Pourquoi l’occupation russe de la Crimée pourrait conduire à l’expansion d’Al-Qaïda

Ukrainian men help pull one another out of a stampede during clashes at rallies held by ethnic Russians and Crimean Tatars in SimferopolPourquoi l’occupation russe de la Crimée pourrait conduire à un nouveau point chaud de la terreur islamiste

Ariel Cohen, 10 mars 2014

Alors que Poutine renforce son emprise sur la péninsule de la Crimée, les Tatars de Crimée sont de plus en plus inquiets pour leur avenir.

En annexant la Crimée à la Russie, Moscou va probablement radicaliser une communauté tatare autochtone par ailleurs pacifique. L’un des leaders politiques des Tatars, un membre du Parlement ukrainien, Mustafa Jemilev, a averti que les Tatars forment déjà des unités d’autodéfense pour se préparer à une lutte contre les Russes. Jemilev n’est pas un islamiste lui-même. Il est un historien parmi ceux qui ont subi les purges de Staline en 1944.

Alors que le conflit entre la Russie et les Tatars de Crimée s’intensifie, il y a un danger que cela pourrait amener des organisations internationales extrémistes comme al-Qaïda dans la région, comme cela s’est produit en Tchétchénie lors des campagnes militaires de la Russie à la fin des années 1990 et au début des années 2000. Certains extrémistes tatars, qui sont musulmans sunnites, ont déjà combattu en Syrie contre le régime alaouite pro-iranien de Bachar El-Assad et ont des liens avec les militants islamistes.

Si l’islamisation et la radicalisation des Tatars de Crimée a lieu, Moscou n’aura personne à blâmer, à part soi-même. Cependant, les répercussions de sécurité d’un tel développement ferait écho au-delà de la Crimée, qui est stratégiquement située dans la mer Noire et fait partie de l’Europe. En outre, un jihad (la « guerre sainte » islamique) en Crimée ouvrirait un nouveau front islamiste contre la Russie, qui a combattu une longue guerre dans le Caucase du Nord – depuis la seconde moitié du XVIIIe siècle – contre des groupes ethniques musulmans locaux là-bas, y compris les Tchétchènes, les Ingouches, et bien d’autres.

Les préoccupations des Tatars ont de profondes racines historiques et sont basées sur des faits, et non sur des peurs. Cette année marque le soixante-dixième anniversaire de la déportation de l’ensemble de la population des Tatars de Crimée par Joseph Staline au Kazakhstan du Nord et en Asie centrale en 1944. Jusqu’à 25 pour cent des Tatars de Crimée sont morts dans ces déportations. Les Tatars ont été autorisés à retourner dans leur patrie après 1989. Maintenant, ils craignent que si la Russie annexe la Crimée, ils pourraient faire face à une autre expulsion forcée.

Le dimanche 16 mars, la Crimée tiendra un référendum illégal si elle doit devenir une partie de la Russie. Les Tatars, qui composent plus de 12 pour cent de la population de Crimée et ont largement soutenu les gouvernements ukrainiens à Kiev, ont l’intention de boycotter le référendum.

La plupart des organisations islamiques en Crimée sont alliées à la Direction spirituelle des musulmans de Crimée et ont des liens étroits avec la Turquie, qui accueille également une importante diaspora des Tatars de Crimée. La Turquie a un intérêt particulier dans la région au travers de la mer Noire, la Crimée ayant été un vassal de l’Empire ottoman jusqu’à ce que Catherine la Grande l’ait mis sous contrôle russe en 1771-1783.

Le soutien de Moscou au régime Assad a déjà tendu ses relations avec Ankara, et cette relation est sur le point de s’aggraver encore plus si la Russie commence une répression contre les Tatars.

Aujourd’hui, le «gouvernement» pro-russe de Crimée a tenté de rassurer les dirigeants des Tatars de Crimée de leurs bonnes intentions en leur offrant plusieurs postes, dont ceux de « vice-premier ministre, deux sièges ministériels et les meilleurs bureaux dans le reste des ministères », selon La Voix de la Russie. En outre, le Financial Times rapporte qu’ils ont reçu comme offres « une aide financière pour le retour des Tatars et même un engagement à rétablir les noms originaux des Tatars de certaines villes et villages. » Cependant, les Tatars continuent à se méfier de l’accord et ne sont pas disposés à signer, craignant que le gouvernement de Crimée et les Russes ne puissent pas être de confiance.

Ce sera une tragédie si des manoeuvres brutales de la Russie en Crimée mettent le feu à une guerre de religion. Si cela se produit, les décideurs russes seront seuls à s’en blâmer.

Source: http://blog.heritage.org/2014/03/10/russian-occuption-crimea-lead-al-qaeda-expanding/

« Il y a un drone avec le nom d’Assange dessus » – William Blum

CIA

John Robles – 28 Janvier 2013, 12:27

Assange sera assassiné s’il est libéré, selon un expert. Dans une interview exclusive avec Voice of Russia, William Blum, un auteur américain, historien, et critique de la politique étrangère des Etats-Unis, s’exprime au sujet des assassinats de la CIA (l’un de ses domaines d’expertise) et de certains de ses travaux passés. M. Blum est franc dans son évaluation des plans d’assassinat de la CIA contre des gens comme le Président du Venezuela Hugo Chavez et le Président de l’Equateur Rafael Correa. Il a aussi des choses très surprenantes à dire sur Julian Assange et Oussama Ben Laden.

Robles: Bonjour M. Blum, c’est un plaisir de parler avec vous. Vous avez une histoire très longue et intéressante… vous avez écrit beaucoup de choses. Vous avez écrit un livre sur la CIA. Pouvez-vous nous en dire un peu plus à ce sujet?

Blum: Eh bien, les interventions américaines menées via la CIA et toute l’armée américaine ont relevé de ma compétence pendant beaucoup-beaucoup d’années. Mes livres mettent l’accent sur ces choses. Comme le font mes newsletters mensuelles « Le Rapport Anti-Empire ».

En ce qui concerne la répercussion: le gouvernement US ne dérange pas tant que ça les auteurs américains, parce qu’ils savent que nous n’avons pas autant d’influence que cela, ils peuvent accepter que nous écrivions des choses et que nous y fassions référence comme une preuve de liberté d’expression en Amérique. Donc ils ne font pas attention.

Robles: Je vois. Ils ont dit que vous aviez exposé plus de 200 employés de la CIA.

Blum: C’était en 1969 quand je travaillais pour “Underground Press” à Washington D.C. Moi et un collègue, nous avons garé notre voiture à l’extérieur du siège de la CIA en Virginie, et en l’espace de quelques heures ou plus, nous avons enregistré les numéros de licence d’État de toutes les voitures allant à la CIA. Et avec cette information, nous avons compilé une liste de noms et d’adresses de ces personnes, que nous avons publiés dans notre journal.

Robles: Cela semble très intéressant! Vous avez parlé des complots d’assassinat de la CIA, vous êtes un expert sur ce sujet. Pouvez-vous nous en dire un peu plus sur ce que vous savez du complot pour destituer Hugo Chavez?

Blum: Les tentatives d’assassinat? C’était en 2004 – le gouvernement américain a rencontré les vrais comploteurs à la fois au Venezuela et à Washington, et ces gens ont ensuite mené un coup d’État militaire qui a renversé Chavez et l’a conduit en prison, mais il a été libéré au bout de deux jours environ, en raison de la combinaison de l’indignation publique et des témoignages des membres restants de l’armée qui n’avaient pas fait partie du coup d’État. Il a donc eu en réalité à ce moment, et il a encore, beaucoup de soutien dans l’armée. Lui-même, il en a fait partie. Ainsi, une combinaison de l’indignation de l’armée et du public a forcé les comploteurs à abandonner leur plan, et après deux jours, Chavez a été libéré.

Robles: Pouvez-vous nous parler de votre livre “L’État Voyou: Un Guide pour la Seule Superpuissance Mondiale”? Et pouvez-vous commenter l’approbation que vous avez reçu en 2006 de la part d’Oussama Ben Laden?

Blum: C’était supposé être une mini-encyclopédie de toutes les choses crapuleuses accomplies par la politique étrangère américaine. Il y a un chapitre sur l’assassinat, un chapitre sur les attentats à la bombe, et ainsi de suite. Il y a plusieurs chapitres qui couvrent les aspects flagrants et illégaux de la politique étrangère américaine. Cela a compilé ensemble beaucoup de choses dont la plupart des Américains, la plupart des gens dans le monde, ne sont pas au courant.

On peut trouver des éléments individuels de chacune de ces compilations dans certains lieux publics ou autres, mais ma contribution a été de rassembler cela dans de longues tables de données, et c’est sorti aux alentours de l’an 2000. Et ensuite, en 2006, la version arabe du livre, le livre a eu nombreuses traductions étrangères, deux en arabe, dont l’une a été lue par Oussama Ben Laden, et lui, dans un de ses enregistrements audio périodiques, il a fait la remarque que cela rendrait un bon service aux Américains s’ils lisent mon livre et s’ils ont une meilleure compréhension de leur ennemi.

Et je peux seulement deviner que le thème qui, dans ce livre, L’État Voyou, a le plus éveillé son attention et sa sympathie, était un chapitre qui évoquait les motivations des terroristes anti-américains. Contrairement à ce que l’on nous a enseigné, et encore à présent dans une large mesure, on nous disait que ces personnes: haïssaient juste l’Amérique, ou haïssaient la Chrétienté, ou qu’ils étaient juste fous, ou juste envieux de la démocratie et de notre richesse, de toutes ces raisons, mais jamais même un mot pour dire qu’ils ont agi en représailles pour les décennies d’infractions militaires très graves et autres sur les peuples au Moyen-Orient. Toutes sortes de bombardements et de renversements de gouvernements, le soutien aux dictatures, le soutien à Israël, toutes ces choses dont j’ai donné une longue liste d’actions américaines qui ont créé tous ces terroristes anti-américains, et je suppose que c’est pourquoi la plupart se réfèrent à Ben Laden.

Robles: Que savez-vous du complot d’assassinat pour tuer le Président équatorien Rafael Correa? Avant les élections, il doit être assassiné. Correa a fait une déclaration pour dire qu’ils ont découvert un complot visant à l’assassiner.

Blum: Vous parlez de ce mois-ci?

Robles: Oui monsieur. Correa fait cette déclaration disant qu’ils ont découvert un complot pour l’assassiner avant…

Blum: Je n’en doute pas. Je serais plutôt surpris si la CIA n’essayait pas de l’assassiner. Je veux dire, entre autres raisons, il accorde l’asile à Assange! Cela est en soi une raison pour l’assassiner.

Robles: Voulez-vous dire que le simple fait d’avoir accordé l’asile à Assange est suffisant pour que la CIA l’assassine?

Blum: La CIA a tenté d’assassiner des gens pour beaucoup moins de raisons que ça. Assange est l’ennemi public n°1 en Amérique. Les Etats-Unis sont obsédés par lui et ils ont peur qu’il puisse publier plus de documents classifiés, donc ils voudraient vraiment le mettre à l’écart, s’ils le peuvent.

Ils étaient tous prêts à envahir l’Ambassade d’Équateur à Londres, quand le gouvernement britannique en a été dissuadé par son propre peuple: Cela aurait créé un précédent terrible, que les ambassades britanniques à travers le monde n’auraient alors plus été en sûreté. C’était la raison pour laquelle ils ont annulé le plan d’invasion.

Ils sont très sérieux au sujet d’Assange. Je veux dire qu’il doit s’en aller. Il est l’homme le plus pris pour cible dans le monde.

Robles: Vous le pensez? Vous avez dit qu’il est l’ennemi numéro un aux Etats-Unis.

Blum: En ce qui concerne d’être mis à l’écart? Oui. Je dirais que si les Etats-Unis avaient le choix, ils le feraient sortir avant n’importe qui d’autre.

Robles: Donc vous pensez que ses craintes d’être assassiné par la CIA sont assez crédibles? Oui?

Blum: Il y a un drone quelque part avec son nom dessus, et s’ils sort quelque part dehors et n’est pas au milieu d’une grande ville, il est un homme pris pour cible. Il y a une roquette avec son nom dessus, à l’intérieur d’un drone portant son nom. Je ne peux pas imaginer que cela ne soit pas le cas. La CIA a un plan, si vous fouillez autant que moi dans l’histoire des assassinats et ainsi de suite, c’est tout à fait attendu.

Robles: Donc en tant qu’expert, vous dites que c’est tout à fait attendu?! Eh bien! Ok

Blum: S’il sort quelque part se balader libre. Oui.

Robles: Bien sûr. Je vois. Je vois. Hé Bill, merci beaucoup! J’ai vraiment apprécié de parler avec vous.

William Blum est l’auteur de plusieurs livres sur la politique étrangère américaine. Il publie aussi une newsletter mensuelle appelée « Le Rapport Anti-Empire ».

Source: http://english.ruvr.ru/2013_01_28/There-is-a-drone-with-Assange-s-name-on-William-Blum/

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