur ces sujets de libertés civiques quand ils sont en train de se battre contre cette figure emblématique.

JC: Kevin, comment vois-tu la chose se dérouler, politiquement parlant? Vois-tu des bonnes nouvelles arriver par les tuyaux, ou est-ce que nous avons vraiment juste l’obligation de dire la vérité et de prendre les coups? Ou plutôt de regarder pendant que d’autres le font – en fait…

KM: Je pense que nous avons trop de problèmes en même temps: Un. Le Congrès – qu’il soit Démocrate ou Républicain, le Congrès, à la fois la Chambre (des Représentants, équivalent de l’Assemblée Nationale aux USA, ndt) et le Sénat, sont vendus et payés par « POLITIQUE/GOUV. Inc » qui les contrôlent. Les commerciaux, consultants/lobbyistes/leveurs de fonds/opérateurs – ils mènent la danse à Washington, DC maintenant. Vous avez donc très peu d’ouvertures pour quoi que ce soit de créatif, pour toute alternative, toute solution et le public globalement recherche des solutions.

Deux, Jon parle d’un point très important auquel je n’avais pas encore pensé.. Le fait est qu’il n’y a pas de partage 50/50. Il y a une sorte de partage différent. Et la raison pour laquelle Obama n’a pas été aussi bon qu’il l’aurait pu, c’est qu’il lui en est donné le pouvoir. Et tous les jours, il y a ce pouvoir – cette influence – qui est donné à des gens qui ont peur d’être considérés comme déloyaux -ooh, ne dites pas ça, vous ne pouvez dire ça, vous ne pouvez pas. C’est notre homme.

En fait, la réalité de l’histoire est que, politiquement, si tu n’as pas tes suporters te poussant vers un agenda, te poussant à t’améliorer, te poussant vers de nouvelles hauteurs… tu laisses tout à l’égo – ou à l’ego d’Obama, ou à sa vanité, son narcissisme, le nom que tu veux lui donner – nous n’en bénéficierons pas. Les gens globalement n’en bénéficieront pas, c’est à propos de lui, pas du peuple.

Il y a donc, je crois, cet octroi en silence de pouvoir, d’influence, involontaire ou tout à fait voulu en lui accordant un sauf-conduit. Et ce n’est pas juste les libertés civiques.

Ce qui m’effraie le plus c’est que tellement de gens qui sont sur les côtés de la route, qui devraient être activés – motivés et activés mour faire quelque chose, prennent tout pour acquis.

JC: Je vais bientôt voir Assange et revenir en parler…

Source: http://www.huffingtonpost.com/john-cusack/what-is-an-assange-part-2_b_2402236.html

Lire la 1ère partie de l’interview: https://wikileaksactu.wordpress.com/2013/01/06/interview-de-john-cusack-quest-ce-quun-assange/

Traduit depuis le web par Will Summer

La Commission Européenne autorise le blocus de WikiLeaks, malgré les voeux du Parlement Européen

mardi 27 novembre, 1300 GMT

Des documents de la Commission Européenne, rendus publics aujourd’hui par WikiLeaks démontrent que des politiciens US, issus de la droite dure, ont directement été les instigateurs du blocus extra-judiciaire contre WikiLeaks. Dans ces documents lourdement rédigés, MasterCard Europe reconnaît que le sénateur Joseph Lieberman et le représentant (député, ndt) Peter T. King ont tous deux eu des « conversations » avec MasterCard aux USA. Lieberman, alors président du Senate Intelligence Committee (Comité Sénatorial sur le Renseignement, ndt), s’est vanté d’avoir été à l’origine de la coupure de service à WikiLeaks par Amazon – une action condamnée par le Conseil des Ministres du Conseil de l’Europe le 7 décembre 2011.

Le sénateur Lieberman a essayé d’introduire la loi SHIELD au sénat US et plaidé pour l’engagement de poursuites judiciaires à l’encontre du New York Times pour espionnage, en relation avec les publications de WikiLeaks. Le représentant Peter King, président du House Homeland Security Committee (Comité Parlementaire sur la Sécurité Intérieure, ndt), a tenté  d’obtenir la désignation officielle de WikiLeaks en tant qu’organisation terroriste étrangère, d’avoir son personnel listé comme « combattants ennemis », et que WikiLeaks soit inscrite sur la liste noire du Trésor Américain (US Treasury ,ministère des finances US, ndt). Le 13 janvier 2011 le ministère des finances US annonça qu’il n’en ferait rien parce qu’il n’y avait aucune preuve pour que WikiLeaks se retrouve sur une telle liste. Alors que Lieberman et King ont échoué dans ces méthodes visant à couper WikiLeaks de sa base populaire de donateurs, ils ont réussi à le faire de façon extra-légale via VISA et MasterCard, qui ensemble détiennent un monopole à hauteur de 97% sur le marché des paiements par carte dans l’Union Européenne.

VISA Europe est enregistrée à Londres et est détenue par un consortium de banques européennes. MasterCard Europe est enregistrée en Belgique et est d’une propriété analogue, mais les documents de la Commission démontrent que le contrôle européen sur VISA Europe et MasterCard Europe n’est qu’une fiction. Les documents révèlent que les instructions pour bloquer les opérations de WikiLeaks en Europe sont venues directement de VISA et MasterCard aux USA. La propriété devrait induire le contrôle, mais VISA et MasterCard Europe sont essentiellement contrôlées par des contrats confidentiels avec leurs homologues US, une structure d’organisation cachée que la Commission appelle une « association d’engagements ».

Mardi 19 novembre 2012, le Parlement Européen a fait un pas important vers la sauvegarde de la souveraineté économique de tou(te)s les Européen(ne)s. Dans l’article 32 de sa résolution, le Parlement Européen a exprimé la volonté que la Commission prenne les mesures adéquates pour empêcher le rejet arbitraire de paiements par compagnies de cartes de crédit, qui étranglent économiquement des entreprises et des organisations, notamment la nôtre (WikiLeaks, ndt). La résolution est un pas important franchi vers la fin du blocus Lieberman/King, qui a balayé 95% des revenus de WikiLeaks. Le blocus Lieberman/King a été directement condamné par, entre autres, le Rapporteur Spécial de l’ONU sur la Liberté d’Expression et par le Conseil Éditorial du New York Times. Le blocus est une infraction directe du droit inscrit dans l’article 19 sur la liberté de recevoir et de partager l’information, et menace toutes les organisations financées par donations, ainsi que la liberté de la presse.

Il est par conséquent surprenant que la Commission Européenne prenne la position contraire à sa décision préliminaire, en n’ouvrant pas d’enquête formelle sur les violations commises par VISA, MasterCard et AmEx contre DataCell, l’entreprise qui a collecté les dons au projet WikiLeaks jusqu’à l’imposition du blocus en 2010. La décision préliminaire de la Commission, qui tient en 16 pages, a été annoncée après 15 mois de délibérations. Le temps d’attente « usuel » est de quatre mois. Hier, DataCell et WikiLeaks ont fourni des réponses contradictoires détaillées à la décision préliminaire de la Commission.

De par les documents rendus publics (par WikiLeaks, ndt), nous apprenons que VISA et MasterCard se sont servis d’une fausse déclaration de premier ministre australien, Julia Gillard, afin de tromper la Commission Européenne. La déclaration du premier ministre, qu’elle affirma ensuite avoir faite en sa « capacité personnelle et privée », était que la publication par WikiLeaks de câbles diplomatiques était « illégale ». Ceci fut déclaré faux par une enquête ultérieure de la police fédérale australienne, qui a affirmé que WikiLeaks n’avait enfreint aucune loi australienne. Plus tôt cette année, le sénat australien a passé une résolution réclamant le retrait de la fausse déclaration du premier ministre australien.

Les documents rendus publics révèlent la position politique de MasterCard concernant notre exposition des crimes et des horreurs des campagnes militaires: « Il est évident que toute affiliation avec une organisation causant du tort (sic, ndt) aux intérêts nationaux de plusieurs nations engagées dans les conflits en Afghanistan et en Irak… sera extrêmement préjudiciable à la perception publique de MasterCard ».

Julian Assange a dit:

« Il n’y a pas de souveraineté sans souveraineté économique. Il est préoccupant que des entités d’extrême-droite aux Etats-Unis aient pu faire pression sur VISA et sur MasterCard, qui ensemble détiennent un monopole sur le marché européen, aux fins d’implémenter un blocus que le Trésor Américain (US Treasury) avait à bon droit rejeté. Ces éléments irresponsables interfèrent directement avec les libertés politiques et économiques des citoyen(ne)s de l’Union Européenne et instaurent un précédent pour la censure politique des médias du monde entier. »

WikiLeaks continuera de combattre le blocus, malgré ses ressources limitées, parce qu’elle se bat pour sa survie. Déjà, il y a eu des victoires. En juin 2012 WikiLeaks a remporté sa première victoire lors d’un procès en Islande contre le blocus Lieberman/King. Le mois dernier WikiLeaks a ouvert un nouveau front en faisant enregistrer une plainte, avec son partenaire DataCell, contre Teller A/S (VISA Danemark).

NOTE

Le mouvement au Parlement Européen et dans le reste de l’Europe est de soutenir les droits de publication de WikiLeaks. La fondation allemande Wau Holland Stiflung (WHS), qui a collecté les dons à WikiLeaks via PayPal, a vu son compte de donations être arbitrairement clos. Le statut hors-imposition de la fondation a également été contesté, en résultat d’une interférence politique qui a été exposée ce mois-ci dans Der Spiegel (« Taxant la Transparence »). Hier, WHS a déclaré que, après presque deux ans de négociations avec les autorités fiscales allemandes, son statut hors-imposition (comme œuvre de charité) a été rétabli. Les citoyen(ne)s de tous les états membres de l’Union Européenne pourront désormais faire des dons à WikiLeaks en faveur de ses opérations à travers WHS, et déduire le montant du don du calcul de leur impôt sur le revenu.

Informations complémentaires

Rapporteur Spécial de l’ONU sur le Droit à la Liberté d’Opinion et d’Expression: http://www.oas.org/en/iachr/expression/showarticle.asp?artID=829&lID=1

Conseil de l’Europe – Déclaration sur les fournisseurs d’accès en ligne: https://wcd.coe.int/ViewDoc.jsp?id=1883671&Site=CM

Le Commentaire de The Guardian est libre (23 novembre 2012) par Glenn Greenwald: http://www.guardian.co.uk/commentisfree/2012/nov/23/anonymous-trial-wikileaks-internet-freedom

Vidéo: Les USA réclament l’assassinat de Julian Assange – http://youtube.com/watch?v=ZuQW0US2sJw

Citations des soumissions documentaires de VISA et de MasterCard à la Commission Européenne

La réponse de VISA à la Banque Centrale Européenne:

> Comme vous le savez sans doute, dans certaines juridictions, diverses parties prenantes ont demandé si WikiLeaks, eu égard à une partie du matériel qu’elle publie, ne commet pas d’acte criminel. Nos Règlements d’Opérations prohibent l’usage du système VISA à des fins illégales, que ce soit dans la juridiction du marchand (ici l’Islande) ou la juridiction du détenteur de carte (qui peut être n’importe où sur la planète). Il est possible que des activités étant permises dans une juridiction soient illégales dans d’autres. Par conséquent, l’application de la position correspondante sous les Règlements d’Opérations ne dépend pas forcément uniquement de la loi islandaise.

> Cette position est appropriée et proportionnée, vue la conduite illégale présumée de WikiLeaks qui, parmi d’autres matériaux sensibles, a publié en 2010 et refuse de retourner de grandes quantités de matériel volé dans des bases de données confidentielles militaires US. De plus, selon la couverture médiatique récente, il apparaît que les fuites d’informations sensibles se poursuivent.

Les arguments de MasterCard à la Commission Européenne:

> MasterCard ne possède pas de position dominante collective avec VISA… Il est aussi bon de noter ici que MasterCard ne constitue pas une « commodité essentielle », et n’est donc sous aucune obligation de fournir ses services à quelque engagement particulier.

 Il est évident qu’une quelconque affiliation avec une organisation causant du tort aux intérêts nationaux de plusieurs nations engagées dans les conflits en Afghanistan et en Irak, et mettant éventuellement et inutilement des vies en danger, sera dommageable à la perception publique de MasterCard et par conséquent nuira à la bienveillance envers MasterCard ou ses marques déposées.

> À titre d’exemple, en 2004 MasterCard a requis de l’acquéreur néerlandais, alors « Interpay Nederlands B.V. » (maintenant « Paysquare ») la suspension de l’acquisition de services aux marchands opérant des sites web offrant accès à du matériel pornographique incluant l’exhibition d’actes sexuels avec des animaux (« contenu zoophile »).

> … avant de prendre sa décision, MasterCard Incorporated n’a eu aucun contact avec des autorités publiques, et n’a donc pas agi sur requête de quelque autorité publique que ce soit.

> MasterCard Incorporated a eu plusieurs conversations avec le FBI, l’US Treasury et le Department of Homeland Security (DHS, Ministère de la Sécurité Intérieure US, ndt) au sujet de la possibilité de telles attaques de déni de service (DDoS, ndt).

> MasterCard Incorporated a eu des conversations avec certains membres du Congrès (US, ndt) (c’est-à-dire les équipes des présidents Lieberman et King [présidents de la chambre et du sénat pour la sécurité intérieure]).

Parlement Européen – sur les paiements par carte, internet et smartphone

 Vers un marché européen intégré pour les paiements par carte, internet et smartphone – le 20 novembre 2012

Le Parlement Européen a voté que la Commission introduise une législation déterminant quand les compagnies de cartes de crédit peuvent refuser les paiements:

> Art. 32. Considère probable qu’il y aura un nombre croissant d’entreprises européennes dont les activités sont effectivement dépendantes de leur capacité à accepter les paiements par carte de crédit; considère dans l’intérêt général du public de définir des règles objectives décrivant les circonstances dans et les procédures par lesquelles les filières de paiement par carte de crédit peuvent unilatéralement refuser cette acceptation;

Dans son intervention, l’euro-député suédois Christian Engström a expliqué:

> Un autre exemple est quand VISA, MasterCard et Paypal ont bloqué les paiements vers WikiLeaks. Il n’y avait aucune base légale et [il] devrait être perçu comme les trois entreprises ayant aidé le gouvernement US à taire une voix dérangeante. Il est inacceptable que des corporations privées aient le pouvoir de [contrôler] la liberté de parole.

Source: WikiLeaks Press Release http://wikileaks.org/European-Commission-enabling.html

Traduit par willsummer et par Irien sur le forum WikiLeaks http://www.wikileaks-forum.com/index.php/topic,16292.msg42547.html

Révélation : Canberra a partagé des renseignements sur Assange avec Washington pendant deux ans

Julian Assange / Photo AP

Par Philip Dorling, le 18 octobre 2012

L’éditeur de WikiLeaks a aussi fait l’objet de rapports de renseignements australiens depuis Washington peu de temps avant qu’il ne cherche l’asile politique à l’Ambassade londonienne de l’Equateur.

Dans une décision hier tenant à la liberté de l’information, les Affaires Etrangères ont confirmé à Fairfax Media l’existence d’un rapport de renseignement concernant WikiLeaks et M. Assange, câblé à Canberra depuis l’Ambassade australienne à Washington, le 1er juin.

M. Assange, qui était en échec dans son combat juridique pour éviter l’extradition du Royaume-Uni vers la Suède pour y répondre à un interrogatoire portant sur des accusations d’agression sexuelle, chercha l’asile politique à l’Ambassade équatorienne de Londres 18 jours plus tard.

Le ministère a également confirmé que les échanges de renseignements entre l’Australie et les USA autour de WikiLeaks remontent à plus de deux ans, en révélant l’existence de deux rapports de renseignement envoyés depuis Washington vers Canberra les 4 et 25 août 2010, dans les suites immédiates de la publication par le site de lanceurs d’alerte de rapports militaires US secrets sur la guerre en Afghanistan.

Les câbles diplomatiques secrets, à Washington, n’ont pas été publiés parce qu’ils sont des « documents d’agence de renseignements », et par conséquent exempts de divulgation sous les lois de liberté de l’information.

Toutes les agences de renseignements australiennes sont représentées à l’Ambassade de Washington et sont en liaison étroite avec leurs homologues US.

Un câble diplomatique australien récemment publiédémontre que l’Ambassade de Washington a bel et bien reçu des informations confidentielles concernant l’implication du FBI dans des enquêtes ciblant WikiLeaks aussi tôt que le 29 ou le 30 juillet 2010

Toutefois les détails de cet échange oint été édités par le Ministère des Affaires Etrangères pour la raison que la divulgation « d’évaluations ou de commentaires de la part d’officiels étrangers » nuirait aux relations internationales de l’Australie.

D’autres câbles diplomatiques australiens publiés précédemment à Fairfax Media révèlent qu’en décembre 2010 l’Ambassade confirmait que le Ministère de la Justice US menait une « enquête active et vigoureuse pour voir si Julian Assange pouvait être accusé selon la loi US, très probablement l’Espionage Act de 1917. »

Des officiels US ont dit à l’Ambassade que « l’affaire WikiLeaks est sans précédent, à la fois dans son étendue et dans sa nature. »

Dans un autre document publié par les Affaires Etrangères (australiennes, ndt), l’ancien ministre des Affaires Etrangères Kevin Rudd écrivait le 15 novembre 2011, qu’il cherchait l’opinion de l’ancien ministre de la Justice Robert McClelland sur des rapports selon lesquels « la meilleure voie vers une accusation réussie serait de démontrer que M. Assange avait agi comme co-conjuré – sollicitant, encourageant ou assistant Bradley Manning (le soldat US qui a divulgué les « War Logs », ndt), pour obtenir et ensuite fournir les documents. »

Le ministre des Affaires Etrangères (actuel, ndt) Bob Carr a systématiquement nié toute connaissance d’une quelconque intention de Washington de porter une accusation à l’encontre de M. Assange, affirmant en juin : « Je n’ai reçu aucun indice qu’ils aient le projet de l’extrader vers les USA… Je m’attendrais plutôt à ce que les USA ne veuillent pas y toucher. »

La dernière divulgation d’information faite à Fairfax Media montre que des diplomates australiens ont continué à assister et commenter en détail les procédures d’avant-procès auxquelles est soumis Bradley Manning qui est confronté à 22 charges différentes en relation à la divulgation présumée à WikiLeaks d’informations confidentielles et, de par ces divulgations, d’avoir « aidé l’ennemi », une accusation pouvant déboucher sur une peine de réclusion à perpétuité.

Le 20 juin, l’Ambassade de Washington a rapporté l’échec de l’équipe de défense de Manning à obtenir l’accès aux minutes du grand jury fédéral US présumé engagé dans l’enquête du ministère de la Justice pour espionnage et délits associés en relation avec l’obtention par WikiLeaks de documents classés confidentiels.

Cependant des informations connexes « sensibles » du rapport de l’Ambassade ont été éditées, une fois de plus sous prétexte que leur divulgation publique nuirait aux relations de l’Australie avec les USA.

Le président de l’Equateur Rafael Correa a accordé l’asile politique à M. Assange le 16 août, affirmant que si M. Assange était extradé en Suède il courrait le risque d’une extradition supplémentaire aux USA pour y répondre d’accusations d’espionnage ou de conspiration.

Des discussions entre le ministre britannique des Affaires Etrangères William Haig et son homologue équatorien Ricardo Patino, à New York le 27 septembre, n’ont pas permis de briser l’impasse diplomatique et juridique autour du statut de M. Assange.

Le gouvernement britannique dit qu’il est légalement tenu d’extrader Assange vers la Suède, et qu’il ne lui permettra pas de quitter l’Ambassade équatorienne pour voyager vers ce pays latino-américain.

Lien vers l’article original : http://www.theage.com.au/opinion/political-news/revealed-canberra-sh

traduit depuis le web par willsummer

Stratfor Files: Révélations sur les affiliations secrètes de la société TrapWire

Email-ID Subject From To Date
12935 STRATFOR in Platts brian.genchur@stratfor.com allstratfor@stratfor.com 2009-06
3466948 Weekly kuykendall@stratfor.com exec@stratfor.com, grant@evolutionstrategies.net, rparker@parker-media.com 2009-08
3474981 Weekly Executive Report burton@stratfor.com exec@stratfor.com 2009-11
3488256 RE: Weekly Executive Report burton@stratfor.com oconnor@stratfor.com, exec@stratfor.com, patrick.boykin@stratfor.com 2009-11

Une documentation récemment découverte concernant le système de surveillance Trapwire suggère que la Cubic Corporation basée à San Diego ait effectivement eu un lien direct avec le programme, malgré leurs tentatives récurrentes de rejeter les allégations quant à leur participation.

Bien que la société Cubic ait déclaré publiquement à plusieurs reprises qu’elle réfutait les allégations selon lesquelles elle aurait été à un moment donné liée directement aux Applications Abraxas, la société localisée en Virginie du Nord est soupçonnée d’avoir produit Trapwire, un billet publié cette semaine sur le blog PrivacySos.org examine les données qui lie les deux entreprises entre elles. La société Cubic a insisté à plusieurs reprises qu’elle n’avait aucun lien avec Trapwire, un système international généralisé de surveillance et de renseignement mis en lumière dans les courriels distribués par WikiLeaks, mais de nouvelles révélations exposent une relation entre les deux sociétés présentée récemment sur un site Web fédéral, en février de l’année dernière.

Comme RT a démêlé la saga Trapwire au début de cette année, des enquêtes à la fois sur la société Cubic et la société Abraxas ont révélé un certain nombre d’associations entre les deux. Dans un communiqué de presse du 13 août 2012, la société Cubic s’exprima sur le sujet et admis qu’elle avait acquis Abraxas Corp en décembre 2010, mais insista, « Abraxas Corporation n’était pas et n’est pas affiliée à Abraxas Applications maintenant connu sous le nom Trapwire, Inc. » La dernière révélation en date discrédite cette affirmation.

PrivacySos a fait savoir qu’un site géré par le US Homeland Security Department’s Federal Emergency Management Agency (FEMA) comprend Trapwire comme produit de vente aux organismes chargés de faire appliquer les lois ainsi qu’aux premiers intervenants. Ce site décrit en détails le contexte et le concept opérationnel du système et les clients de premier plan curieux d’AbraxaxCorp.com peuvent le consulter pour plus d’informations. Lorsque l’on clique un lien vers l’URL, la bannière en haut de la page d’accueil du concepteur décrit Abraxas comme une « Cubic Company ». Sur la page FEMA, l’information sur le produit est décrite comme étant directement fournie par Abraxas Applications.

La page FEMA reconnaît que « La section des produits comprend de l’information sur les produits commercialement disponibles, information téléchargée directement et volontairement par le fabricant » .

Si tel est bien le cas, soit le gouvernement fédéral présente des informations falsifiées sur Trapwire aux clients potentiels, soit le programme a été partiellement supervisé par la compagnie Cubic comme on le soupçonnait déjà. Si la deuxième hypothèse est la bonne, alors la déclaration du 13 août était un pur mensonge.

Dans le communiqué de PrivacySos, publié mardi, la société confirme que la société Cubic exploite des systèmes tarifaires pour les principaux programmes de transfert ainsi qu’Anonymiser, un outil masqué IP décrit par ses publicistes comme « le leader des solutions pour l’anonymat des consommateurs en ligne ».

La société PrivacySOS signale que « Si les faits décrits par le gouvernement sont corrects, la Société Abraxas gérait les ventes du système Trapwire pas plus tard que février 2011, ce qui signifie que Cubic détenait à la fois des informations privées extrêmement sensibles sur des millions de personnes ordinaires et un système de surveillance en réseau vendu aux gouvernements ».

En plus du communiqué de presse qui tente de distancier la société Cubic de Trapwire, l’activiste et fondateur du Projet PM Barrett Brown a téléchargé sur Youtube ce qu’il dit être un appel téléphonique entre lui et Tim Hall, le directeur de la communication à Cubic Corp. Dans le clip, publié le 21 août, M. Hall a nié toute implication de son entreprise avec le Trapwire et a aussi insisté sur le fait que la société Cubic n’a jamais été liée à Ntrepid, une société distincte qui a reçu une valeur de $2.76 millions de la poche des contribuables pour créer des pseudos « marionnettes » Internet afin de diffuser le soutien américain.

Dans le clip, l’homme qu’on affirme être Hall explique : « Il n’y a absolument aucune connexion entre Abraxas Applications et Trapwire ou Ntrepid ». Une recherche sur ces entités a cependant conduit à la découverte des déclarations fiscales de la société Abraxas qui remontent à fin 2011, permettant donc de faire le lien entre les deux sociétés : Trapwire Inc a été enregistré en 2009 par une certaine Margaret A Lee de Virginie, qui a également siégé au conseil d’administration de Ntrepid.

Il est écrit dans le communiqué de PrivacySOS : « Puisque les opérations contractantes de gestion des renseignements et des données du gouvernement sont tellement secrètes et opaques, nous ne saurons peut être jamais ce qui se passe réellement, à savoir si la société Cubic gère des systèmes de transit de données, des soi-disant anonymiseurs IP et des systèmes de surveillance vendus aux gouvernements ». « Cela n’a pas vraiment d’importance étant donné le contexte général. C’est parce que nous en savons plus qu’assez que nous sommes convaincus de la nécessité d’un mouvement de masse en faveur du respect de la vie privée aux États-Unis, que ces connexions soient réelles ou pas.  »

Lien vers l’article original: http://rt.com/usa/news/trapwire-cubic-abraxas-system-525/

Lien sur WikiLeaks.org: http://wikileaks.org/gifiles/releasedate/2012-08-14-00-a-brief-introduction-to-abraxas-trapwire-and.html

traduit via WikiLeaks par Dragonfly84

L’Avocat de Julian Assange: “Un homme innocent persécuté, et des crimes de guerre US impunis”

Interview réalisée le 10 septembre 2012, sur Actualidad RT.

Le Juge Baltasar Garzon, Avocat de Julian Assange

Baltasar Garzón est un habitué de la tension et des conflits inhérents au combat contre les injustices commises par les gouvernements. Dans une interview exclusive à RT (Russia Today), le juriste espagnol a expliqué pourquoi le fondateur de WikiLeaks et lanceur d’alerte Julian Assange “mérite d’être défendu”.

La bataille apparemment intraitable entre l’Équateur et le Royaume-Uni autour de Julian Assange a braqué un projecteur sur le sentier périlleux qu’empruntent les lanceurs d’alerte en exposant les abus de pouvoir des États.

Avec Assange cloîtré à l’intérieur de l’Ambassade équatorienne depuis juin, la décision du petit pays latino-américain d’accorder l’asile politique au fondateur de WikiLeaks est en lourd contraste avec le fait qu’il vive enfermé sous clé comme un fugitif, sous la perpétuelle crainte d’une arrestation.

Au milieu de cette impasse internationale, Garzón a longuement parlé avec la chaîne-soeur de RT, Actualidad RT, de la raison pour laquelle le Royaume-Uni ne faisait que bluffer lorsque les autorités britanniques ont menacé de faire un raid dans l’Ambassade équatorienne, de pourquoi il n’a aucun doute que les USA aient engagé une procédure contre son client, et de l’ironie du fait qu’Assange soit persécuté pour l’exposition de violations flagrantes des Droits de l’Homme, pendant que les auteurs de ces actes criminels restent libres.

Transcription:

RT: Vous avez dit que tout ce qui arrive à Julian Assange est d’une injustice extrême. Pourquoi cela?

Baltasar Garzón:  C’est de l’injustice, parce que les USA mènent une enquête criminelle contre WikiLeaks – ceci n’est que selon quelques sources, malgré tout très fiables. Cette affaire vise surtout Julian Assange, mais d’autres fondateurs de l’organisation sont aussi impliqués. À cet égard, il nous est absolument clair qu’une telle enquête et une telle procédure à l’encontre d’un journaliste qui, en tout et pour tout, ne faisait que son travail, violent la liberté d’expression aux USA, une nation qui s’enorgueillit de toujours défendre la liberté d’expression, une valeur fermement stipulée dans sa Constitution. C’est une grande préoccupation, et essentiellement la raison pour laquelle Julian Assange a décidé de chercher une protection vis-à-vis de la Suède à l’Ambassade équatorienne, parce qu’il savait qu’il pouvait s’en faire extrader vers les USA. C’est tout ce dont il s’agit. Et l’Équateur a pris cette responsabilité, et accordé l’asile diplomatique et politique à Julian Assange. Donc M. Assange et son équipe juridique n’ont pas à justifier cette décision – il a exercé son droit fondamental. Il est clair que l’asile politique fut accordé parce que Julian Assange était confronté à une terrible injustice. Et c’est ce contre quoi nous nous battons actuellement, et nous continuerons à nous battre et prouverons qu’il n’y a pas de raison de poursuivre M. Assange. Par ailleurs, Julian Assange est prêt à livrer sa déclaration, il est prêt à répondre à un interrogatoire en Suède, à se soumettre à d’autres procédures, mais uniquement s’il lui est garanti que cela ne mènera pas vers une affaire encore plus compliquée, où il serait privé de son droit à la liberté de parole et d’information.

Julian Assange (Photo AFP/Carl Court)

RT: Avant de parler de la possibilité de son extradition vers les USA, vous avez dit que Julian Assange n’évite pas l’accusation venant de Suède, mais qu’il évite l’extradition vers les USA. Vous avez aussi souligné que l’affaire suédoise contre Julian Assange ne repose sur rien, et que les accusations portées contre lui ne sont pas très claires. Qu’entendiez-vous par là?

BG: J’entends que, selon les informations dont nous disposons sur cette affaire – le témoignage de Julian Assange et quelques documents sur lesquels nous avons réussi à mettre la main – cette affaire ne repose sur rien. Lorsqu’il est venu au Royaume-Uni et que la Cour n’avait pas encore statué sur la demande d’extradition, Julian Assange affirma aux Procureurs suédois qu’il était parfaitement disposé à coopérer. Il l’avait également dit plus tôt, avant de quitter la Suède; il leur offrit même d’y retourner pour interrogatoire. Et il est toujours prêt à le faire, à la seule différence que désormais il demande au Procureur de venir au Royaume-Uni pour l’interroger. Ce n’est pas un comportement rebelle. D’un autre côté, nous respectons le système judiciaire de la Suède, nous n’avons aucune raison objective de ne pas lui faire confiance, mais nous pensons que leur approche est trop sévère – ils veulent que Julian Assange vienne en Suède pour y être interrogé.

RT: À votre avis, pourquoi la Suède a-t-elle pris cette approche, comme vous dites, sévère? Vous avez dit que vous pouviez accepter leurs termes à une seule condition. Mais y a-t-il un cadre légal pour cela? Comment un pays peut-il garantir qu’il n’extradera pas plus tard une personne vers un autre pays?

BG: Rien n’est impossible. Nous, de notre côté, nous faisons tout ce que nous pouvons. Il y a deux facteurs ici que nous prenons en considération. Premièrement, le Royaume-Uni est juridiquement obligé d’accéder à la demande de la Suède, parce que la Cour Suprême a rendu cette décision. Mais, nous pensons qu’il est aussi de leur devoir de protéger le droit de M. Assange à l’asile politique. Et nous pensons que ce droit à l’asile politique a besoin d’être préservé et, à ce stade, nous pensons qu’il prévaut. Je ne comprends pas pourquoi Julian Assange a besoin d’être présent en personne à cet interrogatoire. C’est là ce qu’ils réclament, mais personne ne peut nous expliquer pourquoi ceci doit avoir lieu en Suède, pas à Londres, surtout maintenant qu’il a reçu l’asile politique et qu’il est sous la protection diplomatique de l’Ambassade équatorienne.

RT: Les garanties doivent être déterminées, donc quelle chance y a-t-il que la Suède, consciente que la peine capitale a encore cours aux USA, extrade Julian Assange?

BG: Nous ne le savons pas. Nous ne savons même pas si la Suède acceptera d’extrader Julian Assange. Il y a une certaine procédure à respecter: quand n’importe quel pays, qui n’administre pas la peine capitale est requis d’extrader une personne, il doit être certifié par le pays demandeur que la peine capitale ne sera pas administrée, même si elle est prononcée. Ce n’est même plus une question d’administration ou non de la peine capitale, mais plutôt d’un droit reconnu, celui de l’asile politique et diplomatique. Il y a un pays, l’Équateur en l’occurrence, qui maintient que l’affaire est politique plutôt que criminelle. Donc nous ne pouvons pas vraiment discuter d’extradition vers les USA, puisque l’asile politique et diplomatique a été accordé à Julian Assange. Il n’y a aucune chance de satisfaction d’une requête en extradition. Le fait est que ceci est une affaire de grave infraction des Droits de l’Homme. La décision de l’Équateur d’accorder l’asile politique à Julian Assange, d’évoquer son droit à celui-ci, le droit qui a été garanti par la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme et la Convention de l’ONU de 1951 relative au Statut des Réfugiés et d’autre traités internationaux, ainsi que dans de nombreuses constitutions, l’Équateur étant l’un d’entre eux. Ce n’est pas un droit per se, s’en devient un, une fois qu’il a été reconnu. En ce moment, Julian Assange est un réfugié politique, et ne peut pas être poursuivi pour les actes qui ont servi de base pour l’octroi de son asile politique au départ.

RT: Le problème est qu’il ne peut pas vraiment exercer son droit constitutionnel.

BG: En réalité, il l’exerce en ce moment-même. Il ne peut être ni attaqué ni arrêté. Pénétrer dans l’Ambassade de force est inconcevable, surtout après les déclarations faites par des organisations internationales telles que l’Organisation des États Américains, et avant cela par l’ONU, en accord avec la résolution de Conseil de Sécurité qui a condamné les attaques contre l’Ambassade britannique à Téhéran en novembre dernier, et qui a réitéré que les locaux des ambassades sont inviolables. Je pense que la Grande-Bretagne a fait une menace en l’air. Et oui, il exerce ses droits, mais d’une manière très limitée, comme il vit dans l’Ambassade et sous sa protection.

RT: Exactement, d’une manière très limitée. L’asile politique lui a été accordé, mais il est logé dans une petite pièce qui mesure 4 mètres carrés, et entre autres choses, ceci peut durer longtemps. Y a-t-il une chance qu’il soit tout simplement en train d’essayer d’épuiser les autorités britanniques?

BG: Il n’y a pas de limite de temps pour résoudre cette situation. Une solution diplomatique est possible. Je ne sais pas si c’est en discussion ni s’il y a là quelque progrès. Une solution juridique est également possible si les deux pays vont devant la Cour Internationale de Justice, dont ils doivent agréer la décision selon le Protocole de la Convention de Vienne. Tout bien considéré, Julian Assange et ses supporters sont impuissants face à une décision politique, diplomatique ou judiciaire. Nous pouvons exprimer nos opinions, nous pouvons contribuer au processus en fournissant de la documentation et de l’expertise, nous pouvons donner des conseils sur la marche à suivre, mais nous ne pouvons pas prendre la décision finale, parce que nous n’y sommes pas autorisés. Julian Assange a un droit à l’asile politique, celui-ci peut être contesté et défendu, mais ce n’est pas lui qui décide de l’issue de l’affaire.

Des officiers de la Metropolitan Police se tenant devant l’Ambassade équatorienne à Londres, avant l’allocution de Julian Assange aux médias, le 19 août 2012 (Photo AFP/Will Oliver)

RT: Vous avez dit qu’il y a peu de chances que la Grande-Bretagne fasse un raid sur l’Ambassade mais quand l’asile fut accordé les tensions devinrent très vives, et une fois que les autorités britanniques ont fait cette menace, certains diffuseurs médiatiques ont souligné que la loi britannique dispose de provisions pour la révocation du statut d’une mission diplomatique.

BG: Tout d’abord, c’était avant que Julian Assange n’obtienne l’asile politique; je crois que c’était le jour précédent. Je ne discuterai pas des actes de la Grande-Bretagne – ils étaient, en fait, politiquement motivés, mais je n’entrerai pas dans les détails des raisons sous-jacentes. De toute manière, comme je l’ai déjà dit, les menaces n’étaient pas réalistes. Mais il existe une telle loi. Elle fut adoptée en 1987 dans le sillage des événements concernant l’Ambassade libyenne. Une femme reçut un coup de feu, et le suspect de ce crime, qui était étiqueté de “terrorisme”, échappa aux poursuites. Donc en 1987, la Grande-Bretagne adopta cette loi qui fut citée comme base de la révocation de l’immunité diplomatique. Le cas de Julian Assange, toutefois, n’est en aucune manière similaire à la situation que je viens de décrire, et il concerne aussi un pays tiers qui reconnaît le droit à l’asile politique. Dans le cas de l’Ambassade libyenne, l’asile politique ne fut accordé à personne et, au bout du compte, les locaux de l’Ambassade ne furent pas violés. À mon sens, cette loi est inapplicable dans la situation de Julian Assange. Et jusqu’à maintenant rien de tel ne s’est produit, ce n’était que de la rhétorique. En fonction de cela, il me semble que nous devons engager un dialogue afin de trouver une solution diplomatique et politique, ou alors, attendre que le gouvernement équatorien prenne une décision.

RT: Vous affirmez que vous avez la preuve que les USA mènent une enquête secrète. Pensez-vous que ce soit légal de mener de telles investigations?

BG: Tous les pays ont une pratique de conduite d’enquêtes secrètes, bien entendu, s’il y a de bonnes raisons d’en faire. Nous ne savons pas si les USA ont de telles raisons dans cette affaire. Mais nous savons avec certitude que l’enquête a été ouverte – le gouvernement US a reconnu ce fait. Nous savons aussi qu’aucune accusation formelle n’a été portée contre M. Assange jusqu’à maintenant. Mais cela veut seulement dire qu’il n’est pas sous le coup d’une accusation pour le moment, ils peuvent très bien dans l’avenir l’accuser à n’importe quel moment. Nous savons aussi que les USA continuent de rassembler des informations sur cette affaire et, en théorie, cela pourrait être la source de l’accusation qui serait sensiblement utilisée pour émettre un mandat d’arrêt international. En concordance avec la loi US, nous avons envoyé une requête aux autorités US pour qu’ils confirment qu’ils mènent en effet une enquête sur ses activités. Si c’est le cas, pourquoi la défense de M. Assange n’y prend-elle pas part? Si la défense n’a aucun accès à l’affaire, alors de quelle manière la collection de preuves en cours est-elle consistante avec la législation US? Dès que nous aurons clarifié ce point, nous pourrons dire si cette affaire est en accord avec la loi. Jusqu’à maintenant, les déclarations faites par quelques politiciens états-uniens éminents laissent à penser qu’il pourrait être mis en accusation selon l’Espionage Act, une loi qui n’a pas été appliquée depuis la Guerre Froide. Je ne pense pas que M. Assange soit un espion. Il a simplement publié des informations qu’il a reçues de sources extérieures via WikiLeaks, informations qui étaient accessibles à des milliers de personnes. Tout ce qu’il a fait est d’exercer son droit à la liberté de l’information – il l’a reçue et l’a partagée. Je suis beaucoup plus surpris qu’il n’y ait eu aucune enquête sur les crimes flagrants et documentés dans ces fuites de rapports décrivant l’interférence US – par divers canaux d’information ou des agents dans divers États – avec des problèmes qui n’ont strictement rien à voir avec soit la sécurité nationale soit la sécurité des citoyens des USA ou la défense, mais plutôt indicatifs du désordre interne des États-Unis.

Le fondateur de WikiLeaks Julian Assange s’adressant aux médias et à ses supporters depuis le balcon de l’Ambassade équatorienne à Londres, le 19 août 2012 (Photo AFP/Will Oliver)

RT: Vous avez dit que la pression était exercée non seulement sur Julian Assange, mais sur ceux qui l’entourent, également. Avez-vous vous-même subi de quelconques pressions? Et, pourquoi avez-vous décidé de prendre cette affaire?

BG: Cette affaire mérite d’être défendue, et c’est précisément pourquoi j’ai rejoint l’équipe sans demander de rémunération. Des droits humains fondamentaux ont été violés ici. Un homme qui n’a commis aucun crime est persécuté. Je savais que cela en valait la peine dès la minute où j’ai pris l’affaire. Malgré les pressions, nous continuerons à faire ce que nous avons à faire et il s’agit de défendre les intérêts de notre client. Il est clair qu’il n’y a pas que M. Assange qui ait été exposé à la pression. Mais je n’entrerai pas dans davantage de détails tout de suite. Nous en parlerons plus tard.

RT: Je souhaite me tourner vers le processus de paix qui est en cours en Colombie entre le gouvernement et les rebelles du FARC. Vous avez appelé le Président Santos un homme courageux et dit que le processus allait être long et plein de risques et de défis. Pensez-vous qu’un demi-siècle de conflit armé approche de sa fin?

BG: Je pense qu’il est prématuré de parler du conflit comme approchant de sa fin. Je crois qu’il s’agit d’un pas des plus importants, qui a couronné six mois de négociations. Comme l’a dit le Président Santos, c’était la première fois qu’une déclaration conjointe préliminaire d’intention de poursuivre le dialogue et les négociations ait été signée. En effet, les deux côtés – le gouvernement et les forces de la guérilla – sont toujours en conflit. Ceci ne fait aucun doute. La raison pour laquelle je dis que le Président colombien est un homme courageux est qu’il s’est saisi de la tâche de trouver une solution à ce conflit, tout en maintenant sa lutte contre des militants et initié des négociations qui, si elles aboutissent, établiront la progression vers la fin du conflit. C’est en effet très risqué et un challenge mais, en tant que Président de son pays, il devait le faire. Cette initiative, qui requiert le plus haut degré de responsabilité, démontre son courage, son engagement à réussir la paix et une attitude de principe contre son usage à des fins politiques personnelles. C’est un long trajet, mais la feuille de route a été tracée et les objectifs sont clairs. Le Président l’a rendu très clair: au cas où ces objectifs ne puissent être atteints, l’État de Droit se perpétuera en dépit de la présence de forces de guérilla illégales.

RT: D’accord, mais de quelles fondations ce processus a-t-il besoin pour réussir?

BG: Ce qui est déjà en place est une volonté politique forte, ainsi que des étapes du processus qui ont été définies, tout comme les outils pour préserver le dialogue afin d’accomplir un rapprochement couvrant les thèmes politiques, économiques et sociaux ainsi que l’agriculture, et certainement les problèmes relatifs aux victimes du conflit. C’est la première fois qu’un accord de ce type a été conclu, qui s’adresse au problème du droit des victimes. Ils auront besoin de définir le cadre, les jalons et les buts et d’avancer par étapes comme prévu.

RT: Manque-t-il quelqu’un à ce dialogue? Le gouvernement et les FARC sont là tous les deux, devrait-il y avoir quelqu’un d’autre?

BG: Je pense que les parties prenantes dans ce processus sont exactement celles qui ont besoin d’y être. À tout le moins, ce sont les parties qui ont été désignées. Le Président a fait une déclaration publique que d’autres parties pourraient se joindre au dialogue au fur et à mesure de l’évolution du processus. Ils n’ont pas tous besoin d’y être engagés dès son initiation, mais le public et les victimes ont besoin de suivre ce qui est prescrit par la loi, et il peut également se trouver un moment pour eux de s’interposer.

RT: Je souhaite vous demander ce que sont vos nouveaux engagements professionnels. Si vous pouviez retourner à la Cour Nationale, où je crois que ce que vous y avez accompli et introduit est toujours en vigueur, et étant donné toutes ces choses que vous vouliez faire – donc si vous pouviez y retourner, le feriez-vous? Ou peut-être êtes-vous satisfait de ce que vous faites en ce moment?

BG: Je suis heureux avec ce que je fais actuellement, je ne peux pas m’en plaindre, je fais ce que j’aime faire, et rien que ce fait veut dire beaucoup de nos jours. Mais ceci ne veut pas dire que je délaisse mes droits légaux – et mes droits légaux sont définis par mes qualités de Juge et de Magistrat. Je continuerai d’exercer mon droit à la compensation pour ce que je crois être un mauvais verdict de la Cour Suprême, et je soumettrai tous les appels correspondants. Quand j’aurai obtenu ma compensation, mon acquittement, ma réhabilitation, j’aurai le temps de songer à ma volonté ou non d’y retourner. De toute manière, la vie continue et, comme l’a dit un philosophe grec il y a des siècles, vous ne pouvez pas deux fois croiser la même rivière.

RT: Merci beaucoup, M. Garzón.

Lien vers la transcription originale: http://rt.com/news/assange-lawyer-garzon-interview-789/

Traduit depuis le web par willsummer

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