Théorie du complot: A qui profite réellement le terrorisme?

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Cette réflexion, nous l’intitulons « théorie du complot », car il ne s’agit pas d’accuser ou de pointer une responsabilité sur qui que ce soit, mais plutôt de montrer quels pourraient être les vrais enjeux du terrorisme dans un monde parallèle. Dans un monde parallèle, où il est possible de dire que des marchands d’armes (y compris des individus, des groupes liés de près ou de loin au commerce des armes, des mafias de toute nature) auraient un intérêt économique face à la montée du terrorisme. Pourquoi ne pas se poser la question et voir les implications possibles d’une telle théorie?

L’expression « théorie du complot », trop souvent rabaissée, trop souvent perçue de manière négative, nous la considérons au contraire comme une expression positive. Par « théorie du complot », nous désignons toute démarche à caractère scientifique qui émet une hypothèse probable (parmi d’autres hypothèses), mais ne comportant pas de preuves pour appuyer cette affirmation. Le complotiste, loin d’être aveugle dans sa démarche, est plus proche, selon nous, d’un scientifique ou d’un enquêteur qui émet une hypothèse, cherche une piste, des explications, envisage des théories dans sa recherche de vérité. Avant de confirmer la vérité, il faut bien passer par des théories.

Le complotiste, tout comme un scientifique, construit sa pensée dans le doute. Il élabore des théories, se remet souvent en cause, et peut-être que, dans plusieurs années, au bout d’une longue recherche et après avoir été moqué des gens, peut-être qu’un jour il aura enfin la preuve que ce qu’il disait était vrai. Des scientifiques comme Galilée et Copernic, défendant la théorie de l’héliocentrisme, n’ont-ils pas, de leur temps, été victimes de l’opposition de tous ceux qui ne voulaient pas croire que la Terre tournait autour du Soleil? C’est bien la preuve que des esprits libres peuvent parfois avoir raison, même face à l’opposition d’une société entière, et même si cela prend parfois des siècles.

Mais pour en revenir au terrorisme, nous ne disons pas que ce schéma est une certitude. Plutôt que, dans certains pays, développés ou peu développés – cela ne fait pas de différence -, les réseaux terroristes pourraient être manipulés dans le but de servir directement ou indirectement les intérêts de l’industrie de l’armement ou d’autres groupes qui y auraient un intérêt économique. C’est une hypothèse envisageable, car ce qui est en jeu, ce sont des sommes qui correspondent à plusieurs millions, voire plusieurs milliards. La corruption existe partout dans le monde, et le terrorisme a sans doute aussi ses propres réseaux de corruption.

Première possibilité (de notre théorie du complot). Imaginons un pays pauvre, en proie au terrorisme: la déstabilisation d’un tel pays peut servir les intérêts de pays étrangers, d’industriels de l’armement, de multinationales ou encore de mafias étrangères ayant besoin d’imposer leur hégémonie sur l’économie d’un pays. Envoyant des moyens et dépensant beaucoup d’argent pour aider ce petit pays qui n’arrive pas à faire face au terrorisme, voilà que des pays ou des groupes extérieurs venus en « frères bienveillants » revendiquent au bout de plusieurs années le droit d’exploiter les richesses économiques de ce pays ravagé. Les concurrents sont balayés, l’industrie de l’armement, ou peut-être des mafias étrangères, se sont renforcées. Le pays pauvre aura bien du mal à refuser les offres de collaboration économique, pensant avoir une dette envers le ou les pays ou groupes extérieurs venu(s) l’aider à sortir du terrorisme.

Deuxième possibilité (de notre théorie du complot). Imaginons un pays, riche ou pauvre, en proie au terrorisme. Le pays, n’ayant plus connu de guerres pendant un certain temps, commence par diminuer les budgets de la défense. Les industriels de l’armement ne voient pas cela d’un bon oeil. L’un d’eux, qui sera plus motivé par le gain économique que par l’idée qu’un pays puisse vivre en paix, entre secrètement en contact avec des réseaux terroristes. Il donne beaucoup d’argent. On leur dit de commettre des attentats au nom d’une cause religieuse, politique, etc. Les recrues obéissent et commettent l’irréparable. Le pays ne peut plus désormais diminuer ses budgets de la défense, il va devoir réinvestir de l’argent dans du matériel militaire et des technologies de surveillance. Le débat sur le terrorisme envahit la société.

Quand un attentat se produit, les médias parlent du nombre des victimes, des revendications, etc. Mais au-delà de ça, il y a beaucoup d’autres questions. Des marchands d’armes, des sociétés et des individus liés au commerce des armes, ainsi que des mafias, il y en a beaucoup dans le monde. Sans les guerres, sans le terrorisme, sans les attentats, il n’y aurait plus besoin d’investir dans l’armement et la société pourrait se tourner vers d’autres objectifs liés à l’éducation et au progrès social. Plus il y a de guerres et de terrorisme, plus on a l’impression que le monde se tourne vers son passé, au lieu de se projeter vers l’avenir.

Texte et image CC-BY-SA

Medea Benjamin invitée sur RT pour parler du conflit au Yémen et de la responsabilité américaine

Les Etats-Unis sont-ils complices de la famine au Yémen, et la facilitent-ils? (16/12/2016)

Le carnage en Syrie fait la une de tous les médias. Mais un autre désastre humanitaire est en cours en ce moment au Yémen, et les Etats-Unis tiennent une partie directe des responsabilités. Depuis mars 2015, le Yémen a été attaqué par son voisin plus grand et allié des Etats-Unis, l’Arabie Saoudite et ses alliés du golfe. Alors que la guerre de l’Arabie Saoudite semble sensiblement dirigée contre le groupe pro-iranien connu comme étant les houthis, cela ressemble de plus en plus à une guerre contre le peuple yéménite. Un blocage des ports les plus importants a coupé les approvisionnements en vivres, ainsi que les équipements médicaux nécessaires. La situation a atteint désormais un degré de famine, avec les jeunes subissant les conséquences de la souffrance. Selon de nouvelles données de l’Unicef, « au moins 462 000 enfants souffrent de malnutrition sévère », et des millions d’autres ayant besoin de soins complémentaires. Pendant ce temps, la campagne militaire saoudienne continue à faire la guerre en toute impunité, souvent avec l’assistance et les conseils de l’armée américaine. Environ 10 000 personnes ont été tuées depuis que le conflit a débuté l’année dernière, et des millions d’autres ont fui en tant que réfugiés. Malgré cela, les Etats-Unis ont continué à vendre des armes au gouvernement saoudien, faisant gagner des milliards de dollars pour le complexe militaro-industriel. Medea Benjamin, auteur du livre « Le Royaume de l’injuste, derrière la connection américano-saoudienne », rejoint le débat. (RT)

L’administration Obama a négocié plus de ventes d’armement qu’aucune autre administration depuis la 2ème guerre mondiale

800px-us_navy_120111-m-zz999-001_the_first_f-35b_aircraft_the_marine_corps_variant_of_the_f-35_lightning_ii_arrives_at_eglin_air_force_base_fla_wikimediaLe monde peut être dans la tourmente, mais l’industrie américaine de l’armement fait rentrer de l’argent

The Nation, William D. Hartung, 26/07/2016

Quand les entreprises américaines dominent un marché mondial évalué à plus de 70 milliards de dollars par an, on s’attendrait à en entendre parler. C’est bien pour une ou deux histoires par an dans les médias grand public, quand sortent généralement les statistiques annuelles sur l’état du marché.

Ce n’est pas que personne n’écrit au sujet des aspects du commerce des armes. Il y a des articles occasionnels, par exemple, qui prennent note de l’impact des transferts d’armes américaines, dont les bombes à fragmentation, vers l’Arabie Saoudite, ou bien la dérogation désastreuse de l’armement à des alliés américains en Syrie, ou de ventes étrangères du coûteux et controversé avion de combat F-35. Et de temps en temps, si un dirigeant étranger rencontre le président, les ventes d’armement américain à son pays pourraient générer un ou deux articles. Mais l’ampleur même du commerce des armes, les politiques qui le gouvernent, les sociétés qui en profitent, et ses impacts mondiaux dévastateurs, sont rarement discutés, beaucoup moins analysés en profondeur.

Lire la suite: https://www.thenation.com/article/the-obama-administration-has-sold-more-weapons-than-any-other-administration-since-world-war-ii/

Source: https://twitter.com/obsarm/status/797047505984909312

Les gains de la guerre: les armes bulgares alimentent les conflits du Moyen-Orient

L’Arabie saoudite, les Émirats arabes unis et les États-Unis ont acheté des millions de dollars d’armement bulgare, en grande partie probablement destinés à la guerre en Syrie, révèle une enquête de BIRN.

Balkan Insight, Mariya Petkova Sofia, 21 décembre 2015

avion_arabie_saouditeUn Boeing Cargo 747 de l’Arabie Saoudite à l’aéroport de Sofia, le 4 Novembre 2014.

En Octobre de l’année dernière, des guetteurs d’avions ont remarqué avec une certaine excitation que les avions porteurs Boeing 747 marqués comme Cargo de l’Arabie Saoudite avaient commencé un atterrissage à Sofia, l’aéroport de la capitale bulgare.

« Un avion cargo saoudien n’était jamais venu ici… depuis les 20 dernières années», a expliqué Stephan Gagov, un vétéran bulgare observateur d’avions.

Les vols sont devenus si fréquents que Gagov a ouvert un fil de discussion à leur sujet sur un forum en ligne d’observation d’avions, en utilisant l’expression « ligne régulière » dans le titre. Les guetteurs [d’avions] ont rapporté avoir vu des avions atterrir à deux reprises fin Octobre, une fois en Novembre, quatre fois en Décembre et une fois en Mars et en Mai de cette année.

L’avion géant est arrivé de Djeddah, a chargé la cargaison et s’est ensuite envolé pour la ville saoudienne de Tabouk, à environ 100 km de la frontière avec la Jordanie, ont noté les observateurs qui utilisent des outils de vol suivi en ligne.

Gagov a estimé que les avions ont pris entre 60 et 80 tonnes de fret dans des caisses, à chaque fois. Il ne pouvait pas voir ce qui était à l’intérieur des caisses, mais il a pu dire qu’elles étaient lourdes.

Après que les vols saoudien se sont arrêtés, des avions-cargos venant d’Abu Dhabi ont commencé à arriver. Des avions Airbus A330F et des Boeing 777F portant les couleurs d’Etihad Cargo ont atterri à Sofia à cinq reprises entre fin Juin et la mi-Août de cette année. Plus récemment encore, le 19 Octobre [2015], un Airbus 330F d’Etihad Cargo s’est envolé depuis Abu Dhabi vers la ville bulgare de Burgas, puis vers la base aérienne d’Al Dhafra, une installation militaire juste au sud de la capitale émiratie.

L’Arabie Saoudite, les Emirats Arabes Unis et les autorités bulgares n’ont pas révélé le contenu de ces expéditions. Mais le Balkan Investigative Reporting Network, BIRN, peut révéler que l’Arabie saoudite et les Émirats arabes unis ont acheté de grandes quantités d’armes et de munitions en provenance de Bulgarie ces deux dernières années, presque certainement pour une utilisation par les forces locales qu’ils soutiennent dans la guerre en Syrie, et éventuellement aussi dans le conflit au Yémen.

Lire l’intégralité de l’article: http://www.balkaninsight.com/en/article/war-gains-bulgarian-arms-add-fuel-to-middle-east-conflicts-12-16-2015

Les entreprises de la défense militaire parlent des «avantages» de l’escalade des conflits au Moyen-Orient

The Intercept, Lee Fang, Zaid Jilani, le 4/12/15

industrie_defenseLes principales entreprises de la défense, Raytheon, Oshkosh, et Lockheed Martin ont assuré les investisseurs lors d’une conférence de Credit Suisse à West Palm Beach cette semaine qu’ils vont gagner dans l’escalade des conflits au Moyen-Orient.

Le Vice-président exécutif de Lockheed Martin, Bruce Tanner, a dit lors de la conférence que son entreprise va voir ses «avantages indirects» de la guerre en Syrie, citant la récente décision de l’armée turque d’abattre un avion de guerre russe.

L’incident, a déclaré Tanner, augmente le risque d’opérations militaires américaines dans la région, en fournissant «un ascenseur immatériel en raison de la dynamique de cet environnement et de nos produits dans le théâtre. » Il a également souligné que l’intervention russe mettrait en évidence le besoin de F-22 et de nouveaux chasseurs F-35 faits par Lockheed Martin.

Et pour les produits « consommables », comme des roquettes, Tanner a ajouté qu’il y a une demande accrue, y compris de la part des Émirats arabes unis et de l’Arabie saoudite en raison de la guerre au Yémen.

Ecouter les remarques de Tanner à la 3ème conférence annuelle des industriels ci-dessous:
https://soundcloud.com/firstlookmedia/lockheed-martin-3rd-annual-industrial-conference-dec-2-2015

Lire la suite: https://theintercept.com/2015/12/04/defense-contractors-cite-benefits-of-escalating-conflicts-in-the-middle-east/

Pas seulement la Russie: l’Italie et d’autres européens ont vendu beaucoup d’armes à la Syrie

Tanks in Azaz, Syria

Par Francesco Grignetti, 06/09/2013

ROME – Retour en 1998, Bill Clinton a parié sur le jeune Assad. Il devait être le successeur de son père, et les États-Unis estimaient que le jeune Bachar al-Assad, une fois qu’il aurait atteint le pouvoir, serait la personne qui ferait revenir la Syrie au sein des nations civilisées du monde.

Et ainsi le gouvernement Clinton, en dépit de la controverse que cela a provoqué, a pris des décisions très importantes: la Syrie a été retirée de la liste noire des pays producteurs de stupéfiants, les sanctions ont été levées, et l’embargo sur les armes a été assoupli. Les alliés de l’Amérique ont rapidement suivi, et l’Italie a été le pays le plus rapide à rétablir des liens avec Damas. Résultat: un ordre massif de ce qui était alors un jour de paie de 400 milliards de lires (206 millions d’euros) pour l’industrie militaire italienne.

Le gouvernement italien a autorisé cet ordre-monstre comme on le voit dans le rapport d’armement présenté au Parlement le 31 Mars 1999, par le gouvernement du Premier ministre Massimo D’Alema: « En 1998, l’important total d’exportation provient principalement d’un seul pays de destination, et dans la pratique, venant d’une seule commande. Parmi les principaux pays, la Syrie était la première destination avec 21,79% des exportations d’armes, équivalant à 400,64 milliards de lires avec une autorisation unique. « Avec un seul achat, Damas a de loin dépensé plus que la France et les Etats-Unis dans sa son shopping militaire en Italie.

Ce que cet ordre impliquait effectivement apparut clairement au cours des années suivantes: des viseurs à vision nocturne pour les blindés avec des capacités thermiques et laser, appelés « Turms », produits par une société à l’intérieur du conglomérat italien Finmeccanica. Cela permettrait aux Syriens de moderniser les vieux chars soviétiques T72 qui ont été équipés avec des viseurs plutôt rudimentaires.

La société, Galileo Avionica [SELEX Galileo], a empoché 229 millions de dollars, en échange de 500 pièces Turms. Comme le veut la procédure, l’ordre a été établi par les entreprises, puis autorisé par le gouvernement. La provision a été étalée sur plusieurs années; ce genre d’équipement n’est pas tenu dans un entrepôt prêt à être emporté, mais produit et livré en lots.

Les faveurs du dictateur

Il n’est pas surprenant que les statistiques européennes montrent un flot impressionnant d’exportations de l’Italie vers la Syrie à travers la première décennie du nouveau millénaire [années 2000]. Le taux était si élevé que l’Italie est devenue le leader européen de la vente d’armes. Mais elle n’était pas seule. Toujours en 1998, un navire marchand a mis la voile depuis le Danemark avec 12 chars T72 à bord et 186 tonnes de munitions. Et en Allemagne, un scandale venait récemment d’éclater autour de Telemit Electronics, soupçonné d’avoir soudoyé le ministre des Affaires étrangères Hans-Dietrich Genscher du parti libéral en échange d’autorisations gouvernementales pour exporter vers la Syrie, la Jordanie, l’Arabie Saoudite et l’Irak.

Sans perdre le sens des proportions, cependant, il faut se rappeler que pour les 10 dernières années, la Russie de Vladimir Poutine est le marchand d’armes de réference de la Syrie: 78% des armes dans l’armée d’Assad viennent de Moscou.

« Et nous ne parlons que des ventes officielles ici, » avertit le vice-président de l’archive du désarmement de l’Italie [Archivio Disarmo], Maurizio Simoncelli, « pas des marchés gris ou au noir. Les statistiques, comme on pouvait s’y attendre, n’enregistrent que les contrats enregistrés. Ensuite, il y a tout le reste. « 

« Tout le reste » est tout ce qui est transporté secrètement. Sinon, il serait impossible d’expliquer comment il y a encore tant d’armes en Syrie, alors qu’un embargo sur les armes a été mis en place sur le régime pendant deux ans et que presque personne n’admettra avoir fourni les rebelles. Selon l’Observatoire permanent sur les « armes légères » (une définition vague comprenant généralement des pistolets, des fusils, cartouches, et même des bombes manuelles, mitrailleuses et lance-missiles) et le réseau du désarmement en Italie, la forte hausse des exportations d’armes légères vers la Turquie est très suspecte.

Selon une enquête récente sur le site Wired, les commandes de Galileo Avionica ont continué pendant 10 ans, avec un pic en 2002 et 2003. Et étant donné que 500 viseurs de blindés est un nombre énorme, même pour la vaste armée d’Assad, on pense qu’un certain nombre de ces pièces ont été transmises à Saddam Hussein « sous le comptoir ».

C’était la veille de la deuxième guerre du Golfe, après tout. Le Secrétaire américain à la Défense, Donald Rumsfeld, a accusé le régime d’Assad de fournir des armes à Saddam et de contourner ainsi l’embargo qui était en place. Qui plus est, c’est la même période où le régime irakien a déménagé son arsenal chimique en Syrie. Voilà quelques-unes des mêmes armes chimiques que Saddam avait utilisé contre les rebelles kurdes, et qu’Assad utilise aujourd’hui. Un échange de faveurs d’un dictateur à l’autre.

Source: http://www.worldcrunch.com/syria-crisis/not-just-russia-italy-other-europeans-sold-plenty-of-weapons-to-syria/arms-syria-italy-weapons-embargo/c13s13307/#.VHg0lIc3fxw

Les Etats-Unis étaient inquiets face aux liens entre le Nigeria et la Corée du Nord

ID de Référence: 05ABUJA1836
Sujet: LE NIGERIA DEMENT LES LIENS MILITAIRES AVEC LA COREE DU NORD
Origine: Ambassade Abuja, Nigeria Classification: CONFIDENTIEL
Créé: 27 Sep 2005 Publié: 30 Août 2011
Tags: KNNP, MNUC, NI, PARM, POLMIL, PREL, ZO

B. ABUJA 1334 classé par : Le Chef de mission adjoint Thomas P. Furey , pour les raisons 1.4 ( D & F)

1. (C) Résumé. Le Nigeria affirme n’avoir aucune relation militaire avec la Corée du Nord, et uniquement une relation limitée non-militaire. Le directeur du MFA [Ministry of Foreign Affairs, Ministère des Affaires Etrangères] pour les affaires d’Asie et du Pacifique a déclaré que la politique du Nigeria envers la RPDC [République Populaire Démocratique de Corée] est basée sur l’espoir d’un règlement pacifique de toutes les questions dans les pourparlers à six et pour la réunification pacifique de la péninsule coréenne. Il craignait que l’approche américaine envers les ventes d’armes nord-coréennes serait contre-productive, et que la pression douce est plus susceptible d’avoir des résultats positifs. Le Nigeria va bientôt engager les Etats-Unis pour une licence d’importation depuis la Corée du Sud de composants nécessaires à la construction de centrales nucléaires. Fin du Résumé.

2. (C) DCM et PolMilOff ont livré à Reftel une démarche auprès du Prince Ariyo, le directeur du MFA [Ministère des Affaires Etrangères] pour les affaires de l’Asie et du Pacifique, le 24 Septembre 2005. Les points ont été laissés comme une présentation non-officielle avec Ariyo, et il a promis de transmettre la position américaine vers le MFA. [Ministère des Affaires Etrangères]

3. (C) Ariyo a dit « franchement et honnêtement » le Nigeria n’a pas d’engagement ou de discussions militaires avec la RPDC [République Populaire Démocratique de Corée], et n’en a pas depuis qu’Ariyo a pris ses fonctions en 2003. Il y a un ambassadeur nord-coréen au Nigeria, et une ambassade du Nigeria à Pyongyang, a-t-il dit, mais la relation n’inclut ni des questions militaires ni nucléaires. Il mis en relief les médecins nord-coréens dans l’Etat de Nasarawa et la collaboration sur l’ouvrage à petite échelle et les usines de transformation du poisson dans les Etats de Jigawa et Yobe comme des exemples de coopération à faible technologie caractéristiques de leur relation économique bilatérale. Ariyo a fait un point de réfuter les rapports de presse sur des entretiens avec le vice-président de la Corée du Nord sur la coopération nucléaire à partir de janvier 2004.

4. (C) Ariyo a déclaré que le Nigeria soutient une péninsule coréenne dénucléarisée et la réunification pacifique de la péninsule coréenne, et il a poussé la Corée du Nord vers la résolution pacifique de toutes les questions abordées dans les pourparlers à six. Il craint que notre demande de couper les ventes d’armes conventionnelles pourrait être contre-productive, surtout à la lumière des récents progrès dans les pourparlers à six. Ariyo a dit qu’un léger coup de coude à la Corée du Nord serait plus productif que l’approche américaine (Note: Ceci est très similaire à l’approche du Nigeria au Zimbabwe. Obasanjo estime que la diplomatie calme et personnelle est plus susceptible d’obtenir des résultats que les agressions publiques sur le gouvernement de Mugabe et, par conséquent, il ne souhaite pas adhérer à un mouvement international contre le GOZ [Gouvernement du Zimbabwe]. Fin de Note).

5. (C) Ariyo s’est ensuite lancé dans une discussion sur la nécessité pour le Nigeria de développer une capacité de production de l’énergie nucléaire civile. (Note: Ref B discute le plan du Nigeria pour construire et exploiter 5 à 8 centrales nucléaires d’ici 2030. Fin de Note.) Il a déclaré que, tandis que le Nigeria a acheté des composants de réacteurs d’une firme sud-coréenne (NFI), une license américaine sera demandée pour continuer à importer des composants et que nous devrions nous attendre à ce que le GON [Gouvernement du Nigeria] commence à nous engager sur cette licence. Il a souligné à plusieurs reprises que le Nigeria n’a pas travaillé avec la Corée du Nord en matière d’énergie nucléaire, et il n’a pas tenté de lier l’appui nigérian à notre position sur l’appui de leur ambition nucléaire civile.

6. (C) Commentaires. Ariyo était plus disposé à s’engager sur les questions que la plupart des autres interlocuteurs du MFA [Ministère des Affaires Etrangères], mais il semblait avancer au-delà de son portefeuille dans ses discussions sur la nécessité pour le Nigeria de l’énergie nucléaire. Alors qu’il essayait clairement de prouver sa valeur en tant qu’interlocuteur, il n’a pas réussi à discuter du rôle de l’Attache de Défense de la Corée du Nord à l’Ambassade de Corée du Nord à Abuja, dont la DIA nigériane a dit qu’il est constamment dans leurs bureaux. S’il n’y a pas d’engagement ou de débats militaires qui se déroulent, pourquoi auraient-ils cet officier ici? Fin du commentaire.

CAMPBELL

Source: http://www.cabledrum.net/cables/05ABUJA1836

WikiLeaks a traqué les vendeurs d’armes de surveillance

Wikileaks:SpyFiles3Voir la carte interactive sur Rue89

Rue89, publié le 4/09/2013

Jean-Marc Manach, journaliste

Selon les révélations de l’unité de contre-espionnage de WikiLeaks, auxquelles Rue89 a eu accès avec 18 médias étrangers, les marchands de surveillance numérique privilégient les pays peu regardants sur les droits de l’homme.

Les marchands d’armes n’aiment guère la publicité. Problème: les télécommunications, ça laisse des traces, opportunément exploitées par la NSA (entre autres), comme Edward Snowden l’a amplement démontré.

WikiLeaks a décidé de rendre publique la liste des pays visités par les principaux marchands d’armes de surveillance numérique, dont trois « sociétés ennemies d’Internet » – pointées du doigt par Reporters sans frontières pour avoir vendu des logiciels espions à des pays eux aussi considérés par RSF comme des « ennemis d’Internet ».

En 2011, WikiLeaks avait rendu publics, avec ses « SpyFiles », des centaines de documents internes révélant l’ampleur du business des logiciels et systèmes d’espionnage et de surveillance des télécommunications.

Dans une nouvelle série de révélations, intitulée « SpyFiles 3 », à laquelle Rue89 a eu accès en partenariat avec dix-huit autres médias étrangers, WikiLeaks révèle que la WLCIU (pour WikiLeaks Counter Intelligence Unit), son « unité de contre-espionnage » (sic), a recensé les pays d’où se sont connectés les téléphones portables de dix-neuf employés ou responsables de onze marchands d’armes de surveillance numérique.

Surveillés depuis des mois par WikiLeaks

Du 4 au 6 juin derniers, le gotha de la surveillance des télécommunications se réunissait au Clarion Congress Hotel de Prague, à l’invitation d’ISS World. L’entrée de ce salon itinérant, interdit aux journalistes mais organisé sur les cinq continents, facturée entre 995 et 2 295 dollars (entre 755 et 1 742 euros), est réservée aux représentants de services de renseignement, forces de l’ordre et gouvernements.

issworldISS World, le supermarché des marchands d’armes de surveillance numérique

Les participants viennent y découvrir les dernières nouveautés en matière de surveillance et d’interception des télécommunications, assister à des démonstrations « live » de logiciels espions, et à des dizaines de conférences où les marchands d’armes expliquent comment leurs systèmes et logiciels peuvent aider les autorités à surveiller et combattre « les activités criminelles conduites sur les réseaux de télécommunication, l’Internet et les réseaux sociaux ».

Du 7 au 9 juillet, plusieurs de ces marchands d’armes se retrouvaient à Lyon, au forum Technology Against Crime, qui se targue de vouloir devenir le « Davos de la sécurité » puis, du 22 au 25, au Brésil, pour l’édition sud-américaine du salon ISS.

Ce qu’ils ne savaient pas, c’est que plusieurs d’entre eux étaient surveillés, depuis des mois et pour certains des années, par l’unité de contre-espionnage de WikiLeaks.

Et force est de constater que, lorsqu’ils sont en voyage d’affaires, ces mercenaires du numérique ont une furieuse tendance à privilégier les pays peu regardants en matière de droits de l’homme. (Dans la carte ci-dessus, cliquez sur les pays en rouge pour connaître leur rang au classement RSF de la liberté de la presse, et découvrir quels marchands d’armes les ont visités.)

Droits de l’homme et bord de mer

L’allemand Trovicor, ex-Nokia Siemens Networks, est l’un des plus gros fournisseurs de solutions légales d’interception dans le monde. Plus de 100 pays utiliseraient ses technologies, et c’est le principal sponsor du salon ISS. Son code de bonne conduite précise, au chapitre « business ethics » que l’objectif de l’entreprise est de faire partie des industries leaders en matière de responsabilité sociale et de respect des droits de l’homme.

Elle n’en a pas moins fourni des systèmes d’interception à l’Iran, au Bahreïn et en Syrie, ce qui en a fait l’un des principaux « ennemis d’Internet » pour RSF. Sur ses 170 employés, un seul était surveillé par la WLCIU, qui avance que, depuis janvier, il a été deux fois aux Emirats arabes unis (où Trovicor a une filiale), ainsi qu’en Bulgarie, Serbie, et en Thaïlande, l’un des quatorze pays placés « sous surveillance » par RSF en 2012, en raison de ses velléités de contrôle, de filtrage et de censure d’Internet.

Contactée, la responsable communication de Trovicor à répondu à Rue89 que la liste de ces pays lui fait penser à l’itinéraire de quelqu’un qui apprécierait particulièrement les pays en bord de mer, et que son employeur s’interdit par ailleurs de vendre ses solutions à tout pays en guerre civile…

Mr Q. au Turkménistan

Elaman, elle aussi allemande, se présente comme spécialiste des « solutions de sécurité gouvernementale ». Son catalogue, que WikiLeaks avait rendu public à l’occasion des Spy Files, est un inventaire de tout ce dont aurait rêvé le Mr Q. de James Bond.

Sur la page d’accueil de son site web, Elaman avance que « la confidentialité est essentielle dans le business de la sécurité ». Elle aurait donc probablement préféré que l’on ne sache pas que, du 21 au 24 janvier dernier, puis les 12 et 13 juin, son responsable commercial, Holger Rumscheidt, était au Turkménistan, 177e (sur 179) au classement RSF de la liberté de la presse, un des douze pays considérés par l’ONG, en 2012, comme faisant partie des « ennemis d’Internet ».

Décrit par RSF comme « l’un des plus fermés au monde », le Turkménistan est aussi l’« un des pays les plus hostiles à la liberté d’expression ». Facebook, Twitter, YouTube et Gmail y sont bloqués et « les possesseurs d’antennes paraboliques ou de téléphones portables sont considérés comme des ennemis en puissance ».

La liste des pays d’où Rumscheidt s’est connecté au réseau téléphonique indique qu’il a aussi visité l’Azerbaïdjan (156e du classement RSF) en février 2012, la Jordanie (134e) en avril dernier, et multiplié les déplacements au Liban (101e), au sultanat d’Oman (141e) et aux Emirats arabes unis (114e), par ailleurs placés « sous surveillance » par RSF en 2012, suite aux « arrestations arbitraires » de plusieurs blogueurs qui avaient osé demander aux autorités de procéder à des réformes, ce qui leur avait valu des condamnations de deux à trois années de prison.

Les logiciels espions des Printemps arabes

Le groupe britannique Gamma, une des cinq sociétés classées « ennemies d’Internet » par RSF, n’est pas en reste : entre les 2 et 10 mars 2013, pas moins de quatre de ses principaux responsables se rendaient ainsi aux Emirats arabes unis, en compagnie d’Holger Rumscheidt (Gamma a noué une alliance de sécurité avec Elaman). Au total, huit des onze entreprises surveillées par la WLCIU ont visité les Emirats l’an passé.

La liste de WikiLeaks révèle que les employés de Gamma placés sous surveillance auraient par ailleurs visité le sultanat d’Oman, le Liban, l’Ouganda (104e au classement RSF), le Qatar (110e), le Nigéria (115e), Brunei (122e), l’Ethiopie (137e), l’Indonésie (139e) et la Guinée Equatoriale (166e), ainsi que deux des douze pays placés « sous surveillance » par RSF à l’occasion de son rapport sur les « ennemis d’Internet »: la Malaisie (145e) et le Kazakhstan (160e).

L’employé de Gamma dont le téléphone portable était, du 9 au 12 juin dernier, localisé au Kazakhstan, est un « usual suspect »: Martin Münch, né en 1981, est le responsable de FinFisher, une suite de logiciels espions (ou « chevaux de Troie ») qui ont beaucoup fait parler d’eux depuis que, Printemps arabes aidant, on a découvert qu’ils avaient été utilisés en Egypte, pour espionner des dissidents au Bahrein, ainsi que, comme l’ont révélé des chercheurs américains au printemps dernier, dans au moins 35 pays, dont quinze des pays visités par les employés de Gamma et de ses filiales l’an passé (Brunei, Nigeria, Afrique du Sud, République tchèque, Ethiopie, Indonésie, Malaisie, Mexique, Qatar, Serbie, Singapour, Turkménistan, Royaume-Uni, Etats-Unis, Emirats arabes unis).

Finfisher Spying & Monitoring Tools
Par Guillaume Dasquié

25 200 euros le « kit d’intrusion »

WikiLeaks publie par ailleurs une dizaine de documents révélant comment FinFisher et une entreprise suisse, DreamLab, ont vendu un « proxy d’infection » afin de pouvoir infecter les ordinateurs des citoyens ou résidents d’Oman et du Turkménistan (à la demande de leur gouvernement), ainsi qu’une fiche confidentielle révélant combien sont facturés ces logiciels espion.

Comptez 25 200 euros le « kit d’intrusion », ou bien 100 000 euros la licence de FinSpy, sa solution complète d’intrusion à distance, si vous voulez espionner de une à dix cibles, mais 250 000 euros si vous voulez en surveiller plusieurs centaines, plus 9 500 euros de licence (par client). Le support technique, et les mises à jour, sont facturés 255 338 euros la première année, ou 308 960 euros pour trois ans. Les formations, elles, sont facturées 22 500 euros, les cinq jours. Un juteux business qui a d’ailleurs conduit Gamma à ouvrir un compte « offshore » aux Iles vierges britanniques…

Interviewé par un journaliste de Bloomberg, Martin Münch déplorait l’an passé la publicité faite par les nombreux articles expliquant comment les logiciels espions de FinFisher étaient utilisés pour espionner des défenseurs des droits de l’homme et cyberdissidents, et expliquait avoir abandonné toute forme de vie sociale : « Si je rencontre une fille et qu’elle tape mon nom dans Google, je suis sûr qu’elle ne me rappelera jamais »…

Le blog du « voyageur au Moyen-Orient »

D’autres employés n’ont pas ces pudeurs de jeunes filles : Nelson Brydon, qui se présente sur son compte Twitter (@Brydon_N, désormais indisponible) comme « voyageur au Moyen-Orient » a ouvert un blog (désormais indisponible aussi) où il narre ses nombreux voyages en avion entre le Qatar et Dubaï, l’Ouganda, l’Arabie saoudite, les Emirats arabes unis et Munich – siège social d’Elaman, révélant incidemment la liste des pays où sont donc probablement installés des logiciels ou systèmes espions de Gamma, son employeur.

Sur ce blog, Nelson Brydon ne parle pas de son métier mais, une fois par an, il rédige un (très) long billet où il explique ce que cela fait de prendre l’avion, et compare les compagnies aériennes, les stewards, hôtels…

Le dernier billet se conclut par un « rendez-vous en 2013 ». Sans trahir de secret professionnel, la liste de WikiLeaks indique que, rien qu’entre février et août, il a déjà été cette année sept fois au Qatar, ainsi qu’aux Emirats arabes unis, à Oman, en Malaisie, qu’il était à Chypre du 8 au 29 juillet (en vacances ?), et qu’il était de nouveau au Qatar du 18 au 22 août derniers.

Les petits secrets d’Hacking Team

L’unité de contre-espionnage de WikiLeaks s’est également intéressée au principal concurrent de FinFisher, Hacking Team, une entreprise italienne elle aussi placée dans la liste des « ennemis d’Internet » de RSF. Elle s’était en effet fait connaître après que des journalistes marocains, et un blogueur des Emirats arabes unis, ont reçu des e-mails infectés par « Da Vinci », son logiciel espion.

En avril dernier, une étude de Kaspersky Lab avait révélé que le cheval de Troie d’Hacking Team était particulièrement utilisé au Mexique, en Italie, au Vietnam, aux Emirats arabes unis, en Irak, au Liban et au Maroc. La WLCIU révèle aujourd’hui que les deux employés de Hacking Team qu’elle a surveillé ont multiplié les courts séjours (de deux jours) au Maroc en 2011, 2012 et 2013, ainsi qu’aux Emirats arabes unis, à Singapour, en Serbie, en Espagne, Egypte, Arabie saoudite, au Qatar, Liban, en Malaisie et à Oman.

Eric Rabe, conseiller juridique de Hacking Team, a refusé de commenter la liste des pays visités, mais a tenu à préciser que son employeur avait constitué un panel d’experts indépendants habilité à opposer un veto à tout contrat, qu’il vérifie systématiquement si leurs nouveaux clients pourraient se servir de leurs logiciels espions pour commettre des violations des droits de l’homme, et qu’Hacking Team se réserve le droit de refuser ou suspendre tout contrat en pareil cas, ce qui serait déjà arrivé.

Interrogé sur les soupçons d’utilisation de leur cheval de troie pour espionner des opposants marocains et émiratis, Eric Rabe refuse de rendre publiques les conclusions de leur contre-enquête, ni d’éventuelles mesures prises depuis. Il refuse également de révéler l’identité des experts indépendants, non plus que de leur permettre de répondre aux questions des journalistes, afin d’éviter qu’ils ne fassent l’objet de « pressions pouvant influencer leurs décisions »…

Julian Assange : « Surveiller les surveillants »

Et c’est précisément, explique le fondateur Julian Assange, pour « mettre en lumière cette industrie secrète de la surveillance, qui travaille main dans la main avec les gouvernements de par le monde pour autoriser l’espionnage illégitime de citoyens » que WikiLeaks a lancé ces « SpyFiles 3 », qui permet de doubler le nombre de documents, brochures, plaquettes et autres portfolios émanant des marchands d’armes de surveillance numérique contenus dans la base de données de l’ONG.

Interrogé sur ce qui lui avait permis de mener l’opération de « location tracking » (sic), Julian Assange oppose un « no comment » ferme et définitif. Tout juste consent-il à expliquer que « le rôle de la WLCIU est de protéger les actifs, personnels et sources de WikiLeaks de toute opération d’espionnage hostile, et de révéler la nature des menaces en terme d’espionnage qui pèsent sur les journalistes et leurs sources »:

« Cela comprend des mesures de contre-espionnage incluant, par exemple, la détection de mesures de surveillance mais également le fait de recevoir des informations émanant de sources internes aux organisations susceptibles de menacer la sécurité des journalistes.

Les données collectées par la WLCIU et révélées dans ces SpyFiles 3 permettent aux journalistes et citoyens d’aller plus loin dans leurs recherches portant sur l’industrie de la surveillance, et de surveiller les surveillants. »

Les révélations de la WLCIU ont permis au magazine espagnol Publico de découvrir que la Guardia Civil et l’armée espagnole avaient passé un contrat avec Gamma. En février dernier, plusieurs ONG, dont Reporters sans frontières et Privacy International, portaient plainte contre Gamma et Trovicor, qui auraient violé onze des principes directeurs de l’OCDE, censés garantir la responsabilité sociale des multinationales, en fournissant des armes de surveillance numérique au Bahreïn.

Les nouvelles révélations de WikiLeaks, et la liste des pays, pourraient donner de nouveaux arguments à ceux qui plaident pour un contrôle à l’exportation des systèmes et outils de surveillance et d’interception des télécommunications qui, à ce jour, ne sont pas considérés comme des « armes », et peuvent donc être vendus à des pays connus pour bafouer les droits de l’homme, en toute légalité.

Source: http://www.rue89.com/2013/09/04/nouvelles-revelations-lunite-contre-espionnage-wikileaks-245374

Révélation sur les ventes chimiques du Royaume-Uni à la Syrie

Révélation sur les ventes chimiques du Royaume-Uni à la Syrie

17 Juillet 2013, 7h18

Le Royaume-Uni a vendu des matériaux industriels en Syrie qui auraient pu être utilisés pour fabriquer des armes chimiques, selon un nouveau rapport publié par les députés sur les ventes d’armes.

Les Comités Communs sur le Contrôle des Exportations d’Armes [Committees on Arms Export Controls] (CAEC) a dit que c’était juste un exemple parmi de nombreuses transactions douteuses entre les entrepreneurs du Royaume-Uni et les pays que le Ministère des Affaires étrangères [Foreign & Commonwealth Office] (FCO) estime avoir de mauvais antécédents en matière de droits de l’homme.

Le CAEC [Committees on Arms Export Controls] a déclaré que des fournitures de fluorure de sodium, qui pourraient être utilisées pour fabriquer des armes chimiques, ont été envoyées en Syrie dans les deux dernières années.

Le fluorure de sodium est une composante légitime d’un certain nombre de produits civils, y compris la pâte dentifrice, mais il n’y a aucun moyen de savoir comment il a été utilisé au final.

Les députés ont tiré un coup de semonce à travers les arcs du gouvernement, remettant en cause les contrôles effectués sur plus de 3.000 licences d’exportation d’une valeur de plus de 12 milliards de £ [13,78 milliards d’euros] à 27 pays sur la propre liste du FCO [Foreign & Commonwealth Office] des pays concernés par les questions de droits de l’homme.

Alors que le CAEC [Committees on Arms Export Controls] a reconnu que la plupart des licences ont été pour des biens à double usage (civil ou militaire), ou pour d’autres équipements qui ne pouvaient pas facilement être utilisés pour la « répression interne », les députés ont dit que les chiffres étaient encore « étonnamment élevés ».

Le plus gros morceau des 12 milliards de £ [13,78 milliards d’euros] provient d’Israël, qui représente 7,8 milliards de £ [8,95 milliards d’euros].

Les Saoudiens sont les suivants, avec près de 1,9 milliard de £ [2,18 milliards d’euros], et la Chine est troisième, avec près de 1,4 milliard de £ [1,6 milliard d’euros].

Le Royaume-Uni a également permis de vendre des armes à l’Iran, à l’Egypte et à la Syrie parmi beaucoup d’autres.

« L’ampleur des licences stratégiques existantes dans 27 pays concernés par des préoccupations sur les droits de l’homme listés par le Ministère des Affaires étrangères [Foreign & Commonwealth Office, FCO] place dans un relief saisissant le conflit inhérent entre les exportations d’armes du Gouvernement et les politiques de droits de l’homme », a déclaré le président du CAEC, Sir John Stanley.

« Les comités adhèrent à leur précédente recommandation selon laquelle le Gouvernement devrait appliquer de manière significative des jugements beaucoup plus prudents quand il prend en considération les demandes de licence pour l’export d’armes pour des produits destinés à des régimes autoritaires ‘qui pourraient être utilisés pour faciliter la répression interne’ en violation de la politique officielle du gouvernement. »

Le député travailliste Richard Burden, qui préside le Groupe Parlementaire Multipartite Royaume-Uni-Palestine [Britain-Palestine All Party Parliamentary Group], a déclaré que la quantité allant vers Israël était « déconcertante ».

« Ce qui est le plus frappant, c’est que plus de la moitié du total va à Israël et aux Territoires Occupés Palestiniens », a-t-il dit.

« Regardez d’un peu plus près et vous verrez que la quasi-totalité de ces exportations vont vers Israël, avec seulement 5539 £ [6363 euros] à destination des Territoires Occupés. »

« Regardez de plus près encore, et vous voyez quelque chose de tout à fait déconcertant – 380 licences différentes ont été accordées pour les exportations d’armes et de matériel militaire à Israël. »

« Cependant, 7 765 450 000 de £ de la valeur des 7,8 milliards de £ d’équipements exportés vers Israël est couvert par une seule approbation de licence – pour les équipements utilisant la cryptographie et les logiciels pour les équipements utilisant la cryptographie. »

« C’est bizarre, d’autant plus qu’il y a des dizaines d’autres licences accordées pour l’exportation du matériel de cryptographie et pour des logiciels qui ont une valeur considérable – mais cela s’ajoute seulement à une infime fraction de ce montant. »

« Je mets à plat des questions au ministre aujourd’hui, pour savoir au juste sur quoi repose exactement toute cette autorisation. Est-ce qu’une seule entreprise est juste impliquée? Pourquoi l’ampleur de cette licence éclipse toutes les autres avec des titres similaires? Qu’est-ce que le contact implique réellement? »

Le Premier ministre David Cameron n’a montré aucun secret sur son désir de pousser les ventes de la défense britannique et il a conduit des missions en Inde, dans le Golfe et l’Arabie saoudite, pour tenter de rapporter des contrats de plusieurs millions de pounds, même si l’Arabie saoudite se situe dans les pays de la liste des préoccupations du Ministère des Affaires étrangères.

Tout comme l’Arabie saoudite, la liste des préoccupations du FCO [Foreign & Commonwealth Office] comprend l’Afghanistan, le Bélarus, la Birmanie, la Chine, la Colombie, Cuba, la Corée du Nord, la République Démocratique du Congo, l’Érythrée, Fidji, l’Iran, l’Irak, Israël et les Territoires Occupés Palestiniens, la Libye, le Pakistan, la Russie, la Somalie, le Soudan du Sud, le Sri Lanka, le Soudan, la Syrie, le Turkménistan, l’Ouzbékistan, le Vietnam, le Yémen et le Zimbabwe.

L’Argentine est l’un des cinq pays supplémentaires au sujet duquel le CAEC [Committees on Arms Export Controls] a montré de l’inquiétude – les autres sont le Bahreïn, l’Egypte, Madagascar et la Tunisie.

Le commerce des armes permet aux nations d’acheter de l’influence diplomatique et politique, en vendant des armes et de la technologie, tout en protégeant dans le même temps des centaines de milliers d’emplois à la maison.

Mais le problème, semble-t-il, d’après ce dernier rapport, est de s’assurer que l’on sait qui est en train de mettre la main sur cette technologie en dernier lieu.

Un porte-parole du Ministère de l’Economie, de l’Innovation et des Compétences [Department for Business, Innovation and Skills] a déclaré que le Gouvernement « exploite l’un des régimes les plus rigoureux en matière de contrôle des exportations d’armes dans le monde ».

« Une licence d’exportation ne serait pas accordée si nous évaluions qu’il existe un risque évident que les produits puissent être utilisés pour la répression interne, pour provoquer ou prolonger des conflits au sein d’un pays, pour être utilisés de manière agressive contre un autre pays ou présenter un risque pour notre sécurité nationale », a-t-il dit.

« Toutes les licences mises en évidence dans le rapport des comités ont été pleinement évaluées par rapport à un ensemble de critères rigoureux convenus au niveau international, et qui tiennent compte de la situation au moment où la demande de licence a été faite. »

« Lorsque les circonstances changent ou que de nouvelles informations apparaissent au grand jour, nous pouvons – et nous le faisons – en révoquant les autorisations existantes où la proposition d’exportation n’est plus compatible avec les critères. »

L’expert d’Amnesty International en matière de contrôle des armes, Oliver Sprague, a appelé à une plus grande transparence.

« En les regardant, les propres chiffres du Gouvernement, il serait difficile de ne pas conclure que les pratiques de vente d’armes du gouvernement britannique sont en contradiction avec sa politique déclarée de ne pas envoyer des armes là où cela pose un risque clair qu’elles pourraient être utilisées pour des violations des droits de l’homme », a-t-il dit.

« Ce qui est nécessaire maintenant, c’est une explication urgente de ce à quoi ces licences étaient réellement destinées, qui allait les utiliser et quelles garanties étaient en place pour s’assurer qu’elles n’allaient pas être utilisées pour des violations des droits de l’homme. »

« Tant qu’il n’y aura pas une plus grande transparence sur ce que nous vendons exactement et à qui, il sera impossible pour le Parlement ou pour le public d’avoir confiance dans les politiques de ventes d’armes du Royaume-Uni. »

Source: http://web.orange.co.uk/article/news/britain_s_chemical_sales_to_syria_revealed