La Commission Européenne autorise le blocus de WikiLeaks, malgré les voeux du Parlement Européen

mardi 27 novembre, 1300 GMT

Des documents de la Commission Européenne, rendus publics aujourd’hui par WikiLeaks démontrent que des politiciens US, issus de la droite dure, ont directement été les instigateurs du blocus extra-judiciaire contre WikiLeaks. Dans ces documents lourdement rédigés, MasterCard Europe reconnaît que le sénateur Joseph Lieberman et le représentant (député, ndt) Peter T. King ont tous deux eu des « conversations » avec MasterCard aux USA. Lieberman, alors président du Senate Intelligence Committee (Comité Sénatorial sur le Renseignement, ndt), s’est vanté d’avoir été à l’origine de la coupure de service à WikiLeaks par Amazon – une action condamnée par le Conseil des Ministres du Conseil de l’Europe le 7 décembre 2011.

Le sénateur Lieberman a essayé d’introduire la loi SHIELD au sénat US et plaidé pour l’engagement de poursuites judiciaires à l’encontre du New York Times pour espionnage, en relation avec les publications de WikiLeaks. Le représentant Peter King, président du House Homeland Security Committee (Comité Parlementaire sur la Sécurité Intérieure, ndt), a tenté  d’obtenir la désignation officielle de WikiLeaks en tant qu’organisation terroriste étrangère, d’avoir son personnel listé comme « combattants ennemis », et que WikiLeaks soit inscrite sur la liste noire du Trésor Américain (US Treasury ,ministère des finances US, ndt). Le 13 janvier 2011 le ministère des finances US annonça qu’il n’en ferait rien parce qu’il n’y avait aucune preuve pour que WikiLeaks se retrouve sur une telle liste. Alors que Lieberman et King ont échoué dans ces méthodes visant à couper WikiLeaks de sa base populaire de donateurs, ils ont réussi à le faire de façon extra-légale via VISA et MasterCard, qui ensemble détiennent un monopole à hauteur de 97% sur le marché des paiements par carte dans l’Union Européenne.

VISA Europe est enregistrée à Londres et est détenue par un consortium de banques européennes. MasterCard Europe est enregistrée en Belgique et est d’une propriété analogue, mais les documents de la Commission démontrent que le contrôle européen sur VISA Europe et MasterCard Europe n’est qu’une fiction. Les documents révèlent que les instructions pour bloquer les opérations de WikiLeaks en Europe sont venues directement de VISA et MasterCard aux USA. La propriété devrait induire le contrôle, mais VISA et MasterCard Europe sont essentiellement contrôlées par des contrats confidentiels avec leurs homologues US, une structure d’organisation cachée que la Commission appelle une « association d’engagements ».

Mardi 19 novembre 2012, le Parlement Européen a fait un pas important vers la sauvegarde de la souveraineté économique de tou(te)s les Européen(ne)s. Dans l’article 32 de sa résolution, le Parlement Européen a exprimé la volonté que la Commission prenne les mesures adéquates pour empêcher le rejet arbitraire de paiements par compagnies de cartes de crédit, qui étranglent économiquement des entreprises et des organisations, notamment la nôtre (WikiLeaks, ndt). La résolution est un pas important franchi vers la fin du blocus Lieberman/King, qui a balayé 95% des revenus de WikiLeaks. Le blocus Lieberman/King a été directement condamné par, entre autres, le Rapporteur Spécial de l’ONU sur la Liberté d’Expression et par le Conseil Éditorial du New York Times. Le blocus est une infraction directe du droit inscrit dans l’article 19 sur la liberté de recevoir et de partager l’information, et menace toutes les organisations financées par donations, ainsi que la liberté de la presse.

Il est par conséquent surprenant que la Commission Européenne prenne la position contraire à sa décision préliminaire, en n’ouvrant pas d’enquête formelle sur les violations commises par VISA, MasterCard et AmEx contre DataCell, l’entreprise qui a collecté les dons au projet WikiLeaks jusqu’à l’imposition du blocus en 2010. La décision préliminaire de la Commission, qui tient en 16 pages, a été annoncée après 15 mois de délibérations. Le temps d’attente « usuel » est de quatre mois. Hier, DataCell et WikiLeaks ont fourni des réponses contradictoires détaillées à la décision préliminaire de la Commission.

De par les documents rendus publics (par WikiLeaks, ndt), nous apprenons que VISA et MasterCard se sont servis d’une fausse déclaration de premier ministre australien, Julia Gillard, afin de tromper la Commission Européenne. La déclaration du premier ministre, qu’elle affirma ensuite avoir faite en sa « capacité personnelle et privée », était que la publication par WikiLeaks de câbles diplomatiques était « illégale ». Ceci fut déclaré faux par une enquête ultérieure de la police fédérale australienne, qui a affirmé que WikiLeaks n’avait enfreint aucune loi australienne. Plus tôt cette année, le sénat australien a passé une résolution réclamant le retrait de la fausse déclaration du premier ministre australien.

Les documents rendus publics révèlent la position politique de MasterCard concernant notre exposition des crimes et des horreurs des campagnes militaires: « Il est évident que toute affiliation avec une organisation causant du tort (sic, ndt) aux intérêts nationaux de plusieurs nations engagées dans les conflits en Afghanistan et en Irak… sera extrêmement préjudiciable à la perception publique de MasterCard ».

Julian Assange a dit:

« Il n’y a pas de souveraineté sans souveraineté économique. Il est préoccupant que des entités d’extrême-droite aux Etats-Unis aient pu faire pression sur VISA et sur MasterCard, qui ensemble détiennent un monopole sur le marché européen, aux fins d’implémenter un blocus que le Trésor Américain (US Treasury) avait à bon droit rejeté. Ces éléments irresponsables interfèrent directement avec les libertés politiques et économiques des citoyen(ne)s de l’Union Européenne et instaurent un précédent pour la censure politique des médias du monde entier. »

WikiLeaks continuera de combattre le blocus, malgré ses ressources limitées, parce qu’elle se bat pour sa survie. Déjà, il y a eu des victoires. En juin 2012 WikiLeaks a remporté sa première victoire lors d’un procès en Islande contre le blocus Lieberman/King. Le mois dernier WikiLeaks a ouvert un nouveau front en faisant enregistrer une plainte, avec son partenaire DataCell, contre Teller A/S (VISA Danemark).

NOTE

Le mouvement au Parlement Européen et dans le reste de l’Europe est de soutenir les droits de publication de WikiLeaks. La fondation allemande Wau Holland Stiflung (WHS), qui a collecté les dons à WikiLeaks via PayPal, a vu son compte de donations être arbitrairement clos. Le statut hors-imposition de la fondation a également été contesté, en résultat d’une interférence politique qui a été exposée ce mois-ci dans Der Spiegel (« Taxant la Transparence »). Hier, WHS a déclaré que, après presque deux ans de négociations avec les autorités fiscales allemandes, son statut hors-imposition (comme œuvre de charité) a été rétabli. Les citoyen(ne)s de tous les états membres de l’Union Européenne pourront désormais faire des dons à WikiLeaks en faveur de ses opérations à travers WHS, et déduire le montant du don du calcul de leur impôt sur le revenu.

Informations complémentaires

Rapporteur Spécial de l’ONU sur le Droit à la Liberté d’Opinion et d’Expression: http://www.oas.org/en/iachr/expression/showarticle.asp?artID=829&lID=1

Conseil de l’Europe – Déclaration sur les fournisseurs d’accès en ligne: https://wcd.coe.int/ViewDoc.jsp?id=1883671&Site=CM

Le Commentaire de The Guardian est libre (23 novembre 2012) par Glenn Greenwald: http://www.guardian.co.uk/commentisfree/2012/nov/23/anonymous-trial-wikileaks-internet-freedom

Vidéo: Les USA réclament l’assassinat de Julian Assange – http://youtube.com/watch?v=ZuQW0US2sJw

Citations des soumissions documentaires de VISA et de MasterCard à la Commission Européenne

La réponse de VISA à la Banque Centrale Européenne:

> Comme vous le savez sans doute, dans certaines juridictions, diverses parties prenantes ont demandé si WikiLeaks, eu égard à une partie du matériel qu’elle publie, ne commet pas d’acte criminel. Nos Règlements d’Opérations prohibent l’usage du système VISA à des fins illégales, que ce soit dans la juridiction du marchand (ici l’Islande) ou la juridiction du détenteur de carte (qui peut être n’importe où sur la planète). Il est possible que des activités étant permises dans une juridiction soient illégales dans d’autres. Par conséquent, l’application de la position correspondante sous les Règlements d’Opérations ne dépend pas forcément uniquement de la loi islandaise.

> Cette position est appropriée et proportionnée, vue la conduite illégale présumée de WikiLeaks qui, parmi d’autres matériaux sensibles, a publié en 2010 et refuse de retourner de grandes quantités de matériel volé dans des bases de données confidentielles militaires US. De plus, selon la couverture médiatique récente, il apparaît que les fuites d’informations sensibles se poursuivent.

Les arguments de MasterCard à la Commission Européenne:

> MasterCard ne possède pas de position dominante collective avec VISA… Il est aussi bon de noter ici que MasterCard ne constitue pas une « commodité essentielle », et n’est donc sous aucune obligation de fournir ses services à quelque engagement particulier.

 Il est évident qu’une quelconque affiliation avec une organisation causant du tort aux intérêts nationaux de plusieurs nations engagées dans les conflits en Afghanistan et en Irak, et mettant éventuellement et inutilement des vies en danger, sera dommageable à la perception publique de MasterCard et par conséquent nuira à la bienveillance envers MasterCard ou ses marques déposées.

> À titre d’exemple, en 2004 MasterCard a requis de l’acquéreur néerlandais, alors « Interpay Nederlands B.V. » (maintenant « Paysquare ») la suspension de l’acquisition de services aux marchands opérant des sites web offrant accès à du matériel pornographique incluant l’exhibition d’actes sexuels avec des animaux (« contenu zoophile »).

> … avant de prendre sa décision, MasterCard Incorporated n’a eu aucun contact avec des autorités publiques, et n’a donc pas agi sur requête de quelque autorité publique que ce soit.

> MasterCard Incorporated a eu plusieurs conversations avec le FBI, l’US Treasury et le Department of Homeland Security (DHS, Ministère de la Sécurité Intérieure US, ndt) au sujet de la possibilité de telles attaques de déni de service (DDoS, ndt).

> MasterCard Incorporated a eu des conversations avec certains membres du Congrès (US, ndt) (c’est-à-dire les équipes des présidents Lieberman et King [présidents de la chambre et du sénat pour la sécurité intérieure]).

Parlement Européen – sur les paiements par carte, internet et smartphone

 Vers un marché européen intégré pour les paiements par carte, internet et smartphone – le 20 novembre 2012

Le Parlement Européen a voté que la Commission introduise une législation déterminant quand les compagnies de cartes de crédit peuvent refuser les paiements:

> Art. 32. Considère probable qu’il y aura un nombre croissant d’entreprises européennes dont les activités sont effectivement dépendantes de leur capacité à accepter les paiements par carte de crédit; considère dans l’intérêt général du public de définir des règles objectives décrivant les circonstances dans et les procédures par lesquelles les filières de paiement par carte de crédit peuvent unilatéralement refuser cette acceptation;

Dans son intervention, l’euro-député suédois Christian Engström a expliqué:

> Un autre exemple est quand VISA, MasterCard et Paypal ont bloqué les paiements vers WikiLeaks. Il n’y avait aucune base légale et [il] devrait être perçu comme les trois entreprises ayant aidé le gouvernement US à taire une voix dérangeante. Il est inacceptable que des corporations privées aient le pouvoir de [contrôler] la liberté de parole.

Source: WikiLeaks Press Release http://wikileaks.org/European-Commission-enabling.html

Traduit par willsummer et par Irien sur le forum WikiLeaks http://www.wikileaks-forum.com/index.php/topic,16292.msg42547.html

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Le Parlement Européen réprimande Visa, Mastercard et Paypal pour avoir supprimé les donations à WikiLeaks: Il enclenche un processus de réglementation

Aujourd’hui, le Parlement Européen a ordonné une nouvelle législation pour réguler la possibilité des compagnies de cartes de crédit de refuser le service. Cette régulation vient à la suite de la coupure unilatérale et illégale des donations à WikiLeaks, tout comme des attaques similaires sur de petits entrepreneurs. Le Parti Pirate a pris l’initiative de cette nouvelle réglementation.

Que Visa, MasterCard et PayPal contrôlent la vanne de tout le flux monétaire de la planète est devenu un problème grandissant. Aujourd’hui, le Parlement Européen a clairement qualifié cela de problème, et a engagé un processus de régulation de ces compagnies en limitant et réglementant strictement leur droit de refuser le service. Le Parti Pirate a été l’initiateur de cette réglementation, suite à la coupure préjudiciable des donations à WikiLeaks, après que ladite organisation ait exercé un journalisme qui a embarrassé certains gouvernements.

Dans la semaine qui a conduit à l’engagement de cette régulation, des banques en Suède ont été surprises à discriminer arbitrairement des propriétaires d’entreprises parfaitement légales, qui vendaient (selon elles) des « produits qui posent problème» tels que des films d’horreur, des films comportant des scènes de nu, ou des sextoys ; pendant ce temps, ces mêmes banques faisaient transiter des actions de grandes entreprises sous le coup d’investigations pour génocide. Quand elles ont été questionnées à ce sujet, les banques se sont référées à de vagues règles de Visa et MasterCard – qui sont apparemment en position de faire fermer toute entreprise ou organisation qui ne leur convient pas sur la planète pour n’importe quelle raison. C’est un problème grave, et évident.

Le Parlement Européen a adopté la motion suivante aujourd’hui, dans le cadre d’un rapport plus large, demandant qu’une législation soit rédigée sur ce sujet, avec ce texte crucial inséré par l’Eurodéputé Pirate Christian Engström :

32. [Le Parlement Européen] Considère qu’il y a probablement un nombre croissant d’entreprises Européennes dont les activités sont effectivement dépendantes de leur capacité à accepter des paiements par carte bancaire ; il considère qu’il est d’intérêt public de définir des règles objectives encadrant les circonstances et procédures par lesquelles les groupements de cartes de crédits peuvent unilatéralement refuser leur acceptation.

Bien que cela puisse paraître un vague langage politique, c’est une demande claire pour la rédaction d’une réglementation sur le sujet, qui peut éventuellement déboucher sur un vote.

L’initiateur de cette partie du texte, l’Eurodéputé Christian Engström du Parti Pirate, commente dans un communiqué de Presse :

« Il n’est pas raisonnable que Visa, MasterCard et PayPal puissent empêcher des entrepreneurs Suédois de procéder à du commerce en ligne du fait qu’ils vendent des films d’horreur ou des sex toys, juste parce que les fournisseurs de mode de paiement sont effrayés par un moralisme fondamentaliste Américain. » dit Christian Engström, membre du Parlement Européen pour le Parti Pirate.

« Un autre exemple est quand Visa, MasterCard et PayPal ont bloqué les donations à WikiLeaks. C’est arrivé sans aucune base légale et doit être regardé comme une aide des trois compagnies au gouvernement Américain pour faire taire une voix qui ne leur convenait pas. Il est inacceptable que des entreprises privées aient ce genre de pouvoir sur la liberté d’expression. » dit Engström.

Lien article original: http://falkvinge.net/2012/11/20/europarliament-scolds-visa-mastercard-paypal-for-killing-wikileaks-donations-initiates-regulation/

Lien forum: http://www.wikileaks-forum.com/index.php/topic,16123.0.html

WikiLeaks: La guerre bancaire avec des géants – Entretien avec Kristinn Hrafnsson

Par John Robles, 6 août 2012

WikiLeaks s’efforce d’emmener les grandes puissances financières en procès et de les faire payer une compensation pour les immenses dommages qu’ils ont causés. Dans un entretien avec « The Voice of Russia », le porte-parole officiel de WikiLeaks Kristinn Hrafnsson affirme que c’est pour le salut de toutes les autres organisations comprenant des médias qui pourraient être confrontées à un tel blocus. Il parle également des Syria Files et d’Assange attendant une réponse équatorienne une fois que les Jeux Olympiques seront terminés.

Pouvez-vous un peu renseigner nos auditeurs sur la situation de WikiLeaks, avec la nouvelle diffusion et le scandale bancaire?

KH: Nous menons un grand combat sur beaucoup de fronts en ce moment. Bien sûr, nous surveillons à une certaine distance la tentative du gouvernement US de poursuivre des membres de WikiLeaks. Il est devenu apparent au cours des dernières semaines que ceci est une situation très très sérieuse. Des personnes ont été citées à comparaître devant un Gand Jury à Alexandria en Virginie, sur la base de possibles violations de l’Espionage Act de 1917 des États-Unis qui permet des peines allant jusqu’à la peine de mort.

Il a aussi été révélé que le FBI a rassemblé plus de 40.000 documents dans l’enquête sur WikiLeaks. Donc, nous sommes très inquiets des tendances ici et pensons que l’accusation formelle est imminente à l’encontre de Julian Assange et peut-être pour d’autres personnes associées à WikiLeaks. Vous avez mentionné, bien sûr, le blocus bancaire sur lequel nous avons mis un accent très fort, non seulement à cause de WikiLeaks, mais pour toutes les autres raisons. C’est la première fois que les principales puissances financières – MasterCard, Visa, PayPal, Western Union, Bank of America, – se sont liguées contre l’organisation qui se bat simplement pour la transparence et la responsabilité. Donc le blocus bancaire est un problème à prendre très au sérieux. Nous avons dépensé beaucoup de nos ressources et de temps à le combattre. Et maintenant nous voyons la première indication que ce combat va livrer un bon résultat. Il y a juste quelques semaines, nous avons gagné un procès à Reykjavik, en Islande, contre Valitor, qui est l’ex-Visa Iceland. Ce fut une décision judiciaire qui ouvrit la passerelle de traitement.  Ils ont fait appel de ce dossier et nous les confronterons devant la Cour Suprême islandaise.

WikiLeaks a ouvert une passerelle pour cartes de crédit en France par le système Carte Bleue pour transférer les donations. L’environnement légal en France est tel qu’il est extrêmement compliqué pour les géants basés aux USA de le fermer. Et s’ils essaient, nous avons des dossiers de plaintes en procès qui sont prêtes et nous les emmènerons en procès en France. Donc c’est toujours un cas ouvert. La possibilité est là pour faire des dons à WikiLeaks. Nous avons, bien sûr, d’autres procès en attente, un – au Danemark, cet automne, et en Angleterre, aux USA, en Australie et ailleurs.

Notre objectif est d’amener les géants en procès et de les faire payer des dommages et intérêts pour les immenses torts qu’ils ont causés à l’organisation. Mais laissez-moi souligner, ceci n’est pas seulement pour le salut de WikiLeaks, c’est pour la sauvegarde de toutes les autres organisations, même des organisations médiatiques qui pourraient faire face à de tels blocus. Il est extrêmement important de répliquer et d’arrêter ce processus ici et maintenant afin que nous ne voyions pas à l’avenir ces géants de la finance décider du sort de ceux qui vivent de ce secteur.

Pouvez-vous répondre à une question? Comment les États-Unis appliquent-ils une loi US telle que l’Espionage Act à des citoyens d’autres nations?

KH: Nous savons juste que des personnes ont été citées à comparaître sur les bases de cette loi. Quand la politique entre dans la partie, les lois peuvent être tordues. La manière dont ils vont essayer de l’appliquer à des citoyens d’autres nations suscite beaucoup d’inquiétudes. C’est au-delà de ma compréhension. Mais je suis sûr qu’ils vont essayer de trouver le moyen de le faire.

Pouvez-vous nous parler de votre dernière diffusion? Et je sais que vous avez été questionné à propos de Julian beaucoup, beaucoup de fois. Pouvez-vous dire à nos auditeurs quelque chose que vous pourriez savoir sur l’affaire?

KH: Pour ce qui est de votre question sur la diffusion actuelle, les Syria Files, c’est un lot de courriels concernant le gouvernement syrien éclairant non seulement les rouages internes du gouvernement syrien et des responsables, mais aussi sur le sujet de l’opposition en Syrie. Ce que nous, bien sûr, espérons avec cette diffusion, c’est que l’information apporte à la connaissance de la situation actuelle en Syrie qui est très grave et qu’elle puisse mener à une issue acceptable.

Vous m’avez demandé pour Julian Assange. Il est toujours dans l’ambassade équatorienne et attend la décision des autorités équatoriennes pour savoir s’ils acceptent sa demande d’asile politique en Équateur. Les autorités équatoriennes ont indiqué qu’elles attendraient après la fin des Jeux Olympiques pour donner leur réponse finale. Ils se sont servis de ce temps pour rassembler des informations sur les menaces imminentes des USA, sur l’affaire suédoise et sur la position des autorités du Royaume-Uni. Nous n’en connaissons donc pas l’issue, jusqu’à ce que les autorités équatoriennes soient prêtes à annoncer leur décision. Pour ce qui est de Julian – ce n’est évidemment pas une chose facile d’être enfermé à l’intérieur pendant des semaines, mais il tient plutôt bien le coup.

Une dernière question. Vous avez dit que des membres de WikiLeaks étaient ciblés par le gouvernement US.

KH: Sept individus – fondateurs et membres de WikiLeaks – font l’objet d’enquêtes par le FBI. Ceci a été révélé pendant une audience de l’affaire Bradley Manning. Nous n’avons pas davantage de détails sur leurs identités. Mais nous savons bien par contre que des personnes qui ont été associées à WikiLeaks même juste comme volontaires ou supporters, – ils ont été détenus, leurs ordinateurs ont été confisqués, etc. Alors c’est une situation extrêmement sérieuse.

Vous avez dit que le Grand Jury avait eu lieu.

KH: Nous avons la confirmation qu’il est en cours. Évidemment, c’est à huis clos, donc les seules informations qui en aient filtré proviennent de personnes qui y ont été citées à comparaître. Mais cela a été confirmé. C’est une partie archaïque de notre système qui ne peut que rester corrompue. Et il devrait apparaître étrange pour toute saine démocratie de garder des systèmes où ceux qui font l’objet d’enquêtes n’ont absolument aucune représentation et aucune possibilité de surveiller ce qui se fait.

Source: http://english.ruvr.ru/2012_08_06/WikiLeaks-banking-war-with-giants-interview-with-Kristinn-Hrafnsson/

Pour faire un don à WikiLeaks depuis la France: https://secure.fdn2.org/fdn2/nouser

Et ailleurs… (en anglais): http://shop.wikileaks.org/donate

Traduit depuis le web par willsummer

WikiLeaks remporte un procès contre MasterCard et Visa

C’est une victoire cruciale pour WikiLeaks, qui ne vit que grâce aux dons des internautes. Un tribunal islandais a jugé que le blocage des transactions financières à destination du site web lanceur d’alerte était illicite. La justice a ordonné la levée de l’embargo mis en place contre WikiLeaks.

Pénalisées par le blocage financier organisé par différents intermédiaires financiers, les finances de WikiLeaks devraient pouvoir très prochainement respirer. Le site web spécialisé dans la divulgation de documents confidentiels vient de proclamer sa victoire en justice contre Valitor (ex-Visa Island), qui est l’un des principaux acteurs du paiement électronique en Islande et s’occupe des transactions avec les cartes Visa et MasterCard.

Selon le communiqué de WikiLeaks, diffusé sur Twitter, le tribunal de Reykjavík a statué que Valitor a violé la loi en bloquant les dons par carte de crédit destinés au site web. Les juges ont ordonné la levée de cet embargo financier sous 14 jours, faute de quoi Valitor devra s’acquitter d’une amende journalière de 800 000 couronnes islandaises (environ 5100 euros).

Pour WikiLeaks, ce jugement est déterminant pour son avenir. Le site web estime en effet que le blocage décidé par les sociétés de carte de crédit, mais aussi certains établissements bancaires, a entraîné une baisse des dons de 95 %. Au total, WikiLeaks évalue ce manque à gagner autour de 20 millions de dollars. Des solutions alternatives avaient toutefois été mises en place pour compenser ces restrictions.

Le site considère que c’est le gouvernement américain qui est à l’origine de ces sanctions. WikiLeaks s’est, en effet, fait mondialement connaître il y a deux ans en publiant d’une part des documents classifiés sur les guerres d’Irak et d’Afghanistan, et d’autre part, des télégrammes diplomatiques du département d’Etat des Etats-Unis. Or quelques mois après, le blocage financier est apparu.

Le combat de WikiLeaks pour débloquer les dons des internautes ne s’arrête pas à ce jugement. Le site précise que des actions en justice sont en cours dans d’autres pays et que la Commission européenne enquête également sur ce dossier. Selon le site, les conclusions de l’investigation devraient être connues avant la fin août et Bruxelles décidera alors quelles suites donner à cette affaire.

Rappelons à ce sujet la vidéo parodique tournée par WikiLeaks, critiquant MasterCard en détournant l’une de ses publicités :

Auteur : Julien L.

Source : http://www.numerama.com/magazine/23184-wikileaks-remporte-un-proces-contre-mastercard-et-visa.html

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